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Coordonnées de vecteurs et colinéarité — Cours en classe — Seconde

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Coordonnées de vecteurs et colinéarité — Cours en classe — Seconde

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SECONDE GÉNÉRALE ET TECHNOLOGIQUE · GEO2-03

Coordonnées de vecteurs
et colinéarité

Cours en classe · Faire les 2kπ

Année scolaire 2026–2027

Objectifs. Traduire un déplacement en coordonnées ; calculer une norme, une distance ou un milieu ; démontrer un alignement ou un parallélisme ; choisir entre géométrie et calcul.

Prérequis. Vecteurs géométriques, translations, Chasles, propriétés du collège, calcul avec les nombres relatifs et les fractions. Les équations et représentations analytiques des droites seront étudiées dans l’unité suivante.

Parcours. Repérage · Calcul vectoriel · Longueurs · Milieux · Colinéarité · Alignement et parallélisme · Problèmes · Python · Synthèse.

1 Du déplacement aux coordonnées

Rappel — Un vecteur n’est pas un point

Un point indique une position. Un vecteur décrit un déplacement : deux flèches de mêmes direction, sens et longueur représentent le même vecteur, même si leurs départs diffèrent. Le vecteur nul \(\vec0=\overrightarrow{AA}\) a une longueur nulle, sans direction ni sens. La relation de Chasles traduit l’enchaînement : \(\overrightarrow{AB}+\overrightarrow{BC}=\overrightarrow{AC}\).

Définition — Base, repère et coordonnées

Une base du plan est un couple ordonné \((\vec i,\vec j)\) de deux vecteurs non colinéaires. Un repère \((O;\vec i,\vec j)\) ajoute à cette base une origine \(O\). La base est orthonormée si ses deux vecteurs sont perpendiculaires et ont chacun pour norme \(1\) dans l’unité de longueur choisie.

Tout vecteur se décompose de façon unique sous la forme \(\vec u=x\vec i+y\vec j\). Les réels \(x\) et \(y\) sont ses coordonnées, notées \(\vec u=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\) ou \(\vec u(x;y)\) : abscisse d’abord, ordonnée ensuite. La colonne n’est pas une fraction. Le point \(M(x;y)\) est défini par \(\overrightarrow{OM}=x\vec i+y\vec j\).

Propriété — Pourquoi la décomposition est unique

Dans une base \((\vec i,\vec j)\), chaque vecteur possède exactement un couple de coordonnées. Démonstration. Représentons-le par \(\overrightarrow{OM}\). La parallèle à \(\vec j\) passant par \(M\) coupe l’axe de \(\vec i\) en un unique point \(H\), puisque les deux directions sont distinctes. Sur les axes orientés, on écrit de façon unique \(\overrightarrow{OH}=x\vec i\) et \(\overrightarrow{HM}=y\vec j\). Chasles donne \(\overrightarrow{OM}=x\vec i+y\vec j\). Une autre décomposition imposerait une autre intersection avec la même parallèle, ce qui est impossible. On utilise les propriétés antérieures des parallèles du plan. \(\square\) Ainsi, deux vecteurs sont égaux si et seulement si leurs deux coordonnées sont égales. Le vecteur nul a pour coordonnées \(\begin{pmatrix}0\\0\end{pmatrix}\).

Méthode — Lire ou représenter un vecteur

Repérer d’abord les unités et les sens des deux axes, puis le départ et l’arrivée. Pour lire une flèche, décomposer le déplacement en \(x\vec i\) puis \(y\vec j\). Pour représenter \(\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\), choisir un départ, effectuer ces deux déplacements, puis tracer la flèche du départ à l’arrivée. Les nombres sont signés ; on compte des unités de base, pas nécessairement des carreaux. Contrôler en refaisant les deux déplacements.

Lire la figure.

Exemple et lecture de la figure. De \(A(-3;1)\) à \(B(1;3)\) comme de \(C(-1;-3)\) à \(D(3;-1)\), on avance de \(4\) unités selon le premier axe et de \(2\) selon le second. Les deux vecteurs ont les mêmes coordonnées \(\begin{pmatrix}4\\2\end{pmatrix}\), mais les points d’arrivée diffèrent.

Le vecteur \(\begin{pmatrix}-2\\3/2\end{pmatrix}\) vaut \(-2\vec i+\frac32\vec j\) ; \(\begin{pmatrix}0\\-3\end{pmatrix}\) ne déplace que selon le second axe. Une seule coordonnée nulle ne rend donc pas le vecteur nul.

Vigilance. Si \(\vec i\) mesure deux carreaux et \(\vec j\) un carreau, un déplacement de quatre carreaux à droite et deux vers le haut a pour coordonnées \((2;2)\), pas \((4;2)\). Changer seulement l’origine ne change pas les coordonnées des vecteurs.

