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Cours — Suites numériques

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Cours — Suites numériques

SUITES NUMÉRIQUES

Première — Spécialité mathématiques

Comprendre une évolution, calculer, démontrer et modéliser


Une suite permet d’étudier une quantité à des étapes numérotées : le nombre d’équipements installés chaque semaine, une longueur après chaque construction, une quantité restante après plusieurs transformations. L’enjeu n’est pas seulement de calculer quelques nombres : il est de comprendre la règle qui les relie, de savoir ce qu’elle permet de prévoir et de justifier les conclusions.

Comment utiliser ce cours Pour découvrir le chapitre, suis l’ordre des sections et tente les questions avant de lire leurs corrections.

Pour retrouver rapidement un outil, utilise le sommaire, les encadrés de résultats et la synthèse de décision en fin de document.

Pour reprendre une difficulté, repère la première ligne incomprise : un problème d’indice ne se répare pas de la même manière qu’un problème de signe ou de choix de modèle.

À la fin du chapitre, tu dois notamment savoir : définir une suite et interpréter ses indices ; calculer des termes ; passer entre un énoncé, une formule, un tableau, un graphique et un algorithme ; étudier des variations ; reconnaître et utiliser les suites arithmétiques et géométriques ; calculer des sommes ; construire un modèle ; chercher un seuil ; distinguer une observation d’une démonstration.

Organisation des démonstrations. Les résultats centraux sur les termes généraux et les sommes sont démontrés. Les rappels de calcul sont identifiés comme tels. La dernière partie consacrée aux limites reste intuitive. Les approfondissements sont séparés du parcours principal.

Les outils de départ, avec leurs explications

Les suites utilisent surtout des outils déjà rencontrés : calcul littéral, puissances, fractions, inégalités et pourcentages. Les rappels suivants servent directement les calculs du chapitre.

Remplacer une lettre sans perdre les parenthèses

Calculer une image Soit \(f(x)=2x^2-3x+1\). Pour calculer \(f(-2)\), on remplace chaque \(x\) par le même nombre \(-2\) : \[\begin{aligned} f(-2) &=2(-2)^2-3(-2)+1\\ &=2\times4+6+1\\ &=8+6+1\\ &=15. \end{aligned}\] Les parenthèses sont indispensables : \((-2)^2=4\), tandis que \(-2^2=-(2^2)=-4\).

Pour remplacer \(x\) par une expression, le principe reste identique. Ainsi, remplacer \(x\) par \(n+1\) signifie conserver \(n+1\) comme un bloc.

Développer le carré qui apparaît \[\begin{aligned} (n+1)^2 &=(n+1)(n+1)\\ &=n\times n+n\times1+1\times n+1\times1\\ &=n^2+n+n+1\\ &=n^2+2n+1. \end{aligned}\] Le terme \(2n\) provient de deux produits distincts. Il ne peut pas être supprimé.

Soustraire des fractions

Pour \(n\geq0\), les nombres \(n+1\) et \(n+2\) sont strictement positifs. On peut donc écrire : \[\frac1{n+1} =\frac{1\times(n+2)}{(n+1)(n+2)}, \qquad \frac1{n+2} =\frac{1\times(n+1)}{(n+2)(n+1)}.\] Les deux fractions ont maintenant le même dénominateur : \[\begin{aligned} \frac1{n+1}-\frac1{n+2} &=\frac{(n+2)-(n+1)}{(n+1)(n+2)}\\ &=\frac{n+2-n-1}{(n+1)(n+2)}\\ &=\frac1{(n+1)(n+2)}. \end{aligned}\] Le signe moins agit sur toute la seconde parenthèse.

Puissances et exposants

Pour une base \(a\neq0\), les règles utiles sont : \[a^p a^q=a^{p+q}, \qquad \frac{a^p}{a^q}=a^{p-q}, \qquad (a^p)^q=a^{pq}.\] Pour un entier positif \(m\), \(a^{-m}=1/a^m\). Dans ce cours, on n’utilise pas \(0^0\).

Lire une puissance négative \[2^{-3}=\frac1{2^3}=\frac1{2\times2\times2}=\frac18.\] L’exposant négatif commande un inverse, pas un résultat négatif. Le contrôle est \(\frac18\times8=1\).

Un pourcentage agit par multiplication

Augmenter une quantité \(V\) de \(t\,\%\), c’est ajouter \(\frac{t}{100}V\) : \[V+\frac{t}{100}V =\left(1+\frac{t}{100}\right)V.\] Diminuer \(V\) de \(t\,\%\), c’est la multiplier par \(1-\frac{t}{100}\).

Deux évolutions opposées ne s’annulent pas Une hausse de \(8\,\%\), puis une baisse de \(8\,\%\), multiplient la quantité initiale par \[1{,}08\times0{,}92=0{,}9936.\] La quantité finale représente \(99{,}36\,\%\) de la quantité initiale : la baisse globale est \(0{,}64\,\%\). La seconde évolution ne porte pas sur la même valeur que la première.

Repérage des bases Sans calculatrice :

  1. Développe \((n+2)^2-n^2\).

  2. Calcule \((-3)^2\), puis \(-3^2\).

  3. Une quantité diminue de \(12\,\%\). Quel est le coefficient multiplicateur ?

  4. Résous \(3n+7>40\), avec \(n\) entier naturel.

Repérage des bases

  1. \[\begin{aligned} (n+2)^2-n^2 &=(n+2)(n+2)-n^2\\ &=n^2+2n+2n+4-n^2\\ &=4n+4. \end{aligned}\]

  2. \((-3)^2=(-3)(-3)=9\). En revanche, \(-3^2=-(3\times3)=-9\).

  3. \(1-\frac{12}{100}=0{,}88\).

  4. On soustrait \(7\) aux deux membres : \(3n>33\). On divise par \(3>0\), sans changer le sens : \(n>11\). Les solutions entières sont donc \(n\geq12\). L’entier \(11\) est exclu car l’inégalité est stricte.

Pour reprendre après une erreur.  Si le premier calcul bloque, reviens aux quatre produits du carré. Si le dernier bloque, distingue la solution réelle \(n>11\) du premier entier autorisé, \(12\).

À reprendre plus tard, avant de relire.  Refais ces questions en remplaçant respectivement \(2\) par \(3\), \(-3\) par \(-4\), \(12\,\%\) par \(7\,\%\), puis l’inégalité par \(4n+3\geq27\). Les réponses sont \(6n+9\), \(16\) et \(-16\), \(0{,}93\), puis \(n\geq6\). Pour justifier la première, écris \((n+3)^2=n^2+3n+3n+9\). Pour la dernière, \(4n\geq24\), donc \(n\geq6\), avec la borne incluse.

Une suite : un nombre pour chaque rang

Pourquoi numéroter les étapes ?

Dans un projet fictif de mobilité, une commune dispose de \(24\) places de stationnement pour vélos au départ. Elle en ajoute \(6\) chaque semaine. Les nombres obtenus sont \[24,\quad30,\quad36,\quad42,\quad48,\quad\ldots\] On souhaite distinguer la semaine observée et le nombre de places à cette semaine.

Le numéro d’un tiroir et son contenu Imagine des tiroirs numérotés \(0,1,2,\ldots\). Le numéro du tiroir joue le rôle du rang \(n\). Le nombre écrit dans le tiroir joue le rôle de \(u_n\).

Deux tiroirs différents peuvent contenir le même nombre. Un contenu peut être négatif ou décimal : l’analogie porte seulement sur la distinction entre adresse et valeur, pas sur des objets physiques.

Suite numérique réelle Une suite numérique réelle associe à chaque entier naturel \(n\) de son ensemble de définition un unique nombre réel, noté \(u_n\).

Dans ce chapitre, cet ensemble est généralement \(\mathbb{N}=\{0,1,2,\ldots\}\), ou l’ensemble des entiers \(n\geq n_0\), où \(n_0\) est un entier fixé.

Une suite est donc une fonction dont la variable prend des valeurs entières. On peut écrire \(u(n)\) ou \(u_n\).

Vocabulaire et notations. \(n\) est le rang, ou l’indice. \(u_n\) est le terme de rang \(n\). La suite entière se note \(u\), \((u_n)\) ou \((u_n)_{n\geq n_0}\).

Le nombre \(u_n\) et la suite \((u_n)\) ne sont pas le même objet : le premier est une valeur ; la seconde est l’association de tous les rangs à leurs valeurs.

Le rang zéro n’est pas une absence Pour les places de vélos : \[u_0=24,\quad u_1=30,\quad u_2=36.\] \(u_0\) décrit la situation initiale, avant toute semaine d’ajout. Le troisième terme est \(u_2\), puisque les trois premiers rangs sont \(0,1,2\).

Numéro d’ordre et indice Si le premier terme est \(u_{n_0}\), le \(k\)-ième terme est \[u_{n_0+k-1}\qquad(k\geq1).\]

Démonstration.  Le premier terme correspond à \(n_0\). Pour atteindre le \(k\)-ième terme, on effectue \(k-1\) déplacements d’indice. L’indice obtenu est donc \(n_0+k-1\).

\(\square\)

Le vingtième terme n’est pas toujours \(u_{20}\) Si le premier terme est \(u_0\), le vingtième est \(u_{19}\). Si le premier terme est \(u_1\), le vingtième est \(u_{20}\). Écris les trois premiers indices avant de généraliser.

Une suite n’est pas nécessairement une devinette

Connaître quelques termes ne détermine généralement pas toute la suite.

Les formules \[u_n=n+2,\qquad v_n=n+2+n(n-1)(n-2)\] donnent toutes les deux \(2,3,4\) aux rangs \(0,1,2\). Le facteur \(n(n-1)(n-2)\) est nul à chacun de ces rangs.

Pourtant, \[u_3=5,\qquad v_3=5+3\times2\times1=11.\] Observer trois valeurs peut suggérer une règle, mais ne prouve pas qu’elle est la seule règle possible.

Lire les indices Une suite commence au rang \(3\).

  1. Quel est son premier terme ? Son septième terme ?

  2. Combien de termes y a-t-il de \(u_3\) à \(u_9\), extrémités incluses ?

  3. Pourquoi \(u_0\) ne peut-il pas être utilisé ici sans information supplémentaire ?

Lire les indices Le premier terme est \(u_3\). Le septième a pour indice \(3+7-1=9\), donc c’est \(u_9\). Les indices \(3,4,5,6,7,8,9\) sont au nombre de sept. Enfin, \(0\) ne fait pas partie de l’ensemble des indices annoncé : le terme \(u_0\) n’est pas défini par les données.

À reprendre plus tard, avant de relire.  Une autre suite commence au rang \(2\). Son cinquième terme est \(u_{2+5-1}=u_6\). Justifie cette réponse en écrivant \(u_2,u_3,u_4,u_5,u_6\), pas seulement en citant une formule.

Définir une suite par une formule explicite

Formule explicite Une suite est donnée sous forme explicite lorsque \(u_n\) est exprimé directement en fonction de \(n\), sans qu’il soit nécessaire de calculer les termes précédents.

On écrit souvent \[u_n=f(n).\]

Calculer un terme explicite Quand ? Une formule donne directement \(u_n\).

Premier geste : identifier l’indice demandé.

Ensuite : remplacer toutes les occurrences de \(n\) par cet indice, conserver les parenthèses, effectuer les puissances puis les produits et les sommes.

Contrôle : vérifier que l’indice appartient au domaine et que le résultat satisfait les conditions éventuelles.

