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Représentations paramétriques et équations cartésiennes — Cours en autonomie — Terminale spécialité
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Représentations paramétriques et équations cartésiennes — Cours en autonomie — Terminale spécialité
Terminale spécialité · Cours en autonomie
Représentations paramétriques et équations cartésiennes
TERMINALE GÉNÉRALE · SPÉCIALITÉ MATHÉMATIQUES
Géométrie
dans l’espace
Représentations paramétriques
et équations cartésiennes
Comprendre · Démontrer · Calculer · Vérifier
Ce cours relie des objets que l’on imagine dans l’espace à des égalités que l’on peut calculer. Une droite sera décrite par un point, une direction et un paramètre. Un plan sera décrit par un point et une direction normale, puis par une équation. Ces descriptions permettront de décider une appartenance, de chercher une intersection et de mesurer une distance.
Les explications, les démonstrations, les exemples et les corrections sont réunis pour permettre un travail personnel. Les rappels nécessaires sont repris dans les unités qui les utilisent. Tu peux suivre le parcours entier ou ouvrir directement une unité en commençant par son repérage.
Faire les 2k\(\pi\)
Année scolaire 2026–2027 · Cours autonome élève
Comment travailler avec ce cours ?
Parcours principal. Les unités
1et
2réinstallent les outils de repérage et de résolution. Les unités
3à
10développent les droites, les plans et les projections. L’unité
14rassemble les résultats et propose des situations où tu dois choisir la méthode.
Pour aller plus loin. Les unités
11et
12proposent des approfondissements facultatifs : plans à deux paramètres, intersections de plans, sphères et tangence. L’unité
13, signalée hors programme, montre une formule commode pour construire un normal. Aucune de ces trois unités n’est nécessaire pour comprendre le parcours principal.
À chaque étape. Fais le repérage avant de lire sa correction. Lis ensuite une définition avec ses conditions et un exemple de référence. Dans les essais, cache la correction, écris une tentative, puis compare les raisons et les calculs, pas seulement le résultat final. Une erreur appelle le petit parcours de réparation de l’unité ; elle ne permet pas, à elle seule, de conclure que tout est incompris.
Pour stabiliser. Les tâches « à reprendre plus tard » se font après un délai, avant de relire la méthode. Un délai d’un ou deux jours, puis une nouvelle reprise une semaine après, peut servir de rythme de travail à adapter. Il s’agit de tâches proposées, pas d’une réussite supposée ni d’un calendrier automatique.
Les mots des encadrés. Une définition fixe le sens d’un mot ; une notation fixe une écriture ; une convention fixe un choix d’usage. Une propriété, une proposition et un théorème sont des résultats mathématiques : ces noms ne représentent pas trois niveaux de certitude. Un lemme aide à démontrer un autre résultat ; un corollaire découle d’un résultat déjà établi. Une caractérisation donne une équivalence, donc deux sens. Un critère suffisant peut être utile sans que sa réciproque soit vraie. Une intuition aide à comprendre ; seule la démonstration établit le résultat.
Lire une preuve. Repère les hypothèses, ce qu’il faut montrer et les résultats utilisés. « Il existe » demande de trouver ou de justifier l’existence d’au moins un objet ; « unique » demande en plus de montrer qu’il ne peut pas y en avoir deux. Une vérification sur un exemple confirme cet exemple, jamais un résultat général. Une affirmation universelle fausse peut être réfutée par un seul contre-exemple.
Les coordonnées. Sauf indication explicite dans un rappel consacré aux bases, le repère est orthonormé. Les coordonnées sont séparées par des points-virgules. Les égalités d’un système doivent être vraies simultanément. Un paramètre parcourt l’ensemble annoncé, généralement \(\mathbb{R}\) ; il ne désigne pas automatiquement un temps.
Programme de référence. Le parcours scolaire s’appuie sur le programme de spécialité de terminale générale applicable en 2026–2027, publié au BO spécial du 25 juillet 2019, particulièrement les sections de géométrie. Les approfondissements proposés par ce programme sont facultatifs. Le programme publié en avril 2026 entre en application en terminale à la rentrée 2027–2028. Sources : arrêté de 2019 ; arrêté de 2026, article 2.
1. Repérer et calculer dans l’espace
Objectif. Distinguer points et vecteurs, calculer des coordonnées, combiner des vecteurs et contrôler un alignement.
Un premier repérage, avant de lire
Dans un repère orthonormé, \(A(-1\,;2\,;-3)\) et \(B(2\,;-2\,;1)\) sont deux points. Calcule les coordonnées de \(\overrightarrow{AB}\), puis \(AB^2\). Les vecteurs \((2\,;1\,;0)\) et \((6\,;3\,;0)\) ont-ils la même direction ? Que peut-on dire de \((6\,;4\,;0)\) ? Enfin, quel objet est désigné par \(A\), par \(\overrightarrow{AB}\) et par \(AB\) ?
Correction expliquée 1.1 — Lire les objets avant de calculer
\(A\) est un point, \(\overrightarrow{AB}\) un vecteur de déplacement, \(AB\) la distance entre les points. On soustrait les coordonnées de départ aux coordonnées d’arrivée : \[\overrightarrow{AB}=(2-(-1)\,;-2-2\,;1-(-3))=(3\,;-4\,;4).\] Le repère étant orthonormé, \(AB^2=3^2+(-4)^2+4^2=9+16+16=41\). Le premier vecteur non nul est multiplié par \(3\) : \(3(2\,;1\,;0)=(3\times(2)\,;3\times1\,;3\times0)=(6\,;3\,;0)\). Les deux vecteurs sont donc colinéaires. Pour \((6\,;4\,;0)\), la première coordonnée imposerait le facteur \(3\), mais la deuxième donnerait alors \(3\), pas \(4\) : ils ne sont pas colinéaires. Si les différences signées posent problème, commence par « Calculer un déplacement » ; si le facteur commun pose problème, va à « Colinéarité et alignement ». Les deux rappels sont dans cette unité.
Points, vecteurs, bases et repères
Définition 1.2 — Position et déplacement
Un point désigne une position. Un vecteur décrit un déplacement, indépendamment du point où on le fait commencer. Le vecteur \(\overrightarrow{AB}\) fait passer de \(A\) à \(B\). Son opposé \(\overrightarrow{BA}\) fait le déplacement inverse. Le vecteur nul, noté \(\vec{0}\), est le déplacement sans changement de position : \(\overrightarrow{AA}=\vec{0}\). Un vecteur non nul possède une direction, un sens et une norme. La norme, notée \(\left\lVert\vec{u}\right\rVert\), est sa longueur ; elle est positive. Le vecteur nul a pour norme \(0\) et ne définit pas de direction de droite.
Définition 1.3 — Base et coordonnées d’un vecteur
Une base de l’espace est un triplet de vecteurs \((\vec i,\vec j,\vec k)\) dans lequel tout vecteur \(\vec{u}\) peut s’écrire d’une manière unique \[\vec{u}=x\vec i+y\vec j+z\vec k,\qquad x,y,z\in\mathbb{R}.\] Le triplet \((x\,;y\,;z)\) est le triplet des coordonnées de \(\vec{u}\) dans cette base. En géométrie de l’espace, trois vecteurs non coplanaires forment une base : ce résultat géométrique de terminale est rappelé ici. L’unité ne suppose pas que l’on sache déjà le vérifier par un système ; cette méthode sera développée dans l’unité suivante.
Définition 1.4 — Repère et repère orthonormé
Un repère \((O\,;\vec i,\vec j,\vec k)\) est constitué d’une origine \(O\) et d’une base. Les coordonnées du point \(M\) sont celles du vecteur \(\overrightarrow{OM}\) : \[M(x\,;y\,;z)\quad\text{signifie}\quad\overrightarrow{OM}=x\vec i+y\vec j+z\vec k.\] La base est orthonormée si ses trois vecteurs sont deux à deux orthogonaux et de norme \(1\). Le repère est alors orthonormé. « Ortho » rappelle les angles droits ; « normé » rappelle ici la norme \(1\).
Intuition et représentation 1.5 — Une adresse et des instructions de déplacement
On peut comparer les coordonnées d’un point à une adresse donnée depuis une origine, et celles d’un vecteur à trois instructions de déplacement suivant les directions de la base. Changer l’origine change les adresses des points, pas les déplacements si la base reste la même. Changer de base change en général les deux triplets. Cette image aide à distinguer position et déplacement. Sa limite : les axes d’une base quelconque ne forment pas nécessairement des angles droits, et les coordonnées ne sont pas trois distances positives. Formellement, les coefficients \(x,y,z\) sont réels ; un coefficient négatif inverse le sens du vecteur de base correspondant.
Lecture. Le point \(M\) a pour coordonnées \((2\,;1\,;3)\). Les segments pointillés montrent les déplacements \(2\vec i\), \(\vec j\) puis \(3\vec k\). Le dessin est une projection sur la page : les angles droits de l’espace ne sont pas tous vus comme des angles droits.
Propriété 1.6 — Calculer avec les coordonnées
Si \(\vec{u}=(u_1\,;u_2\,;u_3)\), \(\vec{v}=(v_1\,;v_2\,;v_3)\) et \(\lambda\in\mathbb{R}\), alors \[\vec{u}+\vec{v}=(u_1+v_1\,;u_2+v_2\,;u_3+v_3),\qquad \lambda\vec{u}=(\lambda u_1\,;\lambda u_2\,;\lambda u_3).\] Deux vecteurs sont égaux si et seulement si leurs trois coordonnées sont égales, dans la même base.
Démonstration. Ces résultats découlent de la décomposition unique dans la base et des règles de calcul vectoriel. Par exemple, \[\begin{align*} \vec{u}+\vec{v} &=(u_1\vec i+u_2\vec j+u_3\vec k)+(v_1\vec i+v_2\vec j+v_3\vec k)\\ &=(u_1+v_1)\vec i+(u_2+v_2)\vec j+(u_3+v_3)\vec k. \end{align*}\] L’unicité donne les trois coordonnées annoncées. La multiplication par \(\lambda\) se démontre en distribuant réellement dans les trois termes : \(\lambda\vec{u}=\lambda(u_1\vec i+u_2\vec j+u_3\vec k)=(\lambda u_1)\vec i+(\lambda u_2)\vec j+(\lambda u_3)\vec k\) ; l’unicité de la décomposition donne les coordonnées annoncées. L’égalité de deux vecteurs équivaut à l’égalité de leurs coefficients par la même unicité.
Calculer un déplacement, un milieu et une distance
Proposition 1.7 — Coordonnées d’un vecteur reliant deux points
Si \(A(x_A\,;y_A\,;z_A)\) et \(B(x_B\,;y_B\,;z_B)\), alors \[\overrightarrow{AB}=(x_B-x_A\,;y_B-y_A\,;z_B-z_A).\]
Démonstration. La relation de Chasles, résultat antérieur de calcul vectoriel, donne \(\overrightarrow{OA}+\overrightarrow{AB}=\overrightarrow{OB}\). En soustrayant \(\overrightarrow{OA}\) aux deux membres, on obtient \(\overrightarrow{AB}=\overrightarrow{OB}-\overrightarrow{OA}\). Le calcul coordonnée par coordonnée donne la formule. En échangeant \(A\) et \(B\), chaque différence change de signe ; ainsi \(\overrightarrow{BA}=-\overrightarrow{AB}\).
Méthode 1.8 — Éviter l’erreur de signe dans une différence
Indice. La question contient un vecteur \(\overrightarrow{AB}\) ou une distance \(AB\). Premier geste. Écris « arrivée \(B\) moins départ \(A\) », puis les trois soustractions avec parenthèses autour des nombres négatifs. Raison. Chaque coordonnée mesure le changement entre le départ et l’arrivée. Calcule ensuite les différences ; pour une distance, vérifie que le repère est orthonormé avant d’utiliser la somme des carrés. Contrôle. Ajouter les coordonnées de \(\overrightarrow{AB}\) à celles de \(A\) doit redonner \(B\).
Proposition 1.9 — Coordonnées du milieu
Le milieu \(I\) du segment \([AB]\) a pour coordonnées \[I\left(\frac{x_A+x_B}{2}\,;\frac{y_A+y_B}{2}\,;\frac{z_A+z_B}{2}\right).\]
Démonstration. Être le milieu signifie \(\overrightarrow{AI}=\tfrac12\overrightarrow{AB}\). Donc \[\overrightarrow{OI}=\overrightarrow{OA}+\tfrac12(\overrightarrow{OB}-\overrightarrow{OA}) =\overrightarrow{OA}+\tfrac12\overrightarrow{OB}-\tfrac12\overrightarrow{OA} =\tfrac12\overrightarrow{OA}+\tfrac12\overrightarrow{OB}.\] Les coordonnées sont donc les demi-sommes. Réciproquement, ce triplet vérifie \(\overrightarrow{AI}=\tfrac12\overrightarrow{AB}\) : il décrit bien le milieu. Aucun repère orthonormé n’est nécessaire pour cette formule.
Théorème 1.10 — Norme et distance en repère orthonormé
Dans une base orthonormée, pour \(\vec{u}=(x\,;y\,;z)\), \[\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2=x^2+y^2+z^2,\qquad \left\lVert\vec{u}\right\rVert=\sqrt{x^2+y^2+z^2}.\] En particulier, \[AB=\sqrt{(x_B-x_A)^2+(y_B-y_A)^2+(z_B-z_A)^2}.\]
Démonstration. Pour un vecteur partant de l’origine, sa projection \(H\) dans le plan des deux premiers axes a pour coordonnées \((x\,;y\,;0)\). Dans ce plan, Pythagore donne \(OH^2=x^2+y^2\). Le déplacement suivant le troisième axe est perpendiculaire à ce plan ; Pythagore dans le triangle \(OHM\) donne \[OM^2=OH^2+HM^2=(x^2+y^2)+z^2.\] Les longueurs sont non négatives, donc \(OM\) est la racine carrée positive de cette somme. Les mêmes égalités restent vraies si une longueur est nulle. Un déplacement translaté garde sa norme ; on applique donc la formule à \(\overrightarrow{AB}\) pour obtenir la distance.
Exemple de référence 1.11 — Du déplacement aux deux points de contrôle
On donne \(A(-2\,;1\,;3)\) et \(B(4\,;-3\,;5)\) dans un repère orthonormé. \[\overrightarrow{AB}=(4-(-2)\,;-3-1\,;5-3)=(6\,;-4\,;2).\] Le retour aux coordonnées de \(B\) donne \((-2+6\,;1-4\,;3+2)=(4\,;-3\,;5)\) : le déplacement est cohérent. \[AB^2=6^2+(-4)^2+2^2=36+16+4=56, \qquad AB=\sqrt{4\times14}=2\sqrt{14}.\] Le milieu est \[I\left(\frac{-2+4}{2}\,;\frac{1+(-3)}{2}\,;\frac{3+5}{2}\right)=(1\,;-1\,;4).\] On vérifie \(\overrightarrow{AI}=(1-(-2)\,;-1-1\,;4-3)=(3\,;-2\,;1)=\tfrac12(6\,;-4\,;2)\) et \(\overrightarrow{IB}=(4-1\,;-3-(-1)\,;5-4)=(3\,;-2\,;1)\). Le point est donc à mi-chemin, dans la bonne direction.
À toi 1.12 — Essai guidé : deux calculs différents
Dans un repère orthonormé, pour \(A(1\,;-2\,;0)\) et \(B(-2\,;2\,;6)\), calcule \(\overrightarrow{AB}\), \(AB\) et le milieu \(I\). Commence par les trois différences non simplifiées ; écris les trois carrés avant de les additionner. Pour \(I\), il faut une demi-somme, pas une demi-différence.
Correction expliquée 1.13 — Déplacement, longueur et position du milieu
\[\overrightarrow{AB}=(-2-1\,;2-(-2)\,;6-0)=(-3\,;4\,;6).\] Ainsi \(AB^2=(-3)^2+4^2+6^2=9+16+36=61\) et \(AB=\sqrt{61}\). Le milieu est \[I\left(\frac{1+(-2)}2\,;\frac{-2+2}2\,;\frac{0+6}2\right)=\left(-\frac12\,;0\,;3\right).\] Contrôle : on écrit \(1=\frac11=\frac{1\times2}{1\times2}=\frac22\), donc \(-\frac12-1=-\frac12-\frac22=-\frac32\). Ainsi \(\overrightarrow{AI}=(-\tfrac12-1\,;0-(-2)\,;3-0)=(-\tfrac32\,;2\,;3)=\tfrac12\overrightarrow{AB}\).
À toi 1.14 — À chercher avant de consulter
Dans un repère orthonormé, \(P(-3\,;1\,;2)\) et \(Q(1\,;-1\,;-2)\). Détermine \(\overrightarrow{PQ}\), \(PQ\) et le milieu \(J\). Explique pourquoi les coordonnées de \(\overrightarrow{PQ}\) ne sont pas celles de \(J\). Indice si nécessaire : déplacement = arrivée moins départ ; milieu = demi-somme. Pour la longueur, la racine carrée vient après l’addition des carrés.
Correction expliquée 1.15 — Trois objets, trois réponses
\[\overrightarrow{PQ}=(1-(-3)\,;-1-1\,;-2-2)=(4\,;-2\,;-4).\] \(PQ^2=4^2+(-2)^2+(-4)^2=16+4+16=36\), donc \(PQ=6\). Le milieu vaut \[J\left(\frac{-3+1}{2}\,;\frac{1+(-1)}2\,;\frac{2+(-2)}2\right)=(-1\,;0\,;0).\] Le vecteur décrit le déplacement de \(P\) à \(Q\) ; le milieu décrit une position depuis l’origine. Vérification : \(\overrightarrow{PJ}=(-1-(-3)\,;0-1\,;0-2)=(2\,;-1\,;-2)\) et \(PJ^2=2^2+(-1)^2+(-2)^2=4+1+4=9\), donc \(PJ=3=PQ/2\) ; de plus \(\overrightarrow{PJ}=\tfrac12\overrightarrow{PQ}\).
Question que tu peux te poser 1.16 — Pourquoi l’hypothèse « orthonormé » ?
Une base peut-elle servir à calculer des coordonnées sans autoriser la formule \(\left\lVert(x;y;z)\right\rVert^2=x^2+y^2+z^2\) ? Justifie avec un exemple. Réponse possible. Oui. Dans l’espace usuel, les vecteurs \(\vec i'=(1;0;0)\), \(\vec j'=(1;1;0)\), \(\vec k'=(0;0;1)\) forment une base mais les deux premiers ne sont pas orthogonaux. Le vecteur de coordonnées \((0;1;0)\) dans cette base est \(\vec j'\), de norme \(\sqrt{1^2+1^2}=\sqrt2\), alors que la somme naïve \(0^2+1^2+0^2\) donnerait \(1\) pour son carré. Critères : distinguer existence de coordonnées et calcul métrique, nommer l’hypothèse manquante, montrer une contradiction numérique. La formule des différences et celle du milieu, elles, restent valables dans toute base.
À toi 1.17 — Repérage avant les combinaisons
Calcule \(2(1;-1;0)+(0;2;1)\) en écrivant d’abord les produits dans les trois coordonnées. Le coefficient \(2\) modifie-t-il seulement la première coordonnée ?
Correction expliquée 1.18 — Correction et orientation
\[2(1;-1;0)+(0;2;1) =(2\times1+0;2\times(-1)+2;2\times0+1) =(2+0;-2+2;0+1)=(2;0;1).\] Le coefficient multiplie les trois coordonnées du premier vecteur. Si une seule a été modifiée, reprendre la définition et l’exemple de distribution de la section qui suit ; si l’erreur concerne \(2\times(-1)\), un produit de signes opposés est négatif.
Combinaisons linéaires : le même coefficient sur tout le vecteur
Définition 1.19 — Combinaison linéaire
Une combinaison linéaire de vecteurs \(\vec{u},\vec{v},\vec{w}\) est un vecteur de la forme \(a\vec{u}+b\vec{v}+c\vec{w}\), où \(a,b,c\) sont des réels. Les coefficients peuvent être nuls ou négatifs. Le coefficient d’un vecteur multiplie toutes ses coordonnées.
Exemple de référence 1.20 — Distribuer avant de réduire
Soient \(\vec{u}=(1\,;-2\,;0)\) et \(\vec{v}=(2\,;1\,;3)\). Calculons \(\vec{w}=3\vec{u}-2\vec{v}\). Le signe moins est inclus dans le coefficient \(-2\) : \[\begin{align*} \vec{w}&=(3\times1+(-2)\times2\,;3\times(-2)+(-2)\times1\,;3\times0+(-2)\times3)\\ &=(3-4\,;-6-2\,;0-6)=(-1\,;-8\,;-6). \end{align*}\] Pour contrôler, on peut isoler les deux contributions : \(3\vec{u}=(3;-6;0)\) et \(-2\vec{v}=(-4;-2;-6)\) ; leur somme donne le même triplet. Changer les coefficients construit un autre vecteur, mais ne change pas \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\).
Méthode 1.21 — Calculer puis vérifier une combinaison
Écris une ligne par coordonnée. Distribue chaque coefficient sur sa coordonnée correspondante, conserve les parenthèses autour des négatifs, puis additionne. Le contrôle inverse consiste à recalculer séparément les vecteurs multipliés. Si la question demande de trouver les coefficients, laisse-les inconnus, égalise les coordonnées et résous le système ; un simple calcul d’une combinaison choisie ne suffit pas à prouver qu’une famille est une base.
À toi 1.22 — Essai guidé : additionner deux déplacements
Avec \(\vec{u}=(2;-1;1)\) et \(\vec{v}=(-1;3;0)\), calcule \(2\vec{u}+3\vec{v}\). Puis cherche si \(\vec{q}=(1;7;2)\) est bien la combinaison obtenue. Écris d’abord \((2\times2+3\times(-1);\ldots;\ldots)\).
Correction expliquée 1.23 — Vérifier les trois coordonnées
\[2\vec{u}+3\vec{v}=(2\times2+3\times(-1)\,;2\times(-1)+3\times3\,;2\times1+3\times0)=(4-3\,;-2+9\,;2+0)=(1\,;7\,;2)=\vec{q}.\] Les trois produits de \(2\vec{u}\) sont \((2\times2;2\times(-1);2\times1)=(4;-2;2)\) ; ceux de \(3\vec{v}\) sont \((3\times(-1);3\times3;3\times0)=(-3;9;0)\). Les trois égalités sont satisfaites, ce qui vérifie cette combinaison précise, sans conclure que deux vecteurs engendrent tout l’espace.
À toi 1.24 — Une décomposition proposée est-elle correcte ?
Soient \(\vec{u}=(1;0;2)\), \(\vec{v}=(-2;1;1)\), \(\vec{q}=(5;-2;4)\). On propose \(\vec{q}=\vec{u}-2\vec{v}\). Décide, puis corrige la troisième coordonnée de \(\vec{q}\) pour rendre la proposition vraie sans changer les autres données. Indice : une égalité de vecteurs exige trois égalités ; deux succès ne suffisent pas.
Correction expliquée 1.25 — Deux coordonnées correctes ne suffisent pas
\[\vec{u}-2\vec{v}=(1+(-2)\times(-2)\,;0+(-2)\times1\,;2+(-2)\times1) =(1+4\,;0-2\,;2-2)=(5;-2;0).\] La proposition est fausse puisque \(0\ne4\) pour la troisième coordonnée. Il faut remplacer cette coordonnée de \(\vec{q}\) par \(0\). Les deux autres étaient correctes. On ne « répare » pas une égalité vectorielle en ignorant la coordonnée gênante.
Question que tu peux te poser 1.26 — Le sens d’un coefficient négatif
Explique pourquoi \(-2\vec{v}\) n’est pas le vecteur dont seule la première coordonnée serait multipliée par \(-2\). Réponse possible. La multiplication scalaire inverse le sens du déplacement complet et double sa longueur. Par la décomposition \(\vec{v}=v_1\vec i+v_2\vec j+v_3\vec k\), la distributivité donne \(-2\vec{v}=(-2v_1)\vec i+(-2v_2)\vec j+(-2v_3)\vec k\). Critères : parler du vecteur entier, distribuer sur les trois termes, distinguer coefficient et coordonnée.
Colinéarité et alignement
Définition 1.27 — Vecteurs colinéaires
Deux vecteurs sont colinéaires s’ils peuvent être portés par une même direction de droite ; par convention, le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur. Ainsi deux vecteurs non nuls colinéaires ont des directions parallèles, avec le même sens ou des sens opposés.
Caractérisation 1.28 — Le critère du même multiplicateur
Si \(\vec{u}\ne\vec0\), alors \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\) sont colinéaires si et seulement s’il existe un réel \(\lambda\) tel que \(\vec{v}=\lambda\vec{u}\).
Démonstration. Si \(\vec{v}=\lambda\vec{u}\), soit \(\lambda=0\) et \(\vec{v}=\vec0\), soit le vecteur obtenu garde la direction de \(\vec{u}\) ; la colinéarité suit. Réciproquement, si \(\vec{v}=\vec0\), choisir \(\lambda=0\) convient. Si les deux vecteurs sont non nuls et ont la même direction, le rapport de leurs longueurs, muni du signe positif pour le même sens et négatif pour le sens opposé, donne \(\lambda\) et l’égalité annoncée. C’est la caractérisation usuelle des vecteurs colinéaires, étendue du plan à l’espace.
Contre-exemple 1.29 — Pourquoi préciser que le vecteur de référence est non nul ?
Les vecteurs \(\vec{u}=(0;0;0)\) et \(\vec{v}=(1;0;0)\) sont colinéaires selon la convention. Pourtant aucune valeur de \(\lambda\) ne rend vraie \(\vec{v}=\lambda\vec{u}\), car \(\lambda\vec{u}=\vec0\) pour tout \(\lambda\). On peut en revanche écrire \(\vec{u}=0\vec{v}\). Le critère avec un ordre fixé exige donc que le vecteur multiplié ne soit pas nul.
Méthode 1.30 — Tester la colinéarité sans diviser par zéro
Traite d’abord un éventuel vecteur nul. Sinon, choisis comme référence un vecteur non nul, puis une de ses coordonnées non nulles. Cette coordonnée impose un candidat \(\lambda\). Vérifie ensuite toutes les autres coordonnées avec ce même candidat. Une coordonnée nulle n’interdit pas la colinéarité : elle impose simplement que la coordonnée correspondante de l’autre vecteur soit nulle.
Exemple de référence 1.31 — Un seul rapport impose les autres
Soient \(\vec{u}=(2;-1;3)\), \(\vec{v}=(-4;2;-6)\) et \(\vec{w}=(6;-3;8)\). Le premier vecteur est non nul. Pour \(\vec{v}=\lambda\vec{u}\), la première coordonnée impose \(2\lambda=-4\). On divise les deux membres par le coefficient non nul \(2\) : \(\frac{2\lambda}{2}=\frac{-4}{2}\), donc \(\frac22\lambda=-2\), puis \(\lambda=-2\). Or \((-2)\times(-1)=2\) et \((-2)\times3=-6\) ; les deux autres coordonnées conviennent.
Pour \(\vec{w}\), la première coordonnée impose \(2\lambda=6\). Comme \(2\ne0\), \(\frac{2\lambda}{2}=\frac62\), donc \(\lambda=3\). La deuxième convient : \(3\times(-1)=-3\). La troisième ne convient pas : \(3\times3=9\ne8\). Les vecteurs \(\vec{u}\) et \(\vec{w}\) ne sont pas colinéaires. Une proportion observée sur deux coordonnées ne constitue pas la conclusion.
Proposition 1.32 — Alignement de trois points
Pour deux points distincts \(A\) et \(B\), les points \(A,B,C\) sont alignés si et seulement si \(\overrightarrow{AC}\) est un multiple de \(\overrightarrow{AB}\).
Démonstration. \(\overrightarrow{AB}\) est non nul puisque \(A\ne B\) ; il dirige la droite \((AB)\). Les points de cette droite sont exactement ceux que l’on atteint depuis \(A\) par un déplacement dans cette direction, donc par \(\lambda\overrightarrow{AB}\). Cela établit les deux sens. Les cas \(C=A\) et \(C=B\) correspondent respectivement à \(\lambda=0\) et \(\lambda=1\).
Exemple de référence 1.33 — Passer des points aux vecteurs
Pour \(A(-1;2;0)\), \(B(1;1;3)\) et \(C(5;-1;9)\), \[\overrightarrow{AB}=(1-(-1);1-2;3-0)=(2;-1;3),\] \[\overrightarrow{AC}=(5-(-1);-1-2;9-0)=(6;-3;9)=3\overrightarrow{AB}.\] Le contrôle du facteur donne \(3\times2=6\), \(3\times(-1)=-3\) et \(3\times3=9\) : les trois coordonnées conviennent. \(A\ne B\), donc les trois points sont alignés. Le facteur \(3>1\) situe \(C\) au-delà de \(B\) sur la demi-droite issue de \(A\) passant par \(B\). Si l’on remplace \(C\) par \(D(5;-1;8)\), le dernier calcul donne \((6;-3;8)\), qui n’est pas colinéaire à \(\overrightarrow{AB}\) ; \(A,B,D\) ne sont pas alignés.
À toi 1.34 — Essai guidé avec une coordonnée nulle
Les vecteurs \(\vec{u}=(0;2;-1)\) et \(\vec{v}=(0;-6;3)\) sont-ils colinéaires ? Utilise la deuxième coordonnée pour chercher le multiplicateur. Que changerait le remplacement de la première coordonnée de \(\vec{v}\) par \(1\) ?
Correction expliquée 1.35 — La coordonnée nulle est une condition
\(\vec{u}\ne\vec0\). L’équation \(2\lambda=-6\) se divise par \(2\ne0\) dans les deux membres : \(\frac{2\lambda}{2}=\frac{-6}{2}\), soit \(\lambda=-3\). On vérifie \((-3)\times0=0\) et \((-3)\times(-1)=3\) : \(\vec{v}=-3\vec{u}\). Avec la première coordonnée remplacée par \(1\), aucun multiple de \(\vec{u}\) ne conviendrait, puisque son premier coefficient reste \(0\). Il ne faut donc pas tenter de calculer un quotient de deux zéros ; il faut lire la condition correspondante.
À toi 1.36 — Une configuration à décider
Soient \(A(2;-1;4)\), \(B(2;2;-2)\) et \(C(2;0;2)\). Les points sont-ils alignés ? Si oui, situe \(C\) sur la droite par rapport à \(A\) et \(B\). Explique ce qui serait faux dans une preuve qui se contenterait d’affirmer « les trois abscisses sont égales ». Indice : calcule \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\) ; cherche un multiplicateur commun en partant de l’ordonnée.