2 Calculer avec les coordonnées

Théorème — Coordonnées de \(\overrightarrow{AB}\)

Dans un repère, pour \(A(x_A;y_A)\) et \(B(x_B;y_B)\),

\[\boxed{\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}x_B-x_A\\y_B-y_A\end{pmatrix}.}\]
On calcule arrivée moins départ dans les deux coordonnées. L’orthonormalité n’est pas nécessaire. Démonstration. Par Chasles et les règles antérieures du calcul vectoriel,
\[\begin{aligned} \overrightarrow{AB}&=\overrightarrow{OB}-\overrightarrow{OA} =(x_B\vec i+y_B\vec j)-(x_A\vec i+y_A\vec j)\\ &=(x_B-x_A)\vec i+(y_B-y_A)\vec j. \end{aligned}\]
L’unicité de la décomposition donne les coordonnées annoncées. \(\square\)

Exemple — Respecter l’ordre et les signes

Pour \(A(-3;5)\) et \(B(4;-2)\),

\[\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}4-(-3)\\-2-5\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}7\\-7\end{pmatrix}.\]
On vérifie par recomposition : \(-3+7=4\) et \(5-7=-2\), ce qui retrouve bien \(B\).

Corollaire — Retour et déplacement nul

\(\overrightarrow{BA}=-\overrightarrow{AB}\) : ses deux coordonnées sont opposées. De plus, \(\overrightarrow{AB}=\vec0\) si et seulement si \(A=B\). En effet, les différences sont toutes deux nulles exactement lorsque les abscisses et les ordonnées des deux points sont égales.

Méthode — Trouver une extrémité

Si \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}p\\q\end{pmatrix}\), écrire départ \(+\) déplacement \(=\) arrivée :

\[B(x_A+p;y_A+q),\qquad\text{ou, pour retrouver le départ, }A(x_B-p;y_B-q).\]
Exemple. Avec \(A(2;-4)\) et \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}-5\\3\end{pmatrix}\), \(B(2-5;-4+3)=B(-3;-1)\). Contrôle : \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}-3-2\\-1-(-4)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-5\\3\end{pmatrix}\). Dans l’autre sens, \(-3-(-5)=2\) et \(-1-3=-4\) retrouvent \(A\).

Propriété — Somme, multiple, opposé et différence

Dans une même base, si \(\vec u=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\), \(\vec v=\begin{pmatrix}x'\\y'\end{pmatrix}\) et \(k\) est réel,

\[\begin{gathered} \vec u+\vec v=\begin{pmatrix}x+x'\\y+y'\end{pmatrix},\qquad k\vec u=\begin{pmatrix}kx\\ky\end{pmatrix},\\ -\vec u=\begin{pmatrix}-x\\-y\end{pmatrix},\qquad \vec u-\vec v=\begin{pmatrix}x-x'\\y-y'\end{pmatrix}. \end{gathered}\]
Démonstration. \(\vec u+\vec v=(x+x')\vec i+(y+y')\vec j\) et \(k\vec u=(kx)\vec i+(ky)\vec j\) par distributivité. L’unicité des coordonnées conclut. Prendre \(k=-1\) donne l’opposé ; ajouter l’opposé donne la différence. Ces calculs ne supposent pas la base orthonormée. \(\square\) Une expression \(a\vec u+b\vec v\) est une combinaison linéaire : une somme de multiples, et non un produit de deux vecteurs.

Lire la figure.

Méthode : construire une somme. À partir de \(\vec u=\overrightarrow{OU}\) et \(\vec v=\overrightarrow{OV}\), transporter le représentant de \(\vec v\) pour le faire partir de \(U\) : \(\overrightarrow{UW}=\vec v\). Alors \(\overrightarrow{OW}=\vec u+\vec v\) par Chasles. Si les directions sont distinctes, \(OUWV\) est un parallélogramme.

Lecture. Ici \(\vec u=(3;1)\) et \(\vec v=(-1;2)\), donc \(W(2;3)\). Relier \(U\) à \(V\) ne représente pas la somme. Même pour des vecteurs colinéaires, l’enchaînement de Chasles reste valable.

Exemple — Multiplier, puis soustraire

Pour \(\vec u=\begin{pmatrix}-3\\2\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}4\\-1\end{pmatrix}\),

\[\begin{aligned} 2\vec u-3\vec v &=\begin{pmatrix}2\times(-3)\\2\times2\end{pmatrix}-\begin{pmatrix}3\times4\\3\times(-1)\end{pmatrix}\\ &=\begin{pmatrix}-6\\4\end{pmatrix}-\begin{pmatrix}12\\-3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-6-12\\4-(-3)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-18\\7\end{pmatrix}. \end{aligned}\]
Méthode. Calculer les multiples avant de soustraire les coordonnées de même rang. Le signe moins porte sur les deux coordonnées. Contrôle : \(\begin{pmatrix}-18\\7\end{pmatrix}+\begin{pmatrix}12\\-3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-6\\4\end{pmatrix}=2\vec u\).