Un terme proche et un terme éloigné Soit \(u_n=n^2-2n+4\), pour \(n\in\mathbb{N}\). \[u_2=2^2-2\times2+4=4-4+4=4.\] Pour le terme de rang \(20\), il n’est pas nécessaire de calculer \(u_0,\ldots,u_{19}\) : \[u_{20}=20^2-2\times20+4=400-40+4=364.\] Le vingtième terme, en revanche, est \(u_{19}\) : \[u_{19}=19^2-2\times19+4=361-38+4=327.\]

Lire \(u_{n+1}\), \(u_n+1\), \(u_{2n}\) et \(2u_n\)

Prenons maintenant \[u_n=2n^2+n-1.\]

Changer l’indice ou changer la valeur Pour \(u_{n+1}\), on remplace \(n\) par \(n+1\) : \[\begin{aligned} u_{n+1} &=2(n+1)^2+(n+1)-1\\ &=2(n^2+2n+1)+n+1-1\\ &=2n^2+4n+2+n\\ &=2n^2+5n+2. \end{aligned}\] Pour \(u_n+1\), on calcule le terme puis on ajoute \(1\) : \[u_n+1=(2n^2+n-1)+1=2n^2+n.\] Pour \(u_{2n}\), on remplace \(n\) par \(2n\) : \[u_{2n}=2(2n)^2+2n-1=8n^2+2n-1.\] Enfin, \[2u_n=2(2n^2+n-1)=4n^2+2n-2.\] Ces quatre écritures décrivent quatre opérations différentes.

Le domaine ne disparaît pas

Pour \(u_n=\sqrt{n-2}\), le nombre sous la racine doit être positif ou nul. La suite peut être définie pour tous les entiers \(n\geq2\).

Pour \(v_n=1/(n-4)\), le rang \(4\) est interdit. Une définition sur tous les entiers \(n\geq5\) est possible. Une définition sur tout \(\mathbb{N}\), avec cette même formule, ne l’est pas.

Substituer et expliquer Soit \(a_n=3n^2-2n+1\), pour \(n\in\mathbb{N}\).

  1. Calcule \(a_0\) et \(a_2\).

  2. Exprime \(a_{n+1}\).

  3. Compare \(a_{n+1}\) et \(a_n+1\).

Substituer et expliquer \[a_0=1,\qquad a_2=3\times4-4+1=9.\] Puis \[\begin{aligned} a_{n+1} &=3(n+1)^2-2(n+1)+1\\ &=3(n^2+2n+1)-2n-2+1\\ &=3n^2+6n+3-2n-2+1\\ &=3n^2+4n+2. \end{aligned}\] Alors que \[a_n+1=3n^2-2n+2.\] Leurs expressions diffèrent : changer de rang ne revient pas, en général, à ajouter \(1\) au terme.

Pour reprendre après une erreur.  Si tu as écrit \(a_{n+1}=3n^2-2n+2\), tu as ajouté \(1\) à la valeur. Reprends avec la formule simple \(b_n=5n\) : \(b_{n+1}=5(n+1)=5n+5\), tandis que \(b_n+1=5n+1\). Reviens ensuite à la substitution de \(n+1\) dans chaque occurrence de \(n\).

À reprendre plus tard, avant de relire.  Pour \(c_n=n^2+3n\), retrouve \[c_{n+1}=(n+1)^2+3(n+1)=n^2+5n+4.\] La justification attendue fait apparaître les deux remplacements.

Définir une suite de proche en proche

Relation de récurrence Une suite peut être définie par un ou plusieurs termes initiaux et une règle permettant de calculer de nouveaux termes à partir des précédents.

Dans le cas courant \[u_0=a,\qquad u_{n+1}=f(u_n),\] la même fonction \(f\) transforme chaque terme en son successeur. Les calculs doivent rester définis à chaque étape.

Un itinéraire plutôt qu’une adresse directe Une formule explicite ressemble à une instruction donnant directement une destination à partir de son numéro. Une relation de récurrence ressemble à une instruction disant comment aller de l’étape actuelle à l’étape suivante.

Cette image explique pourquoi on calcule souvent les termes récurrents successivement. Elle ne signifie pas qu’une suite récurrente ne possède jamais de formule explicite : certaines en possèdent une.

Calculer trois nouveaux termes On donne \[v_0=4,\qquad v_{n+1}=\frac12v_n+3.\] Pour \(n=0\), la relation donne \[v_1=\frac12v_0+3=\frac12\times4+3=2+3=5.\] Pour \(n=1\), \[v_2=\frac12v_1+3=\frac12\times5+3=\frac52+\frac62=\frac{11}{2}.\] Pour \(n=2\), \[v_3=\frac12\times\frac{11}{2}+3 =\frac{11}{4}+\frac{12}{4} =\frac{23}{4}.\] Les valeurs sont donc \(4\), \(5\), \(5{,}5\), \(5{,}75\).

Ne pas remplacer \(u_n\) par \(n\) Dans \(v_{n+1}=\frac12v_n+3\), l’entrée de la transformation est le terme précédent, pas son indice. Calculer \(\frac12\times2+3\) ne donne pas \(v_3\) : il faut utiliser \(v_2\).

Pourquoi faut-il un terme initial ?

La même transformation peut produire plusieurs suites. Avec \(u_{n+1}=\frac12u_n+3\) : \[\begin{array}{c|cccc} \text{Départ} &u_0&u_1&u_2&u_3\\ \hline 4&4&5&5{,}5&5{,}75\\ 10&10&8&7&6{,}5\\ 6&6&6&6&6 \end{array}\] La règle seule ne choisit pas entre ces évolutions.

Même départ, même transformation Deux suites bien définies à partir du même rang, avec le même terme initial et la même règle de calcul donnant un unique successeur, coïncident à tous les rangs.

Démonstration.  Leurs termes initiaux sont égaux. La règle appliquée à ce même nombre donne le même terme suivant. En répétant ce calcul jusqu’à n’importe quel rang fixé, on obtient les mêmes termes à chaque étape. Il n’existe donc pas de premier rang où les deux constructions pourraient donner des valeurs différentes.

\(\square\)

Remarque.  Une définition par récurrence est une manière de construire une suite. Ce n’est pas, à elle seule, une démonstration par récurrence. Dans ce cours de Première, nous démontrons les formules centrales par des calculs et des sommes finies.

La règle peut aussi dépendre du rang

Par exemple, \[w_0=2,\qquad w_{n+1}=w_n+n+1.\] On obtient : \[w_1=2+0+1=3,\qquad w_2=3+1+1=5,\qquad w_3=5+2+1=8.\] Cette relation reste une relation de récurrence. Elle utilise à la fois le terme \(w_n\) et le rang \(n\).

Une relation peut également utiliser deux termes précédents ; il faut alors fournir suffisamment de termes initiaux.

Une règle écrite n’est pas toujours applicable indéfiniment

Une construction qui s’interrompt Supposons \[u_0=2,\qquad u_{n+1}=\frac1{u_n-1}.\] Alors \(u_1=1/(2-1)=1\). Mais le calcul suivant demanderait \[u_2=\frac1{1-1},\] qui n’est pas défini. Ces données ne définissent donc pas une suite réelle sur tout \(\mathbb{N}\).

Calculer sans perdre le rang On donne \(a_1=5\) et \(a_{n+1}=2a_n-3\), pour \(n\geq1\).

  1. Calcule \(a_2,a_3,a_4\).

  2. Quel terme est le troisième de la suite ?

  3. Une autre suite vérifie la même règle avec \(b_1=3\). Calcule \(b_2,b_3\). Que remarques-tu ?

Calculer sans perdre le rang \[a_2=2\times5-3=7,\quad a_3=2\times7-3=11,\quad a_4=2\times11-3=19.\] Le troisième terme est \(a_3\), car le départ est au rang \(1\). Pour l’autre suite, \[b_2=2\times3-3=3,\qquad b_3=2\times3-3=3.\] La transformation conserve la valeur \(3\). Les deux suites ne sont pas identiques, malgré une règle commune.

À reprendre plus tard, avant de relire.  Pour \(c_0=-1\) et \(c_{n+1}=3c_n+2\), on obtient \(c_1=3(-1)+2=-1\), puis \(c_2=-1\). Explique pourquoi la même valeur se reproduit : la transformation \(x\mapsto3x+2\) renvoie \(-1\) sur \(-1\).

Construire une suite à partir d’un motif

Une bordure de carreaux À l’étape \(n\geq1\), on entoure un carré de \(n\) carreaux de côté par une bordure d’épaisseur un carreau.

Le grand carré a \(n+2\) carreaux de côté. Le nombre \(b_n\) de carreaux de la bordure est donc : \[\begin{aligned} b_n &=(n+2)^2-n^2\\ &=n^2+4n+4-n^2\\ &=4n+4. \end{aligned}\] Une seconde lecture compte quatre bandes de \(n\) carreaux et les quatre coins : \(b_n=4n+4\).

image

Lecture de la figure. Le carré central contient \(4^2=16\) carreaux. Le carré extérieur en contient \(6^2=36\). Les \(20\) carreaux restants forment la bordure, conformément à \(b_4=4\times4+4=20\). La figure illustre un cas ; la soustraction des deux aires de carreaux justifie la formule pour chaque entier \(n\geq1\).

Comme \[b_{n+1}-b_n=[4(n+1)+4]-(4n+4)=4,\] on peut aussi décrire la même suite par \[b_1=8,\qquad b_{n+1}=b_n+4.\]

Passer du dessin à une règle Commence par nommer exactement ce que tu comptes : éléments ajoutés, nombre total, aire, longueur ou périmètre.

Repère ensuite une décomposition valable pour un rang quelconque, ou compare deux étapes successives.

Vérifie enfin le premier rang et un autre rang visible. Cette vérification repère une erreur de décalage, mais la justification générale doit venir de la construction.

Dénombrer autrement Un rectangle comporte \(n\) lignes et \(n+3\) colonnes de points. On note \(p_n\) le nombre de points, pour \(n\geq1\). Donne une formule explicite, puis calcule \(p_{n+1}-p_n\).

Dénombrer autrement Chaque ligne contient \(n+3\) points et il y a \(n\) lignes : \[p_n=n(n+3)=n^2+3n.\] Pour le rang suivant : \[p_{n+1}=(n+1)(n+4)=n^2+4n+n+4=n^2+5n+4.\] Ainsi \[p_{n+1}-p_n =n^2+5n+4-(n^2+3n)=2n+4.\] L’ajout dépend du rang : on n’ajoute pas toujours le même nombre de points.

Représenter une suite et lire ses termes

Le nuage de points \((n;u_n)\)

Représentation graphique d’une suite Dans un repère, on représente une suite \((u_n)\) par les points \[M_n(n;u_n).\] L’abscisse est le rang ; l’ordonnée est le terme.

Des points, pas une courbe continue Pour \(u_n=n^2-2n+4\) : \[\begin{array}{c|rrrrrr} n&0&1&2&3&4&5\\ \hline u_n&4&3&4&7&12&19 \end{array}\] On place donc \((0;4),(1;3),(2;4),(3;7),(4;12),(5;19)\).

image

Lecture. Le terme \(u_3\) est l’ordonnée \(7\) du point d’abscisse \(3\). La courbe en pointillés représente \(f(x)=x^2-2x+4\), pour des valeurs réelles de \(x\). Seuls ses points d’abscisse entière appartiennent à la représentation de la suite.

Relier les points ajoute une information Un segment entre deux points peut guider l’œil, mais il ne crée pas un terme \(u_{2{,}5}\) dans une suite définie sur \(\mathbb{N}\). Une évolution entre deux observations demanderait un modèle supplémentaire.

Lire une récurrence avec \(y=f(x)\) et \(y=x\)

Pour \(v_{n+1}=f(v_n)\), l’entrée de \(f\) est \(v_n\), et non \(n\). On utilise :

  1. la courbe de \(f\), pour obtenir l’image ;

  2. la droite \(y=x\), pour reporter cette valeur comme nouvelle abscisse.

