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Second degré — Cours autonome

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Second degré — Cours autonome — miniature officielle

Première générale — spécialité mathématiques

Cours autonome élève Faire Les 2kπ

Comprendre les notions, reconstruire les démonstrations, choisir une méthode et suivre les calculs étape par étape.

Des tableaux de signes et de variations expliqués, des exemples résolus, des essais corrigés et des reprises ciblées.

Comprendre · Calculer · Justifier · Vérifier

0. Repères pour travailler seul

Ce cours se lit avec du papier et un crayon. Il n’est pas nécessaire de connaître la forme canonique ou le discriminant avant de commencer : ces objets sont construits dans l’ordre. Le symbole \(\mathbb{R}\) désigne l’ensemble des nombres réels, notamment les entiers, les fractions et les nombres comme \(\sqrt2\).

Trois usages du même cours

Découvrir. Suivre les sections 1 à 13 dans l’ordre. Dans chaque exemple, cacher la ligne suivante, essayer le calcul, puis comparer les opérations, pas seulement le résultat.

Reprendre une difficulté. Utiliser les encadrés « Reprendre après une erreur » et la section 15. Ils reviennent à une ligne précise, rappellent la règle puis proposent un nouvel essai corrigé.

Réviser. Consulter la table des méthodes en section 10, la synthèse en section 18 et les signets du PDF. Une formule doit toujours être relue avec ses conditions.

Comment utiliser les essais et leurs corrections ?

Une consigne apparaît avant son aide et sa correction. Recopier seulement la consigne ou couvrir la correction permet une tentative personnelle. L’essai guidé donne des points d’appui ; l’essai suivant en donne moins. En revanche, les corrections montrent les gestes nécessaires dans les deux cas. Une réponse retrouvée de mémoire n’est pas encore une méthode maîtrisée : il faut pouvoir expliquer le premier geste et vérifier le résultat.

Le fil du chapitre

On commence par les calculs et les représentations déjà rencontrés. Puis on définit une fonction du second degré et ses racines. On construit une écriture fondée sur un carré ; elle explique les variations, le sommet et le nombre de solutions. Les racines permettent ensuite de factoriser et de construire les tableaux de signes. Ces outils se retrouvent dans les lectures graphiques et les problèmes.

Ce que les quatre supports ne disent pas de la même manière

Une expression permet de calculer. Un tableau de signes indique où les valeurs sont positives, négatives ou nulles. Un tableau de variations indique comment les valeurs évoluent lorsque \(x\) augmente. Une courbe permet de relier visuellement ces informations. Le cours montrera comment passer d’un support à l’autre sans confondre leurs rôles.

Les preuves apparaissent près des résultats qu’elles justifient. Les prolongements de la section 19 sont facultatifs : aucun outil de cette section n’est nécessaire pour comprendre le parcours principal. Les calculs de base se font sans calculatrice ; lorsqu’une approximation est utile, elle est distinguée de la valeur exacte.

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1. Reconstruire les prérequis utiles

Les rappels de cette section seront utilisés dans les trinômes, les fractions des formules et les tableaux. Ne les considérer ni comme un examen d’entrée ni comme des acquis supposés parfaits.

1.1 Remplacer une lettre : chaque occurrence compte

Objectif. Calculer une image sans perdre les parenthèses ni les signes.

Dans \(A(x)=2x^2-3x+1\), calculer \(A(-2)\) signifie remplacer chaque \(x\) par le même nombre \(-2\) : \[\begin{aligned} A(-2)&=2\times(-2)^2-3\times(-2)+1\\ &=2\times[(-2)\times(-2)]+6+1\\ &=2\times4+6+1\\ &=8+6+1=15. \end{aligned}\] Les parenthèses montrent que le carré porte sur le nombre \(-2\) tout entier. Le produit de deux nombres négatifs est positif. Le terme \(-3x\) devient \((-3)\times(-2)=6\), pas \(-6\).

Piège / erreur fréquente

\((-2)^2=4\), tandis que \(-2^2=-(2\times2)=-4\). Dans le second calcul, le carré porte sur \(2\), puis on prend l’opposé. Pour remplacer \(x\) par une valeur négative dans \(x^2\), on écrit donc des parenthèses.

Repérage puis essai guidé

Calculer \(B(-3)\) pour \(B(x)=-x^2+2x+5\). Écrire d’abord \(-(-3)^2+2\times(-3)+5\), puis traiter séparément le carré et le produit.

Correction expliquée

\[\begin{aligned} B(-3)&=-[(-3)\times(-3)]+2\times(-3)+5\\ &=-9-6+5\\ &=-15+5=-10. \end{aligned}\] Le signe placé devant le carré ne disparaît pas : \(-(-3)^2=-9\).

1.2 Développer : montrer les produits avant de réduire

Développer transforme un produit en somme. Réduire regroupe les termes de même nature. Dans un produit de deux parenthèses, chaque terme de la première multiplie chaque terme de la seconde : \[\begin{aligned} (x+3)(x-2) &=x\times x+x\times(-2)+3\times x+3\times(-2)\\ &=x^2-2x+3x-6\\ &=x^2+(-2+3)x-6\\ &=x^2+x-6. \end{aligned}\] Les termes \(-2x\) et \(3x\) s’additionnent. En revanche, \(x^2\), \(x\) et \(-6\) ne sont pas des termes de même nature : ils restent séparés.

Un coefficient devant le produit

Pour \(-2(x+3)(x-2)\), on développe d’abord les deux parenthèses, puis on distribue \(-2\) à tous les termes : \[\begin{aligned} -2(x+3)(x-2) &=-2(x^2+x-6)\\ &=(-2)\times x^2+(-2)\times x+(-2)\times(-6)\\ &=-2x^2-2x+12. \end{aligned}\] Contrôle ponctuel en \(x=0\) : le produit donne \(-2\times3\times(-2)=12\) ; l’expression développée donne aussi \(12\). Ce test détecte certaines erreurs, mais ne prouve pas l’identité pour tous les réels. La distributivité constitue la justification générale.

Pourquoi y a-t-il un terme \(2uv\) dans un carré ?

\[\begin{aligned} (u+v)^2&=(u+v)(u+v)\\ &=u\times u+u\times v+v\times u+v\times v\\ &=u^2+uv+uv+v^2\\ &=u^2+2uv+v^2. \end{aligned}\] De même, en remplaçant \(v\) par \(-v\), on obtient \((u-v)^2=u^2-2uv+v^2\).

Les trois identités remarquables

Pour tous réels \(u,v\) : \[\boxed{(u+v)^2=u^2+2uv+v^2},\qquad \boxed{(u-v)^2=u^2-2uv+v^2},\] \[\boxed{u^2-v^2=(u-v)(u+v)}.\] La dernière identité se vérifie par les quatre produits : \(u^2+uv-vu-v^2=u^2-v^2\).

Exemple – le carré porte sur toute la parenthèse

\[\begin{aligned} (2x-3)^2 &=(2x)(2x)+(2x)(-3)+(-3)(2x)+(-3)(-3)\\ &=4x^2-6x-6x+9\\ &=4x^2-12x+9. \end{aligned}\] Le terme du milieu ne peut pas être supprimé : à \(x=1\), \((2-3)^2=1\), alors que \(4+9=13\).

À toi – essaie avant de lire la correction

Développer \(-(x-4)^2+3\). Justifier pourquoi le terme en \(x\) sera positif après distribution du signe moins.

Correction expliquée

\[\begin{aligned} (x-4)^2&=x\times x+x\times(-4)+(-4)\times x+(-4)\times(-4)\\ &=x^2-4x-4x+16=x^2-8x+16,\\ -(x-4)^2+3&=-x^2+8x-16+3\\ &=-x^2+8x-13. \end{aligned}\] Le terme \(-8x\) est multiplié par \(-1\), d’où \(+8x\). En \(x=4\), la forme de départ vaut \(3\) ; la forme développée vaut \(-16+32-13=3\).

1.3 Factoriser : retrouver les facteurs restants

Factoriser transforme une somme en produit : c’est la distributivité dans l’autre sens. Dans \(6x^2-18x\), le facteur \(6x\) peut être montré dans chaque terme, sans diviser par une expression éventuellement nulle : \[\begin{aligned} 6x^2-18x&=(6x)\times x+(6x)\times(-3)\\ &=6x(x-3). \end{aligned}\] Le premier facteur restant est \(x\) car \(6x\times x=6x^2\) ; le second est \(-3\) car \(6x\times(-3)=-18x\). \[6x(x-3)=6x\times x-6x\times3=6x^2-18x.\] Ce contrôle redéveloppe effectivement. L’identité est vraie aussi pour \(x=0\) : aucune division par \(x\) n’a été effectuée.

Exemple – factoriser une différence de carrés

Dans \((x+1)^2-25\), on repère \(u=x+1\) et \(v=5\), car \(25=5^2\) : \[\begin{aligned} (x+1)^2-25&=[(x+1)-5][(x+1)+5]\\ &=(x-4)(x+6). \end{aligned}\] Contrôle : \((x-4)(x+6)=x^2+6x-4x-24=x^2+2x-24\) et \((x+1)^2-25=x^2+2x+1-25=x^2+2x-24\).

1.4 Transformer une équation sans perdre de solution

Une équation demande les valeurs qui rendent une égalité vraie. Pour isoler l’inconnue, on effectue la même opération dans les deux membres. \[\begin{aligned} -2x+4&=0,\\ -2x+4-4&=0-4,\\ -2x&=-4,\\ \frac{-2x}{-2}&=\frac{-4}{-2},\\ x&=2. \end{aligned}\] La division par \(-2\) est autorisée car \(-2\neq0\) ; à gauche, \(\frac{(-2)x}{-2}=1x=x\), à droite \(\frac{-4}{-2}=2\). Aucun besoin d’imposer \(x\neq0\) : on ne divise pas par \(x\). Contrôle : \(-2\times2+4=0\).

Produit nul

Un produit de nombres réels vaut zéro si et seulement si au moins un de ses facteurs vaut zéro : \[AB=0\iff A=0\ \text{ou}\ B=0.\] La règle concerne un produit égal à zéro, pas une somme ni un produit égal à un autre nombre.

Exemple – deux équations plus simples

\[(2x-1)(x+3)=0\iff 2x-1=0\quad\text{ou}\quad x+3=0.\] Premier cas : \(2x-1+1=0+1\), donc \(2x=1\), puis \(\frac{2x}{2}=\frac12\), d’où \(x=\frac12\). Second cas : \(x+3-3=0-3\), donc \(x=-3\). L’ensemble des solutions est \(\mathcal S=\{-3;\frac12\}\).

1.5 Résoudre une équation avec un carré

Le carré d’un réel est positif ou nul. Le symbole \(\sqrt{k}\), pour \(k\ge0\), désigne le nombre positif ou nul dont le carré vaut \(k\). \[u^2=k\quad\Longrightarrow\quad \begin{cases} \text{aucune solution réelle},&k<0,\\ u=0,&k=0,\\ u=\sqrt{k}\text{ ou }u=-\sqrt{k},&k>0. \end{cases}\] Pour \(k>0\), la factorisation \(u^2-k=(u-\sqrt k)(u+\sqrt k)\) justifie les deux solutions. L’écriture \(\pm\sqrt k\) rassemble ces deux cas ; elle ne signifie pas que le symbole \(\sqrt k\) aurait deux valeurs.

Exemple – isoler le carré avant de prendre les deux signes

Résoudre \(2(x-4)^2-14=0\) : \[\begin{aligned} 2(x-4)^2-14+14&=0+14,\\ 2(x-4)^2&=14,\\ \frac{2(x-4)^2}{2}&=\frac{14}{2},\\ (x-4)^2&=7. \end{aligned}\] On obtient \(x-4=\sqrt7\) ou \(x-4=-\sqrt7\). En ajoutant \(4\) aux deux membres dans chaque cas : \[\boxed{\mathcal S=\{4-\sqrt7;4+\sqrt7\}}.\] Contrôle pour \(x=4-\sqrt7\) : \(2[(4-\sqrt7)-4]^2-14=2(-\sqrt7)^2-14=2\times7-14=0\).

Fractions et racines : deux gestes souvent nécessaires

Pour ajouter \(\frac34+\frac16\), on utilise des parts de même taille : \[\frac34=\frac{3\times3}{4\times3}=\frac9{12},\qquad \frac16=\frac{1\times2}{6\times2}=\frac2{12},\qquad \frac34+\frac16=\frac{11}{12}.\] Pour diviser par \(\frac32\neq0\), on multiplie par son inverse \(\frac23\) : \[\frac{1}{\frac32}=1\div\frac32=1\times\frac23=\frac23.\] Enfin, \(\sqrt{12}=\sqrt{4\times3}=2\sqrt3\) car \(2\sqrt3\ge0\) et \((2\sqrt3)^2=4\times3=12\). On peut extraire un facteur carré, mais pas séparer une somme : \(\sqrt{9+16}=5\neq3+4\).

1.6 Signe d’une expression affine : construire la première ligne

Objectif. Savoir où une expression est positive, négative ou nulle.

Pour \(L(x)=2x-4\), le zéro est trouvé par \(2x-4=0\iff x=2\). On écrit \(L(x)=2(x-2)\). Le facteur \(2\) est positif ; le signe est donc celui de \(x-2\). Si \(x<2\), soustraire \(2\) donne \(x-2<0\) ; si \(x>2\), on a \(x-2>0\) ; pour \(x=2\), \(L(x)=0\).

\(x\)\(-\infty\)\(2\)\(+\infty\)\(2x-4\)\(-\)\(0\)\(+\)

Chemin de lecture. La ligne du haut range les valeurs de \(x\). Le signe \(-\) résume toutes les valeurs situées avant \(2\), pas seulement un nombre testé. Le zéro est placé exactement sous \(2\). Le signe \(+\) résume l’intervalle après \(2\). Les symboles \(\pm\infty\) indiquent que l’intervalle continue sans borne : on ne calcule pas \(L(\infty)\).

Pour \(M(x)=-3x-6=-3(x+2)\), le facteur \(-3\) est négatif. Le signe de \(x+2\) est donc inversé :

\(x\)\(-\infty\)\(-2\)\(+\infty\)\(x+2\)\(-\)\(0\)\(+\)\(-3x-6\)\(+\)\(0\)\(-\)

Méthode – signe de \(mx+p\), avec \(m\neq0\)

Résoudre d’abord \(mx+p=0\) : soustraire \(p\), puis diviser par \(m\neq0\), donne \(r=-\frac pm\). Écrire \(mx+p=m(x-r)\). À gauche de \(r\), \(x-r\) est négatif ; à droite il est positif. Si \(m>0\), conserver ces signes ; si \(m<0\), les inverser. Placer \(0\) sous \(r\).

1.7 Signe d’un produit : réunir les zéros des facteurs

Étudier \((x-2)(x+5)\) demande deux lignes de facteurs. Le facteur \(x-2\) s’annule en \(2\) ; \(x+5\) s’annule en \(-5\). On range tous les points de changement dans l’ordre \(-5<2\).

\(x\)\(-\infty\)\(-5\)\(2\)\(+\infty\)\(x-2\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(x+5\)\(-\)\(0\)\(+\)\(+\)\((x-2)(x+5)\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)

Sur \(]-\infty;-5[\), on multiplie deux nombres négatifs : le produit est positif. Sur \(]-5;2[\), le premier facteur est négatif et le second positif : le produit est négatif. Sur \(]2;+\infty[\), les deux facteurs sont positifs. Aux deux zéros, l’un des facteurs s’annule : le produit vaut zéro.

La case vide de la ligne \(x-2\) sous \(-5\) ne signifie pas « valeur inconnue » : on n’a simplement pas besoin de noter une valeur non nulle à cet endroit. Son signe reste négatif de part et d’autre de \(-5\).

1.8 Passer des signes aux intervalles

\([a;b]\) contient les nombres compris entre \(a\) et \(b\), bornes incluses. \(]a;b[\) exclut les deux bornes ; \([a;b[\) inclut seulement \(a\). Avec \(\pm\infty\), le crochet est toujours ouvert : l’infini n’est pas un réel à inclure.

Pour le produit précédent, lire la dernière ligne donne : \[\begin{array}{rcl} (x-2)(x+5)>0&\iff&x\in]-\infty;-5[\cup]2;+\infty[,\\ (x-2)(x+5)\ge0&\iff&x\in]-\infty;-5]\cup[2;+\infty[,\\ (x-2)(x+5)<0&\iff&x\in]-5;2[,\\ (x-2)(x+5)\le0&\iff&x\in[-5;2]. \end{array}\] Le signe \(\cup\) se lit « réunion » : on prend l’un ou l’autre des intervalles. Le signe \(\cap\) indique une intersection : les deux conditions doivent être satisfaites simultanément. Par exemple, \([-5;2]\cap[0;10]=[0;2]\).

1.9 Variations de la fonction carré : un autre tableau

Une fonction est croissante sur un intervalle lorsque les images augmentent avec les nombres de départ. Pour une fonction décroissante, les images diminuent quand les nombres de départ augmentent. Pour le carré, \(-3<-2\) mais \(9>4\) : sur les nombres négatifs, on se rapproche de zéro et les carrés diminuent. Sur les positifs, \(2<3\) et \(4<9\) : les carrés augmentent.

\(x\)\(x^2\)\(-\infty\)\(+\infty\)\(0\)\(0\)\(+\infty\)\(+\infty\)

Lecture. On suit d’abord \(x\) de gauche à droite. La première flèche descend jusqu’à la valeur \(0\) atteinte pour \(x=0\) ; la seconde remonte. La fonction carré est décroissante sur \(]-\infty;0]\), croissante sur \([0;+\infty[\) et son minimum est \(0\). Le symbole \(+\infty\) au bout d’une flèche signifie ici que les valeurs deviennent aussi grandes qu’on le souhaite ; il ne désigne pas une image calculée en un nombre « infini ».

Positif ne signifie pas croissant

Entre \(-3\) et \(-2\), les carrés sont positifs, mais ils diminuent. Un tableau de signes répond à « au-dessus ou au-dessous de zéro ? » ; un tableau de variations répond à « ça monte ou ça descend ? ». Aucune de ces questions ne remplace l’autre.

1.10 Diagnostic corrigé et reprise

À toi – essaie avant de lire la correction

Sans calculatrice, développer \((x-3)^2-16\) ; factoriser \(x^2-25\) ; résoudre \((x-4)^2=7\) et \((2x-1)(x+3)=0\). Construire ensuite le tableau de signes de \((x-2)(x+5)\) et le tableau de variations de la fonction carré. Les modèles précédents servent de correction aux deux tableaux : les reconstruire plutôt que les recopier.

Correction expliquée

Développement. \[(x-3)^2-16=x^2-3x-3x+9-16=x^2-6x-7.\] Factorisation. \(25=5^2\), donc \(x^2-25=(x-5)(x+5)\). Le redéveloppement donne \(x^2+5x-5x-25=x^2-25\).

Carré. \(x-4=\sqrt7\) ou \(x-4=-\sqrt7\) ; en ajoutant \(4\) de chaque côté, \(x=4+\sqrt7\) ou \(x=4-\sqrt7\).

Produit nul. \(2x-1=0\) donne \(2x=1\), puis \(x=\frac12\) ; \(x+3=0\) donne \(x=-3\).

Tableaux. Pour le produit, les bornes sont \(-5\) et \(2\), les signes successifs \(+,0,-,0,+\). Pour le carré, les flèches descendent de \(+\infty\) vers \(0\), puis remontent vers \(+\infty\). Les deux tableaux sont dessinés et expliqués aux paragraphes 1.7 et 1.9.

Reprise – j’ai oublié de distribuer le moins

L’écriture \(-(x-2)^2=-x^2-4x+4\) est fausse. La première ligne à réparer est la distribution de \(-1\). Plus simple : \(-(x+3)=-x-3\) car \((-1)\times x+(-1)\times3=-x-3\). Dans le calcul initial, \((x-2)^2=x^2-4x+4\), donc \(-(x-2)^2=-x^2+4x-4\).

Nouvel essai : développer \(-(x+1)^2+2\). Correction : \(-(x^2+2x+1)+2=-x^2-2x-1+2=-x^2-2x+1\). Revenir au calcul initial et vérifier que chacun des trois termes a changé de signe.

À reprendre plus tard

À une autre séance, reprendre sans modèle \(C(x)=-2(x-1)^2+3\) : développer et calculer \(C(-1)\). Construire aussi le tableau de signes de \(1-2x\).

Correction expliquée

\((x-1)^2=x^2-x-x+1=x^2-2x+1\). Ainsi \(C(x)=-2x^2+4x-2+3=-2x^2+4x+1\). \[C(-1)=-2\times1+4\times(-1)+1=-2-4+1=-5.\] Contrôle dans la forme de départ : \(-2(-1-1)^2+3=-2\times4+3=-5\). Pour \(1-2x=0\), on obtient \(-2x=-1\), puis \(x=\frac12\). Le coefficient \(-2\) inverse le signe de \(x-\frac12\) :

\(x\)\(-\infty\)\(\frac12\)\(+\infty\)\(1-2x\)\(+\)\(0\)\(-\)

Pour vérifier ta démarche : Je sais remplacer chaque lettre, montrer les produits, isoler l’inconnue et expliquer une case de tableau par une règle, non par une formule mémorisée.

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2. Fonction, expression, équation, racine : ne pas confondre

Fonction polynôme du second degré

Une fonction polynôme du second degré est une fonction \(f\) définie sur \(\mathbb{R}\) par \[\boxed{f(x)=ax^2+bx+c}\] où \(a,b,c\in\mathbb{R}\) et \(a\neq0\). Cette écriture est la forme développée réduite.

Vocabulaire et lecture

Dans \(ax^2+bx+c\) :

  • \(a\) est le coefficient dominant, car il multiplie le terme de plus haut degré \(x^2\) ;

  • \(b\) est le coefficient de \(x\) ;

  • \(c\) est le terme constant ;

  • \(x\) est la variable de la fonction.

Non-exemple / cas frontière

  • \(5x-3\) n’est pas du second degré : le coefficient de \(x^2\) est nul.

  • \(x^3+2x\) n’est pas du second degré : le degré est \(3\).

  • \(\dfrac1x+x^2\) n’est pas un polynôme, car il contient le terme \(x^{-1}\) et n’est pas défini en \(0\). La présence d’un dénominateur constant, comme dans \(\frac12x^2\), n’empêche pas d’être un polynôme.

Question d’élève

Pourquoi exige-t-on \(a\neq0\) ?

Réponse

Si \(a=0\), alors \[f(x)=bx+c,\] qui est une fonction affine, ou constante si \(b=0\). Le terme quadratique a disparu.

2.1 Expression, fonction et équation

  • \(ax^2+bx+c\) est une expression.

  • \(f:x\mapsto ax^2+bx+c\) est une fonction.

  • \(ax^2+bx+c=0\) est une équation dont \(x\) est l’inconnue.

  • Une solution de l’équation est une valeur de \(x\) qui rend l’égalité vraie.

  • Une racine de la fonction \(f\) est un réel \(r\) tel que \(f(r)=0\).

Ainsi, les racines de \(f\) sont exactement les solutions de l’équation \(f(x)=0\).

Exemple de référence

Soit \[f(x)=2x^2-5x+1.\] Alors \[f(2)=2\times2^2-5\times2+1=8-10+1=-1.\] Le nombre \(2\) n’est donc pas une racine de \(f\), car \(f(2)\neq0\).

2.2 Courbe représentative : une parabole

La courbe d’une fonction polynôme du second degré s’appelle une parabole. À ce stade, on observe seulement deux allures générales :

Le signe de \(a\) expliquera cette orientation plus loin.

À toi – essaie avant de lire la correction

Parmi les expressions suivantes, repérer les fonctions du second degré et calculer leur image de \(-1\) : \[A(x)=3x^2-2x+4,\quad B(x)=7-5x,\quad C(x)=-2x^2+6.\]

Correction expliquée

\(A\) et \(C\) sont du second degré ; \(B\) est affine. \[A(-1)=3(-1)^2-2(-1)+4=3+2+4=9,\] \[C(-1)=-2(-1)^2+6=-2+6=4.\]

2.3 Identifier les coefficients, même lorsqu’un terme manque

Pour \(f(x)=-x^2+7\), on lit \(a=-1\), \(b=0\), \(c=7\). Le coefficient de \(x\) est zéro puisque aucun terme en \(x\) n’apparaît. Dans \(g(x)=\frac32x^2-4x\), on lit \(a=\frac32\), \(b=-4\), \(c=0\). Un coefficient manquant n’est pas égal à \(1\) : il vaut \(0\) ; seul \(x^2\) sans coefficient écrit signifie \(1x^2\).

Exemple – réduire avant de décider du degré

\[\begin{aligned} H(x)&=(x+1)^2-x^2\\ &=x^2+x+x+1-x^2\\ &=2x+1. \end{aligned}\] Il y avait des carrés dans l’écriture initiale, mais ils se compensent. La fonction obtenue est affine, pas du second degré.

2.4 Image, antécédent et racine : trois demandes différentes

Pour \(f(x)=x^2-4\), calculer l’image de \(3\) consiste à remplacer \(x\) par \(3\) : \[f(3)=3^2-4=9-4=5.\] Chercher les antécédents de \(5\) consiste au contraire à chercher les nombres de départ \(x\) dont l’image vaut \(5\). On résout : \[\begin{aligned} f(x)=5&\iff x^2-4=5\\ &\iff x^2-4+4=5+4\\ &\iff x^2=9\\ &\iff x=-3\quad\text{ou}\quad x=3. \end{aligned}\] L’ajout de \(4\) aux deux membres isole le carré. Les deux signes sont nécessaires puisque \((-3)^2=3^2=9\).

Chercher les racines signifie chercher les antécédents de zéro : \[\begin{aligned} f(x)=0&\iff x^2-4=0\\ &\iff x^2-4+4=0+4\\ &\iff x^2=4\\ &\iff x=-2\quad\text{ou}\quad x=2. \end{aligned}\] Contrôle : \(f(-2)=(-2)^2-4=4-4=0\) et \(f(2)=2^2-4=4-4=0\).

Une image est unique pour un nombre de départ donné. Un nombre peut avoir plusieurs antécédents, un seul ou aucun. Un antécédent de \(5\) n’est pas une racine de \(f\) : il devient une racine de la fonction \(x\mapsto f(x)-5\).

Essai guidé

Pour \(f(x)=-2x^2+8\), calculer \(f(-1)\), chercher les racines puis les antécédents de \(6\). Commencer chaque demande par l’écriture qui la traduit.

Correction expliquée

Image de \(-1\). On remplace chaque \(x\) par \((-1)\), puis on calcule le carré avant la multiplication : \[f(-1)=-2\times(-1)^2+8=-2\times1+8=-2+8=6.\] Racines. On traduit d’abord : \(f(x)=0\). On soustrait \(8\) aux deux membres, puis on divise par le coefficient \(-2\), qui est non nul : \[\begin{aligned} -2x^2+8=0&\iff -2x^2+8-8=0-8\\ &\iff -2x^2=-8\\ &\iff \frac{-2x^2}{-2}=\frac{-8}{-2}\\ &\iff x^2=4\\ &\iff x=-2\quad\text{ou}\quad x=2. \end{aligned}\] Contrôle : \(f(-2)=-2\times4+8=0\) et \(f(2)=-2\times4+8=0\). On a bien trouvé des abscisses où la courbe rencontre l’axe horizontal.

Antécédents de \(6\). Cette fois, la bonne équation est \(f(x)=6\) : \[\begin{aligned} -2x^2+8=6&\iff -2x^2+8-8=6-8\\ &\iff -2x^2=-2\\ &\iff \frac{-2x^2}{-2}=\frac{-2}{-2}\\ &\iff x^2=1\\ &\iff x=-1\quad\text{ou}\quad x=1. \end{aligned}\] Contrôle : \(f(1)=-2\times1+8=6\) et \(f(-1)=6\). Les points \((-1;6)\) et \((1;6)\) sont sur la courbe ; ils ne sont pas sur l’axe des abscisses. Les antécédents de \(6\) ne sont donc pas les racines.

À toi – essaie avant de lire la correction

L’affirmation « Si \(f(3)=5\), alors \(5\) est une racine de \(f\) » est-elle correcte ? Donner la bonne phrase et justifier la distinction entre abscisse et ordonnée.

Correction expliquée

On ne peut pas le déduire. La phrase correcte est « \(5\) est l’image de \(3\) » ou « \(3\) est un antécédent de \(5\) ». Le point \((3;5)\) est sur la courbe : \(3\) est son abscisse et \(5\) son ordonnée. Une racine serait une abscisse \(r\) pour laquelle le point \((r;0)\) est sur la courbe.

Un contre-exemple suffit à réfuter l’affirmation générale. Pour \(f(x)=x^2-4\), on a bien \(f(3)=5\), mais \[f(5)=5^2-4=25-4=21\neq0.\] Ainsi \(5\) n’est pas une racine dans cet exemple. La donnée \(f(3)=5\) ne fournit, à elle seule, aucune valeur de \(f(5)\).

À reprendre plus tard

Reprendre plus tard \(g(x)=3x^2-12\) : calculer \(g(0)\) puis chercher les antécédents de \(0\) et de \(-15\).

Correction expliquée

L’image de \(0\) est \(g(0)=3\times0^2-12=0-12=-12\).

Pour chercher les antécédents de \(0\), on ajoute \(12\) aux deux membres, puis on divise par \(3\neq0\) : \[\begin{aligned} g(x)=0&\iff 3x^2-12=0\\ &\iff 3x^2-12+12=0+12\\ &\iff 3x^2=12\\ &\iff \frac{3x^2}{3}=\frac{12}{3}\\ &\iff x^2=4\\ &\iff x=-2\quad\text{ou}\quad x=2. \end{aligned}\] Pour chercher les antécédents de \(-15\), les opérations sont les mêmes, mais la conclusion change : \[\begin{aligned} g(x)=-15&\iff 3x^2-12=-15\\ &\iff 3x^2-12+12=-15+12\\ &\iff 3x^2=-3\\ &\iff \frac{3x^2}{3}=\frac{-3}{3}\\ &\iff x^2=-1. \end{aligned}\] Cette dernière égalité est impossible dans \(\mathbb{R}\) puisque \(x^2\geq0\). Ainsi \(0\) possède deux antécédents, \(-2\) et \(2\), tandis que \(-15\) n’en possède aucun. On ne calcule pas de racine carrée réelle de \(-1\).

Pour vérifier ta démarche : Je traduis chaque question avant de calculer ; je ne confonds pas les coordonnées d’un point et une solution d’équation.

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3. Racines et premières factorisations

Racine ou zéro

Un réel \(r\) est une racine de \(f\) lorsque \[\boxed{f(r)=0}.\] Graphiquement, une racine est l’abscisse d’un point où la parabole coupe ou touche l’axe des abscisses.

Exemple de référence

Pour \(f(x)=x^2-9\) : \[f(3)=9-9=0,\qquad f(-3)=9-9=0.\] Les racines sont donc \(-3\) et \(3\). De plus, \[x^2-9=(x-3)(x+3).\]

3.1 Forme factorisée

Forme factorisée

Une écriture \[\boxed{f(x)=a(x-r_1)(x-r_2)}\] avec \(a\neq0\) est une forme factorisée de \(f\). Les nombres \(r_1\) et \(r_2\) sont alors des racines. Si \(r_1=r_2=r\), on écrit \[\boxed{f(x)=a(x-r)^2}\] et on parle de racine double.