3 Calculer une norme ou une distance

Définition — La norme est une longueur

La norme d’un vecteur \(\vec u=\overrightarrow{AB}\), notée \(\left\lVert \vec u\right\rVert\), est la longueur \(AB\). Elle ne dépend pas du représentant choisi et est positive ou nulle. Ne pas confondre le vecteur \(\overrightarrow{AB}\), la longueur \(AB\) et son carré \(AB^2\).

Théorème — Norme et distance en repère orthonormé

Dans une base orthonormée, pour \(\vec u=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\),

\[\boxed{\left\lVert \vec u\right\rVert=\sqrt{x^2+y^2}.}\]
Démonstration. Représentons \(\vec u\) par \(\overrightarrow{OM}\) et décomposons-le selon les deux axes, en passant par \(H\). Si \(x\) et \(y\) sont non nuls, le triangle \(OHM\) est rectangle en \(H\). Les carrés des deux côtés sont \(x^2\) et \(y^2\), quels que soient les signes des coordonnées. Pythagore donne \(OM^2=x^2+y^2\) ; la longueur \(OM\) est la racine positive ou nulle. Si une coordonnée est nulle, la longueur se lit sur un axe et la même formule vaut. Si les deux sont nulles, chaque membre vaut \(0\). \(\square\) Corollaire. Dans un repère orthonormé,
\[\boxed{AB=\sqrt{(x_B-x_A)^2+(y_B-y_A)^2}.}\]
En effet, \(AB=\left\lVert \overrightarrow{AB}\right\rVert\) et l’on remplace les coordonnées du vecteur par leurs deux différences. Si \(A=B\), on retrouve \(AB=0\).

Lire la figure.

Exemple. Dans un repère orthonormé, \(A(-2;3)\) et \(B(4;-1)\).

\[\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}4-(-2)\\-1-3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}6\\-4\end{pmatrix}.\]
Donc \(AB^2=6^2+(-4)^2=36+16=52\) et
\[AB=\sqrt{52}=2\sqrt{13}\approx7{,}21.\]
Lecture. \(H(4;3)\) donne \(AH=6\) et \(HB=4\). La coordonnée \(-4\) indique un sens, pas une longueur négative. Contrôle : \((2\sqrt{13})^2=52\), et \(49<52<64\) place \(AB\) entre \(7\) et \(8\).

Méthode — Longueur exacte ou comparaison ?

Vérifier d’abord l’orthonormalité, calculer les deux différences, leurs carrés et leur somme. Pour obtenir la longueur, prendre enfin la racine ; conserver la valeur exacte avant d’arrondir.

Pour comparer des longueurs positives ou nulles, comparer leurs carrés suffit. En effet, \(b^2-a^2=(b-a)(b+a)\) a le même signe que \(b-a\) lorsque \(b+a>0\) ; le seul autre cas est \(a=b=0\). On évite ainsi des approximations inutiles.

Vigilance — L’hypothèse orthonormée est indispensable

Dans un repère seulement orthogonal avec \(\left\lVert \vec i\right\rVert=2\) et \(\left\lVert \vec j\right\rVert=1\) centimètres, le vecteur \((1;1)\) a pour norme \(\sqrt{2^2+1^2}=\sqrt5\) centimètres, pas \(\sqrt2\). Les coordonnées ne sont pas directement des longueurs. De même, \(\sqrt{9+16}=5\), et non \(3+4\) : la racine ne se distribue pas sur une somme.

4 Milieu, symétrique et parallélogramme

Définition — Milieu d’un segment

Le milieu \(I\) de \([AB]\) est le point de ce segment tel que \(IA=IB\). Si \(A=B\), le milieu est ce point. La seule égalité \(IA=IB\) ne suffit pas sans l’appartenance au segment : un sommet de triangle isocèle peut être équidistant de \(A\) et \(B\).

Caractérisation — Les écritures vectorielles du milieu

Les quatre affirmations suivantes sont équivalentes :

\[\begin{gathered} I\text{ est le milieu de }[AB],\qquad \overrightarrow{AI}=\overrightarrow{IB},\\ \overrightarrow{AI}=\tfrac12\overrightarrow{AB},\qquad \overrightarrow{IA}+\overrightarrow{IB}=\vec0. \end{gathered}\]
Démonstration. Si \(I\) est le milieu et \(A\ne B\), les vecteurs \(\overrightarrow{AI}\) et \(\overrightarrow{IB}\) ont mêmes direction, sens et longueur. Si \(A=B\), ils sont tous deux nuls. Réciproquement, \(\overrightarrow{AI}=\overrightarrow{IB}\) et Chasles donnent \(\overrightarrow{AB}=2\overrightarrow{AI}\), donc \(\overrightarrow{AI}=\frac12\overrightarrow{AB}\) : ce déplacement aboutit au milieu du segment. Si \(A=B\), il impose \(I=A\). Enfin \(\overrightarrow{IA}=-\overrightarrow{AI}\) donne l’équivalence avec la somme nulle. Toutes les transformations sont réversibles. \(\square\)