Correction expliquée 1.37 — Une abscisse commune décrit d’abord un plan
\[\overrightarrow{AB}=(2-2;2-(-1);-2-4)=(0;3;-6),\] \[\overrightarrow{AC}=(2-2;0-(-1);2-4)=(0;1;-2).\] \(\overrightarrow{AB}\ne\vec0\). L’ordonnée impose \(3\lambda=1\). Puisque \(3\ne0\), on divise les deux membres : \(\frac{3\lambda}{3}=\frac13\), d’où \(\lambda=1/3\) ; les autres coordonnées donnent \((1/3)\times0=0\) et \((1/3)\times(-6)=-2\). Ainsi \(\overrightarrow{AC}=\tfrac13\overrightarrow{AB}\) et \(C\) appartient au segment \([AB]\), à un tiers du trajet depuis \(A\). Une abscisse commune impose seulement d’être dans le plan \(x=2\). Dans ce plan, des points peuvent former un triangle ; par exemple \((2;0;0)\), \((2;1;0)\) et \((2;0;1)\) ne sont pas alignés, car les deux déplacements \((0;1;0)\) et \((0;0;1)\) ne sont pas colinéaires.
Question que tu peux te poser 1.38 — Qu’est-ce qui rend la preuve complète ?
Explique pourquoi un multiplicateur trouvé sur une seule coordonnée est un candidat, et pourquoi une coordonnée incompatible suffit à réfuter la colinéarité. Réponse possible. L’égalité vectorielle équivaut à trois égalités simultanées. Une seule d’entre elles peut imposer \(\lambda\), mais les deux autres restent à vérifier. Si l’une est fausse pour ce seul candidat possible, aucune valeur ne résout les trois. Critères : mentionner le vecteur de référence non nul, choisir une composante non nulle, expliquer le « et » entre les trois conditions.
Réparer trois erreurs fréquentes
À toi 1.39 — Erreur, rappel, nouvel essai
1. « \(-2-(-5)=-7\). » Le rappel utile est \(a-(-b)=a+b\). Exemple simple : le déplacement de \(-5\) à \(-2\) vaut \(-2-(-5)=-2+5=3\). Nouvel essai : de \(-4\) à \(3\), le changement vaut-il \(-1\) ou \(7\) ?
2. « \(-2(1;-3;2)=(-2;-3;2)\). » Le coefficient multiplie chaque coordonnée. Exemple simple : \(-2(1;-3;0)=((-2)\times1;(-2)\times(-3);(-2)\times0)=(-2;6;0)\). Nouvel essai : calcule \(-3(2;-1;1)\).
3. « \((1;2;3)\) et \((2;4;7)\) sont colinéaires parce que les deux premiers rapports valent \(2\). » Le même facteur doit fonctionner partout. Exemple simple : \((1;1;0)\) et \((2;2;1)\) échouent à la troisième coordonnée. Nouvel essai : \((2;0;-1)\) et \((-6;0;3)\) sont-ils colinéaires ?
Correction expliquée 1.40 — Rétablir le geste, puis revenir à la tâche
1. \(3-(-4)=3+4=7\). Contrôle : \(-4+7=3\). Reviens ensuite à \(\overrightarrow{PQ}\) dans l’essai de coordonnées.
2. \(-3(2;-1;1)=((-3)\times2;(-3)\times(-1);(-3)\times1)=(-6;3;-3)\). Reviens ensuite au calcul \(\vec{u}-2\vec{v}\) de la tentative sur les combinaisons.
3. Le vecteur \((2;0;-1)\) n’est pas nul. \(2\lambda=-6\) impose, par division par \(2\ne0\), \(\frac{2\lambda}{2}=\frac{-6}{2}\), donc \(\lambda=-3\) ; \((-3)\times0=0\) et \((-3)\times(-1)=3\). Ils sont donc colinéaires. Reviens ensuite à l’alignement de \(A,B,C\) et vérifie les trois coordonnées. Une réussite à ce petit essai invite à retenter la tâche initiale ; elle ne prouve pas à elle seule que tous les cas sont acquis.
À reprendre plus tard, avant toute relecture
À toi 1.41 — Trois tâches pour vérifier la stabilité des gestes
Dans un repère orthonormé :
Pour \(E(-2;0;1)\) et \(F(0;3;-5)\), calcule \(\overrightarrow{EF}\), \(EF\) et le milieu \(K\).
Avec \(\vec{u}=(1;-1;2)\) et \(\vec{v}=(2;0;-1)\), calcule \(2\vec{u}-\vec{v}\).
Pour \(G=(-1;3;0)\), \(H=(1;2;2)\) et \(I=(5;0;6)\), décide l’alignement et explique pourquoi un même facteur suffit ici.
Aide après une tentative : différences pour un déplacement, demi-sommes pour un milieu, tous les produits pour une combinaison ; un facteur unique et trois contrôles pour l’alignement.
Correction expliquée 1.42 — Résultats et critères de reprise
1. \(\overrightarrow{EF}=(0-(-2);3-0;-5-1)=(2;3;-6)\). Donc \(EF^2=2^2+3^2+(-6)^2=4+9+36=49\), d’où \(EF=7\). Le milieu est \(K((-2+0)/2;(0+3)/2;(1-5)/2)=(-1;3/2;-2)\).
2. \(2\vec{u}-\vec{v}=(2\times1+(-1)\times2;2\times(-1)+(-1)\times0;2\times2+(-1)\times(-1))=(2-2;-2-0;4+1)=(0;-2;5)\).
3. \(\overrightarrow{GH}=(1-(-1);2-3;2-0)=(2;-1;2)\) et \(\overrightarrow{GI}=(5-(-1);0-3;6-0)=(6;-3;6)=3(2;-1;2)\). Les produits \(3\times2=6\), \(3\times(-1)=-3\) et \(3\times2=6\) contrôlent le facteur sur les trois coordonnées. \(G\ne H\), donc les trois points sont alignés.
Critères : bonnes natures d’objets, signes explicités, trois coordonnées contrôlées et conclusion géométrique. Une difficulté de signe renvoie au premier mini-parcours de réparation ; une difficulté de distributivité au deuxième ; un facteur choisi sans vérification au troisième.
Synthèse 1.43 — Les outils à emporter
Un repère donne une position à un point ; une base donne des coordonnées à un vecteur. Les coordonnées de \(\overrightarrow{AB}\) sont celles de \(B\) moins celles de \(A\). Le milieu utilise des demi-sommes. La norme par somme des carrés exige une base orthonormée. Une combinaison distribue les coefficients sur toutes les coordonnées. Pour tester une colinéarité, on traite le vecteur nul, puis on cherche un multiplicateur sur une composante non nulle et on contrôle les autres. Pour tester un alignement, on commence par fabriquer deux vecteurs depuis le même point.
2. Résoudre les systèmes utiles en géométrie
Objectif. Traduire plusieurs contraintes simultanées, résoudre des systèmes simples et interpréter leurs solutions, notamment pour une base.
Repérage : que demande exactement l’égalité ?
Résous \(2x+3=7\), puis le système \(x+y=4\), \(2x-y=2\). Que signifient les égalités \(0t=5\) et \(0t=0\) ? Un triplet qui satisfait deux équations sur trois résout-il un système de trois équations ?
Correction expliquée 2.1 — Garder toutes les contraintes
Dans \(2x+3=7\), soustraire \(3\) aux deux membres donne \(2x+3-3=7-3\), donc \(2x=4\). Diviser les deux membres par \(2\ne0\) donne \(2x/2=4/2\), donc \(x=2\). Pour le système, la première égalité donne \(y=4-x\). Dans la deuxième : \(2x-(4-x)=2\), donc \(2x+(-1)\times4+(-1)\times(-x)=2\), puis \(2x-4+x=2\) et \(3x-4=2\). Ajouter \(4\) aux deux membres donne \(3x=6\), puis diviser par \(3\ne0\) donne \(x=2\). Alors \(y=4-2=2\) ; les deux contrôles sont \(2+2=4\) et \(2\times2-2=4-2=2\). L’égalité \(0t=5\) est impossible ; \(0t=0\) est vraie pour tout \(t\in\mathbb{R}\). Un système exige toutes ses équations à la fois. Si tu as oublié cette simultanéité, commence par les définitions qui suivent ; pour les opérations et les signes, utilise le rappel de transformation.
Ce qu’est une solution
Définition 2.2 — Système et ensemble des solutions
Un système réunit plusieurs équations portant sur les mêmes inconnues. Une solution est un choix de valeurs de toutes les inconnues qui rend chaque équation vraie. Avec deux inconnues, une solution est un couple ; avec trois, un triplet. Résoudre signifie décrire toutes les solutions : il peut n’y en avoir aucune, une seule ou une infinité. Deux systèmes sont équivalents lorsqu’ils ont exactement le même ensemble de solutions.
Intuition et représentation 2.3 — Passer plusieurs contrôles d’accès
Imagine plusieurs portes successives : chacune représente une condition. Passer deux portes sur trois ne permet pas de sortir du parcours. Cette image représente le « et » entre les équations ; elle aide à comprendre pourquoi une vérification incomplète échoue. Sa limite est qu’un système ne raconte pas un trajet dans le temps : les conditions sont simultanées, et l’ordre de résolution est un choix de calcul. Formellement, une solution appartient à l’intersection des ensembles de solutions de chaque équation.
Propriété 2.4 — Transformations qui conservent les solutions
On peut ajouter ou soustraire la même expression aux deux membres d’une équation. On peut multiplier ou diviser les deux membres par un nombre non nul. Dans un système, on peut remplacer une équation par elle-même plus un multiple d’une autre équation, à condition de conserver cette autre équation.
Démonstration. Chacune de ces opérations est réversible. Ajouter \(r\) s’annule en soustrayant \(r\) ; multiplier par \(c\ne0\) s’annule en divisant par \(c\). Pour remplacer \(L_2\) par \(L_2+\lambda L_1\) en conservant \(L_1\), on peut revenir à \(L_2\) en soustrayant \(\lambda L_1\). On n’a donc ni ajouté ni supprimé de solution. Multiplier par \(0\) ne permet pas de revenir en arrière : \(x=3\) deviendrait \(0=0\) et perdrait sa contrainte.
Rappel 2.5 — Résoudre une équation à coefficient éventuellement nul
Pour \(at=b\), si \(a\ne0\), la solution unique est \(t=b/a\). Si \(a=0\) et \(b\ne0\), il n’y a aucune solution. Si \(a=b=0\), tout réel convient. Le nombre par lequel on divise est le coefficient \(a\), pas l’inconnue \(t\) : on n’a pas à supposer \(t\ne0\). Si \(a\) est lui-même une expression dépendant d’un autre paramètre, il faut traiter son éventuelle nullité avant la division. On ne mène pas ici une théorie générale des systèmes ; on résout les cas simples rencontrés dans les objets géométriques.
Première voie : substituer une expression
Méthode 2.6 — Quand une inconnue s’isole facilement
Indice. Une équation contient une inconnue avec coefficient \(1\) ou \(-1\), ou permet de l’isoler sans calcul lourd.
Isole cette inconnue dans une équation, en faisant la même opération aux deux membres.
Remplace-la par l’expression obtenue dans les autres équations. Des parenthèses sont indispensables lorsqu’un signe moins ou un produit porte sur toute l’expression.
Résous l’équation restante, retrouve les autres inconnues, puis vérifie chaque équation initiale.
Cette méthode est conseillée en premier lorsque l’isolement est simple. Son but est de réduire le nombre d’inconnues sans perdre de contrainte.
Exemple de référence 2.7 — Trouver les coefficients d’un déplacement
Cherchons \(a,b\) tels que \(a+2b=7\) et \(a-b=1\). La deuxième équation donne, en ajoutant \(b\) aux deux membres, \(a-b+b=1+b\), donc \(a=1+b\). On substitue dans la première : \[(1+b)+2b=7\iff 1+3b=7.\] On soustrait \(1\) aux deux membres : \(1+3b-1=7-1\), d’où \(3b=6\). On divise par \(3\ne0\) : \(3b/3=6/3\), d’où \(b=2\). Alors \(a=1+2=3\). Contrôle : \(3+2\times2=3+4=7\) et \(3-2=1\). Le couple \((a;b)=(3;2)\) est la solution unique, puisque les opérations effectuées sont réversibles.
Deuxième voie : éliminer une inconnue par combinaison
Méthode 2.8 — Créer des coefficients opposés
Indice. Isoler une inconnue introduirait des fractions, alors que de petits multiples permettent de faire disparaître un terme. Multiplie une ou deux équations par des nombres non nuls pour obtenir des coefficients opposés de la même inconnue. Additionne les équations obtenues. Résous l’équation restante, puis utilise une équation initiale pour retrouver l’autre inconnue. Vérifie enfin les deux équations initiales. L’élimination est une autre grande voie scolaire ; elle n’est pas un contrôle de la substitution. Un contrôle consiste à réinjecter le couple final. On évite une méthode générale par matrices ou déterminants : elle n’est pas nécessaire aux systèmes simples de ce chapitre.
Exemple de référence 2.9 — Éliminer \(y\) sans fraction intermédiaire
Résolvons \[\begin{cases}2x-3y=7 &(L_1),\\5x+2y=8 &(L_2).\end{cases}\] On multiplie les deux membres de \(L_1\) par \(2\) et ceux de \(L_2\) par \(3\) : \[\begin{aligned} 2(2x-3y)&=2\times7\\ \iff (2\times2)x+(2\times(-3))y&=14\\ \iff4x-6y&=14. \end{aligned}\] \[\begin{aligned} 3(5x+2y)&=3\times8\\ \iff(3\times5)x+(3\times2)y&=24\\ \iff15x+6y&=24. \end{aligned}\] On additionne : \((4x-6y)+(15x+6y)=14+24\), soit \(19x+0y=38\), donc \(19x=38\). Comme \(19\ne0\), on divise les deux membres par \(19\) : \(\frac{19x}{19}=\frac{38}{19}\), soit \(\frac{19}{19}x=2\), donc \(x=2\). Dans \(L_1\), \(2\times2-3y=7\), donc \(4-3y=7\). On soustrait \(4\) aux deux membres : \(4-3y-4=7-4\), donc \(-3y=3\). On divise par \(-3\ne0\) : \(\frac{-3y}{-3}=\frac{3}{-3}\), donc \(y=-1\). Contrôle : \(2\times2-3\times(-1)=4+3=7\) et \(5\times2+2\times(-1)=10-2=8\). Le couple solution est \((2;-1)\).
À toi 2.10 — Essai guidé : choisir un isolement simple
Résous \(a+2b=8\) et \(a-b=2\). Commence par la deuxième égalité : ajoute \(b\) aux deux membres. Puis substitue, sans omettre le terme constant.
Correction expliquée 2.11 — Substitution et contrôle
\(a-b+b=2+b\) donne \(a=2+b\). La première équation devient \((2+b)+2b=8\), donc \(2+3b=8\). Soustraire \(2\) aux deux membres donne \(2+3b-2=8-2\), donc \(3b=6\). Diviser par \(3\ne0\) donne \(\frac{3b}{3}=\frac63\), donc \(b=2\). Alors \(a=2+2=4\). On vérifie \(4+2\times2=8\) et \(4-2=2\). Les opérations sont réversibles, donc la solution est unique.
À toi 2.12 — À chercher : quelle voie te paraît la plus courte ?
Résous \(2x+y=5\) et \(3x-2y=4\). Tu peux substituer ou éliminer. Avant de calculer, écris une phrase justifiant ton choix. Indice : la première équation permet d’isoler \(y\) ; la multiplier par \(2\) permet aussi d’éliminer \(y\) par addition.
Correction expliquée 2.13 — Deux chemins qui conduisent au même couple
Substitution. Soustraire \(2x\) aux deux membres de la première égalité donne \(y=5-2x\). Alors \[\begin{aligned} 3x-2(5-2x)&=4\\ \iff3x+(-2)\times5+(-2)\times(-2x)&=4\\ \iff3x-10+4x&=4\\ \iff7x-10&=4. \end{aligned}\] Les produits sont \((-2)\times5=-10\) et \((-2)\times(-2x)=4x\). Ajouter \(10\) aux deux membres donne \(7x=14\) ; diviser par \(7\ne0\) donne \(x=2\), puis \(y=5-4=1\). Élimination. Multiplier les deux membres de la première égalité par \(2\) donne \[2(2x+y)=2\times5 \iff(2\times2)x+2\times y=10 \iff4x+2y=10.\] En l’additionnant à \(3x-2y=4\), on obtient \((4x+2y)+(3x-2y)=10+4\), donc \(7x=14\) et le même \(x=2\). La première équation donne \(4+y=5\), puis \(y=1\). Contrôle. \(2\times2+1=5\) et \(3\times2-2\times1=4\). Une justification du choix peut être : « J’isole \(y\) parce que son coefficient vaut \(1\) », ou « Je multiplie la première équation par \(2\) pour fabriquer des coefficients opposés de \(y\) ».
Question que tu peux te poser 2.14 — Pourquoi conserver une équation ?
Si l’on additionne deux équations et que l’on ne garde que leur somme, a-t-on toujours un système équivalent ? Réponse possible. Non. De \(x+y=2\) et \(x-y=0\), la somme donne \(2x=2\), donc \(x=1\), mais seule cette équation ne fixe plus \(y\). Le couple \((1;100)\) satisfait la somme et pas le système initial. Il faut conserver une équation indépendante pour retrouver la condition perdue. Critères : distinguer conséquence et équivalence, produire une solution parasite, expliquer comment le contrôle initial la rejette.
Trois équations pour deux inconnues : une vérification peut tout changer
Rappel 2.15 — Égalité de vecteurs dans une base
Un vecteur a trois coordonnées. Dans une même base, \(a\vec{u}+b\vec{v}=\vec{q}\) équivaut à trois égalités de coordonnées. Le coefficient \(a\) multiplie toutes les coordonnées de \(\vec{u}\), et \(b\) toutes celles de \(\vec{v}\). Ces trois égalités forment un système ; aucune n’est facultative.
Exemple de référence 2.16 — Un vecteur appartient-il au plan des directions ?
Soient \(\vec{u}=(1;1;0)\), \(\vec{v}=(2;-1;1)\) et \(\vec{q}=(7;1;2)\). Les deux premiers ne sont pas colinéaires : \(\vec{u}\) a une troisième coordonnée nulle et \(\vec{v}\) une troisième coordonnée non nulle, alors qu’aucun multiple de \(\vec{u}\) ne peut en avoir une. Chercher \(\vec{q}=a\vec{u}+b\vec{v}\) donne \[\begin{cases}a+2b=7,\\a-b=1,\\b=2.\end{cases}\] Les deux premières équations donnent \(a=1+b\) en ajoutant \(b\) aux deux membres de \(a-b=1\). Puis \(1+b+2b=7\), soit \(1+3b=7\). Soustraire \(1\) aux deux membres donne \(1+3b-1=7-1\), donc \(3b=6\). Puisque \(3\ne0\), \(\frac{3b}{3}=\frac63\) donne \(b=2\), puis \(a=1+2=3\). La troisième impose \(b=2\) et convient. Donc \[3(1;1;0)+2(2;-1;1)=(3\times1+2\times2;3\times1+2\times(-1);3\times0+2\times1)=(3+4;3-2;0+2)=(7;1;2)=\vec{q}.\] \(\vec{q}\) appartient à la direction de plan engendrée par \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\). Remplaçons seulement \(\vec{q}\) par \(\vec{q}'=(7;1;3)\). Les deux premières contraintes imposent encore \(a=3,b=2\), tandis que la troisième exige \(b=3\). Le système n’a aucune solution : \(\vec{q}'\) n’appartient pas à cette direction de plan. La troisième coordonnée est ici précisément celle qui décide.
Méthode 2.17 — Résoudre puis tester les contraintes restantes
Choisis deux équations qui permettent effectivement de déterminer les deux inconnues ; résous-les. Le couple obtenu est seulement un candidat tant que les autres équations ne sont pas vérifiées. S’il satisfait toutes les égalités, conclue dans le langage de la question : intersection, décomposition ou coplanarité. Sinon, il n’y a aucune solution lorsque ce candidat était le seul possible pour les deux premières équations. Si les deux équations choisies sont proportionnelles, elles ne déterminent pas les deux inconnues : utilise une autre équation ou conserve un paramètre libre. Cette situation est détaillée ci-dessous.
À toi 2.18 — Essai guidé avec une troisième condition
Résous \(x+y=3\), \(x-y=1\), \(x+2y=4\). Additionne les deux premières, retrouve \(y\), puis vérifie la troisième. Que devient la réponse si le dernier membre de la troisième équation vaut \(5\) ?
Correction expliquée 2.19 — La troisième condition accepte ou rejette
La somme donne \(2x=4\) ; comme \(2\ne0\), \(\frac{2x}{2}=\frac42\), donc \(x=2\). Dans \(x-y=1\), \(2-y=1\) ; soustraire \(2\) aux deux membres donne \(2-y-2=1-2\), soit \(-y=-1\), puis diviser par \(-1\ne0\) donne \(\frac{-y}{-1}=\frac{-1}{-1}\), donc \(y=1\). La troisième expression vaut \(2+2\times1=4\), donc le couple \((2;1)\) résout le système. Si le dernier membre vaut \(5\), cette même expression vaut toujours \(4\ne5\). Les deux premières équations imposant un seul couple, aucun autre ne peut convenir : le système modifié est impossible.
À toi 2.20 — À chercher : une équation apporte-t-elle quelque chose ?
Résous le système \(x+2y=5\), \(2x+4y=10\), \(x-y=2\). Explique pourquoi commencer par les deux premières équations ne détermine pas immédiatement \(x\) et \(y\). Indice : la deuxième est le double de la première ; combine plutôt la première et la troisième.
Correction expliquée 2.21 — Distinguer répétition et information nouvelle
La deuxième équation s’obtient en multipliant les deux membres de la première par \(2\) : \[2(x+2y)=2\times5 \iff2\times x+(2\times2)y=10 \iff2x+4y=10.\] Elle ne donne aucune contrainte supplémentaire. La troisième donne \(x=2+y\). Dans la première, \((2+y)+2y=5\), donc \(2+3y=5\). Soustraire \(2\) aux deux membres donne \(2+3y-2=5-2\), soit \(3y=3\) ; diviser par \(3\ne0\) donne \(\frac{3y}{3}=\frac33\), donc \(y=1\). Alors \(x=3\). Contrôles : \(3+2\times1=5\), \(2\times3+4\times1=6+4=10\), \(3-1=2\). La solution est \((3;1)\). Une équation répétée ne rend pas le système impossible ; elle est simplement redondante.
Question que tu peux te poser 2.22 — Deux équations satisfaites, trois équations demandées
Une copie écrit : « Les deux premières équations donnent \(x=2,y=1\), donc le système est résolu. » Que manque-t-il si une troisième équation était présente ? Réponse possible. Il faut remplacer \(x\) et \(y\) dans la troisième. Si elle est vérifiée, le couple résout les trois ; sinon il faut conclure à l’absence de solution, à condition que les deux premières aient imposé ce seul couple. Critères : mentionner simultanéité, candidat unique et contrôle restant ; ne pas simplement ajouter « vérifier » sans effectuer la substitution avec les données de l’exercice.
Aucune solution ou une infinité : lire les lignes finales
Exemple de référence 2.23 — Quand une contrainte se répète ou se contredit
Considérons \(2x-y=3\) et \(4x-2y=6\). Soustraire deux fois la première équation à la deuxième donne \[(4x-2y)-2(2x-y)=6-2\times3,\] \[4x-2y+(-2)\times(2x)+(-2)\times(-y)=6-2\times3,\] \[4x-2y-4x+2y=6-6,\qquad0=0.\] La deuxième n’ajoute rien. La première donne \(y=2x-3\) ; \(x\) est libre. En posant \(x=t\), les solutions sont exactement \((t;2t-3)\) pour \(t\in\mathbb{R}\). On vérifie les deux équations en remplaçant : \[2t-(2t-3)=2t+(-1)\times(2t)+(-1)\times(-3)=2t-2t+3=3,\] \[4t-2(2t-3)=4t+(-2)\times(2t)+(-2)\times(-3)=4t-4t+6=6.\] Si la deuxième équation était \(4x-2y=7\), la même soustraction donnerait \(0=1\), impossible. Il n’y aurait aucune solution.
Point de vigilance 2.24 — Une ligne \(0=0\) ne supprime pas les autres
Dans le système précédent, \(0=0\) signifie que cette ligne n’ajoute plus de condition. Elle n’autorise pas n’importe quel couple : il reste \(2x-y=3\). À l’inverse, une seule ligne impossible, comme \(0=1\), suffit à rendre tout le système impossible.
À toi 2.25 — Repérage avant les bases
Une base doit permettre de décomposer tout vecteur. Avec \(\vec{u}=(1;0;0)\), \(\vec{v}=(0;1;0)\) et \(\vec{w}=(1;1;0)\), peut-on écrire \((0;0;1)=a\vec{u}+b\vec{v}+c\vec{w}\) ? Observer la troisième coordonnée suffit-il à trancher ?
Correction expliquée 2.26 — Correction et orientation
La combinaison vaut \((a\times1+b\times0+c\times1\,;a\times0+b\times1+c\times1\,;a\times0+b\times0+c\times0)=(a+c;b+c;0)\). Sa troisième coordonnée vaut toujours \(0\), alors que celle du vecteur demandé vaut \(1\). Aucune décomposition n’existe : cette famille n’est donc pas une base. Les trois vecteurs étaient pourtant non nuls. Pour retrouver ce qu’il faut prouver, lire la définition « Existence et unicité d’une décomposition » ci-dessous : tous les vecteurs doivent être obtenus, chacun d’une seule manière.
Trois vecteurs : prouver une base et changer de coordonnées
Définition 2.27 — Existence et unicité d’une décomposition
Une base de l’espace est un triplet \((\vec{u},\vec{v},\vec{w})\) tel que tout vecteur \(\vec{q}\) s’écrive d’une manière unique \(a\vec{u}+b\vec{v}+c\vec{w}\). Les nombres \((a;b;c)\) sont les coordonnées de \(\vec{q}\) dans cette base. Ils peuvent différer de son triplet \((x;y;z)\) dans la base de départ. Pour prouver directement qu’une famille est une base, on peut partir d’un vecteur arbitraire \((x;y;z)\) et montrer que le système de décomposition possède une solution unique pour tous \(x,y,z\). Un seul vecteur décomposé ne suffit pas.
Théorème 2.28 — Une famille qui forme bien une base
Dans une base initiale, on donne \[\vec{u}=(1;1;0),\quad\vec{v}=(0;1;1),\quad\vec{w}=(1;0;1).\] Cette famille est une base. Les coordonnées de \(\vec{q}=(x;y;z)\) dans cette nouvelle base sont \[a=\frac{x+y-z}{2},\qquad b=\frac{-x+y+z}{2},\qquad c=\frac{x-y+z}{2}.\]
Démonstration. On distribue les coefficients dans les coordonnées : \[a\vec{u}+b\vec{v}+c\vec{w} =(a\times1+b\times0+c\times1\,;a\times1+b\times1+c\times0\,;a\times0+b\times1+c\times1) =(a+c\,;a+b\,;b+c).\] L’égalité \(\vec{q}=a\vec{u}+b\vec{v}+c\vec{w}\) équivaut à \[\begin{cases}a+c=x,\\a+b=y,\\b+c=z.\end{cases}\] Ajouter les deux premières équations puis soustraire la troisième donne \[(a+c)+(a+b)-(b+c)=x+y-z,\] donc \(a+c+a+b+(-1)\times b+(-1)\times c=x+y-z\), soit \(a+c+a+b-b-c=x+y-z\), puis \(2a=x+y-z\). Comme \(2\ne0\), toute solution impose \(a=(x+y-z)/2\). En ajoutant la deuxième et la troisième puis en soustrayant la première, on obtient \((a+b)+(b+c)-(a+c)=y+z-x\), donc \(a+b+b+c+(-1)\times a+(-1)\times c=y+z-x\), soit \(a+b+b+c-a-c=2b=-x+y+z\). En ajoutant la première et la troisième puis en soustrayant la deuxième, on obtient \((a+c)+(b+c)-(a+b)=x+z-y\), donc \(a+c+b+c+(-1)\times a+(-1)\times b=x+z-y\), soit \(a+c+b+c-a-b=2c=x-y+z\). Les divisions \(\frac{2b}{2}=\frac{-x+y+z}{2}\) et \(\frac{2c}{2}=\frac{x-y+z}{2}\) sont autorisées puisque \(2\ne0\) et donnent les valeurs annoncées. Il ne peut donc y avoir qu’un triplet solution.
Il reste à prouver qu’il existe. Pour les trois valeurs annoncées, \[a+c=\frac{x+y-z}{2}+\frac{x-y+z}{2} =\frac{x+y-z+x-y+z}{2}=\frac{2x}{2}=x,\] \[a+b=\frac{x+y-z}{2}+\frac{-x+y+z}{2}=\frac{x+y-z-x+y+z}{2}=\frac{2y}{2}=y,\] \[b+c=\frac{-x+y+z}{2}+\frac{x-y+z}{2}=\frac{-x+y+z+x-y+z}{2}=\frac{2z}{2}=z.\] Les dénominateurs sont déjà communs ; les trois équations sont satisfaites pour tous \(x,y,z\). Existence et unicité sont établies : c’est bien une base. La preuve ne repose ni sur un dessin ni sur un essai numérique.
Exemple de référence 2.29 — Le même vecteur, deux triplets
Dans la base initiale, \(\vec{q}=(3;-1;4)\). Pour la base du théorème, \[a=\frac{3+(-1)-4}{2}=\frac{-2}{2}=-1, \quad b=\frac{-3+(-1)+4}{2}=0, \quad c=\frac{3-(-1)+4}{2}=\frac8{2}=4.\] Ainsi \(\vec{q}=-\vec{u}+4\vec{w}\) et ses coordonnées dans la nouvelle base sont \((-1;0;4)\). Contrôle dans la base initiale : \[\begin{aligned} &(-1)(1;1;0)+0(0;1;1)+4(1;0;1)\\ &=((-1)\times1+0\times0+4\times1;(-1)\times1+0\times1+4\times0;(-1)\times0+0\times1+4\times1)\\ &=(-1+0+4;-1+0+0;0+0+4)=(3;-1;4). \end{aligned}\] Le vecteur n’a pas changé ; seule sa description a changé. Si la nouvelle base n’est pas orthonormée, on ne calcule pas sa norme en additionnant les carrés des nouvelles coordonnées.