Démonstration – les facteurs donnent les racines

Supposons \[f(x)=a(x-r_1)(x-r_2),\qquad a\neq0.\] Alors \[f(x)=0 \iff a(x-r_1)(x-r_2)=0.\] Comme \(a\neq0\), le produit est nul si et seulement si \[x-r_1=0\quad\text{ou}\quad x-r_2=0,\] donc \[\boxed{x=r_1\quad\text{ou}\quad x=r_2}.\] Résultat démontré dans ce cours.

3.2 Une méthode se reconnaît avant de calculer

Chercher une racine signifie résoudre \(f(x)=0\). Il n’est pas nécessaire de développer un produit déjà égal à zéro. Inversement, on ne peut pas utiliser le produit nul sur une somme ou sur un produit égal à \(5\).

Méthode A – une expression déjà factorisée

Indice : plusieurs facteurs sont multipliés et le produit vaut zéro. Premier geste : recopier les facteurs sans développer. Annuler chacun des facteurs pouvant être nul, résoudre les équations obtenues et réunir les solutions. Un facteur constant non nul ne fournit aucune solution supplémentaire.

Exemple – le coefficient extérieur ne donne pas de racine

Résoudre \(-3(2x-1)(x+4)=0\). Le facteur \(-3\) ne s’annule jamais. Il reste : \[2x-1=0\quad\text{ou}\quad x+4=0.\] Dans le premier cas, ajouter \(1\) donne \(2x=1\) ; diviser par \(2\neq0\) donne \(x=\frac12\). Dans le second, soustraire \(4\) donne \(x=-4\). \[\boxed{\mathcal S=\{-4;\tfrac12\}}.\] Pour \(x=-4\), le dernier facteur vaut zéro ; pour \(x=\frac12\), \(2\times\frac12-1=1-1=0\). Les deux valeurs conviennent.

Méthode B – faire apparaître un facteur commun

Indice : chaque terme contient la même lettre, le même nombre ou la même parenthèse. Premier geste : écrire chaque terme comme produit contenant ce facteur. Regrouper les facteurs restants, puis utiliser le produit nul.

Exemple – pourquoi ne pas diviser par \(x\) ?

Résoudre \(3x^2-12x=0\). \[\begin{aligned} 3x^2-12x&=(3x)\times x+(3x)\times(-4)\\ &=3x(x-4). \end{aligned}\] Ainsi \(3x(x-4)=0\) équivaut à \(x=0\) ou \(x-4=0\), puisque \(3\neq0\). On obtient \(\mathcal S=\{0;4\}\). Si l’on divisait immédiatement par \(x\), on perdrait le cas \(x=0\). Ce cas est pourtant autorisé et vérifie l’équation : \(3\times0^2-12\times0=0\). Le contrôle de \(4\) donne \(3\times16-12\times4=48-48=0\).

Une parenthèse commune se traite comme un seul bloc

Résoudre \((x+2)(3x-1)-(x+2)(x+4)=0\). \[\begin{aligned} &(x+2)(3x-1)-(x+2)(x+4)\\ &\qquad=(x+2)[(3x-1)-(x+4)]\\ &\qquad=(x+2)(3x-1-x-4)\\ &\qquad=(x+2)(2x-5). \end{aligned}\] La soustraction de la seconde parenthèse change ses deux signes. Le produit est nul pour \(x=-2\) ou pour \(2x-5=0\), c’est-à-dire \(x=\frac52\).

Méthode C – différence de deux carrés

Indice : une soustraction entre deux carrés, par exemple \((x-2)^2-16\). Identifier les deux blocs \(A\) et \(B\) dans \(A^2-B^2\), puis écrire \((A-B)(A+B)\).

Exemple – conserver les parenthèses jusqu’à la simplification

\[\begin{aligned} (x-2)^2-16&=(x-2)^2-4^2\\ &=[(x-2)-4][(x-2)+4]\\ &=(x-6)(x+2). \end{aligned}\] L’expression s’annule donc pour \(x=6\) ou \(x=-2\). Vérification : \((6-2)^2-16=16-16=0\) et \((-2-2)^2-16=16-16=0\).

Méthode D – isoler un carré

Indice : une équation \(aU(x)^2+c=0\), avec \(a\neq0\), où la variable apparaît seulement dans le bloc carré. Isoler d’abord \(U(x)^2\). Comparer le nombre obtenu à zéro, puis seulement prendre les deux signes lorsque ce nombre est strictement positif.

Exemple – un carré d’expression affine

Résoudre \(2(3x-1)^2-18=0\). \[\begin{aligned} 2(3x-1)^2-18+18&=0+18,\\ 2(3x-1)^2&=18,\\ \frac{2(3x-1)^2}{2}&=\frac{18}{2},\\ (3x-1)^2&=9. \end{aligned}\] Premier cas : \(3x-1=3\), donc \(3x=4\), puis \(x=\frac43\). Second cas : \(3x-1=-3\), donc \(3x=-2\), puis \(x=-\frac23\). Les solutions sont \(\boxed{\mathcal S=\{-\frac23;\frac43\}}\). Pour \(x=-\frac23\), \(3x-1=-2-1=-3\), puis \(2(-3)^2-18=18-18=0\).

3.3 Trois cas simples qui évitent une formule générale

Le terme constant est nul. Pour \(ax^2+bx=0\), on écrit \(x(ax+b)=0\). Avec \(a\neq0\), les solutions sont \(0\) et \(-\frac ba\), éventuellement confondues si \(b=0\).

Le coefficient de \(x\) est nul. Pour \(ax^2+c=0\), on isole \(x^2=-\frac ca\). Le nombre obtenu décide des trois cas : positif, zéro, négatif. Ainsi \(4x^2-12=0\) donne \(x^2=3\), puis \(x=\pm\sqrt3\). Mais \(4x^2+12=0\) donne \(x^2=-3\) : aucune solution réelle.

L’expression est un carré. \(9x^2-24x+16=(3x-4)^2\). Pour annuler ce carré, \(3x-4=0\), donc \(x=\frac43\). Il n’y a qu’une valeur solution, même si le facteur se répète deux fois.

3.4 La règle du produit nul ne s’applique pas à un produit non nul

Non-exemple / cas frontière

De \((x-1)(x+2)=4\), on ne déduit pas \(x-1=4\) ou \(x+2=4\). Un produit peut valoir \(4\) sans qu’aucun facteur soit \(4\), par exemple \(2\times2=4\). Il faut ramener le membre de droite à zéro : \((x-1)(x+2)-4=0\). La suite demandera une autre forme de l’expression.

3.5 Pratique guidée, tentative et justification

Essai guidé

Résoudre \(5x^2+10x=0\). Compléter d’abord \(5x^2+10x=5x(\ldots+\ldots)\), puis expliquer pourquoi \(x=0\) ne doit pas être écarté.

Correction expliquée

\(5x^2=(5x)x\) et \(10x=(5x)2\). Ainsi \(5x^2+10x=5x(x+2)\). Le produit nul donne \(x=0\) ou \(x+2=0\), donc \(x=-2\). Aucun dénominateur ne contient \(x\) et on n’a pas divisé par \(x\) : zéro est autorisé. Contrôle de \(-2\) : \(5(-2)^2+10(-2)=20-20=0\).

À toi – essaie avant de lire la correction

Résoudre séparément \((x+1)^2-25=0\) et \((3x-2)(x+4)=0\). Dans chaque cas, annoncer le premier geste et donner une vérification d’une solution.

Correction expliquée

Première équation. \(25=5^2\) ; on factorise : \[(x+1)^2-25=[(x+1)-5][(x+1)+5]=(x-4)(x+6).\] Les solutions sont \(4\) et \(-6\). Vérification de \(4\) : \((4+1)^2-25=25-25=0\).

Seconde équation. Le produit est déjà égal à zéro. \(3x-2=0\) donne \(3x=2\), puis \(x=\frac23\) ; \(x+4=0\) donne \(x=-4\). À \(x=\frac23\), \(3\times\frac23-2=2-2=0\), donc le produit vaut zéro.

Réparer une solution perdue

Une copie transforme \(x(x-3)=0\) en \(x-3=0\) puis répond seulement \(3\). La suppression du facteur \(x\) correspond à une division qui exclut \(x=0\) sans justification. Plus simple : \(0\times5=0\) montre qu’un produit nul peut avoir son premier facteur nul. Reprendre : \(x(x-3)=0\) donne \(x=0\) ou \(x=3\).

Nouvel essai : \(2x(x+1)=0\). Correction : \(2\neq0\), donc \(x=0\) ou \(x+1=0\) ; les solutions sont \(0\) et \(-1\).

À reprendre plus tard

Reprendre à une autre séance, sans modèle, \(4x^2-20x=0\) et \(3(x-2)^2+6=0\). Expliquer pourquoi le nombre de solutions n’est pas le même.

Correction expliquée

\(4x^2-20x=4x(x-5)\) ; les solutions sont \(0\) et \(5\). Pour la seconde : \(3(x-2)^2=-6\), puis \((x-2)^2=-2\). C’est impossible dans \(\mathbb{R}\), donc aucune solution. Le résultat provient du signe d’un carré, pas de l’aspect de la formule.

Pour vérifier ta démarche : Je n’applique le produit nul qu’à un produit égal à zéro ; je conserve tous les facteurs et je vérifie ce que j’ai réellement divisé.

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4. Compléter le carré et construire la forme canonique

Objectif. Transformer une expression du second degré en un carré multiplié par un nombre, plus une constante.

Les carrés sont positifs ou nuls et leurs variations sont connues. Écrire un trinôme à partir d’un carré permettra donc d’expliquer ses valeurs extrêmes et sa courbe. Ici on construit d’abord l’écriture ; les lectures du sommet et des variations seront établies en section 5.

4.1 Fabriquer le terme du milieu

Développer \((x+u)^2\) donne \(x^2+2ux+u^2\). Pour obtenir un terme \(6x\), on impose \(2u=6\) : ajouter le même \(u\) dans les deux parenthèses produit deux termes \(ux\). Ici \(u=3\). \[\begin{aligned} (x+3)^2&=x\times x+x\times3+3\times x+3\times3\\ &=x^2+3x+3x+9\\ &=x^2+6x+9. \end{aligned}\] Mais on cherche \(x^2+6x\), sans le \(9\). On retire donc \(9\) : \[\boxed{x^2+6x=(x+3)^2-9}.\] On n’ajoute pas un terme gratuitement : l’ajout dans le carré est compensé à l’extérieur.

Identité de complétion du carré

Pour tous réels \(x,u\) : \[\boxed{x^2+2ux=(x+u)^2-u^2}.\]

Démonstration – distributivité et compensation

\[\begin{aligned} (x+u)^2-u^2 &=(x+u)(x+u)-u^2\\ &=x\times x+x\times u+u\times x+u\times u-u^2\\ &=x^2+ux+ux+u^2-u^2\\ &=x^2+2ux. \end{aligned}\] Les deux expressions sont égales pour tous \(x,u\). Pour fabriquer \(x^2+px\), on résout \(2u=p\) : comme \(2\neq0\), \(u=\frac p2\).

4.2 Une représentation géométrique de la compensation

Pour \(x>0\), un carré de côté \(x\) a pour aire \(x^2\). Deux rectangles de côtés \(x\) et \(3\) ont ensemble l’aire \(6x\). Placés contre deux côtés du carré, ils laissent un carré manquant de côté \(3\). En le complétant, on obtient le grand carré de côté \(x+3\).

Lecture : le grand carré a l’aire \(x^2+3x+3x+9=(x+3)^2\). Retirer le petit carré d’aire \(9\) laisse \(x^2+6x\). Les longueurs de cette illustration sont positives ; l’identité algébrique précédente, elle, reste vraie pour tous les réels. Cette représentation de la complétion du carré ne remplace pas la preuve.

4.3 Définir la forme canonique et lire ses paramètres

Définition

Une écriture d’une fonction du second degré sous la forme \[\boxed{f(x)=a(x-\alpha)^2+\beta},\qquad a\neq0,\] est appelée forme canonique. Les nombres \(a,\alpha,\beta\) sont des constantes ; \(x\) reste la variable.

Dans \(3(x-4)^2-5\), \(a=3\), \(\alpha=4\) et \(\beta=-5\). Dans \(-2(x+1)^2+18\), on réécrit \(x+1=x-(-1)\) : \(a=-2\), \(\alpha=-1\), \(\beta=18\).

Question d’élève

Pourquoi le signe de \(\alpha\) semble-t-il changer ?

Réponse

On ne change pas arbitrairement un signe : on cherche la valeur qui annule \(x-\alpha\). Si le carré est \((x+1)^2\), il s’annule pour \(x=-1\). Dans l’écriture standard \((x-\alpha)^2\), cela impose \(\alpha=-1\).

4.4 Méthode 1 – le coefficient de \(x^2\) vaut \(1\)

Méthode

Pour \(x^2+bx+c\), prendre la moitié de \(b\), fabriquer le carré, retirer le carré de cette moitié, puis regrouper les constantes. Contrôler en développant la forme obtenue.

Exemple complet – \(x^2-8x+11\)

On cherche \(u\) tel que \(2u=-8\), donc \(u=-4\). \[\begin{aligned} (x-4)^2&=x^2-4x-4x+16=x^2-8x+16,\\ x^2-8x&=(x-4)^2-16,\\ f(x)=x^2-8x+11&=(x-4)^2-16+11\\ &=\boxed{(x-4)^2-5}. \end{aligned}\] Contrôle : \((x-4)^2-5=x^2-8x+16-5=x^2-8x+11\). Le redéveloppement prouve que l’expression entière a été conservée.

4.5 Méthode 2 – un coefficient positif ou négatif

Le coefficient de \(x^2\) doit être mis en facteur avant de prendre la moitié du nouveau coefficient de \(x\).

Exemple complet – \(-2x^2+12x-13\)

On choisit de factoriser \(-2\) dans les deux premiers termes seulement. Le terme constant \(-13\) reste dehors. \[-2x^2=(-2)\times x^2,\qquad12x=(-2)\times(-6x).\] Ainsi \[g(x)=-2(x^2-6x)-13.\] Le coefficient à diviser par deux est maintenant \(-6\), pas \(12\). Sa moitié est \(-3\) : \[(x-3)^2=x^2-3x-3x+9=x^2-6x+9,\] \[x^2-6x=(x-3)^2-9.\] On remplace ce bloc puis on distribue \(-2\) : \[\begin{aligned} g(x)&=-2[(x-3)^2-9]-13\\ &=(-2)(x-3)^2+(-2)(-9)-13\\ &=-2(x-3)^2+18-13\\ &=\boxed{-2(x-3)^2+5}. \end{aligned}\] Contrôle complet : \[\begin{aligned} -2(x-3)^2+5 &=-2(x^2-6x+9)+5\\ &=-2x^2+12x-18+5\\ &=-2x^2+12x-13. \end{aligned}\] Le signe positif \(+18\) vient de \((-2)\times(-9)\) ; c’est un point à vérifier, pas une constante à deviner.

4.6 Avec des fractions : conserver les compensations

Exemple – \(x^2+3x+1\)

La moitié de \(3\) est \(\frac32\). Son carré vaut \(\frac94\) : \[\left(x+\frac32\right)^2=x^2+2\times x\times\frac32+\left(\frac32\right)^2 =x^2+3x+\frac94.\] Donc \[\begin{aligned} f(x)&=\left(x+\frac32\right)^2-\frac94+1\\ &=\left(x+\frac32\right)^2-\frac94+\frac{1\times4}{1\times4}\\ &=\left(x+\frac32\right)^2+\frac{-9+4}{4}\\ &=\boxed{\left(x+\frac32\right)^2-\frac54}. \end{aligned}\] On a \(\alpha=-\frac32\), \(\beta=-\frac54\). Développer fait réapparaître \(+\frac94-\frac54=\frac44=1\).

Exemple – coefficient dominant fractionnaire

Pour \(h(x)=\frac12x^2-3x+1\), \(-3x=\frac12(-6x)\), donc \[\begin{aligned} h(x)&=\frac12(x^2-6x)+1\\ &=\frac12[(x-3)^2-9]+1\\ &=\frac12(x-3)^2-\frac92+\frac{1\times2}{1\times2}\\ &=\boxed{\frac12(x-3)^2-\frac72}. \end{aligned}\] La compensation \(-9\) dans la parenthèse devient \(-\frac92\) après multiplication par \(\frac12\).

4.7 Pourquoi cette écriture existe-t-elle toujours ?

Théorème

Soit \(f(x)=ax^2+bx+c\) avec \(a\neq0\). Pour tout réel \(x\) : \[\boxed{f(x)=a\left(x+\frac{b}{2a}\right)^2+\frac{4ac-b^2}{4a}}.\] Ainsi \(\alpha=-\frac{b}{2a}\) et \(\beta=\frac{4ac-b^2}{4a}\) conviennent.

Démonstration détaillée de l’existence

Hypothèse : \(a\neq0\). But : transformer le trinôme en un carré multiplié par \(a\), plus une constante, sans changer sa valeur.

On factorise \(a\) dans les deux termes contenant \(x\) : \[ax^2+bx=a\times x^2+a\times\left(\frac ba x\right) =a\left(x^2+\frac ba x\right).\] Le nouveau coefficient de \(x\) est \(\frac ba\). Sa moitié vaut \[\frac ba\div2=\frac ba\times\frac12=\frac{b\times1}{a\times2}=\frac{b}{2a}.\] Ce dénominateur est non nul, puisque \(a\neq0\). Les quatre produits donnent : \[\begin{aligned} \left(x+\frac{b}{2a}\right)^2 &=x^2+x\frac{b}{2a}+\frac{b}{2a}x+\frac{b}{2a}\frac{b}{2a}\\ &=x^2+\frac{2bx}{2a}+\frac{b^2}{4a^2}\\ &=x^2+\frac ba x+\frac{b^2}{4a^2}. \end{aligned}\] On retire le terme ajouté : \[x^2+\frac ba x=\left(x+\frac{b}{2a}\right)^2-\frac{b^2}{4a^2}.\] On remplace dans le trinôme puis on distribue \(a\) : \[\begin{aligned} f(x)&=a\left[\left(x+\frac{b}{2a}\right)^2-\frac{b^2}{4a^2}\right]+c\\ &=a\left(x+\frac{b}{2a}\right)^2-\frac{ab^2}{4a^2}+c\\ &=a\left(x+\frac{b}{2a}\right)^2-\frac{b^2}{4a}+c. \end{aligned}\] Dans \(\frac{ab^2}{4a^2}\), le facteur \(a\neq0\) est commun à tout le numérateur et tout le dénominateur : \(\frac{a\,b^2}{a\,(4a)}=\frac{b^2}{4a}\).

Pour additionner \(-\frac{b^2}{4a}\) et \(c\), on écrit \[c=\frac c1=\frac{c\times4a}{1\times4a}=\frac{4ac}{4a}.\] Alors \[-\frac{b^2}{4a}+c=\frac{-b^2+4ac}{4a}=\frac{4ac-b^2}{4a}.\] On obtient la forme annoncée. Enfin, \[x+\frac{b}{2a}=x-\left(-\frac{b}{2a}\right),\] d’où \(\alpha=-\frac{b}{2a}\) et \(\beta=\frac{4ac-b^2}{4a}\). Toutes les transformations sont des identités sur \(\mathbb{R}\).

Remarque

La formule générale explique l’existence de cette écriture. Pour les calculs courants du parcours principal, on privilégie la complétion du carré dans des cas simples, plutôt qu’un remplacement mécanique de \(a,b,c\) dans une formule fractionnaire. Connaître la démonstration aide à reconstruire ce que l’on a oublié.

4.8 Pourquoi la forme canonique est-elle unique ?

Démonstration de l’unicité

Supposons que le même trinôme admette l’écriture \(a(x-\alpha)^2+\beta\). En développant : \[\begin{aligned} a(x-\alpha)^2+\beta &=a(x^2-\alpha x-\alpha x+\alpha^2)+\beta\\ &=ax^2-2a\alpha x+a\alpha^2+\beta. \end{aligned}\] Pour être égal à \(ax^2+bx+c\) pour tous les réels, le coefficient de \(x\) doit vérifier \(-2a\alpha=b\). Comme \(-2a\neq0\), on divise : \[\alpha=\frac b{-2a}=-\frac b{2a}.\] Cette valeur est imposée. Ensuite, remplacer \(x\) par cette valeur donne \[f(\alpha)=a(\alpha-\alpha)^2+\beta=a\times0^2+\beta=\beta.\] La valeur de \(\beta\) est donc imposée à son tour.

Pourquoi comparer les coefficients est-il légitime ici ? Après annulation des termes \(ax^2\), la différence des deux écritures est une expression affine \(Ux+V\) nulle pour tout \(x\). En \(x=0\), on obtient \(V=0\) ; en \(x=1\), on obtient \(U+V=0\), donc \(U=0\). Les coefficients coïncident bien. L’unicité n’est pas une simple observation sur quelques exemples de trinômes.

Le mot « canonique » désigne ici une forme standard privilégiée : une même fonction ne peut pas avoir deux couples différents \((\alpha;\beta)\).

4.9 Essai guidé, essai personnel et reprise

Essai guidé

Mettre \(p(x)=3x^2+12x+7\) sous forme canonique. Commencer par \(3(x^2+4x)+7\), puis compléter \(x^2+4x=(x+\ldots)^2-\ldots\).

Correction expliquée

La moitié de \(4\) est \(2\) et \(2^2=4\). Ainsi : \[\begin{aligned} p(x)&=3[(x+2)^2-4]+7\\ &=3(x+2)^2+3(-4)+7\\ &=3(x+2)^2-12+7\\ &=3(x+2)^2-5. \end{aligned}\] Contrôle : \(3(x^2+4x+4)-5=3x^2+12x+12-5=3x^2+12x+7\).

À toi – essaie avant de lire la correction

Mettre \(q(x)=-x^2-6x+4\) sous forme canonique. Expliquer le signe de la constante après distribution de \(-1\), puis contrôler par développement.

Correction expliquée

\[\begin{aligned} q(x)&=-(x^2+6x)+4\\ &=-[(x+3)^2-9]+4\\ &=-(x+3)^2+9+4\\ &=-(x+3)^2+13. \end{aligned}\] Le produit \((-1)\times(-9)\) vaut \(+9\). Contrôle : \(-(x^2+6x+9)+13=-x^2-6x-9+13=-x^2-6x+4\).

Réparer une compensation oubliée

L’écriture \(2x^2+8x+3=2(x+2)^2+3\) ajoute en réalité \(2\times4=8\). La bonne ligne est \(x^2+4x=(x+2)^2-4\) ; ainsi \(2x^2+8x+3=2(x+2)^2-8+3=2(x+2)^2-5\).

Plus simple : \(x^2+2x=(x+1)^2-1\). Nouvel essai : \(x^2-2x+4\). Sa correction est \((x-1)^2-1+4=(x-1)^2+3\). Revenir à \(2x^2+8x+3\) et vérifier que la compensation \(-4\) a bien été multipliée par \(2\).

À reprendre plus tard

À reprendre sans modèle : \(r(x)=2x^2-6x+1\). Donner sa forme canonique et prouver qu’elle redonne le trinôme initial.

Correction expliquée

\[\begin{aligned} r(x)&=2(x^2-3x)+1\\ &=2\left[\left(x-\frac32\right)^2-\frac94\right]+1\\ &=2\left(x-\frac32\right)^2-\frac{18}{4}+\frac44\\ &=2\left(x-\frac32\right)^2-\frac72. \end{aligned}\] Contrôle : \(2(x^2-3x+\frac94)-\frac72=2x^2-6x+\frac92-\frac72=2x^2-6x+1\).

Pour vérifier ta démarche : Je sais expliquer la moitié du coefficient, conserver la compensation, distribuer le coefficient extérieur et contrôler l’identité entière.

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5. Sommet, axe et variations : construire et lire les tableaux

Objectif. Passer d’une expression à une évolution des valeurs, puis à un tableau de variations utilisable.

Le vocabulaire à utiliser

Un minimum \(m\) est une valeur atteinte par la fonction, telle que toutes les autres valeurs soient supérieures ou égales à \(m\) sur le domaine étudié. Pour un maximum \(M\), toutes les valeurs sont inférieures ou égales à \(M\). Le sommet d’une parabole est le point où se trouve sa valeur extrême. Il possède deux coordonnées : une abscisse et une ordonnée. La droite d’axe a une équation, pas des coordonnées de point.

Dans cette section, on part de \(f(x)=a(x-\alpha)^2+\beta\) avec \(a\neq0\). Cette forme a été construite en section 4. L’égalité \((x-\alpha)^2\ge0\) et les variations de la fonction carré suffisent : on n’utilise pas de dérivée.

5.1 Pourquoi le sommet est-il \(S(\alpha;\beta)\) ?

Théorème

Sur \(\mathbb{R}\), le sommet est \(S(\alpha;\beta)\). Si \(a>0\), le minimum vaut \(\beta\) ; si \(a<0\), le maximum vaut \(\beta\). Dans les deux cas, il est atteint uniquement pour \(x=\alpha\).

Démonstration – un carré est positif ou nul

Pour tout réel \(x\), \((x-\alpha)^2\ge0\). Si \(a>0\), multiplier par \(a\) conserve le sens : \[a(x-\alpha)^2\ge0.\] Ajouter \(\beta\) dans les deux membres donne \[a(x-\alpha)^2+\beta\ge\beta,\quad\text{c'est-à-dire}\quad f(x)\ge\beta.\] À \(x=\alpha\), on a \(f(\alpha)=a(\alpha-\alpha)^2+\beta=\beta\). La borne est donc réellement atteinte : c’est le minimum.

Si \(a<0\), multiplier le carré par \(a\) inverse l’inégalité : \(a(x-\alpha)^2\le0\), puis \(f(x)\le\beta\). L’égalité a encore lieu à \(x=\alpha\) : \(\beta\) est le maximum.

Dans les deux cas, l’égalité impose \(a(x-\alpha)^2=0\). Puisque \(a\neq0\), cela équivaut à \((x-\alpha)^2=0\), donc à \(x=\alpha\). Le point extrême est ainsi \((\alpha;\beta)\).

Piège / erreur fréquente

Le minimum de \(2(x+1)^2-18\) est le nombre \(-18\), atteint pour l’abscisse \(-1\). Le sommet est le point \((-1;-18)\). Ces trois réponses ne sont pas interchangeables.

5.2 Pourquoi l’axe de symétrie est-il \(x=\alpha\) ?

Démonstration – deux abscisses équidistantes

Prendre deux abscisses \(\alpha-h\) et \(\alpha+h\), avec \(h\) réel, revient à se placer de part et d’autre de \(\alpha\) à la même distance. \[\begin{aligned} f(\alpha-h)&=a[(\alpha-h)-\alpha]^2+\beta\\ &=a(-h)^2+\beta\\ &=ah^2+\beta,\\ f(\alpha+h)&=a[(\alpha+h)-\alpha]^2+\beta\\ &=ah^2+\beta. \end{aligned}\] Les deux points ont la même ordonnée et des abscisses symétriques. La droite \(x=\alpha\) est donc un axe de symétrie de la courbe.

La fonction n’est pas forcément paire : une fonction paire vérifie \(f(-x)=f(x)\) et possède une symétrie par rapport à \(x=0\). Pour un trinôme, \(f(x)-f(-x)=2bx\) ; il est pair exactement lorsque \(b=0\), donc lorsque \(\alpha=0\). Recentrer la variable en \(\alpha\) donne toujours \(f(\alpha+h)=ah^2+\beta\), expression paire en \(h\).

5.3 Démontrer les variations dans les deux cas

Ce que signifie « strictement croissante »

Sur un intervalle \(I\), \(f\) est strictement croissante si, pour deux nombres \(u<v\) de \(I\), on a \(f(u)<f(v)\). Elle est strictement décroissante si \(u<v\) entraîne \(f(u)>f(v)\). On compare donc deux images, pas une image et zéro.

Démonstration – cas \(a>0\)

Avant \(\alpha\). Soient \(u<v\le\alpha\). On soustrait \(\alpha\) : \(u-\alpha<v-\alpha\le0\). Sur les nombres négatifs, la fonction carré est strictement décroissante, donc \[(u-\alpha)^2>(v-\alpha)^2.\] La multiplication par \(a>0\) conserve ce sens, puis l’addition de \(\beta\) aussi : \[a(u-\alpha)^2+\beta>a(v-\alpha)^2+\beta,\quad\text{soit }f(u)>f(v).\] Ainsi \(f\) est strictement décroissante sur \(]-\infty;\alpha]\).

Après \(\alpha\). Soient \(\alpha\le u<v\). On a \(0\le u-\alpha<v-\alpha\). Le carré est strictement croissant sur les positifs, d’où \[(u-\alpha)^2<(v-\alpha)^2.\] Multiplier par \(a>0\) puis ajouter \(\beta\) donne \(f(u)<f(v)\). La fonction est strictement croissante sur \([\alpha;+\infty[\).

Démonstration – cas \(a<0\), sans « même raisonnement » implicite

Avant \(\alpha\), on retrouve \((u-\alpha)^2>(v-\alpha)^2\) lorsque \(u<v\le\alpha\). Cette fois, multiplier par \(a<0\) renverse le sens : \(a(u-\alpha)^2<a(v-\alpha)^2\). Ajouter \(\beta\) donne \(f(u)<f(v)\) : \(f\) est croissante avant \(\alpha\).

Après \(\alpha\), \((u-\alpha)^2<(v-\alpha)^2\) pour \(\alpha\le u<v\). Multiplier par \(a<0\) donne \(a(u-\alpha)^2>a(v-\alpha)^2\). Après ajout de \(\beta\), \(f(u)>f(v)\) : \(f\) est décroissante après \(\alpha\).

5.4 Les deux tableaux généraux

Pour \(a>0\), la valeur \(\beta\) est le minimum :

\(x\)\(f(x)\)\(-\infty\)\(+\infty\)\(\alpha\)\(\beta\)\(+\infty\)\(+\infty\)

Pour \(a<0\), la valeur \(\beta\) est le maximum :

\(x\)\(f(x)\)\(-\infty\)\(-\infty\)\(\alpha\)\(\beta\)\(+\infty\)\(-\infty\)

Lecture des extrémités. Quand \(x\) s’éloigne de \(\alpha\), son écart au carré devient aussi grand qu’on le souhaite. Si \(a>0\), les images grandissent sans borne ; si \(a<0\), elles deviennent de plus en plus négatives. Les symboles \(\pm\infty\) décrivent ce comportement, pas des valeurs atteintes.

5.5 Construire un tableau : ne pas commencer par les flèches

Méthode – tableau de variations d’un trinôme

1. Domaine. Écrire l’intervalle sur lequel on travaille. 2. Abscisse particulière. Trouver \(\alpha\) par la forme canonique, ou par \(\alpha=-\frac b{2a}\) lorsque la forme développée est donnée. 3. Valeur particulière. Calculer \(\beta=f(\alpha)\). 4. Sens. Lire le signe de \(a\), non celui de \(\beta\). 5. Bornes. Calculer les images des bornes finies ; garder seulement les parties du tableau situées dans le domaine. 6. Tableau et phrase. Placer d’abord les nombres puis les flèches et rédiger les intervalles de monotonie et l’extremum.