Théorème — Coordonnées du milieu

Dans un repère, le milieu de \([AB]\) est

\[\boxed{I\left(\frac{x_A+x_B}{2};\frac{y_A+y_B}{2}\right).}\]
Démonstration. \(\overrightarrow{AI}=\overrightarrow{IB}\) équivaut aux deux égalités \(x_I-x_A=x_B-x_I\) et \(y_I-y_A=y_B-y_I\). Elles donnent \(2x_I=x_A+x_B\) et \(2y_I=y_A+y_B\) ; on divise par \(2\ne0\). Réciproquement, ces deux moyennes vérifient les égalités vectorielles, donc définissent le milieu. \(\square\) Le repère n’a pas besoin d’être orthonormé. On moyenne les abscisses entre elles, puis les ordonnées entre elles.

Lire la figure.

Exemple. Pour \(A(-3;2)\) et \(B(5;-2)\),

\[I\left(\frac{-3+5}{2};\frac{2+(-2)}2\right)=I(1;0).\]
Lecture et contrôle. Les deux flèches ont même sens et même longueur :
\[\overrightarrow{AI}=\begin{pmatrix}1-(-3)\\0-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4\\-2\end{pmatrix},\qquad\overrightarrow{IB}=\begin{pmatrix}4\\-2\end{pmatrix}.\]
L’ordonnée nulle place simplement le milieu sur l’axe des abscisses.

Méthode — Retrouver l’autre extrémité : une symétrie centrale

Si \(I\) est le milieu de \([AB]\), \(B\) est le symétrique de \(A\) par rapport à \(I\). Écrire d’abord les deux équations du milieu, puis isoler les inconnues : \(x_B=2x_I-x_A\) et \(y_B=2y_I-y_A\).

Exemple. Avec \(I(2;-1)\) et \(A(-4;3)\),

\[\begin{aligned} 2=\frac{-4+x_B}{2}&\ \Longleftrightarrow\ 4=-4+x_B\ \Longleftrightarrow\ x_B=8,\\ -1=\frac{3+y_B}{2}&\ \Longleftrightarrow\ -2=3+y_B\ \Longleftrightarrow\ y_B=-5. \end{aligned}\]
Donc \(B(8;-5)\). Contrôle : \((-4+8)/2=2\) et \((3-5)/2=-1\) retrouvent le milieu.

Propriété — Deux critères pour un parallélogramme

Pour un quadrilatère non aplati, avec les sommets dans l’ordre \(A,B,C,D\) :

\[\begin{aligned} ABCD\text{ parallélogramme} &\ \Longleftrightarrow\ \overrightarrow{AB}=\overrightarrow{DC}\\ &\ \Longleftrightarrow\ [AC]\text{ et }[BD]\text{ ont le même milieu}. \end{aligned}\]
Les critères géométriques sont des résultats du collège. Lien calculatoire démontré : \(x_B-x_A=x_C-x_D\) équivaut à \(x_A+x_C=x_B+x_D\), puis à l’égalité des abscisses des deux milieux après division par \(2\). Le même raisonnement vaut pour les ordonnées. Toutes les étapes sont réversibles.

Exemple — Trouver le quatrième sommet dans le bon ordre

\(A(0;0)\), \(B(4;0)\) et \(C(4;3)\) sont trois sommets successifs. Pour que \(ABCD\) soit un parallélogramme, on impose \(\overrightarrow{AB}=\overrightarrow{DC}\) :

\[\begin{pmatrix}4\\0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4-x_D\\3-y_D\end{pmatrix} \quad\Longleftrightarrow\quad x_D=0\text{ et }y_D=3.\]
Ainsi \(D(0;3)\). Les côtés successifs horizontal et vertical assurent que la figure n’est pas aplatie. Autre méthode et contrôle : le milieu de \([AC]\) est \(I(2;\frac32)\) ; le symétrique de \(B\) par rapport à \(I\) est \((2\times2-4;2\times\frac32-0)=(0;3)\).

Piège : pour l’ordre \(ABCD\), on compare \(\overrightarrow{AB}\) à \(\overrightarrow{DC}\), pas à \(\overrightarrow{CD}=\begin{pmatrix}-4\\0\end{pmatrix}\). Commencer par un croquis de l’ordre des sommets.

5 Tester la colinéarité de deux vecteurs

Définition — Un même facteur sur les deux coordonnées

Deux vecteurs sont colinéaires lorsque l’un est un multiple de l’autre : il existe un réel \(k\) tel que \(\vec v=k\vec u\) ou \(\vec u=k\vec v\). Deux vecteurs non nuls sont donc colinéaires s’ils ont la même direction, sans nécessairement avoir le même sens ni la même longueur. Le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur, puisque \(\vec0=0\vec v\) ; il n’a pas de direction.

Lire la figure.

Lecture et contre-exemple. \(\vec u=(2;1)\) et \(\vec v=(-4;-2)\) sont colinéaires : \(\vec v=-2\vec u\). Le facteur négatif inverse le sens.