Critère 2.30 — Un test de dépendance utile
Trois vecteurs forment une base de l’espace si et seulement si la seule solution de \[a\vec{u}+b\vec{v}+c\vec{w}=\vec0\] est \((a;b;c)=(0;0;0)\). Résultat géométrique antérieur utilisé : trois vecteurs non coplanaires forment une base de l’espace.
Démonstration. Dans une base, le vecteur nul a la décomposition \(0\vec{u}+0\vec{v}+0\vec{w}\) ; l’unicité exclut toute autre décomposition. Réciproquement, supposons que seule la solution nulle existe. Alors \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\) ne sont pas colinéaires : une dépendance entre eux fournirait une solution non nulle avec \(c=0\). De plus, \(\vec{w}\) ne peut pas être une combinaison \(p\vec{u}+q\vec{v}\), sinon \(p\vec{u}+q\vec{v}-\vec{w}=\vec0\) serait une solution non nulle. Les trois vecteurs sont donc non coplanaires, et le résultat géométrique rappelé permet de conclure qu’ils forment une base. La preuve complète de ce critère repose ainsi sur ce résultat de géométrie déjà identifié, pas sur une théorie abstraite de dimension.
Contre-exemple 2.31 — Trois vecteurs non nuls ne suffisent pas
Pour \(\vec{u}=(1;0;1)\), \(\vec{v}=(0;1;1)\), \(\vec{w}=(2;1;3)\), on a \[2\vec{u}+\vec{v}=(2\times1+0;2\times0+1;2\times1+1)=(2;1;3)=\vec{w}.\] Donc \(2\vec{u}+\vec{v}-\vec{w}=\vec0\), avec coefficients \((2;1;-1)\) non tous nuls. Le vecteur nul possède au moins deux décompositions, celle-ci et \((0;0;0)\) : la famille n’est pas une base. Les vecteurs sont non nuls et aucun de ces seuls mots ne prouve leur indépendance.
Méthode 2.32 — Choisir le système adapté à la question
Pour décider si c’est une base : former \(a\vec{u}+b\vec{v}+c\vec{w}=\vec0\), écrire les trois coordonnées et chercher toutes les solutions ; la solution nulle doit être la seule. Variante directe : traiter un vecteur arbitraire \((x;y;z)\) et prouver existence et unicité, comme dans le théorème. Pour calculer des coordonnées : la base étant établie ou donnée, écrire \(a\vec{u}+b\vec{v}+c\vec{w}=\vec{q}\) avec les coordonnées réelles de \(\vec{q}\). Résoudre, puis reconstruire \(\vec{q}\) pour contrôler. Les nombres \(a,b,c\) constituent le triplet demandé, pas les coordonnées initiales de \(\vec{q}\).
À toi 2.33 — Essai guidé : un système qui se remonte
On donne \(\vec{u}=(1;0;0)\), \(\vec{v}=(1;1;0)\), \(\vec{w}=(0;1;1)\). Pour un vecteur arbitraire \((x;y;z)\), écris le système donnant \(a,b,c\). Commence par la troisième coordonnée, puis remonte. Déduis que la famille est une base et décompose \(\vec{q}=(2;-1;3)\).
Correction expliquée 2.34 — Le dernier coefficient commande les précédents
La combinaison donne d’abord \[a\vec{u}+b\vec{v}+c\vec{w}=(a\times1+b\times1+c\times0\,;a\times0+b\times1+c\times1\,;a\times0+b\times0+c\times1)=(a+b;b+c;c).\] Le système est donc \(a+b=x\), \(b+c=y\), \(c=z\). On obtient successivement \[c=z,\qquad b=y-z,\qquad a=x-(y-z)=x+(-1)\times y+(-1)\times(-z)=x-y+z.\] Ces valeurs sont imposées et fonctionnent : \(a+b=x-y+z+y-z=x\), \(b+c=y-z+z=y\), \(c=z\). La famille est donc une base. Pour \((x;y;z)=(2;-1;3)\) : \(c=3\), \(b=-1-3=-4\), \(a=2-(-1)+3=6\). La décomposition est \(6\vec{u}-4\vec{v}+3\vec{w}\). Contrôle : \[\begin{aligned} &(6\times1+(-4)\times1+3\times0;6\times0+(-4)\times1+3\times1;6\times0+(-4)\times0+3\times1)\\ &=(6-4+0;0-4+3;0+0+3)=(2;-1;3). \end{aligned}\] Les coordonnées recherchées dans la nouvelle base sont \((6;-4;3)\).
À toi 2.35 — À chercher : établir puis utiliser une base
Soient \(\vec{u}=(1;0;1)\), \(\vec{v}=(0;1;0)\) et \(\vec{w}=(1;0;-1)\). Prouve que ces trois vecteurs forment une base. Détermine ensuite les coordonnées de \((4;-2;0)\) dans cette base. Indice : écrire \(a+c=x\), \(b=y\), \(a-c=z\) ; ajouter puis soustraire les deux équations contenant \(a\) et \(c\).
Correction expliquée 2.36 — Unicité et existence, puis contrôle numérique
La combinaison développée vaut \[a\vec{u}+b\vec{v}+c\vec{w}=(a\times1+b\times0+c\times1\,;a\times0+b\times1+c\times0\,;a\times1+b\times0+c\times(-1))=(a+c;b;a-c).\] Elle donne donc \(a+c=x\), \(b=y\), \(a-c=z\). La somme de \(a+c=x\) et \(a-c=z\) donne \(a+c+a-c=x+z\), soit \(2a=x+z\). Comme \(2\ne0\), \(\frac{2a}{2}=\frac{x+z}{2}\), donc \(a=(x+z)/2\). Leur différence donne \((a+c)-(a-c)=x-z\), soit \(a+c+(-1)\times a+(-1)\times(-c)=x-z\), donc \(a+c-a+c=2c=x-z\) ; la division \(\frac{2c}{2}=\frac{x-z}{2}\) donne \(c=(x-z)/2\). Enfin \(b=y\). Ces valeurs sont uniques ; elles existent pour tout \(x,y,z\), car le diviseur \(2\) est non nul. Vérification : \[\begin{aligned} a+c&=\frac{x+z+x-z}{2}=x,\\ a-c&=\frac{x+z-(x-z)}2\\ &=\frac{x+z+(-1)\times x+(-1)\times(-z)}2\\ &=\frac{x+z-x+z}{2}=z, \end{aligned}\] et \(b=y\). La famille est une base. Pour \((4;-2;0)\), \(a=(4+0)/2=2\), \(b=-2\), \(c=(4-0)/2=2\). Le triplet dans la nouvelle base est \((2;-2;2)\). La reconstruction confirme le résultat : \[\begin{aligned} &2(1;0;1)-2(0;1;0)+2(1;0;-1)\\ &=(2\times1+(-2)\times0+2\times1\,;2\times0+(-2)\times1+2\times0\,;2\times1+(-2)\times0+2\times(-1))\\ &=(2+0+2;0-2+0;2+0-2)=(4;-2;0). \end{aligned}\]
Question que tu peux te poser 2.37 — Pourquoi un exemple ne prouve-t-il pas une base ?
Une famille peut-elle décomposer un vecteur donné sans être une base ? Quelle partie de la définition manque alors ? Réponse possible. Oui. La famille dépendante du contre-exemple décompose \(\vec{w}\) comme \(0\vec{u}+0\vec{v}+1\vec{w}\) mais aussi comme \(2\vec{u}+1\vec{v}+0\vec{w}\). Un succès de décomposition ne prouve ni l’existence pour tout vecteur ni l’unicité. Critères : nommer les deux exigences et produire deux décompositions différentes ou un vecteur qui ne peut pas être décomposé.
Réparation : repartir d’une difficulté précise
À toi 2.38 — Trois erreurs à transformer en méthode
Erreur de signe. « \(3x-2(5-2x)=3x-10-4x\). » Le rappel est la distributivité : \((-2)\times(-2x)=+4x\). Exemple plus simple : \(-2(3-x)=(-2)\times3+(-2)\times(-x)=-6+2x\). Nouvel essai : développe \(5-3(2-t)\), puis résous \(5-3(2-t)=8\).
Erreur de compatibilité. « Les deux premières équations conviennent, j’ignore la dernière. » Le rappel est le « et ». Exemple : \(x=1\), \(y=2\), \(x+y=4\) est impossible car \(1+2=3\). Nouvel essai : \(x+y=5\), \(x-y=1\), \(2x+y=8\).
Erreur sur une base. « Trois vecteurs non nuls font une base. » Le rappel est l’unicité pour tout vecteur. Exemple : \((1;0;0)\), \((0;1;0)\), \((1;1;0)\) sont dépendants puisque le troisième est la somme des deux premiers. Nouvel essai : \(\vec{u}=(1;0;0)\), \(\vec{v}=(0;1;0)\), \(\vec{w}=(0;0;2)\) forment-ils une base ? Donne les coordonnées d’un vecteur arbitraire dans cette famille.
Correction expliquée 2.39 — Nouveaux essais corrigés et retour
1. \(5-3(2-t)=5+(-3)\times2+(-3)\times(-t)=5-6+3t=-1+3t\). L’équation devient \(-1+3t=8\) ; ajouter \(1\) aux deux membres donne \(-1+3t+1=8+1\), soit \(3t=9\) ; diviser par \(3\ne0\) donne \(\frac{3t}{3}=\frac93\), donc \(t=3\). Contrôle : \(5-3(2-3)=5-3(-1)=8\). Reviens à l’essai \(2x+y=5\), \(3x-2y=4\).
2. Additionner les deux premières équations donne \(2x=6\), donc \(x=3\) ; \(3-y=1\) donne \(-y=-2\), donc \(y=2\). La troisième vaut \(2\times3+2=8\) : le système est compatible. Reviens à l’essai de trois équations, en effectuant réellement le contrôle restant.
3. La combinaison vaut \[a\vec{u}+b\vec{v}+c\vec{w}=(a\times1+b\times0+c\times0\,;a\times0+b\times1+c\times0\,;a\times0+b\times0+c\times2)=(a;b;2c).\] Pour obtenir \((x;y;z)\), il faut et il suffit que \(a=x\), \(b=y\), \(c=z/2\), solution unique puisque \(2\ne0\). C’est une base, bien que \(\vec{w}\) ne soit pas unitaire. Reviens à la tentative de changement de base et sépare existence, unicité et calcul particulier.
À reprendre après un délai, avant de relire
À toi 2.40 — Reprise des trois décisions
Résous \(x-2y=-1\), \(3x+y=11\), en expliquant le premier geste.
Décide si \(a+b=4\), \(a-b=2\), \(2a+b=8\) a une solution.
La famille \((1;0;0)\), \((1;1;0)\), \((1;1;1)\) est-elle une base ? Si oui, donne les coordonnées de \((2;3;4)\) dans cette base.
Aides après tentative : isoler \(x\) dans 1 ; contrôler la troisième équation dans 2 ; commencer par la troisième coordonnée dans 3.
Correction expliquée 2.41 — Corriger et décider quoi retravailler
1. Ajouter \(2y\) aux deux membres donne \(x=-1+2y\). La seconde devient \(3(-1+2y)+y=11\), donc \(3\times(-1)+3\times(2y)+y=11\), puis \(-3+6y+y=11\) et \(-3+7y=11\). Ajouter \(3\) aux deux membres donne \(-3+7y+3=11+3\), soit \(7y=14\) ; comme \(7\ne0\), \(\frac{7y}{7}=\frac{14}{7}\), donc \(y=2\) et \(x=-1+4=3\). Contrôles : \(3-4=-1\) et \(9+2=11\).
2. La somme des deux premières équations donne \(2a=6\), donc \(a=3\) ; \(3+b=4\) donne \(b=1\). La troisième vaut \(2\times3+1=7\ne8\). Il n’existe aucune solution.
3. La combinaison générale vaut \[(a\times1+b\times1+c\times1\,;a\times0+b\times1+c\times1\,;a\times0+b\times0+c\times1)=(a+b+c;b+c;c).\] Le système général est donc \(a+b+c=x\), \(b+c=y\), \(c=z\). Donc \(c=z\), \(b=y-z\), \(a=x-(y-z)-z=x+(-1)\times y+(-1)\times(-z)-z=x-y+z-z=x-y\). Ces valeurs sont uniques et vérifient les trois égalités : \(x-y+y-z+z=x\), \(y-z+z=y\), \(z=z\). La famille est une base. Pour \((2;3;4)\), les coordonnées sont \((2-3;3-4;4)=(-1;-1;4)\). Reconstruction : \[\begin{aligned} &((-1)\times1+(-1)\times1+4\times1\,;(-1)\times0+(-1)\times1+4\times1\,;(-1)\times0+(-1)\times0+4\times1)\\ &=(-1-1+4;0-1+4;0+0+4)=(2;3;4). \end{aligned}\]
Critères : opérations réversibles explicites, vérification de chaque contrainte, interprétation du résultat et séparation entre coordonnées initiales et nouvelles. Une erreur de distributivité renvoie à la première réparation ; un contrôle omis à la deuxième ; une preuve de base réduite à un exemple à la troisième.
Synthèse 2.42 — Le calcul doit se terminer par une interprétation
Une solution satisfait toutes les équations. Substitution et élimination sont deux méthodes complémentaires. Une ligne impossible rejette tout le système ; une identité \(0=0\) n’efface pas les contraintes restantes. Un système de décomposition peut prouver une base en établissant existence et unicité pour tout vecteur, ou par le test de la seule dépendance nulle. Après le calcul, nomme le résultat géométrique : point commun, absence d’intersection, famille de points, coplanarité, base ou coordonnées dans une base.
3. Représenter une droite par un paramètre
Objectif. Construire une droite en coordonnées, tester un point et reconnaître plusieurs écritures d’une même droite.
Les données qui font une droite
Rappel 3.1 — Point, vecteur et direction
Dans cette unité, l’espace est muni d’un repère orthonormé. Les calculs d’appartenance et de direction qui suivent fonctionnent aussi dans un repère quelconque ; nous gardons un même cadre pour le chapitre. Un point \(A(a\,;b\,;c)\) est une position. Un vecteur \(\vec{u}(u_1\,;u_2\,;u_3)\) décrit un déplacement. Si \(B(x_B\,;y_B\,;z_B)\), alors \[\overrightarrow{AB}=(x_B-a\,;y_B-b\,;z_B-c).\] Le vecteur nul a ses trois coordonnées nulles. Un vecteur directeur d’une droite est non nul et parallèle à cette droite. Résultat géométrique antérieur rappelé : une droite est déterminée par un point \(A\) et une direction non nulle \(\vec{u}\) ; ses points sont exactement ceux pour lesquels \(\overrightarrow{AM}\) est un multiple de \(\vec{u}\). Pour \(\vec{u}\ne\vec0\), dire que \(\vec{v}\) est colinéaire à \(\vec{u}\) équivaut à dire qu’il existe un réel \(t\) tel que \(\vec{v}=t\vec{u}\). Le vecteur \(\vec{v}\) peut être nul : il correspond alors à \(t=0\).
Intuition et représentation 3.2 — Un point de départ et un pas orienté
Imagine un curseur sur un rail infini. \(A\) est la position de référence et \(\vec{u}\) un pas orienté : \(t=1\) effectue un pas, \(t=2\) deux pas, \(t=-1\) un pas en sens opposé, et \(t=\tfrac12\) un demi-pas. Cette image aide à comprendre pourquoi les trois coordonnées changent ensemble avec un seul nombre. Le rail correspond à la droite entière, pas à un segment fini. Le nombre \(t\) n’est ni une distance, ni une durée par nature : ces interprétations demanderaient des unités et un choix supplémentaire. Formellement, la position \(M\) est définie par \(\overrightarrow{AM}=t\vec{u}\).
Lecture. Dans cette illustration indépendante des exemples suivants, le point de référence est A=(1;-1;1) et le directeur u=(1;2;-1). Les valeurs t=-1, 0 et 1 donnent respectivement (0;-3;2), A et (2;1;0). Les trois points sont alignés ; la perspective ne conserve pas nécessairement les longueurs apparentes.
Définition 3.3 — Représentation paramétrique d’une droite
Soient \(A(a\,;b\,;c)\) et \(\vec{u}(u_1\,;u_2\,;u_3)\ne\vec0\). Une représentation paramétrique de la droite passant par \(A\) et de directeur \(\vec{u}\) est \[d:\quad\left\{\begin{aligned}x&=a+t u_1,\\y&=b+t u_2,\\z&=c+t u_3,\end{aligned}\right.\qquad t\in\mathbb{R}.\] \(t\) est le paramètre. L’accolade signifie que les trois égalités sont simultanées : le même \(t\) doit convenir aux trois. Le symbole \(M=A+t\vec{u}\), parfois utilisé, est une écriture abrégée de \(\overrightarrow{AM}=t\vec{u}\) ; il ne transforme pas le point \(A\) en vecteur.
Théorème 3.4 — Pourquoi cette écriture décrit exactement la droite
Avec les hypothèses de la définition, \[M(x\,;y\,;z)\in d \quad\Longleftrightarrow\quad \text{il existe }t\in\mathbb{R}\text{ tel que } \left\{\begin{aligned}x&=a+t u_1,\\y&=b+t u_2,\\z&=c+t u_3.\end{aligned}\right.\] Pour cette représentation fixée, chaque point de \(d\) correspond à une unique valeur de \(t\).
Démonstration. Démonstration complète, à partir de la caractérisation géométrique rappelée. Si \(M\in d\), les vecteurs \(\overrightarrow{AM}\) et \(\vec{u}\) sont colinéaires. Comme \(\vec{u}\ne\vec0\), il existe \(t\) tel que \(\overrightarrow{AM}=t\vec{u}\). En coordonnées, cette égalité donne \(x-a=t u_1\), \(y-b=t u_2\), \(z-c=t u_3\). Ajouter respectivement \(a\), \(b\), \(c\) aux deux membres donne les trois égalités annoncées. Réciproquement, si ces trois égalités sont vérifiées avec un même \(t\), soustraire \(a\), \(b\), \(c\) donne \(\overrightarrow{AM}=t\vec{u}\). Le point appartient donc à la droite passant par \(A\) de direction \(\vec{u}\). Enfin, si \(t_1\) et \(t_2\) donnent le même point, alors \((t_1-t_2)\vec{u}=\vec0\). Une coordonnée \(u_i\) de \(\vec{u}\) est non nulle. Ainsi \((t_1-t_2)u_i=0\) ; le coefficient \(u_i\ne0\) autorise \[\frac{(t_1-t_2)u_i}{u_i}=\frac0{u_i},\qquad (t_1-t_2)\frac{u_i}{u_i}=0,\qquad t_1-t_2=0.\] Ajouter \(t_2\) aux deux membres donne \(t_1-t_2+t_2=0+t_2\), donc \(t_1=t_2\). On n’a pas supposé les paramètres non nuls.
Non-exemple 3.5 — Trois constantes ne décrivent pas une droite
Le système \(x=1+0t\), \(y=2+0t\), \(z=3+0t\) donne toujours le seul point \((1\,;2\,;3)\). Son prétendu directeur est nul. Il ne représente pas une droite, même si l’on écrit \(t\in\mathbb{R}\). En revanche, \(x=1\), \(y=2+t\), \(z=3\) représente une droite : son directeur \((0\,;1\,;0)\) est non nul. Une ou deux coordonnées peuvent donc rester constantes.
C07 — Construire une représentation
Question que tu peux te poser 3.6 — Repérage avant de commencer
On donne \(A(1\,;-2\,;4)\) et \(B(3\,;-2\,;1)\). Calcule \(\overrightarrow{AB}\). Peut-on définir la droite \((AB)\) ? Pourquoi ne pourrait-on pas procéder de la même manière avec deux points confondus ?
Correction expliquée 3.7 — Correction et orientation
\[\overrightarrow{AB}=(3-1\,;-2-(-2)\,;1-4)=(2\,;-2+2\,;-3)=(2\,;0\,;-3).\] Ce vecteur est non nul, donc \(A\ne B\) et \((AB)\) est bien déterminée. Si \(A=B\), les trois différences sont nulles ; un seul point ne choisit pas une direction. En cas d’erreur de signe, reprendre le rappel local : coordonnée de l’arrivée moins coordonnée du départ.
Méthode 3.8 — Du point et du directeur aux trois coordonnées
Quand l’utiliser ? Lorsqu’une droite est donnée par un point et une direction, ou par deux points distincts. Premier geste : identifier le point d’appui et vérifier que le directeur choisi est non nul. Avec deux points, calculer les trois différences de coordonnées.
Écrire \(\overrightarrow{AM}=t\vec{u}\), avec \(t\in\mathbb{R}\).
Traduire en \(x=a+t u_1\), \(y=b+t u_2\), \(z=c+t u_3\). Le coefficient du paramètre est une coordonnée du directeur ; la constante est une coordonnée du point d’appui.
Contrôler que \(t=0\) redonne \(A\). Si un second point \(B\) était donné, trouver une valeur de \(t\) qui redonne ses trois coordonnées.
On peut simplifier un directeur en le multipliant par un réel non nul. On doit ensuite lire le paramètre dans la représentation effectivement choisie : \(B\) ne correspond plus nécessairement à \(t=1\).
Exemple de référence 3.9 — Construire la droite passant par deux points
Soient \(A(2\,;-1\,;3)\) et \(B(5\,;5\,;0)\). On calcule \[\overrightarrow{AB}=(5-2\,;5-(-1)\,;0-3)=(3\,;5+1\,;-3)=(3\,;6\,;-3).\] Ce vecteur est non nul. Avec \(\overrightarrow{AB}\) comme directeur, on obtient \(x=2+3s\), \(y=-1+6s\), \(z=3-3s\), où \(s\in\mathbb{R}\). On peut aussi choisir \(\vec{u}=\tfrac13\overrightarrow{AB}=(1\,;2\,;-1)\) : le multiplicateur \(\tfrac13\) est non nul. Une écriture plus simple est \[d:\quad\left\{\begin{aligned}x&=2+t,\\y&=-1+2t,\\z&=3-t.\end{aligned}\right.\qquad t\in\mathbb{R}.\] Contrôle. Pour \(t=0\), on obtient \((2+0\,;-1+2\times0\,;3-0)=(2\,;-1\,;3)=A\). Pour retrouver \(B\), l’équation \(2+t=5\) donne \(2+t-2=5-2\), donc \(t=3\). Les deux autres coordonnées donnent alors \(-1+2\times3=-1+6=5\) et \(3-3=0\). Le point est bien \(B\). Dans la première écriture, il correspondait à \(s=1\) ; dans la seconde, à \(t=3\).
À toi 3.10 — Essai guidé
Construis une représentation de la droite passant par \(E(-2\,;1\,;4)\) et \(F(0\,;-3\,;5)\). Étapes suggérées : calcule \(\overrightarrow{EF}\) ; vérifie sa non-nullité ; prends \(E\) pour point d’appui ; contrôle les valeurs \(t=0\) et \(t=1\).
Correction expliquée 3.11 — Correction de l’essai guidé
\[\overrightarrow{EF}=(0-(-2)\,;-3-1\,;5-4)=(2\,;-4\,;1)\ne\vec0.\] Ainsi \(x=-2+2t\), \(y=1-4t\), \(z=4+t\), avec \(t\in\mathbb{R}\). Pour \(t=0\), les coordonnées sont \((-2\,;1\,;4)\). Pour \(t=1\), elles valent \(-2+2\times1=0\), \(1-4\times1=-3\), \(4+1=5\) : on retrouve \(F\).
À toi 3.12 — À chercher avant la correction
Donne une représentation de la droite passant par \(C(1\,;2\,;-1)\) et \(D(1\,;-4\,;2)\) avec un directeur dont les coordonnées sont les plus simples possible. Précise la valeur du paramètre qui donne \(D\). Indice à utiliser seulement si nécessaire : une coordonnée constante est autorisée ; le vecteur \((0\,;-6\,;3)\) peut être simplifié.
Correction expliquée 3.13 — Correction de la tentative
\[\overrightarrow{CD}=(1-1\,;-4-2\,;2-(-1))=(0\,;-6\,;3).\] Le directeur \(\vec{u}=\tfrac13\overrightarrow{CD}=(0\,;-2\,;1)\) est non nul. On obtient \(x=1\), \(y=2-2t\), \(z=-1+t\), \(t\in\mathbb{R}\). Pour \(D\), \(-1+t=2\) donne \(-1+t+1=2+1\), donc \(t=3\). On vérifie \(y=2-2\times3=2-6=-4\) et \(x=1\). La première coordonnée n’est pas inutile : elle impose que tous les points de la droite aient pour abscisse 1.
Question que tu peux te poser 3.14 — Justifier avec ses propres mots
Pourquoi vérifier seulement que deux points donnés sont obtenus ne suffit-il pas à expliquer le rôle de \(t\in\mathbb{R}\) ? Qu’ajoute la caractérisation \(\overrightarrow{AM}=t\vec{u}\) ?
Correction expliquée 3.15 — Réponse possible et critères
Obtenir les deux points contrôle les données, mais n’explique pas encore l’ensemble décrit. La relation \(\overrightarrow{AM}=t\vec{u}\) montre que chaque point produit reste dans la direction choisie à partir de \(A\). Réciproquement, tout point de la droite correspond à un multiple réel de \(\vec{u}\), donc à une valeur de \(t\). Une réponse complète mentionne la direction non nulle, les deux sens et le fait que le paramètre parcourt tous les réels.
Propriété 3.16 — Changer l’ensemble parcouru en restreignant le paramètre
Si \(A\ne B\), les points de \([AB]\) sont exactement ceux vérifiant \(\overrightarrow{AM}=s\overrightarrow{AB}\) avec \(0\le s\le1\). La demi-droite d’origine \(A\) passant par \(B\) correspond à \(s\ge0\).
Démonstration. Démonstration à partir du repérage orienté d’une droite. Prendre \(A\) pour origine et le déplacement \(\overrightarrow{AB}\) pour unité orientée donne au point \(A\) la coordonnée 0 et à \(B\) la coordonnée 1. Être entre \(A\) et \(B\) équivaut à avoir une coordonnée entre 0 et 1 ; être du côté de \(B\) à partir de \(A\) équivaut à avoir une coordonnée positive ou nulle. Il s’agit de la propriété d’ordre usuelle sur une droite, rappelée ici, pas d’une propriété déduite d’un dessin en perspective.
À toi 3.17 — Variation : droite ou segment ?
Dans l’exemple \(A(2\,;-1\,;3)\), \(B(5\,;5\,;0)\), on a choisi \(x=2+t\), \(y=-1+2t\), \(z=3-t\). Quel intervalle de \(t\) décrit \([AB]\) ? Que décrit \(0\le t\le1\) ?
Correction expliquée 3.18 — Correction de la variation
On a \(\overrightarrow{AB}=3\vec{u}\) et \(\overrightarrow{AM}=t\vec{u}=\tfrac{t}{3}\overrightarrow{AB}\). Le coefficient \(3\) est positif : \(0\le\tfrac{t}{3}\le1\) équivaut à \(0\le t\le3\). Ainsi \([AB]\) correspond à \([0\,;3]\). L’intervalle \([0\,;1]\) s’arrête au point \(A+\vec{u}=(3\,;1\,;2)\) : il ne parcourt qu’une partie de \([AB]\). La restriction du paramètre dépend du directeur effectivement choisi.
Méthode 3.19 — Réparer une différence de coordonnées mal calculée
Première erreur possible : écrire une somme là où il faut faire arrivée moins départ. Revenir à \(\overrightarrow{AB}=(x_B-x_A\,;y_B-y_A\,;z_B-z_A)\) et conserver les parenthèses autour des nombres négatifs. Exemple plus simple corrigé : de \(I(0\,;1\,;0)\) à \(J(0\,;-1\,;0)\), \[\overrightarrow{IJ}=(0-0\,;-1-1\,;0-0)=(0\,;-2\,;0).\] On descend de deux unités selon la deuxième coordonnée. Nouvel essai : construis la droite passant par \(K(-1\,;2\,;0)\) et \(L(2\,;2\,;-3)\).
Correction expliquée 3.20 — Nouvel essai corrigé et retour
\[\overrightarrow{KL}=(2-(-1)\,;2-2\,;-3-0)=(3\,;0\,;-3)\ne\vec0.\] Une représentation est \(x=-1+3t\), \(y=2\), \(z=-3t\), \(t\in\mathbb{R}\). Pour \(t=1\), on retrouve \((-1+3\,;2\,;-3)=(2\,;2\,;-3)\). Reprends maintenant l’essai C07 avec \(C\) et \(D\) et vérifie chaque différence avant de simplifier le directeur.
À toi 3.21 — À reprendre plus tard, avant de relire
À une prochaine séance, construis une représentation de la droite passant par \(P(3\,;0\,;-2)\) et \(Q(1\,;4\,;2)\) ; choisis un directeur simple et retrouve \(Q\). Indice local : calcule \(\overrightarrow{PQ}\) puis divise ses trois coordonnées par 2, qui est non nul.
Correction expliquée 3.22 — Correction de la reprise
\(\overrightarrow{PQ}=(1-3\,;4-0\,;2-(-2))=(-2\,;4\,;4)\). On choisit \(\vec{u}=(-1\,;2\,;2)\). D’où \(x=3-t\), \(y=2t\), \(z=-2+2t\). Pour retrouver \(Q\), \(2t=4\) donne, puisque \(2\ne0\), \(\dfrac{2t}{2}=\dfrac42\), puis \(\dfrac22t=2\), soit \(1t=2\) et \(t=2\). Alors \(3-2=1\) et \(-2+2\times2=-2+4=2\). La valeur \(t=0\) redonne \(P\).
C08 — Décider si un point appartient à une droite
Question que tu peux te poser 3.23 — Repérer la simultanéité
La droite \(r\) est donnée par \(x=1+2t\), \(y=-2+t\), \(z=4\), \(t\in\mathbb{R}\). Les points \(P(3\,;-1\,;4)\) et \(Q(3\,;-1\,;5)\) appartiennent-ils à \(r\) ?
Correction expliquée 3.24 — Correction et orientation
Pour \(P\), l’ordonnée impose \(-2+t=-1\), donc \(-2+t+2=-1+2\) et \(t=1\). On vérifie \(1+2\times1=3\) et \(z=4\) : \(P\in r\). Pour \(Q\), la troisième coordonnée demandée vaut 5, alors que la représentation impose toujours 4. La contradiction suffit : \(Q\notin r\). Si tu as oublié la troisième égalité, reprends le sens de l’accolade dans la définition.