Exemple complet – depuis la forme développée

Soit \(f(x)=2x^2+8x+3\), sur \(\mathbb{R}\). \[\begin{aligned} f(x)&=2(x^2+4x)+3\\ &=2[(x+2)^2-4]+3\\ &=2(x+2)^2-8+3\\ &=2(x+2)^2-5. \end{aligned}\] On lit \(a=2>0\), \(\alpha=-2\), \(\beta=-5\). Contrôle direct de la valeur : \[f(-2)=2\times(-2)^2+8\times(-2)+3=8-16+3=-5.\]

\(x\)\(f(x)\)\(-\infty\)\(+\infty\)\(-2\)\(-5\)\(+\infty\)\(+\infty\)

La fonction décroît sur \(]-\infty;-2]\) puis croît sur \([-2;+\infty[\). Son minimum est \(-5\) ; elle n’a pas de maximum sur \(\mathbb{R}\). Le sommet est \((-2;-5)\) et l’axe a pour équation \(x=-2\).

5.6 Restreindre le domaine : le sommet est à l’intérieur

Étudier la même fonction sur \([-4;1]\) change les extrémités du tableau. L’abscisse \(-2\) appartient à cet intervalle. \[\begin{aligned} f(-4)&=2\times16+8\times(-4)+3=32-32+3=3,\\ f(1)&=2\times1+8\times1+3=13. \end{aligned}\]

\(x\)\(f(x)\)\(-4\)\(3\)\(-2\)\(-5\)\(1\)\(13\)

Le minimum reste \(-5\). Le maximum sur cet intervalle fermé est la plus grande des deux valeurs aux bornes : \(13\), atteint en \(1\). Ce maximum n’était pas présent sur \(\mathbb{R}\) : il vient de la restriction du domaine. Les hauteurs du tableau codent le sens des variations, elles ne sont pas une échelle graphique des ordonnées.

5.7 Restreindre le domaine : le sommet est à l’extérieur

Pour la même fonction sur \([0;3]\), toutes les abscisses sont à droite de \(-2\) : il ne reste que la partie croissante. Les images sont \(f(0)=3\) et \(f(3)=2\times9+8\times3+3=18+24+3=45\).

\(x\)\(f(x)\)\(0\)\(3\)\(3\)\(45\)

Sur \([0;3]\), le minimum vaut \(3\), atteint en \(0\), et le maximum \(45\), atteint en \(3\). Le nombre \(-5\) n’est pas le minimum sur ce domaine : il correspond à l’abscisse \(-2\), exclue du domaine étudié. Sur \([-6;-4]\), on est à gauche du sommet ; \(f(-6)=72-48+3=27\) et \(f(-4)=3\) :

\(x\)\(f(x)\)\(-6\)\(27\)\(-4\)\(3\)

Exemple – coefficient négatif et maximum

Soit \(g(x)=-x^2+6x+1\). \[g(x)=-(x^2-6x)+1=-[(x-3)^2-9]+1=-(x-3)^2+10.\] Ici \(a=-1<0\), \(\alpha=3\), \(\beta=10\). Sur \([0;5]\) : \(g(0)=1\) et \(g(5)=-25+30+1=6\).

\(x\)\(g(x)\)\(0\)\(1\)\(3\)\(10\)\(5\)\(6\)

Le maximum est \(10\), atteint en \(3\). Le minimum sur \([0;5]\) est \(1\), atteint en \(0\). Pour trouver un minimum sur un intervalle fermé quand le sommet est un maximum, on compare les deux bornes : on ne prend pas automatiquement la borne de droite.

5.8 Bornes ouvertes : une valeur approchée sans être atteinte

Sur \(]0;2[\), la fonction \(x\mapsto x^2\) est strictement croissante. Elle se rapproche de \(0\) quand \(x\) se rapproche de \(0\), et de \(4\) quand \(x\) se rapproche de \(2\), mais les bornes sont exclues.

\(x\)\(x^2\)\(0\)\(0^{*}\)\(2\)\(4^{*}\)

L’astérisque indique ici une valeur de l’expression à une borne exclue, non une valeur atteinte sur \(]0;2[\). Il n’y a ni minimum ni maximum sur cet intervalle : pour tout \(x\) autorisé, un nombre un peu plus petit a un carré plus petit, et un nombre un peu plus grand a un carré plus grand. On peut néanmoins écrire \(0<x^2<4\).

5.9 Comparer des images sans tout recalculer

Pour \(g(x)=-(x-3)^2+10\), comparer \(g(0)\) et \(g(2)\) ne demande pas de calculer leurs valeurs : \(0<2\le3\) et la fonction est croissante sur \(]-\infty;3]\), donc \(g(0)<g(2)\). Comparer \(g(4)\) et \(g(6)\) utilise la partie décroissante : \(3\le4<6\), donc \(g(4)>g(6)\).

De part et d’autre de \(3\), le seul sens de variation ne suffit pas. On compare les distances au sommet : \(0\) est à distance \(3\) et \(5\) à distance \(2\). Le carré de l’écart vaut \(9\) puis \(4\) ; après multiplication par \(-1\), \(-9<-4\), puis ajout de \(10\), \(g(0)<g(5)\). Pour \(-1\) et \(7\), les distances sont toutes deux \(4\), donc \(g(-1)=g(7)=-16+10=-6\).

5.10 Même fonction, deux questions : signe ou variation ?

Pour \(p(x)=(x-1)^2-4\), le sommet est \((1;-4)\) ; les variations se lisent :

\(x\)\(p(x)\)\(-\infty\)\(+\infty\)\(1\)\(-4\)\(+\infty\)\(+\infty\)

Pour son signe, on factorise : \((x-1)^2-2^2=(x-3)(x+1)\). Les zéros \(-1\) et \(3\) ne sont pas l’abscisse \(1\) du sommet. Le signe du produit donne :

\(x\)\(-\infty\)\(-1\)\(3\)\(+\infty\)\(p(x)\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)

Sur \(]-1;1[\), \(p\) est négative et décroissante. Sur \(]1;3[\), elle est négative et croissante. Les zéros coupent le tableau de signes ; le sommet sépare les deux sens de variation.

5.11 Construire soi-même puis vérifier

Essai guidé

Pour \(h(x)=3x^2-12x+7\), construire le tableau de variations sur \([-1;4]\). Indices : mettre \(3\) en facteur, compléter \(x^2-4x\) puis calculer \(h(-1)\) et \(h(4)\).

Correction expliquée

\[\begin{aligned} h(x)&=3(x^2-4x)+7\\ &=3[(x-2)^2-4]+7\\ &=3(x-2)^2-12+7\\ &=3(x-2)^2-5. \end{aligned}\] \(a=3>0\), donc la fonction décroît jusqu’à \(2\), puis croît. \(2\in[-1;4]\). \[h(-1)=3\times1-12\times(-1)+7=22,\qquad h(4)=48-48+7=7.\]

\(x\)\(h(x)\)\(-1\)\(22\)\(2\)\(-5\)\(4\)\(7\)

Le minimum est \(-5\), le maximum \(22\). Le critère décisif pour le sens de variation est \(a>0\), pas le signe de \(h(-1)\) ni celui de \(\beta\).

À toi – essaie avant de lire la correction

Étudier \(q(x)=-2x^2-4x+6\) sur \([-3;2]\) : forme canonique, sommet, tableau et extrema sur l’intervalle. Expliquer pourquoi le minimum ne se trouve pas au sommet.

Correction expliquée

\[q(x)=-2(x^2+2x)+6=-2[(x+1)^2-1]+6=-2(x+1)^2+8.\] \(a=-2<0\) : le sommet \((-1;8)\) correspond à un maximum. Aux bornes, \[q(-3)=-2\times9-4\times(-3)+6=-18+12+6=0,\] \[q(2)=-2\times4-8+6=-8-8+6=-10.\]

\(x\)\(q(x)\)\(-3\)\(0\)\(-1\)\(8\)\(2\)\(-10\)

Le maximum est \(8\), atteint en \(-1\). Le minimum est \(-10\), atteint en \(2\) : on compare les deux valeurs aux bornes d’un domaine fermé.

Réparer la confusion entre \(\alpha\) et \(\beta\)

Une copie affirme que \(3(x+2)^2-5\) a pour sommet \((2;5)\). La première erreur est la lecture des signes dans \(x-\alpha\) : \(x+2=x-(-2)\), donc \(\alpha=-2\), tandis que la constante extérieure est \(\beta=-5\). Plus simple : \((x-1)^2+4\) possède le sommet \((1;4)\). Nouvel essai : \(-2(x+3)^2-1\) possède le sommet \((-3;-1)\) ; le coefficient négatif en fait un maximum. Revenir à l’expression initiale : son sommet est \((-2;-5)\) et son extremum est un minimum.

À reprendre plus tard

Reprendre à une autre séance \(r(x)=-(x-2)^2+9\) sur \([-1;4]\). Construire le tableau, donner ses extrema et comparer \(r(1)\) et \(r(3)\) sans développer.

Correction expliquée

\(a=-1\), \(\alpha=2\), \(\beta=9\). La fonction croît puis décroît. \(r(-1)=-(-3)^2+9=0\) ; \(r(4)=-(2)^2+9=5\). Le maximum est \(9\), atteint en \(2\), et le minimum \(0\), atteint en \(-1\). Les nombres \(1\) et \(3\) sont à distance \(1\) de \(2\), donc \(r(1)=r(3)=8\).

\(x\)\(r(x)\)\(-1\)\(0\)\(2\)\(9\)\(4\)\(5\)

Pour vérifier ta démarche : Je place les abscisses et calcule les valeurs avant les flèches ; je tiens compte du domaine, des bornes exclues et du signe de \(a\).

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6. Discriminant et résolution générale : le lien avec la forme canonique

Objectif. Comprendre d’où vient le discriminant, puis résoudre sans sauter les substitutions ni les simplifications.

On travaille dans \(\mathbb{R}\) et on considère \(f(x)=ax^2+bx+c\) avec \(a\neq0\). Les méthodes directes de la section 3 restent prioritaires lorsqu’elles sont visibles. La méthode générale sert quand ces raccourcis ne se présentent pas, et permet de justifier le nombre de solutions.

6.1 Le discriminant n’apparaît pas de nulle part

La forme canonique démontrée en section 4 est \[f(x)=a\left(x+\frac b{2a}\right)^2+\frac{4ac-b^2}{4a}.\] L’expression \(b^2-4ac\) revient dans la constante et dans les équations. On lui donne un nom :

Définition

Le discriminant de \(ax^2+bx+c\) est le réel \[\boxed{\Delta=b^2-4ac}.\] La lettre grecque \(\Delta\) se lit « delta ». C’est un nombre calculé à partir des coefficients, pas une fonction de \(x\).

Puisque \(4ac-b^2=-(b^2-4ac)=-\Delta\) : \[\boxed{\beta=-\frac{\Delta}{4a}},\qquad \boxed{f(x)=a\left(x+\frac b{2a}\right)^2-\frac{\Delta}{4a}}.\] Ainsi \(\Delta\) et \(a\) déterminent ensemble l’ordonnée du sommet. Le discriminant n’est pas lui-même cette ordonnée : il faut diviser par \(-4a\).

6.2 Démonstration complète de la résolution

Du carré de la forme canonique aux solutions

Hypothèses : \(a,b,c\) sont réels et \(a\neq0\). But : résoudre \(ax^2+bx+c=0\) dans \(\mathbb{R}\). À partir de la forme canonique, on a : \[a\left(x+\frac b{2a}\right)^2-\frac\Delta{4a}=0.\] On ajoute \(\frac\Delta{4a}\) dans les deux membres : \[a\left(x+\frac b{2a}\right)^2-\frac\Delta{4a}+\frac\Delta{4a} =0+\frac\Delta{4a},\] \[a\left(x+\frac b{2a}\right)^2=\frac\Delta{4a}.\] Comme \(4a\neq0\), multiplier les deux membres par \(4a\) est réversible : \[4a\times a\left(x+\frac b{2a}\right)^2=4a\times\frac\Delta{4a},\] \[4a^2\left(x+\frac b{2a}\right)^2=\Delta.\] Or \(4a^2=(2a)^2\) ; le membre de gauche est le carré du produit \(2a\left(x+\frac b{2a}\right)\). Ce produit vaut \(2ax+b\) car \(2a\times\frac b{2a}=b\). Ainsi : \[\boxed{ax^2+bx+c=0\iff(2ax+b)^2=\Delta}.\] On n’a pas divisé par \(x\). Aucune valeur de \(x\) n’a été écartée.

Premier cas : \(\Delta<0\). Un carré réel ne peut pas être négatif. Aucune solution réelle : \(\mathcal S=\varnothing\).

Deuxième cas : \(\Delta=0\). Le carré est nul exactement lorsque son contenu est nul : \[2ax+b=0,\qquad 2ax+b-b=0-b,\qquad 2ax=-b.\] On divise par \(2a\neq0\) : \[\frac{2ax}{2a}=\frac{-b}{2a},\qquad \boxed{x_0=-\frac b{2a}}.\] Il existe une seule valeur solution ; on parlera de racine double car l’expression se factorise par le carré d’un même facteur.

Troisième cas : \(\Delta>0\). L’équation carré donne deux possibilités : \[2ax+b=\sqrt\Delta\quad\text{ou}\quad2ax+b=-\sqrt\Delta.\] En soustrayant \(b\) puis en divisant chaque égalité par \(2a\neq0\) : \[\boxed{x=\frac{-b+\sqrt\Delta}{2a}\quad\text{ou}\quad x=\frac{-b-\sqrt\Delta}{2a}}.\] Les deux valeurs sont distinctes car \(\sqrt\Delta>0\) et \(2a\neq0\). Toutes les étapes sont réversibles : ce sont exactement les solutions.

Résultat à utiliser

Pour \(ax^2+bx+c=0\), avec \(a\neq0\) : \[\begin{array}{c|l} \Delta<0&\mathcal S=\varnothing\\[2mm] \Delta=0&\mathcal S=\left\{-\dfrac b{2a}\right\}\\[3mm] \Delta>0&\mathcal S=\left\{\dfrac{-b-\sqrt\Delta}{2a};\dfrac{-b+\sqrt\Delta}{2a}\right\}. \end{array}\] Pour un tableau, ranger ensuite les solutions dans l’ordre croissant : le signe « moins » dans la première formule ne garantit pas la plus petite valeur lorsque \(a<0\).

6.3 La procédure de calcul, avec ses points sensibles

Méthode

Ramener à zéro. Identifier les coefficients après avoir tout placé dans le même membre. Vérifier le degré. \(a\) doit être non nul. Substituer. Écrire \(\Delta=b^2-4ac\), puis remplacer les trois lettres avec leurs signes et leurs parenthèses. Choisir le cas. Ne pas écrire \(\sqrt\Delta\) dans \(\mathbb{R}\) avant d’avoir vérifié \(\Delta\ge0\). Calculer. Déterminer séparément \(-b\), \(2a\) et éventuellement \(\sqrt\Delta\). Simplifier. Simplifier tout le numérateur et tout le dénominateur, pas un seul terme d’une somme. Conclure et contrôler. Donner l’ensemble des solutions, puis vérifier une substitution ou une factorisation.

6.4 Deux racines rationnelles : tous les calculs

Exemple – \(3x^2+5x-2=0\)

Les coefficients sont \(a=3\), \(b=5\), \(c=-2\). \[\begin{aligned} \Delta&=5^2-4\times3\times(-2)\\ &=25-12\times(-2)\\ &=25-(-24)\\ &=25+24=49. \end{aligned}\] Puis \(\sqrt\Delta=7\), \(-b=-5\) et \(2a=6\). \[\begin{aligned} x_1&=\frac{-5-7}{6}=\frac{-12}{6}=-2,\\ x_2&=\frac{-5+7}{6}=\frac2{6}=\frac13. \end{aligned}\] Donc \(\mathcal S=\{-2;\frac13\}\). Contrôle de \(-2\) : \(3(-2)^2+5(-2)-2=12-10-2=0\). Contrôle de \(\frac13\) : \[3\left(\frac13\right)^2+5\times\frac13-2 =\frac39+\frac53-\frac63 =\frac13+\frac53-\frac63=0.\] Les substitutions confirment les deux valeurs ; la procédure prouvée explique qu’il n’y en a pas d’autres.

6.5 Deux racines irrationnelles : simplifier une racine puis une fraction

Exemple – \(3x^2-2x-2=0\)

\(a=3\), \(b=-2\), \(c=-2\) : \[\Delta=(-2)^2-4\times3\times(-2)=4-(-24)=28>0.\] Puis \(\sqrt{28}=\sqrt{4\times7}=2\sqrt7\), \(-b=2\) et \(2a=6\). \[\begin{aligned} x_-&=\frac{2-2\sqrt7}{6} =\frac{2(1-\sqrt7)}{2\times3} =\frac{1-\sqrt7}{3},\\ x_+&=\frac{2+2\sqrt7}{6} =\frac{2(1+\sqrt7)}{2\times3} =\frac{1+\sqrt7}{3}. \end{aligned}\] La simplification par \(2\) est possible car \(2\) est facteur du numérateur entier. On garde ces valeurs exactes. Pour contrôler \(x_+\) sans décimales, poser \(u=\sqrt7\) : \[\begin{aligned} 3\left(\frac{1+u}{3}\right)^2-2\frac{1+u}{3}-2 &=\frac{1+2u+u^2}{3}-\frac{2+2u}{3}-\frac63\\ &=\frac{1+2u+7-2-2u-6}{3}=0. \end{aligned}\] Le même calcul avec \(-u\) confirme l’autre valeur.

6.6 Discriminant nul : une seule valeur solution

Exemple – \(9x^2+12x+4=0\)

\[\Delta=12^2-4\times9\times4=144-144=0.\] Ainsi \[x_0=-\frac{12}{2\times9}=-\frac{12}{18}=-\frac23.\] Contrôle par structure : \((3x+2)^2=9x^2+6x+6x+4=9x^2+12x+4\). L’équation \((3x+2)^2=0\) donne \(3x+2=0\), donc \(x=-\frac23\). Dire « racine double » ne signifie pas deux nombres différents : le facteur \(x+\frac23\) apparaît deux fois dans \(9(x+\frac23)^2\).

6.7 Discriminant négatif : expliquer l’impossibilité

Exemple – \(2x^2+2x+3=0\)

\[\Delta=2^2-4\times2\times3=4-24=-20<0.\] Aucune solution réelle. Un contrôle par la forme canonique éclaire la situation : \[\begin{aligned} 2x^2+2x+3 &=2(x^2+x)+3\\ &=2\left[\left(x+\frac12\right)^2-\frac14\right]+3\\ &=2\left(x+\frac12\right)^2-\frac12+\frac62\\ &=2\left(x+\frac12\right)^2+\frac52. \end{aligned}\] Le carré est positif ou nul et \(\frac52>0\) : toute l’expression est strictement positive. Elle ne peut pas valoir zéro.

6.8 Coefficient dominant négatif : ranger les résultats

Exemple – \(-2x^2-3x+2=0\)

\[\Delta=(-3)^2-4\times(-2)\times2=9-(-16)=25.\] Ici \(-b=3\) et \(2a=-4\). \[\frac{-b-\sqrt\Delta}{2a}=\frac{3-5}{-4}=\frac{-2}{-4}=\frac12,\] \[\frac{-b+\sqrt\Delta}{2a}=\frac{3+5}{-4}=\frac8{-4}=-2.\] La valeur obtenue avec « moins \(\sqrt\Delta\) » est ici la plus grande. On range donc \(-2<\frac12\) pour les futures lignes de tableaux. Contrôle de \(\frac12\) : \(-2\times\frac14-3\times\frac12+2=-\frac12-\frac32+\frac42=0\).

6.9 Fractions dans l’équation : deux méthodes comparées

Exemple – \(\frac12x^2-\frac34x-\frac12=0\)

Méthode conseillée : supprimer les dénominateurs constants. On multiplie tous les termes et le membre de droite par \(4\neq0\) : \[4\times\frac12x^2-4\times\frac34x-4\times\frac12=4\times0,\] \[2x^2-3x-2=0.\] Alors \(\Delta=(-3)^2-4\times2\times(-2)=9+16=25\), d’où \[x_-=\frac{3-5}{4}=\frac{-2}{4}=-\frac12,\qquad x_+=\frac{3+5}{4}=\frac84=2.\]

Même équation – calculer avec les fractions

Autre méthode : garder les coefficients initiaux. Pour \(\frac12x^2-\frac34x-\frac12=0\), on a \(a=\frac12\), \(b=-\frac34\) et \(c=-\frac12\) : \[\begin{aligned} \Delta&=\left(-\frac34\right)^2-4\times\frac12\times\left(-\frac12\right)\\ &=\frac9{16}-(-1)\\ &=\frac9{16}+\frac{16}{16}=\frac{25}{16}. \end{aligned}\] Ainsi \(\sqrt\Delta=\frac54\), \(-b=\frac34\) et \(2a=1\). Les solutions sont \[\frac{\frac34-\frac54}{1}=-\frac24=-\frac12,\qquad \frac{\frac34+\frac54}{1}=\frac84=2.\] Les deux méthodes concordent ; la première limite le nombre de calculs fractionnaires.

Pourquoi le changement d’échelle ne change-t-il pas les solutions ?

Multiplier \(ax^2+bx+c=0\) par un réel \(\lambda\neq0\) est réversible. Le nouveau discriminant vaut \[(\lambda b)^2-4(\lambda a)(\lambda c) =\lambda^2b^2-4\lambda^2ac =\lambda^2(b^2-4ac)=\lambda^2\Delta.\] Il n’est pas forcément égal à l’ancien, mais son signe est le même puisque \(\lambda^2>0\). Les racines restent les mêmes ; un discriminant n’est pas une information indépendante de la présentation de l’équation.

6.10 Six lectures graphiques, pas seulement trois formules

L’axe horizontal représente l’ordonnée zéro. Deux intersections correspondent à deux racines ; un contact au sommet correspond à une racine double ; aucune intersection signifie aucune racine réelle. Les six exemples suivants séparent le signe de \(a\) et le signe de \(\Delta\).

\(x^2-1\) : \(a>0\), \(\Delta>0\)

\(-x^2+1\) : \(a<0\), \(\Delta>0\)

\(x^2\) : \(a>0\), \(\Delta=0\)

\(-x^2\) : \(a<0\), \(\Delta=0\)

\(x^2+1\) : \(a>0\), \(\Delta<0\)

\(-x^2-1\) : \(a<0\), \(\Delta<0\)

Pour \(\Delta>0\), les courbes coupent l’axe en \(-1\) et \(1\), qu’elles s’ouvrent vers le haut ou le bas. Pour \(\Delta=0\), le seul point de contact est \((0;0)\). Pour \(\Delta<0\), la première courbe reste au-dessus de l’axe, la seconde au-dessous. Le signe de \(\Delta\) compte les racines ; le signe de \(a\) oriente la parabole.

6.11 S’entraîner et justifier le choix du cas

Essai guidé

Résoudre \(2x^2-3x-2=0\). Compléter d’abord \(a=\ldots\), \(b=\ldots\), \(c=\ldots\), puis la substitution dans \(b^2-4ac\). Vérifier une solution.

Correction expliquée

\(a=2\), \(b=-3\), \(c=-2\). Alors \(\Delta=(-3)^2-4\times2\times(-2)=9-(-16)=25\). \(-b=3\), \(2a=4\), \(\sqrt\Delta=5\). On calcule les deux numérateurs avant de simplifier : \[x_1=\frac{3-5}{4}=\frac{-2}{4}=-\frac12, \qquad x_2=\frac{3+5}{4}=\frac84=2.\] La vérification pour \(2\) donne \(2\times4-3\times2-2=8-6-2=0\).

À toi – essaie avant de lire la correction

Résoudre séparément \(x^2-4x+4=0\), \(x^2-2x+3=0\) et \(x^2-x-1=0\). Pour chaque équation, justifier le nombre de solutions avant de les calculer.

Correction expliquée

Première : \(\Delta=(-4)^2-4\times1\times4=16-16=0\). Une seule valeur : \(x_0=\dfrac{-(-4)}{2\times1}=\dfrac42=2\). Contrôle : \(4-8+4=0\).

Seconde : \(\Delta=(-2)^2-4\times1\times3=4-12=-8<0\). Aucune solution réelle. On peut aussi écrire \((x-1)^2+2>0\).

Troisième : \(\Delta=(-1)^2-4\times1\times(-1)=1+4=5>0\). Deux solutions distinctes : \[\boxed{x_-=\frac{1-\sqrt5}{2},\qquad x_+=\frac{1+\sqrt5}{2}}.\] Pour vérifier \(x_+\), \(x_+^2=(1+2\sqrt5+5)/4=(3+\sqrt5)/2\) ; puis \(x_+^2-x_+-1=(3+\sqrt5-1-\sqrt5-2)/2=0\).

Réparer un calcul de discriminant

Une copie écrit, pour \(2x^2-3x-2\), \(\Delta=-3^2-4\times2\times(-2)=7\). La première erreur est \(b^2\) : avec \(b=-3\), on doit écrire \((-3)^2=9\), pas \(-3^2=-9\). Plus simple : \((-2)^2=4\) alors que \(-2^2=-4\). Nouvel essai : le discriminant de \(x^2-5x+6\) vaut \((-5)^2-4\times1\times6=25-24=1\). Reprendre le calcul initial : \(9+16=25\).

À reprendre plus tard

Reprendre sans modèle \(2x^2+x-4=0\). Expliquer pourquoi les solutions ne doivent pas être arrondies si l’énoncé demande des valeurs exactes.

Correction expliquée

\(\Delta=1^2-4\times2\times(-4)=1+32=33>0\). On obtient \[\mathcal S=\left\{\frac{-1-\sqrt{33}}4;\frac{-1+\sqrt{33}}4\right\}.\] \(33\) ne contient aucun facteur carré entier supérieur à \(1\) ; les racines restent sous cette forme. Une décimale arrondie ne donnerait qu’une approximation et s’écrirait avec \(\approx\), pas avec une égalité exacte.

Pour vérifier ta démarche : Je connais l’origine de \(\Delta\), j’écris les coefficients avec leurs signes, je choisis le bon cas et je simplifie la fraction entière.

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7. Factoriser, exploiter une racine et utiliser somme-produit

7.1 Théorème de factorisation selon le discriminant

Théorème

Pour \(f(x)=ax^2+bx+c\), \(a\neq0\) :

  • si \(\Delta>0\), avec racines \(x_1,x_2\) : \[\boxed{f(x)=a(x-x_1)(x-x_2)};\]

  • si \(\Delta=0\), avec racine double \(x_0\) : \[\boxed{f(x)=a(x-x_0)^2};\]

  • si \(\Delta<0\), \(f\) ne se factorise pas en produit de deux facteurs du premier degré à coefficients réels.

Démonstration à partir de la forme canonique

On a \[f(x)=a\left[\left(x+\frac{b}{2a}\right)^2-\frac{\Delta}{4a^2}\right].\]

Si \(\Delta>0\), \[\frac{\Delta}{4a^2}=\left(\frac{\sqrt\Delta}{2a}\right)^2.\] On utilise \(U^2-V^2=(U-V)(U+V)\) : \[\begin{aligned} f(x) &=a\left(x+\frac{b}{2a}-\frac{\sqrt\Delta}{2a}\right) \left(x+\frac{b}{2a}+\frac{\sqrt\Delta}{2a}\right)\\ &=a\left(x-\frac{-b+\sqrt\Delta}{2a}\right) \left(x-\frac{-b-\sqrt\Delta}{2a}\right). \end{aligned}\] Ce sont précisément les deux racines.

Si \(\Delta=0\), \[f(x)=a\left(x+\frac{b}{2a}\right)^2=a(x-x_0)^2.\]

Si \(\Delta<0\), une factorisation réelle \(a(x-r_1)(x-r_2)\) fournirait deux racines réelles \(r_1,r_2\), ce qui est impossible. Donc il n’existe pas de telle factorisation dans \(\mathbb{R}\). Démonstration à comprendre.

7.2 Combien de racines au maximum ?

Théorème

Une fonction polynôme non nulle du second degré possède au plus deux racines réelles distinctes.

Démonstration

Si \(f\) possède deux racines distinctes \(r_1,r_2\), alors \[f(x)=a(x-r_1)(x-r_2),\qquad a\neq0.\] Pour un troisième réel \(r_3\) distinct de \(r_1\) et \(r_2\) : \[f(r_3)=a(r_3-r_1)(r_3-r_2).\] Les trois facteurs sont non nuls, donc leur produit est non nul. Ainsi \(r_3\) ne peut pas être une troisième racine. Si \(f\) possède moins de deux racines, la conclusion est immédiate. Résultat démontré dans ce cours.

Toutes les fonctions ayant deux racines imposées

Si \(r\neq s\), les fonctions du second degré qui s’annulent en \(r\) et en \(s\) sont exactement les fonctions \[\boxed{f(x)=a(x-r)(x-s)},\qquad a\in\mathbb{R}\setminus\{0\}.\]

Démonstration des deux sens

Sens direct. Si \(f(r)=f(s)=0\) avec \(r\neq s\), la factorisation selon les racines donne \[f(x)=a(x-r)(x-s).\]

Sens réciproque. Si \(f(x)=a(x-r)(x-s)\) avec \(a\neq0\), alors \[f(r)=a(r-r)(r-s)=0\] et \[f(s)=a(s-r)(s-s)=0.\] Le coefficient dominant est \(a\neq0\), donc la fonction est bien du second degré. Résultat démontré dans ce cours.

7.3 Somme et produit des racines

Théorème

Si \(f(x)=ax^2+bx+c\) possède deux racines réelles \(x_1,x_2\) comptées avec multiplicité, alors \[\boxed{x_1+x_2=-\frac{b}{a}}, \qquad \boxed{x_1x_2=\frac{c}{a}}.\]

Démonstration par comparaison des coefficients

Comme \[f(x)=a(x-x_1)(x-x_2),\] on développe : \[\begin{aligned} f(x) &=a[x\times x+x\times(-x_2)+(-x_1)\times x+(-x_1)\times(-x_2)]\\ &=a[x^2-x_2x-x_1x+x_1x_2]\\ &=a[x^2-(x_1+x_2)x+x_1x_2]\\ &=ax^2-a(x_1+x_2)x+ax_1x_2. \end{aligned}\] En comparant avec \[ax^2+bx+c,\] on obtient \[-a(x_1+x_2)=b \quad\text{et}\quad ax_1x_2=c.\] Comme \(a\neq0\), on peut diviser la première égalité par \(-a\) et la seconde par \(a\) : \[\frac{-a(x_1+x_2)}{-a}=\frac b{-a},\qquad \frac{ax_1x_2}{a}=\frac ca.\] Les coefficients à gauche se simplifient en \(1\) ; on obtient \[x_1+x_2=-\frac ba,\qquad x_1x_2=\frac ca.\] Résultat démontré dans ce cours.