Construire les premiers termes de \(v_{n+1}=\frac12v_n+3\) Avec \(v_0=4\), on monte de l’abscisse \(4\) jusqu’à la courbe : on atteint \((4;5)\), puisque \(f(4)=5\).

On rejoint horizontalement la droite \(y=x\), au point \((5;5)\). L’abscisse est maintenant \(v_1=5\).

On rejoint verticalement la courbe au point \((5;5{,}5)\), puis horizontalement la diagonale au point \((5{,}5;5{,}5)\). On obtient ainsi \(v_2=5{,}5\).

image

Attention : ce dessin construit les valeurs de la suite sur les axes. Les points \((v_n;v_{n+1})\) ne sont pas les points \((n;v_n)\) du nuage habituel.

Deux lectures à distinguer Les termes connus d’une suite sont \(a_0=2,a_1=4,a_2=8,a_3=16\).

  1. Quels points faut-il placer dans le nuage \((n;a_n)\) ?

  2. Peut-on affirmer, avec ces seules données, que \(a_4=32\) ?

Deux lectures à distinguer On place \((0;2),(1;4),(2;8),(3;16)\). On peut conjecturer un doublement, mais il faut une règle supplémentaire pour imposer \(a_4=32\). Une suite peut commencer par ces quatre valeurs puis avoir un autre cinquième terme.

Étudier le sens de variation

Définitions et portée

Croissante, décroissante, monotone Pour une suite définie à partir du rang \(n_0\) :

  • elle est croissante lorsque \(u_{n+1}\geq u_n\) pour tout entier \(n\geq n_0\) ;

  • elle est décroissante lorsque \(u_{n+1}\leq u_n\) pour tout entier \(n\geq n_0\) ;

  • elle est constante lorsque \(u_{n+1}=u_n\) pour tout entier \(n\geq n_0\).

Elle est monotone lorsqu’elle est croissante ou décroissante. On parle de croissance ou décroissance stricte lorsque toutes les inégalités correspondantes sont strictes.

Une suite constante est à la fois croissante et décroissante au sens large. Une suite peut aussi devenir monotone seulement à partir d’un certain rang.

Comparer deux marches successives Pour savoir si l’on monte d’une marche à la suivante, on compare leurs hauteurs. C’est le rôle de \(u_{n+1}-u_n\).

L’image n’impose pas que les hauteurs soient positives. Une suite de termes négatifs peut être croissante : \(-8,-4,-2,-1,\ldots\) monte vers des valeurs plus grandes.

Méthode de la différence

Le signe de la différence Pour chaque rang autorisé, \[u_{n+1}\geq u_n \quad\Longleftrightarrow\quad u_{n+1}-u_n\geq0.\] Ainsi, étudier le signe de \(u_{n+1}-u_n\) permet d’étudier les variations.

Démonstration.  On passe d’une inégalité à l’autre en soustrayant ou en ajoutant \(u_n\) aux deux membres. Ces opérations conservent le sens. Le même raisonnement vaut pour les inégalités strictes ou inverses.

\(\square\)

Étudier des variations avec une différence Écris d’abord \(u_{n+1}\), puis \[u_{n+1}-u_n.\] Place \(u_n\) entre parenthèses s’il contient plusieurs termes. Simplifie l’expression, étudie son signe sur les indices entiers autorisés, puis conclus avec le rang de départ exact.

Une suite qui change de sens Soit \(u_n=n^2-5n+4\). \[\begin{aligned} u_{n+1}-u_n &=(n+1)^2-5(n+1)+4-(n^2-5n+4)\\ &=n^2+2n+1-5n-5+4-n^2+5n-4\\ &=2n-4. \end{aligned}\] Cette différence est négative pour \(n=0,1\), nulle pour \(n=2\), positive pour \(n\geq3\).

La suite décroît strictement de \(u_0\) à \(u_2\), vérifie \(u_2=u_3\), puis croît strictement à partir de \(u_3\). Elle est croissante au sens large à partir du rang \(2\).

\[\begin{array}{c|rrrrrr} n&0&1&2&3&4&5\\ \hline u_n&4&0&-2&-2&0&4 \end{array}\] Au rang \(2\), la différence compare \(u_3\) à \(u_2\). Elle ne compare pas \(u_2\) à \(u_1\).

Une différence de fractions Soit \[v_n=\frac{3n+2}{n+1}.\] Pour \(n\geq0\), tous les dénominateurs suivants sont positifs : \[\begin{aligned} v_{n+1}-v_n &=\frac{3n+5}{n+2}-\frac{3n+2}{n+1}\\ &=\frac{(3n+5)(n+1)-(3n+2)(n+2)} {(n+1)(n+2)}. \end{aligned}\] On développe séparément les deux produits : \[(3n+5)(n+1) =3n^2+3n+5n+5=3n^2+8n+5,\] \[(3n+2)(n+2) =3n^2+6n+2n+4=3n^2+8n+4.\] Le numérateur de la différence vaut donc \[(3n^2+8n+5)-(3n^2+8n+4)=1.\] Ainsi \[v_{n+1}-v_n=\frac1{(n+1)(n+2)}>0.\] La suite est strictement croissante.

Bon réflexe.  Une seconde écriture peut éclairer le sens : \[\frac{3n+2}{n+1} =\frac{3(n+1)-1}{n+1} =3-\frac1{n+1}.\] Quand \(n\) augmente, \(1/(n+1)\) diminue ; son opposé augmente. Ce contrôle complète le calcul précédent.

Méthode du quotient : une condition importante

Comparer le quotient à \(1\) Si \(u_n>0\) pour tous les rangs étudiés, alors \[u_{n+1}\geq u_n \quad\Longleftrightarrow\quad \frac{u_{n+1}}{u_n}\geq1.\] La même équivalence vaut avec \(>\), \(<\) ou \(\leq\).

Démonstration.  On divise les deux membres par le nombre strictement positif \(u_n\). Une division par un nombre positif conserve le sens de l’inégalité.

\(\square\)

Une puissance divisée par une expression simple Soit \(a_n=3^n/(n+1)\). Les termes sont strictement positifs. \[\begin{aligned} \frac{a_{n+1}}{a_n} &=\frac{3^{n+1}}{n+2}\div\frac{3^n}{n+1}\\ &=\frac{3^{n+1}}{n+2}\times\frac{n+1}{3^n}\\ &=3\frac{n+1}{n+2}. \end{aligned}\] Pour comparer ce quotient à \(1\), on calcule : \[3\frac{n+1}{n+2}-1 =\frac{3n+3-(n+2)}{n+2} =\frac{2n+1}{n+2}>0.\] Le quotient est donc supérieur à \(1\), et la suite est strictement croissante.

Un quotient supérieur à \(1\) ne suffit pas sans le signe Pour \(b_n=-2^n\), on a \(b_{n+1}/b_n=2>1\). Pourtant les termes sont \(-1,-2,-4,-8,\ldots\) : la suite est strictement décroissante.

Le dénominateur est négatif ; la division inverse le sens de l’inégalité. Pour éviter cette difficulté, utilise la différence.

Utiliser une fonction associée

Transmission de la monotonie Si \(u_n=f(n)\) et si \(f\) est croissante sur un intervalle contenant tous les indices étudiés, alors \((u_n)\) est croissante. Le résultat analogue vaut pour la décroissance et pour les versions strictes.

Démonstration.  Pour tout indice autorisé, \(n<n+1\). Si \(f\) est croissante, alors \(f(n)\leq f(n+1)\). Comme \(u_n=f(n)\) et \(u_{n+1}=f(n+1)\), on obtient \(u_n\leq u_{n+1}\).

\(\square\)

Une comparaison sans dérivée Pour \(u_n=2-\frac3{n+1}\), on peut utiliser \(f(x)=2-\frac3{x+1}\), définie sur \([0;+\infty[\).

Si \(0\leq x<y\), alors \(0<x+1<y+1\), donc \[\frac1{x+1}>\frac1{y+1}.\] Multiplier par \(-3\) inverse le sens, puis ajouter \(2\) le conserve : \[2-\frac3{x+1}<2-\frac3{y+1}.\] La fonction est strictement croissante ; la suite l’est aussi.

Après l’étude des dérivées, on peut retrouver ce résultat avec \(f'(x)=3/(x+1)^2>0\). Cette seconde voie n’est pas nécessaire ici.

Ne pas appliquer ce résultat à \(u_{n+1}=f(u_n)\) La fonction \(f(x)=\frac12x+3\) est croissante. Pourtant la suite partant de \(10\) donne \(10,8,7,6{,}5,\ldots\). La croissance de \(f\) ne suffit donc pas à affirmer celle d’une suite définie par \(u_{n+1}=f(u_n)\).

Remarque.  La réciproque de la proposition sur \(u_n=f(n)\) est également fausse en général. Une fonction peut diminuer entre deux indices entiers, alors que ses valeurs aux seuls entiers augmentent. Il faut distinguer la courbe entière et le nuage de la suite.

Choisir puis justifier Étudie les variations de : \[a_n=\frac{n+2}{n+1}, \qquad b_n=-5n+8, \qquad c_n=2^n.\] Pour chaque suite, indique la méthode choisie et sa condition éventuelle.

Choisir puis justifier Pour \(a_n\), la différence donne : \[\begin{aligned} a_{n+1}-a_n &=\frac{n+3}{n+2}-\frac{n+2}{n+1}\\ &=\frac{(n+3)(n+1)-(n+2)^2}{(n+1)(n+2)}\\ &=\frac{n^2+4n+3-(n^2+4n+4)}{(n+1)(n+2)}\\ &=-\frac1{(n+1)(n+2)}<0. \end{aligned}\] Elle est strictement décroissante.

Pour \(b_n\), \[b_{n+1}-b_n=-5(n+1)+8-(-5n+8)=-5<0.\] Elle est strictement décroissante, même lorsque ses termes sont négatifs.

Pour \(c_n\), \(c_n>0\) et \[\frac{c_{n+1}}{c_n}=\frac{2^{n+1}}{2^n}=2>1.\] Elle est strictement croissante.

À reprendre plus tard, avant de relire.  Pour \(d_n=n^2-3n\), retrouve \(d_{n+1}-d_n=2n-2\). La différence est négative pour \(n=0\), nulle pour \(n=1\), positive pour \(n\geq2\). Explique quelles paires de termes correspondent à ces indices.

Les suites arithmétiques : ajouter toujours la même quantité

Suite arithmétique Une suite \((u_n)\) est arithmétique s’il existe un réel \(r\), indépendant du rang, tel que \[u_{n+1}=u_n+r\] pour tous les rangs concernés. Le nombre \(r\) est appelé la raison.

Le mot raison désigne ici un paramètre mathématique. Il peut être positif, négatif ou nul.

Trois comportements \[\begin{array}{c|c|c} \text{Départ}&\text{Raison}&\text{Premiers termes}\\ \hline 4&3&4,\ 7,\ 10,\ 13,\ldots\\ 4&-3&4,\ 1,\ -2,\ -5,\ldots\\ 4&0&4,\ 4,\ 4,\ 4,\ldots \end{array}\]

Caractérisation par la différence Une suite est arithmétique de raison \(r\) si et seulement si \[u_{n+1}-u_n=r\] pour tous les rangs concernés.

Démonstration.  Soustraire \(u_n\) à \(u_{n+1}=u_n+r\) donne la différence \(r\). Inversement, ajouter \(u_n\) à la différence \(u_{n+1}-u_n=r\) donne la relation de définition.