Méthode 3.25 — Chercher un paramètre candidat, puis le contrôler
Indice de choix : un point et une représentation de droite sont donnés. Condition : la représentation possède un directeur non nul.
Remplacer \(x,y,z\) par les coordonnées du point dans les trois égalités.
Examiner d’abord les coordonnées constantes : une contradiction suffit à rejeter le point.
Utiliser une équation dont le coefficient du paramètre est non nul pour obtenir un candidat.
Reporter cette même valeur dans toutes les autres égalités. Si toutes sont vraies, le point appartient à la droite ; sinon, il n’y appartient pas.
On ne divise pas par une coordonnée nulle du directeur. On ne choisit pas trois paramètres différents pour satisfaire trois équations.
Exemple de référence 3.26 — Deux coordonnées justes ne suffisent pas
Considérons \(d:x=2+t\), \(y=-1+2t\), \(z=3-t\). On teste \(P(4\,;3\,;1)\) puis \(Q(4\,;3\,;0)\). Pour \(P\), la première équation \(2+t=4\) donne \(2+t-2=4-2\), donc \(t=2\). Les autres coordonnées valent \(-1+2\times2=-1+4=3\) et \(3-2=1\). Ainsi \(P\in d\). Pour \(Q\), la première équation impose encore \(t=2\). L’ordonnée vaut bien 3, mais la cote obtenue vaut \(3-2=1\), et non 0. Le système complet est incompatible : \(Q\notin d\). Une autre valeur de \(t\) ne peut pas réparer la cote sans perdre l’abscisse, puisque l’abscisse imposait déjà \(t=2\).
À toi 3.27 — Essai guidé
On donne \(r:x=-1+3s\), \(y=2-s\), \(z=5+2s\), \(s\in\mathbb{R}\), et \(M(5\,;0\,;9)\). Commence par l’ordonnée, puis vérifie les deux autres coordonnées.
Correction expliquée 3.28 — Correction de l’essai guidé
L’équation \(2-s=0\) donne \(2-s-2=0-2\), soit \(-s=-2\). Le coefficient \(-1\) est non nul : \(\dfrac{-s}{-1}=\dfrac{-2}{-1}\), puis \(\dfrac{-1}{-1}s=2\), soit \(1s=2\) et \(s=2\). Alors \(x=-1+3\times2=-1+6=5\) et \(z=5+2\times2=5+4=9\). Les trois coordonnées concordent ; \(M\in r\).
À toi 3.29 — À chercher avant la correction
On donne \(r:x=4-2s\), \(y=1\), \(z=-3+s\), \(s\in\mathbb{R}\). Étudie l’appartenance de \(A(-2\,;1\,;0)\) et de \(B(0\,;2\,;-1)\). Indice : avant de résoudre, regarde si une coordonnée est imposée à tous les points de \(r\).
Correction expliquée 3.30 — Correction de la tentative
Pour \(A\), la cote impose \(-3+s=0\), donc \(-3+s+3=0+3\) et \(s=3\). L’abscisse vaut \(4-2\times3=4-6=-2\) ; l’ordonnée vaut 1. Ainsi \(A\in r\). Pour \(B\), l’ordonnée serait 2, alors que tout point de \(r\) a pour ordonnée 1. Donc \(B\notin r\), indépendamment des autres coordonnées. Résoudre les autres équations serait ici inutile.
Question que tu peux te poser 3.31 — Justifier le refus d’un point
Un camarade affirme : « Deux des trois égalités sont vérifiées, donc le point est presque sur la droite. » Réponds en distinguant un calcul exact d’une mesure approchée.
Correction expliquée 3.32 — Réponse possible et critères
Dans le problème exact donné, l’appartenance demande que les trois égalités soient vraies pour le même paramètre. Une seule égalité fausse suffit à exclure le point. Deux coordonnées correctes ne définissent pas une appartenance partielle. Dans une mesure expérimentale, une tolérance pourrait être fixée, mais elle ne fait pas partie de cet énoncé. La réponse doit mentionner simultanéité, même paramètre et distinction exact/approché.
À toi 3.33 — Variation : une restriction change la réponse
Pour \(r:x=1+2t\), \(y=-2+t\), \(z=4\), le point \(N(-1\,;-3\,;4)\) appartient-il à la droite obtenue pour \(t\in\mathbb{R}\) ? Appartient-il à l’ensemble obtenu pour \(t\ge0\) ?
Correction expliquée 3.34 — Correction de la variation
L’ordonnée donne \(-2+t=-3\), puis \(-2+t+2=-3+2\), donc \(t=-1\). On vérifie \(1+2\times(-1)=1-2=-1\) et \(z=4\). Ainsi \(N\) appartient à la droite complète. Mais \(-1<0\) : la valeur nécessaire est exclue si \(t\ge0\). Le point n’appartient pas à la demi-droite ainsi décrite. Le domaine du paramètre est une donnée mathématique.
Méthode 3.35 — Réparer un contrôle incomplet
Première erreur possible : arrêter dès qu’une valeur du paramètre a été trouvée. Rappelle-toi qu’il s’agit d’un candidat jusqu’au contrôle des trois coordonnées. Exemple simple corrigé : pour \(x=t\), \(y=t\), \(z=t\), le point \((1\,;1\,;2)\) donne \(t=1\) avec les deux premières équations, mais \(z=1\ne2\). Il est exclu. Nouvel essai : pour \(x=1+s\), \(y=-s\), \(z=2+s\), teste \(P(3\,;-2\,;4)\) puis \(Q(3\,;-2\,;5)\).
Correction expliquée 3.36 — Nouvel essai corrigé et retour
\(1+s=3\) donne \(1+s-1=3-1\), donc \(s=2\). Pour cette valeur, \(y=-2\) et \(z=2+2=4\). Ainsi \(P\) appartient à la droite, tandis que \(Q\) n’y appartient pas car sa cote est 5. Reviens maintenant à l’exemple C08 et rédige une phrase expliquant pourquoi aucune autre valeur ne peut convenir à \(Q\).
À toi 3.37 — À reprendre plus tard, avant de relire
Pour \(x=2+5t\), \(y=-1\), \(z=3-2t\), décide l’appartenance de \(P(-3\,;-1\,;5)\) et \(Q(-3\,;0\,;5)\). Indice local : une équation à coefficient non nul donne un candidat ; une coordonnée constante peut donner une contradiction immédiate.
Correction expliquée 3.38 — Correction de la reprise
Pour \(P\), \(2+5t=-3\) donne \(2+5t-2=-3-2\), soit \(5t=-5\). Le coefficient \(5\ne0\) autorise \(\dfrac{5t}{5}=\dfrac{-5}{5}\), puis \(\dfrac55t=-1\), soit \(1t=-1\) et \(t=-1\). Alors \(y=-1\) et \(z=3-2\times(-1)=3+2=5\) ; donc \(P\) appartient à la droite. Le point \(Q\) ne lui appartient pas, car l’ordonnée 0 ne vaut pas \(-1\).
C09 — Lire et changer une représentation
Question que tu peux te poser 3.39 — Lire les constantes et les coefficients
Pour \(x=7\), \(y=-2+3t\), \(z=1-t\), donne un point d’appui et un directeur. Le vecteur \((0\,;6\,;-2)\) est-il aussi directeur ? Le vecteur nul l’est-il ?
Correction expliquée 3.40 — Correction et orientation
On écrit mentalement \(x=7+0t\) et \(z=1+(-1)t\). Le point obtenu pour \(t=0\) est \((7\,;-2\,;1)\) ; un directeur est \(\vec{u}=(0\,;3\,;-1)\). Le vecteur \((0\,;6\,;-2)=2\vec{u}\) est également directeur, car \(2\ne0\). Le vecteur nul n’est jamais directeur. Si tu as confondu point et direction, reviens à la place des constantes et des coefficients dans la définition.
Proposition 3.41 — Changer le point d’appui et le pas
Supposons \(\vec{u}\ne\vec0\), \(\overrightarrow{AB}=\alpha\vec{u}\) et \(\vec{v}=\beta\vec{u}\) avec \(\beta\ne0\). Les écritures \(M=A+t\vec{u}\) et \(M=B+s\vec{v}\), où les paramètres parcourent \(\mathbb{R}\), décrivent la même droite. Les paramètres sont reliés par \(t=\alpha+\beta s\).
Démonstration. Démonstration complète. La relation de Chasles donne \[\overrightarrow{AM}=\overrightarrow{AB}+\overrightarrow{BM} =\alpha\vec{u}+s(\beta\vec{u})=(\alpha+\beta s)\vec{u}.\] Ainsi chaque point produit depuis \(B\) est produit depuis \(A\). Réciproquement, pour un réel \(t\) quelconque, on résout \(\alpha+\beta s=t\). Soustraire \(\alpha\) aux deux membres donne \[\alpha+\beta s-\alpha=t-\alpha,\qquad\beta s=t-\alpha.\] Comme \(\beta\ne0\), on peut écrire \[\frac{\beta s}{\beta}=\frac{t-\alpha}{\beta},\qquad \frac\beta\beta s=\frac{t-\alpha}{\beta},\qquad s=\frac{t-\alpha}{\beta}.\] Cette valeur existe pour chaque \(t\). Les deux ensembles coïncident.
Caractérisation 3.42 — Reconnaître deux écritures d’une même droite
Deux droites données par \((A,\vec{u})\) et \((B,\vec{v})\), avec \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\) non nuls, sont confondues si et seulement si \(B\) appartient à la première et leurs directeurs sont colinéaires.
Démonstration. Démonstration complète. Si les droites sont confondues, \(B\) appartient à la première. Les points \(B\) et \(B+\vec{v}\) appartiennent à cette droite ; leur déplacement \(\vec{v}\) est donc colinéaire à \(\vec{u}\). Réciproquement, l’appartenance donne \(\overrightarrow{AB}=\alpha\vec{u}\), et la colinéarité donne \(\vec{v}=\beta\vec{u}\). Comme \(\vec{v}\ne\vec0\), on a \(\beta\ne0\). La proposition précédente montre que les deux écritures décrivent tous les mêmes points.
Méthode 3.43 — Comparer les objets, puis éventuellement les paramètres
Quand ? Deux systèmes différents sont proposés pour une droite. Premier geste : lire dans chacun un point et un directeur non nul. Teste la colinéarité des directeurs avec un même multiplicateur, puis l’appartenance d’un point de la seconde droite à la première. Ces deux contrôles constituent la méthode conseillée. Si l’on veut expliquer le changement de paramètre, écrire ensuite \(t=\alpha+\beta s\) et vérifier les trois coordonnées. Des constantes différentes ou des coefficients différents ne suffisent pas à déclarer les droites différentes. Inversement, des directeurs colinéaires ne suffisent pas : les droites peuvent être parallèles distinctes.
Exemple de référence 3.44 — Deux paramètres pour le même ensemble de points
Comparons \[d:\left\{\begin{aligned}x&=2+t,\\y&=-1+2t,\\z&=3-t,\end{aligned}\right. \quad e:\left\{\begin{aligned}x&=5-2s,\\y&=5-4s,\\z&=2s,\end{aligned}\right. \qquad t,s\in\mathbb{R}.\] Les directeurs sont \(\vec{u}=(1\,;2\,;-1)\) et \(\vec{v}=(-2\,;-4\,;2)=-2\vec{u}\), avec \(-2\ne0\). Le point d’appui de \(e\) est \(B(5\,;5\,;0)\). Pour \(t=3\), la droite \(d\) donne \(2+3=5\), \(-1+2\times3=5\), \(3-3=0\) ; ainsi \(B\in d\). Les droites sont confondues. Le changement de paramètre est \(t=3-2s\). Vérifions chaque coordonnée : \[\begin{aligned} 2+(3-2s)&=5-2s,\\ -1+2(3-2s)&=-1+2\times3-2\times2s=-1+6-4s=5-4s,\\ 3-(3-2s)&=3-3+2s=2s. \end{aligned}\] Réciproquement, \(t=3-2s\) donne \(t-3=-2s\) puis \(s=(t-3)/(-2)=(3-t)/2\), puisque \(-2\ne0\). Chaque valeur de \(t\) a donc une valeur correspondante de \(s\).
À toi 3.45 — Essai guidé
La droite \(d\) de l’exemple précédent est-elle aussi décrite par \(x=-s\), \(y=-5-2s\), \(z=5+s\) ? Lis le point obtenu pour \(s=0\), teste-le dans \(d\), puis compare les directeurs.
Correction expliquée 3.46 — Correction de l’essai guidé
Le point d’appui est \(C(0\,;-5\,;5)\) et le directeur \((-1\,;-2\,;1)=-\vec{u}\). Pour trouver \(C\) sur \(d\), \(2+t=0\) donne \(2+t-2=0-2\), soit \(t=-2\). Alors \(-1+2\times(-2)=-1-4=-5\) et \(3-(-2)=5\). Le point appartient bien à \(d\) et les directions sont colinéaires ; les droites sont confondues. Le changement de paramètre est \(t=-2-s\) : les trois coordonnées deviennent \(2+(-2-s)=-s\), \(-1+2(-2-s)=-1+2\times(-2)-2\times s=-1-4-2s=-5-2s\), et \(3-(-2-s)=3+2+s=5+s\).
À toi 3.47 — À chercher avant la correction
On donne \[d:x=1+2t,\ y=-3+t,\ z=4-t; \qquad e:x=5-4s,\ y=-1-2s,\ z=2+2s.\] Les paramètres parcourent \(\mathbb{R}\). Ces deux écritures donnent-elles la même droite ? Que se passe-t-il si l’on remplace seulement la dernière équation de \(e\) par \(z=3+2s\) ? Indice : compare les directeurs puis le point de paramètre \(s=0\) ; ne te contente pas des deux premières coordonnées.
Correction expliquée 3.48 — Correction de la tentative
Le directeur de \(d\) est \((2\,;1\,;-1)\). Celui de \(e\) est \((-4\,;-2\,;2)=-2(2\,;1\,;-1)\). Pour le point \((5\,;-1\,;2)\), l’équation \(1+2t=5\) donne \(1+2t-1=5-1\), soit \(2t=4\). Comme \(2\ne0\), \(\dfrac{2t}{2}=\dfrac42\), puis \(\dfrac22t=2\), donc \(t=2\). On vérifie \(-3+2=-1\) et \(4-2=2\). Donc \(d=e\). Le changement \(t=2-2s\) donne \(1+2(2-2s)=1+2\times2-2\times2s=1+4-4s=5-4s\), \(-3+(2-2s)=-3+2-2s=-1-2s\), et \(4-(2-2s)=4-2+2s=2+2s\). Après remplacement par \(z=3+2s\), le point d’appui devient \((5\,;-1\,;3)\). Les deux premières coordonnées imposent encore \(t=2\), mais la troisième sur \(d\) vaut 2 et non 3. Les directions restent colinéaires ; les droites sont parallèles distinctes. Le changement d’une constante n’est donc pas toujours anodin.
Question que tu peux te poser 3.49 — Justifier une équivalence d’écritures
Pourquoi le changement \(t=\alpha+\beta s\) doit-il avoir \(\beta\ne0\) ? Pourquoi ne faut-il pas imposer \(s=t\) ?
Correction expliquée 3.50 — Réponse possible et critères
Si \(\beta=0\), \(t=\alpha\) reste fixe : on ne parcourt qu’un seul point de la première droite. Si \(\beta\ne0\), chaque \(t\) correspond à \(s=(t-\alpha)/\beta\) ; tous les points sont conservés. Les paramètres sont des coordonnées choisies séparément sur le même objet ; ils peuvent changer d’origine, de sens et d’échelle. Une réponse complète mentionne le parcours de tous les réels et l’existence de la transformation inverse.
À toi 3.51 — Variation : même trajectoire, même position ?
Dans l’exemple C09, les deux écritures décrivent la même droite. Donnent-elles le même point lorsque l’on prend simultanément \(t=0\) et \(s=0\) ? Que faudrait-il savoir de plus pour interpréter ces paramètres comme des temps ?
Correction expliquée 3.52 — Correction de la variation
Pour \(t=0\), on obtient \(A(2\,;-1\,;3)\) ; pour \(s=0\), on obtient \(B(5\,;5\,;0)\). Ces points sont différents. L’égalité des ensembles parcourus n’est pas l’égalité des positions à valeurs numériques égales des paramètres. Pour parler de temps, il faudrait préciser une origine temporelle commune, une unité et les lois de déplacement ; aucune de ces données n’est contenue dans la seule égalité des droites.
Méthode 3.53 — Réparer la lecture d’un directeur
Première erreur possible : prendre les constantes comme coordonnées du directeur. Revenir à la forme « constante + coefficient \(\times\) paramètre ». Exemple simple corrigé : \(x=4\), \(y=t\), \(z=-2\) s’écrit \(x=4+0t\), \(y=0+1t\), \(z=-2+0t\). Point d’appui \((4\,;0\,;-2)\), directeur \((0\,;1\,;0)\). Nouvel essai : lis un point et un directeur pour \(x=-1-2r\), \(y=3\), \(z=5+r\).
Correction expliquée 3.54 — Nouvel essai corrigé et retour
Les constantes sont \(-1\), 3 et 5 ; le point d’appui est donc \((-1\,;3\,;5)\). Les coefficients de \(r\) sont \(-2\), 0 et 1 ; le directeur est \((-2\,;0\,;1)\ne\vec0\). Contrôle : entre \(r=0\) et \(r=1\), le point passe de \((-1\,;3\,;5)\) à \((-3\,;3\,;6)\) ; la différence est \((-3-(-1)\,;3-3\,;6-5)=(-2\,;0\,;1)\). Reviens au repérage C09 et lis cette fois les coefficients avant de regarder les constantes.
À toi 3.55 — À reprendre plus tard, avant de relire
Pour \(d:x=-2+t\), \(y=4-3t\), \(z=1+2t\), construis une représentation prenant pour point d’appui le point de paramètre \(t=3\) et pour directeur \(-2\) fois le directeur initial. Donne le changement de paramètre. Indice local : calcule d’abord le nouveau point ; utilise ensuite la proposition de changement d’appui.
Correction expliquée 3.56 — Correction de la reprise
Le point de paramètre 3 est \(B(-2+3\,;4-3\times3\,;1+2\times3)=(1\,;-5\,;7)\). Le directeur initial est \((1\,;-3\,;2)\) ; son multiple par \(-2\) est \((-2\,;6\,;-4)\), non nul. On obtient \(x=1-2s\), \(y=-5+6s\), \(z=7-4s\), \(s\in\mathbb{R}\). Le changement est \(t=3-2s\). En effet, \(-2+(3-2s)=1-2s\) ; \(4-3(3-2s)=4-3\times3+3\times2s=4-9+6s=-5+6s\) ; \(1+2(3-2s)=1+2\times3-2\times2s=7-4s\). Comme le coefficient \(-2\) est non nul, le changement couvre tous les paramètres initiaux.
Synthèse 3.57 — À retenir et à contrôler
Une droite demande un point et un directeur non nul. Dans \(M=A+t\vec{u}\), le même réel \(t\) commande les trois coordonnées et parcourt \(\mathbb{R}\) pour la droite entière. Construire : lire ou calculer le directeur, puis écrire les coordonnées. Tester un point : chercher un paramètre candidat et contrôler toutes les équations. Comparer deux représentations : directions colinéaires et un point commun ; les paramètres peuvent être différents. Une coordonnée constante est une condition à conserver, et une restriction du paramètre change l’ensemble décrit.
4. Comparer deux droites de l’espace
Objectif. Distinguer les positions possibles et justifier une coplanarité avec des coordonnées.
Ce qu’il faut savoir pour entrer dans l’unité
Rappel 4.1 — Deux droites, deux paramètres indépendants
Une droite passant par \(A\) et de directeur \(\vec{u}\ne\vec0\) est l’ensemble des points \(M\) tels que \(\overrightarrow{AM}=t\vec{u}\), \(t\in\mathbb{R}\). Si \(A(a\,;b\,;c)\) et \(\vec{u}(u_1\,;u_2\,;u_3)\), cela signifie \(x=a+t u_1\), \(y=b+t u_2\), \(z=c+t u_3\), avec le même \(t\) dans les trois égalités. Pour une seconde droite, on utilise un autre paramètre, par exemple \(s\). Un point commun peut correspondre à \(t=2\) sur l’une et à \(s=-1\) sur l’autre. Les deux paramètres ne sont pas des temps synchronisés. Deux vecteurs non nuls sont colinéaires lorsque l’un est un multiple de l’autre. Il faut le même multiplicateur dans les trois coordonnées ; une coordonnée nulle ne sert pas de diviseur.
Définition 4.2 — Positions relatives de deux droites
Deux droites sont confondues lorsqu’elles ont exactement les mêmes points ; elles sont sécantes lorsqu’elles ont exactement un point commun. Elles sont coplanaires lorsqu’un même plan les contient. Deux droites ayant la même direction sont dites parallèles. Nous adoptons la convention qui inclut les droites confondues. Des droites parallèles distinctes sont dites strictement parallèles. Deux droites qui ne sont pas coplanaires sont aussi appelées droites gauches. Ce mot décrit leur position dans l’espace, pas une orientation vers la gauche du dessin.
Proposition 4.3 — Les quatre positions possibles
Deux droites de l’espace sont soit confondues, soit strictement parallèles, soit sécantes, soit non coplanaires.
Démonstration. Démonstration complète à partir des propriétés usuelles des droites d’un plan. Si leurs directions sont les mêmes, un point commun suffit pour que les droites soient confondues : toutes deux sont la droite passant par ce point avec cette direction. Sans point commun, elles sont strictement parallèles. Si leurs directions sont différentes, elles ont au plus un point commun : deux points communs distincts détermineraient une même droite et donc une même direction. Si elles ont un point commun, elles sont sécantes et les deux directions engendrent un plan passant par ce point. Si elles n’en ont aucun, elles ne peuvent pas être dans un même plan : dans un plan, deux droites de directions différentes se coupent. Cette propriété de géométrie plane est rappelée ici ; une justification en termes de combinaisons vectorielles sera aussi donnée dans la partie C11.
Lecture. Les panneaux représentent des droites parallèles distinctes, confondues, sécantes et non coplanaires. Les droites non coplanaires sont ici (t;0;0) et (0;s;1) : leurs directions sont différentes, et leurs cotes 0 et 1 empêchent tout point commun. Ce sont des projections en perspective ; les positions sont établies par les données, non par une apparence d’intersection sur la feuille.
Point de vigilance 4.4 — Orthogonales ne signifie pas forcément sécantes
Dans un repère orthonormé, deux directions \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\) sont orthogonales lorsque leur produit scalaire \(u_1v_1+u_2v_2+u_3v_3\) vaut 0. Des droites de directions orthogonales sont appelées orthogonales, même si elles ne se coupent pas. On dit qu’elles sont perpendiculaires lorsqu’elles sont orthogonales et sécantes. Par exemple, \(d:(t\,;0\,;0)\) et \(e:(0\,;s\,;1)\) ont pour directeurs \((1\,;0\,;0)\) et \((0\,;1\,;0)\), dont le produit scalaire vaut \(1\times0+0\times1+0\times0=0\). Pourtant, la cote d’un point de \(d\) vaut 0 et celle d’un point de \(e\) vaut 1 : ces droites n’ont aucun point commun.
C10 — Étudier la position relative de deux droites
Question que tu peux te poser 4.5 — Repérage avant le calcul
Deux directeurs sont non colinéaires. Peut-on déjà conclure que les droites sont sécantes ? Pour les droites \(d:(t\,;0\,;0)\) et \(e:(0\,;s\,;1)\), quelle égalité suffit à exclure un point commun ?
Correction expliquée 4.6 — Correction et orientation
Non : des directions différentes permettent une intersection, mais ne la garantissent pas dans l’espace. Ici, un point commun devrait avoir simultanément pour cote 0 et 1, donc vérifier \(0=1\), ce qui est impossible. Les droites sont non coplanaires. Si tu avais conclu « sécantes », relis la classification et compare avec la situation dans un plan.
Méthode 4.7 — La méthode conseillée : directions, puis point commun
Quand ? Deux droites sont données en coordonnées. Premier geste : lire un point d’appui et un directeur non nul sur chacune.
Tester la colinéarité des directeurs. S’ils sont colinéaires, tester un point de la seconde droite sur la première : appartenance donne confusion, non-appartenance donne strict parallélisme.
Si les directeurs ne sont pas colinéaires, donner deux noms différents aux paramètres et égaler les trois coordonnées des points.
Résoudre un sous-système permettant de déterminer un couple candidat \((t,s)\), puis vérifier ce couple dans toutes les équations initiales.
Si le couple convient, calculer le point commun et le contrôler dans les deux représentations. Sinon, conclure que les droites sont non coplanaires.
Si les deux équations choisies sont redondantes, elles ne déterminent pas un couple unique : utiliser une autre équation. Une égalité \(0=0\) n’autorise pas à ignorer le reste du système.
Propriété 4.8 — Pourquoi le système teste exactement l’intersection
Soient \(d:M=A+t\vec{u}\) et \(e:N=B+s\vec{v}\), avec \(\vec{u},\vec{v}\ne\vec0\). Les points communs correspondent exactement aux couples \((t,s)\) pour lesquels les trois coordonnées de \(A+t\vec{u}\) et \(B+s\vec{v}\) sont égales.
Démonstration. Démonstration complète. Un point commun possède une représentation sur chaque droite ; leurs trois coordonnées sont donc égales pour les paramètres correspondants. Réciproquement, si les trois coordonnées sont égales pour un couple donné, elles décrivent un même point, qui appartient à chaque droite. Une valeur du paramètre correspond à un unique point et, sur une représentation de directeur non nul, un point correspond à un unique paramètre. Un couple solution donne ainsi un point commun bien déterminé. Si les directions sont différentes, il ne peut y avoir deux points communs, d’après la classification.
Exemple de référence 4.9 — Un point commun à trouver et à contrôler
Étudions \[d:\left\{\begin{aligned}x&=1+t,\\y&=2t,\\z&=-1,\end{aligned}\right. \qquad e:\left\{\begin{aligned}x&=2+s,\\y&=3-s,\\z&=-1,\end{aligned}\right. \qquad t,s\in\mathbb{R}.\] Les directeurs sont \(\vec{u}=(1\,;2\,;0)\) et \(\vec{v}=(1\,;-1\,;0)\). S’il existait \(\lambda\) tel que \(\vec{v}=\lambda\vec{u}\), la première coordonnée imposerait \(\lambda=1\), mais la deuxième donnerait \(-1=2\), impossible. Ils ne sont pas colinéaires. Un point commun doit vérifier \[\left\{\begin{aligned}1+t&=2+s,\\2t&=3-s,\\-1&=-1.\end{aligned}\right. \quad\Longleftrightarrow\quad \left\{\begin{aligned}t-s&=1,\\2t+s&=3,\\-1&=-1.\end{aligned}\right.\] Dans la première égalité, on a soustrait \(1+s\) aux deux membres : \(1+t-(1+s)=2+s-(1+s)\), soit \(1+t-1-s=2+s-1-s\), donc \(t-s=1\). Dans la deuxième, on a ajouté \(s\) aux deux membres : \(2t+s=3-s+s\), soit \(2t+s=3\). Ajouter les deux premières équations membre à membre donne \[(t-s)+(2t+s)=1+3,\qquad t+2t-s+s=4,\qquad 3t=4.\] Comme \(3\ne0\), \(\dfrac{3t}{3}=\dfrac43\), puis \(\dfrac33t=\dfrac43\), donc \(t=\dfrac43\). Reporter dans \(t-s=1\) donne \(\tfrac43-s=1\), donc \(-s=1-\tfrac43=\tfrac{1\times3}{1\times3}-\tfrac43=\tfrac33-\tfrac43=-\tfrac13\). Diviser par \(-1\ne0\) donne \(\dfrac{-s}{-1}=\dfrac{-1/3}{-1}\) ; le membre de droite vaut \((-1/3)\times(-1)=1/3\) et celui de gauche vaut \(1s\). Donc \(s=\dfrac13\). La troisième équation est vraie. Le point obtenu sur \(d\) est \[I\left(1+\frac43\,;2\times\frac43\,;-1\right) =I\left(\frac33+\frac43\,;\frac83\,;-1\right) =I\left(\frac73\,;\frac83\,;-1\right).\] Sur \(e\), \(2+\tfrac13=\tfrac{2\times3}{1\times3}+\tfrac13=\tfrac73\) et \(3-\tfrac13=\tfrac{3\times3}{1\times3}-\tfrac13=\tfrac83\) ; la cote vaut \(-1\). Les deux représentations donnent le même point. Les droites sont sécantes en \(I\).
Exemple de référence 4.10 — La branche des directions colinéaires
Gardons \(d:x=1+t\), \(y=2t\), \(z=-1\) et comparons-la à \(r:x=3-s\), \(y=4-2s\), \(z=-1\). Le directeur de \(r\) est \((-1\,;-2\,;0)=-\vec{u}\) : les directions sont les mêmes. Le point de \(r\) obtenu pour \(s=0\) est \(B(3\,;4\,;-1)\). Sur \(d\), \(1+t=3\) donne \(1+t-1=3-1\), donc \(t=2\) ; on vérifie \(2\times2=4\) et \(z=-1\). Ainsi \(B\in d\) et les deux droites sont confondues. Si l’on remplace la dernière équation de \(r\) par \(z=2\), les directeurs restent colinéaires, mais un point de cette nouvelle droite ne peut appartenir à \(d\), car sa cote vaut 2 au lieu de \(-1\). Les droites sont alors strictement parallèles.
À toi 4.11 — Essai guidé
Étudie \(d:x=1+2t\), \(y=-1+t\), \(z=3-t\) et \(e:x=5-s\), \(y=1-s\), \(z=1+s\). Lis les directeurs, puis forme les trois équations. Les deux premières peuvent se réécrire \(2t+s=4\) et \(t+s=2\).