En revanche, \(\vec w=(4;3)\) n’est pas colinéaire à \(\vec u\) : doubler la première coordonnée impose de doubler la seconde, ce qui donnerait \(2\), pas \(3\). Un seul rapport ne suffit donc pas.

Propriété — Choisir une référence non nulle

Si \(\vec u\ne\vec0\), alors \(\vec u\) et \(\vec v\) sont colinéaires si et seulement s’il existe un réel \(k\) tel que \(\vec v=k\vec u\). Ce coefficient est unique, y compris si \(\vec v=\vec0\) (alors \(k=0\)). Démonstration. Une égalité \(\vec v=k\vec u\) suffit par définition. Inversement, si la définition donne \(\vec u=t\vec v\), alors \(t\ne0\) puisque \(\vec u\ne\vec0\) ; on obtient \(\vec v=(1/t)\vec u\). Enfin, au moins une coordonnée de \(\vec u\) est non nulle : l’égalité sur cette coordonnée détermine un seul coefficient par division. \(\square\) Vigilance : si \(\vec u=\vec0\) et \(\vec v\ne\vec0\), les vecteurs sont colinéaires, mais aucune égalité \(\vec v=k\vec u\) n’est possible. L’hypothèse ne peut pas être supprimée.

Définition — Déterminant de deux vecteurs

Dans la base orthonormée choisie, si \(\vec u=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}x'\\y'\end{pmatrix}\),

\[\boxed{\det(\vec u,\vec v)=xy'-yx'.}\]
Le résultat est un nombre. On calcule deux produits, puis leur différence. Les lettres \(x',y'\) sont les coordonnées du second vecteur. Par exemple, \(\det\!\left(\begin{pmatrix}1\\3\end{pmatrix},\begin{pmatrix}2\\4\end{pmatrix}\right)=1\times4-3\times2=-2\).

Théorème — Critère de colinéarité

\[\boxed{\vec u\text{ et }\vec v\text{ colinéaires} \quad\Longleftrightarrow\quad xy'-yx'=0.}\]
Pour deux vecteurs non nuls, cela équivaut à la proportionnalité des coordonnées : un même coefficient doit relier les deux couples. Démonstration. Cas nul. Si l’un des vecteurs est nul, il est colinéaire à l’autre et le déterminant est nul, puisque les deux produits contiennent un facteur nul.

Sens direct. Si \(\vec u\ne\vec0\) et les vecteurs sont colinéaires, on écrit \(\vec v=k\vec u\), donc \(x'=kx\) et \(y'=ky\). Alors

\[xy'-yx'=x(ky)-y(kx)=kxy-kxy=0.\]
Réciproque. Supposons \(xy'-yx'=0\) et \(\vec u\ne\vec0\).

  • Si \(x\ne0\), l’égalité donne \(xy'=yx'\), puis \(y'=(x'/x)y\) en divisant par \(x\ne0\). Avec \(k=x'/x\), on a \(kx=x'\) et \(ky=y'\) : donc \(\vec v=k\vec u\).

  • Si \(x=0\), alors \(y\ne0\). L’égalité devient \(-yx'=0\), donc \(x'=0\) après division par \(-y\ne0\). Avec \(k=y'/y\), on a \(kx=0=x'\) et \(ky=y'\) : de nouveau \(\vec v=k\vec u\).

Les deux cas couvrent tous les vecteurs non nuls. On a construit le coefficient commun, ce qui prouve la réciproque, y compris lorsqu’une coordonnée est nulle. \(\square\) La preuve n’utilise pas l’orthonormalité : le test \(xy'-yx'=0\) reste valable dans une base quelconque. L’orthonormalité est nécessaire aux formules usuelles de longueur.

Méthode — Choisir entre coefficient et déterminant

Voie de référence : le déterminant. Écrire les coordonnées dans le bon ordre, calculer \(xy'\) et \(yx'\) en parenthésant les négatifs, puis soustraire. Zéro signifie colinéaires ; un résultat non nul signifie non colinéaires. Cette voie ne comporte aucune division.

Alternative : un coefficient simple. Traiter d’abord le vecteur nul. Sinon choisir un vecteur de référence non nul, trouver le coefficient avec une coordonnée non nulle, puis le tester sur l’autre coordonnée. Un quotient à dénominateur nul est interdit. Le coefficient contrôle aussi le résultat du déterminant et indique le sens relatif.