\(\square\)

Une différence qui dépend du rang n’est pas une raison Pour \(u_n=n^2\), la différence est \(2n+1\). Elle vaut \(1\) au rang \(0\), \(3\) au rang \(1\), puis \(5\). La suite n’est pas arithmétique. Le fait de toujours pouvoir calculer une différence ne la rend pas constante.

Le terme général et sa démonstration

Passer d’un rang à un autre Si \((u_n)\) est arithmétique de raison \(r\), alors, pour deux indices autorisés \(p\) et \(n\), \[\boxed{u_n=u_p+(n-p)r.}\] En particulier : \[\boxed{u_n=u_0+nr} \quad\text{ou}\quad \boxed{u_n=u_1+(n-1)r},\] selon le premier rang utilisé.

Démonstration.  Supposons d’abord \(n>p\). Écrivons les \(n-p\) différences : \[u_{p+1}-u_p=r,\quad u_{p+2}-u_{p+1}=r,\quad\ldots,\quad u_n-u_{n-1}=r.\] En les additionnant, les termes intermédiaires s’annulent : \[u_n-u_p=(n-p)r.\] D’où \(u_n=u_p+(n-p)r\).

Si \(n=p\), la formule devient \(u_p=u_p\).

Si \(n<p\), on applique le cas précédent de \(n\) à \(p\) : \(u_p-u_n=(p-n)r\). On isole \(u_n\) et on obtient encore \(u_n=u_p+(n-p)r\).

\(\square\)

Compter les déplacements, pas les bornes Pour aller du rang \(3\) au rang \(8\), on effectue cinq déplacements : \(3\to4\to5\to6\to7\to8\). On ajoute donc cinq fois la raison.

Il y a six termes entre les deux bornes, mais seulement cinq passages. Cette distinction expliquera aussi les formules de somme.

Lien avec une expression affine Une suite arithmétique s’écrit sous la forme \(u_n=an+b\). Réciproquement, une suite donnée par \(u_n=an+b\) est arithmétique de raison \(a\).

Démonstration.  Le théorème donne \(u_n=u_p+(n-p)r=rn+(u_p-pr)\), une expression affine en \(n\). Réciproquement, \[u_{n+1}-u_n=a(n+1)+b-(an+b)=a.\] La différence constante caractérise une suite arithmétique.

\(\square\)

Remarque.  Les points \((n;u_n)\) d’une suite arithmétique appartiennent donc à une même droite. Une apparence d’alignement sur quelques points permet une conjecture, pas une preuve portant sur tous les rangs.

Retrouver la raison à partir de deux termes

Deux termes connus et la nature arithmétique annoncée Si \(p\neq n\), pars de \[u_n-u_p=(n-p)r.\] Divise par l’écart d’indices, qui est non nul : \[\boxed{r=\frac{u_n-u_p}{n-p}.}\] Il faut diviser l’écart des valeurs par l’écart des indices.

Deux termes éloignés On sait que la suite est arithmétique, avec \(u_3=11\) et \(u_8=-4\). \[r=\frac{-4-11}{8-3}=\frac{-15}{5}=-3.\] Pour revenir au rang \(0\) : \[u_0=u_3+(0-3)r=11+(-3)(-3)=20.\] Ainsi \(u_n=20-3n\).

Contrôle.  \(u_3=20-9=11\) et \(u_8=20-24=-4\), comme demandé.

Variations

Le signe de la raison Une suite arithmétique est : strictement croissante si \(r>0\), strictement décroissante si \(r<0\), constante si \(r=0\).

Démonstration.  Sa différence \(u_{n+1}-u_n\) est précisément \(r\). On applique le critère de variation par la différence.

\(\square\)

Un terme est la moyenne de ses voisins Pour une suite arithmétique, lorsque les trois termes sont définis : \[u_n=\frac{u_{n-1}+u_{n+1}}2.\]

Démonstration.  On a \(u_{n-1}=u_n-r\) et \(u_{n+1}=u_n+r\). La somme vaut \(2u_n\), car \(-r+r=0\). On divise par \(2\).

\(\square\)

Un parcours complet Une suite arithmétique vérifie \(a_2=7\) et \(a_6=19\).

  1. Complète \(19=7+(6-2)r\), puis trouve \(r\).

  2. Détermine \(a_0\) et une expression de \(a_n\).

  3. Calcule \(a_{10}\) et étudie les variations.

  4. Explique pourquoi les deux seules valeurs \(7\) et \(19\) ne suffiraient pas sans l’information « arithmétique ».

Un parcours complet \[19=7+4r \Longrightarrow 12=4r \Longrightarrow r=3.\] On a soustrait \(7\), puis divisé par \(4\neq0\). \[a_0=a_2+(0-2)r=7-6=1.\] Donc \(a_n=1+3n\), puis \(a_{10}=1+30=31\). La raison est positive : la suite est strictement croissante.

Sans la nature arithmétique, d’autres règles pourraient donner les mêmes valeurs aux rangs \(2\) et \(6\), avec des valeurs intermédiaires ou ultérieures différentes.

À reprendre plus tard, avant de relire.  Une suite arithmétique vérifie \(b_1=12\) et \(b_4=0\). Retrouve \[r=\frac{0-12}{4-1}=-4,\qquad b_n=12-4(n-1)=16-4n.\] Le terme \(b_0=16\) n’est utilisable que si le rang \(0\) appartient bien à l’ensemble de définition donné.

Les suites géométriques : multiplier toujours par le même nombre

Suite géométrique Une suite \((u_n)\) est géométrique lorsqu’il existe un réel \(q\), indépendant du rang, tel que \[u_{n+1}=q\,u_n\] pour tous les rangs concernés. Le nombre \(q\) est sa raison.

Nous autorisons ici \(q=0\) dans la relation de définition. Ce cas sera traité séparément dès qu’une formule pourrait faire apparaître \(0^0\) ou une division par zéro.

Une raison fractionnaire ou négative Avec \(u_0=12\) et \(q=\frac12\), les termes sont \(12,6,3,\frac32,\ldots\).

Avec \(v_0=5\) et \(q=-2\), les termes sont \(5,-10,20,-40,\ldots\). Le signe alterne parce que chaque multiplication par \(-2\) change le signe.

Reconnaître la suite sans division interdite

Critère du quotient lorsque les termes sont non nuls Si tous les termes considérés sont non nuls, la suite est géométrique de raison \(q\) si et seulement si \[\frac{u_{n+1}}{u_n}=q\] à chaque rang.

Démonstration.  On divise la relation \(u_{n+1}=qu_n\) par \(u_n\neq0\). Réciproquement, on multiplie l’égalité du quotient par \(u_n\).

\(\square\)

La définition est plus générale que le test du quotient La suite nulle vérifie \(u_{n+1}=q u_n\) pour tout réel \(q\), car \(0=q\times0\). Mais les quotients \(0/0\) n’existent pas.

Pour reconnaître une suite géométrique, établir directement \(u_{n+1}=q u_n\) évite parfois une division inutile.

Démontrer la nature géométrique Pour \(u_n=-6\left(\frac13\right)^n\), \[\begin{aligned} u_{n+1} &=-6\left(\frac13\right)^{n+1}\\ &=-6\left(\frac13\right)^n\times\frac13\\ &=\frac13u_n. \end{aligned}\] La suite est donc géométrique de raison \(1/3\). La preuve porte sur un rang quelconque, pas seulement sur trois termes.

Le terme général

Passer d’un rang à un autre Si \((u_n)\) est géométrique de raison \(q\neq0\), alors \[\boxed{u_n=u_pq^{\,n-p}}\] pour tous les indices autorisés \(n,p\).

En particulier : \[\boxed{u_n=u_0q^n} \quad\text{ou}\quad \boxed{u_n=u_1q^{n-1}}.\]

Démonstration.  Si \(n>p\), on applique \(n-p\) fois la multiplication par \(q\) : \[u_{p+1}=qu_p,\quad u_{p+2}=q(qu_p)=q^2u_p,\quad\ldots,\quad u_n=q^{n-p}u_p.\] Pour un rang fixé, il s’agit d’un nombre fini de multiplications. Cette lecture reste valable lorsque \(u_p=0\), sans diviser par ce terme.

Si \(n=p\), \(q^0=1\), d’où l’égalité.

Si \(n<p\), on part de \(u_p=u_nq^{p-n}\). Comme \(q\neq0\), on divise par \(q^{p-n}\) : \[u_n=u_p\frac1{q^{p-n}}=u_pq^{n-p}.\]

\(\square\)

Le cas \(q=0\) Si \(u_{n_0}\) est le terme initial et si \(q=0\), alors \[u_{n_0+1}=0,\qquad u_n=0\quad\text{pour tout }n>n_0.\] Le premier terme n’est pas nécessairement nul.

Démonstration.  Le premier calcul donne \(0\times u_{n_0}=0\). Chaque calcul suivant donne encore \(0\times0=0\).

\(\square\)

Remarque.  Si un terme d’une suite géométrique est nul, tous les suivants le sont. Si \(q\neq0\), on peut également remonter par division : tous les termes précédents définis sont alors nuls.

Si le terme initial est non nul, la raison est unique : \(q=u_{n_0+1}/u_{n_0}\). Pour la suite nulle, plusieurs raisons conviennent.

Deux termes ne donnent pas toujours une raison unique

Deux raisons possibles Une suite géométrique vérifie \(u_2=18\) et \(u_4=162\). Ces valeurs non nulles excluent \(q=0\). \[u_4=u_2q^2 \Longrightarrow 162=18q^2 \Longrightarrow q^2=9.\] Deux possibilités subsistent : \(q=3\) ou \(q=-3\). Dans les deux cas, \(u_0=18/9=2\). Mais \(u_3=54\) dans le premier cas, et \(u_3=-54\) dans le second.

Une condition supplémentaire, comme « raison positive », peut départager les deux suites.

Variations : raison et signe des termes

Le cas d’une raison positive Pour une suite géométrique de raison \(q>0\) : \[u_{n+1}-u_n=qu_n-u_n=(q-1)u_n.\] Le signe dépend donc de \(q-1\) et du signe de \(u_n\).

Situation Terme initial positif Terme initial négatif
\(q>1\) strictement croissante strictement décroissante
\(0<q<1\) strictement décroissante strictement croissante
\(q=1\) constante constante

Démonstration.  Pour \(q>0\), toutes les puissances \(q^n\) sont positives. Les termes conservent donc le signe du terme initial. On étudie alors le produit \((q-1)u_n\) avec la règle des signes.

\(\square\)

Si le terme initial est nul, la suite est constante et nulle.

Si \(q<0\) et si le terme initial est non nul, les signes alternent. On trouve successivement un passage d’un positif à un négatif, puis un passage d’un négatif à un positif, ou l’inverse. La suite n’est donc ni croissante ni décroissante.

Pour \(q=0\), une suite de départ positif est décroissante au sens large, puis constante à partir du terme suivant. Avec un départ négatif, elle est croissante au sens large, puis constante.

Un piège de signe La suite \(u_n=-12(1/2)^n\) vérifie \(0<q<1\). Ses premiers termes sont \(-12,-6,-3,-1{,}5,\ldots\). Elle est strictement croissante, et non décroissante : son terme initial est négatif.

Le lien avec un taux constant

Si une quantité est multipliée par \(q>0\) à chaque étape, son taux d’évolution entre deux étapes est \[\frac{u_{n+1}-u_n}{u_n} =\frac{qu_n-u_n}{u_n}=q-1\] lorsque \(u_n\neq0\).

Une hausse de \(t\,\%\) correspond à \(q=1+t/100\). Une baisse de \(t\,\%\) correspond à \(q=1-t/100\).