Correction expliquée 4.12 — Correction de l’essai guidé
Les directeurs \((2\,;1\,;-1)\) et \((-1\,;-1\,;1)\) ne sont pas colinéaires : les deux dernières coordonnées imposeraient un multiplicateur \(-1\), qui donnerait pour première coordonnée \(-2\) et non \(-1\). Le système d’intersection est \(1+2t=5-s\), \(-1+t=1-s\), \(3-t=1+s\). Dans la première, ajouter \(s\) puis soustraire \(1\) aux deux membres donne \[1+2t+s-1=5-s+s-1,\qquad 2t+s=4.\] Dans la deuxième, ajouter \(1+s\) aux deux membres donne \[-1+t+1+s=1-s+1+s,\qquad t+s=2.\] Soustraire la deuxième de la première donne \((2t+s)-(t+s)=4-2\), donc \(2t+s-t-s=2\), puis \(t=2\). Dans \(t+s=2\), on obtient \(2+s=2\) ; soustraire 2 aux deux membres donne \(2+s-2=2-2\), donc \(s=0\). La troisième équation donne \(3-2=1+0\), soit \(1=1\). Sur \(d\), le point est \((1+2\times2\,;-1+2\,;3-2)=(5\,;1\,;1)\). Sur \(e\), il vaut \((5-0\,;1-0\,;1+0)=(5\,;1\,;1)\). Les droites sont sécantes, avec \(t=2\) et \(s=0\), deux paramètres différents pour le même point.
À toi 4.13 — À chercher avant la correction
Étudie la position relative de \[d:x=t,\quad y=1+t,\quad z=2-t; \qquad e:x=2+s,\quad y=1-s,\quad z=1+2s.\] Indice : égaler les deux premières coordonnées donne un candidat ; la troisième peut modifier la conclusion.
Correction expliquée 4.14 — Correction de la tentative
Les directeurs sont \((1\,;1\,;-1)\) et \((1\,;-1\,;2)\). La première coordonnée imposerait un multiplicateur 1 ; la deuxième ne convient pas. Les directions sont différentes. Les deux premières équations sont \(t=2+s\) et \(1+t=1-s\). Soustraire \(s\) dans la première donne \(t-s=2+s-s\), soit \(t-s=2\). Dans la seconde, soustraire 1 puis ajouter \(s\) donne \(1+t-1=1-s-1\), soit \(t=-s\), puis \(t+s=-s+s=0\). Additionner les deux équations obtenues donne \((t-s)+(t+s)=2+0\), soit \(2t=2\) ; diviser par \(2\ne0\) donne \(\dfrac{2t}{2}=\dfrac22\), puis \(\dfrac22t=1\), donc \(t=1\). Dans \(1+s=0\), soustraire 1 donne \(1+s-1=0-1\), donc \(s=-1\). Mais les cotes obtenues sont \(2-1=1\) sur \(d\) et \(1+2\times(-1)=1-2=-1\) sur \(e\). Elles sont différentes. Le couple candidat n’est pas solution du système complet. Les deux premières équations ayant imposé ce seul couple, aucun autre couple ne peut satisfaire les trois. Les droites sont non coplanaires.
Question que tu peux te poser 4.15 — Pourquoi deux paramètres ?
Explique pourquoi imposer dès le départ \(t=s\) pourrait faire perdre un point d’intersection. Quelle étape distingue un couple candidat d’un couple solution ?
Correction expliquée 4.16 — Réponse possible et critères
Chaque droite possède son propre point d’appui et son propre directeur. Les valeurs des paramètres sont donc choisies indépendamment ; un même point peut être atteint avec des valeurs différentes. Imposer \(t=s\) ajoute une condition absente du problème. Le contrôle des trois coordonnées initiales transforme un candidat en solution ; un candidat trouvé avec deux équations peut échouer dans la troisième. Une réponse complète explique ces deux idées et peut citer l’essai guidé, où \(t=2\) et \(s=0\).
À toi 4.17 — Variation : que change une donnée ?
Dans la tentative précédente, remplace seulement \(z=1+2s\) par \(z=3+2s\). Les deux droites sont-elles encore non coplanaires ? Justifie sans recommencer inutilement les calculs inchangés.
Correction expliquée 4.18 — Correction de la variation
Les directeurs et les deux premières coordonnées sont inchangés : ils donnent toujours l’unique candidat \(t=1\), \(s=-1\). La cote de la seconde droite devient \(3+2\times(-1)=3-2=1\), égale à \(2-1=1\) sur la première. Les abscisses valent \(1=2+(-1)\) et les ordonnées \(1+1=1-(-1)=2\). Les droites sont maintenant sécantes en \((1\,;2\,;1)\). Une modification de la cote du point d’appui peut donc transformer deux droites non coplanaires en deux droites sécantes.
Méthode 4.19 — Réparer la confusion des paramètres
Première erreur possible : écrire un seul paramètre pour deux droites et le forcer à avoir la même valeur. Revenir aux deux positions indépendantes \(M(t)\) et \(N(s)\). Exemple plus simple corrigé : \(d:(t\,;0\,;0)\) et \(e:(2\,;s\,;0)\) se rencontrent au point \((2\,;0\,;0)\) avec \(t=2\) et \(s=0\). Imposer \(t=s\) aurait demandé à la fois \(t=2\) et \(t=0\), créant une fausse contradiction. Nouvel essai : trouve l’intersection de \(d:(1+t\,;t\,;0)\) et \(e:(3\,;1+s\,;0)\).
Correction expliquée 4.20 — Nouvel essai corrigé et retour
L’abscisse donne \(1+t=3\), donc \(1+t-1=3-1\) et \(t=2\). L’ordonnée donne alors \(2=1+s\), donc \(2-1=1+s-1\) et \(s=1\). Les cotes sont toutes deux nulles. Le point commun est \((3\,;2\,;0)\). Reviens à la tentative C10, conserve les noms \(t\) et \(s\), puis termine par le contrôle de la cote.
À toi 4.21 — À reprendre plus tard, avant de relire
Étudie \(d:x=2+t\), \(y=-1+2t\), \(z=3\) et \(e:x=3-2s\), \(y=1+s\), \(z=3+s\). Indice local : toutes les paires d’équations ne demandent pas le même travail ; commence par la cote.
Correction expliquée 4.22 — Correction de la reprise
Les directeurs \((1\,;2\,;0)\) et \((-2\,;1\,;1)\) ne sont pas colinéaires : un multiple du premier a une troisième coordonnée nulle. La cote impose \(3=3+s\), donc \(3-3=3+s-3\) et \(s=0\). L’abscisse donne \(2+t=3\), donc \(t=1\). L’ordonnée vaut \(-1+2\times1=1\) sur \(d\) et \(1+0=1\) sur \(e\). Les droites sont sécantes en \((3\,;1\,;3)\).
C11 — Démontrer une coplanarité par les vecteurs
Rappel 4.23 — Ce que signifie une direction de plan
Un plan passant par \(A\) et de directions \(\vec{u},\vec{v}\) non colinéaires contient exactement les points \(M\) tels que \(\overrightarrow{AM}=\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}\) pour des réels \(\alpha,\beta\). Il s’agit de la caractérisation géométrique d’un plan par un point et deux directions indépendantes, rappelée ici. Trois vecteurs sont coplanaires lorsqu’ils peuvent être placés dans une même direction de plan. Si les deux premiers \(\vec{u},\vec{v}\) ne sont pas colinéaires, cela équivaut à écrire le troisième comme \(\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}\).
Question que tu peux te poser 4.24 — Repérer une combinaison dans un plan
Soient \(\vec{u}=(1\,;0\,;0)\) et \(\vec{v}=(0\,;1\,;0)\). Peut-on écrire \((2\,;-3\,;0)\) comme \(\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}\) ? Et \((2\,;-3\,;1)\) ?
Correction expliquée 4.25 — Correction et orientation
On a \(\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}=(\alpha\,;\beta\,;0)\). Le premier vecteur s’obtient avec \(\alpha=2\), \(\beta=-3\). Le second imposerait simultanément \(\alpha=2\), \(\beta=-3\) et \(0=1\), ce qui est impossible. Si ce passage paraît difficile, reprendre le rappel local et calculer séparément \(\alpha\vec{u}\) puis \(\beta\vec{v}\) avant de les additionner.
Caractérisation 4.26 — Le critère utilisant les deux directions et le déplacement entre les droites
Soient \(d\) passant par \(A\) de directeur \(\vec{u}\) et \(e\) passant par \(B\) de directeur \(\vec{v}\). Supposons \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\) non colinéaires. Alors les propriétés suivantes sont équivalentes :
les droites \(d\) et \(e\) sont coplanaires ;
il existe des réels \(\alpha,\beta\) tels que \(\overrightarrow{AB}=\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}\) ;
les droites \(d\) et \(e\) sont sécantes.
Démonstration. Démonstration complète. Si un plan contient les deux droites, il contient \(A\), \(B\) et les deux directions non colinéaires \(\vec{u},\vec{v}\). Ces directions engendrent sa direction ; le déplacement \(\overrightarrow{AB}\) est donc une combinaison des deux. Réciproquement, si \(\overrightarrow{AB}=\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}\), le plan passant par \(A\) de directions \(\vec{u},\vec{v}\) contient \(B\) ; il contient la droite \(d\) et, puisqu’il contient \(B\) et la direction \(\vec{v}\), il contient aussi \(e\). Cela démontre l’équivalence des deux premières propriétés. De plus, l’égalité \(\overrightarrow{AB}=\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}\) donne \[A+\alpha\vec{u}=B-\beta\vec{v}.\] Ce point appartient à \(d\) avec \(t=\alpha\) et à \(e\) avec \(s=-\beta\) : les droites sont sécantes, puisqu’elles ne sont pas parallèles. Inversement, si \(A+t\vec{u}=B+s\vec{v}\), alors \(\overrightarrow{AB}=t\vec{u}-s\vec{v}\), qui est bien une combinaison des deux directions. Aucun produit vectoriel ni déterminant n’est nécessaire.
Proposition 4.27 — Le cas des directions colinéaires
Deux droites parallèles sont toujours coplanaires, qu’elles soient distinctes ou confondues.
Démonstration. Démonstration complète. Soient \(A\) et \(B\) leurs points d’appui et \(\vec{u}\) leur direction commune. Si \(\overrightarrow{AB}\) n’est pas colinéaire à \(\vec{u}\), le plan passant par \(A\) et de directions \(\vec{u},\overrightarrow{AB}\) contient \(A\), \(B\) et les deux droites. Si \(\overrightarrow{AB}\) est colinéaire à \(\vec{u}\), les droites sont confondues ; choisir n’importe quelle direction non colinéaire à \(\vec{u}\) fournit un plan contenant cette droite. Le cas \(A=B\) est inclus dans ce second cas.
Méthode 4.28 — Tester la coplanarité sans chercher d’abord le point commun
Quand ? L’énoncé demande une coplanarité, ou fournit des directions et deux points d’appui. Premier geste : comparer les deux directions. Si elles sont colinéaires, les droites sont coplanaires et le critère de combinaison à deux directions indépendantes n’est pas celui à utiliser. Sinon, calculer \(\overrightarrow{AB}\) puis traduire \(\overrightarrow{AB}=\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}\) en trois équations. Résoudre deux équations utiles, contrôler la troisième, puis interpréter. Si la combinaison existe, le point commun peut se retrouver avec \(t=\alpha\), \(s=-\beta\) ; le signe moins vient du déplacement entre les points d’appui. Cette méthode et celle du système d’intersection décrivent la même géométrie. On choisit selon la question et les données ; on n’est pas obligé d’exécuter les deux pour conclure.
Exemple de référence 4.29 — Une combinaison qui donne le plan commun et l’intersection
La droite \(d\) passe par \(A(1\,;-1\,;2)\) avec \(\vec{u}=(1\,;2\,;-1)\). La droite \(e\) passe par \(B(1\,;4\,;-1)\) avec \(\vec{v}=(2\,;-1\,;1)\). Les directeurs ne sont pas colinéaires : la première coordonnée imposerait \(\vec{v}=2\vec{u}\), alors que la deuxième serait alors 4 et non \(-1\). On calcule \(\overrightarrow{AB}=(1-1\,;4-(-1)\,;-1-2)=(0\,;5\,;-3)\). Chercher \(\overrightarrow{AB}=\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}\) donne \[\left\{\begin{aligned}\alpha+2\beta&=0,\\2\alpha-\beta&=5,\\-\alpha+\beta&=-3.\end{aligned}\right.\] Dans la première équation, soustraire \(2\beta\) aux deux membres donne \[\alpha+2\beta-2\beta=0-2\beta,\qquad\alpha=-2\beta.\] Reporter dans la deuxième donne \[2(-2\beta)-\beta=5, \quad -4\beta-\beta=5, \quad -5\beta=5.\] Le coefficient \(-5\ne0\) autorise la division des deux membres par \(-5\) : \[\frac{-5\beta}{-5}=\frac5{-5},\qquad \frac{-5}{-5}\beta=-1,\qquad 1\beta=-1,\qquad\beta=-1.\] Puis \(\alpha=-2\times(-1)=2\). La troisième équation est vérifiée : \(-2+(-1)=-3\). Ainsi \(\overrightarrow{AB}=2\vec{u}-\vec{v}\), et les droites sont coplanaires. Le point commun correspond à \(t=2\) et \(s=1\) : \[A+2\vec{u}=(1+2\times1\,;-1+2\times2\,;2+2\times(-1))=(3\,;3\,;0),\] \[B+\vec{v}=(1+2\,;4+(-1)\,;-1+1)=(3\,;3\,;0).\] La combinaison de directions explique la coplanarité et permet aussi de contrôler l’intersection.
À toi 4.30 — Essai guidé
On donne \(A(0\,;0\,;1)\), \(\vec{u}=(1\,;0\,;1)\), \(B(1\,;2\,;0)\) et \(\vec{v}=(0\,;1\,;-1)\). Les droites \((A,\vec{u})\) et \((B,\vec{v})\) sont-elles coplanaires ? Calcule \(\overrightarrow{AB}\) ; dans la combinaison cherchée, l’abscisse donnera \(\alpha\) et l’ordonnée donnera \(\beta\).
Correction expliquée 4.31 — Correction de l’essai guidé
Les directions ne sont pas colinéaires : tout multiple de \(\vec{u}\) a une deuxième coordonnée nulle, alors que celle de \(\vec{v}\) vaut 1. On a \(\overrightarrow{AB}=(1-0\,;2-0\,;0-1)=(1\,;2\,;-1)\) et \(\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}=(\alpha\,;\beta\,;\alpha-\beta)\). Les deux premières coordonnées imposent \(\alpha=1\), \(\beta=2\) ; la troisième donne \(1-2=-1\), comme demandé. Les droites sont coplanaires. Le point commun se trouve avec \(t=1\), \(s=-2\). Sur la première : \(A+\vec{u}=(1\,;0\,;2)\). Sur la seconde : \(B-2\vec{v}=(1-2\times0\,;2-2\times1\,;0-2\times(-1))=(1\,;0\,;2)\).
À toi 4.32 — À chercher avant la correction
La droite \(d\) passe par \(A(2\,;0\,;-1)\) avec \(\vec{u}=(1\,;1\,;0)\) ; \(e\) passe par \(B(0\,;1\,;3)\) avec \(\vec{v}=(0\,;1\,;1)\). Décide si un plan peut contenir les deux droites. Indice : teste la possibilité d’écrire \(\overrightarrow{AB}=\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}\), après avoir vérifié la condition sur les directions.
Correction expliquée 4.33 — Correction de la tentative
Les directeurs sont non colinéaires, car un multiple de \(\vec{u}\) a sa troisième coordonnée nulle, tandis que celle de \(\vec{v}\) vaut 1. Le déplacement entre les points d’appui vaut \(\overrightarrow{AB}=(0-2\,;1-0\,;3-(-1))=(-2\,;1\,;4)\). La combinaison a pour coordonnées \((\alpha\,;\alpha+\beta\,;\beta)\). L’abscisse impose \(\alpha=-2\) et la cote impose \(\beta=4\). Mais l’ordonnée obtenue est \(-2+4=2\), différente de 1. La combinaison n’existe pas : les droites ne sont pas coplanaires, donc aucun plan ne les contient simultanément.
Question que tu peux te poser 4.34 — Expliquer le rôle de chaque donnée
Pourquoi teste-t-on le déplacement \(\overrightarrow{AB}\) en plus des deux directeurs ? Pourquoi faut-il vérifier que les deux directeurs ne sont pas colinéaires avant d’utiliser le critère de combinaison ?
Correction expliquée 4.35 — Réponse possible et critères
Les directeurs indiquent les directions des droites mais pas l’écart entre leurs positions. Le vecteur \(\overrightarrow{AB}\) relie les points d’appui et permet de savoir si cet écart reste dans le plan engendré par les directions. Deux directions non colinéaires engendrent une direction de plan ; deux directions colinéaires ne décrivent qu’une direction de droite. La réponse doit relier le déplacement à la position, et la non-colinéarité au fait d’engendrer un plan.
À toi 4.36 — Variation : peut-on retirer une hypothèse ?
Considérons \(d:(t\,;0\,;0)\) et \(e:(s\,;1\,;0)\). Trouve un plan contenant les deux droites. Avec les points d’appui \(A=(0\,;0\,;0)\) et \(B=(0\,;1\,;0)\), peut-on pourtant écrire \(\overrightarrow{AB}\) comme combinaison des deux directeurs ? Explique ce que cet exemple révèle sur l’hypothèse du critère. Indice : les deux directeurs sont ici colinéaires ; la cote des points de chaque droite est toujours nulle.
Contre-exemple 4.37 — Correction : l’hypothèse ne peut pas être supprimée
Les droites sont contenues dans le plan de cote 0, donc coplanaires. Leurs directeurs sont tous deux \((1\,;0\,;0)\). Le vecteur \(\overrightarrow{AB}=(0\,;1\,;0)\) n’est pas une combinaison de ces deux directeurs : toute combinaison a une deuxième coordonnée nulle. Ce contre-exemple montre pourquoi le critère précédent annonçait des directions non colinéaires. Il fallait choisir la branche « directions colinéaires », qui donne directement la coplanarité de droites parallèles.
Méthode 4.38 — Réparer une confusion entre non-colinéarité et non-coplanarité
Première erreur possible : croire que trois vecteurs deux à deux non colinéaires ne peuvent pas être coplanaires. Or \(\vec{u}=(1\,;0\,;0)\), \(\vec{v}=(0\,;1\,;0)\) et \(\vec{w}=(1\,;1\,;0)\) sont deux à deux non colinéaires, mais \(\vec{w}=\vec{u}+\vec{v}\) : ils sont dans un même plan. Rappel utile : une troisième direction peut être différente des deux premières tout en restant dans leur plan. Nouvel essai : avec les mêmes \(\vec{u},\vec{v}\), décide si \((2\,;-1\,;0)\) puis \((2\,;-1\,;1)\) sont dans leur direction de plan.
Correction expliquée 4.39 — Nouvel essai corrigé et retour
On a \(2\vec{u}-\vec{v}=(2\times1-0\,;2\times0-1\,;2\times0-0)=(2\,;-1\,;0)\). Le premier vecteur est donc dans le plan des directions. Toute combinaison garde la troisième coordonnée nulle ; le second ne peut pas être obtenu, puisque sa troisième coordonnée vaut 1. Reprends la tentative C11 et distingue bien « les deux directions ne sont pas colinéaires » de « le déplacement entre les droites n’est pas dans leur plan ».
À toi 4.40 — À reprendre plus tard, avant de relire
On donne \(A(0\,;1\,;0)\), \(\vec{u}=(1\,;0\,;2)\), \(B(2\,;4\,;1)\) et \(\vec{v}=(0\,;3\,;-3)\). Décide la coplanarité des deux droites, puis trouve leur point commun si elles sont sécantes. Indice local : cherche \(\overrightarrow{AB}=\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}\) ; le paramètre sur la seconde droite sera \(-\beta\).
Correction expliquée 4.41 — Correction de la reprise
Les directions sont non colinéaires, car la première coordonnée de \(\vec{v}\) est nulle alors que sa deuxième ne l’est pas : la colinéarité avec \(\vec{u}\) imposerait un multiplicateur nul, impossible pour un directeur non nul. Le déplacement vaut \((2-0\,;4-1\,;1-0)=(2\,;3\,;1)\). La combinaison vaut \((\alpha\,;3\beta\,;2\alpha-3\beta)\). Les deux premières coordonnées donnent \(\alpha=2\) et \(3\beta=3\) ; diviser par \(3\ne0\) donne \(\dfrac{3\beta}{3}=\dfrac33\), puis \(\dfrac33\beta=1\), donc \(\beta=1\). La troisième coordonnée vaut \(2\times2-3\times1=4-3=1\), donc la combinaison convient. Le point commun est \(A+2\vec{u}=(2\,;1\,;4)\) ; sur l’autre droite, \(B-\vec{v}=(2-0\,;4-3\,;1-(-3))=(2\,;1\,;4)\).
Synthèse 4.42 — À retenir et à contrôler
Comparer deux droites commence par leurs directions. Directions colinéaires : un point testé distingue confusion et strict parallélisme. Directions non colinéaires : un système à deux paramètres indépendants décide entre intersection et non-coplanarité. Chaque équation initiale doit être contrôlée. Pour justifier une coplanarité avec des directions non colinéaires, tester si le déplacement entre les points d’appui est une combinaison des deux directions. Une combinaison \(\overrightarrow{AB}=\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}\) donne l’intersection avec \(t=\alpha\) et \(s=-\beta\). Un dessin aide à comprendre ; les conditions et les calculs établissent la conclusion.
5. Produit scalaire et vecteurs normaux
Objectif. Calculer un produit scalaire, interpréter son annulation et vérifier qu’un vecteur non nul est normal à un plan.
Remarque 5.1 — Deux questions qui organisent cette unité
« Ces directions sont-elles orthogonales ? » se traite par un produit scalaire. « Ce vecteur est-il normal à ce plan ? » demande de vérifier deux directions non colinéaires du plan. Les calculs se ressemblent, mais les conditions géométriques ne sont pas les mêmes. Les rappels, méthodes et corrections nécessaires aux deux questions sont réunis ici.
1. Le cadre métrique et le sens du produit scalaire
Rappel 5.2 — Repère orthonormé, coordonnées et norme
Dans un repère orthonormé \((O;\vec i,\vec j,\vec k)\), les trois vecteurs de base sont deux à deux orthogonaux et de longueur \(1\). Un vecteur de coordonnées \((x;y;z)\) s’écrit \(x\vec i+y\vec j+z\vec k\). Sa norme, notée \(\left\lVert\vec{u}\right\rVert\), est sa longueur ; elle est positive ou nulle.
Pour \(A(x_A;y_A;z_A)\) et \(B(x_B;y_B;z_B)\), \[\overrightarrow{AB}=(x_B-x_A\,;y_B-y_A\,;z_B-z_A).\] On soustrait les coordonnées du point de départ à celles du point d’arrivée. Un point est une position ; un vecteur est un déplacement. La notation \((x;y;z)\) ne dispense donc pas de dire de quel objet on parle.
Propriété 5.3 — Norme en base orthonormée
Si \(\vec{u}=(x;y;z)\) dans une base orthonormée, alors \[\left\lVert\vec{u}\right\rVert^{2}=x^2+y^2+z^2, \qquad \left\lVert\vec{u}\right\rVert=\sqrt{x^2+y^2+z^2}.\] La norme est nulle si et seulement si \(\vec{u}=\vec 0\).
Démonstration. Démonstration complète à partir du théorème de Pythagore, résultat antérieur. Le déplacement \(x\vec i+y\vec j\) possède deux composantes perpendiculaires de longueurs \(|x|\) et \(|y|\) ; son carré de longueur vaut donc \(x^2+y^2\). La composante \(z\vec k\) est perpendiculaire à ce déplacement horizontal. Une seconde application de Pythagore donne \((x^2+y^2)+z^2\). La longueur étant non négative, on prend la racine carrée positive. Enfin, une somme de trois carrés réels est nulle exactement lorsque chacun des trois nombres est nul.
Définition 5.4 — Produit scalaire dans l’espace
Pour deux vecteurs \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\), leur produit scalaire est le nombre réel \[\vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{v} =\frac{\left\lVert\vec{u}\right\rVert^{2}+\left\lVert\vec{v}\right\rVert^{2}-\left\lVert\vec{u}-\vec{v}\right\rVert^{2}}{2}.\] On écrit aussi \(\vec{u}\cdot\vec{v}\). Le résultat est un nombre, pas un vecteur. Cette définition par des longueurs prolonge le produit scalaire du plan et ne dépend pas du choix d’un repère.
Proposition 5.5 — Expression coordonnée du produit scalaire
Dans une base orthonormée, pour \(\vec{u}=(x;y;z)\) et \(\vec{v}=(x';y';z')\), \[\boxed{\vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{v}=xx'+yy'+zz'.}\] Les coordonnées se multiplient par positions correspondantes, puis les trois produits s’additionnent.
Démonstration. Démonstration complète. On a \(\vec{u}-\vec{v}=(x-x';y-y';z-z')\). Par la formule de la norme, \[\begin{align*} 2\vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{v} &=x^2+y^2+z^2+x'^2+y'^2+z'^2\\ &\quad-\bigl((x-x')^2+(y-y')^2+(z-z')^2\bigr). \end{align*}\] Pour le premier carré, la double distributivité donne \[(x-x')^2=x\times x+x\times(-x')+(-x')\times x+(-x')\times(-x') =x^2-2xx'+x'^2.\] De la même manière, les deux autres carrés valent \(y^2-2yy'+y'^2\) et \(z^2-2zz'+z'^2\). En distribuant le signe moins devant chaque terme, \[\begin{align*} 2\vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{v} &=x^2+y^2+z^2+x'^2+y'^2+z'^2\\ &\quad-x^2+2xx'-x'^2-y^2+2yy'-y'^2-z^2+2zz'-z'^2\\ &=2xx'+2yy'+2zz'=2(xx'+yy'+zz'). \end{align*}\] On divise les deux membres par \(2\), qui est non nul, puis on simplifie le facteur \(2\) : la formule annoncée en résulte.
Théorème 5.6 — Symétrie, bilinéarité et carré scalaire
Pour tous vecteurs \(\vec{u},\vec{v},\vec{w}\) et tout réel \(\lambda\), \[\begin{align*} \vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{v}&=\vec{v}\mathbin{\cdot}\vec{u},\\ \vec{u}\mathbin{\cdot}\bigl(\vec{v}+\vec{w}\bigr)&=\vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{v}+\vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{w},\\ \vec{u}\mathbin{\cdot}\bigl(\lambda\vec{v}\bigr)&=\lambda\vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{v},\\ \vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{u}&=\left\lVert\vec{u}\right\rVert^{2}. \end{align*}\] Les deux règles de linéarité valent aussi dans le premier facteur, grâce à la symétrie. En particulier, \[\vec{n}\mathbin{\cdot}\bigl(\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}\bigr) =\alpha\vec{n}\mathbin{\cdot}\vec{u}+\beta\vec{n}\mathbin{\cdot}\vec{v}.\]
Démonstration. Démonstration complète. Écrivons \(\vec{u}=(x;y;z)\), \(\vec{v}=(a;b;c)\) et \(\vec{w}=(p;q;r)\) dans une base orthonormée. La symétrie vient de \(xa=ax\), \(yb=by\), \(zc=cz\). Pour la somme, \[\begin{align*} \vec{u}\mathbin{\cdot}\bigl(\vec{v}+\vec{w}\bigr) &=x(a+p)+y(b+q)+z(c+r)\\ &=xa+xp+yb+yq+zc+zr\\ &=(xa+yb+zc)+(xp+yq+zr). \end{align*}\] Ces deux parenthèses sont les deux produits scalaires annoncés. Pour le scalaire, \[x(\lambda a)+y(\lambda b)+z(\lambda c) =\lambda xa+\lambda yb+\lambda zc =\lambda(xa+yb+zc).\] Enfin \(\vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{u}=x^2+y^2+z^2=\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2\). La dernière formule découle successivement de la règle de somme et de la règle de multiplication par un réel.
Définition 5.7 — Vecteurs orthogonaux
Deux vecteurs non nuls sont orthogonaux lorsque leurs représentants de même origine forment un angle droit. Par convention, le vecteur nul est orthogonal à tout vecteur. On note cette relation \(\vec{u}\perp\vec{v}\).
Caractérisation 5.8 — Produit scalaire nul et orthogonalité
Pour tous vecteurs \(\vec{u},\vec{v}\), \[\boxed{\vec{u}\perp\vec{v}\quad\Longleftrightarrow\quad\vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{v}=0.}\]
Démonstration. Démonstration complète, avec le théorème de Pythagore et sa réciproque. Si l’un des vecteurs est nul, son produit scalaire avec l’autre vaut \(0\) par la formule coordonnée, et la convention d’orthogonalité s’applique.
Supposons les deux vecteurs non nuls et représentons-les par \(\overrightarrow{OA}=\vec{u}\), \(\overrightarrow{OB}=\vec{v}\). Alors \(\overrightarrow{AB}=\vec{v}-\vec{u}\), de même norme que \(\vec{u}-\vec{v}\). Si l’angle en \(O\) est droit, Pythagore donne \(AB^2=OA^2+OB^2\), donc la définition du produit scalaire donne \(\vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{v}=0\).
Réciproquement, si ce produit vaut \(0\), la définition donne \(AB^2=OA^2+OB^2\). Les vecteurs ne peuvent pas être colinéaires : si \(\vec{v}=\lambda\vec{u}\), leur non-nullité impose \(\lambda\ne0\), et la bilinéarité donnerait \(\vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{v}=\lambda\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2\ne0\). Le triangle \(OAB\) est donc non aplati. La réciproque de Pythagore montre qu’il est rectangle en \(O\) : les vecteurs sont orthogonaux.
Proposition 5.9 — Lien avec l’angle, lorsque les deux vecteurs sont non nuls
Si \(\theta\) est l’angle géométrique entre deux vecteurs non nuls, avec \(0\leq\theta\leq\pi\), alors \[\vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{v}=\left\lVert\vec{u}\right\rVert\,\left\lVert\vec{v}\right\rVert\cos\theta.\] Puisque les deux normes sont strictement positives, le signe du produit est celui de \(\cos\theta\). Précisément : \[\begin{aligned} \vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{v}>0&\quad\Longleftrightarrow\quad 0\leq\theta<\frac\pi2,\\ \vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{v}=0&\quad\Longleftrightarrow\quad \theta=\frac\pi2,\\ \vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{v}<0&\quad\Longleftrightarrow\quad \frac\pi2<\theta\leq\pi. \end{aligned}\] Le premier cas comprend l’angle nul et les angles aigus ; le troisième comprend les angles obtus et l’angle plat. Par exemple, deux vecteurs non nuls de même sens ont un produit positif avec \(\theta=0\), tandis que deux vecteurs de sens opposés ont un produit négatif avec \(\theta=\pi\). Ces deux cas limites ne doivent pas être oubliés.