Deuxième démonstration – directement depuis les racines

Lorsque \(\Delta>0\), les formules des racines donnent \[x_1=\frac{-b-\sqrt\Delta}{2a},\qquad x_2=\frac{-b+\sqrt\Delta}{2a}.\] Alors \[\begin{aligned} x_1+x_2 &=\frac{-b-\sqrt\Delta-b+\sqrt\Delta}{2a}\\ &=\frac{-2b}{2a}=-\frac ba. \end{aligned}\] Et \[\begin{aligned} x_1x_2 &=\frac{(-b-\sqrt\Delta)(-b+\sqrt\Delta)}{4a^2}\\ &=\frac{b^2-\Delta}{4a^2}\\ &=\frac{b^2-(b^2-4ac)}{4a^2}\\ &=\frac{4ac}{4a^2}=\frac ca. \end{aligned}\] Cette seconde voie confirme les formules ; la preuve par développement de la forme factorisée reste la plus structurante.

Question d’élève

Pourquoi ces formules restent-elles vraies pour une racine double ?

Réponse

Si \(x_1=x_2=x_0\), on compte la racine deux fois : \[x_1+x_2=2x_0, \qquad x_1x_2=x_0^2.\] La factorisation \(a(x-x_0)^2\) donne les mêmes comparaisons de coefficients.

7.4 Méthode – reconstruire les facteurs après le discriminant

Méthode

Après avoir trouvé deux racines \(r_1,r_2\), écrire \(a(x-r_1)(x-r_2)\) en conservant le coefficient \(a\) de l’expression initiale. Si la racine est double \(r\), écrire \(a(x-r)^2\). Transformer les signes des parenthèses avec soin : une racine \(-2\) donne le facteur \(x-(-2)=x+2\). Un contrôle par développement doit redonner les trois coefficients, pas seulement les zéros.

Exemple – une racine fractionnaire et le coefficient extérieur

Pour \(f(x)=3x^2+5x-2\), les racines sont \(-2\) et \(\frac13\). Donc \[f(x)=3(x+2)\left(x-\frac13\right).\] On peut placer le facteur \(3\) dans la seconde parenthèse : \[3\left(x-\frac13\right)=3x-\frac33=3x-1.\] Ainsi \(\boxed{f(x)=(x+2)(3x-1)}\). \[(x+2)(3x-1)=x(3x)+x(-1)+2(3x)+2(-1) =3x^2-x+6x-2=3x^2+5x-2.\] Écrire seulement \((x+2)(x-\frac13)\) aurait donné les mêmes racines, mais le coefficient dominant \(1\) au lieu de \(3\) : ce ne serait pas la même fonction.

Exemple – racine double et coefficient négatif

\(P(x)=-3x^2+12x-12=-3(x^2-4x+4)=-3(x-2)^2\). Le discriminant confirme le carré : \(12^2-4\times(-3)\times(-12)=144-144=0\). La valeur \(2\) est la seule racine, comptée deux fois. Le signe de \(P\) n’est pas positif sous prétexte qu’il y a un carré : le coefficient extérieur est négatif.

Pas de factorisation réelle en deux facteurs affines

Pour \(2x^2+x+1\), \(\Delta=1-8=-7<0\). Une écriture \((ux+v)(wx+t)\), avec \(u,w\) réels non nuls, fournirait des racines réelles \(-v/u\) et \(-t/w\), ce qui est impossible. On peut néanmoins mettre une constante en facteur, ou écrire une forme canonique. « Non factorisable sur \(\mathbb{R}\) » signifie ici non factorisable en deux facteurs affines non constants à coefficients réels, pas interdiction de toute réécriture.

7.5 Trouver une racine évidente, puis l’autre

Méthode

Tester quelques valeurs faciles lorsque les coefficients s’y prêtent : \(0\), \(1\), \(-1\), parfois \(2\) ou \(-2\). Ne pas prolonger indéfiniment des essais au hasard. Si \(r\) est une racine connue, l’autre racine \(s\) vérifie \[r+s=-\frac ba,\qquad rs=\frac ca.\] La somme donne toujours \(s=-\frac ba-r\). Le produit donne \(s=\frac c{ar}\) seulement si \(r\neq0\).

Exemple – \(2x^2+x-3\)

\(P(1)=2\times1^2+1-3=2+1-3=0\), donc \(r=1\). Le produit des racines vaut \(\frac ca=-\frac32\) : \(1\times s=-\frac32\), donc \(s=-\frac32\). \[P(x)=2(x-1)\left(x+\frac32\right)=(x-1)(2x+3).\] Vérification des coefficients : \[(x-1)(2x+3)=2x^2+3x-2x-3=2x^2+x-3.\] Vérification avec la somme : \(1-\frac32=\frac22-\frac32=-\frac12=-\frac ba\).

Exemple – quand la racine évidente est nulle

Pour \(Q(x)=4x^2-6x\), on a \(Q(0)=0\). Le produit \(0\times s=0\) ne permet pas de déterminer \(s\) : toute valeur satisferait cette égalité. La somme vaut \(-\frac ba=-\frac{-6}{4}=\frac32\). Ainsi \(0+s=\frac32\), donc \(s=\frac32\). On retrouve la factorisation directe : \(Q(x)=2x(2x-3)\), qui donne \(x=0\) ou \(x=\frac32\).

7.6 Détecter deux racines entières par leur somme et leur produit

Exemple – \(x^2-5x+6\)

On cherche deux nombres de somme \(5\) et de produit \(6\). Les paires entières positives dont le produit vaut \(6\) sont \((1,6)\) et \((2,3)\). Leurs sommes valent \(7\) et \(5\) : on retient \(2\) et \(3\). Ce repérage se transforme en preuve par développement : \[(x-2)(x-3)=x^2-3x-2x+6=x^2-5x+6.\] Les racines sont donc \(2\) et \(3\).

Exemple – produit négatif

Pour \(x^2+x-6\), la somme recherchée vaut \(-1\) et le produit \(-6\). Le produit négatif indique deux nombres de signes contraires. Les nombres \(-3\) et \(2\) ont somme \(-1\) et produit \(-6\) : \[(x+3)(x-2)=x^2-2x+3x-6=x^2+x-6.\] Un produit positif, au contraire, demande des nombres de même signe : leur somme indique alors lequel.

Piège / erreur fréquente

Ne pas trouver de paire entière n’établit pas l’absence de racines réelles. Pour \(x^2-2x-1\), on ne trouve pas de paire entière de somme \(2\) et produit \(-1\), mais \(\Delta=8>0\) donne les deux racines \(1-\sqrt2\) et \(1+\sqrt2\).

7.7 Ce que somme et produit permettent de prévoir

Quand les racines réelles existent : un produit négatif implique des signes contraires ; un produit positif implique le même signe, précisé par la somme ; un produit nul signifie qu’au moins une racine est nulle. La condition d’existence ne doit pas être oubliée : par exemple, annoncer « les racines de \(x^2+1\) ont produit \(1\) » sans préciser le travail dans \(\mathbb{R}\) ferait parler de racines réelles qui n’existent pas.

Essai guidé

\(Q(x)=3x^2-7x+2\) admet la racine \(2\). Trouver l’autre racine par le produit, puis vérifier avec la somme et par développement.

Correction expliquée

Le produit est \(\frac23\). Donc \(2s=\frac23\). Diviser les deux membres par \(2\) donne \[s=\frac23\div2=\frac23\times\frac12=\frac26=\frac13.\] La somme vaut \(2+\frac13=\frac63+\frac13=\frac73=-\frac{-7}{3}\). La factorisation est \(Q(x)=3(x-2)(x-\frac13)=(x-2)(3x-1)\). \[(x-2)(3x-1)=3x^2-x-6x+2=3x^2-7x+2.\]

À toi – essaie avant de lire la correction

Factoriser \(2x^2-7x+3\) après avoir vérifié que \(3\) est une racine. Puis expliquer pourquoi les expressions \(2(x-3)(x-\frac12)\) et \((x-3)(2x-1)\) sont égales.

Correction expliquée

Pour \(x=3\), \(2\times9-7\times3+3=18-21+3=0\). Si l’autre racine est \(s\), \(3s=\frac32\), donc \(s=\frac32\times\frac13=\frac12\). On écrit \(2(x-3)(x-\frac12)\). Distribuer \(2\) dans le dernier facteur donne \(2x-1\) ; on obtient \((x-3)(2x-1)\). Le développement est \(2x^2-x-6x+3=2x^2-7x+3\).

Réparer un coefficient dominant oublié

Une copie factorise \(2x^2-2\) en \((x-1)(x+1)\). Les racines sont correctes mais le redéveloppement donne \(x^2-1\), pas l’expression initiale. Plus simple : \(2A-2B=2(A-B)\). Ici \(2x^2-2=2(x^2-1)=2(x-1)(x+1)\). Nouvel essai : factoriser \(3x^2-12\). La correction est \(3(x^2-4)=3(x-2)(x+2)\). Le facteur \(3\) est conservé jusqu’au bout.

À reprendre plus tard

Reprendre \(P(x)=2x^2-5x+2\). Tester \(2\), trouver l’autre racine, puis factoriser et vérifier les coefficients.

Correction expliquée

\(P(2)=8-10+2=0\). Le produit des racines vaut \(2/2=1\), donc \(2s=1\) et \(s=\frac12\). \(P(x)=2(x-2)(x-\frac12)=(x-2)(2x-1)\). Le développement \(2x^2-x-4x+2=2x^2-5x+2\) confirme le résultat.

Pour vérifier ta démarche : Je conserve le coefficient dominant, je distingue racines et facteurs, et je choisis somme ou produit en vérifiant les divisions autorisées.

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8. Signe d'un trinôme et inéquations : construire chaque tableau

Objectif. Déterminer les signes, les représenter correctement et en déduire un ensemble de solutions.

Le signe compare \(f(x)\) à zéro. Le signe de \(a\) ne suffit pas toujours : \(a>0\) indique une parabole ouverte vers le haut, mais sa partie centrale peut être négative. Il faut aussi connaître les racines ou le signe du discriminant.

8.1 À quoi sert chaque case ?

Dans la première ligne, on range les abscisses importantes. Dans les lignes suivantes, chaque signe placé entre deux abscisses décrit tout l’intervalle correspondant. Un \(0\) se place sous une abscisse précise. Une double barre sera réservée à une valeur interdite, jamais à une simple racine autorisée. Pour un trinôme seul, le domaine est \(\mathbb{R}\) : aucune valeur réelle n’est interdite. Des interdictions peuvent apparaître lorsqu’il devient le dénominateur d’une fraction.

Méthode – construire un tableau de signes

1. Identifier l’expression et son domaine. Ne pas mélanger le signe du trinôme et celui d’une fraction qui le contient. 2. Trouver les zéros. Utiliser les facteurs déjà présents ou résoudre l’équation associée. 3. Ranger les abscisses. Du plus petit au plus grand, en ajoutant les valeurs interdites si nécessaire. 4. Écrire les lignes utiles. Un facteur affine, un carré ou un trinôme déjà étudié par ligne. 5. Combiner les signes intervalle par intervalle. Compter les facteurs négatifs ; un nombre pair de facteurs négatifs donne un produit positif, un nombre impair un produit négatif. 6. Traiter les points. Zéro si le numérateur ou un facteur du produit s’annule et que l’expression est définie ; double barre si le dénominateur est nul. 7. Lire la dernière ligne. Sélectionner les intervalles et les points demandés par l’inéquation.

8.2 Démontrer le cas de deux racines distinctes

Supposons \(f(x)=a(x-r_1)(x-r_2)\) avec \(a\neq0\) et \(r_1<r_2\).

Démonstration – trois intervalles et deux points

Si \(x<r_1\), les différences \(x-r_1\) et \(x-r_2\) sont négatives : leur produit est positif. Multiplier par \(a\) donne le signe de \(a\). Si \(r_1<x<r_2\), le premier facteur est positif et le second négatif : le produit est négatif. Multiplier par \(a\) donne le signe opposé à celui de \(a\). Si \(x>r_2\), les deux facteurs sont positifs : on retrouve le signe de \(a\). En \(x=r_1\) et \(x=r_2\), un facteur s’annule et \(f(x)=0\).

\(x\)\(-\infty\)\(r_1\)\(r_2\)\(+\infty\)\(x-r_1\)\(-\)\(0\)\(+\)\(+\)\(x-r_2\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(f(x)\)\(\text{signe de }a\)\(0\)\(\text{signe de }(-a)\)\(0\)\(\text{signe de }a\)

Ici \(\text{signe de }a\) est simplement une abréviation dans ce tableau : remplacer par \(+\) si \(a>0\), par \(-\) si \(a<0\). Les tableaux numériques ci-dessous ne demandent pas d’utiliser cette notation.

8.3 Cas 1 : \(\Delta>0\) et \(a>0\)

Exemple complet – \(f(x)=2x^2-5x-3\)

Zéros. \(a=2\), \(b=-5\), \(c=-3\). \[\begin{aligned} \Delta&=(-5)^2-4\times2\times(-3)\\ &=25-(-24)=49. \end{aligned}\] \[r_1=\frac{5-7}{4}=\frac{-2}{4}=-\frac12,\qquad r_2=\frac{5+7}{4}=\frac{12}{4}=3.\] Facteurs. \(f(x)=2(x+\frac12)(x-3)\). Le facteur \(2\) est positif. Le facteur \(x+\frac12\) devient positif après \(-\frac12\) ; \(x-3\) devient positif après \(3\). Il ne faut pas changer les deux lignes au même endroit.

\(x\)\(-\infty\)\(-\frac12\)\(3\)\(+\infty\)\(2\)\(+\)\(+\)\(+\)\(x+\frac12\)\(-\)\(0\)\(+\)\(+\)\(x-3\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(f(x)\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)

Lecture écrite : \(f\) est strictement positive sur \(]-\infty;-\frac12[\cup]3;+\infty[\), nulle en \(-\frac12\) et \(3\), et strictement négative sur \(]-\frac12;3[\).

Quatre inéquations différentes, un seul tableau : \[\begin{array}{rcl} f(x)>0&\iff&x\in]-\infty;-\frac12[\cup]3;+\infty[,\\ f(x)\ge0&\iff&x\in]-\infty;-\frac12]\cup[3;+\infty[,\\ f(x)<0&\iff&x\in]-\frac12;3[,\\ f(x)\le0&\iff&x\in[-\frac12;3]. \end{array}\] Le signe « ou égal » ajoute les zéros. Par exemple, \(f(x)\le0\) ne signifie pas seulement \(f(x)=0\) : tous les nombres de l’intervalle entre les racines conviennent aussi. Contrôle ponctuel : \(f(0)=-3<0\) vérifie le signe annoncé au milieu ; \(f(4)=32-20-3=9>0\) vérifie celui de droite. Ces deux tests ne suffisent pas à prouver tout le tableau : la preuve vient des facteurs.

8.4 Cas 2 : \(\Delta>0\) et \(a<0\)

Exemple complet – \(g(x)=-x^2+4x+5\)

\[\Delta=4^2-4\times(-1)\times5=16+20=36.\] Ici \(-b=-4\), \(2a=-2\) et \(\sqrt\Delta=6\). Les deux formules donnent \[x_1=\frac{-4-6}{-2}=\frac{-10}{-2}=5, \qquad x_2=\frac{-4+6}{-2}=\frac2{-2}=-1.\] On range les racines \(-1<5\) et on écrit \(g(x)=-(x+1)(x-5)\). Le facteur extérieur \(-1\) inverse le signe du produit des deux facteurs affines.

\(x\)\(-\infty\)\(-1\)\(5\)\(+\infty\)\(-1\)\(-\)\(-\)\(-\)\(x+1\)\(-\)\(0\)\(+\)\(+\)\(x-5\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(g(x)\)\(-\)\(0\)\(+\)\(0\)\(-\)

Le trinôme est positif entre les racines et négatif à l’extérieur : \[\begin{array}{rcl} g(x)>0&\iff&x\in]-1;5[,\\ g(x)\ge0&\iff&x\in[-1;5],\\ g(x)<0&\iff&x\in]-\infty;-1[\cup]5;+\infty[,\\ g(x)\le0&\iff&x\in]-\infty;-1]\cup[5;+\infty[. \end{array}\] Le contrôle \(g(0)=5>0\) correspond à l’intervalle central. Retenir « positif à l’extérieur » sans regarder \(a\) aurait donné exactement le contraire.

8.5 Démontrer le cas d’une racine double

Démonstration – le carré ne change pas de signe

Si \(\Delta=0\), la factorisation est \(f(x)=a(x-r)^2\). Pour \(x\neq r\), le carré est strictement positif, donc \(f(x)\) a le signe de \(a\). Pour \(x=r\), il vaut zéro. Le signe ne change pas en traversant la racine double.

8.6 Cas 3 : \(\Delta=0\) et \(a>0\)

Pour \(h(x)=x^2+2x+1=(x+1)^2\), \(\Delta=4-4=0\) et \(r=-1\).

\(x\)\(-\infty\)\(-1\)\(+\infty\)\(x+1\)\(-\)\(0\)\(+\)\(h(x)=(x+1)^2\)\(+\)\(0\)\(+\)

Les deux côtés sont positifs. Au point \(-1\), l’image est zéro. \[\begin{array}{rcl} h(x)>0&\iff&x\in]-\infty;-1[\cup]-1;+\infty[,\\ h(x)\ge0&\iff&x\in\mathbb{R},\\ h(x)<0&\iff&x\in\varnothing,\\ h(x)\le0&\iff&x=-1. \end{array}\] Pour la dernière ligne, l’ensemble solution est le singleton \(\{-1\}\), pas un intervalle de longueur non nulle. La condition « négatif ou nul » n’impose pas qu’il existe des valeurs négatives : le zéro suffit.

8.7 Cas 4 : \(\Delta=0\) et \(a<0\)

Pour \(q(x)=-2x^2+8x-8=-2(x-2)^2\), \(\Delta=64-64=0\), \(r=2\) et \(a=-2\).

\(x\)\(-\infty\)\(2\)\(+\infty\)\((x-2)^2\)\(+\)\(0\)\(+\)\(q(x)\)\(-\)\(0\)\(-\)

\[\begin{array}{rcl} q(x)>0&\iff&x\in\varnothing,\\ q(x)\ge0&\iff&x=2,\\ q(x)<0&\iff&x\in]-\infty;2[\cup]2;+\infty[,\\ q(x)\le0&\iff&x\in\mathbb{R}. \end{array}\] Pour \(q(x)<0\), le point \(2\) est exclu parce que \(q(2)=0\), pas parce que la fonction y serait interdite.

8.8 Démontrer le cas sans racine réelle

Démonstration – un bloc strictement positif

Si \(\Delta<0\), la forme canonique s’écrit \[f(x)=a\left[\left(x+\frac b{2a}\right)^2-\frac\Delta{4a^2}\right].\] Le carré est positif ou nul. Comme \(4a^2>0\) et \(-\Delta>0\), le terme \(-\frac\Delta{4a^2}\) est strictement positif. Le crochet entier est donc strictement positif pour tout \(x\). Multiplier ce crochet par \(a\) donne partout le signe de \(a\) ; aucun zéro n’est présent.

8.9 Cas 5 : \(\Delta<0\) et \(a>0\)

Pour \(p(x)=x^2+2x+5\), \(\Delta=2^2-4\times1\times5=4-20=-16<0\). On peut aussi écrire \(p(x)=(x+1)^2+4>0\).

\(x\)\(-\infty\)\(+\infty\)\(p(x)\)\(+\)

La ligne contient un seul intervalle : \(\mathbb{R}\). Ne pas inventer un zéro, ni placer l’abscisse du sommet dans un tableau de signes alors que le signe ne change pas. \(p(x)>0\) et \(p(x)\ge0\) ont pour ensemble solution \(\mathbb{R}\) ; \(p(x)<0\) et \(p(x)\le0\) n’ont aucune solution.

8.10 Cas 6 : \(\Delta<0\) et \(a<0\)

Pour \(r(x)=-x^2+2x-4\), \(\Delta=2^2-4(-1)(-4)=4-16=-12<0\). La forme \(r(x)=-(x-1)^2-3\) confirme que toute valeur est négative.

\(x\)\(-\infty\)\(+\infty\)\(r(x)\)\(-\)

\(r(x)<0\) et \(r(x)\le0\) ont pour solution tous les réels ; \(r(x)>0\) et \(r(x)\ge0\) n’ont aucune solution.

Les six cas en trois règles, avec le signe de \(a\)

\(\Delta>0\) : le signe change aux deux racines simples ; signe de \(a\) à l’extérieur, signe opposé au milieu.

\(\Delta=0\) : le signe reste celui de \(a\), avec un seul zéro ; il ne change pas à la racine double.

\(\Delta<0\) : le signe est strictement celui de \(a\) sur tout \(\mathbb{R}\) ; aucun zéro.

8.11 Une inéquation qui n’est pas encore sous la bonne forme

Résoudre \(x^2+1\le4x-2\) demande d’abord de tout ramener à gauche : \[\begin{aligned} x^2+1-(4x-2)&\le(4x-2)-(4x-2),\\ x^2+1-4x+2&\le0,\\ x^2-4x+3&\le0. \end{aligned}\] Le trinôme se factorise en \((x-1)(x-3)\) puisque le développement donne \(x^2-3x-x+3\).

\(x\)\(-\infty\)\(1\)\(3\)\(+\infty\)\(x-1\)\(-\)\(0\)\(+\)\(+\)\(x-3\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(x^2-4x+3\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)

La solution est \([1;3]\). Pour \(x=2\), l’inéquation initiale donne \(5\le6\), ce qui convient. Pour \(x=0\), elle donnerait \(1\le-2\), ce qui est faux.

8.12 Restreindre une solution au domaine de l’énoncé

Le tableau de \(2x^2-5x-3\) donne \(f(x)\le0\) sur \([-\frac12;3]\). Si l’énoncé impose \(x\in[0;10]\), les deux conditions doivent être satisfaites : \[\boxed{[-\tfrac12;3]\cap[0;10]=[0;3]}.\] Si l’énoncé impose au contraire \(x\in]0;3[\), la solution est \(]0;3[\). Une égalité large ne réintroduit pas une borne que le domaine exclut déjà.

8.13 Signe d’un produit contenant un trinôme

Résoudre \((x^2-1)(x-2)\ge0\). Le trinôme \(x^2-1=(x-1)(x+1)\) a pour zéros \(-1\) et \(1\) ; le facteur \(x-2\) s’annule en \(2\). La première ligne doit contenir les trois valeurs \(-1<1<2\).

\(x\)\(-\infty\)\(-1\)\(1\)\(2\)\(+\infty\)\(x^2-1\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)\(+\)\(x-2\)\(-\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\((x^2-1)(x-2)\)\(-\)\(0\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)

Sur \(]-1;1[\), le trinôme et le facteur \(x-2\) sont tous deux négatifs : leur produit est positif. Sur \(]1;2[\), le trinôme est positif mais \(x-2\) négatif : le produit est négatif. L’ensemble solution est \(\boxed{[-1;1]\cup[2;+\infty[}\), avec les trois zéros inclus. On ne développe pas le produit en degré trois pour étudier son signe : les facteurs donnent directement les informations.

8.14 Signe d’un quotient : les valeurs interdites restent visibles

Méthode

Un quotient est défini seulement lorsque son dénominateur est non nul. Son signe se calcule comme celui d’un produit : mêmes signes donnent \(+\), signes contraires donnent \(-\). Mais un zéro du dénominateur est interdit, même si le numérateur s’annule aussi. Il reçoit une double barre dans la dernière ligne. Ne multiplier aucune inéquation par une expression de signe inconnu sans distinguer les cas : le sens pourrait changer.

Exemple – \(\dfrac{x^2-x-2}{x-1}\ge0\)

Le dénominateur impose \(x\neq1\). Le numérateur se factorise : \[(x+1)(x-2)=x^2-2x+x-2=x^2-x-2.\] Ses zéros sont \(-1\) et \(2\). On range les trois nombres \(-1<1<2\), même si \(1\) n’est pas une racine du numérateur.

\(x\)\(-\infty\)\(-1\)\(1\)\(2\)\(+\infty\)\(x^2-x-2\)\(+\)\(0\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(x-1\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(+\)\(\dfrac{x^2-x-2}{x-1}\)\(-\)\(0\)\(+\)\(-\)\(0\)\(+\)

La solution est \(\boxed{[-1;1[\cup[2;+\infty[}\). Le point \(1\) est exclu malgré le signe « ou égal » : il ne donne pas zéro, il ne donne aucune valeur définie. Contrôle : à \(x=0\), le quotient vaut \((-2)/(-1)=2\ge0\) ; à \(x=\frac32\), le numérateur vaut \(\frac94-\frac64-\frac84=-\frac54\) et le dénominateur \(\frac12\), donc le quotient vaut \(-\frac54\times2=-\frac52<0\).

8.15 Une simplification ne répare pas une valeur interdite

Exemple – \(\dfrac{x^2-4}{x-2}>0\)

Le domaine est \(\mathbb{R}\setminus\{2\}\). Sur ce domaine, \[\frac{x^2-4}{x-2}=\frac{(x-2)(x+2)}{x-2}=x+2,\] car le facteur simplifié \(x-2\) est non nul. La dernière écriture ne permet pas de revenir en \(x=2\) dans l’expression initiale.

\(x\)\(-\infty\)\(-2\)\(2\)\(+\infty\)\(x^2-4\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)\(x-2\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(\dfrac{x^2-4}{x-2}\)\(-\)\(0\)\(+\)\(+\)

L’inéquation demande \(x+2>0\), soit \(x>-2\), et \(x\neq2\). Ainsi \[\boxed{\mathcal S=]-2;2[\cup]2;+\infty[}.\] Le signe ne change pas nécessairement au passage d’une valeur interdite. Une double barre signifie seulement que l’expression n’y est pas définie.

8.16 Un carré peut produire une solution isolée

Résoudre \(\dfrac{(x-1)^2}{x+2}\le0\). Le domaine exclut \(-2\). Le numérateur est positif ou nul et s’annule en \(1\) sans changer de signe. Le dénominateur est négatif avant \(-2\), positif après.

\(x\)\(-\infty\)\(-2\)\(1\)\(+\infty\)\((x-1)^2\)\(+\)\(+\)\(0\)\(+\)\(x+2\)\(-\)\(0\)\(+\)\(+\)\(\dfrac{(x-1)^2}{x+2}\)\(-\)\(+\)\(0\)\(+\)

La fraction est négative avant \(-2\) et nulle en \(1\). L’ensemble solution est donc \[\boxed{\mathcal S=]-\infty;-2[\cup\{1\}}.\] La solution peut associer un intervalle et un point isolé. Remplacer \(\{1\}\) par tout l’intervalle \(]-2;1]\) serait une erreur : la fraction est positive entre \(-2\) et \(1\).

8.17 Le tableau de signes détermine aussi un domaine

L’expression \(\sqrt{x^2-5x+6}\) est réelle lorsque le nombre sous la racine est positif ou nul. \[x^2-5x+6=(x-2)(x-3).\]

\(x\)\(-\infty\)\(2\)\(3\)\(+\infty\)\(x^2-5x+6\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)

Le domaine est \(\boxed{]-\infty;2]\cup[3;+\infty[}\). Pour \(\dfrac1{\sqrt{x^2-5x+6}}\), le dénominateur doit en plus être non nul. Le radicand doit alors être strictement positif : domaine \(\boxed{]-\infty;2[\cup]3;+\infty[}\). Cette différence provient de l’expression entière, pas d’un changement du signe du trinôme.

8.18 Essais, explication personnelle et contrôle

Essai guidé

Résoudre \(2x^2-3x-2\le0\). Écrire les racines, les ranger, choisir le signe extérieur, compléter le tableau et justifier les crochets.

Correction expliquée

\(a=2>0\) et \(\Delta=(-3)^2-4\times2\times(-2)=9+16=25\). Avec \(-b=3\), \(2a=4\) et \(\sqrt\Delta=5\) : \[r_1=\frac{3-5}{4}=\frac{-2}{4}=-\frac12, \qquad r_2=\frac{3+5}{4}=\frac84=2.\] Elles sont déjà rangées. Le signe extérieur est positif et le signe central négatif.

\(x\)\(-\infty\)\(-\frac12\)\(2\)\(+\infty\)\(2x^2-3x-2\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)

L’ensemble solution est \([-\frac12;2]\) : les zéros sont admis par « \(\le\) » et aucun dénominateur ne les interdit.

À toi – essaie avant de lire la correction

Résoudre \(-3x^2+6x+9\ge0\). Construire un tableau et expliquer pourquoi le signe au milieu sera positif.

Correction expliquée

\[\Delta=6^2-4\times(-3)\times9=36+108=144.\] On calcule \(-b=-6\), \(2a=-6\) et \(\sqrt\Delta=12\). Ainsi \[x_1=\frac{-6-12}{-6}=\frac{-18}{-6}=3, \qquad x_2=\frac{-6+12}{-6}=\frac6{-6}=-1.\] On range \(-1<3\). La factorisation est \(-3(x+1)(x-3)\). Au milieu, les deux facteurs affines sont de signes contraires, leur produit est négatif ; le facteur \(-3\) le rend positif.

\(x\)\(-\infty\)\(-1\)\(3\)\(+\infty\)\(-3x^2+6x+9\)\(-\)\(0\)\(+\)\(0\)\(-\)

La solution est \([-1;3]\). À \(x=0\), l’expression vaut \(9\), ce qui confirme le signe central.

Justifier, pas seulement tester

Un élève calcule \(P(0)>0\) et \(P(4)>0\) puis affirme « \(P\) est positive sur \([0;4]\) ». Expliquer pourquoi ce raisonnement ne suffit pas avec \(P(x)=(x-1)(x-3)\).

Correction expliquée

\(P(0)=(-1)(-3)=3>0\) et \(P(4)=3\times1=3>0\), mais \(P(2)=1\times(-1)=-1<0\). Deux tests favorables ne contrôlent pas tous les points de l’intervalle. Il faut étudier les signes des facteurs sur les trois intervalles découpés par \(1\) et \(3\).

Reprendre une confusion de signe extérieur

Une copie donne le signe \(+,0,-,0,+\) à \(-(x+1)(x-5)\). Elle a oublié le facteur extérieur \(-1\). Plus simple : \(-(2\times3)=-6\), et \(-((-2)\times3)=6\). L’opposé inverse un signe non nul. La ligne du produit \((x+1)(x-5)\) est \(+,0,-,0,+\) ; celle de son opposé est donc \(-,0,+,0,-\). Nouvel essai : le signe de \(-2(x-1)^2\) est négatif pour \(x\neq1\), nul pour \(x=1\) ; il n’est jamais positif.

À reprendre plus tard

Reprendre plus tard \(-x^2-2x+3\le0\), en dessinant le tableau et en donnant l’ensemble solution avant de consulter la correction.

Correction expliquée

Les coefficients sont \(a=-1\), \(b=-2\), \(c=3\), d’où \[\Delta=(-2)^2-4\times(-1)\times3=4-(-12)=16.\] Avec \(-b=2\), \(2a=-2\) et \(\sqrt\Delta=4\), les racines sont \[x_1=\frac{2-4}{-2}=\frac{-2}{-2}=1, \qquad x_2=\frac{2+4}{-2}=\frac6{-2}=-3.\] On les range : \(-3<1\). \(a=-1<0\), donc le signe est négatif à l’extérieur, positif à l’intérieur.