Exemple — Deux méthodes et un calcul exact

Pour \(\vec u=\begin{pmatrix}3/4\\-2/5\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}-15/8\\1\end{pmatrix}\),

\[\det(\vec u,\vec v)=\frac34\times1- \left(-\frac25\right)\left(-\frac{15}8\right) =\frac34-\frac{30}{40}=\frac{30}{40}-\frac{30}{40}=0.\]
Les vecteurs sont colinéaires. Contrôle par coefficient : \((-2/5)k=1\) donne \(k=-5/2\), car \(-2/5\ne0\). On vérifie les deux coordonnées de \(\vec v=-\frac52\vec u\) (sens opposés) :
\[\left(-\frac52\right)\frac34=-\frac{15}8, \qquad\left(-\frac52\right)\left(-\frac25\right)=1.\]

Exemple avec une coordonnée nulle. Pour \(\vec a=(0;4)\) et \(\vec b=(0;-6)\), le déterminant vaut \(0\times(-6)-4\times0=0\) et \(\vec b=-\frac32\vec a\). Le coefficient vient de \(4k=-6\), jamais de \(0/0\).

Propriété et contrôle. L’ordre inverse change le signe : \(\det(\vec v,\vec u)=x'y-y'x=-(xy'-yx')=-\det(\vec u,\vec v)\). Il ne change pas la nullité. Un déterminant nul ne signifie pas que les vecteurs sont égaux ; un déterminant non nul ne prouve pas une perpendicularité.

6 Démontrer un alignement ou un parallélisme

Définition — Des points ou des droites ?

Des points sont alignés si une même droite les contient. Deux droites du plan sont parallèles si elles sont confondues ou n’ont aucun point commun. Ici, le mot est pris au sens large. Elles sont strictement parallèles si elles sont parallèles et distinctes. Une droite \((AB)\) n’est définie par ses deux points que si \(A\ne B\).

Théorème — Critère d’alignement

Si \(A\ne B\),

\[\begin{aligned} A,B,C\text{ alignés} &\quad\Longleftrightarrow\quad\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC}\text{ colinéaires}\\ &\quad\Longleftrightarrow\quad\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})=0. \end{aligned}\]
Démonstration. Si \(C=A\), le vecteur \(\overrightarrow{AC}\) est nul et \(C\) appartient à \((AB)\). Sinon, des points alignés donnent deux vecteurs portés par la même droite, donc colinéaires. Réciproquement, deux vecteurs non nuls colinéaires issus de \(A\) donnent deux droites de même direction passant par \(A\) : elles sont confondues. Ainsi \(C\in(AB)\). La dernière équivalence est le critère du déterminant. \(\square\)

Méthode — Relier les trois points

Choisir deux points distincts, puis calculer de préférence \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\), de même origine. Tester leur colinéarité et conclure sur les points. Comparer \(\overrightarrow{OA}\) et \(\overrightarrow{OB}\) ne donne aucune information sur un troisième point \(C\).

Exemple — Un alignement

Pour \(A(-2;1)\), \(B(1;3)\) et \(C(4;5)\), on a \(A\ne B\) et

\[\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}1-(-2)\\3-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\2\end{pmatrix},\qquad \overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}4-(-2)\\5-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}6\\4\end{pmatrix}.\]
Le déterminant vaut \(3\times4-2\times6=0\) : les points sont alignés. On contrôle par \(\overrightarrow{AC}=2\overrightarrow{AB}\). Le point \(C\) est au-delà de \(B\) ; « alignés » n’impose pas que les points soient dans un ordre donné.

Cas limites. Si deux points sont confondus, les trois positions sont toujours alignées. Pour nommer une droite, choisir une paire distincte ; si les trois coïncident, toute droite passant par ce point convient. Un petit déterminant non nul reste non nul : ne pas arrondir avant de conclure.

Lire la figure.

À gauche, les points de l’exemple sont alignés. À droite, une autre configuration donne deux droites de même direction mais distinctes : la comparaison des vecteurs décide la direction, pas à elle seule la position des droites.

Théorème — Critère de parallélisme

Si \(A\ne B\) et \(C\ne D\),

\[\begin{aligned} (AB)\parallel(CD) &\quad\Longleftrightarrow\quad\overrightarrow{AB},\overrightarrow{CD}\text{ colinéaires}\\ &\quad\Longleftrightarrow\quad\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{CD})=0. \end{aligned}\]
Démonstration. Les deux conditions assurent que les droites existent et que leurs vecteurs sont non nuls. Des droites parallèles ont la même direction, donc leurs vecteurs sont colinéaires. Réciproquement, la colinéarité donne la même direction ; par l’unicité de la parallèle passant par un point, la droite de cette direction passant par \(C\) est \((CD)\), parallèle à \((AB)\). Le déterminant traduit ensuite la colinéarité. \(\square\)

Corollaire — Parallèles : confondues ou distinctes ?

Sous les hypothèses \(A\ne B\), \(C\ne D\) et \(\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{CD})=0\) :

  • si \(\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})=0\), les droites sont confondues ;

  • sinon, elles sont strictement parallèles.

Démonstration. Le second test décide si \(C\) appartient à \((AB)\). Si oui, les deux parallèles passent par \(C\) et sont la même droite. Sinon, elles sont distinctes, puisqu’un point de \((CD)\) n’appartient pas à \((AB)\). \(\square\)

Méthode — D’abord la direction, puis la position

Vérifier les deux paires de points distincts. Calculer un vecteur porté par chaque droite et tester leur colinéarité. Pour préciser « strictement parallèles » ou « confondues », faire un second test, d’alignement cette fois, avec \(A,B,C\). L’égalité des deux vecteurs suffit pour la direction, mais n’est pas nécessaire.