Nature, calcul et conditions

  1. Pour \(a_n=7\cdot4^n\), établis une relation entre \(a_{n+1}\) et \(a_n\).

  2. Une suite géométrique vérifie \(b_2=12\) et \(q=1/2\). Calcule \(b_5\).

  3. Une suite de raison \(-2\) et de premier terme \(0\) est-elle nécessairement non monotone ?

Nature, calcul et conditions

  1. \[a_{n+1}=7\cdot4^{n+1} =7\cdot4^n\cdot4=4a_n.\] La suite est géométrique de raison \(4\).

  2. De \(2\) à \(5\), il y a trois multiplications : \[b_5=12\left(\frac12\right)^3 =\frac{12}{8}=\frac32.\] Le calcul successif \(12,6,3,3/2\) confirme le résultat.

  3. Non. Tous ses termes valent \(0\), donc elle est constante. L’affirmation de non-monotonie pour \(q<0\) exige un terme initial non nul.

À reprendre plus tard, avant de relire.  Pour \(c_1=-3\) et \(q=2\), le cinquième terme est \(c_5=-3\times2^4=-48\). La suite est strictement décroissante : \((q-1)c_n=c_n<0\).

Additionner des termes sans se tromper de nombre

Le nombre de termes et la notation sigma

Compter des indices consécutifs De l’indice \(p\) à l’indice \(n\), extrémités incluses, il y a \[\boxed{n-p+1}\] termes, lorsque \(n\geq p\).

Démonstration.  En soustrayant \(p\) à chaque indice, on obtient \(0,1,\ldots,n-p\). Cette liste contient \(n-p+1\) entiers : le terme de rang zéro compte lui aussi.

\(\square\)

Notation. \[\sum_{k=p}^{n}u_k=u_p+u_{p+1}+\cdots+u_n.\] La lettre \(k\) parcourt les indices. Les nombres \(p\) et \(n\) fixent les bornes. Changer le nom de \(k\) ne change pas la somme : \(\sum_{j=p}^{n}u_j\) désigne la même quantité.

Compter avant de calculer \(u_0+\cdots+u_{12}\) contient \(13\) termes. \(u_4+\cdots+u_{12}\) en contient \(12-4+1=9\).

Les nombres \(17,19,\ldots,83\) ne sont pas tous les entiers de \(17\) à \(83\). Il y a \((83-17)/2=33\) passages de taille \(2\), donc \(34\) termes.

Sommes arithmétiques

Somme de termes consécutifs d’une suite arithmétique Si \((u_n)\) est arithmétique et \(n\geq p\), alors \[\boxed{ u_p+\cdots+u_n=(n-p+1)\frac{u_p+u_n}{2}. }\] En mots : \[\text{nombre de termes}\times \frac{\text{premier terme}+\text{dernier terme}}2.\]

Démonstration.  Appelons \(S\) la somme et écrivons-la dans les deux sens : \[\begin{aligned} S&=u_p+u_{p+1}+\cdots+u_{n-1}+u_n,\\ S&=u_n+u_{n-1}+\cdots+u_{p+1}+u_p. \end{aligned}\] Pour chaque entier \(j\) entre \(0\) et \(n-p\), \[u_{p+j}=u_p+jr,\qquad u_{n-j}=u_n-jr.\] La somme de deux termes superposés vaut donc \(u_p+u_n\). Il y a \(n-p+1\) colonnes : \[2S=(n-p+1)(u_p+u_n).\] On divise par \(2\). Ce raisonnement fonctionne aussi avec un nombre impair de termes : on additionne deux écritures complètes de la somme.

\(\square\)

Somme des premiers entiers Pour \(n\geq1\), \[\boxed{1+2+\cdots+n=\frac{n(n+1)}2.}\]

Démonstration.  Les entiers \(1,2,\ldots,n\) forment une suite arithmétique de raison \(1\). Il y a \(n\) termes, de premier terme \(1\) et de dernier terme \(n\). Le théorème donne \(n(1+n)/2\).

\(\square\)

Une somme commençant au rang \(3\) Soit \(u_n=9+4n\). Calculons \(u_3+\cdots+u_{11}\).

La suite est arithmétique de raison \(4\). Le premier terme de la somme est \(u_3=9+12=21\). Le dernier est \(u_{11}=9+44=53\). Il y a \(11-3+1=9\) termes : \[S=9\frac{21+53}{2}=9\times37=333.\]

Contrôle.  Le terme central est \(u_7=37\). Les termes symétriques ont une moyenne égale à \(37\) ; neuf termes de moyenne \(37\) donnent bien \(333\).

Sommes géométriques

Somme de puissances successives Pour \(q\neq1\) et \(n\geq0\), \[\boxed{1+q+q^2+\cdots+q^n=\frac{1-q^{n+1}}{1-q}.}\] Pour \(n=0\), la somme se réduit à \(1\). Pour \(q=1\), elle vaut \(n+1\). Si \(q=0\), on lit directement \(1+0+\cdots+0=1\), sans utiliser \(0^0\).

Démonstration.  Pour \(n\geq1\), posons \[S=1+q+\cdots+q^n.\] Alors \[qS=q+q^2+\cdots+q^{n+1}.\] La soustraction annule les termes communs : \[S-qS=1-q^{n+1}.\] En factorisant, \[(1-q)S=1-q^{n+1}.\] Comme \(q\neq1\), \(1-q\neq0\), donc la division est autorisée. Pour \(n=0\), la formule se vérifie directement. Pour \(q=1\), on additionne \(n+1\) fois le nombre \(1\).

\(\square\)

Somme de \(N\) termes géométriques Pour \(N\geq1\), une suite géométrique de raison \(q\neq1\) vérifie \[\boxed{ u_p+u_{p+1}+\cdots+u_{p+N-1} =u_p\frac{1-q^N}{1-q}. }\] Si \(q=1\), la somme vaut \(Nu_p\).

Démonstration.  Pour \(q\neq0\), les termes s’écrivent \(u_p,u_pq,\ldots,u_pq^{N-1}\). On factorise \(u_p\), puis on applique le théorème précédent avec \(n=N-1\).

Pour \(q=0\), tous les termes après \(u_p\) sont nuls : la somme vaut \(u_p\), comme la formule. La formule ne divise pas par \(u_p\) ; elle reste donc valable si le premier terme est nul.

\(\square\)

Une somme de cinq termes On connaît \(u_2=12\), avec \(q=1/2\). De \(u_2\) à \(u_6\), il y a \(6-2+1=5\) termes : \[\begin{aligned} S &=12\frac{1-(1/2)^5}{1-1/2}\\ &=12\frac{1-1/32}{1/2}\\ &=12\times\frac{31}{32}\times2\\ &=\frac{93}{4}. \end{aligned}\] Diviser par \(1/2\) revient à multiplier par \(2\).

Contrôle.  \[12+6+3+\frac32+\frac34 =\frac{48+24+12+6+3}{4} =\frac{93}{4}.\]

Une raison négative \[5-10+20-40+80 =5\frac{1-(-2)^5}{1-(-2)} =5\frac{1+32}{3}=55.\] Les parenthèses de \((-2)^5\) sont importantes.

La formule ne décide pas du modèle Avant d’utiliser une formule de somme, établis la nature de la suite et compte les termes.

La formule géométrique avec le dénominateur \(1-q\) ne s’utilise pas pour \(q=1\). Dans ce cas, additionne simplement des termes tous égaux.

Choisir la bonne somme Calcule :

  1. \(17+19+\cdots+83\) ;

  2. \(3+6+12+24+48+96\) ;

  3. la somme de sept termes tous égaux à \(-4\).

Choisir la bonne somme

  1. La raison arithmétique est \(2\), et il y a \(34\) termes : \[S=34\frac{17+83}{2}=34\times50=1700.\]

  2. La raison géométrique est \(2\), et il y a six termes : \[S=3\frac{1-2^6}{1-2} =3\frac{-63}{-1}=189.\]

  3. La suite est constante ; la somme vaut \(7\times(-4)=-28\).

À reprendre plus tard, avant de relire.  Calcule \(10+13+\cdots+40\). Il y a \((40-10)/3+1=11\) termes : \(S=11(10+40)/2=275\). Explique séparément pourquoi il y a dix passages mais onze termes.

Modéliser une situation et interpréter les résultats

Construire un modèle de suite

  1. Définis \(u_n\) par une phrase : quantité, unité, instant ou étape.

  2. Fixe le rang initial.

  3. Traduis une évolution élémentaire : ajout fixe, multiplication fixe ou plusieurs opérations successives.

  4. Vérifie les premiers termes.

  5. Identifie la nature de la suite seulement si la règle le permet.

  6. Réponds dans le contexte et précise les limites du modèle.

Ajout fixe ou taux fixe ?

Deux scénarios de collecte Une collecte fictive commence avec \(24\) kg pendant la semaine initiale.

Scénario A : on collecte \(6\) kg de plus chaque semaine. \[a_0=24,\qquad a_{n+1}=a_n+6, \qquad a_n=24+6n.\]

Scénario B : la quantité collectée augmente de \(20\,\%\) chaque semaine. \[b_0=24,\qquad b_{n+1}=1{,}2b_n, \qquad b_n=24(1{,}2)^n.\]

\[\begin{array}{c|rrrrr} n&0&1&2&3&4\\ \hline a_n&24&30&36&42&48\\ b_n&24&28{,}8&34{,}56&41{,}472&49{,}7664 \end{array}\] Le modèle géométrique dépasse l’autre pour la première fois au rang \(4\). Les calculs des rangs précédents sont nécessaires pour établir « pour la première fois ».

Remarque.  Une hausse de \(20\,\%\) ne correspond pas à l’ajout de \(20\) kg. L’ajout effectif est \(0{,}2b_n\), qui dépend de la quantité actuelle.

Pour cet exemple, le dépassement se conserve ensuite. En effet, \(b_n\) est croissante et \(b_2=34{,}56>30\). Pour \(n\geq2\), \[(b_{n+1}-a_{n+1})-(b_n-a_n)=0{,}2b_n-6>0.\] L’écart est donc croissant à partir de ce rang. Puisqu’il est positif au rang \(4\), il reste positif après.

Le terme d’une période n’est pas le total cumulé

Si \(a_n\) représente les kilogrammes collectés pendant la semaine \(n\), le total des semaines \(0\) à \(4\) est \[a_0+a_1+a_2+a_3+a_4,\] et non \(a_4\).

À l’inverse, si une suite représente déjà le nombre total d’équipements installés depuis le départ, additionner ses termes compterait plusieurs fois les anciens équipements.

L’ordre des opérations compte

Une retenue suivie d’un apport Un réservoir fictif contient \(80\) litres au départ. Chaque jour, il conserve \(75\,\%\) du volume de la veille, puis reçoit \(8\) litres : \[u_0=80,\qquad u_{n+1}=0{,}75u_n+8.\] Les premiers termes sont \[u_1=0{,}75\times80+8=68, \qquad u_2=0{,}75\times68+8=59.\]

Si l’on ajoutait d’abord \(8\) litres puis conservait \(75\,\%\), la relation serait \[u_{n+1}=0{,}75(u_n+8)=0{,}75u_n+6.\] Ce n’est pas le même modèle.

« On multiplie » ne suffit pas pour dire géométrique Dans \(u_{n+1}=0{,}75u_n+8\), l’ajout de \(8\) empêche de reconnaître directement la définition \(u_{n+1}=qu_n\). Il faut étudier la relation entière.

Lien avec une évolution exponentielle continue

Une suite géométrique modélise des observations à des étapes entières. Lorsque la fonction exponentielle a été étudiée, on peut comparer ce modèle à \(F(t)=C\mathrm{e}^{kt}\). Pour des entiers \(n\), \[F(n+1)=C\mathrm{e}^{k(n+1)} =C\mathrm{e}^{kn}\mathrm{e}^k=\mathrm{e}^kF(n).\] Les valeurs prises aux entiers forment une suite géométrique de raison \(\mathrm{e}^k\).