\(x\)\(-\infty\)\(-3\)\(1\)\(+\infty\)\(-x^2-2x+3\)\(-\)\(0\)\(+\)\(0\)\(-\)

La solution est \(\boxed{]-\infty;-3]\cup[1;+\infty[}\). Pour vérifier ta démarche : Je justifie chaque ligne par ses facteurs ou par un théorème avec ses conditions ; je distingue zéro et valeur interdite ; je sais expliquer chaque crochet de la solution.

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9. Lire, tracer et reconstruire une parabole

Objectif. Passer d’une expression à une courbe, à un tableau de signes et à un tableau de variations ; retrouver une expression à partir de données.

Les repères nécessaires

Une courbe de fonction contient les points \((x;f(x))\). L’abscisse est le nombre choisi sur l’axe horizontal ; l’ordonnée est son image sur l’axe vertical. Une racine \(r\) vérifie \(f(r)=0\). Pour \(f(x)=a(x-\alpha)^2+\beta\), avec \(a\neq0\), le sommet est \(S(\alpha;\beta)\) et l’axe est \(x=\alpha\) ; si \(a>0\), la fonction décroît puis croît, et si \(a<0\), elle croît puis décroît.

9.1 Lire la même parabole de quatre façons

Considérons \(f(x)=x^2-2x-3\). On obtient \[\begin{aligned} f(x)&=(x-1)^2-1-3=(x-1)^2-4,\\ f(x)&=(x-1)^2-2^2=[(x-1)-2][(x-1)+2]=(x-3)(x+1). \end{aligned}\] Avant de tracer, on a donc le sommet \(S(1;-4)\), l’axe \(x=1\), les racines \(-1\) et \(3\), et l’ordonnée à l’origine \(f(0)=-3\).

Lecture du dessin. \(A(-1;0)\) et \(B(3;0)\) sont sur l’axe horizontal, donc leurs abscisses sont les racines. \(C(0;-3)\) est sur l’axe vertical. Le point le plus bas est \(S(1;-4)\). L’axe vertical pointillé passe par \(x=1\), pas par \(x=-4\). Les graduations sont indiquées ; le tracé illustre les valeurs exactes établies par le calcul, il ne les démontre pas.

\(x\)\(f(x)\)\(-\infty\)\(+\infty\)\(1\)\(-4\)\(+\infty\)\(+\infty\)
\(x\)\(-\infty\)\(-1\)\(3\)\(+\infty\)\(f(x)\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)

Les deux tableaux répondent à des questions différentes. Le tableau de variations se coupe en \(1\), où le sens change. Le tableau de signes se coupe en \(-1\) et \(3\), où l’image vaut zéro. Entre \(1\) et \(3\), la fonction est croissante mais ses images restent négatives.

9.2 Lire une image, un antécédent, une inéquation

Lecture graphique – choisir le bon trajet

Pour lire \(f(u)\), partir de l’abscisse \(u\), rejoindre verticalement la courbe puis lire l’ordonnée. Pour résoudre \(f(x)=k\), partir de la hauteur \(k\), tracer mentalement l’horizontale et lire toutes les abscisses des intersections. Pour \(f(x)\le k\), repérer les portions de courbe sous cette horizontale, puis projeter ces portions sur l’axe des abscisses.

Pour la courbe précédente : \(f(2)=-3\). L’horizontale \(y=-3\) rencontre la courbe aux abscisses \(0\) et \(2\) ; en effet \[(x-1)^2-4=-3\iff(x-1)^2=1\iff x-1=1\ \text{ou}\ x-1=-1.\] Ainsi \(x=2\) ou \(x=0\). Résoudre \(f(x)\le-3\) donne \(\boxed{x\in[0;2]}\) : la courbe se situe sous cette horizontale entre les deux intersections.

Une lecture sur un dessin donne-t-elle une valeur exacte ?

Pas toujours. Une graduation, un point explicitement donné ou une information d’énoncé peut fixer une valeur exacte. Une intersection estimée entre deux graduations donne normalement une approximation. Écrire \(r\approx1{,}4\) après une lecture n’autorise pas à remplacer \(r\) par \(1{,}4\) dans un raisonnement exact.

9.3 Tracer une parabole sans relier les points par des segments

Méthode

Déterminer le sommet et l’axe ; lire l’orientation grâce à \(a\) ; calculer quelques points de part et d’autre du sommet ; exploiter la symétrie ; choisir des axes gradués ; tracer une courbe régulière. Le sommet ne forme pas une pointe. Un tableau de valeurs aide à placer des points, mais ne suffit pas à prouver toutes les variations.

Pour \(g(x)=-\frac12(x-2)^2+2\), le sommet est \((2;2)\) et la parabole est ouverte vers le bas. Les calculs donnent : \[\begin{aligned} g(0)&=-\tfrac12(0-2)^2+2=-\tfrac12\times4+2=-2+2=0,\\ g(1)&=-\tfrac12(1-2)^2+2=-\tfrac12+\tfrac42=\tfrac32,\\ g(2)&=-\tfrac12\times0^2+2=2. \end{aligned}\] Par symétrie autour de \(2\), \(g(3)=g(1)=\frac32\) et \(g(4)=g(0)=0\). \[\begin{array}{c|ccccc} x&0&1&2&3&4\\\hline g(x)&0&\frac32&2&\frac32&0 \end{array}\]

La courbe monte jusqu’à \((2;2)\) puis descend. Le même écart à \(2\) donne la même ordonnée. Les axes ne doivent pas être déplacés pour faire passer artificiellement le sommet par l’origine.

9.4 Le sommet et le discriminant : relier les six situations

On a \(\alpha=-\frac b{2a}\) et \(\beta=-\frac\Delta{4a}\). Si \(a>0\), le signe de \(\beta\) est opposé à celui de \(\Delta\) : un sommet en dessous de l’axe (\(\beta<0\)) donne deux intersections ; sur l’axe (\(\beta=0\)), une racine double ; au-dessus (\(\beta>0\)), aucune intersection. Si \(a<0\), \(-4a>0\), donc \(\beta\) a le même signe que \(\Delta\). La parabole est ouverte vers le bas : sommet au-dessus, sur, ou sous l’axe donne respectivement deux intersections, une racine double, ou aucune intersection. Le discriminant n’est ni une ordonnée ni une abscisse : c’est le nombre qui classe ces cas, une fois les coefficients fixés.

9.5 Pourquoi l’axe passe-t-il au milieu des racines ?

Démonstration – somme des racines

Si \(r_1,r_2\) sont les racines, éventuellement confondues, alors \(r_1+r_2=-\frac ba\). Le milieu de leurs abscisses vaut \[\frac{r_1+r_2}{2}=\left(-\frac ba\right)\times\frac12=-\frac b{2a}=\alpha.\] Or la forme canonique a déjà montré que l’axe est \(x=\alpha\). Avec \(r_1=-1\) et \(r_2=3\), le milieu est \(\frac{-1+3}{2}=1\).

9.6 Deux points de même ordonnée

Théorème

Pour une fonction du second degré, si \(p\neq q\) et \(f(p)=f(q)\), alors l’axe a pour équation \(x=\frac{p+q}{2}\).

Démonstration – factoriser la différence des images

Avec \(f(x)=ax^2+bx+c\), \(a\neq0\) : \[\begin{aligned} f(p)-f(q)&=(ap^2+bp+c)-(aq^2+bq+c)\\ &=ap^2+bp+c-aq^2-bq-c\\ &=a(p^2-q^2)+b(p-q)\\ &=a(p-q)(p+q)+b(p-q)\\ &=(p-q)[a(p+q)+b]. \end{aligned}\] L’hypothèse \(f(p)=f(q)\) rend cette différence nulle. Comme \(p-q\neq0\), le second facteur doit s’annuler : \(a(p+q)+b=0\). Soustraire \(b\), puis diviser par \(a\neq0\), donne \(p+q=-\frac ba\). Diviser par \(2\) donne \(\frac{p+q}{2}=-\frac b{2a}=\alpha\). Si \(p=q\), la première division serait interdite et on ne pourrait rien conclure sur l’axe : une image est toujours égale à elle-même.

9.7 Reconstruire à partir de deux racines et d’un point

Méthode

Les deux racines distinctes \(r,s\) imposent la forme \(f(x)=a(x-r)(x-s)\), \(a\neq0\). Un point \((u;v)\) impose \(a(u-r)(u-s)=v\). Calculer le produit \((u-r)(u-s)\) avant de diviser. Si \(u\) est une racine, ce produit vaut zéro : le point ne détermine pas \(a\) lorsque \(v=0\), ou contredit les données lorsque \(v\neq0\).

Exemple complet – racines \(-2\) et \(4\), image \(f(0)=12\)

Les signes dans les facteurs sont imposés : \(x-(-2)=x+2\) et \(x-4\). \[f(x)=a(x+2)(x-4).\] Remplacer \(x\) par \(0\) donne \(12=a\times(0+2)\times(0-4)=a\times2\times(-4)=-8a\). Comme \(-8\neq0\), diviser les deux membres par \(-8\) donne \(a=\frac{12}{-8}=-\frac32\). Donc \[\boxed{f(x)=-\frac32(x+2)(x-4)}.\] Contrôle : \(f(-2)=0\) et \(f(4)=0\) par les facteurs, et \(f(0)=-\frac32\times(-8)=12\). Pour développer, on écrit les quatre produits : \[\begin{aligned} (x+2)(x-4)&=x\times x+x\times(-4)+2\times x+2\times(-4)\\ &=x^2-4x+2x-8=x^2-2x-8,\\ f(x)&=-\tfrac32x^2+3x+12. \end{aligned}\] L’axe est \(x=\frac{-2+4}{2}=1\) ; \(f(1)=-\frac32\times3\times(-3)=\frac{27}{2}\). Puisque \(a<0\), c’est un maximum.

9.8 Reconstruire à partir du sommet et d’un point

Méthode

Le sommet \(S(\alpha;\beta)\) impose \(f(x)=a(x-\alpha)^2+\beta\). Pour un autre point \((u;v)\), écrire \(v=a(u-\alpha)^2+\beta\), soustraire \(\beta\), puis diviser par \((u-\alpha)^2\) si \(u\neq\alpha\). Contrôler ensuite le signe de \(a\) et toutes les données.

Exemple complet – sommet \(S(1;-3)\) et point \(A(3;5)\)

\[f(x)=a(x-1)^2-3,\qquad5=a(3-1)^2-3=4a-3.\] Ajouter \(3\) aux deux membres donne \(5+3=4a-3+3\), soit \(8=4a\). Diviser par \(4\neq0\) donne \(a=2\). \[\boxed{f(x)=2(x-1)^2-3}.\] Au sommet : \(f(1)=2\times0^2-3=-3\). Au point \(A\) : \(f(3)=2\times2^2-3=8-3=5\). Ces contrôles portent sur deux conditions différentes.

Données insuffisantes ou incompatibles

Le sommet seul ne fixe pas l’ouverture : \((x-1)^2-3\) et \(2(x-1)^2-3\) ont le même sommet. Un point supplémentaire dont l’abscisse est \(1\) doit avoir pour ordonnée \(-3\) ; il n’apporte alors aucune nouvelle information. Une donnée conduisant à \(a=0\) est incompatible avec une fonction du second degré.

9.9 Reconstruire à partir de trois points

Méthode

Sans racines ni sommet connus, partir de \(f(x)=ax^2+bx+c\). Chaque point \((u;v)\) fournit l’équation \(au^2+bu+c=v\). Trois abscisses distinctes permettent de déterminer au plus un polynôme de degré au plus \(2\). Vérifier ensuite \(a\neq0\) : trois points alignés peuvent conduire à une fonction affine.

Exemple complet – \(A(0;1)\), \(B(1;0)\) et \(C(2;3)\)

Les substitutions donnent \[\begin{cases} c=1,\\ a+b+c=0,\\ 4a+2b+c=3. \end{cases}\] Remplacer \(c\) par \(1\) et soustraire \(1\) dans les deux dernières équations donne \(a+b=-1\) et \(4a+2b=2\). Diviser la seconde par \(2\) donne \(2a+b=1\). Soustraire membre à membre l’équation \(a+b=-1\) de \(2a+b=1\) : \[(2a+b)-(a+b)=1-(-1),\quad2a+b-a-b=2,\quad a=2.\] Reporter dans \(a+b=-1\) donne \(2+b=-1\), donc \(b=-3\). Avec \(c=1\) : \[\boxed{f(x)=2x^2-3x+1}.\] Contrôles : \(f(0)=1\) ; \(f(1)=2-3+1=0\) ; \(f(2)=8-6+1=3\).

Pourquoi une seule solution au plus ? La différence de deux polynômes convenant aux mêmes trois points s’annule aux trois abscisses distinctes. Un polynôme non nul de degré \(2\) n’a pas trois racines ; un affine non constant n’en a qu’une ; une constante non nulle n’en a aucune. La différence doit donc être le polynôme nul : les deux expressions coïncident.

9.10 Essayer, justifier, reprendre

Essai guidé

Une parabole a pour racines \(-1\) et \(5\) et vérifie \(f(0)=10\). Écrire d’abord \(f(x)=a(x+1)(x-5)\) ; déterminer \(a\), l’axe et le sommet.

Correction expliquée

\(10=a\times1\times(-5)=-5a\) ; diviser par \(-5\) donne \(a=-2\). L’axe est \(x=\frac{-1+5}{2}=2\). \(f(2)=-2(2+1)(2-5)=(-2)\times3\times(-3)=18\). Le sommet est \((2;18)\) ; \(a<0\) donne un maximum. Contrôle de l’image : \(-2(0+1)(0-5)=10\).

À toi – essaie avant de lire la correction

Une parabole a pour sommet \(S(-2;5)\) et passe par \((0;-3)\). Retrouver sa forme canonique et ses variations. Expliquer pourquoi connaître le sommet seulement ne suffirait pas.

Correction expliquée

On écrit \(f(x)=a(x+2)^2+5\). L’image de zéro impose \(-3=4a+5\) ; soustraire \(5\) donne \(-8=4a\), puis \(a=-2\). Donc \(f(x)=-2(x+2)^2+5\). Le coefficient négatif impose une croissance jusqu’à \(-2\), puis une décroissance. Sans le point \((0;-3)\), \(a\) pourrait être n’importe quel réel non nul : la largeur et l’orientation ne seraient pas fixées.

\(x\)\(f(x)\)\(-\infty\)\(-\infty\)\(-2\)\(5\)\(+\infty\)\(-\infty\)

Reprise – un facteur ne se lit pas comme une racine

Écrire « racine \(-2\), donc facteur \(x-2\) » est faux : \(x-2\) s’annule en \(2\). Le facteur associé à \(r\) est \(x-r\), donc ici \(x-(-2)=x+2\). Nouvel essai : écrire les facteurs pour les racines \(-4\) et \(\frac12\). Correction : \((x+4)\) et \((x-\frac12)\) ; le second peut être remplacé par \((2x-1)\) à condition d’ajuster le coefficient extérieur. Revenir à \(-2\) : substituer \(x=-2\) dans \(x+2\) donne bien zéro.

À reprendre plus tard

Reprendre plus tard : retrouver le polynôme de degré au plus \(2\) passant par \((0;2)\), \((1;3)\) et \((2;8)\). Vérifier s’il est vraiment du second degré.

Correction expliquée

\(c=2\) ; \(a+b+2=3\) donne \(a+b=1\) ; \(4a+2b+2=8\) donne \(2a+b=3\) après soustraction de \(2\) puis division par \(2\). Soustraire \(a+b=1\) donne \(a=2\) ; alors \(b=-1\). On trouve \(2x^2-x+2\) ; le coefficient \(2\neq0\) confirme le second degré. Les images \(2\), \(2-1+2=3\) et \(8-2+2=8\) vérifient les trois points.

Pour vérifier ta démarche : Je traduis chaque donnée par une égalité et je choisis une forme qui la fait apparaître ; je vérifie tous les points et les divisions avant de conclure.

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10. Choisir une forme et une méthode : voir avant de calculer

Objectif. Reconnaître la structure d’une question, choisir un premier geste économique et savoir changer d’écriture lorsque c’est utile.

Pour un trinôme \(f(x)=ax^2+bx+c\) avec \(a\neq0\), la forme développée montre les coefficients ; la forme canonique \(a(x-\alpha)^2+\beta\) montre le sommet ; une forme factorisée \(a(x-r_1)(x-r_2)\), lorsqu’elle existe dans \(\mathbb{R}\), montre les racines. Ces formes désignent la même fonction : les choisir ne change pas ses valeurs.

10.1 Les trois formes d’un même exemple, avec les contrôles

Prenons \(f(x)=2x^2+4x-16\). On construit la forme canonique : \[\begin{aligned} f(x)&=2(x^2+2x)-16\\ &=2[(x+1)^2-1]-16\\ &=2(x+1)^2-2-16\\ &=2(x+1)^2-18. \end{aligned}\] Pour factoriser sans discriminant, extraire \(2\) de la différence : \[\begin{aligned} 2(x+1)^2-18&=2[(x+1)^2-9]\\ &=2[(x+1)^2-3^2]\\ &=2[(x+1)-3][(x+1)+3]\\ &=2(x-2)(x+4). \end{aligned}\] Le contrôle développé montre les quatre produits puis le coefficient extérieur : \[\begin{aligned} 2(x-2)(x+4)&=2[x\times x+x\times4+(-2)\times x+(-2)\times4]\\ &=2[x^2+4x-2x-8]\\ &=2(x^2+2x-8)\\ &=2x^2+4x-16. \end{aligned}\] On dispose donc de trois écritures contrôlées : \[\boxed{f(x)=2x^2+4x-16=2(x+1)^2-18=2(x+4)(x-2)}.\]

10.2 Les six passages entre les formes

Développée vers canonique

Mettre \(a\) en facteur dans les deux termes contenant \(x\), compléter le carré à l’intérieur, distribuer \(a\) puis réduire les constantes. Le développement final doit rendre les coefficients initiaux. Ne pas prendre la moitié de \(b\) avant d’avoir tenu compte de \(a\).

Canonique vers développée

Développer le carré, multiplier chacun de ses termes par \(a\), puis additionner \(\beta\). Par exemple : \[\begin{aligned} -3(x-2)^2+5&=-3(x^2-2x-2x+4)+5\\ &=-3x^2+6x+6x-12+5\\ &=-3x^2+12x-7. \end{aligned}\]

Factorisée vers développée

Effectuer les quatre produits, réduire les termes en \(x\) et distribuer le coefficient extérieur. Exemple : \[\begin{aligned} -2(x+1)(x-3)&=-2(x^2-3x+x-3)\\ &=-2(x^2-2x-3)\\ &=-2x^2+4x+6. \end{aligned}\]

Développée vers factorisée

Chercher d’abord facteur commun, identité, racine évidente, somme-produit. À défaut, utiliser le discriminant. Si \(\Delta>0\), écrire \(a(x-r_1)(x-r_2)\) ; si \(\Delta=0\), \(a(x-r)^2\) ; si \(\Delta<0\), il n’existe pas de produit de deux facteurs affines réels. Ne pas supprimer \(a\).

Canonique vers factorisée

Pour \(a(x-\alpha)^2+\beta\), écrire \[a\left[(x-\alpha)^2+\frac\beta a\right].\] Lorsque \(-\frac\beta a>0\), poser \(d=\sqrt{-\frac\beta a}\), puis utiliser \[a[(x-\alpha)^2-d^2]=a(x-\alpha-d)(x-\alpha+d).\] Si \(\beta=0\), le carré est déjà factorisé. Si \(-\frac\beta a<0\), aucun zéro réel ne permet cette factorisation.

Factorisée vers canonique sans tout développer

Pour \(a(x-r_1)(x-r_2)\), calculer le milieu \(\alpha=\frac{r_1+r_2}{2}\) puis \(\beta=f(\alpha)\). Le sommet impose alors la forme \(a(x-\alpha)^2+\beta\). Exemple : pour \(-2(x+1)(x-3)\), \(\alpha=1\) et \(\beta=-2\times2\times(-2)=8\), donc \(-2(x-1)^2+8\).

Contrôle du dernier passage : \(-2(x-1)^2+8=-2(x^2-2x+1)+8=-2x^2+4x+6\), comme dans la forme développée précédente.

10.3 Le premier geste dépend de la question

Je cherche Je vérifie Je commence par
Une image expression la plus courte pour la valeur demandée remplacer chaque occurrence de \(x\)
Les racines produit déjà nul, facteur, carré, racine évidente structure visible ; sinon discriminant
Un sommet, des variations forme canonique, signe de \(a\), domaine trouver \(\alpha\), puis calculer \(\beta\) et les bornes
Le signe racines ordonnées, signe de \(a\), cas \(\Delta=0\) construire les lignes du tableau
Une inéquation membre de droite nul ? domaine ? tout placer dans un membre puis étudier son signe
Des antécédents de \(k\) forme qui simplifie \(f(x)=k\) isoler un carré ou résoudre \(f(x)-k=0\)
Une fonction inconnue racines, sommet, points donnés choisir factorisée, canonique ou développée
Un optimum variable, unités, intervalle autorisé exprimer la grandeur puis utiliser ses variations

Une méthode correcte suffit, sauf consigne imposant une autre démarche. Comparer plusieurs méthodes sert à apprendre à choisir, pas à multiplier les calculs dans chaque réponse.

10.4 Un seul trinôme, six questions réellement différentes

On reprend \(f(x)=2x^2+4x-16=2(x+1)^2-18=2(x+4)(x-2)\).

1. Calculer \(f(0)\)

La forme développée laisse seulement le terme constant : \(f(0)=2\times0^2+4\times0-16=-16\).

2. Résoudre \(f(x)=0\)

La forme factorisée donne \(2(x+4)(x-2)=0\). Comme \(2\neq0\), \(x+4=0\) ou \(x-2=0\), donc \(x=-4\) ou \(x=2\).

3. Chercher le minimum

La forme canonique donne \(2(x+1)^2\ge0\), donc \(f(x)\ge-18\). L’égalité est atteinte exactement lorsque \(x+1=0\), soit \(x=-1\).

4. Résoudre \(f(x)=-16\)

Soustraire la constante dans la forme développée est court : \[2x^2+4x-16=-16\iff2x^2+4x=0\iff2x(x+2)=0.\] Les solutions sont \(0\) et \(-2\). Contrôle : \(f(-2)=8-8-16=-16\).

5. Résoudre \(f(x)=-18\) puis \(f(x)=-20\)

Pour \(-18\), la forme canonique donne \(2(x+1)^2=0\), donc la seule solution est \(-1\). Pour \(-20\), elle donne \(2(x+1)^2=-2\), puis \((x+1)^2=-1\) : aucune solution réelle. Le minimum \(-18\) explique aussi cette impossibilité.

6. Résoudre \(f(x)>0\)

Les racines sont \(-4<2\) et le coefficient dominant est positif :

\(x\)\(-\infty\)\(-4\)\(2\)\(+\infty\)\(f(x)\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)

Le signe demandé est strictement positif : on retient les deux zones extérieures, sans les zéros. \[\boxed{\mathcal S=]-\infty;-4[\ \cup\ ]2;+\infty[}.\]

10.5 Comparer une méthode générale et une méthode courte

Pour résoudre \(4x^2-12x+9=0\), le discriminant est \((-12)^2-4\times4\times9=144-144=0\) ; il donne \(x_0=\frac{12}{8}=\frac32\). Mais reconnaître \((2x-3)^2\) évite ce calcul : \(2x-3=0\), donc \(x=\frac32\). Le redéveloppement \(4x^2-6x-6x+9\) confirme l’identité. Le discriminant n’était pas faux ; il était moins économique.

Essai guidé

Pour \(p(x)=(x-3)^2-16\), écrire la forme développée puis la forme factorisée. Utiliser une forme adaptée pour calculer \(p(0)\), trouver les racines et le minimum.

Correction expliquée

\((x-3)^2=x^2-3x-3x+9=x^2-6x+9\) ; donc \(p(x)=x^2-6x-7\). La différence de carrés donne \(p(x)=[(x-3)-4][(x-3)+4]=(x-7)(x+1)\). La forme développée donne \(p(0)=-7\). La factorisée donne les racines \(7\) et \(-1\). La canonique donne un minimum \(-16\), atteint pour \(x=3\), car son carré est multiplié par \(1>0\).

Choisir depuis des consignes mélangées

Résoudre dans \(\mathbb{R}\), en indiquant le premier geste avant le calcul : \[\text{a) }x^2-7x=0;\qquad \text{b) }(2x-1)^2=8;\qquad \text{c) }x^2+x-1=0.\] Comparer ensuite la quantité de calcul nécessaire, sans chercher à imposer la même méthode.

Correction expliquée

a) Le facteur \(x\) est commun : \(x(x-7)=0\), donc \(x=0\) ou \(x=7\). b) Le carré est isolé : \(2x-1=\sqrt8\) ou \(2x-1=-\sqrt8\). Comme \(\sqrt8=2\sqrt2\), ajouter \(1\) puis diviser par \(2\) donne \(x=\frac12+\sqrt2\) ou \(x=\frac12-\sqrt2\). c) Aucune structure aussi immédiate : \(a=1\), \(b=1\), \(c=-1\), donc \(\Delta=1^2-4\times1\times(-1)=5>0\). On trouve \(x=\frac{-1-\sqrt5}{2}\) ou \(x=\frac{-1+\sqrt5}{2}\). Les trois démarches utilisent des résultats différents, tous déjà justifiés.

Reprise – développer peut cacher l’information

Devant \((x-4)(x+2)=0\), développer crée une équation plus longue. Le produit nul donne directement \(x=4\) ou \(x=-2\). Pour un nouvel essai \((3x+1)(x-5)=0\), on obtient \(3x+1=0\) ou \(x-5=0\), donc \(x=-\frac13\) ou \(x=5\). Revenir ensuite au problème initial : le bon premier geste conserve les facteurs.

À reprendre plus tard

Reprendre plus tard \(q(x)=-2(x-1)^2+8\) : trouver ses racines, son maximum et le signe de \(q(x)\). Choisir la forme avant chaque demande.

Correction expliquée

\(q(x)=-2[(x-1)^2-4]=-2(x-3)(x+1)\). Les racines sont \(-1\) et \(3\). La canonique donne le maximum \(8\) en \(1\). Avec \(a=-2<0\), la factorisée donne un signe négatif à l’extérieur et positif entre les racines :

\(x\)\(-\infty\)\(-1\)\(3\)\(+\infty\)\(q(x)\)\(-\)\(0\)\(+\)\(0\)\(-\)

Pour vérifier ta démarche : Je choisis une forme pour une raison liée à la demande ; je ne confonds pas méthode générale et méthode obligatoire.

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11. Équations décalées, intersections et positions relatives

Objectif. Transformer une comparaison en une étude de signe, puis revenir à sa signification graphique.

Pour comparer deux nombres \(A\) et \(B\), on peut étudier \(A-B\) : \(A>B\) équivaut à \(A-B>0\). Pour deux courbes, la comparaison porte sur les ordonnées à la même abscisse.

11.1 Résoudre \(f(x)=k\) n’est pas toujours chercher les racines de \(f\)

Méthode

Former \(F(x)=f(x)-k\). L’équation \(f(x)=k\) devient \(F(x)=0\). Si \(f(x)=ax^2+bx+c\), le nouveau trinôme est \(ax^2+bx+(c-k)\) : le coefficient constant change. Son discriminant vaut \(b^2-4a(c-k)\), pas nécessairement \(b^2-4ac\).

Exemple complet – \(2x^2-8x+3=5\)

Soustraire \(5\) dans les deux membres donne \(2x^2-8x-2=0\). Diviser par \(2\neq0\) donne \(x^2-4x-1=0\). \[\Delta=(-4)^2-4\times1\times(-1)=16+4=20,\qquad\sqrt{20}=2\sqrt5.\] Les solutions sont \(\frac{4-2\sqrt5}{2}=2-\sqrt5\) et \(\frac{4+2\sqrt5}{2}=2+\sqrt5\). Autre voie : \(2x^2-8x+3=2(x-2)^2-5\). L’équation devient \(2(x-2)^2-5=5\), puis \(2(x-2)^2=10\), puis \((x-2)^2=5\). On retrouve les mêmes valeurs. Le contrôle dans la canonique donne \(2\times5-5=5\).

11.2 Une parabole et une droite : calculer les points d’intersection

Méthode

Écrire l’égalité des ordonnées \(f(x)=\ell(x)\). Résoudre pour trouver les abscisses. Pour chaque solution \(r\), calculer ensuite l’ordonnée commune \(f(r)=\ell(r)\). Un point d’intersection est un couple, pas seulement une solution d’équation.

Exemple complet – \(f(x)=x^2-2x-3\) et \(\ell(x)=x+1\)

\[\begin{aligned} f(x)=\ell(x)&\iff x^2-2x-3=x+1\\ &\iff x^2-2x-3-x-1=0\\ &\iff x^2-3x-4=0\\ &\iff(x-4)(x+1)=0. \end{aligned}\] La dernière factorisation se vérifie par \(x^2+x-4x-4=x^2-3x-4\). Les abscisses sont \(-1\) et \(4\). Pour l’ordonnée, la droite est plus rapide : \(\ell(-1)=0\) et \(\ell(4)=5\). Les points sont donc \[\boxed{A(-1;0)\quad\text{et}\quad B(4;5)}.\] Contrôler dans la parabole : \(f(-1)=1+2-3=0\) ; \(f(4)=16-8-3=5\).

Lecture : la parabole pleine et la droite en pointillés se coupent en \(A\) et \(B\). Entre les deux abscisses, la parabole est sous la droite. On va démontrer cette position pour tous les réels de l’intervalle, et pas seulement pour les points dessinés.

11.3 Démontrer la position relative avec un tableau

Méthode

Former \(H(x)=f(x)-\ell(x)\) puis construire son tableau de signes. Si \(H(x)>0\), la courbe de \(f\) est au-dessus ; si \(H(x)<0\), elle est en dessous ; si \(H(x)=0\), les courbes se coupent. Attention : le signe de \(f\) seule compare sa courbe à l’axe horizontal, pas à une autre courbe.

Ici \(H(x)=x^2-3x-4=(x-4)(x+1)\) :

\(x\)\(-\infty\)\(-1\)\(4\)\(+\infty\)\(x+1\)\(-\)\(0\)\(+\)\(+\)\(+\)\(x-4\)\(-\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(f(x)-\ell(x)\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)

Donc \(\mathcal C_f\) est strictement au-dessus de la droite sur \(]-\infty;-1[\cup]4;+\infty[\), et strictement en dessous sur \(]-1;4[\). Pour \(f(x)\le\ell(x)\), on inclut les égalités aux intersections : \(\boxed{\mathcal S=[-1;4]}\).

11.4 Deux paraboles peuvent conduire à une équation affine

Exemple de référence

Soient \(f(x)=x^2-2x+1\) et \(g(x)=x^2+2x-3\). Leur différence vaut \[\begin{aligned} f(x)-g(x)&=(x^2-2x+1)-(x^2+2x-3)\\ &=x^2-2x+1-x^2-2x+3\\ &=-4x+4. \end{aligned}\] Les termes en \(x^2\) s’annulent. Les intersections se calculent donc sans discriminant : \(-4x+4=0\), puis \(-4x=-4\), d’où \(x=1\). L’ordonnée est \(f(1)=1-2+1=0\). L’unique point d’intersection est \((1;0)\).