Démonstration. Démonstration complète en utilisant le repérage trigonométrique antérieur. Dans le plan des deux directions, choisissons un axe unitaire de même sens que \(\vec{u}\) et un second axe perpendiculaire ; complétons par un troisième axe perpendiculaire à ce plan. Dans cette base orthonormée, les coordonnées sont \((\left\lVert\vec{u}\right\rVert;0;0)\) et \((\left\lVert\vec{v}\right\rVert\cos\theta;\left\lVert\vec{v}\right\rVert\sin\theta;0)\), en choisissant le sens du second axe convenablement. La formule coordonnée donne \[\left\lVert\vec{u}\right\rVert\times\bigl(\left\lVert\vec{v}\right\rVert\cos\theta\bigr)+0\times\bigl(\left\lVert\vec{v}\right\rVert\sin\theta\bigr)+0\times0 =\left\lVert\vec{u}\right\rVert\,\left\lVert\vec{v}\right\rVert\cos\theta.\] Si les directions sont colinéaires, le même calcul s’effectue dans n’importe quel plan les contenant, avec \(\theta=0\) ou \(\theta=\pi\). Les signes annoncés viennent du signe du cosinus sur \([0;\pi]\) et de la stricte positivité des deux normes.
Intuition et représentation 5.10 — Lire une projection signée
Lorsque \(\vec{u}\ne\vec0\), la quantité \(\vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{v}/\left\lVert\vec{u}\right\rVert\) mesure la composante signée de \(\vec{v}\) dans le sens de \(\vec{u}\) : elle vaut \(\left\lVert\vec{v}\right\rVert\cos\theta\). Un déplacement perpendiculaire ne progresse pas dans cette direction, ce qui aide à comprendre le zéro. Un déplacement de sens opposé contribue négativement.
Cette représentation éclaire le signe et l’orthogonalité. Elle ne remplace pas la formule : le produit scalaire lui-même comporte aussi le facteur \(\left\lVert\vec{u}\right\rVert\). Il n’est donc pas, en général, une longueur de projection.
2. Calculer et décider une orthogonalité
À toi 5.11 — Repérage avant la méthode
Dans une base orthonormée, \(\vec{u}=(1;2;-1)\) et \(\vec{v}=(2;-1;0)\). Calcule séparément \(1\times2\), \(2\times(-1)\), \((-1)\times0\), puis leur somme. Que peut-on conclure sur les deux vecteurs ?
Correction expliquée 5.12 — Correction et orientation
Les trois produits sont \(2\), \(-2\) et \(0\). Donc \(\vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{v}=2-2+0=0\) ; les vecteurs sont orthogonaux. Si le blocage porte sur le signe, retenir qu’un produit de signes opposés est négatif, et qu’un produit par \(0\) vaut \(0\). Si le calcul est correct mais sa conclusion manque, relire la
caractérisation de l'orthogonalité, qui relie le nombre calculé à la géométrie.
Méthode 5.13 — Tester une orthogonalité par les coordonnées
Indices : on demande un angle droit, des directions orthogonales ou une condition de perpendicularité. Conditions : la base est orthonormée ; les directions géométriques considérées sont représentées par des vecteurs non nuls.
Premier geste : nommer les deux vecteurs. Si des points sont donnés, écrire leurs différences de coordonnées.
Écrire les trois produits correspondants avant de les réduire. Mettre les nombres négatifs entre parenthèses.
Additionner, puis comparer exactement le résultat à \(0\).
Traduire la conclusion : vecteurs orthogonaux, angle droit au bon sommet, ou directions non orthogonales. Pour deux droites, une intersection est une condition supplémentaire si l’on veut les dire perpendiculaires.
Contrôle : refaire les produits avec leurs signes ; dans un triangle, Pythagore peut constituer un contrôle indépendant. Une valeur décimale proche de zéro obtenue par arrondi ne prouve pas une égalité exacte.
Exemple de référence 5.14 — Un triangle rectangle, avec vérification
Dans un repère orthonormé, on donne \(A(1;-2;0)\), \(B(3;-3;3)\), \(C(2;3;1)\). Pour étudier l’angle en \(A\), les deux déplacements partent de \(A\) : \[\begin{align*} \overrightarrow{AB}&=(3-1\,;-3-(-2)\,;3-0)=(2;-1;3),\\ \overrightarrow{AC}&=(2-1\,;3-(-2)\,;1-0)=(1;5;1). \end{align*}\] Ces vecteurs sont non nuls, par exemple parce que leurs premières coordonnées sont non nulles. Leur produit scalaire vaut \[\overrightarrow{AB}\mathbin{\cdot}\overrightarrow{AC} =2\times1+(-1)\times5+3\times1 =2-5+3=0.\] Le triangle \(ABC\) est donc rectangle en \(A\).
Contrôlons avec les longueurs : \(AB^2=2^2+(-1)^2+3^2=4+1+9=14\) et \(AC^2=1^2+5^2+1^2=1+25+1=27\). D’autre part, \[\overrightarrow{BC}=(2-3\,;3-(-3)\,;1-3)=(-1;6;-2),\] d’où \(BC^2=(-1)^2+6^2+(-2)^2=1+36+4=41\). On retrouve \(BC^2=AB^2+AC^2\), puisque \(14+27=41\).
À toi 5.15 — Essai guidé : un paramètre peut être nul
On donne \(\vec{u}=(3;1;-2)\) et \(\vec{v}=(k;2;1)\) dans une base orthonormée. Déterminer \(k\) pour que ces vecteurs soient orthogonaux. Écrire d’abord les trois produits, réduire, puis diviser les deux membres par le coefficient numérique non nul de \(k\). Contrôler avec la valeur obtenue.
Correction expliquée 5.16 — Correction de l’essai guidé
\[\vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{v}=3\times k+1\times2+(-2)\times1=3k+2-2=3k.\] La condition est \(3k=0\). Le diviseur est \(3\), qui est non nul. On effectue la même division dans les deux membres : \[\frac{3k}{3}=\frac{0}{3},\qquad \frac33k=0,\qquad k=0.\] On n’a pas divisé par \(k\) ; il serait injustifié de supposer \(k\ne0\). Pour \(k=0\), \(\vec{v}=(0;2;1)\) est bien non nul et \(3\times0+1\times2+(-2)\times1=0+2-2=0\).
À toi 5.17 — À chercher avant la correction
Dans une base orthonormée, \(\vec{u}=(2;-1;1)\) et \(\vec{v}=(a;3;1)\). Trouver les valeurs de \(a\) pour lesquelles ces vecteurs sont orthogonaux, puis vérifier la réponse.
Indice à consulter après une tentative : le produit scalaire donne une équation affine. On ajoute le même nombre aux deux membres avant de diviser par le coefficient de \(a\).
Correction expliquée 5.18 — Correction de la tentative
Les vecteurs sont non nuls quels que soient \(a\), car \(\vec{u}\) a pour première coordonnée \(2\) et \(\vec{v}\) a pour deuxième coordonnée \(3\). Leur produit est \[2\times a+(-1)\times3+1\times1=2a-3+1=2a-2.\] L’orthogonalité équivaut à \(2a-2=0\). Ajoutons \(2\) aux deux membres : \((2a-2)+2=0+2\), donc \(2a=2\). Puisque \(2\ne0\), divisons par \(2\) : \(2a/2=2/2\), donc \(a=1\).
Pour cette valeur, \(\vec{v}=(1;3;1)\) et le contrôle donne \(2\times1+(-1)\times3+1\times1=2-3+1=0\). Une seule valeur convient.
Question que tu peux te poser 5.19 — Justifier personnellement
Un vecteur non nul peut-il être orthogonal à lui-même ? Rédige une réponse qui utilise une propriété du produit scalaire et une propriété de la norme, et non seulement un exemple numérique.
Correction expliquée 5.20 — Réponse possible et critères
Non. On a \(\vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{u}=\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2\). Si \(\vec{u}\ne\vec0\), sa norme est strictement positive, donc son carré est strictement positif. Le produit n’est pas nul ; le critère d’orthogonalité ne peut pas être satisfait.
Une justification complète contient le lien produit scalaire–norme, l’utilisation de la non-nullité et la conclusion par le critère. Le vecteur nul constitue le cas à part : il est orthogonal à lui-même par la convention donnée.
À toi 5.21 — Deux changements de condition
Dans un repère orthonormé, les droites \(d:\ (x;y;z)=(t;0;0)\) et \(d':\ (x;y;z)=(0;s;1)\), avec \(t,s\in\mathbb{R}\), sont-elles orthogonales ? Sont-elles perpendiculaires ?
Une base est formée par \(\vec e_1=(1;0;0)\), \(\vec e_2=(1;1;0)\) et \(\vec e_3=(0;0;1)\), ces coordonnées étant données dans une base orthonormée de référence. Dans la nouvelle base, les coordonnées de \(\vec e_1,\vec e_2\) sont \((1;0;0)\) et \((0;1;0)\). Peut-on déduire leur orthogonalité du calcul \(1\times0+0\times1+0\times0=0\) ?
Correction expliquée 5.22 — Orthogonalité des directions et rôle de la base
Les directeurs \((1;0;0)\) et \((0;1;0)\) sont non nuls et leur produit vaut \(1\times0+0\times1+0\times0=0\). Les droites sont donc orthogonales au sens de leurs directions. Elles n’ont aucun point commun : la première impose \(z=0\), la seconde \(z=1\). Elles ne sont donc pas perpendiculaires, mot qui désigne ici des droites sécantes formant un angle droit.
Non. La nouvelle base n’est pas orthonormée. Dans la base orthonormée de référence, le vrai produit est \(1\times1+0\times1+0\times0=1\), donc les deux vecteurs ne sont pas orthogonaux. Les coordonnées seules ne portent pas toute l’information métrique lorsqu’on change pour une base non orthonormée.
Point de vigilance 5.23 — Réparer une erreur de signe, puis réessayer
Pour \(\vec{u}=(-2;-1;0)\) et \(\vec{v}=(3;-6;4)\), une copie écrit \((-2)\times3+(-1)\times(-6)+0\times4=-6-6+0=-12\) et conclut à une absence d’orthogonalité.
La première erreur est \((-1)\times(-6)=-6\) : deux signes négatifs donnent un produit positif. Un exemple plus simple est \((-1)\times(-5)=5\), et non \(-5\). Reprenons le calcul de la copie : \(-6+6+0=0\). La conclusion correcte est l’orthogonalité.
Nouvel essai : sans regarder la correction suivante, tester \(\vec p=(1;-2;2)\) et \(\vec q=(2;3;2)\). Écrire les trois produits.
Correction expliquée 5.24 — Correction du nouvel essai et retour
\[\vec p\mathbin{\cdot}\vec q=1\times2+(-2)\times3+2\times2=2-6+4=0.\] Les vecteurs sont orthogonaux. Ici le deuxième produit est négatif, parce que ses facteurs ont des signes opposés. Retourner ensuite au calcul fautif précédent et expliquer pourquoi son deuxième produit était, au contraire, positif. Le signe se décide produit par produit, avant la somme.
À toi 5.25 — À reprendre plus tard, avant de relire la méthode
Dans un repère orthonormé, \(A(0;1;-1)\), \(B(2;0;1)\) et \(C(-1;3;1)\). Déterminer si l’angle \(\widehat{BAC}\) est droit. Écrire une justification complète, puis contrôler avec les carrés des longueurs.
Indice : les deux vecteurs doivent partir de \(A\). Critères : différences de coordonnées exactes, trois produits visibles, interprétation du zéro et contrôle portant sur le bon côté opposé.
Correction expliquée 5.26 — Correction de la reprise différée
\[\begin{align*} \overrightarrow{AB}&=(2-0\,;0-1\,;1-(-1))=(2;-1;2),\\ \overrightarrow{AC}&=(-1-0\,;3-1\,;1-(-1))=(-1;2;2). \end{align*}\] Le produit est \(2\times(-1)+(-1)\times2+2\times2=-2-2+4=0\). Les deux vecteurs étant non nuls, l’angle en \(A\) est droit.
On a \(AB^2=2^2+(-1)^2+2^2=4+1+4=9\) et \(AC^2=(-1)^2+2^2+2^2=1+4+4=9\). Enfin \(\overrightarrow{BC}=(-1-2\,;3-0\,;1-1)=(-3;3;0)\), donc \(BC^2=9+9+0=18=9+9\). Le contrôle confirme l’angle droit en \(A\).
3. Vérifier un vecteur normal à un plan
Rappel 5.27 — Deux directions pour un plan
Un plan est déterminé par un point \(A\) et deux vecteurs non colinéaires \(\vec{u},\vec{v}\). Ses points \(M\) sont exactement ceux pour lesquels \[\overrightarrow{AM}=\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}\qquad\text{avec deux réels }\alpha,\beta.\] C’est la description géométrique d’un plan par deux directions, résultat de géométrie vectorielle de terminale rappelé ici. La non-colinéarité signifie qu’aucune direction unique ne suffit : si \(\vec{u}\ne\vec0\), il n’existe aucun réel \(\lambda\) tel que \(\vec{v}=\lambda\vec{u}\).
Tout déplacement entre deux points du plan est aussi une combinaison de ces deux vecteurs : en soustrayant \(\overrightarrow{AM_1}\) de \(\overrightarrow{AM_2}\), on obtient \((\alpha_2-\alpha_1)\vec{u}+(\beta_2-\beta_1)\vec{v}\). Nous appelons ces déplacements les vecteurs de direction du plan.
Définition 5.28 — Vecteur normal à un plan
Un vecteur \(\vec{n}\) est normal à un plan s’il est non nul et orthogonal à tous les vecteurs de direction de ce plan. « Normal » signifie ici « perpendiculaire au plan », et non « de norme \(1\) ».
Le vecteur nul n’est donc jamais un vecteur normal, même si son produit scalaire avec tout vecteur est nul : il ne définit aucune direction perpendiculaire.
Théorème 5.29 — Tester seulement deux directions non colinéaires
Soit un plan dirigé par deux vecteurs non colinéaires \(\vec{u},\vec{v}\). Pour un vecteur \(\vec{n}\) non nul, \[\boxed{\vec{n}\text{ normal au plan}\quad\Longleftrightarrow\quad \vec{n}\mathbin{\cdot}\vec{u}=0\ \text{ et }\ \vec{n}\mathbin{\cdot}\vec{v}=0.}\]
Démonstration. Démonstration complète des deux sens. Si \(\vec{n}\) est normal, il est orthogonal à toutes les directions du plan, en particulier à \(\vec{u}\) et à \(\vec{v}\). Les deux produits scalaires sont nuls.
Réciproquement, supposons ces deux produits nuls. Tout vecteur de direction \(\vec{w}\) du plan s’écrit \(\vec{w}=\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}\). Par bilinéarité, \[\vec{n}\mathbin{\cdot}\vec{w} =\alpha\vec{n}\mathbin{\cdot}\vec{u}+\beta\vec{n}\mathbin{\cdot}\vec{v} =\alpha\times0+\beta\times0=0.\] Ainsi \(\vec{n}\) est orthogonal à chaque direction du plan. Sa non-nullité, vérifiée dans les hypothèses, permet de le qualifier de normal.
Lecture. Le plan est représenté par deux directions u=(1;1;0) et v=(0;1;1), issues de O. Le vecteur n=(1;-1;1) n’est pas dans ce plan et est orthogonal aux deux directions. Le dessin est une projection sur la page : les angles visibles ne prouvent pas l’orthogonalité ; les deux produits scalaires, 1-1+0 et 0-1+1, sont nuls.
Corollaire 5.30 — Changer la longueur ou le sens d’un normal
Si \(\vec{n}\) est normal à un plan et si \(\lambda\ne0\), alors \(\lambda\vec{n}\) est également normal à ce plan.
Démonstration. Déduction complète du théorème précédent et de la bilinéarité. Le vecteur \(\lambda\vec{n}\) est non nul : si \(\lambda\vec{n}=\vec0\), une coordonnée non nulle de \(\vec{n}\) multipliée par \(\lambda\ne0\) ne pourrait pas donner \(0\). Pour chacune des deux directions \(\vec{u},\vec{v}\), on a par exemple \(\bigl(\lambda\vec{n}\bigr)\mathbin{\cdot}\vec{u}=\lambda\vec{n}\mathbin{\cdot}\vec{u}=\lambda\times0=0\). Le même calcul vaut avec \(\vec{v}\). Le critère s’applique.
Bon réflexe 5.31 — Choisir un normal plus commode
On peut simplifier un normal en le divisant par un facteur commun non nul. Par exemple, \((6;-3;9)=3(2;-1;3)\) ; le vecteur \((2;-1;3)\) décrit la même direction normale et simplifie les produits suivants. Le corollaire justifie ce choix, même pour un facteur négatif.
Il faut multiplier toutes les coordonnées par le même réel non nul. Changer seulement une coordonnée modifie généralement la direction ; multiplier par \(0\) détruit le caractère normal. Simplifier ne signifie pas rendre la norme égale à \(1\).
À toi 5.32 — Repérage : une seule direction suffit-elle ?
Le plan est dirigé par \(\vec{u}=(1;0;0)\) et \(\vec{v}=(0;1;0)\). Le vecteur \(\vec{n}=(0;1;0)\) vérifie \(\vec{n}\mathbin{\cdot}\vec{u}=0\). Est-il normal au plan ?
Correction expliquée 5.33 — Correction et orientation
Non : il faut aussi tester la seconde direction. Or \(\vec{n}\mathbin{\cdot}\vec{v}=0\times0+1\times1+0\times0=1\ne0\). Le premier calcul n’était pas faux ; il était insuffisant. Relire le
critère à deux directionspour repérer les trois conditions : normal proposé non nul, directions non colinéaires, deux produits nuls.
Méthode 5.34 — Vérifier un normal proposé pour un plan défini par trois points
Indices : trois points \(A,B,C\) et un candidat \(\vec{n}\) sont donnés ; on demande de justifier qu’il est normal au plan \((ABC)\). Premier geste : calculer \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\), en respectant le même point de départ.
Vérifier que les deux vecteurs ne sont pas colinéaires ; cela garantit que les trois points définissent un plan.
Vérifier que le candidat \(\vec{n}\) est non nul.
Calculer séparément \(\vec{n}\mathbin{\cdot}\overrightarrow{AB}\) et \(\vec{n}\mathbin{\cdot}\overrightarrow{AC}\).
S’ils sont tous deux nuls, conclure par le théorème. Si au moins l’un ne l’est pas, le candidat n’est pas normal.
Contrôle : les deux produits portent sur deux directions réellement différentes ; aucun rapport de coordonnées n’est calculé avec un dénominateur nul. Cette méthode vérifie un vecteur fourni. Elle n’exige aucune formule de produit vectoriel.
Exemple de référence 5.35 — Un normal proposé, vérifié jusqu’au bout
On donne \(A(2;-1;1)\), \(B(4;0;2)\), \(C(1;2;3)\) et \(\vec{n}=(1;5;-7)\) dans un repère orthonormé. Calculons \[\begin{align*} \overrightarrow{AB}&=(4-2\,;0-(-1)\,;2-1)=(2;1;1),\\ \overrightarrow{AC}&=(1-2\,;2-(-1)\,;3-1)=(-1;3;2). \end{align*}\] Le premier vecteur est non nul. Si \(\overrightarrow{AC}=\lambda\overrightarrow{AB}\), la deuxième coordonnée imposerait \(3=\lambda\times1\), donc \(\lambda=3\). La première imposerait alors \(-1=3\times2=6\), contradiction. Les vecteurs ne sont pas colinéaires ; \((ABC)\) est un plan.
Le candidat est non nul puisque sa première coordonnée vaut \(1\). On calcule \[\begin{align*} \vec{n}\mathbin{\cdot}\overrightarrow{AB}&=1\times2+5\times1+(-7)\times1=2+5-7=0,\\ \vec{n}\mathbin{\cdot}\overrightarrow{AC}&=1\times(-1)+5\times3+(-7)\times2=-1+15-14=0. \end{align*}\] Les deux conditions étant réunies, \(\vec{n}\) est normal au plan \((ABC)\). Ce sont les produits scalaires, associés à la non-colinéarité, qui prouvent le résultat ; un dessin ne suffirait pas.
À toi 5.36 — Essai guidé : un plan donné par ses directions
Le plan passe par \(A(0;1;-1)\) et est dirigé par \(\vec{u}=(1;2;3)\) et \(\vec{v}=(0;0;1)\). Vérifier que \(\vec{n}=(2;-1;0)\) est normal à ce plan.
Pour la non-colinéarité, supposer \(\vec{v}=\lambda\vec{u}\) et utiliser d’abord la première coordonnée. Puis effectuer les deux produits scalaires sans supprimer les produits par zéro avant de les avoir écrits.
Correction expliquée 5.37 — Correction de l’essai guidé
Le vecteur \(\vec{u}\) est non nul. La relation \(\vec{v}=\lambda\vec{u}\) donnerait \(0=\lambda\times1\), donc \(\lambda=0\) ; elle donnerait alors, à la troisième coordonnée, \(1=0\times3=0\), impossible. Les directions ne sont pas colinéaires.
Le candidat \(\vec{n}\) est non nul car \(2\ne0\). Ses produits avec les deux directions sont \[\begin{align*} \vec{n}\mathbin{\cdot}\vec{u}&=2\times1+(-1)\times2+0\times3=2-2+0=0,\\ \vec{n}\mathbin{\cdot}\vec{v}&=2\times0+(-1)\times0+0\times1=0+0+0=0. \end{align*}\] Le critère démontre qu’il est normal. Le point \(A\) situe le plan mais ne change pas sa direction ; on ne calcule pas \(\vec{n}\mathbin{\cdot}A\), produit qui confondrait point et vecteur.
À toi 5.38 — À chercher avant la correction
On donne \(A(-1;2;0)\), \(B(0;2;2)\), \(C(-1;4;1)\). Justifier que ces points définissent un plan, puis décider si \(\vec{n}=(4;1;-2)\) est normal à ce plan. Examiner aussi le candidat \(\vec m=(4;0;-2)\).
Indice : utiliser \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\) ; un candidat peut passer le premier produit et échouer au second.
Correction expliquée 5.39 — Correction et comparaison des candidats
\[\overrightarrow{AB}=(0-(-1)\,;2-2\,;2-0)=(1;0;2),\qquad \overrightarrow{AC}=(-1-(-1)\,;4-2\,;1-0)=(0;2;1).\] Si \(\overrightarrow{AC}=\lambda\overrightarrow{AB}\), la première coordonnée donne \(0=\lambda\), alors que la deuxième donnerait \(2=\lambda\times0=0\). C’est impossible : les points ne sont pas alignés.
Les deux candidats sont non nuls. Pour \(\vec{n}\), \[\begin{align*} \vec{n}\mathbin{\cdot}\overrightarrow{AB}&=4\times1+1\times0+(-2)\times2=4+0-4=0,\\ \vec{n}\mathbin{\cdot}\overrightarrow{AC}&=4\times0+1\times2+(-2)\times1=0+2-2=0. \end{align*}\] Il est normal. Pour \(\vec m\), le premier produit vaut \(4\times1+0\times0+(-2)\times2=4-4=0\), mais le second vaut \(4\times0+0\times2+(-2)\times1=-2\ne0\). Il n’est pas normal. Avoir seulement retiré la coordonnée \(1\) du premier candidat ne conservait pas sa direction.
Question que tu peux te poser 5.40 — Pourquoi deux calculs suffisent-ils ?
Un camarade demande : « Le plan contient une infinité de directions ; pourquoi ne calcule-t-on que deux produits scalaires ? » Expliquer le rôle précis de la non-colinéarité et de la bilinéarité.
Correction expliquée 5.41 — Réponse possible et critères
Deux directions non colinéaires \(\vec{u},\vec{v}\) permettent d’écrire toute direction du plan sous la forme \(\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}\). Si les deux produits avec \(\vec{n}\) sont nuls, la bilinéarité donne \(\vec{n}\mathbin{\cdot}\bigl(\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}\bigr)=\alpha\times0+\beta\times0=0\). On a donc traité toutes les directions à la fois, sans les énumérer.
Les critères d’une réponse complète sont : écrire la combinaison générale, indiquer pourquoi elle couvre le plan, développer le produit par bilinéarité et rappeler que le candidat normal doit être non nul.
À toi 5.42 — Changer l’hypothèse de non-colinéarité
On donne \(A(0;0;0)\), \(B(1;0;0)\), \(C(2;0;0)\) et \(\vec{n}=(0;1;0)\). Les deux produits de \(\vec{n}\) avec \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\) valent \(0\). Peut-on en conclure que \(\vec{n}\) est normal au « plan \((ABC)\) » ? Donner une explication géométrique précise.
Correction expliquée 5.43 — Une condition qui manque réellement
On a \(\overrightarrow{AB}=(1;0;0)\) et \(\overrightarrow{AC}=(2;0;0)=2\overrightarrow{AB}\). Les points sont alignés et ne déterminent pas un plan unique. Le second produit scalaire répète en fait la même condition de direction que le premier.
Le plan de directions \((1;0;0)\) et \((0;0;1)\) contient les trois points et admet \(\vec{n}\) pour normal. Mais le plan de directions \((1;0;0)\) et \((0;1;0)\) les contient aussi, et \(\vec{n}\) n’y est pas normal, puisque son produit avec \((0;1;0)\) vaut \(1\). La conclusion au sujet d’un unique « plan \((ABC)\) » n’est donc pas définie.
Point de vigilance 5.44 — Réparer l’oubli de la non-nullité
Une copie affirme : « \((0;0;0)\) est un normal, car ses deux produits scalaires sont nuls. » Les calculs sont exacts, mais une condition de la définition manque : un normal doit être non nul.
Exemple plus simple corrigé : pour le plan dirigé par \((1;0;0)\) et \((0;1;0)\), le vecteur \((0;0;1)\) est non nul et ses deux produits sont \(0\times1+0\times0+1\times0=0\) et \(0\times0+0\times1+1\times0=0\). Il est bien normal.
Nouvel essai : parmi \((0;0;0)\), \((1;0;0)\) et \((0;0;-3)\), lesquels sont normaux à ce même plan ? Justifier le rejet ou l’acceptation de chacun.
Correction expliquée 5.45 — Correction du nouvel essai et retour
Le vecteur \((0;0;0)\) est rejeté parce qu’il est nul. Le vecteur \((1;0;0)\) est non nul, mais son produit avec la première direction vaut \(1\times1+0\times0+0\times0=1\), donc il est rejeté. Enfin \((0;0;-3)\) est non nul et ses produits valent respectivement \(0\times1+0\times0+(-3)\times0=0\) et \(0\times0+0\times1+(-3)\times0=0\) : lui seul est normal.
Retourner à la copie initiale et ajouter la condition manquante avant les deux produits. Une vérification correcte commence par les hypothèses du critère.
À toi 5.46 — À reprendre plus tard : trois points et un candidat
Dans un repère orthonormé, \(A(1;1;0)\), \(B(2;0;0)\), \(C(1;2;2)\) et \(\vec{n}=(2;2;-1)\). Sans relire la méthode, décider si \(\vec{n}\) est normal au plan déterminé par ces points.
Indice : vérifier d’abord que l’expression « le plan déterminé » est légitime. Critères : deux différences de coordonnées, non-colinéarité justifiée, candidat non nul, deux produits nuls et conclusion nommant le plan.
Correction expliquée 5.47 — Correction de la reprise différée
\[\overrightarrow{AB}=(2-1\,;0-1\,;0-0)=(1;-1;0),\qquad \overrightarrow{AC}=(1-1\,;2-1\,;2-0)=(0;1;2).\] Si \(\overrightarrow{AC}=\lambda\overrightarrow{AB}\), la première coordonnée imposerait \(\lambda=0\), puis la deuxième donnerait \(1=0\times(-1)=0\), impossible. Les points définissent donc un plan. Le candidat est non nul, puisque sa première coordonnée vaut \(2\). \[\begin{align*} \vec{n}\mathbin{\cdot}\overrightarrow{AB}&=2\times1+2\times(-1)+(-1)\times0=2-2+0=0,\\ \vec{n}\mathbin{\cdot}\overrightarrow{AC}&=2\times0+2\times1+(-1)\times2=0+2-2=0. \end{align*}\] Le théorème à deux directions montre que \(\vec{n}\) est normal au plan \((ABC)\).
Synthèse 5.48 — Ce que l’on doit pouvoir reconstruire
Dans une base orthonormée, trois produits puis une somme permettent de calculer un produit scalaire. Son annulation caractérise l’orthogonalité des vecteurs. Pour un angle d’un triangle, les deux vecteurs partent du sommet de cet angle. Pour deux droites, orthogonalité des directions et intersection sont deux questions distinctes.
Un normal à un plan est non nul. Pour le vérifier, deux produits scalaires nuls suffisent seulement si les deux directions du plan sont non colinéaires. Leur rôle est d’engendrer toutes les directions du plan ; la bilinéarité fait alors porter les deux calculs sur l’ensemble du plan.
Avant de conclure, on doit pouvoir répondre : « Dans quelle base ai-je calculé ? Quels vecteurs ai-je utilisés ? Quelles conditions du critère ai-je vérifiées ? Quel objet géométrique ma conclusion concerne-t-elle ? »
6. Décrire un plan par une équation
Objectif. Passer d’un point et d’un normal à une équation, lire cette équation, décider une appartenance et reconnaître deux écritures d’un même plan.
Entrer dans l’unité
Dans toute cette unité, le repère de l’espace est orthonormé. Les coordonnées de \(A\) sont notées \((x_A;y_A;z_A)\) et celles d’un point variable \(M\) sont \((x;y;z)\). Une équation décrit un ensemble de points : on garde exactement les points dont les coordonnées rendent l’égalité vraie.
À toi 6.1 — Trois vérifications avant de commencer
1. Si \(A(2;-1;3)\) et \(M(x;y;z)\), quelles sont les coordonnées de \(\overrightarrow{AM}\) ? 2. Calculer \((2;3;-1)\cdot(1;0;2)\). 3. Le point \(B(1;0;4)\) vérifie-t-il \(2x+3y-z+2=0\) ? Faire ces gestes avant de lire la correction.