Ce lien ne transforme pas automatiquement une règle discrète en description de ce qui se passe entre deux instants d’observation.

Traduire sans choisir trop vite Une réserve contient \(1200\) litres au départ. Chaque semaine, on conserve \(80\,\%\) de l’eau présente, puis on ajoute \(60\) litres.

  1. Définis \(v_n\) et écris la relation.

  2. Calcule les deux volumes suivants.

  3. Quelle relation obtiendrait-on si l’apport précédait la perte ?

Traduire sans choisir trop vite On note \(v_n\) le volume, en litres, après \(n\) semaines. \[v_0=1200,\qquad v_{n+1}=0{,}8v_n+60.\] Puis \[v_1=960+60=1020,\qquad v_2=816+60=876.\] Avec l’ordre inverse, la relation serait \(v_{n+1}=0{,}8(v_n+60)=0{,}8v_n+48\). Le changement d’ordre modifie l’apport réellement conservé.

Étude guidée : faire apparaître une suite géométrique

Cette section montre comment une suite auxiliaire peut simplifier un problème. Il s’agit d’une démarche expliquée, pas d’une nouvelle formule générale à apprendre sans compréhension.

On reprend : \[u_0=80,\qquad u_{n+1}=\frac34u_n+8.\]

Chercher une valeur conservée par la transformation

Une valeur \(c\) serait conservée si \[c=\frac34c+8.\] On soustrait \(\frac34c\) : \[c-\frac34c=8,\qquad \frac14c=8.\] On multiplie les deux membres par \(4\) : \[c=32.\]

Mesurer un écart à une valeur de référence Plutôt que de suivre le volume total, suivons son écart à \(32\). C’est comme changer l’origine d’une règle graduée.

L’écart peut être positif ou négatif. Ce changement d’origine ne prouve pas à lui seul que le volume atteindra ou approchera \(32\) : il sert d’abord à simplifier la relation.

Définir la suite auxiliaire

Posons \(v_n=u_n-32\). Alors \[\begin{aligned} v_{n+1} &=u_{n+1}-32\\ &=\frac34u_n+8-32\\ &=\frac34u_n-24\\ &=\frac34u_n-\frac34\times32\\ &=\frac34(u_n-32)\\ &=\frac34v_n. \end{aligned}\] Le choix de \(32\) a permis la factorisation.

La suite \((v_n)\) est géométrique, avec \[v_0=80-32=48.\] Par le théorème du terme général : \[v_n=48\left(\frac34\right)^n.\] Comme \(u_n=v_n+32\), \[\boxed{u_n=32+48\left(\frac34\right)^n.}\]

Contrôle.  Au rang \(0\), la formule donne \(32+48=80\). Au rang \(1\), elle donne \(32+36=68\). Enfin, remplacer \(u_n\) dans la récurrence donne : \[\frac34\left[32+48\left(\frac34\right)^n\right]+8 =32+48\left(\frac34\right)^{n+1}.\] La formule est compatible avec le départ et la transformation.

Ce que la formule permet de justifier

Pour chaque \(n\), \(0<(3/4)^n\leq1\), donc \[32<u_n\leq80.\] De plus, \[\begin{aligned} u_{n+1}-u_n &=48\left(\frac34\right)^n \left(\frac34-1\right)\\ &=-12\left(\frac34\right)^n<0. \end{aligned}\] La suite est strictement décroissante. Elle ne devient jamais égale à \(32\) à un rang fini.

Refaire le changement d’origine On donne \(a_0=10\) et \(a_{n+1}=\frac12a_n+3\).

  1. Vérifie que \(6=\frac12\times6+3\).

  2. Pose \(b_n=a_n-6\) et établis sa relation.

  3. Déduis une formule de \(a_n\).

Refaire le changement d’origine \[\frac12\times6+3=3+3=6.\] Ensuite, \[\begin{aligned} b_{n+1} &=a_{n+1}-6\\ &=\frac12a_n+3-6\\ &=\frac12a_n-3\\ &=\frac12(a_n-6)=\frac12b_n. \end{aligned}\] Avec \(b_0=10-6=4\), on obtient \[b_n=4\left(\frac12\right)^n,\qquad a_n=6+4\left(\frac12\right)^n.\] La dernière étape revient à la suite demandée : il ne faut pas s’arrêter à la formule de la suite auxiliaire.

Chercher un seuil et prouver qu’il est le premier

Premier rang vérifiant une condition Chercher le premier rang tel que \(u_n>A\), c’est chercher le plus petit indice autorisé qui vérifie cette inégalité.

Ce rang peut ne pas exister. Il faut distinguer \(>\) de \(\geq\), et \(<\) de \(\leq\).

Un seuil arithmétique Pour \(u_n=24+6n\), cherchons le premier rang tel que \(u_n>100\). \[24+6n>100 \Longleftrightarrow 6n>76 \Longleftrightarrow n>\frac{38}{3}.\] Le premier entier possible est \(13\).

On contrôle les deux rangs voisins : \[u_{12}=96\leq100,\qquad u_{13}=102>100.\] La suite étant croissante, aucun rang précédent ne convient.

Un seuil géométrique sans logarithme Pour \(v_n=5\cdot2^n\), cherchons \(v_n>500\). Cela équivaut à \(2^n>100\). Or \[2^6=64\leq100,\qquad2^7=128>100.\] Comme \(2^n\) est strictement croissante, le premier rang est \(7\). Les valeurs correspondantes sont \(320\) et \(640\).

Une table peut chercher ; la monotonie sécurise Calcule les termes jusqu’au changement de réponse. Vérifie le rang trouvé et le précédent. Si tu utilises un saut de plusieurs rangs ou une recherche par essais éloignés, justifie qu’aucun rang intermédiaire n’a été oublié.

La monotonie permet souvent de conclure qu’après le franchissement la condition reste vérifiée. Sans monotonie, « premier franchissement » et « condition toujours vraie ensuite » sont deux questions différentes.

Un seuil qui n’existe pas Pour \[u_n=32+48\left(\frac34\right)^n,\] tous les termes sont strictement supérieurs à \(32\). Le seuil \(u_n<30\) n’est donc jamais atteint. Une boucle qui chercherait ce seuil sans limite d’itérations ne s’arrêterait pas.

Une borne incluse ou exclue Pour \(a_n=7+4n\), trouve :

  1. le premier rang tel que \(a_n\geq31\) ;

  2. le premier rang tel que \(a_n>31\).

Une borne incluse ou exclue \[7+4n\geq31\Longleftrightarrow4n\geq24 \Longleftrightarrow n\geq6.\] Le premier rang est \(6\), avec \(a_6=31\).

Pour l’inégalité stricte : \[7+4n>31\Longleftrightarrow n>6.\] Le premier entier est \(7\), avec \(a_7=35\). Un changement de symbole peut donc changer la réponse d’un rang.

Algorithmes, Python et tableur

Les programmes de cette section utilisent des entrées entières dans les domaines annoncés. Le raisonnement porte sur le nombre de mises à jour, l’état des variables et la sortie attendue.

Calculer un terme par une boucle

Pour \[u_0=4,\qquad u_{n+1}=\frac12u_n+3,\] la variable u stocke d’abord \(u_0\). Chaque mise à jour la remplace par le terme suivant.

        def terme(N):
        if N < 0:
        raise ValueError("N doit etre un entier naturel")
        u = 4
        for k in range(N):
        u = 0.5 * u + 3
        return u

Lecture. range(N) fournit \(N\) tours de boucle. Après zéro mise à jour, u vaut \(u_0\). Après une mise à jour, elle vaut \(u_1\). Après \(N\) mises à jour, elle vaut \(u_N\).

\[\begin{array}{c|c} \text{Nombre de mises à jour}&\texttt{u}\\ \hline 0&4\\ 1&5\\ 2&5{,}5\\ 3&5{,}75 \end{array}\]

Un tour de boucle supplémentaire change le rang Remplacer range(N) par range(N+1) effectuerait une mise à jour supplémentaire et renverrait \(u_{N+1}\).

Le cas \(N=0\) est un bon contrôle : le programme doit alors renvoyer le terme initial sans modification.

Produire une liste

        def liste_termes(N):
        if N < 0:
        raise ValueError("N doit etre un entier naturel")
        u = 4
        L = [u]
        for k in range(N):
        u = 0.5 * u + 3
        L.append(u)
        return L

La liste contient ici les termes de \(u_0\) à \(u_N\), donc \(N+1\) valeurs. Dans cette convention, L[k] correspond à \(u_k\).

Pour une suite explicite \(v_n=n^2-2n+4\), on peut écrire :

        def liste_explicite(N):
        if N < 0:
        raise ValueError("N doit etre un entier naturel")
        return [n*n - 2*n + 4 for n in range(N+1)]

Une liste calculée ne contient qu’un nombre fini de termes. Elle n’est pas toute la suite.

Calculer une somme

        def somme_termes(N):
        if N < 0:
        raise ValueError("N doit etre un entier naturel")
        u = 4
        S = u
        for k in range(N):
        u = 0.5 * u + 3
        S = S + u
        return S

Avant la boucle, S contient \(u_0\). À chaque tour, on calcule le nouveau terme, puis on l’ajoute. Pour \(N=2\), la somme obtenue est \[4+5+5{,}5=14{,}5.\] Intervertir les deux lignes de la boucle ajouterait le mauvais terme.

Chercher un seuil en contrôlant la sortie

Le programme suivant recherche un premier terme strictement supérieur à \(A\), jusqu’au rang Nmax inclus :

        def premier_depassement(A, Nmax):
        if Nmax < 0:
        raise ValueError("Nmax doit etre un entier naturel")
        n = 0
        u = 4
        while u <= A and n < Nmax:
        u = 0.5 * u + 3
        n = n + 1
        if u > A:
        return n, u
        return None

La condition u <= A signifie que le seuil strict n’est pas encore dépassé. La limite Nmax garantit un nombre fini de tours.

None signifie seulement : « aucun dépassement trouvé parmi les rangs examinés ». Ce résultat ne constitue pas, à lui seul, une preuve d’impossibilité pour tous les rangs.

Utiliser un tableur

On peut organiser trois colonnes : rang \(n\), terme \(u_n\), somme cumulée.

Ligne A : rang B : terme C : somme
1 \(n\) \(u_n\) somme
2 0 4 =B2
3 =A2+1 =0,5*B2+3 =C2+B3

Selon les réglages du logiciel, le séparateur décimal peut être le point ou la virgule. En recopiant la ligne 3 vers le bas, les références relatives évoluent.

La cellule B4 doit utiliser B3, non B2 : elle calcule le terme suivant. Une référence absolue telle que $E$2 sert au contraire à conserver une cellule de paramètre lors de la recopie.

Lire un programme avant de l’exécuter

            u = 3
            for k in range(3):
            u = 2*u + 1

Quelles sont les valeurs successives de u ? Quel terme est stocké à la fin si \(u_0=3\) ?

Lire un programme avant de l’exécuter Avant la boucle, u vaut \(3\). Les trois mises à jour donnent : \[2\times3+1=7,\qquad 2\times7+1=15,\qquad 2\times15+1=31.\] La valeur finale est \(u_3=31\). Le programme a calculé trois nouveaux termes, en plus du terme initial.

À reprendre plus tard, avant de relire.  Refais la trace avec range(2) et la même valeur initiale. La sortie attendue devient \(15\), soit \(u_2\). Explique pourquoi elle n’est ni \(u_1\) ni \(u_3\).