\(x\)\(-\infty\)\(1\)\(+\infty\)\(f(x)-g(x)\)\(+\)\(0\)\(-\)

Avant \(1\), la courbe de \(f\) est au-dessus de celle de \(g\) ; après \(1\), elle est en dessous. Si les trois coefficients de deux trinômes coïncident, leur différence est nulle pour tout \(x\) : les courbes sont confondues et il existe une infinité de points communs. Ce n’est pas une équation du second degré avec une infinité de racines : le polynôme différence est nul.

11.5 Une horizontale : zéro, un ou deux points communs

Pour \(f(x)=a(x-\alpha)^2+\beta\), la droite horizontale \(y=k\) conduit à \[(x-\alpha)^2=\frac{k-\beta}{a}.\] Comme \(a\neq0\), cette transformation est licite. Un quotient positif donne deux intersections, un quotient nul une seule et un quotient négatif aucune. Par exemple, \(f(x)=-(x-2)^2+9\) coupe \(y=5\) en \(x=0\) et \(x=4\), touche \(y=9\) seulement au sommet, et ne rencontre jamais \(y=10\). On ne décide donc pas du nombre d’intersections en comparant \(k\) à zéro : on le compare à l’extremum, en tenant compte de l’orientation.

11.6 Essais et transfert

Essai guidé

Pour \(f(x)=x^2-4\) et \(\ell(x)=2x-1\), écrire \(f(x)-\ell(x)\), trouver les intersections puis les intervalles où \(\mathcal C_f\) est au-dessus de la droite.

Correction expliquée

\(f(x)-\ell(x)=x^2-4-(2x-1)=x^2-2x-3=(x-3)(x+1)\). Les abscisses sont \(-1\) et \(3\). La droite donne les ordonnées \(2(-1)-1=-3\) et \(2\times3-1=5\), donc les points \((-1;-3)\) et \((3;5)\). Le coefficient du carré est positif, donc la différence est positive à l’extérieur des deux racines :

\(x\)\(-\infty\)\(-1\)\(3\)\(+\infty\)\(f(x)-\ell(x)\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)

Ainsi la parabole est strictement au-dessus sur \(]-\infty;-1[\cup]3;+\infty[\).

À toi – essaie avant de lire la correction

Comparer \(p(x)=x^2+2x+1\) et \(q(x)=-x^2+1\) : points communs et position relative. Justifier les changements de signe quand on soustrait \(q(x)\).

Correction expliquée

\[p(x)-q(x)=x^2+2x+1-(-x^2+1)=x^2+2x+1+x^2-1=2x^2+2x=2x(x+1).\] Le moins devant la parenthèse change les deux signes. Les abscisses communes sont \(-1\) et \(0\) ; les ordonnées \(p(-1)=1-2+1=0\) et \(p(0)=1\). Les points sont \((-1;0)\) et \((0;1)\). La différence est positive à l’extérieur de \([-1;0]\), négative entre les deux zéros :

\(x\)\(-\infty\)\(-1\)\(0\)\(+\infty\)\(p(x)-q(x)\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)

Reprise – j’ai étudié le signe de la mauvaise fonction

Pour comparer \(x^2\) et \(x+2\), étudier seulement \(x^2\ge0\) ne répond pas à la question. Revenir à \(x^2-(x+2)=x^2-x-2=(x-2)(x+1)\). Nouvel essai : comparer \(x^2\) à \(4\). Former \(x^2-4=(x-2)(x+2)\) : \(x^2\ge4\) pour \(x\le-2\) ou \(x\ge2\), alors que \(x^2\ge0\) vaut pour tous les réels. Le terme soustrait change l’objet étudié.

À reprendre plus tard

Reprendre plus tard : résoudre \(x^2-2x+3\le4\) et expliquer la solution comme une comparaison avec une droite horizontale.

Correction expliquée

\(x^2-2x+3\le4\) équivaut à \((x-1)^2+2\le4\), puis \((x-1)^2\le2\). L’écart à \(1\) est au plus \(\sqrt2\), donc \(1-\sqrt2\le x\le1+\sqrt2\). La courbe est sous \(y=4\), égalité comprise, pour ces abscisses.

Pour vérifier ta démarche : Je compare les ordonnées à la même abscisse, je conserve les parenthèses de la soustraction et je calcule les deux coordonnées de chaque point.

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12. Un paramètre : distinguer les cas avant de calculer

Objectif. Comprendre ce qui varie dans une famille de trinômes et éviter une division interdite ou la perte d’un cas de degré inférieur.

Dans \(f_m(x)=x^2-4x+m\), \(x\) est la variable de la fonction et \(m\) désigne un nombre fixé, mais dont la valeur peut changer d’une fonction à une autre. Pour \(m=1\), on étudie \(x^2-4x+1\) ; pour \(m=7\), \(x^2-4x+7\). Résoudre « selon \(m\) » consiste à décrire tous les cas possibles.

12.1 Première vérification : est-ce encore du second degré ?

Méthode

Identifier le coefficient de \(x^2\) et chercher les valeurs du paramètre qui l’annulent. Traiter ces valeurs directement dans l’équation initiale. Sur les autres valeurs seulement, utiliser le discriminant. Pour diviser une inégalité par une expression du paramètre, il faudrait connaître son signe ; préférer un tableau de signes ou une disjonction de cas.

Exemple du changement de degré

Pour \(P_t(x)=(t-1)x^2+(t+1)x-2\), le coefficient dominant est \(t-1\). Le second degré exige \(t\neq1\). Si \(t=1\), l’équation devient \[(1-1)x^2+(1+1)x-2=0,\quad 0x^2+2x-2=0,\quad2x=2,\quad x=1.\] Aucune formule comportant \(2(t-1)\) au dénominateur n’est utilisable dans ce cas. Si \(t=-1\), l’équation devient \(-2x^2-2=0\), donc \(x^2=-1\) : aucune solution réelle. Une famille peut ainsi contenir des fonctions de degrés et de comportements différents.

12.2 Une constante variable : la forme canonique est immédiate

Considérons \(f_m(x)=x^2-4x+m\). Compléter le carré donne \[f_m(x)=(x-2)^2-4+m=(x-2)^2+(m-4).\] L’axe est toujours \(x=2\), le minimum vaut \(m-4\) et le sommet est \((2;m-4)\).

Nombre de racines selon \(m\)

\[f_m(x)=0\iff(x-2)^2=4-m.\] Si \(m<4\), alors \(4-m>0\) : les deux solutions sont \(2-\sqrt{4-m}\) et \(2+\sqrt{4-m}\). Si \(m=4\), le carré vaut zéro : seule la valeur \(x=2\) convient, racine double. Si \(m>4\), le membre de droite est négatif : aucune solution réelle. Le discriminant confirme : \(\Delta=(-4)^2-4m=16-4m=4(4-m)\).

Être positif pour tout \(x\) n’est pas la même question

Le minimum est \(m-4\), atteint en \(2\). Ainsi : \[\boxed{f_m(x)\ge0\text{ pour tout }x\iff m\ge4},\qquad \boxed{f_m(x)>0\text{ pour tout }x\iff m>4}.\] La nécessité se voit en \(x=2\). La suffisance vient du carré positif ou nul. Pour \(m=4\), l’expression s’annule en \(2\) : on ne peut pas écrire « strictement positive partout ».

12.3 Le discriminant est lui-même un trinôme en paramètre

Exemple complet – \(q_m(x)=x^2-2mx+m+2\)

Le coefficient de \(x^2\) vaut toujours \(1\). Les coefficients pour l’équation en \(x\) sont \(a=1\), \(b=-2m\), \(c=m+2\). \[\begin{aligned} \Delta(m)&=(-2m)^2-4\times1\times(m+2)\\ &=4m^2-4m-8\\ &=4(m^2-m-2)\\ &=4(m-2)(m+1). \end{aligned}\] Pour la dernière identité : \((m-2)(m+1)=m^2+m-2m-2=m^2-m-2\). On étudie maintenant le signe en fonction de \(m\), pas de \(x\) :

\(m\)\(-\infty\)\(-1\)\(2\)\(+\infty\)\(m+1\)\(-\)\(0\)\(+\)\(+\)\(+\)\(m-2\)\(-\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(\Delta(m)\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)

On en déduit : deux racines réelles distinctes si \(m<-1\) ou \(m>2\) ; une racine double si \(m=-1\) ou \(m=2\) ; aucune racine réelle si \(-1<m<2\). Lorsque \(\Delta\ge0\), on a \[\sqrt\Delta=2\sqrt{(m-2)(m+1)},\qquad x=\frac{2m\pm2\sqrt{(m-2)(m+1)}}2=m\pm\sqrt{(m-2)(m+1)}.\] On ne sépare pas en \(\sqrt{m-2}\sqrt{m+1}\) : lorsque \(m<-1\), les deux facteurs sont négatifs, même si leur produit est positif. Contrôles aux bornes : pour \(m=-1\), \(q_{-1}(x)=x^2+2x+1=(x+1)^2\) ; pour \(m=2\), \(q_2(x)=x^2-4x+4=(x-2)^2\).

12.4 Combiner changement de degré et discriminant

Exemple complet – \((m-1)x^2+2x+1=0\)

Si \(m=1\), on obtient \(2x+1=0\), donc \(x=-\frac12\).

Si \(m\neq1\), le coefficient dominant est non nul : \[\Delta=2^2-4(m-1)\times1=4-4m+4=4(2-m).\] Pour \(m<2\) avec \(m\neq1\), il existe deux solutions : \[x=\frac{-2\pm2\sqrt{2-m}}{2(m-1)} =\frac{-1\pm\sqrt{2-m}}{m-1}.\] Pour \(m=2\), \(\Delta=0\) et \(x=-\frac2{2(2-1)}=-1\). Pour \(m>2\), \(\Delta<0\) : aucune solution réelle. La conclusion doit garder le cas \(m=1\) séparé : son unique solution ne provient pas d’un discriminant nul mais de la disparition du terme en \(x^2\).

12.5 Astuce justifiée : imposer une racine

Si l’on cherche \(m\) pour que \(r\) soit une racine, le premier geste est \(f_m(r)=0\), pas le discriminant. Pour \(f_m(x)=x^2-4x+m\) et \(r=3\) : \[f_m(3)=9-12+m=m-3=0\iff m=3.\] Pour cette valeur, \(f_3(x)=x^2-4x+3=(x-1)(x-3)\). Le contrôle retrouve bien \(3\), et montre aussi l’autre racine \(1\). Imposer une racine double demanderait une condition supplémentaire : il ne suffit pas de vérifier une seule annulation.

12.6 Essayer et expliquer les conditions

Essai guidé

Pour \(f_m(x)=2(x-1)^2+m\), déterminer \(m\) afin que la fonction n’ait aucune racine réelle, ait une racine double ou ait deux racines distinctes.

Correction expliquée

\(f_m(x)=0\) donne \(2(x-1)^2=-m\), puis \((x-1)^2=-\frac m2\). Le quotient est négatif pour \(m>0\) : aucune racine. Il est nul pour \(m=0\) : racine double \(1\). Il est positif pour \(m<0\) : deux racines \(1\pm\sqrt{-\frac m2}\). Le minimum de \(f_m\) vaut \(m\) : la même classification se lit par la position du sommet par rapport à l’axe.

À toi – essaie avant de lire la correction

Pour \((m+2)x^2-3x+1=0\), isoler le cas où le degré change, puis déterminer le nombre de solutions réelles selon \(m\). Ne pas utiliser une formule dont le dénominateur pourrait être nul.

Correction expliquée

Le degré change pour \(m=-2\) : l’équation devient \(-3x+1=0\), donc \(x=\frac13\). Si \(m\neq-2\), \(\Delta=(-3)^2-4(m+2)=9-4m-8=1-4m\). Il y a deux solutions pour \(m<\frac14\), sauf le cas \(m=-2\) déjà traité ; une racine double pour \(m=\frac14\) ; aucune solution pour \(m>\frac14\). À \(m=\frac14\), \(a=\frac94\) et \(x_0=\frac3{2\times\frac94}=3\times\frac29=\frac23\).

Reprise – une simplification a effacé un cas

Devant \((m-1)x=0\), diviser par \(m-1\) sans discussion donne à tort seulement \(x=0\). Si \(m=1\), l’égalité est \(0=0\) et tous les réels \(x\) conviennent. Si \(m\neq1\), la division donne \(x=0\). Nouvel essai : résoudre \((m+3)x=2\). Pour \(m=-3\), \(0=2\) est impossible ; sinon \(x=\frac2{m+3}\). Revenir au trinôme : vérifier le degré avant toute division liée à son coefficient.

À reprendre plus tard

Reprendre plus tard \(p_m(x)=x^2+2x+m\). Déterminer les valeurs de \(m\) pour lesquelles \(p_m\) est positive ou nulle pour tout réel \(x\), puis celles pour lesquelles \(2\) est une racine.

Correction expliquée

\(p_m(x)=(x+1)^2+(m-1)\) ; son minimum est \(m-1\). Être positive ou nulle partout équivaut à \(m\ge1\). Pour imposer la racine \(2\), \(p_m(2)=4+4+m=8+m=0\), donc \(m=-8\). Ces deux demandes ne peuvent pas être réalisées simultanément ici, car \(-8<1\).

Pour vérifier ta démarche : Je distingue variable et paramètre ; je traite les coefficients nuls et je ne confonds pas absence de racines et positivité sans vérifier le signe dominant.

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13. Modéliser et optimiser : interpréter toute la réponse

Objectif. Construire une expression à partir d’un problème, préciser le domaine et choisir la bonne représentation pour répondre.

Un résultat algébrique peut être exact sans convenir au problème : une longueur négative ou un temps avant le départ peuvent être interdits. Les contextes de cette section sont des modèles simplifiés ; leurs coefficients décrivent l’énoncé, pas une loi universelle sur le monde réel.

13.1 La méthode générale, avant les calculs

Méthode

Nommer la variable et son unité. Traduire les contraintes en domaine. Exprimer la grandeur à optimiser. Transformer le trinôme en forme canonique ou utiliser son tableau de variations. Vérifier si le sommet appartient au domaine et si les bornes sont incluses. Conclure avec les dimensions, unités et conditions demandées, pas seulement avec une abscisse.

13.2 Un jardin le long d’un mur : construire l’expression d’aire

On utilise \(20\) mètres de clôture pour trois côtés d’un jardin rectangulaire adossé à un mur. On note \(x\) la largeur perpendiculaire au mur, en mètres, et \(L\) la longueur parallèle au mur.

Lecture : deux largeurs et une longueur consomment la clôture : \(x+x+L=20\). Il reste donc \(L=20-2x\). Pour un rectangle non dégénéré, \(x>0\) et \(20-2x>0\). La seconde inégalité donne \(-2x>-20\), puis \(x<10\) après division par \(-2\), qui inverse l’ordre. Ainsi \[\boxed{0<x<10}.\] L’aire vaut longueur fois largeur : \[\begin{aligned} A(x)&=x(20-2x)\\ &=x\times20+x\times(-2x)\\ &=20x-2x^2=-2x^2+20x. \end{aligned}\] Pour chercher le maximum, compléter le carré : \[\begin{aligned} A(x)&=-2(x^2-10x)\\ &=-2[(x-5)^2-25]\\ &=-2(x-5)^2+50. \end{aligned}\] Le coefficient \(-2\) est négatif : le sommet \((5;50)\) est un maximum et \(5\in]0;10[\).

\(x\)\(A(x)\)\(0\)\(0^{*}\)\(5\)\(50\)\(10\)\(0^{*}\)

Les étoiles signalent que les bornes \(0\) et \(10\) sont exclues : l’aire nulle n’est pas atteinte par un rectangle autorisé. Le maximum, lui, est atteint à l’intérieur. La largeur optimale vaut \(5\) m ; la longueur vaut \(20-2\times5=10\) m ; l’aire maximale est \(5\times10=\boxed{50\ \mathrm{m}^2}\). Contrôles : \(5+5+10=20\) m de clôture et \(A(5)=50\). Le carré n’est pas optimal ici : seuls trois côtés, et non quatre, sont clôturés.

13.3 Une contrainte supplémentaire peut exclure le sommet

Supposons maintenant que le même jardin impose \(6\le x\le9\). L’optimum libre \(x=5\) est interdit. On utilise la partie décroissante du même trinôme : \[A(6)=-2\times36+20\times6=-72+120=48,\qquad A(9)=-2\times81+180=18.\]

\(x\)\(A(x)\)\(6\)\(48\)\(9\)\(18\)

Le maximum sous cette contrainte vaut \(48\ \mathrm{m}^2\), atteint pour une largeur de \(6\) m et une longueur de \(8\) m. On ne peut pas annoncer \(50\) simplement parce qu’il est écrit dans la forme canonique : cette valeur est hors du domaine autorisé.

13.4 Périmètre fixé sur quatre côtés : un autre modèle

Pour un rectangle de périmètre \(30\) m, \(2x+2L=30\), donc \(x+L=15\) et \(L=15-x\). Le domaine est \(0<x<15\). \[\begin{aligned} A(x)&=x(15-x)=-x^2+15x\\ &=-\left[x^2-15x\right]\\ &=-\left[\left(x-\frac{15}{2}\right)^2-\frac{225}{4}\right]\\ &=-\left(x-\frac{15}{2}\right)^2+\frac{225}{4}. \end{aligned}\] Le maximum est \(\frac{225}{4}=56{,}25\ \mathrm{m}^2\), atteint pour \(x=\frac{15}{2}=7{,}5\) m et \(L=7{,}5\) m. Ici l’optimum est bien un carré : la contrainte n’est pas celle des trois côtés.

\(x\)\(A(x)\)\(0\)\(0^{*}\)\(\frac{15}{2}\)\(\frac{225}{4}\)\(15\)\(0^{*}\)

Les bornes étoilées restent exclues. Confondre les deux contraintes donnerait une expression d’aire erronée, même avec un calcul de sommet correct.

13.5 Une trajectoire : maximum, durée et seuil

Une hauteur, en mètres, est modélisée après le départ par \(h(t)=-5t^2+20t+1\), où \(t\) est le temps en secondes. On utilise le modèle jusqu’au premier retour au sol.

Hauteur maximale

\[\begin{aligned} h(t)&=-5(t^2-4t)+1\\ &=-5[(t-2)^2-4]+1\\ &=-5(t-2)^2+20+1\\ &=-5(t-2)^2+21. \end{aligned}\] Le maximum est \(21\) m, atteint à \(t=2\) s, si cet instant appartient à la durée du mouvement.

Retour au sol

On résout \(h(t)=0\). Dans la forme canonique : \(5(t-2)^2=21\), donc \((t-2)^2=\frac{21}{5}=\frac{105}{25}\), d’où \[t=2-\frac{\sqrt{105}}5\quad\text{ou}\quad t=2+\frac{\sqrt{105}}5.\] Comme \(\sqrt{105}>10\), la première valeur est négative et ne décrit pas le mouvement après le départ. On retient \(T=2+\frac{\sqrt{105}}5\approx4{,}05\) s. Le domaine physique est \([0;T]\), et \(2\) lui appartient.

\(t\)\(h(t)\)\(0\)\(1\)\(2\)\(21\)\(2+\frac{\sqrt{105}}5\)\(0\)

À quels instants la hauteur est-elle au moins \(16\) m ?

\[\begin{aligned} h(t)\ge16&\iff -5t^2+20t+1-16\ge0\\ &\iff -5t^2+20t-15\ge0\\ &\iff -5(t^2-4t+3)\ge0\\ &\iff -5(t-1)(t-3)\ge0. \end{aligned}\]

\(t\)\(-\infty\)\(1\)\(3\)\(+\infty\)\(h(t)-16\)\(-\)\(0\)\(+\)\(0\)\(-\)

La solution algébrique est \([1;3]\). Cet intervalle est inclus dans le domaine physique \([0;T]\), donc l’objet est à au moins \(16\) m entre \(1\) s et \(3\) s, bornes incluses. La durée correspondante est \(3-1=2\) s. Un instant et une durée ne sont pas le même objet.

13.6 Un bénéfice : être rentable et être optimal

Dans un modèle fictif, un bénéfice est \(B(q)=-2q^2+28q-48\) pour \(q\in[0;12]\). Le seuil de rentabilité correspond à \(B(q)=0\), tandis que le bénéfice maximal correspond au sommet : deux questions différentes. \[B(q)=-2(q^2-14q+24)=-2(q-2)(q-12).\] La vérification du produit donne \(q^2-12q-2q+24=q^2-14q+24\).

\(q\)\(-\infty\)\(2\)\(12\)\(+\infty\)\(B(q)\)\(-\)\(0\)\(+\)\(0\)\(-\)

Sur le domaine \([0;12]\), le bénéfice est positif ou nul pour \(q\in[2;12]\). Pour le maximum : \[B(q)=-2[(q-7)^2-49]-48=-2(q-7)^2+98-48=-2(q-7)^2+50.\] Le maximum vaut \(50\), atteint pour \(q=7\). La valeur \(12\) est une racine, pas l’abscisse du maximum. La traduction monétaire dépendrait de l’unité choisie dans l’énoncé.

13.7 Lorsque la variable doit être entière

Un modèle donne \(C(n)=-(n-2{,}5)^2+9\), mais \(n\) doit être un entier de \(0\) à \(5\). Le sommet continu \(n=2{,}5\) n’est pas autorisé. Il faut comparer les entiers les plus proches : \[C(2)=-(-0{,}5)^2+9=8{,}75,\qquad C(3)=-(0{,}5)^2+9=8{,}75.\] Les autres entiers sont plus éloignés de \(2{,}5\) et donnent un carré plus grand, donc une valeur plus petite. Les deux maxima entiers sont atteints en \(2\) et \(3\). On ne présente pas cette suite de valeurs comme une fonction définie sur tout un intervalle réel : on utilise l’étude du trinôme continu comme un outil auxiliaire, puis on revient aux valeurs entières autorisées.

13.8 Produire un modèle puis expliquer la réponse

Essai guidé

Avec \(24\) m de clôture pour trois côtés le long d’un mur, noter \(x\) la largeur. Déterminer le domaine, l’aire, les dimensions optimales et l’aire maximale. Partir de \(2x+L=24\).

Correction expliquée

\(L=24-2x\). Les dimensions positives donnent \(0<x<12\). L’aire est \(A=x(24-2x)=-2x^2+24x\). \[A(x)=-2(x^2-12x)=-2[(x-6)^2-36]=-2(x-6)^2+72.\] Le sommet \(x=6\) est autorisé. Le maximum est \(72\ \mathrm{m}^2\), avec \(x=6\) m et \(L=24-12=12\) m. Vérifications : \(6+6+12=24\) m de clôture ; \(6\times12=72\ \mathrm{m}^2\).

À toi – essaie avant de lire la correction

Le même jardin impose maintenant \(8\le x\le11\). Déterminer l’aire maximale sous cette contrainte. Expliquer pourquoi reprendre automatiquement \(72\) serait faux.

Correction expliquée

Le sommet \(6\) n’appartient pas à \([8;11]\). La fonction est décroissante après \(6\) ; son maximum sur l’intervalle est donc atteint en \(8\) : \[A(8)=-2\times64+24\times8=-128+192=64.\] La longueur vaut \(24-2\times8=8\) m. À l’autre borne, \(A(11)=-242+264=22\).

\(x\)\(A(x)\)\(8\)\(64\)\(11\)\(22\)

Reprise – oublier le domaine

Une réponse annonce un maximum à \(x=-2\) pour une longueur imposée positive. La première erreur est l’absence de contrôle du domaine, avant même la conclusion numérique. Plus simple : pour \(f(x)=-(x+2)^2+9\) sur \([0;3]\), tout l’intervalle est après le sommet \(-2\) ; la fonction décroît. Le maximum vaut \(f(0)=-4+9=5\), pas \(9\). Nouvel essai : sur \([1;2]\), le maximum vaut \(f(1)=-9+9=0\). Revenir au modèle : toujours comparer le sommet au domaine réel de l’énoncé.

À reprendre plus tard

Reprendre plus tard un rectangle de périmètre \(20\) m, avec une dimension \(x\in[2;4]\). Déterminer les deux dimensions optimales et l’aire maximale.

Correction expliquée

L’autre dimension vaut \(10-x\) ; \(A(x)=x(10-x)=-(x-5)^2+25\). Sur \([2;4]\), on est avant le sommet \(5\), donc l’aire croît. Le maximum vaut \(A(4)=4\times6=24\ \mathrm{m}^2\) ; les côtés mesurent \(4\) m et \(6\) m. Contrôle : \(2\times4+2\times6=20\) m.

Pour vérifier ta démarche : Je construis l’expression depuis les contraintes, je vérifie les unités et je distingue racines, sommet, instant, durée et valeurs autorisées.

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14. Questions d'élèves : comprendre les distinctions décisives

Ces réponses servent à retrouver une raison précise. Les questions plus locales sont traitées près des méthodes ; ici on compare les objets que l’on confond souvent.

14.1 Une parabole a-t-elle toujours un sommet, des racines, un minimum ?

Elle a toujours un sommet, car sa forme canonique existe et est unique. Elle ne possède pas toujours des racines réelles : \(x^2+1\) n’en a aucune. Elle n’a pas toujours de minimum sur \(\mathbb{R}\) : \(-x^2+1\) a un maximum égal à \(1\) et ses valeurs deviennent aussi négatives que l’on veut. Pour \(x^2-4x+1=(x-2)^2-3\), le sommet est \((2;-3)\), le minimum \(-3\) et les racines \(2\pm\sqrt3\). Aucun de ces objets ne doit être remplacé par un autre.

14.2 Pourquoi trois racines distinctes sont-elles impossibles ?

Une équation quadratique se ramène à \((2ax+b)^2=\Delta\). Un carré fixé donne au plus deux possibilités pour \(2ax+b\). Comme \(2a\neq0\), chaque possibilité donne une seule valeur de \(x\). Trois racines distinctes ne sont donc pas possibles. Si une expression « avec des carrés » s’annule pour tous les réels, vérifier si tous ses termes se compensent : le polynôme nul n’est pas du second degré.

14.3 Une racine double compte-t-elle une fois ou deux ?

Dans \((x-3)^2=(x-3)(x-3)\), le facteur apparaît deux fois, mais l’équation ne fournit qu’un seul nombre : \(3\). L’ensemble des solutions est \(\{3\}\), pas un ensemble de deux nombres différents. On parle de multiplicité deux pour décrire la factorisation. De part et d’autre de \(3\), le carré est positif ; il n’y a pas de changement de signe. Un tableau place néanmoins un zéro au point \(3\).

14.4 Pourquoi le signe de \(a\) décide-t-il de l’orientation ?

Dans \(a(x-\alpha)^2+\beta\), l’écart au carré est positif ou nul. Le multiplier par \(a>0\) ajoute une quantité positive à \(\beta\) : le sommet est en bas. Le multiplier par \(a<0\) ajoute une quantité négative : le sommet est en haut. Ce n’est ni le signe de \(b\) ni celui de \(c\) qui décide de l’orientation. En revanche, \(a>0\) ne signifie pas que toutes les images sont positives. \(x^2-9\) est ouvert vers le haut, mais son image de zéro vaut \(-9\).

14.5 Que change la valeur absolue de \(a\) ?

À sommet fixé, prendre une abscisse à distance \(d\) du sommet produit un écart vertical de valeur absolue \(|a|d^2\). Ainsi, pour \(f(x)=(x-1)^2-2\) et \(g(x)=3(x-1)^2-2\), le même écart horizontal \(d=2\) donne respectivement \(4\) et \(12\) unités au-dessus du sommet. La seconde courbe monte plus vite lorsqu’on s’éloigne de l’axe. Cette comparaison suppose un repère de même échelle et un sommet fixé. Changer \(a\) dans \(ax^2+bx+c\) en gardant seulement \(b,c\) fixes peut aussi déplacer le sommet.

14.6 La symétrie rend-elle la fonction paire ?

Une fonction est paire lorsque \(f(-x)=f(x)\) pour tout \(x\) : sa courbe est symétrique par rapport à l’axe vertical \(x=0\). Une parabole peut avoir pour axe \(x=\alpha\neq0\), sans être paire. Par exemple, \(f(x)=(x-2)^2\) vérifie \(f(1)=1\) et \(f(-1)=9\), donc n’est pas paire. Pour \(f(x)=ax^2+bx+c\), \[f(-x)=ax^2-bx+c,\quad f(-x)-f(x)=-2bx.\] L’égalité pour tous les réels exige \(b=0\) et cette condition suffit. La fonction recentrée \(u\mapsto f(\alpha+u)=au^2+\beta\) est, elle, toujours paire en \(u\).

14.7 Pourquoi \(c\) n’est-il pas nécessairement le minimum ?

\(c=f(0)\), car \(a\times0^2+b\times0+c=c\). Le minimum éventuel vaut \(f(\alpha)\), pas forcément \(f(0)\). Pour \(f(x)=x^2-4x+1\), \(c=1\) mais le minimum vaut \(-3\), atteint en \(2\). Le nombre \(c\) est une ordonnée à l’origine ; la valeur \(\beta\) est une ordonnée au sommet.

14.8 Est-ce que « aucune solution » signifie que le calcul a échoué ?

Non. Dans \(x^2+1=0\), le résultat \(\varnothing\) est une réponse mathématique complète dans \(\mathbb{R}\) : il n’existe aucun réel dont le carré vaut \(-1\). Le chapitre travaille dans les réels. Les nombres complexes ne sont ni supposés connus ni nécessaires pour justifier cette impossibilité.

14.9 Peut-on simplifier une somme comme un produit ?

Non. Dans \(\frac{2+2\sqrt7}{6}\), factoriser d’abord le numérateur donne \(\frac{2(1+\sqrt7)}{2\times3}=\frac{1+\sqrt7}{3}\). Le facteur \(2\) est commun à tout le numérateur. En revanche, \(\frac{2+\sqrt7}{6}\) ne devient pas \(\frac{1+\sqrt7}{3}\) : seul le premier terme avait été divisé par \(2\). On pourrait écrire \(\frac{1+\frac12\sqrt7}{3}\), mais ce n’est pas une simplification utile. Garder la première fraction est plus lisible.

14.10 À quoi sert une valeur exacte si j’ai une calculatrice ?

\(\sqrt2\) est une valeur exacte ; \(1{,}41\) en est une approximation. Or \(1{,}41^2=1{,}9881\), pas exactement \(2\). Une approximation introduite trop tôt peut fausser une annulation ou faire inclure une borne interdite. Pour une équation, conserver les fractions et racines carrées ; pour une longueur ou un temps à présenter au centième, donner d’abord la valeur exacte puis l’arrondi demandé avec \(\approx\). Une lecture graphique est elle aussi approximative, sauf donnée explicitement exacte.

14.11 Tester trois nombres prouve-t-il le signe sur tout un intervalle ?

Tester quelques valeurs constitue un contrôle, pas une démonstration générale. Pour un produit de facteurs affines, on prouve le signe de chaque facteur sur chaque intervalle, puis celui du produit. Cela justifie toute la case du tableau. Si \(f(x)=(x-1)(x-3)\), tester \(x=0\) donne une valeur positive ; cela ne prouve pas \(f(x)>0\) sur \([0;4]\), puisque \(f(2)=-1\). La connaissance des racines et des facteurs indique où le signe peut changer.