Correction expliquée 6.2 — Correction et orientation
1. On soustrait les coordonnées du départ à celles de l’arrivée : \(\overrightarrow{AM}=(x-2;y-(-1);z-3)=(x-2;y+1;z-3)\). 2. Dans un repère orthonormé, le produit scalaire est la somme des trois produits correspondants : \(2\times1+3\times0+(-1)\times2=2+0-2=0\). 3. On remplace simultanément \(x,y,z\) par \(1,0,4\) : \(2\times1+3\times0-4+2=2+0-4+2=0\). L’égalité est vraie, donc \(B\) appartient à l’ensemble décrit. Si une différence de coordonnées bloque, reprendre la première ligne du rappel suivant ; si le rôle de zéro bloque, relire la définition de l’équation d’un plan ci-dessous.
Rappel 6.3 — Les résultats de géométrie utilisés
Un plan passant par \(A\) et dirigé par deux vecteurs non colinéaires \(\vec{u},\vec{v}\) est l’ensemble des points tels que \(\overrightarrow{AM}=s\vec{u}+t\vec{v}\), avec \(s,t\) réels. Un vecteur normal est un vecteur \(\vec{n}\ne\vec0\) orthogonal à toutes les directions du plan. Il suffit qu’il soit orthogonal à deux directions non colinéaires : pour \(s\vec{u}+t\vec{v}\), la bilinéarité donne \(\vec{n}\cdot(s\vec{u}+t\vec{v})=s(\vec{n}\cdot\vec{u})+t(\vec{n}\cdot\vec{v})=0\).
Résultats de géométrie vectorielle de l’espace rappelés ici : trois vecteurs non coplanaires forment une base ; tout vecteur a alors une unique décomposition dans cette base. Dans une base orthonormée, \[(p;q;r)\cdot(a;b;c)=pa+qb+rc, \qquad \left\lVert(a;b;c)\right\rVert^2=a^2+b^2+c^2.\] Le carré d’une norme est nul seulement pour le vecteur nul. Les produits scalaires et les décompositions dans une base sont les résultats antérieurs utilisés dans la preuve suivante ; aucune projection n’y intervient.
Intuition et représentation 6.4 — Une règle d’appartenance à une surface plate
On peut imaginer le plan comme une feuille infinie, et le normal comme une flèche indiquant la direction perpendiculaire à cette feuille. Se déplacer à l’intérieur de la feuille ne produit aucun déplacement dans cette direction normale. L’expression \(\overrightarrow{AM}\cdot\vec{n}\) mesure algébriquement cette composante, avec un facteur dépendant de la longueur de \(\vec{n}\). Elle s’annule pour les points de la feuille. Cette image aide à comprendre pourquoi une seule égalité peut décrire un plan. Une feuille réelle est bornée et épaisse ; le plan mathématique est infini et sans épaisseur. Le dessin ne prouve pas la perpendicularité : le théorème la relie aux calculs.
Théorème 6.5 — Caractérisation d’un plan par un point et un normal
Soit \(\mathcal P\) un plan, \(A\in\mathcal P\) et \(\vec{n}\ne\vec0\) un vecteur normal à \(\mathcal P\). Alors, pour tout point \(M\) de l’espace, \[\boxed{M\in\mathcal P\quad\Longleftrightarrow\quad\overrightarrow{AM}\cdot\vec{n}=0.}\]
Démonstration. Démonstration complète à partir des résultats vectoriels rappelés. Choisissons deux directions non colinéaires \(\vec{u},\vec{v}\) de \(\mathcal P\). Si \(\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}+\gamma\vec{n}=\vec0\), le produit scalaire avec \(\vec{n}\) donne \[\alpha\underbrace{\vec{u}\cdot\vec{n}}_{0} +\beta\underbrace{\vec{v}\cdot\vec{n}}_{0} +\gamma\left\lVert\vec{n}\right\rVert^2=0.\] Comme \(\vec{n}\ne\vec0\), \(\left\lVert\vec{n}\right\rVert^2>0\). La division par ce nombre donne \(\gamma=0\). Il reste \(\alpha\vec{u}+\beta\vec{v}=\vec0\) ; la non-colinéarité impose \(\alpha=\beta=0\). Ces trois vecteurs forment donc une base de l’espace. Tout \(\overrightarrow{AM}\) s’écrit, de façon unique, \(\overrightarrow{AM}=s\vec{u}+t\vec{v}+r\vec{n}\).
Si \(M\in\mathcal P\), sa décomposition utilise seulement les deux directions du plan : \(r=0\), et la bilinéarité donne \(\overrightarrow{AM}\cdot\vec{n}=0\). Réciproquement, si ce produit vaut zéro, la décomposition donne \(r\left\lVert\vec{n}\right\rVert^2=0\). Comme \(\left\lVert\vec{n}\right\rVert^2>0\), on obtient \(r=0\). Ainsi \(\overrightarrow{AM}=s\vec{u}+t\vec{v}\), donc \(M\in\mathcal P\). Le cas \(M=A\) est inclus : \(\overrightarrow{AA}=\vec0\) et son produit scalaire est nul.
L’équation cartésienne et ses deux sens
Définition 6.6 — Équation cartésienne d’un plan
Une équation cartésienne du plan \(\mathcal P\) est une égalité \[\boxed{ax+by+cz+d=0,\qquad (a;b;c)\ne(0;0;0),}\] dont les solutions \((x;y;z)\) sont exactement les coordonnées des points de \(\mathcal P\). Les nombres \(a,b,c,d\) sont fixés ; \(x,y,z\) varient. Dire que \((a;b;c)\ne(0;0;0)\) signifie qu’au moins un des trois nombres \(a,b,c\) est non nul ; on n’exige pas qu’ils soient tous non nuls.
Théorème 6.7 — Du plan à l’équation, et de l’équation au plan
Sens direct. Le plan passant par \(A(x_A;y_A;z_A)\) et normal à \(\vec{n}=(a;b;c)\ne\vec0\) a pour équation \[a(x-x_A)+b(y-y_A)+c(z-z_A)=0,\] soit \(ax+by+cz+d=0\), où \(d=-ax_A-by_A-cz_A\).
Réciproque. Pour tous réels \(a,b,c,d\) avec \((a;b;c)\ne\vec0\), l’ensemble d’équation \(ax+by+cz+d=0\) est bien un plan et \((a;b;c)\) en est un normal.
Démonstration. Démonstration complète. Pour le sens direct, les coordonnées de \(\overrightarrow{AM}\) sont \((x-x_A;y-y_A;z-z_A)\). Le théorème précédent et la formule du produit scalaire donnent des équivalences : \[\begin{align*} M\in\mathcal P &\Longleftrightarrow a(x-x_A)+b(y-y_A)+c(z-z_A)=0\\ &\Longleftrightarrow ax-a x_A+by-b y_A+cz-c z_A=0\\ &\Longleftrightarrow ax+by+cz+(-a x_A-b y_A-c z_A)=0. \end{align*}\] Les six produits ont été écrits avant le regroupement. Le terme entre parenthèses est un nombre fixé : c’est \(d\).
Pour la réciproque, supposons d’abord \(a\ne0\). On peut diviser par \(a\). L’équation équivaut à \[ax+by+cz+d-(by+cz+d)=0-(by+cz+d), \qquad ax=-by-cz-d,\] puis à \[\frac{ax}{a}=\frac{-by-cz-d}{a}, \qquad x=-\frac da-\frac ba y-\frac ca z.\] À gauche, \(ax/a=(a/a)x=x\) ; aucune division par \(x\) n’a été faite. Posons \[A_0=\left(-\frac da;0;0\right),\quad \vec{u}=\left(-\frac ba;1;0\right),\quad \vec{v}=\left(-\frac ca;0;1\right).\] Les vecteurs \(\vec{u},\vec{v}\) ne sont pas colinéaires : un multiple de \(\vec{u}\) a sa troisième coordonnée nulle, tandis que celle de \(\vec{v}\) vaut \(1\). Les solutions sont exactement \(\overrightarrow{A_0M}=y\vec{u}+z\vec{v}\), avec \(y,z\) libres. C’est donc le plan passant par \(A_0\) et dirigé par \(\vec{u},\vec{v}\). De plus, \[(a;b;c)\cdot\vec{u}=a\left(-\frac ba\right)+b\times1+c\times0=-b+b+0=0,\] et \[(a;b;c)\cdot\vec{v}=a\left(-\frac ca\right)+b\times0+c\times1=-c+0+c=0.\] Le vecteur \((a;b;c)\) est donc normal à ce plan. Si \(a=0\) et \(b\ne0\), on isole \(y\) en divisant par \(b\) ; les deux autres coordonnées \(x,z\) sont libres. Si \(a=b=0\), alors \(c\ne0\) et on isole \(z=-d/c\), avec \(x,y\) libres. Le même raisonnement s’applique en échangeant les rôles des coordonnées. La réciproque n’utilise ni projection ni formule de distance.
Lecture. Le point \(A(1;0;1)\) appartient au plan \(2x-y+z-3=0\). Les flèches de directions \((1;2;0)\) et \((0;1;1)\) restent dans le plan ; le normal \((2;-1;1)\) lui est perpendiculaire. Le dessin est une projection en deux dimensions : les angles apparents ne servent pas de preuve.
Pour contrôler les données de la figure : \(2\times1-0+1-3=0\) ; les produits scalaires du normal avec les deux directions valent respectivement \(2\times1+(-1)\times2+1\times0=0\) et \(2\times0+(-1)\times1+1\times1=0\).
Non-exemple 6.8 — Pourquoi interdire trois coefficients nuls ?
L’égalité \(0x+0y+0z+0=0\) est vraie pour tout point : elle décrit l’espace entier. L’égalité \(0x+0y+0z+5=0\) revient à \(5=0\), toujours faux : elle ne décrit aucun point. Dans les deux cas, on n’obtient pas un plan. En revanche, \(z=4\) est un plan : ses coefficients sont \((0;0;1)\), dont le dernier est non nul. Il est parallèle au plan de coordonnées \(z=0\).
Méthode 6.9 — Construire puis lire une équation
Quand l’utiliser ? On connaît un point \(A\) et un normal non nul \(\vec{n}=(a;b;c)\), ou on doit reconnaître un plan donné par une équation. Premier geste : séparer les données du point et celles du vecteur. Pour construire, écrire \(a(x-x_A)+b(y-y_A)+c(z-z_A)=0\), développer chaque produit, regrouper les constantes, puis vérifier que \(A\) satisfait l’équation. Une variante consiste à écrire \(ax+by+cz+d=0\) puis à déterminer \(d\) par l’appartenance de \(A\). Pour lire, ramener tous les termes dans un même membre et repérer, dans l’ordre, les coefficients de \(x,y,z\). Une variable absente a pour coefficient \(0\). Le terme constant n’est pas une coordonnée du normal.
Exemple de référence 6.10 — Un même plan, deux chemins de calcul
Construisons le plan passant par \(A(2;-1;3)\) et normal à \(\vec{n}=(2;3;-1)\). Ce vecteur est non nul puisque sa première coordonnée vaut \(2\). La caractérisation par produit scalaire donne \[\begin{align*} 2(x-2)+3(y-(-1))+(-1)(z-3)&=0,\\ 2\times x+2\times(-2)+3\times y+3\times1+(-1)\times z+(-1)\times(-3)&=0,\\ 2x-4+3y+3-z+3&=0,\\ 2x+3y-z+(-4+3+3)&=0. \end{align*}\] Une équation est donc \(2x+3y-z+2=0\).
Autre voie, entièrement calculée. On cherche \(d\) dans \(2x+3y-z+d=0\). L’appartenance de \(A\) donne \[2\times2+3\times(-1)-3+d=0, \quad 4-3-3+d=0, \quad -2+d=0.\] On ajoute \(2\) aux deux membres : \(-2+d+2=0+2\), donc \(d=2\). Les deux méthodes donnent la même équation. Le contrôle du point est \(4-3-3+2=0\). Le contrôle de la direction normale consiste à relire \((2;3;-1)\) dans les coefficients.
À toi 6.11 — À toi, avec un premier geste
Donner une équation du plan passant par \(A(-1;2;0)\) et normal à \((3;0;2)\). Commencer par \(3(x-(-1))+0(y-2)+2(z-0)=0\). Lire ensuite un normal au plan \(5z-2x=7\).
Correction expliquée 6.12 — Développer et ordonner les coefficients
Pour le premier plan, \[3\times x+3\times1+0\times y+0\times(-2)+2\times z+2\times0=0,\] donc \(3x+3+0+0+2z+0=0\), soit \(3x+2z+3=0\). Au point donné : \(3\times(-1)+2\times0+3=-3+0+3=0\). Pour le second, on soustrait \(7\) aux deux membres : \(5z-2x-7=7-7=0\). Dans l’ordre \(x,y,z\), l’équation est \(-2x+0y+5z-7=0\). Un normal est \((-2;0;5)\), non nul. La coordonnée \(y\) n’est pas oubliée : son coefficient est zéro.
À toi 6.13 — À tenter avant de consulter la suite
Le plan \(\mathcal P\) passe par \(A(0;-2;1)\) et admet \((1;-2;4)\) pour normal. Déterminer une équation et contrôler le point. L’équation \(2x-4y+8z-16=0\) convient-elle aussi ? Indice : dans \(y-y_A\), le signe de \(y_A\) est lui-même négatif ; comparer ensuite tous les coefficients, constante comprise.
Correction expliquée 6.14 — Le point, le normal et la constante
Le normal est non nul. On écrit \[\begin{align*} 1(x-0)+(-2)(y-(-2))+4(z-1)&=0,\\ 1\times x+1\times0+(-2)\times y+(-2)\times2+4\times z+4\times(-1)&=0,\\ x-2y-4+4z-4&=0. \end{align*}\] Ainsi \(x-2y+4z-8=0\). Le contrôle en \(A\) donne \(0-2\times(-2)+4\times1-8=0+4+4-8=0\). Multiplier les deux membres par \(2\) donne \[\begin{aligned} 2(x-2y+4z-8)&=2\times0,\\ 2\times x+2\times(-2y)+2\times(4z)+2\times(-8)&=0, \end{aligned}\] soit \(2x-4y+8z-16=0\). Comme \(2\ne0\), on peut aussi diviser par \(2\) pour revenir à l’équation initiale : les ensembles de solutions sont identiques.
Appartenance et équations différentes
Proposition 6.15 — Multiplier toute l’équation par un nombre non nul
Les équations \(ax+by+cz+d=0\) et \(\lambda ax+\lambda by+\lambda cz+\lambda d=0\) décrivent le même plan si \(\lambda\ne0\).
Démonstration. Pour tout réel \(L\), \(L=0\) entraîne \(\lambda L=0\) ; réciproquement, \(\lambda L=0\) entraîne \(L=0\) après division par \(\lambda\ne0\). On applique cette équivalence à \(L=ax+by+cz+d\). La constante est multipliée elle aussi. Avec \(\lambda=0\), la seconde équation deviendrait \(0=0\) et décrirait tout l’espace : l’hypothèse est nécessaire.
Lemme 6.16 — Deux normaux d’un même plan sont colinéaires
Si \(\vec{n}\) et \(\vec{n}'\) sont deux normaux non nuls du même plan, il existe un réel \(\lambda\ne0\) tel que \(\vec{n}'=\lambda\vec{n}\).
Démonstration. Démonstration complète. Le nombre \(\left\lVert\vec{n}\right\rVert^2\) est strictement positif. Posons \(\lambda=(\vec{n}'\cdot\vec{n})/\left\lVert\vec{n}\right\rVert^2\) et \(\vec{w}=\vec{n}'-\lambda\vec{n}\). Alors \(\vec{w}\cdot\vec{n}=\vec{n}'\cdot\vec{n}-\lambda\left\lVert\vec{n}\right\rVert^2=0\). La caractérisation du plan montre que \(\vec{w}\) est une direction du plan, ou le vecteur nul : si \(A\) est dans le plan, le point \(M\) défini par \(\overrightarrow{AM}=\vec{w}\) appartient au plan. Les deux normaux sont donc orthogonaux à \(\vec{w}\). Ainsi \[\left\lVert\vec{w}\right\rVert^2=(\vec{n}'-\lambda\vec{n})\cdot\vec{w} =\underbrace{\vec{n}'\cdot\vec{w}}_{0}-\lambda\underbrace{\vec{n}\cdot\vec{w}}_{0}=0.\] Donc \(\vec{w}=\vec0\), d’où \(\vec{n}'=\lambda\vec{n}\). Enfin \(\lambda\ne0\), sinon \(\vec{n}'\) serait nul.
Caractérisation 6.17 — Reconnaître deux équations du même plan
Deux équations de plans \(ax+by+cz+d=0\) et \(a'x+b'y+c'z+d'=0\) décrivent le même plan si et seulement si leurs quatre coefficients sont proportionnels par un même facteur non nul : \((a';b';c';d')=\lambda(a;b;c;d)\), \(\lambda\ne0\).
Démonstration. Le sens suffisant est la proposition précédente. Pour le sens nécessaire, deux équations du même plan donnent deux normaux colinéaires par le lemme : \((a';b';c')=\lambda(a;b;c)\) avec \(\lambda\ne0\). Choisissons un point \(A\) du plan. Les deux appartenances donnent \(d=-ax_A-by_A-cz_A\) et \(d'=-a'x_A-b'y_A-c'z_A=\lambda(-ax_A-by_A-cz_A)=\lambda d\). Les quatre coefficients ont bien le même facteur.
Méthode 6.18 — Tester un point ou comparer des équations
Pour tester un point, remplacer les trois variables par ses coordonnées, calculer chaque produit, puis la somme. Le résultat doit être exactement zéro. Un résultat non nul suffit à exclure le point. Pour comparer deux équations, choisir un coefficient non nul de la première, déterminer le facteur possible, puis contrôler les trois autres coefficients, y compris \(d\). Ne pas former de quotient avec un coefficient nul. Si les normaux seuls sont proportionnels, les plans ont la même orientation ; le contrôle de la constante décide s’ils coïncident.
Exemple de référence 6.19 — Un point, puis une équation trompeuse
Soit \(\mathcal P:2x+3y-z+2=0\). Pour \(B(1;0;4)\), le calcul est \(2\times1+3\times0-4+2=2+0-4+2=0\) : \(B\in\mathcal P\). Pour \(C(1;1;4)\), on obtient \(2\times1+3\times1-4+2=2+3-4+2=3\ne0\) : \(C\notin\mathcal P\).
Les quatre coefficients multipliés par \(-3\) donnent \((-3)\times2=-6\), \((-3)\times3=-9\), \((-3)\times(-1)=3\) et \((-3)\times2=-6\). L’équation \(-6x-9y+3z-6=0\) décrit donc \(\mathcal P\). Pour \(-6x-9y+3z+6=0\), les trois premiers coefficients ont encore le facteur \(-3\), mais \((-3)\times2=-6\ne6\). Les plans sont distincts. On peut contrôler avec \(A(2;-1;3)\in\mathcal P\) : \(-6\times2-9\times(-1)+3\times3+6=-12+9+9+6=12\ne0\). Le même normal à un facteur près n’impose pas la même position.
À toi 6.20 — À toi : deux contrôles complémentaires
Pour \(\mathcal P:x-2y+3z-4=0\), tester \(A(1;0;1)\) et \(B(1;1;1)\). Comparer avec \(\mathcal Q:-2x+4y-6z+8=0\). Commencer par les substitutions, puis chercher le facteur commun aux quatre coefficients.
Correction expliquée 6.21 — Zéro pour l’un, pas pour l’autre
En \(A\), \(1-2\times0+3\times1-4=1-0+3-4=0\), donc \(A\in\mathcal P\). En \(B\), \(1-2\times1+3\times1-4=1-2+3-4=-2\ne0\), donc \(B\notin\mathcal P\). Les coefficients de \(\mathcal Q\) sont \((-2)\times1=-2\), \((-2)\times(-2)=4\), \((-2)\times3=-6\), \((-2)\times(-4)=8\). Le facteur \(-2\) est non nul : \(\mathcal P=\mathcal Q\). Un point ne change pas d’appartenance lorsqu’on change seulement l’écriture de l’équation.
À toi 6.22 — Une coordonnée dépend d’un nombre à déterminer
Pour quelle valeur de \(t\) le point \(M(t;2;t-1)\) appartient-il à \(\mathcal P:2x+y-z-5=0\) ? Vérifier les coordonnées obtenues dans l’équation initiale. Indice : remplacer aussi \(z\) par toute l’expression \(t-1\), entre parenthèses.
Correction expliquée 6.23 — Une condition d’appartenance devient une équation
L’appartenance équivaut à \[2t+2-(t-1)-5=0, \quad 2t+2+(-1)\times t+(-1)\times(-1)-5=0,\] soit \(2t+2-t+1-5=0\), puis \((2-1)t+(2+1-5)=0\), donc \(t-2=0\). On ajoute \(2\) aux deux membres : \(t-2+2=0+2\), d’où \(t=2\). Le point est \(M(2;2;2-1)=M(2;2;1)\). Le contrôle donne \(2\times2+2-1-5=4+2-1-5=0\). Les opérations étaient équivalentes, donc cette valeur de \(t\) est la seule possible.
Question que tu peux te poser 6.24 — À expliquer avec tes propres mots
1. Pourquoi un point et le vecteur nul ne donnent-ils pas une équation de plan par la méthode du normal ? 2. Pourquoi vérifier les quatre coefficients est-il nécessaire pour reconnaître deux équations du même plan ? Réponse possible. Avec le vecteur nul, \(\overrightarrow{AM}\cdot\vec0=0\) pour tous les points : aucune direction n’est exclue et on obtient l’espace entier. Un normal doit être non nul. Pour la seconde question, les trois premiers coefficients règlent l’orientation ; la constante règle la position. La multiplication d’une équation doit porter sur toute l’égalité, donc aussi sur cette constante. Par exemple \(z=1\) et \(z=2\) ont le même normal \((0;0;1)\), mais aucun point ne peut avoir simultanément les deux cotes. Critères : nommer la condition de non-nullité ; expliquer l’ensemble obtenu si elle manque ; distinguer coefficients variables et constante ; donner un argument d’équivalence ou un contre-exemple calculé.
À toi 6.25 — Quand une hypothèse disparaît
Classer les ensembles définis par \(z=4\), \(0x+0y+0z=4\) et \(2(x+1)-2x=2\). Une équation écrite avec \(x,y,z\) décrit-elle forcément un plan ? Indice : simplifier avant de lire les coefficients.
Correction expliquée 6.26 — Simplifier change la nature de l’ensemble
\(z=4\) s’écrit \(0x+0y+z-4=0\) : le normal \((0;0;1)\) est non nul, donc c’est un plan. La deuxième égalité est \(0=4\), toujours fausse : ensemble vide. Enfin, \(2(x+1)-2x=2\times x+2\times1-2x=2x+2-2x=2\). L’égalité à \(2\) est donc vraie pour tous les points : espace entier. Les termes en \(x\) se sont annulés. Il faut contrôler l’expression simplifiée, pas l’apparence de départ.
Méthode 6.27 — Reprendre après une erreur de signe ou de condition
Erreur possible : remplacer \(y-(-2)\) par \(y-2\), ou oublier la constante en multipliant une équation. Revenir à la soustraction : retrancher un négatif revient à ajouter son opposé, donc \(y-(-2)=y+2\). Exemple plus simple corrigé : le plan normal à \((0;1;0)\) passant par \((0;-2;0)\) vérifie \(0x+1(y-(-2))+0z=0\), donc \(y+2=0\), soit \(y=-2\). Le point de départ satisfait \(-2+2=0\). L’équation \(3y+6=0\) est équivalente, car \(3(y+2)=3\times y+3\times2=3y+6\) et \(3\ne0\). Nouvel essai : décrire le plan normal à \((0;0;1)\) passant par \((1;1;-3)\) ; écrire ensuite une équation équivalente avec coefficient de \(z\) égal à \(-2\). Correction : \(z-(-3)=0\), donc \(z+3=0\). Multiplication des deux membres par \(-2\) : \((-2)(z+3)=(-2)\times0\), puis \((-2)\times z+(-2)\times3=0\), soit \(-2z-6=0\). Contrôle au point : \(-2\times(-3)-6=6-6=0\). Revenir maintenant à
l'essai du plan passant par $(0;-2;1)$et à
la comparaison des quatre coefficients, dont les données et corrections restent dans cette unité.
À toi 6.28 — À reprendre à une autre séance, avant relecture
1. Déterminer une équation du plan passant par \(B(1;1;-1)\) et normal à \((0;2;-3)\). 2. Le point \(C(8;1;-1)\) y appartient-il ? 3. Les équations \(6y-9z-15=0\) et \(6y-9z+15=0\) décrivent-elles ce même plan ? Aide si nécessaire : former \(2(y-1)-3(z-(-1))\) ; tester toutes les constantes.
Correction expliquée 6.29 — Correction de la reprise différée
Le normal est non nul. L’équation est \(2(y-1)-3(z+1)=0\). On distribue avant de réduire : \(2\times y+2\times(-1)+(-3)\times z+(-3)\times1=0\), puis \(2y-2-3z-3=0\), donc \(2y-3z-5=0\). En \(B\) comme en \(C\), la partie utile vaut \(2\times1-3\times(-1)-5=2+3-5=0\) ; l’abscisse ne joue aucun rôle car son coefficient est nul. Les deux points appartiennent au plan. Multiplier les deux membres par \(3\ne0\) donne \(3(2y-3z-5)=3\times0\), puis \(3\times(2y)+3\times(-3z)+3\times(-5)=0\), soit \(6y-9z-15=0\). La première convient donc. La seconde ne convient pas : son terme constant devrait être \(3\times(-5)=-15\). Contrôle en \(B\) : \(6\times1-9\times(-1)+15=6+9+15=30\ne0\).
Synthèse 6.30 — À retenir et à savoir refaire
Un plan possède une équation \(ax+by+cz+d=0\) avec \((a;b;c)\ne\vec0\) ; dans le repère orthonormé, \((a;b;c)\) est un normal. Pour un point \(A\) et un normal, écrire \(\overrightarrow{AM}\cdot\vec{n}=0\). Pour un point à tester, substituer ses trois coordonnées et calculer. Deux équations du même plan ont leurs quatre coefficients multipliés par un même réel non nul. Les coefficients nuls, les signes de coordonnées négatives et la constante doivent être contrôlés explicitement.
7. Construire l’équation d’un plan
Objectif. Utiliser des points et un normal proposé, comprendre les conditions d’unicité, puis déterminer le plan des points équidistants de deux points.
Les outils nécessaires, disponibles ici
Le repère est orthonormé. Si \(A(x_A;y_A;z_A)\) et \(B(x_B;y_B;z_B)\), alors \(\overrightarrow{AB}=(x_B-x_A;y_B-y_A;z_B-z_A)\) et \(AB^2=(x_B-x_A)^2+(y_B-y_A)^2+(z_B-z_A)^2\). Le produit scalaire de \((a;b;c)\) et \((p;q;r)\) vaut \(ap+bq+cr\).
Rappel 7.1 — Plan, directions et normal
Trois points \(A,B,C\) définissent un unique plan s’ils sont non alignés, ce qui équivaut à la non-colinéarité de \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\). Un plan est aussi défini par un point et deux directions non colinéaires. Pour vérifier qu’un vecteur proposé \(\vec{n}\ne\vec0\) est normal à ce plan, on vérifie \(\vec{n}\cdot\overrightarrow{AB}=0\) et \(\vec{n}\cdot\overrightarrow{AC}=0\). En effet, toute direction du plan est \(s\overrightarrow{AB}+t\overrightarrow{AC}\), et son produit scalaire avec \(\vec{n}\) vaut \(s\times0+t\times0=0\). Le résultat sur les équations de plans, démontré dans l’unité consacrée à leur sens, est rappelé avec toutes ses conditions : si \(A\) appartient au plan et si \((a;b;c)\ne\vec0\) est normal, alors \[a(x-x_A)+b(y-y_A)+c(z-z_A)=0\] est une équation de ce plan. Réciproquement, \(ax+by+cz+d=0\) décrit un plan dès que \((a;b;c)\ne\vec0\), et ce triplet en est un normal.
À toi 7.2 — Vérifier les conditions avant de calculer
1. Les vecteurs \((2;0;1)\) et \((0;3;1)\) sont-ils colinéaires ? 2. Le vecteur \((3;2;-6)\) leur est-il orthogonal à tous les deux ? 3. Quel est le milieu de \(A(-2;1;0)\) et \(B(2;3;4)\) ?
Correction expliquée 7.3 — Correction et orientation
1. Si \((0;3;1)=k(2;0;1)\), la deuxième coordonnée imposerait \(3=k\times0=0\), impossible. Ils ne sont pas colinéaires. 2. Les produits scalaires valent \(3\times2+2\times0+(-6)\times1=6+0-6=0\) et \(3\times0+2\times3+(-6)\times1=0+6-6=0\). 3. On moyenne les coordonnées correspondantes : \(I((-2+2)/2;(1+3)/2;(0+4)/2)=I(0/2;4/2;4/2)=I(0;2;2)\). Si le premier point bloque, repartir de l’égalité des trois coordonnées ; si le deuxième bloque, reprendre la formule du produit scalaire du rappel ; si le troisième bloque, relire le rappel du milieu dans la partie sur le plan médiateur ci-dessous.
Trois points et un normal proposé : le parcours principal
Méthode 7.4 — Construire le plan à partir de trois points
Indices de choix : on connaît \(A,B,C\) et on propose un normal \(\vec{n}\), ou un calcul antérieur en a fourni un. Premier geste : calculer deux vecteurs ayant la même origine, par exemple \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\).
Vérifier qu’ils ne sont pas colinéaires : cela garantit que les trois points déterminent un plan unique.
Vérifier que le vecteur proposé est non nul, puis calculer ses deux produits scalaires avec ces directions. Les deux doivent être nuls.
Utiliser un des points et ce normal pour écrire l’équation.
Contrôler les trois points dans l’équation finale. Ce contrôle retrouve aussi une erreur de constante ou de signe.
Si un point et deux directions sont donnés directement, les mêmes étapes s’appliquent sans calculer de différences de points. Une seule direction ou deux directions colinéaires ne suffisent pas à déterminer un plan unique.