Approcher intuitivement l’idée de limite

Cette partie apprend à décrire un comportement à long terme. On s’appuie sur des expressions, des tableaux, des représentations et des recherches de seuil. On ne développe pas ici les définitions formelles et les théorèmes de convergence étudiés ultérieurement.

Se rapprocher d’une valeur

Une quantité proche de \(2\) Considérons \[u_n=2+\frac1{n+1}.\] \[\begin{array}{c|rrrr} n&0&9&99&999\\ \hline u_n&3&2{,}1&2{,}01&2{,}001 \end{array}\] L’écart à \(2\) est \(1/(n+1)\). Ces valeurs suggèrent que la suite se rapproche de \(2\).

On dit qu’elle tend vers \(2\), ou qu’elle converge vers \(2\). La notation usuelle est \[\lim_{n\to+\infty}u_n=2.\] Ici, cette notation accompagne l’explication intuitive ; elle n’introduit pas un calcul formel de limites.

image

Lecture. Les points sont au-dessus de la droite d’ordonnée \(2\) et s’en rapprochent. Aucun terme n’est égal à \(2\), puisque \(1/(n+1)>0\).

Faut-il atteindre une valeur pour s’en rapprocher ?

Non. Ici, chaque terme reste supérieur à \(2\). Pourtant les écarts calculés deviennent de plus en plus petits. Une limite éventuelle n’est pas nécessairement un terme de la suite.

Une précision concrète plutôt qu’une impression

Cherchons à partir de quel rang l’écart à \(2\) est strictement inférieur à \(0{,}02\) : \[\frac1{n+1}<0{,}02=\frac1{50}.\] Comme les dénominateurs sont positifs, cela revient à \(n+1>50\), donc \(n>49\). Le premier rang est \(50\).

Au rang \(49\), l’écart vaut exactement \(0{,}02\), ce qui ne convient pas à l’inégalité stricte. Au rang \(50\), il vaut \(1/51<1/50\). La décroissance de l’écart garantit que les rangs suivants conviennent.

Une suite peut osciller tout en se rapprochant

Considérons \[v_n=2+\frac{(-1)^n}{n+1}.\] Les termes commencent par \[3,\quad\frac32,\quad\frac73,\quad\frac74,\quad\ldots\] Ils sont alternativement au-dessus et au-dessous de \(2\). L’écart en valeur absolue vaut encore \(1/(n+1)\).

On peut donc se rapprocher d’une valeur sans être monotone. Le zigzag des signes ne suffit pas à conclure à l’absence de limite.

Grandir sans borne ou ne pas avoir de limite

Pour \(a_n=n^2\), les valeurs deviennent de plus en plus grandes. On décrit ce comportement en disant que la suite tend vers \(+\infty\).

Pour \(b_n=-n\), elles deviennent de plus en plus négatives : on parle de limite \(-\infty\).

Pour \(c_n=(-1)^n\), on retrouve indéfiniment les deux valeurs \(1\) et \(-1\). Les termes ne se rapprochent pas d’une même valeur, et ne partent pas tous vers un même infini. Cette suite n’a pas de limite.

Les premières valeurs ne déterminent pas la fin Un tableau fini peut suggérer un comportement, mais il ne prouve pas ce qui arrive à tous les rangs suivants.

Une valeur affichée comme \(2{,}000\) peut simplement être un arrondi. Elle ne prouve pas que le terme vaut exactement \(2\).

Observer et distinguer Pour \[a_n=\frac{n}{n+1},\qquad b_n=(-1)^n,\qquad c_n=3n+1,\] décris le comportement attendu quand le rang devient grand. Pour \(a_n\), aide-toi de \[\frac{n}{n+1}=1-\frac1{n+1}.\]

Observer et distinguer Pour \(a_n\), l’écart à \(1\) est \(1/(n+1)\), et les valeurs restent en dessous de \(1\). On conjecture puis on interprète intuitivement une convergence vers \(1\).

Pour \(b_n\), les valeurs alternent entre \(1\) et \(-1\) : elles ne se rapprochent pas d’une valeur commune.

Pour \(c_n\), chaque augmentation du rang ajoute \(3\). Les valeurs croissent sans borne : le comportement est décrit par une limite \(+\infty\).

Trois exemples algorithmiques classiques

La factorielle : multiplier des entiers consécutifs

Factorielle Pour un entier \(n\geq1\), \[n!=1\times2\times\cdots\times n.\] Par convention, \(0!=1\). On lit « factorielle \(n\) ».

\[1!=1,\quad2!=2,\quad3!=6,\quad4!=24,\quad5!=120.\] Pour \(n\geq0\), \[(n+1)!=(n+1)n!.\]

Comprendre la mise à jour Si le produit des entiers de \(1\) à \(4\) est déjà connu, pour obtenir celui des entiers de \(1\) à \(5\), on multiplie simplement par \(5\).

        def factorielle(n):
        if n < 0:
        raise ValueError("n doit etre un entier naturel")
        produit = 1
        for k in range(1, n+1):
        produit = produit * k
        return produit

Pour \(n=0\), la boucle n’effectue aucun tour et renvoie \(1\), conformément à la convention. Initialiser le produit à \(0\) serait une erreur : toutes les multiplications suivantes resteraient nulles.

Fibonacci : conserver les deux valeurs utiles

On définit \[F_0=0,\qquad F_1=1,\qquad F_{n+2}=F_{n+1}+F_n.\] Les termes commencent par \[0,\ 1,\ 1,\ 2,\ 3,\ 5,\ 8,\ 13.\]

        def fibonacci(N):
        if N < 0:
        raise ValueError("N doit etre un entier naturel")
        if N == 0:
        return [0]
        L = [0, 1]
        for k in range(2, N+1):
        suivant = L[k-1] + L[k-2]
        L.append(suivant)
        return L

La fonction renvoie les termes de \(F_0\) à \(F_N\). Pour calculer \(F_k\), la liste contient déjà \(F_{k-1}\) et \(F_{k-2}\). Deux termes initiaux sont nécessaires à cette construction.

Syracuse : choisir une règle selon la parité

On part d’un entier strictement positif. Si le terme est pair, le suivant est sa moitié. S’il est impair, le suivant est trois fois ce terme, plus \(1\).

        def syracuse(depart, N):
        if depart < 1 or N < 0:
        raise ValueError("Entrees entieres hors domaine")
        u = depart
        L = [u]
        for k in range(N):
        if u % 2 == 0:
        u = u // 2
        else:
        u = 3*u + 1
        L.append(u)
        return L

u % 2 est le reste de la division entière par \(2\). Il vaut zéro exactement lorsque \(u\) est pair. Dans cette branche, u // 2 donne donc exactement sa moitié.

Avec le départ \(10\), les six premières transformations donnent \[10,\ 5,\ 16,\ 8,\ 4,\ 2,\ 1.\] Le programme calcule un nombre fixé d’étapes. Il ne prétend pas démontrer que tous les départs atteignent \(1\).

Repérer une erreur de programme Un programme de factorielle commence par produit = 0. Pourquoi sa sortie est-elle incorrecte pour \(n=4\) ? Quelle valeur faut-il choisir ?

Repérer une erreur de programme À chaque tour, un produit contenant le facteur \(0\) reste nul. Le programme renverrait \(0\), alors que \(4!=1\times2\times3\times4=24\). L’initialisation correcte est \(1\), élément neutre de la multiplication.

Approfondissements facultatifs

Les développements suivants enrichissent le chapitre. Ils ne sont pas nécessaires pour réussir le parcours principal. Leur intérêt est de réutiliser les outils déjà construits : sommes finies, suites géométriques et changements de point de vue.

Somme des carrés

Une autre somme remarquable Pour \(n\geq1\), \[1^2+2^2+\cdots+n^2=\frac{n(n+1)(2n+1)}6.\]

Démonstration.  On utilise d’abord l’identité, obtenue en développant le cube : \[(k+1)^3-k^3=3k^2+3k+1.\] En additionnant de \(k=1\) à \(k=n\), le membre de gauche se simplifie : \[(2^3-1^3)+(3^3-2^3)+\cdots+((n+1)^3-n^3) =(n+1)^3-1.\] Notons \(Q=1^2+\cdots+n^2\). On obtient \[(n+1)^3-1=3Q+3\frac{n(n+1)}2+n.\] On isole \(3Q\) : \[\begin{aligned} 3Q &=n^3+3n^2+3n-\frac{3n(n+1)}2-n\\ &=\frac{2n^3+6n^2+4n-3n^2-3n}{2}\\ &=\frac{2n^3+3n^2+n}{2}\\ &=\frac{n(2n^2+3n+1)}2\\ &=\frac{n(n+1)(2n+1)}2. \end{aligned}\] Dans la dernière factorisation, \((n+1)(2n+1)=2n^2+3n+1\). On divise enfin par \(3\).

\(\square\)

Contrôle.  Pour \(n=3\), \(1+4+9=14\), et \(3\times4\times7/6=14\). Ce contrôle vérifie un cas ; la preuve est le calcul général précédent.

Somme des cubes

Posons \(T_n=n(n+1)/2\), avec \(T_0=0\). On calcule : \[T_n-T_{n-1}=n,\qquad T_n+T_{n-1}=n^2.\] En effet, \[\frac{n(n+1)-n(n-1)}2=n, \qquad \frac{n(n+1)+n(n-1)}2=n^2.\] Ainsi \[T_n^2-T_{n-1}^2 =(T_n-T_{n-1})(T_n+T_{n-1})=n^3.\] En additionnant ces différences : \[\boxed{ 1^3+2^3+\cdots+n^3 =\left(\frac{n(n+1)}2\right)^2. }\] Tous les carrés intermédiaires s’annulent, et \(T_0^2=0\).

Vérifier puis utiliser Calcule \(1^3+2^3+3^3+4^3\) de deux façons.

Vérifier puis utiliser Par calcul direct : \(1+8+27+64=100\). Par la formule : \[\left(\frac{4\times5}{2}\right)^2=10^2=100.\] La première méthode vérifie ce cas ; la seconde utilise un résultat démontré pour tous les entiers positifs.

Les tours de Hanoï

On dispose de trois tiges et de disques de tailles différentes. Un déplacement transporte un seul disque. Un grand disque ne peut jamais être posé sur un plus petit.

Notons \(H_n\) le nombre minimal de déplacements permettant de transporter \(n\) disques d’une tige à une autre. On pose \(H_0=0\).

Pour déplacer \(n+1\) disques, il faut d’abord libérer le plus grand : les \(n\) plus petits doivent être sur la troisième tige. Il faut au moins \(H_n\) déplacements. On déplace ensuite le plus grand disque, puis on transporte les \(n\) petits sur lui : au moins \(H_n\) déplacements supplémentaires.

Ce procédé peut effectivement être réalisé. Il donne donc : \[H_{n+1}=2H_n+1.\] Posons \(V_n=H_n+1\). Alors \[V_{n+1}=2H_n+2=2(H_n+1)=2V_n.\] Comme \(V_0=1\), \(V_n=2^n\), donc \[\boxed{H_n=2^n-1.}\] Pour trois disques, il faut \(2^3-1=7\) déplacements.

Un modèle de remboursement à échéances constantes

Cette étude est un modèle mathématique fictif, pas une description complète d’un contrat financier réel.

On emprunte un capital \(C>0\). À chaque période, la dette est multipliée par \(q=1+i\), où \(i>0\) est le taux périodique, puis on rembourse une somme fixe \(A\). La dette restante vérifie : \[D_0=C,\qquad D_{n+1}=qD_n-A.\]

Après \(N\) périodes, le déroulement de la relation donne : \[D_N=Cq^N-A(1+q+\cdots+q^{N-1}).\] Chaque remboursement est lui-même affecté par les périodes qui le suivent. La somme géométrique conduit à \[D_N=Cq^N-A\frac{q^N-1}{q-1}.\] Pour annuler la dette au rang \(N\), on résout \(D_N=0\) : \[\boxed{A=C\frac{(q-1)q^N}{q^N-1}.}\] Ici \(q>1\), donc les dénominateurs sont non nuls. Si le taux est nul, on traite séparément le cas \(q=1\) : \(A=C/N\).