14.12 Un zéro au dénominateur peut-il devenir autorisé après simplification ?

Non. \(\frac{x^2-4}{x-2}=x+2\) seulement pour \(x\neq2\). La formule simplifiée peut être calculée en \(2\), mais la fraction d’origine y est toujours indéfinie. C’est pourquoi une double barre reste nécessaire dans son tableau de signes et \(2\) ne peut jamais appartenir à son ensemble de solutions. Une racine autorisée se note zéro ; une valeur interdite ne se note jamais zéro pour l’expression entière.

14.13 Le discriminant change-t-il lorsque je multiplie l’équation ?

Oui, mais pas son signe si le multiplicateur est non nul. \(x^2-1=0\) a pour discriminant \(4\). L’équation équivalente \(3x^2-3=0\) a pour discriminant \(36\). Les racines restent \(-1\) et \(1\). La raison est \(\Delta_{\lambda f}=\lambda^2\Delta_f\) avec \(\lambda\neq0\). Le facteur \(\lambda^2\) est strictement positif. Une liste de valeurs de discriminants n’a donc de sens qu’en précisant les coefficients de départ.

14.14 Sommet et racine suffisent-ils à retrouver la fonction ?

Parfois. Avec le sommet \((\alpha;\beta)\) et une racine \(r\), on écrit \(0=a(r-\alpha)^2+\beta\). Si \(r\neq\alpha\), alors \(a=-\frac\beta{(r-\alpha)^2}\), sous réserve que \(a\neq0\) et que les données soient compatibles. Si \(r=\alpha\), l’équation exige \(\beta=0\), mais ne fixe pas \(a\). Par exemple, \(x^2\) et \(-3x^2\) ont le même sommet \((0;0)\) et la même racine double \(0\). La donnée n’est pas suffisante.

14.15 Faut-il refaire toutes les méthodes et toutes les preuves ?

Non. Une méthode appropriée suffit pour résoudre une question, sauf consigne contraire. Le cours donne des alternatives afin de reconnaître les cas et de comprendre les liens. Il ne transforme pas automatiquement ces alternatives en exigences supplémentaires pour un devoir. Une preuve ne se récite pas comme un texte : il faut connaître les hypothèses, l’idée directrice, les opérations autorisées et la conclusion. La section 17 permet de retrouver chaque démonstration.

Trois affirmations à justifier

1. « Une fonction croissante est positive. » 2. « Une racine double ne change pas le signe d’un trinôme. » 3. « Si deux trinômes ont les mêmes racines, ce sont les mêmes fonctions. »

Correction expliquée

1. Faux : \(x^2-4\) est croissante sur \([0;1]\), mais ses images y sont comprises entre \(-4\) et \(-3\). 2. Vrai : la forme \(a(x-r)^2\) garde le signe de \(a\) des deux côtés de \(r\) ; elle est nulle seulement en \(r\). 3. Faux : \((x-1)(x-2)\) et \(3(x-1)(x-2)\) ont les mêmes racines, mais leurs images de zéro sont respectivement \(2\) et \(6\).

Pour vérifier ta démarche : Je réponds à une affirmation générale par une preuve ou un contre-exemple autorisé, pas par une impression tirée d’une figure.

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15. Réparer une erreur : retrouver la première ligne en cause

Une erreur finale peut venir d’un geste ancien, pas du théorème nouveau. Reprendre signifie identifier la première ligne non équivalente, rappeler la règle, refaire un exemple plus simple, puis revenir au calcul initial. Les reprises suivantes complètent celles placées dans les méthodes.

15.1 Un signe moins oublié dans une substitution

Reprendre après une erreur

Erreur observée dans une copie fictive : pour \(f(x)=-2x^2+3x+1\), écrire \(f(-2)=-2\times(-2)^2+3\times2+1\). La première erreur est le remplacement de \(x\) par \(2\) dans le second terme : il faut remplacer chaque occurrence par \(-2\). Plus simple : si \(g(x)=3x+1\), alors \(g(-2)=3\times(-2)+1=-6+1=-5\). Retour : \[f(-2)=-2\times(-2)^2+3\times(-2)+1=-2\times4-6+1=-8-6+1=-13.\] Nouvel essai : calculer \(f(-1)\). Correction : \(f(-1)=-2\times1-3+1=-4\).

15.2 Un carré développé sans ses deux produits croisés

Reprendre après une erreur

Erreur : \((x-3)^2=x^2+9\). Le carré est un produit de deux parenthèses, pas la somme des carrés. \[(x-3)^2=(x-3)(x-3)=x\times x+x\times(-3)+(-3)\times x+(-3)\times(-3).\] Donc \((x-3)^2=x^2-3x-3x+9=x^2-6x+9\). Plus simple : \((2-1)^2=1\), tandis que \(2^2+1^2=5\) : l’égalité proposée ne peut pas être une identité. Nouvel essai : développer \((2x+1)^2\). Correction : \((2x)(2x)+(2x)1+1(2x)+1\times1=4x^2+2x+2x+1=4x^2+4x+1\).

15.3 La compensation de la forme canonique a disparu

Reprendre après une erreur

Erreur : \(x^2+6x+1=(x+3)^2+1\). Le carré ajouté produit déjà une constante \(9\) ; elle doit être retirée. Rappel : \((x+3)^2=x^2+6x+9\), donc \(x^2+6x=(x+3)^2-9\). Retour : \(x^2+6x+1=(x+3)^2-9+1=(x+3)^2-8\). Nouvel essai : mettre \(2x^2+12x+1\) sous forme canonique. Correction : \[2(x^2+6x)+1=2[(x+3)^2-9]+1=2(x+3)^2-18+1=2(x+3)^2-17.\] Le contrôle développé donne \(2x^2+12x+18-17=2x^2+12x+1\). La compensation \(-9\) était aussi multipliée par \(2\).

15.4 Une seule branche de l’équation carré

Reprendre après une erreur

Erreur : \((x-2)^2=9\) donnerait seulement \(x-2=3\). Il manque \(x-2=-3\). Plus simple : les deux nombres \(2\) et \(-2\) ont pour carré \(4\). Retour : \(x-2=3\) donne \(x=5\) ; \(x-2=-3\) donne \(x=-1\). Nouvel essai : \((2x+1)^2=16\). Correction : \(2x+1=4\) ou \(2x+1=-4\). Soustraire \(1\) donne \(2x=3\) ou \(2x=-5\) ; diviser par \(2\) donne \(x=\frac32\) ou \(x=-\frac52\). Vérifier : \(2\times\frac32+1=4\) et \(2\times(-\frac52)+1=-4\) ; les deux carrés valent \(16\).

15.5 Un discriminant faux malgré la bonne formule

Reprendre après une erreur

Erreur : pour \(2x^2-5x-3\), écrire \(\Delta=-5^2-4\times2\times(-3)=-1\). Le coefficient \(b\) est \(-5\), donc \(b^2=(-5)^2=25\), pas \(-25\). Retour : \[\Delta=(-5)^2-4\times2\times(-3)=25-(-24)=49.\] Nouvel essai : calculer le discriminant de \(-x^2-2x+3\). Correction : \(a=-1\), \(b=-2\), \(c=3\) ; \(\Delta=(-2)^2-4\times(-1)\times3=4-(-12)=16\). Les deux signes négatifs ont des fonctions différentes : l’un appartient à un coefficient, l’autre à une soustraction.

15.6 Oublier le coefficient dominant dans la factorisation

Reprendre après une erreur

Erreur : des racines \(-1\) et \(2\) conduisent à \(2x^2-2x-4=(x+1)(x-2)\). Le membre de droite a un coefficient dominant égal à \(1\). Le membre de gauche a un coefficient dominant égal à \(2\). Retour : \(2x^2-2x-4=2(x+1)(x-2)\). Développer donne \(2(x^2-x-2)\), donc la bonne expression. Nouvel essai : factoriser \(-3x^2+3x+6\), sachant que ses racines sont \(-1\) et \(2\). Correction : \(-3(x+1)(x-2)=-3(x^2-x-2)=-3x^2+3x+6\).

15.7 Des crochets choisis sans relire la question

Reprendre après une erreur

Erreur : résoudre \((x-1)(x+2)>0\) avec \([-2;1]\). Deux problèmes sont confondus : le produit est négatif entre les racines, et les bornes l’annulent alors que l’inégalité est stricte. Retour : ordonner \(-2<1\), construire le signe puis sélectionner \(+\) :

\(x\)\(-\infty\)\(-2\)\(1\)\(+\infty\)\((x-1)(x+2)\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)

La solution est \(]-\infty;-2[\cup]1;+\infty[\). Nouvel essai : résoudre \((x-1)(x+2)\le0\). Correction : sélectionner la zone \(-\) et les deux zéros donne \([-2;1]\). Le même tableau sert ; seule la sélection change.

15.8 Une valeur interdite transformée en zéro

Reprendre après une erreur

Erreur : dans \(\frac{(x-1)(x+2)}{x-1}=x+2\), répondre que \(x=1\) est autorisé. La simplification exige \(x-1\neq0\). Le domaine initial reste \(\mathbb{R}\setminus\{1\}\). Plus simple : \(\frac00\) n’est pas égal à \(0\) ; le quotient n’est pas défini. Nouvel essai : résoudre \(\frac{x^2-1}{x-1}\ge0\). Correction : le domaine exclut \(1\) ; sur ce domaine, \(\frac{(x-1)(x+1)}{x-1}=x+1\). Il faut donc \(x\ge-1\) et \(x\neq1\), soit \([-1;1[\cup]1;+\infty[\).

15.9 Un tableau de variations utilisé comme tableau de signes

Reprendre après une erreur

Erreur : « La flèche descend, donc \(f(x)<0\). » La flèche compare des images entre elles, pas à zéro. Plus simple : \(x^2+1\) décroît sur \(]-\infty;0]\), mais toutes ses valeurs sont positives puisque \(x^2+1\ge1\). Nouvel essai : sur \([0;1]\), donner le signe et les variations de \(x^2-4\). Correction : le carré croît de \(0\) à \(1\), donc \(x^2-4\) croît de \(-4\) à \(-3\). Il reste négatif partout sur cet intervalle. Revenir à la première phrase : une flèche descendante signifie « les images diminuent » et rien de plus sur leur signe.

Retrouver la première erreur

Une copie écrit \[-2(x-3)^2+8=0\quad\Longrightarrow\quad(x-3)^2=-4\quad\Longrightarrow\quad\mathcal S=\varnothing.\] Identifier la première erreur, corriger et vérifier les solutions.

Correction expliquée

Soustraire \(8\) donne \(-2(x-3)^2=-8\). Diviser par \(-2\) donne \(\frac{-8}{-2}=4\), pas \(-4\). L’erreur est dans la première implication affichée. On résout \((x-3)^2=4\), donc \(x-3=2\) ou \(x-3=-2\), d’où \(x=5\) ou \(x=1\). Contrôles : \(-2(5-3)^2+8=-8+8=0\) et \(-2(1-3)^2+8=-8+8=0\).

À reprendre plus tard

À une autre séance, refaire une des reprises qui t’a posé problème avec sa consigne cachant la correction. Pour un nouveau test : résoudre \(-3(x+1)^2+12=0\) et justifier chaque opération.

Correction expliquée

Soustraire \(12\) donne \(-3(x+1)^2=-12\) ; diviser par \(-3\neq0\) donne \((x+1)^2=4\). Les deux branches \(x+1=2\) et \(x+1=-2\) donnent \(x=1\) et \(x=-3\). Dans les deux cas, le carré vaut \(4\) et l’expression initiale vaut \(-12+12=0\).

Pour vérifier ta démarche : Je nomme la première transformation incorrecte et sa règle ; je ne me contente pas de remplacer la dernière réponse par la bonne.

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16. Parcours autonomes : produire, choisir et justifier

Ce parcours met ensemble des gestes déjà enseignés. Fais chaque tentative sur une feuille en masquant sa correction. Les indices servent à débloquer le départ ; ils ne dispensent pas de rédiger les étapes. Une réponse juste obtenue en recopiant le modèle n’a pas la même signification qu’une résolution refaite sans aide.

16.1 Parcours guidé : de l’expression au tableau

Tentative A – l’aide porte sur l’organisation, pas sur les réponses

On considère \(f(x)=-2x^2+8x-6\) sur \([0;5]\).

  1. Repère \(a,b,c\). Mets \(-2\) en facteur dans les deux termes contenant \(x\).

  2. Complète le carré dans la parenthèse et détermine la forme canonique.

  3. Détermine le sommet, puis calcule séparément \(f(0)\) et \(f(5)\). Construis le tableau de variations sur le domaine demandé.

  4. Résous \(f(x)=0\) en partant de la forme canonique. Factorise ensuite \(f\).

  5. Construis le tableau de signes sur \(\mathbb{R}\), puis résous \(f(x)\ge0\) sur \([0;5]\).

  6. Explique la différence entre les informations contenues dans les deux tableaux.

Indice ciblé. Le carré \((x-2)^2\) contient \(x^2-4x\). Pour la dernière résolution, ne garde que les nombres appartenant au domaine de départ.

Correction A – forme canonique et valeurs à placer

Les coefficients sont \(a=-2\), \(b=8\) et \(c=-6\). Pour mettre \(-2\) en facteur, on écrit \(8x=(-2)(-4x)\) : \[f(x)=-2(x^2-4x)-6.\] Or \((x-2)^2=x^2-4x+4\), donc \(x^2-4x=(x-2)^2-4\). On remplace puis on distribue : \[\begin{aligned} f(x)&=-2\bigl[(x-2)^2-4\bigr]-6\\ &=-2(x-2)^2+(-2)(-4)-6\\ &=-2(x-2)^2+8-6\\ &=\boxed{-2(x-2)^2+2}. \end{aligned}\] On lit \(\alpha=2\) et \(\beta=2\). Le sommet est \(S(2;2)\). Puisque \(a<0\), la fonction croît jusqu’à \(2\), puis décroît. Le nombre \(2\) appartient à \([0;5]\) : il doit figurer entre les bornes du tableau. \[\begin{aligned} f(0)&=-2\times0^2+8\times0-6=-6,\\ f(5)&=-2\times5^2+8\times5-6\\ &=-2\times25+40-6=-50+40-6=-16. \end{aligned}\]

\(x\)\(f(x)\)\(0\)\(-6\)\(2\)\(2\)\(5\)\(-16\)

Le maximum sur \([0;5]\) est \(2\), atteint pour \(x=2\). Le minimum est \(-16\), atteint pour \(x=5\) : il faut comparer les deux extrémités, et non prendre automatiquement celle de gauche.

Correction A – racines, signe et conclusion

\[\begin{aligned} f(x)=0&\iff -2(x-2)^2+2=0\\ &\iff -2(x-2)^2=-2\\ &\iff \frac{-2(x-2)^2}{-2}=\frac{-2}{-2}\\ &\iff (x-2)^2=1\\ &\iff x-2=-1\ \text{ou}\ x-2=1\\ &\iff x=1\ \text{ou}\ x=3. \end{aligned}\] La division se fait par le coefficient \(-2\), qui est non nul, pas par l’expression \(x-2\). La factorisation est \[\boxed{f(x)=-2(x-1)(x-3)}.\] Le coefficient \(-2\) est négatif. Les deux facteurs du premier degré donnent le tableau suivant.

\(x\)\(-\infty\)\(1\)\(3\)\(+\infty\)\(-2\)\(-\)\(-\)\(-\)\(-\)\(-\)\(x-1\)\(-\)\(0\)\(+\)\(+\)\(+\)\(x-3\)\(-\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(f(x)\)\(-\)\(0\)\(+\)\(0\)\(-\)

On veut les cases positives ou nulles, donc \(f(x)\ge0\) sur \(\mathbb{R}\) pour \(x\in[1;3]\). Cet intervalle est inclus dans \([0;5]\) : la solution demandée est aussi \(\boxed{[1;3]}\).

Justification personnelle possible. Le tableau de variations compare les images lorsque \(x\) augmente ; ici elles montent puis descendent. Le tableau de signes compare chaque image à zéro ; ici elle est positive entre les racines. « Croissante » ne signifie donc pas « positive ». Pour vérifier ta démarche : Les bornes \(0,5\) ne sont pas confondues avec les racines \(1,3\) ; les valeurs \(-6,2,-16\) sont placées dans la ligne de \(f(x)\) ; la conclusion répond sur le domaine demandé.

16.2 Parcours sans méthode annoncée

Tentative B – annoncer ton premier geste avant de calculer

Résous dans \(\mathbb{R}\) les trois équations suivantes. Pour chacune, écris d’abord la raison de ton choix de méthode. \[\text{a) }(x-3)^2-9=7;\qquad \text{b) }6x^2+9x=0;\qquad \text{c) }2x^2+x-4=0.\] Indices à consulter seulement en cas de blocage. En a), le carré est déjà isolable. En b), tous les termes ont un facteur commun. En c), une méthode générale évite de deviner les racines.

Correction expliquée

a) Choix : conserver le carré. \[\begin{aligned} (x-3)^2-9=7&\iff (x-3)^2-9+9=7+9\\ &\iff (x-3)^2=16\\ &\iff x-3=-4\ \text{ou}\ x-3=4\\ &\iff \boxed{x=-1\ \text{ou}\ x=7}. \end{aligned}\] Contrôle : \((-1-3)^2-9=(-4)^2-9=16-9=7\) ; \((7-3)^2-9=4^2-9=7\).

b) Choix : facteur commun puis produit nul. On a \(6x^2=(3x)(2x)\) et \(9x=(3x)\times3\) : \[6x^2+9x=0\iff 3x(2x+3)=0.\] Donc \(3x=0\) ou \(2x+3=0\). Dans le premier cas \(x=0\). Dans le second : \[2x=-3\iff\frac{2x}{2}=\frac{-3}{2}\iff x=-\frac32.\] Ainsi \(\boxed{S=\{-\frac32;0\}}\). Diviser directement l’équation initiale par \(x\) aurait perdu la solution \(0\).

c) Choix : discriminant. Les coefficients sont \(a=2\), \(b=1\), \(c=-4\) et \(a\ne0\). \[\Delta=1^2-4\times2\times(-4)=1-(-32)=33>0.\] D’où \[\boxed{S=\left\{\frac{-1-\sqrt{33}}4;\frac{-1+\sqrt{33}}4\right\}}.\] Les deux nombres sont rangés car le dénominateur \(4\) est positif. Leur somme vaut \(-2/4=-1/2=-b/a\) ; leur produit vaut \[\frac{(-1)^2-(\sqrt{33})^2}{16}=\frac{1-33}{16}=\frac{-32}{16}=-2=\frac ca.\] Ce contrôle confirme la cohérence des deux valeurs, après la résolution qui en établit l’exhaustivité.

16.3 Changer de représentation

Tentative C – des points à l’expression, puis au signe

Une parabole a pour sommet \(S(-1;4)\) et passe par \(A(1;-4)\).

  1. Détermine la fonction \(h\) correspondante.

  2. Détermine ses racines exactes et son signe.

  3. Explique pourquoi \(h(1)=h(-3)\) sans refaire les deux substitutions.

Rappel local. Un sommet \((\alpha;\beta)\) conduit à \(h(x)=a(x-\alpha)^2+\beta\). Le point supplémentaire sert à calculer \(a\).

Correction expliquée

On écrit \(h(x)=a(x+1)^2+4\). Comme \(h(1)=-4\) : \[\begin{aligned} a(1+1)^2+4=-4&\iff 4a+4=-4\\ &\iff 4a=-8\\ &\iff a=\frac{-8}{4}=-2. \end{aligned}\] Donc \(h(x)=-2(x+1)^2+4\). Pour les racines : \[\begin{aligned} -2(x+1)^2+4=0&\iff -2(x+1)^2=-4\\ &\iff (x+1)^2=2\\ &\iff x+1=-\sqrt2\ \text{ou}\ x+1=\sqrt2\\ &\iff x=-1-\sqrt2\ \text{ou}\ x=-1+\sqrt2. \end{aligned}\] Le coefficient dominant est négatif : le signe est positif entre les racines et négatif à l’extérieur.

\(x\)\(-\infty\)\(-1-\sqrt2\)\(-1+\sqrt2\)\(+\infty\)\(h(x)\)\(-\)\(0\)\(+\)\(0\)\(-\)

Les abscisses \(1\) et \(-3\) sont à distance \(2\) de l’axe \(x=-1\) : \(1=-1+2\) et \(-3=-1-2\). La symétrie donne \(h(1)=h(-3)=-4\). Pour vérifier ta démarche : La première donnée choisit la forme ; la seconde détermine le coefficient ; les racines exactes ne sont pas remplacées par des approximations dans le tableau.

16.4 Justifier un maximum sans calculer des racines

À toi – essaie avant de lire la correction

Pour \(p(x)=-3(x-2)^2+7\), un élève affirme : « \(7\) est le maximum car je le vois dans l’expression. » Complète sa justification par une suite d’inégalités, puis explique pourquoi ce maximum est atteint.

Correction expliquée

Pour tout réel \(x\), \((x-2)^2\ge0\). En multipliant par \(-3<0\), on inverse l’inégalité : \(-3(x-2)^2\le0\). En ajoutant \(7\), on obtient \(p(x)\le7\). De plus \(p(2)=-3\times0^2+7=7\). Il y a donc à la fois une borne supérieure et un point qui l’atteint : le maximum est bien \(7\) en \(2\).

Pour vérifier ta démarche : Une justification de maximum doit établir « aucune valeur plus grande » et « une valeur qui atteint la borne ».

16.5 Étude à reprendre après un délai

Tâche différée – une même fonction, plusieurs décisions

À une prochaine séance, avant relecture, étudie \(F(x)=3x^2+6x-9\).

  1. Détermine sa forme canonique et son tableau de variations sur \([-4;2]\).

  2. Détermine ses racines, sa factorisation et son tableau de signes sur \(\mathbb{R}\).

  3. Résous \(\dfrac{F(x)}{x+1}\le0\) sur \([-4;2]\).

Aide si nécessaire. Pour la dernière question, une valeur du domaine initial devient interdite ; il faut une ligne pour le numérateur et une ligne pour le dénominateur.

Correction de la tâche différée – variations

\[\begin{aligned} F(x)&=3(x^2+2x)-9\\ &=3\bigl[(x+1)^2-1\bigr]-9\\ &=3(x+1)^2-3-9=3(x+1)^2-12. \end{aligned}\] Le sommet a pour abscisse \(-1\) et ordonnée \(-12\). Le coefficient \(3\) est positif. Aux bornes : \[F(-4)=3(-3)^2-12=27-12=15,\qquad F(2)=3\times3^2-12=15.\]

\(x\)\(F(x)\)\(-4\)\(15\)\(-1\)\(-12\)\(2\)\(15\)

Correction de la tâche différée – racines et quotient

\[\begin{aligned} F(x)=0&\iff 3(x+1)^2-12=0\\ &\iff 3(x+1)^2=12\\ &\iff (x+1)^2=4\\ &\iff x+1=-2\ \text{ou}\ x+1=2\\ &\iff x=-3\ \text{ou}\ x=1. \end{aligned}\] Ainsi \(F(x)=3(x+3)(x-1)\). Son signe est positif à l’extérieur de \([-3;1]\), négatif entre les racines. Le quotient exige \(x+1\ne0\), donc \(x\ne-1\). On construit les deux lignes avant de les combiner.

\(x\)\(-\infty\)\(-3\)\(-1\)\(1\)\(+\infty\)\(F(x)\)\(+\)\(0\)\(-\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(x+1\)\(-\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(+\)\(+\)\(\dfrac{F(x)}{x+1}\)\(-\)\(0\)\(+\)\(-\)\(0\)\(+\)

Sur \(\mathbb{R}\setminus\{-1\}\), la solution est \(]-\infty;-3]\cup]-1;1]\). On l’intersecte enfin avec le domaine demandé : \[\boxed{S=[-4;-3]\cup]-1;1]}.\] Les zéros \(-3\) et \(1\) sont inclus car l’inégalité est large et le dénominateur n’y est pas nul ; \(-1\) est exclu dans tous les cas. Pour contrôler la sélection, \(x=-4\) donne \(15/(-3)=-5\le0\), alors que \(x=-2\) donne \(-9/(-1)=9>0\).

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17. Retrouver et reconstruire les démonstrations

Une démonstration n’est pas une formule suivie du mot « donc ». Elle explique pourquoi la conclusion est vraie pour tous les objets satisfaisant les hypothèses. Les preuves complètes sont placées auprès des résultats ; ce répertoire permet de les retrouver sans les recopier une seconde fois.

17.1 Répertoire des preuves du parcours principal

Les indications de travail ci-dessous distinguent une preuve courte à reconstruire, une chaîne à comprendre et une autre voie utile à comparer. Elles ne signifient pas que toutes les preuves ont la même exigibilité dans chaque évaluation : les consignes de ton professeur restent la référence pour une interrogation donnée.

Résultat Idée directrice à retrouver Page
Résultat Idée directrice à retrouver Page
Les facteurs donnent les racines Appliquer le produit nul en utilisant \(a\ne0\). 13
Compléter le carré Développer les quatre produits, puis enlever le carré ajouté. 16
Existence de la forme canonique Factoriser \(a\), prendre la moitié de \(b/a\), compenser et réunir les constantes. 19
Unicité de la forme canonique Les coefficients imposent \(\alpha\) ; l’image de \(\alpha\) impose ensuite \(\beta\). 20
Minimum ou maximum Le carré est positif ou nul ; le signe de \(a\) fixe le sens de l’inégalité. 22
Axe de symétrie Comparer les images des abscisses \(\alpha-h\) et \(\alpha+h\). 23
Variations Comparer deux abscisses situées du même côté de \(\alpha\) ; distinguer \(a>0\) et \(a<0\). 23
Résolution générale Partir de la forme canonique ; obtenir \((2ax+b)^2=\Delta\) ; traiter les trois signes de \(\Delta\). 29
Changement d’échelle Multiplier le trinôme par \(\lambda\ne0\) multiplie le discriminant par \(\lambda^2\). 33
Factorisation réelle Reconnaître une différence de carrés lorsque \(\Delta>0\) ; traiter les deux autres cas. 35
Au plus deux racines Un troisième réel distinct des deux racines rend tous les facteurs non nuls. 36
Famille à deux racines imposées Prouver les deux sens : racines vers facteurs, puis facteurs vers racines et degré. 36
Somme et produit des racines Développer \(a(x-x_1)(x-x_2)\) et comparer les coefficients. 36
Autre preuve de somme-produit Additionner puis multiplier les deux fractions donnant les racines. 37
Signe avec deux racines Étudier chaque facteur sur trois intervalles, puis multiplier les signes. 41
Signe avec racine double Un carré est strictement positif sauf à son zéro. 42
Signe sans racine réelle Le bloc \(\left(x+\frac b{2a}\right)^2-\frac{\Delta}{4a^2}\) est strictement positif lorsque \(\Delta<0\). 43
Axe au milieu des racines Utiliser \(x_1+x_2=-b/a\) et \(\alpha=-b/(2a)\). 51
Deux points de même ordonnée Factoriser \(f(p)-f(q)\), puis utiliser \(p\ne q\). 51

17.2 Répondre à « Pourquoi ai-je le droit ? »

Quatre lignes à justifier

On étudie \(f(x)=ax^2+bx+c\), avec \(a\ne0\). Justifie chacune des opérations suivantes.

  1. Passer de \(f(x)=0\) à \(4af(x)=0\).

  2. Remplacer \(\dfrac{\Delta}{4a^2}\) par \(\left(\dfrac{\sqrt\Delta}{2a}\right)^2\) lorsque \(\Delta>0\).

  3. Conclure de \((2ax+b)^2=0\) que \(2ax+b=0\).

  4. Dire que \(f(x)\le\beta\) à partir de \(f(x)=a(x-\alpha)^2+\beta\) et \(a<0\).

Correction expliquée

1. On multiplie les deux membres par \(4a\ne0\). L’opération inverse est la division par \(4a\), donc l’équivalence est conservée. Le fait que \(4a\) puisse être négatif ne gêne pas une égalité ; ce signe compterait pour une inégalité.

2. Pour \(\Delta>0\), \(\sqrt\Delta\) est défini et son carré vaut \(\Delta\). De plus \((2a)^2=4a^2\ne0\), donc \[\left(\frac{\sqrt\Delta}{2a}\right)^2 =\frac{(\sqrt\Delta)^2}{(2a)^2} =\frac{\Delta}{4a^2}.\] On n’affirme pas que \(2a\) est positif : on élève la fraction entière au carré.

3. Le seul réel dont le carré est nul est \(0\). L’inconnue intermédiaire est ici le bloc \(2ax+b\) ; il doit donc valoir \(0\).

4. On part de \((x-\alpha)^2\ge0\). Multiplier par \(a<0\) inverse le sens : \(a(x-\alpha)^2\le0\). Ajouter \(\beta\) aux deux membres donne \(f(x)\le\beta\).

Pour vérifier ta démarche : Chaque justification doit nommer l’opération, l’objet auquel elle s’applique et la condition pertinente, pas seulement « c’est une propriété ».

17.3 Reconstituer la preuve qui relie canonique et discriminant

Essai de démonstration – masquer la correction

On suppose \(a\ne0\) et on pose \(\Delta=b^2-4ac\). On sait que \[f(x)=a\left(x+\frac b{2a}\right)^2-\frac{\Delta}{4a}.\] Sans réciter les formules des solutions, déduis-les en faisant apparaître une équation de la forme « carré = nombre ». Explique séparément les cas \(\Delta<0\), \(\Delta=0\) et \(\Delta>0\). Indice. Multiplier une égalité par \(4a\) transforme le premier coefficient en \(4a^2=(2a)^2\).

Correction expliquée

Pour tout réel \(x\) : \[\begin{aligned} f(x)=0 &\iff a\left(x+\frac b{2a}\right)^2-\frac{\Delta}{4a}=0\\ &\iff 4a\left[a\left(x+\frac b{2a}\right)^2-\frac{\Delta}{4a}\right]=4a\times0\\ &\iff 4a^2\left(x+\frac b{2a}\right)^2-\Delta=0\\ &\iff \left[2a\left(x+\frac b{2a}\right)\right]^2=\Delta\\ &\iff (2ax+b)^2=\Delta. \end{aligned}\] Dans l’avant-dernière ligne, \((uv)^2=u^2v^2\). Dans la dernière, \(2a\times\dfrac b{2a}=b\) car \(2a\ne0\).

Si \(\Delta<0\), l’équation est impossible dans \(\mathbb{R}\) : un carré réel ne peut pas être négatif. Ainsi \(S=\varnothing\).

Si \(\Delta=0\), \(2ax+b=0\), puis \(2ax=-b\) et \[x=\frac{-b}{2a}.\] Il y a une seule solution, appelée racine double du trinôme.

Si \(\Delta>0\), on a \(2ax+b=-\sqrt\Delta\) ou \(2ax+b=\sqrt\Delta\). On soustrait \(b\), puis on divise par \(2a\ne0\) : \[\boxed{x=\frac{-b-\sqrt\Delta}{2a}\quad\text{ou}\quad x=\frac{-b+\sqrt\Delta}{2a}}.\] Les deux nombres diffèrent car \(\sqrt\Delta>0\) et \(2a\ne0\). Les étapes étant des équivalences, toutes les solutions et seulement elles ont été obtenues.

À reprendre plus tard – une preuve courte sans calcul de racines

Pour \(q(x)=2(x-3)^2+1\), prouve que \(q(x)>0\) pour tout réel \(x\), puis explique pourquoi aucune factorisation réelle en deux facteurs du premier degré n’est possible.