Exemple — Un parallélisme strict

Pour \(A(-2;0)\), \(B(1;2)\), \(C(-1;3)\) et \(D(2;5)\), les deux paires sont distinctes.

\[\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}3\\2\end{pmatrix},\qquad\overrightarrow{CD}=\begin{pmatrix}3\\2\end{pmatrix},\qquad \det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{CD})=3\times2-2\times3=0.\]
Les droites sont parallèles. Pour distinguer leurs positions,
\[\overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}1\\3\end{pmatrix},\qquad\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})=3\times3-2\times1=7\ne0.\]
Donc \(C\notin(AB)\) : les droites sont strictement parallèles.

Piège essentiel. Si \(A=B\), le déterminant avec \(\overrightarrow{AB}=\vec0\) vaut toujours zéro, mais cela ne crée aucune droite \((AB)\). Un calcul vrai ne remplace pas une hypothèse manquante.

7 Choisir une méthode et résoudre un problème

Méthode — Traduire l’objectif avant de calculer

Partir de la conclusion cherchée : une longueur, un milieu, un alignement ou un parallélisme. Choisir la propriété adaptée aux données. Si une lettre figure dans les coordonnées, écrire d’abord la condition géométrique, résoudre l’équation obtenue, puis remplacer la valeur dans les données initiales. Si une configuration géométrique suffit, un repère est inutile.

Exemple — Déterminer une coordonnée

Pour quelle valeur du réel \(t\), les vecteurs \(\vec u=\begin{pmatrix}3\\-2\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}t\\4\end{pmatrix}\) sont-ils colinéaires ? La condition équivaut à

\[3\times4-(-2)t=0 \quad\Longleftrightarrow\quad12+2t=0 \quad\Longleftrightarrow\quad2t=-12 \quad\Longleftrightarrow\quad t=-6.\]
On a soustrait \(12\), puis divisé par \(2\ne0\), pas par \(t\). Pour \(t=-6\), \((-6;4)=-2(3;-2)\) : les deux coordonnées vérifient le même coefficient. La solution unique est bien \(-6\).

Exemple — Comparer des longueurs sans les arrondir

Dans un repère orthonormé, \(A(0;0)\), \(B(3;1)\) et \(C(2;4)\). Les vecteurs \(\overrightarrow{AB}=(3;1)\) et \(\overrightarrow{AC}=(2;4)\) ont pour déterminant \(3\times4-1\times2=10\ne0\) : les trois points forment un triangle non aplati.

\[AB^2=3^2+1^2=10,\qquad BC^2=(-1)^2+3^2=10,\qquad AC^2=2^2+4^2=20.\]
Ainsi \(AB=BC\) et \(AB^2+BC^2=AC^2\). Par la réciproque de Pythagore, le triangle est rectangle en \(B\) ; il est aussi isocèle en \(B\). Les carrés exacts suffisent à établir ces deux propriétés.

Exemple — Une configuration, trois voies de résolution

Dans un triangle non aplati \(ABC\), \(I\) est le milieu de \([AB]\) et \(J\) celui de \([AC]\). Montrons que \((IJ)\parallel(BC)\).

Géométrie : le théorème des milieux, connu du collège, donne directement le parallélisme. C’est la voie la plus courte avec ces données.

Vecteurs sans repère : par Chasles et les caractérisations des milieux,

\[\overrightarrow{IJ}=\overrightarrow{IA}+\overrightarrow{AJ} =-\tfrac12\overrightarrow{AB}+\tfrac12\overrightarrow{AC} =\tfrac12(\overrightarrow{AC}-\overrightarrow{AB})=\tfrac12\overrightarrow{BC}.\]
Comme \(B\ne C\), ces deux vecteurs sont non nuls et colinéaires : les droites sont parallèles.

Coordonnées : le repère \((A;\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})\) est possible car le triangle est non aplati. On a \(A(0;0)\), \(B(1;0)\), \(C(0;1)\), puis \(I(\frac12;0)\) et \(J(0;\frac12)\). Donc \(\overrightarrow{IJ}=(-\frac12;\frac12)=\frac12(-1;1)=\frac12\overrightarrow{BC}\). Ce repère n’est pas nécessairement orthonormé : cela convient pour les milieux et la colinéarité, mais pas pour appliquer les formules usuelles de longueur.

8 Traduire le test d’alignement en Python

On utilise ici des coordonnées entières : les différences et les produits de Python sont alors exacts. Le programme reprend les vecteurs \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\), puis compare leur déterminant à zéro. Il ne dépend d’aucune équation de droite.