Deux échéances dans un modèle simple Avec \(C=2100\), \(i=10\,\%\) et \(N=2\), la formule donne \(A=1210\). Le contrôle se fait directement : \[D_1=1{,}1\times2100-1210=1100,\] \[D_2=1{,}1\times1100-1210=0.\] Le total remboursé est \(2420\), dont \(320\) correspondent aux intérêts dans ce modèle.

Choisir une méthode et éviter les confusions

Je rencontre… Je pense à… Je commence par…
Une formule \(u_n=f(n)\) Une substitution directe. Identifier le rang et remplacer chaque occurrence de \(n\).
Un terme initial et \(u_{n+1}=f(u_n)\) Un calcul de proche en proche. Écrire le premier calcul avec le terme initial.
Un ajout fixe Une suite arithmétique. Identifier la quantité ajoutée, avec son signe.
Un taux fixe Une suite géométrique. Transformer le taux en coefficient multiplicateur.
Deux termes d’une suite arithmétique La relation \(u_n-u_p=(n-p)r\). Calculer l’écart des valeurs et l’écart des indices.
Deux termes d’une suite géométrique La relation \(u_n=u_pq^{n-p}\). Vérifier les non-nullités et les éventuelles raisons multiples.
Une question de variation Différence, quotient positif ou fonction associée. Choisir la voie la plus simple en vérifiant ses conditions.
Une somme La nature de la suite et le nombre de termes. Identifier les deux bornes et compter les termes inclus.
Un premier dépassement Une inégalité ou une recherche algorithmique. Préciser le seuil strict ou large et l’ensemble des rangs.
Une relation \(au_n+b\) Un modèle qui n’est pas directement géométrique. Respecter l’ordre des opérations ; suivre une aide sur une éventuelle suite auxiliaire.
Un comportement à grand rang Une conjecture de limite. Examiner les valeurs, les écarts, les signes et les limites de l’observation.

Les distinctions à ne plus mélanger \[n\neq u_n,\qquad u_{n+1}\neq u_n+1\ \text{en général}.\] \[\text{nombre de passages}=n-p,\qquad \text{nombre de termes}=n-p+1.\] Un résultat observé sur quelques termes n’est pas une preuve générale.

Une suite de termes positifs n’est pas nécessairement croissante. Une suite croissante ne possède pas nécessairement une limite finie. Une suite non monotone peut néanmoins se rapprocher d’une valeur.

La relation de récurrence construit les termes. La nature arithmétique ou géométrique permet, lorsqu’elle est établie, d’utiliser des outils particuliers.

Mini-test de synthèse et corrections

Mode d’emploi. Essaie d’abord sans consulter les exemples. La calculatrice n’est pas nécessaire aux questions 1 à 7. Pour les questions de programme, réalise une trace sur papier. Les corrections suivent les questions ; couvre-les pendant ta tentative.

Questions

  1. On définit \(u_n=3n^2-2n+1\) pour \(n\in\mathbb{N}\). Calcule \(u_2\), donne le cinquième terme et exprime \(u_{n+1}\).

  2. On donne \(v_1=5\) et \(v_{n+1}=2v_n-3\). Calcule \(v_2\) et \(v_3\). Ces trois termes suffisent-ils à réfuter la nature arithmétique ?

  3. Pour \(w_n=(n+2)/(n+1)\), étudie le sens de variation. La conclusion doit être justifiée pour tous les rangs.

  4. Une suite arithmétique vérifie \(a_2=9\) et \(a_7=24\). Détermine sa raison, puis calcule \(a_2+a_3+\cdots+a_7\).

  5. Une suite géométrique a pour premier terme \(b_0=-2\) et pour raison \(1/2\). Calcule \(b_3\), étudie ses variations et additionne ses quatre premiers termes.

  6. Une quantité initiale de \(120\) kg augmente de \(5\) kg chaque période. Une autre, également de \(120\) kg, augmente de \(5\,\%\) par période. Écris les deux modèles et calcule leur valeur après deux périodes.

  7. On connaît seulement \(c_0=2,c_1=4,c_2=8,c_3=16\). Quels points place-t-on dans le nuage de la suite ? Peut-on déjà démontrer qu’elle est géométrique ?

  8. Un programme initialise u à \(3\), puis exécute trois fois u = 2*u + 1. Quelle est sa valeur finale ? Que donneraient zéro puis deux tours ?

  9. On considère \(d_n=n/(n+1)\). Quelle limite les valeurs suggèrent-elles ? Trouve le premier rang tel que \(d_n>0{,}99\).

  10. Un élève affirme : « J’ai obtenu les mêmes différences aux deux premiers rangs ; j’ai donc démontré que ma suite est arithmétique. » Explique ce qui manque. Indique aussi comment on peut démontrer qu’une suite n’est pas arithmétique.

Corrections détaillées

1 — Substituer le bon indice \[u_2=3\times2^2-2\times2+1=12-4+1=9.\] La suite commence à \(u_0\), donc son cinquième terme est \(u_4\) : \[u_4=3\times16-8+1=41.\] Enfin, \[\begin{aligned} u_{n+1} &=3(n+1)^2-2(n+1)+1\\ &=3n^2+6n+3-2n-2+1\\ &=3n^2+4n+2. \end{aligned}\] Le critère de réussite est la substitution dans toutes les occurrences, avec les parenthèses nécessaires.

2 — Calcul récurrent et réfutation \[v_2=2\times5-3=7,\qquad v_3=2\times7-3=11.\] Les deux différences sont \[v_2-v_1=2,\qquad v_3-v_2=4.\] Elles sont différentes, donc aucune raison arithmétique unique ne peut convenir à tous les rangs.

Deux différences égales ne prouveraient pas la nature arithmétique ; deux différences distinctes suffisent à la réfuter.

3 — Une différence de fractions Pour \(n\geq0\), \[w_{n+1}-w_n =\frac{(n+3)(n+1)-(n+2)^2}{(n+1)(n+2)}.\] Au numérateur : \[(n+3)(n+1)=n^2+4n+3,\qquad (n+2)^2=n^2+4n+4.\] La différence vaut donc \[-\frac1{(n+1)(n+2)}.\] Le dénominateur est positif et le numérateur est négatif. La suite est strictement décroissante sur \(\mathbb{N}\).

4 — Une raison puis une somme \[r=\frac{24-9}{7-2}=\frac{15}{5}=3.\] La somme contient \(7-2+1=6\) termes, donc \[S=6\frac{9+24}{2}=3\times33=99.\] On peut contrôler en listant : \(9+12+15+18+21+24=99\). Il ne fallait pas utiliser cinq termes : cinq est le nombre de passages entre les indices \(2\) et \(7\).

5 — Le signe initial compte \[b_3=-2\left(\frac12\right)^3 =-2\times\frac18=-\frac14.\] Les termes sont négatifs et \(0<q<1\), donc la suite est strictement croissante. On peut vérifier le signe directement : \[b_{n+1}-b_n=\left(\frac12-1\right)b_n =-\frac12b_n>0.\] Les quatre premiers termes sont \(-2,-1,-1/2,-1/4\). Leur somme vaut \[-\frac84-\frac44-\frac24-\frac14=-\frac{15}{4}.\] La formule géométrique donne aussi \[-2\frac{1-(1/2)^4}{1-1/2} =-2\times\frac{15}{16}\times2 =-\frac{15}{4}.\]

6 — Quantité fixe ou pourcentage fixe Le premier modèle est arithmétique : \[a_0=120,\qquad a_{n+1}=a_n+5,\qquad a_n=120+5n.\] Ainsi \(a_2=130\) kg.

Le second est géométrique : \[b_0=120,\qquad b_{n+1}=1{,}05b_n,\qquad b_n=120(1{,}05)^n.\] On calcule \[b_1=126,\qquad b_2=1{,}05\times126=132{,}3.\] L’augmentation de la seconde période est \(6{,}3\) kg, et non \(5\) kg : elle représente \(5\,\%\) de \(126\).

7 — Graphique et portée de l’observation On place les points \[(0;2),\ (1;4),\ (2;8),\ (3;16).\] Les quotients connus valent \(2\). Cela suggère une suite géométrique, sans prouver que le même quotient se conservera à tous les rangs. Il manque une règle générale ou une hypothèse imposant cette nature.

8 — Compter les mises à jour Les valeurs après les trois tours sont \[7,\quad15,\quad31.\] Avec zéro tour, la variable garde la valeur initiale \(3\). Avec deux tours, elle vaut \(15\). Il faut distinguer la valeur initiale, qui existe avant la boucle, des nouveaux termes calculés dans la boucle.

9 — Un écart et un seuil strict On écrit \[d_n=\frac{n+1-1}{n+1}=1-\frac1{n+1}.\] Les valeurs suggèrent un rapprochement de \(1\) par valeurs inférieures.

Pour le seuil : \[\frac{n}{n+1}>\frac{99}{100}.\] Puisque \(100(n+1)>0\), on multiplie sans changer le sens : \[100n>99(n+1)=99n+99.\] Donc \(n>99\), et le premier entier est \(100\).

Au rang \(99\), \(d_{99}=99/100=0{,}99\), ce qui est insuffisant. Au rang \(100\), \(100/101>99/100\), car \(10000>9999\). La suite est croissante, donc aucun rang antérieur ne convient.

10 — Prouver ou réfuter Pour prouver la nature arithmétique, il faut montrer qu’une même différence \(r\) convient à tous les rangs concernés : \[u_{n+1}-u_n=r.\] Un calcul sur un rang quelconque ou une justification générale de la construction peut le faire.

Pour réfuter cette nature, il suffit de trouver deux rangs où les différences sont distinctes. Une seule contradiction à l’existence d’une raison commune fait échouer la définition.

Je dois savoir refaire seul

Un contrôle par actions Je peux :

  1. distinguer le rang, le terme et la suite ;

  2. retrouver l’indice du \(k\)-ième terme ;

  3. remplacer correctement \(n\) par \(n+1\), \(2n\) ou un nombre ;

  4. calculer des termes récurrents en conservant le bon état ;

  5. expliquer ce que représentent les axes d’un nuage de suite ;

  6. choisir une méthode de variation et vérifier ses conditions ;

  7. démontrer qu’une différence ou un quotient est constant ;

  8. retrouver un terme à partir d’un autre, sans perdre l’écart d’indices ;

  9. compter les termes d’une somme avant de choisir une formule ;

  10. traduire un ajout, un taux et l’ordre des opérations ;

  11. justifier qu’un seuil est le premier ;

  12. lire une boucle, une liste et une recopie de tableur ;

  13. distinguer un comportement observé d’un résultat démontré.

Une reprise utile. Choisis une question du mini-test qui t’a posé problème. Écris ta tentative, entoure la première ligne où tu hésites, retrouve la règle locale et refais un essai analogue. À une séance suivante, retente la question avant de regarder la correction.

Pour formuler une demande d’aide précise. Indique l’énoncé, ta première étape, la ligne incomprise et la règle que tu as essayé d’utiliser. « Je ne comprends pas pourquoi on divise par l’écart des indices » est une question plus exploitable que « je ne comprends pas les suites ».


Idée finale. Une suite relie un rang à une valeur. Avant de chercher une formule, demande-toi toujours : qu’est-ce qui est numéroté, qu’est-ce qui est mesuré, et quelle règle relie deux étapes ?

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