Correction expliquée

Pour tout réel \(x\), \((x-3)^2\ge0\). Multiplier par \(2>0\) conserve le sens, puis ajouter \(1\) donne \[q(x)=2(x-3)^2+1\ge1>0.\] Donc \(q\) n’a aucune racine réelle. Un produit de deux facteurs du premier degré réels s’annulerait à la racine de chacun de ces facteurs ; il ne peut donc pas représenter \(q\).

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18. Synthèse, bilan et corrections détaillées

La synthèse sert à retrouver les outils ; elle ne remplace pas les exemples expliqués. Le bilan qui suit permet de distinguer ce que tu reconnais, ce que tu sais calculer et ce que tu peux justifier sans modèle.

18.1 Une carte de décision

Ce que tu vois ou cherches Ce qu’il faut décider et vérifier
Ce que tu vois ou cherches Ce qu’il faut décider et vérifier
Calculer \(f(k)\) Remplacer chaque \(x\) par \(k\), avec parenthèses si \(k\) est négatif ou composé. Respecter les priorités.
Un produit égal à zéro Utiliser le produit nul. Ne pas appliquer cette règle si le second membre n’est pas zéro.
Un facteur commun Réécrire les termes comme des produits, garder le facteur extérieur et les facteurs restants.
Une différence de carrés Identifier les deux carrés, puis appliquer \(U^2-V^2=(U-V)(U+V)\).
Une équation avec un carré déjà visible Isoler le carré ; distinguer second membre négatif, nul ou positif ; traiter les deux signes si nécessaire.
Une équation du second degré sans structure utile Réduire à \(ax^2+bx+c=0\), vérifier \(a\ne0\), calculer \(\Delta\) et choisir son cas.
Sommet, axe, extremum Obtenir la forme canonique. Sur un domaine restreint, vérifier si le sommet appartient au domaine.
Construire des variations Ranger les bornes et l’abscisse du sommet si elle est incluse ; calculer leurs images ; choisir les flèches avec le signe de \(a\).
Construire un signe Déterminer les zéros, les valeurs interdites et les signes par intervalle. Les signes sont entre les valeurs ; les zéros sont sous les valeurs.
Une inéquation Ramener à zéro avant le signe ; sélectionner les bons intervalles ; traiter les zéros selon \(<\) ou \(\le\) ; exclure toute valeur interdite.
Deux racines imposées Écrire \(a(x-r)(x-s)\) ; utiliser une autre information pour déterminer \(a\ne0\).
Un sommet imposé Écrire \(a(x-\alpha)^2+\beta\) ; utiliser un autre point pour déterminer \(a\).
Une intersection Résoudre \(f(x)=g(x)\), puis calculer les ordonnées des points.
Une position relative Étudier le signe de \(f(x)-g(x)\), et non le seul signe de \(f(x)\).
Un paramètre Séparer d’abord les valeurs qui annulent le coefficient dominant ou un diviseur.
Un problème d’optimisation Traduire les dimensions et contraintes ; former la fonction ; étudier son extremum sur le domaine réel du problème ; interpréter avec les unités.

Les relations qui relient tout le chapitre

Pour \(f(x)=ax^2+bx+c\) avec \(a\ne0\) : \[\Delta=b^2-4ac,\qquad \alpha=-\frac b{2a},\qquad \beta=f(\alpha)=-\frac{\Delta}{4a}.\] La forme canonique est \(f(x)=a(x-\alpha)^2+\beta\). Pour résoudre : \[f(x)=0\iff(2ax+b)^2=\Delta.\] Si \(\Delta<0\), aucune solution réelle. Si \(\Delta=0\), la racine double est \(x_0=-\dfrac b{2a}\). Si \(\Delta>0\), les deux solutions sont \[\frac{-b-\sqrt\Delta}{2a}\qquad\text{et}\qquad\frac{-b+\sqrt\Delta}{2a}.\] Si les racines réelles sont \(x_1,x_2\), comptées deux fois en cas de racine double : \[f(x)=a(x-x_1)(x-x_2),\qquad x_1+x_2=-\frac ba,\qquad x_1x_2=\frac ca.\] Ces formules ne dispensent pas de choisir une voie courte lorsque l’expression la fournit déjà.

18.2 Bilan à tenter sans le cours

Bilan – calculatrice non nécessaire

Écris tes calculs. Pour une question non commencée, note ce qui bloque : vocabulaire, premier geste, calcul, tableau ou conclusion. Les questions 3, 4 et 5 portent sur le même trinôme, mais chacune demande une information différente.

  1. Développe \(A(x)=-3(x-2)^2+12\), identifie ses coefficients et calcule \(A(-1)\).

  2. Mets \(f(x)=x^2-10x+7\) sous forme canonique, puis donne son sommet et ses variations sur \(\mathbb{R}\).

  3. Résous \(P(x)=3x^2+x-2=0\).

  4. Factorise \(P\) et calcule la somme et le produit de ses racines par deux lectures.

  5. Construis le tableau de signes de \(P\), puis résous \(P(x)\le0\) et \(P(x)>0\).

  6. Pour \(g(x)=-(x+1)^2+4\) sur \([-4;1]\), construis les variations et donne le minimum et le maximum sur cet intervalle.

  7. Résous \(\dfrac{x^2-9}{x-1}\ge0\) après avoir donné son domaine.

  8. Une fonction \(h\) a pour racines \(-2\) et \(3\) et vérifie \(h(0)=12\). Détermine \(h\), son axe et son sommet.

  9. Détermine les points d’intersection de \(y=x^2-4x+1\) et \(y=1\).

  10. Un rectangle de périmètre \(28\) m a une dimension \(x\). Détermine son aire maximale ; refais la conclusion si l’on impose \(2\le x\le5\).

  11. Selon le réel \(m\), donne le nombre de solutions réelles de \((m-2)x^2+4x+1=0\). Précise les solutions dans les cas de degré 1 et de racine double.

  12. Explique pourquoi un minimum négatif ne suffit pas, à lui seul, à conclure que la fonction est négative partout. Donne un contre-exemple du second degré.

18.3 Correction du bilan, sans raccourci de méthode

1. Développer et substituer

Le carré fournit quatre produits : \[(x-2)^2=(x-2)(x-2)=x\times x+x\times(-2)+(-2)\times x+(-2)(-2) =x^2-4x+4.\] On distribue ensuite \(-3\) à tous les termes : \[\begin{aligned} A(x)&=-3(x^2-4x+4)+12\\ &=-3x^2+(-3)(-4x)+(-3)\times4+12\\ &=-3x^2+12x-12+12=\boxed{-3x^2+12x}. \end{aligned}\] Ainsi \(a=-3\), \(b=12\), \(c=0\). Pour l’image demandée : \[A(-1)=-3(-1)^2+12(-1)=-3\times1-12=\boxed{-15}.\] On peut contrôler avec la forme initiale : \(-3(-1-2)^2+12=-3(-3)^2+12=-27+12=-15\).

2. Forme canonique et variations

On cherche un carré dont le terme croisé est \(-10x\). La moitié de \(-10\) est \(-5\) ; \[(x-5)^2=x^2-10x+25.\] Il faut donc retirer \(25\) après avoir fabriqué le carré : \[f(x)=\bigl[(x-5)^2-25\bigr]+7=\boxed{(x-5)^2-18}.\] Le sommet est \(S(5;-18)\). Comme le coefficient du carré vaut \(1>0\), la fonction décroît sur \(]-\infty;5]\) puis croît sur \([5;+\infty[\). Le minimum vaut \(-18\), atteint en \(5\).

\(x\)\(f(x)\)\(-\infty\)\(+\infty\)\(5\)\(-18\)\(+\infty\)\(+\infty\)

3. Résoudre une équation du second degré

On a \(a=3\), \(b=1\), \(c=-2\) et \(a\ne0\). Le discriminant vaut \[\Delta=1^2-4\times3\times(-2)=1-(-24)=25>0.\] Il y a donc deux solutions distinctes : \[\begin{aligned} x_1&=\frac{-1-\sqrt{25}}{2\times3}=\frac{-1-5}{6}=\frac{-6}{6}=-1,\\ x_2&=\frac{-1+\sqrt{25}}{2\times3}=\frac{-1+5}{6}=\frac46=\frac23. \end{aligned}\] Ainsi \(\boxed{S=\{-1;\frac23\}}\). Les substitutions confirment : \[P(-1)=3\times1-1-2=0,\] \[P\left(\frac23\right)=3\times\frac49+\frac23-2 =\frac43+\frac23-\frac63=\frac{4+2-6}{3}=0.\] Dans ce dernier calcul, \(2=6/3\) : toutes les fractions ont été ramenées au même dénominateur.

4. Factorisation, somme et produit

La factorisation doit conserver le coefficient dominant \(3\) : \[P(x)=3(x+1)\left(x-\frac23\right)=(x+1)(3x-2).\] Le passage utilise \(3(x-2/3)=3x-2\). En redéveloppant : \[(x+1)(3x-2)=3x^2-2x+3x-2=3x^2+x-2.\] Lecture des racines : \[x_1+x_2=-1+\frac23=-\frac33+\frac23=-\frac13, \qquad x_1x_2=(-1)\times\frac23=-\frac23.\] Lecture des coefficients : \(-b/a=-1/3\) et \(c/a=-2/3\). Les résultats concordent.

5. Construire le signe avant de lire les solutions

Les racines sont rangées : \(-1<2/3\). Le facteur \(x+1\) change de signe en \(-1\) ; le facteur \(3x-2\) change de signe en \(2/3\) et son coefficient de \(x\) est positif. On multiplie les deux lignes.

\(x\)\(-\infty\)\(-1\)\(\frac23\)\(+\infty\)\(x+1\)\(-\)\(0\)\(+\)\(+\)\(+\)\(3x-2\)\(-\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(P(x)\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)

Pour \(P(x)\le0\), on sélectionne la case négative et les deux zéros : \(\boxed{[-1;\frac23]}\). Pour \(P(x)>0\), on sélectionne les deux cases positives, sans les zéros : \(\boxed{]-\infty;-1[\cup]\frac23;+\infty[}\).

6. Variations sur un intervalle

La forme canonique donne \(a=-1\), \(\alpha=-1\), \(\beta=4\). La fonction croît jusqu’à \(-1\), puis décroît. Le sommet appartient à \([-4;1]\). Les images aux bornes sont \[g(-4)=-(-4+1)^2+4=-(-3)^2+4=-9+4=-5,\] \[g(1)=-(1+1)^2+4=-2^2+4=-4+4=0.\]

\(x\)\(g(x)\)\(-4\)\(-5\)\(-1\)\(4\)\(1\)\(0\)

Le maximum sur cet intervalle est \(4\), atteint en \(-1\). Pour le minimum, on compare les extrémités : \(-5<0\) ; le minimum est donc \(-5\), atteint en \(-4\).

7. Quotient et valeur interdite

Le dénominateur exige \(x-1\ne0\), donc \(D=\mathbb{R}\setminus\{1\}\). On factorise le numérateur : \[x^2-9=x^2-3^2=(x-3)(x+3).\] Les zéros du numérateur sont \(-3\) et \(3\) ; son signe est positif à l’extérieur de ces deux valeurs, négatif entre elles. Le dénominateur est négatif avant \(1\) et positif après \(1\).

\(x\)\(-\infty\)\(-3\)\(1\)\(3\)\(+\infty\)\(x^2-9\)\(+\)\(0\)\(-\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(x-1\)\(-\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(+\)\(+\)\(\dfrac{x^2-9}{x-1}\)\(-\)\(0\)\(+\)\(-\)\(0\)\(+\)

On garde le signe positif et les zéros \(-3,3\), mais jamais la valeur interdite \(1\). Ainsi \[\boxed{S=[-3;1[\cup[3;+\infty[}.\] Par exemple \(x=0\) donne \((-9)/(-1)=9\ge0\) ; \(x=2\) donne \((-5)/1=-5<0\).

8. Reconstruire une fonction

Les deux racines distinctes conduisent à \(h(x)=a(x+2)(x-3)\) avec \(a\ne0\). Puis \[12=h(0)=a\times2\times(-3)=-6a.\] On divise par \(-6\ne0\) : \(a=12/(-6)=-2\). Ainsi \[\boxed{h(x)=-2(x+2)(x-3)}.\] Pour développer : \[(x+2)(x-3)=x^2-3x+2x-6=x^2-x-6,\] \[h(x)=-2x^2+2x+12.\] L’axe est au milieu des racines : \(\alpha=(-2+3)/2=1/2\). L’ordonnée du sommet est \[\begin{aligned} h\left(\frac12\right) &=-2\left(\frac12+2\right)\left(\frac12-3\right)\\ &=-2\times\frac52\times\left(-\frac52\right) =\frac{50}{4}=\frac{25}{2}. \end{aligned}\] Donc l’axe est \(x=1/2\) et le sommet est \(\boxed{S(\frac12;\frac{25}{2})}\).

9. Intersections avec une droite horizontale

Une intersection possède la même ordonnée sur les deux courbes : \[x^2-4x+1=1\iff x^2-4x=0\iff x(x-4)=0.\] Le produit nul donne \(x=0\) ou \(x=4\). Sur la droite, \(y=1\) dans les deux cas. Les points demandés sont donc \(\boxed{(0;1)\text{ et }(4;1)}\), et non seulement les deux abscisses.

10. Aire et contrainte supplémentaire

Si l’autre dimension est \(y\), le périmètre impose \(2x+2y=28\). Diviser par \(2\) donne \(x+y=14\), donc \(y=14-x\). Pour un rectangle non dégénéré, \(x>0\) et \(14-x>0\), soit \(0<x<14\). \[\begin{aligned} A(x)&=x(14-x)=14x-x^2=-(x^2-14x)\\ &=-\bigl[(x-7)^2-49\bigr]=-(x-7)^2+49. \end{aligned}\] Le maximum sur \(]0;14[\) est \(49\,\mathrm{m}^2\), atteint en \(x=7\) m. Si \(x\in[2;5]\), le sommet \(7\) n’appartient plus au domaine. Toute cette partie est située à gauche de \(7\), donc \(A\) y est croissante. Les valeurs sont \(A(2)=2\times12=24\) et \(A(5)=5\times9=45\).

\(x\)\(A(x)\)\(2\)\(24\)\(5\)\(45\)

Avec cette contrainte, le maximum est donc \(\boxed{45\,\mathrm{m}^2}\) pour des dimensions \(5\) m et \(9\) m. Il n’est plus égal à l’ordonnée du sommet de la parabole entière.

11. Paramètre et changement de degré

Le coefficient de \(x^2\) est \(m-2\). Si \(m=2\), l’équation est du premier degré : \[4x+1=0\iff4x=-1\iff x=-\frac14.\] Si \(m\ne2\), elle est du second degré et \[\Delta=4^2-4(m-2)\times1=16-4m+8=24-4m=4(6-m).\] Le facteur \(4\) est positif. On obtient deux solutions si \(m<6\) et \(m\ne2\), une solution double si \(m=6\), aucune solution réelle si \(m>6\). Pour \(m=6\), le coefficient dominant est \(4\), donc \[x_0=-\frac4{2\times4}=-\frac48=-\frac12.\] La valeur \(m=2\) reste un cas séparé : on ne la réintroduit pas dans une formule divisant par \(m-2\).

12. Une borne inférieure n’est pas un signe global

Pour \(f(x)=x^2-1\), le minimum vaut \(-1\), atteint en \(0\). Pourtant \(f(2)=4-1=3>0\). L’affirmation est donc fausse. Un minimum négatif signifie qu’au moins une valeur négative est atteinte, mais pas que toutes les valeurs le sont. Pour conclure \(f(x)<0\) partout, il faudrait disposer d’un maximum strictement négatif.

18.4 Comment exploiter tes erreurs

Si tu as confondu signe et variation, retourne à la comparaison des deux tableaux de la section 5. Si tu as mal choisi les bornes, reprends la lecture d’intervalles de la section 1 et les exemples du signe de la section 8. Pour un développement ou un discriminant faux, refais d’abord la substitution, les produits et les parenthèses : une formule mémorisée ne répare pas un signe perdu.

Étude finale différée – à faire avant de rouvrir le modèle

À une prochaine séance, étudie \(F(x)=2x^2-12x+10\) sur \([0;6]\) : forme canonique, sommet, tableau de variations, racines, forme factorisée, tableau de signes, puis solutions de \(F(x)\le0\). Termine par une phrase expliquant le choix de la forme pour chaque question.

Correction de l’étude finale – de la forme canonique aux variations

\[\begin{aligned} F(x)&=2(x^2-6x)+10\\ &=2\bigl[(x-3)^2-9\bigr]+10\\ &=2(x-3)^2-18+10\\ &=\boxed{2(x-3)^2-8}. \end{aligned}\] Le sommet est \(S(3;-8)\). Comme \(a=2>0\), la fonction décroît puis croît autour de \(3\). Sur \([0;6]\), on doit aussi calculer les deux extrémités : \[F(0)=10,\qquad F(6)=2\times36-12\times6+10=72-72+10=10.\]

\(x\)\(F(x)\)\(0\)\(10\)\(3\)\(-8\)\(6\)\(10\)

Correction de l’étude finale – racines, signe et choix

La forme canonique évite un discriminant : \[\begin{aligned} F(x)=0&\iff2(x-3)^2-8=0\\ &\iff2(x-3)^2=8\\ &\iff(x-3)^2=4\\ &\iff x-3=-2\ \text{ou}\ x-3=2\\ &\iff x=1\ \text{ou}\ x=5. \end{aligned}\] On obtient \(F(x)=2(x-1)(x-5)\). Le coefficient \(2\) est positif ; on construit les lignes des facteurs.

\(x\)\(-\infty\)\(1\)\(5\)\(+\infty\)\(x-1\)\(-\)\(0\)\(+\)\(+\)\(+\)\(x-5\)\(-\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(F(x)\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)

Ainsi \(F(x)\le0\) pour \(x\in[1;5]\), intervalle déjà inclus dans \([0;6]\). La forme canonique donne le sommet et les variations, et elle permet ici de résoudre une équation carré simple. La forme factorisée montre ensuite les racines et explique le signe. La forme développée reste utile pour vérifier des images et les coefficients.

Je dois savoir faire seul – avant de passer aux compléments

Pour chacun de ces gestes, je dois pouvoir démarrer, expliquer ma méthode, effectuer le calcul et contrôler la conclusion :

  • reconnaître le degré, identifier les coefficients et calculer une image ;

  • développer, factoriser et compléter un carré sans perdre les signes ;

  • comprendre et utiliser les formes développée, canonique et factorisée ;

  • déterminer un sommet, un axe, un extremum et de vraies variations sur un domaine donné ;

  • résoudre une équation en choisissant entre structure et discriminant ;

  • utiliser les racines, leur somme et leur produit ;

  • construire et lire un tableau de signes, avec zéros et valeurs interdites ;

  • résoudre une inéquation et écrire correctement l’ensemble des solutions ;

  • relier une expression, un tableau et une courbe ;

  • reconstruire une fonction, comparer des courbes et traiter un paramètre ;

  • modéliser puis optimiser en respectant les contraintes et les unités ;

  • retrouver l’idée et les conditions d’une démonstration centrale.

Une réponse seule ne montre pas encore la méthode. Les étapes, les conditions et le contrôle permettent d’identifier ce qui reste à travailler.

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19. Prolongements -- facultatifs et indépendants du parcours principal

Ces compléments réutilisent les acquis du chapitre dans d’autres situations. Ils ne sont pas nécessaires pour comprendre les sections précédentes. En particulier, la dérivation n’a été utilisée ni pour construire la forme canonique ni pour démontrer les variations.

19.1 Le lien avec la dérivation, lorsqu’elle sera étudiée

Rappel de sens pour ce complément

Le nombre dérivé \(f'(x)\) décrit le taux de variation instantané d’une fonction au point d’abscisse \(x\). Il s’obtient, lorsqu’il existe, à partir du quotient \[\frac{f(x+h)-f(x)}h\qquad(h\ne0)\] lorsque \(h\) se rapproche de zéro. Ce passage à une limite et le théorème reliant signe de la dérivée et variations appartiennent au cours de dérivation. Ici, on montre comment le calcul du second degré s’y insère.

Calcul du taux d’accroissement d’un trinôme

Pour \(f(x)=ax^2+bx+c\) et \(h\ne0\) : \[\begin{aligned} f(x+h)-f(x) &=a(x+h)^2+b(x+h)+c-(ax^2+bx+c)\\ &=a(x^2+2xh+h^2)+bx+bh+c-ax^2-bx-c\\ &=ax^2+2axh+ah^2+bx+bh+c-ax^2-bx-c\\ &=2axh+ah^2+bh\\ &=h(2ax+ah+b). \end{aligned}\] La simplification du facteur \(h\) est autorisée car \(h\ne0\) : \[\frac{f(x+h)-f(x)}h=\frac{h(2ax+ah+b)}h=2ax+ah+b.\] Lorsque \(h\) tend vers \(0\), \(ah\) tend vers \(0\) ; on obtient donc \[\boxed{f'(x)=2ax+b}.\] La dérivée s’annule pour \(2ax+b=0\), soit \(x=-b/(2a)=\alpha\). On retrouve exactement l’abscisse du sommet.

Pour \(F(x)=2x^2-12x+10\), on a \(F'(x)=4x-12=4(x-3)\). Le signe de cette expression affine est :

\(x\)\(-\infty\)\(3\)\(+\infty\)\(F'(x)\)\(-\)\(0\)\(+\)

Le théorème du cours de dérivation transforme les signes de \(F'\) en sens de variation de \(F\). Comme \(F(3)=2\times9-12\times3+10=18-36+10=-8\), on retrouve :

\(x\)\(F(x)\)\(-\infty\)\(+\infty\)\(3\)\(-8\)\(+\infty\)\(+\infty\)

Le tableau de signes de \(F'\) et celui des variations de \(F\) ne portent pas sur la même expression. Le signe de \(F'\) n’est pas le signe de \(F\).

19.2 Deux nombres connaissant leur somme et leur produit

Propriété

Deux réels \(u,v\) de somme \(S\) et de produit \(P\) sont les deux racines, éventuellement confondues, de \[X^2-SX+P=0.\] Réciproquement, les deux racines réelles de cette équation ont pour somme \(S\) et pour produit \(P\). De tels réels existent exactement lorsque \(S^2-4P\ge0\).

Démonstration des deux sens

Si \(u+v=S\) et \(uv=P\), alors \[(X-u)(X-v)=X^2-vX-uX+uv=X^2-(u+v)X+uv=X^2-SX+P.\] Ainsi \(u,v\) sont les racines de l’équation. Réciproquement, si l’équation possède deux racines réelles, les formules de somme et de produit appliquées à \(a=1\), \(b=-S\), \(c=P\) donnent \[u+v=-\frac{-S}{1}=S,\qquad uv=\frac P1=P.\] L’existence de racines réelles équivaut au discriminant \((-S)^2-4\times1\times P=S^2-4P\ge0\).

Exemple – somme \(9\) et produit \(14\)

On résout \(X^2-9X+14=0\). Son discriminant vaut \((-9)^2-4\times14=81-56=25\). Donc \[X_1=\frac{9-5}{2}=2,\qquad X_2=\frac{9+5}{2}=7.\] Les nombres cherchés sont \(2\) et \(7\). Le contrôle utilise les données initiales : \(2+7=9\) et \(2\times7=14\).

À toi – essaie avant de lire la correction

Peut-on trouver deux nombres réels de somme \(4\) et de produit \(5\) ? Justifie sans inventer de valeurs approchées.

Correction expliquée

L’équation associée est \(X^2-4X+5=0\). Son discriminant vaut \(16-20=-4<0\) : il n’existe pas de tels réels. Une autre justification : si \(u+v=4\), alors \(v=4-u\) et \(uv=u(4-u)=-(u-2)^2+4\le4\). Le produit ne peut donc pas valoir \(5\).

19.3 Réduire un degré trois à un degré deux

Une racine connue suggère un facteur

Si \(P(r)=0\), on cherche un facteur \(x-r\). Pour un polynôme de degré trois, le facteur restant est du second degré : on peut alors réutiliser les méthodes du chapitre. Un regroupement visible est à privilégier ; sinon on peut développer \((x-r)(Ax^2+Bx+C)\) et déterminer les coefficients.

Exemple complet – regroupement puis différence de carrés

Soit \(P(x)=x^3-4x^2-x+4\). \[\begin{aligned} P(x)&=(x^3-4x^2)+(-x+4)\\ &=x^2(x-4)-1(x-4)\\ &=(x^2-1)(x-4)\\ &=(x-1)(x+1)(x-4). \end{aligned}\] Le signe \(-1\) du deuxième groupe vient de \(-x+4=-(x-4)\) : le facteur restant n’est pas \(+1\). Les trois racines sont \(-1\), \(1\) et \(4\). Ce résultat ne contredit pas « au plus deux racines » : \(P\) est ici de degré trois.

\(x\)\(-\infty\)\(-1\)\(1\)\(4\)\(+\infty\)\(x+1\)\(-\)\(0\)\(+\)\(+\)\(+\)\(+\)\(+\)\(x-1\)\(-\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(+\)\(+\)\(x-4\)\(-\)\(-\)\(-\)\(-\)\(-\)\(0\)\(+\)\(P(x)\)\(-\)\(0\)\(+\)\(0\)\(-\)\(0\)\(+\)

Ainsi \(P(x)>0\) pour \(x\in]-1;1[\cup]4;+\infty[\). Les trois lignes de facteurs sont nécessaires pour obtenir les quatre intervalles de signe ; la règle « signe de \(a\) à l’extérieur » du trinôme ne s’applique pas telle quelle à un polynôme de degré trois.

Pourquoi une racine fournit-elle un facteur, au degré trois ?

Écrivons \(P(x)=Ax^3+Bx^2+Cx+D\), avec \(A\ne0\), et supposons \(P(r)=0\). Alors \[P(x)=P(x)-P(r)=A(x^3-r^3)+B(x^2-r^2)+C(x-r).\] On vérifie par développement que \(x^3-r^3=(x-r)(x^2+rx+r^2)\) ; de plus \(x^2-r^2=(x-r)(x+r)\). En remplaçant puis en factorisant le facteur commun \(x-r\) : \[\boxed{P(x)=(x-r)\bigl[A(x^2+rx+r^2)+B(x+r)+C\bigr]}.\] Le coefficient de \(x^2\) dans la parenthèse est \(A\ne0\) : le facteur restant est bien du second degré.

19.4 Équations bicarrées : ne pas perdre la condition \(X\ge0\)

Définition

Une équation bicarrée est de la forme \(ax^4+bx^2+c=0\), avec \(a\ne0\). Elle ne comporte que \(x^4\), \(x^2\) et une constante. Poser \(X=x^2\) la transforme en une équation du second degré en \(X\), avec la condition \(X\ge0\) pour une recherche dans \(\mathbb{R}\).

Exemple – deux valeurs positives de \(X\)

Résolvons \(x^4-5x^2+4=0\). Puisque \(x^4=(x^2)^2\), on pose \(X=x^2\) et on résout \[X^2-5X+4=0.\] Le discriminant vaut \(25-16=9\). Donc \[X_1=\frac{5-3}{2}=1,\qquad X_2=\frac{5+3}{2}=4.\] Les deux valeurs sont positives, mais elles ne sont pas encore les solutions en \(x\) : \[x^2=1\iff x=-1\text{ ou }x=1, \qquad x^2=4\iff x=-2\text{ ou }x=2.\] Ainsi \(\boxed{S=\{-2;-1;1;2\}}\). Contrôle pour \(x=2\) : \(2^4-5\times2^2+4=16-20+4=0\). Le même résultat vaut pour \(-2\) car seuls des carrés de \(x\) interviennent.

À toi – essaie avant de lire la correction

Résous \(x^4+x^2-2=0\). Explique ce qui arrive à une solution négative trouvée pour \(X\).

Correction expliquée

On pose \(X=x^2\ge0\). L’équation devient \(X^2+X-2=0\). Le discriminant vaut \(1-4\times1\times(-2)=9\) : \[X_1=\frac{-1-3}{2}=-2,\qquad X_2=\frac{-1+3}{2}=1.\] La valeur \(X=-2\) est impossible pour un carré réel ; elle ne fournit aucune solution en \(x\). Pour \(X=1\), \(x^2=1\) donne \(x=-1\) ou \(x=1\). Donc \(\boxed{S=\{-1;1\}}\).

19.5 Comprendre la factorisation de \(x^n-a^n\)

Propriété

Pour tous réels \(x,a\) et tout entier \(n\ge2\) : \[\boxed{x^n-a^n=(x-a)\bigl(x^{n-1}+ax^{n-2}+\cdots+a^{n-2}x+a^{n-1}\bigr)}.\] La parenthèse contient \(n\) termes : la puissance de \(x\) diminue de un pendant que celle de \(a\) augmente de un. Le cas \(n=1\) est simplement \(x-a=(x-a)\times1\).

Démonstration – des termes qui se compensent

Pour \(n\ge2\), on distribue d’abord \(x\), puis \(-a\), à tous les termes : \[\begin{aligned} &(x-a)\bigl(x^{n-1}+ax^{n-2}+\cdots+a^{n-1}\bigr)\\ &=x^n+ax^{n-1}+a^2x^{n-2}+\cdots+a^{n-1}x\\ &\quad-ax^{n-1}-a^2x^{n-2}-\cdots-a^{n-1}x-a^n. \end{aligned}\] Chaque terme intermédiaire de la première ligne a son opposé dans la seconde. Il reste seulement \(x^n-a^n\). Aucune division par \(x-a\) n’a été faite : l’identité reste vraie pour \(x=a\).

Vérification au degré trois

\[\begin{aligned} (x-a)(x^2+ax+a^2) &=x\times x^2+x\times ax+x\times a^2\\ &\quad-a\times x^2-a\times ax-a\times a^2\\ &=x^3+ax^2+a^2x-ax^2-a^2x-a^3\\ &=x^3-a^3. \end{aligned}\] Pour \(a=2\), \(x^3-8=(x-2)(x^2+2x+4)\). Le facteur du second degré a un discriminant \(4-16=-12<0\) ; la seule racine réelle de \(x^3-8\) est donc \(2\).

À reprendre plus tard – transférer sans changer de règle

Factorise \(Q(x)=x^3-2x^2-x+2\) par regroupement, puis résous \(Q(x)=0\) dans \(\mathbb{R}\).

Correction expliquée

\[\begin{aligned} Q(x)&=(x^3-2x^2)+(-x+2)\\ &=x^2(x-2)-1(x-2)\\ &=(x^2-1)(x-2)\\ &=(x-1)(x+1)(x-2). \end{aligned}\] Par le produit nul, \(Q(x)=0\) équivaut à \(x-1=0\) ou \(x+1=0\) ou \(x-2=0\). Ainsi \(\boxed{S=\{-1;1;2\}}\). Le redéveloppement de \((x^2-1)(x-2)\) donne \(x^3-2x^2-x+2\) et contrôle la factorisation.

Fil conducteur du chapitre. Une forme choisie pour une raison précise rend l’information utile visible. Les calculs établissent l’égalité des formes ; les tableaux organisent leurs conséquences ; la courbe permet de les relier.

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