Algorithme — Coordonnées, déterminant, réponse logique

# Domaine annonce : les six coordonnees sont des entiers.
def coord(ax, ay, bx, by):
    return bx - ax, by - ay


def det(ax, ay, bx, by, cx, cy):
    ux, uy = coord(ax, ay, bx, by)
    vx, vy = coord(ax, ay, cx, cy)
    p = ux * vy
    q = uy * vx
    d = p - q
    return d


def alignes(ax, ay, bx, by, cx, cy):
    return det(ax, ay, bx, by, cx, cy) == 0

coord renvoie deux nombres ; det renvoie le déterminant ; alignes renvoie True (vrai) ou False (faux). Les six arguments sont donnés dans l’ordre \(a_x,a_y,b_x,b_y,c_x,c_y\). \(=\) affecte une valeur à une variable ; == compare deux valeurs sans les modifier. return renvoie le résultat et termine l’appel. Les coordonnées d’entrée ne changent pas.

Exemple — Exécuter et interpréter

Pour \(A(-3;2)\), \(B(1;-1)\), \(C(5;-4)\), on appelle alignes(-3, 2, 1, -1, 5, -4).

Étape Valeurs après l’instruction
ux, uy = coord(...) \(u_x=1-(-3)=4\) ; \(u_y=-1-2=-3\).
vx, vy = coord(...) \(v_x=5-(-3)=8\) ; \(v_y=-4-2=-6\).
p = ux * vy \(p=4\times(-6)=-24\).
q = uy * vx \(q=(-3)\times8=-24\).
d = p - q \(d=-24-(-24)=0\).
Retours det renvoie \(0\) ; alignes renvoie True.

Les points sont alignés. Contrôle indépendant : \(\overrightarrow{AC}=(8;-6)=2(4;-3)=2\overrightarrow{AB}\). Une variable locale reçoit sa valeur à sa ligne d’affectation ; la ligne de d doit venir après celles de p et de q.

Justification. Les deux appels à coord calculent exactement \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\) ; p - q est leur déterminant. Sa nullité équivaut à l’alignement. Si \(A=B\), au plus deux positions distinctes restent : elles sont bien alignées, et le programme répond encore True, sans prétendre définir une droite \((AA)\).

Limite. Avec des nombres décimaux stockés en flottants, deux produits mathématiquement égaux peuvent être arrondis différemment. Un test approché « proche de zéro » n’est pas une preuve d’alignement exact. Le domaine entier annoncé évite ici cette difficulté.

9 À savoir et à savoir faire

À retenir — Les formules, avec leur domaine d’emploi

Pour \(\vec u=(x;y)\), \(\vec v=(x';y')\) dans une même base et un réel \(k\) :

\[\begin{gathered} \vec u=x\vec i+y\vec j,\qquad \overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}x_B-x_A\\y_B-y_A\end{pmatrix},\\ \vec u+\vec v=\begin{pmatrix}x+x'\\y+y'\end{pmatrix},\qquad k\vec u=\begin{pmatrix}kx\\ky\end{pmatrix},\\ I\text{ milieu de }[AB]\quad\Longrightarrow\quad I\left(\frac{x_A+x_B}{2};\frac{y_A+y_B}{2}\right),\\ \vec u,\vec v\text{ colinéaires}\quad\Longleftrightarrow\quad xy'-yx'=0. \end{gathered}\]
Seulement dans une base ou un repère orthonormé :
\[\left\lVert \vec u\right\rVert=\sqrt{x^2+y^2},\qquad AB=\sqrt{(x_B-x_A)^2+(y_B-y_A)^2}.\]

Je cherche Je commence par Je contrôle
Un déplacement Arrivée moins départ. Départ + déplacement = arrivée.
Une longueur Vérifier l’orthonormalité. Le carré de la réponse positive.
Un milieu Deux moyennes séparées. \(\overrightarrow{AI}=\overrightarrow{IB}\).
Un alignement Deux vecteurs reliant les trois points, comme \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\). Un même coefficient ; une conclusion sur les points.
Un parallélisme Deux paires distinctes ; \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{CD}\). La position d’un point si l’on veut distinguer les droites.
Une valeur inconnue Traduire la condition géométrique. Remplacer la solution dans les données.
Une preuve Comparer configuration, vecteurs et coordonnées. Les hypothèses de la propriété choisie.

Vigilance — Les conditions à ne pas perdre

  • Une coordonnée peut être négative ; une norme ne l’est jamais.

  • Le vecteur nul est colinéaire à tous les vecteurs, mais ne donne pas une direction.

  • Le déterminant ne comporte pas de division : les coordonnées nulles sont autorisées.

  • Pour \((AB)\) et \((CD)\), exiger \(A\ne B\) et \(C\ne D\) avant de conclure au parallélisme.

  • Un déterminant nul signifie colinéarité, pas égalité ; un déterminant non nul ne signifie pas perpendicularité.

  • La formule du milieu fonctionne dans tout repère. Les formules de longueur exigent un repère orthonormé. Un dessin ou un arrondi ne remplace pas une justification exacte.

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