Exemple de référence 7.5 — Construire et contrôler le plan entier
Soient \(A(1;1;0)\), \(B(3;1;1)\) et \(C(1;4;1)\). On propose \(\vec{n}=(3;2;-6)\). \[\overrightarrow{AB}=(3-1;1-1;1-0)=(2;0;1),\qquad \overrightarrow{AC}=(1-1;4-1;1-0)=(0;3;1).\] Ils ne sont pas colinéaires : la deuxième coordonnée d’un multiple de \(\overrightarrow{AB}\) vaut zéro, alors que celle de \(\overrightarrow{AC}\) vaut \(3\). Les points déterminent donc un plan. Le vecteur \(\vec{n}\) est non nul et \[\vec{n}\cdot\overrightarrow{AB}=3\times2+2\times0+(-6)\times1=6+0-6=0,\] \[\vec{n}\cdot\overrightarrow{AC}=3\times0+2\times3+(-6)\times1=0+6-6=0.\] C’est bien un normal. Avec le point \(A\), une équation est \[\begin{align*} 3(x-1)+2(y-1)-6(z-0)&=0,\\ 3\times x+3\times(-1)+2\times y+2\times(-1)+(-6)\times z+(-6)\times0&=0,\\ 3x-3+2y-2-6z&=0, \end{align*}\] soit \(3x+2y-6z-5=0\). Les contrôles donnent, en \(A\), \(3+2-0-5=0\) ; en \(B\), \(3\times3+2\times1-6\times1-5=9+2-6-5=0\) ; en \(C\), \(3\times1+2\times4-6\times1-5=3+8-6-5=0\). La vérification des trois points ne remplace pas la non-colinéarité : elle confirme la construction d’un plan déjà justifiée.
À toi 7.6 — À toi, avec les étapes indiquées
\(A(0;1;2)\), \(B(1;2;2)\) et \(C(0;2;3)\) sont donnés, ainsi que \(\vec{n}=(1;-1;1)\). Calculer \(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC}\), justifier le non-alignement, vérifier le normal, puis déterminer une équation. Contrôler les trois points.
Correction expliquée 7.7 — Ne sauter aucune condition
\(\overrightarrow{AB}=(1-0;2-1;2-2)=(1;1;0)\) et \(\overrightarrow{AC}=(0-0;2-1;3-2)=(0;1;1)\). Un multiple du premier a sa troisième coordonnée nulle, donc ne peut être le second. Les points sont non alignés. Le normal proposé est non nul ; ses produits scalaires sont \(1\times1+(-1)\times1+1\times0=1-1+0=0\) et \(1\times0+(-1)\times1+1\times1=0-1+1=0\). Avec \(A\) : \[1(x-0)-1(y-1)+1(z-2)=0,\] \[1\times x+1\times0+(-1)\times y+(-1)\times(-1)+1\times z+1\times(-2)=0, \quad x+0-y+1+z-2=0,\] donc \(x-y+z-1=0\). Les produits distribués sont \(1x\), \(1\times0\), \((-1)y\), \((-1)\times(-1)\), \(1z\), \(1\times(-2)\). Contrôles : en \(A\), \(0-1+2-1=0\) ; en \(B\), \(1-2+2-1=0\) ; en \(C\), \(0-2+3-1=0\).
À toi 7.8 — À tenter avant de lire la correction
On donne \(A(-1;0;1)\), \(B(1;1;1)\), \(C(-1;1;2)\) et \(\vec{n}=(1;-2;2)\). Ces données permettent-elles de construire un plan unique ? Si oui, donner son équation. Indice : un candidat normal n’est une preuve qu’après deux produits scalaires ; vérifier aussi les directions.
Correction expliquée 7.9 — Unicité puis calcul
\(\overrightarrow{AB}=(1-(-1);1-0;1-1)=(2;1;0)\) et \(\overrightarrow{AC}=(-1-(-1);1-0;2-1)=(0;1;1)\). Leurs troisièmes coordonnées excluent que le second soit multiple du premier. Il existe un plan unique. Le vecteur \((1;-2;2)\) est non nul, et \(1\times2+(-2)\times1+2\times0=2-2+0=0\), \(1\times0+(-2)\times1+2\times1=0-2+2=0\). Il est donc normal. On obtient \[(x+1)-2y+2(z-1)=0, \quad x+1+(-2)y+2z+2\times(-1)=0,\] soit \(x-2y+2z-1=0\). Les contrôles valent \(-1-0+2-1=0\) en \(A\), \(1-2+2-1=0\) en \(B\), et \(-1-2+4-1=0\) en \(C\).
Question que tu peux te poser 7.10 — Pourquoi deux directions indépendantes ?
Expliquer pourquoi un vecteur orthogonal à \(\overrightarrow{AB}\) seulement n’est pas forcément normal à \((ABC)\). Expliquer ensuite pourquoi l’hypothèse « non alignés » reste nécessaire même si deux produits scalaires sont nuls. Réponse possible : un plan comporte plusieurs directions. Dans le plan \(z=0\), le vecteur \((0;1;0)\) est orthogonal à la direction \((1;0;0)\), car \(0\times1+1\times0+0\times0=0\), mais il n’est pas orthogonal à lui-même : son carré de norme vaut \(1\). Il n’est donc pas normal au plan. Si \(A,B,C\) sont alignés, \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\) n’apportent qu’une seule direction ; deux produits nuls ne constituent pas deux contraintes indépendantes. Critères : citer les deux directions non colinéaires, rappeler la non-nullité du normal, et distinguer vérification d’un plan donné et unicité du plan défini par les points.
À toi 7.11 — Une conclusion à réparer
Avec \(A(0;0;0)\), \(B(1;2;3)\) et \(C(2;4;6)\), quelqu’un propose \((2;-1;0)\) comme normal et annonce « le plan \((ABC)\) a pour équation \(2x-y=0\) ». Quelle partie du raisonnement est incorrecte ? Trouver deux plans distincts contenant les trois points. Indice : comparer \(\overrightarrow{AC}\) à \(\overrightarrow{AB}\) avant de nommer le plan.
Correction expliquée 7.12 — Appartenance ne signifie pas unicité
\(\overrightarrow{AC}=(2;4;6)=2(1;2;3)=2\overrightarrow{AB}\) : les points sont alignés. Le plan \(2x-y=0\) les contient effectivement : les résultats sont \(0\), \(2\times1-2=0\) et \(2\times2-4=0\). Le plan \(3x-z=0\) les contient aussi : \(0\), \(3\times1-3=0\), \(3\times2-6=0\). Ces plans sont distincts : \((0;0;1)\) vérifie \(2x-y=0\), mais \(3x-z=-1\ne0\). Les points ne définissent donc pas un plan unique. Le premier plan est un plan les contenant ; la notation \((ABC)\) n’est pas justifiée ici.
Méthode 7.13 — Reprise ciblée : un seul produit ne suffit pas
Première erreur à repérer : accepter un normal après un seul produit scalaire. Le rappel utile est que deux directions non colinéaires engendrent toutes les directions du plan. Exemple simple corrigé : pour les directions \((1;0;0)\) et \((0;1;0)\), le vecteur \((0;1;0)\) donne d’abord \(0\), puis \(1\) : il échoue. Le vecteur \((0;0;1)\) donne \(0\) et \(0\), et il est non nul : il convient. Nouvel essai : pour \(\vec{u}=(1;0;1)\) et \(\vec{v}=(0;1;0)\), le vecteur \((1;0;-1)\) convient-il ? Correction : les directions ne sont pas colinéaires, car la deuxième coordonnée de \(\vec{v}\) vaut \(1\) alors que tout multiple de \(\vec{u}\) a cette coordonnée nulle. Les produits sont \(1\times1+0\times0+(-1)\times1=0\) et \(1\times0+0\times1+(-1)\times0=0\). Le vecteur proposé est non nul, donc normal au plan de ces directions. Revenir ensuite à
l'essai sur les trois pointsen écrivant les deux produits séparément.
Chercher soi-même un normal : approfondissement facultatif
Cette recherche est un approfondissement possible. Le parcours principal permet de vérifier et d’utiliser un normal proposé. Aucun produit vectoriel, déterminant ou matrice n’est nécessaire ici.
Méthode 7.14 — Transformer l’orthogonalité en deux équations
Pour deux directions non colinéaires \(\vec{u},\vec{v}\), poser \(\vec{n}=(a;b;c)\). Écrire \(\vec{n}\cdot\vec{u}=0\) et \(\vec{n}\cdot\vec{v}=0\), puis résoudre ces deux équations simples en gardant une coordonnée libre. Choisir ensuite une valeur qui donne un vecteur non nul et contrôler les deux produits. On ne fixe pas arbitrairement une coordonnée à \(1\) avant de vérifier que les équations le permettent.
Exemple de référence 7.15 — Fabriquer un candidat, puis le contrôler
Pour \(\vec{u}=(1;2;0)\) et \(\vec{v}=(0;1;3)\), les produits scalaires donnent \(a+2b=0\) et \(b+3c=0\). On soustrait \(3c\) aux deux membres de la seconde égalité : \(b+3c-3c=0-3c\), donc \(b=-3c\). La première devient \(a+2(-3c)=0\), soit \(a-6c=0\). Ajouter \(6c\) aux deux membres donne \(a=6c\). Les solutions sont donc \((a;b;c)=(6c;-3c;c)\). On choisit \(c=1\), ce qui donne \(\vec{n}=(6;-3;1)\ne\vec0\). Contrôles : \(6\times1+(-3)\times2+1\times0=6-6+0=0\) et \(6\times0+(-3)\times1+1\times3=0-3+3=0\). Laisser une coordonnée libre ne signifie pas qu’on a oublié une équation : les normaux non nuls peuvent être multipliés par tout réel non nul.
À toi 7.16 — Deux essais facultatifs
Essai guidé : pour \((1;0;1)\) et \((0;1;1)\), écrire les équations sur \((a;b;c)\), exprimer \(a,b\) en fonction de \(c\), puis prendre \(c=1\). Tentative avant correction : trouver un normal non nul aux directions \((2;0;1)\) et \((0;1;-1)\). Indice : les équations sont \(2a+c=0\) et \(b-c=0\).
Correction expliquée 7.17 — Deux systèmes simples, deux contrôles
Pour l’essai guidé, \(a+c=0\) donne \(a=-c\) après soustraction de \(c\) aux deux membres ; \(b+c=0\) donne \(b=-c\). Prendre \(c=1\) fournit \((-1;-1;1)\). Contrôles : \(-1+0+1=0\) et \(0-1+1=0\). Pour la tentative, soustraire \(2a\) aux deux membres de \(2a+c=0\) donne \(c=-2a\) ; ajouter \(c\) aux deux membres de \(b-c=0\) donne \(b=c=-2a\). Choisir \(a=1\) fournit \((1;-2;-2)\), non nul. Les produits sont \(1\times2+(-2)\times0+(-2)\times1=2+0-2=0\) et \(1\times0+(-2)\times1+(-2)\times(-1)=0-2+2=0\).
Question que tu peux te poser 7.18 — Variation, explication et réparation
Pourquoi le choix initial \(a=1\) échoue-t-il pour les directions \((1;0;0)\) et \((0;1;0)\) ? Réponse : les conditions sont \(a=0\) et \(b=0\). Imposer \(a=1\) les contredit. Il faut choisir la coordonnée libre \(c\ne0\), par exemple \(c=1\), d’où \((0;0;1)\). La non-nullité porte sur le vecteur final, pas sur chacune de ses coordonnées. Reprise si cette erreur survient : reprendre ce cas simple, puis refaire les deux essais précédents en écrivant d’abord les contraintes. Pour expliquer la méthode, indiquer pourquoi deux produits nuls et la non-colinéarité suffisent, puis pourquoi le vecteur nul doit être exclu. À reprendre plus tard : chercher un normal aux directions \((1;1;0)\) et \((0;1;2)\). Aide : \(a+b=0\), \(b+2c=0\). Correction : \(b=-2c\) puis \(a=2c\) ; \(c=1\) donne \((2;-2;1)\). Les produits valent \(2-2+0=0\) et \(0-2+2=0\).
Le plan médiateur de deux points
Définition 7.19 — Plan médiateur et équidistance
Pour deux points distincts \(A\) et \(B\), le plan médiateur du segment \([AB]\) est le plan passant par son milieu \(I\) et normal à \(\overrightarrow{AB}\). Le vecteur \(\overrightarrow{AB}\) est non nul puisque \(A\ne B\). Être équidistant de \(A\) et de \(B\) signifie \(MA=MB\) ; il s’agit d’une égalité de longueurs positives ou nulles, pas d’une égalité de vecteurs.
Rappel 7.20 — Calculer le milieu et développer une norme
Le milieu a pour coordonnées \(I((x_A+x_B)/2;(y_A+y_B)/2;(z_A+z_B)/2)\). Il vérifie \(\overrightarrow{AI}=\tfrac12\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{BI}=-\tfrac12\overrightarrow{AB}\). La bilinéarité et la symétrie du produit scalaire donnent \[\left\lVert\vec{p}+\vec{q}\right\rVert^2 =(\vec{p}+\vec{q})\cdot(\vec{p}+\vec{q}) =\vec{p}\cdot\vec{p}+\vec{p}\cdot\vec{q}+\vec{q}\cdot\vec{p}+\vec{q}\cdot\vec{q} =\left\lVert\vec{p}\right\rVert^2+2\vec{p}\cdot\vec{q}+\left\lVert\vec{q}\right\rVert^2.\] Les deux termes croisés ont été écrits avant d’être regroupés.
Théorème 7.21 — Le lieu des points équidistants
Si \(A\ne B\), l’ensemble des points \(M\) tels que \(MA=MB\) est exactement le plan médiateur de \([AB]\).
Démonstration. Démonstration complète. Posons \(\vec{p}=\overrightarrow{IM}\) et \(\vec{q}=\tfrac12\overrightarrow{AB}\). Par Chasles, \(\overrightarrow{AM}=\overrightarrow{AI}+\overrightarrow{IM}=\vec{q}+\vec{p}\) et \(\overrightarrow{BM}=\overrightarrow{BI}+\overrightarrow{IM}=-\vec{q}+\vec{p}\). En distribuant les deux produits scalaires, on obtient \[MA^2=\left\lVert\vec{p}\right\rVert^2+\vec{p}\cdot\vec{q}+\vec{q}\cdot\vec{p}+\left\lVert\vec{q}\right\rVert^2,\] \[MB^2=\left\lVert\vec{p}\right\rVert^2-\vec{p}\cdot\vec{q}-\vec{q}\cdot\vec{p}+\left\lVert\vec{q}\right\rVert^2.\] La soustraction annule les deux carrés de normes et donne \(MA^2-MB^2=4\vec{p}\cdot\vec{q}=4\vec{p}\cdot(\tfrac12\overrightarrow{AB})=2\overrightarrow{IM}\cdot\overrightarrow{AB}\). Comme \(MA,MB\ge0\), \(MA=MB\) équivaut à \(MA^2=MB^2\). Cette égalité équivaut à \(2\overrightarrow{IM}\cdot\overrightarrow{AB}=0\), puis, après division par \(2\ne0\), à \(\overrightarrow{IM}\cdot\overrightarrow{AB}=0\). Comme \(\overrightarrow{AB}\ne\vec0\), cette dernière égalité caractérise exactement le plan passant par \(I\) et normal à \(\overrightarrow{AB}\). Les équivalences prouvent les deux sens.
Lecture. Ici \(A(-1;0;0)\), \(B(3;0;0)\) et \(I(1;0;0)\) sont alignés. Le plan \(x=1\) passe par leur milieu et est perpendiculaire à la direction de \(AB\). Chaque point de ce plan est équidistant de \(A\) et de \(B\). La vue en perspective est une projection en deux dimensions.
Méthode 7.22 — Reconnaître puis calculer le plan médiateur
Indice : la question demande les points à même distance de deux points fixes, ou une équation du plan médiateur. Premier geste : vérifier que les deux points sont distincts. Calculer ensuite leur milieu \(I\), puis \(\overrightarrow{AB}\), utilisé comme normal. Écrire l’équation avec \(I\) et ce normal. On peut simplifier les coordonnées du normal en divisant toutes ses coordonnées par un même nombre non nul ; l’équation obtenue doit toujours passer par \(I\). Contrôler l’équation avec \(I\), puis, pour un autre point choisi dans le plan, comparer réellement les deux distances au carré. Une autre voie consiste à développer \(MA^2=MB^2\) ; les termes \(x^2,y^2,z^2\) s’annulent, laissant une équation affine.
Exemple de référence 7.23 — Un milieu, un normal, une équation
Soient \(A(-2;1;0)\) et \(B(2;3;4)\), distincts. \[I=\left(\frac{-2+2}{2};\frac{1+3}{2};\frac{0+4}{2}\right)=(0;2;2), \qquad \overrightarrow{AB}=(2-(-2);3-1;4-0)=(4;2;4).\] Le vecteur \((2;1;2)\) est un normal non nul, car \(\overrightarrow{AB}=2(2;1;2)\). L’équation devient \[2(x-0)+(y-2)+2(z-2)=0, \quad 2x+2\times0+y-2+2z+2\times(-2)=0,\] donc \(2x+y+2z-6=0\). Le milieu vérifie \(2\times0+2+2\times2-6=0+2+4-6=0\). Le point \(M(1;0;2)\) appartient aussi au plan, car \(2+0+4-6=0\). Contrôle d’équidistance : \[MA^2=(1-(-2))^2+(0-1)^2+(2-0)^2=3^2+(-1)^2+2^2=9+1+4=14,\] \[MB^2=(1-2)^2+(0-3)^2+(2-4)^2=(-1)^2+(-3)^2+(-2)^2=1+9+4=14.\] Les distances sont donc toutes deux \(\sqrt{14}\).
À toi 7.24 — À toi : une équidistance dans l’espace
Déterminer le plan médiateur de \(A(0;0;0)\) et \(B(2;0;2)\). Calculer d’abord le milieu et un normal. Vérifier ensuite que \(M(0;7;2)\) est équidistant des deux points.
Correction expliquée 7.25 — Calcul géométrique et contrôle des distances
\(A\ne B\). Le milieu est \(I((0+2)/2;(0+0)/2;(0+2)/2)=I(1;0;1)\) et \(\overrightarrow{AB}=(2-0;0-0;2-0)=(2;0;2)=2(1;0;1)\). L’équation \((x-1)+(z-1)=0\) donne \(x+z-2=0\). En \(I\), \(1+1-2=0\) ; en \(M\), \(0+2-2=0\). Les distances vérifient \(MA^2=0^2+7^2+2^2=0+49+4=53\) et \(MB^2=(0-2)^2+(7-0)^2+(2-2)^2=4+49+0=53\).
Variante par développement de l’équidistance. Pour un point variable \((x;y;z)\), \[x^2+y^2+z^2=(x-2)^2+y^2+(z-2)^2.\] On développe chaque carré avec ses quatre produits : \[(x-2)^2=x\times x+x\times(-2)+(-2)\times x+(-2)\times(-2)=x^2-2x-2x+4,\] \[(z-2)^2=z\times z+z\times(-2)+(-2)\times z+(-2)\times(-2)=z^2-2z-2z+4.\] Soustraire \(x^2+y^2+z^2\) aux deux membres donne \(0=-4x-4z+8\). Diviser par \(-4\ne0\) donne \(0=x+z-2\). C’est la même équation. Cette voie explique algébriquement pourquoi un lieu défini par des distances devient un plan.
À toi 7.26 — À tenter avec moins d’aide
Déterminer l’ensemble des points équidistants de \(A(-1;2;1)\) et \(B(3;0;-1)\), puis décider si \(M(0;0;-1)\) appartient à cet ensemble. Contrôler par les distances. Indice : l’ensemble recherché possède un point connu, le milieu, et une direction normale connue.
Correction expliquée 7.27 — Une équation et un double contrôle
Les points sont distincts ; le théorème identifie l’ensemble comme leur plan médiateur. Le milieu est \(I((-1+3)/2;(2+0)/2;(1+(-1))/2)=I(1;1;0)\). \(\overrightarrow{AB}=(3-(-1);0-2;-1-1)=(4;-2;-2)=2(2;-1;-1)\). Une équation est \[2(x-1)-(y-1)-(z-0)=0, \quad 2x+2\times(-1)-y+(-1)\times(-1)-z=0,\] soit \(2x-y-z-1=0\). En \(M\), \(2\times0-0-(-1)-1=0-0+1-1=0\) : il appartient au plan. Contrôle : \(MA^2=(0-(-1))^2+(0-2)^2+(-1-1)^2=1+4+4=9\), tandis que \(MB^2=(0-3)^2+(0-0)^2+(-1-(-1))^2=9+0+0=9\). Les deux distances valent \(3\).
Question que tu peux te poser 7.28 — Ce qui caractérise le lieu recherché
Pourquoi le plan médiateur passe-t-il par le milieu, et pourquoi ne suffit-il pas de prendre n’importe quel plan passant par ce milieu ? Que devient l’ensemble \(MA=MB\) lorsque \(A=B\) ? Réponse possible : le milieu est équidistant des extrémités, donc il appartient au lieu. Mais l’équidistance de tous les points du plan exige aussi que le plan soit normal à \(\overrightarrow{AB}\) ; le théorème traduit cette exigence par \(\overrightarrow{IM}\cdot\overrightarrow{AB}=0\). Si \(A=B\), l’égalité \(MA=MB\) est vraie pour tous les points : l’ensemble est l’espace entier, et \(\overrightarrow{AB}=\vec0\) ne peut servir de normal. Critères : citer à la fois milieu, direction normale et distinction des points ; expliquer l’égalité des carrés par la positivité des distances ; traiter le cas limite sans employer la formule avec un normal nul.
Méthode 7.29 — Reprise après confusion entre direction et normal
Erreur possible : choisir un plan contenant la droite \((AB)\) au lieu de lui être perpendiculaire. Rappel et exemple simple : pour \(A(-1;0;0)\) et \(B(3;0;0)\), le milieu est \((1;0;0)\) et un normal est \((1;0;0)\). Le plan médiateur est \(x=1\). Le plan \(z=0\) contient aussi le milieu, mais contient \(A\) : or \(AA=0\) et \(AB=4\). Ses points ne sont donc pas tous équidistants de \(A\) et de \(B\). Nouvel essai : trouver le plan médiateur de \((0;0;0)\) et \((0;4;0)\). Correction : le milieu est \((0;2;0)\) et un normal est \((0;1;0)\) ; l’équation est \(y-2=0\). Le point \((3;2;0)\) vérifie cette équation ; les deux distances au carré valent \(3^2+2^2=13\). Revenir à l’essai précédent en entourant le vecteur utilisé comme normal, et non comme direction du plan.
À toi 7.30 — Reprise à une séance suivante, avant de relire
1. Les points \(A(0;0;1)\), \(B(1;0;2)\) et \(C(0;2;1)\) sont donnés avec le candidat normal \((1;0;-1)\). Déterminer leur plan en vérifiant toutes les conditions. 2. Déterminer l’ensemble des points équidistants de \(D(0;0;2)\) et \(E(0;0;6)\). Aides : première question, deux directions et deux produits ; seconde question, milieu et normal.
Correction expliquée 7.31 — Les deux constructions à retrouver
1. \(\overrightarrow{AB}=(1-0;0-0;2-1)=(1;0;1)\) et \(\overrightarrow{AC}=(0-0;2-0;1-1)=(0;2;0)\) ne sont pas colinéaires, car la deuxième coordonnée du second est non nulle. Le normal proposé est non nul et ses produits scalaires valent \(1\times1+0\times0+(-1)\times1=0\) et \(1\times0+0\times2+(-1)\times0=0\). L’équation est \(x-(z-1)=0\), soit \(x+(-1)\times z+(-1)\times(-1)=0\), donc \(x-z+1=0\). Contrôles : \(0-1+1=0\), \(1-2+1=0\), \(0-1+1=0\). 2. \(D\ne E\) ; le milieu est \((0;0;(2+6)/2)=(0;0;4)\), et \(\overrightarrow{DE}=(0-0;0-0;6-2)=(0;0;4)\) a la direction du normal \((0;0;1)\). Le plan médiateur est \(z-4=0\). Pour tout point \((x;y;4)\), les distances au carré sont \(x^2+y^2+(4-2)^2=x^2+y^2+4\) et \(x^2+y^2+(4-6)^2=x^2+y^2+4\) : le contrôle est valable pour tout le plan.
Synthèse 7.32 — Les conditions guident le calcul
Avec trois points : non-alignement, normal non nul, deux produits scalaires nuls, équation, contrôles. Avec un point et deux directions : non-colinéarité, normal vérifié, même méthode. Avec une équidistance à deux points distincts : milieu comme point du plan et vecteur entre les deux points comme normal. La recherche d’un normal par système constitue l’approfondissement facultatif ; sa vérification reste un geste central.
8. Droite et plan ; relations entre plans
Objectif. Traduire une position géométrique en équation, distinguer toutes les branches et choisir le bon test d’orthogonalité.
Les rappels nécessaires sont ici
Rappel 8.1 — Points, directeurs, normaux et équations
Dans cette unité, le repère est orthonormé. Une droite \(d\) s’écrit \(M=A+t\vec{u}\), \(t\in\mathbb{R}\), avec un directeur \(\vec{u}\ne\vec0\). Si \(A(x_A\,;y_A\,;z_A)\) et \(\vec{u}(u_1\,;u_2\,;u_3)\), ses points ont pour coordonnées \((x_A+t u_1\,;y_A+t u_2\,;z_A+t u_3)\). Un plan \(P\) a une équation \(ax+by+cz+d_0=0\), avec \((a,b,c)\ne(0,0,0)\). Le vecteur \(\vec{n}=(a\,;b\,;c)\) est un normal, donc perpendiculaire à toutes les directions du plan. Ce n’est pas un vecteur directeur du plan. Un point appartient au plan si et seulement si ses coordonnées vérifient l’équation. Le produit scalaire de deux vecteurs \(\vec{u},\vec{v}\) vaut \(u_1v_1+u_2v_2+u_3v_3\) dans ce repère. Il est symétrique et distributif. On a \(\vec{u}\cdot\vec{u}=u_1^2+u_2^2+u_3^2=\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2\), strictement positif si \(\vec{u}\ne\vec0\). Ces résultats du cours sur les vecteurs et les plans sont rappelés pour permettre tous les calculs locaux.
Convention 8.2 — Parallèle, strictement parallèle, inclus
Une droite est dite parallèle à un plan lorsque sa direction est une direction de ce plan. Elle peut alors être incluse dans le plan ou n’avoir aucun point commun avec lui. Dans ce dernier cas, on dit strictement parallèle. Deux plans sont dits parallèles lorsqu’ils ont la même direction ; cette convention inclut les plans confondus. Des plans parallèles distincts sont strictement parallèles. Le mot « strictement » exclut donc un cas d’inclusion ou de confusion.
Lemme 8.3 — Ce que devient l’équation du plan sur une droite
Posons \(f(x,y,z)=ax+by+cz+d_0\). Sur la droite \(M=A+t\vec{u}\), \[f(M)=\beta+\alpha t, \qquad \beta=f(A),\qquad \alpha=\vec{n}\cdot\vec{u}=au_1+bu_2+cu_3.\]
Démonstration. Démonstration complète par substitution et distributivité : \[\begin{aligned} f(M)&=a(x_A+t u_1)+b(y_A+t u_2)+c(z_A+t u_3)+d_0\\ &=a x_A+a t u_1+b y_A+b t u_2+c z_A+c t u_3+d_0\\ &=(a x_A+b y_A+c z_A+d_0)+t(au_1+bu_2+cu_3)\\ &=\beta+\alpha t. \end{aligned}\] Tous les points de la droite satisfont donc l’équation du plan exactement lorsque \(\beta+\alpha t=0\) pour leurs paramètres. Les lettres \(\alpha\) et \(\beta\) sont des nombres calculés à partir des données ; elles ne sont pas de nouveaux paramètres libres.
Corollaire 8.4 — Reconnaître une direction de plan
Un vecteur \(\vec{v}\) est une direction du plan \(P\) si et seulement si \(\vec{n}\cdot\vec{v}=0\). Pour parler du directeur d’une droite, on exige en plus \(\vec{v}\ne\vec0\).
Démonstration. Démonstration complète, conséquence du lemme. Choisissons \(A\in P\), donc \(f(A)=0\). Les points \(A+t\vec{v}\) restent dans \(P\) pour tout réel \(t\) si et seulement si \(t(\vec{n}\cdot\vec{v})=0\) pour tout \(t\). Si le produit scalaire est nul, c’est vrai pour tout \(t\) ; réciproquement, choisir \(t=1\) impose sa nullité. Le vecteur nul satisfait cette égalité, mais n’engendre aucune droite.
C18 — Étudier l’intersection d’une droite et d’un plan
Question que tu peux te poser 8.5 — Repérer les cas d’une équation affine
Quelles valeurs réelles de \(t\) vérifient respectivement \(3t=6\), \(0t=0\) et \(0t=5\) ? N’effectue aucune division par 0.
Correction expliquée 8.6 — Correction et orientation
Pour \(3t=6\), le coefficient \(3\ne0\) autorise \(\dfrac{3t}{3}=\dfrac63\), puis \(\dfrac33t=2\), donc \(t=2\), unique solution. L’égalité \(0t=0\) est vraie pour tout réel, car \(0\times t=0\) quelle que soit la valeur de \(t\). L’égalité \(0t=5\) est impossible, car son membre de gauche vaut toujours 0. Si tu as obtenu \(t=0\) dans le deuxième cas, reprends cette distinction : égalité toujours vraie ne signifie pas paramètre nul.
Théorème 8.7 — Les trois positions d’une droite et d’un plan
Avec les notations du lemme, les points communs à \(d\) et \(P\) correspondent aux solutions de \(\alpha t+\beta=0\).
Si \(\alpha\ne0\), il existe une unique solution \(t=-\beta/\alpha\) : la droite est sécante au plan en un point.
Si \(\alpha=0\) et \(\beta=0\), tous les réels conviennent : la droite est incluse dans le plan.
Si \(\alpha=0\) et \(\beta\ne0\), aucun réel ne convient : la droite est strictement parallèle au plan.
Démonstration. Démonstration complète. La substitution du lemme est une équivalence d’appartenance, donc il suffit d’étudier l’équation. Si \(\alpha\ne0\), on soustrait \(\beta\) aux deux membres : \[\alpha t+\beta-\beta=0-\beta,\qquad\alpha t=-\beta.\] La division par le coefficient non nul \(\alpha\) donne \[\frac{\alpha t}{\alpha}=\frac{-\beta}{\alpha},\qquad \frac\alpha\alpha t=-\frac\beta\alpha,\qquad t=-\frac\beta\alpha.\] Cette unique valeur détermine un unique point de la droite. Si \(\alpha=0\), l’équation se réduit à \(\beta=0\) : elle est vraie pour tous les paramètres lorsque \(\beta=0\), et fausse pour tous lorsqu’il est non nul. Par ailleurs, \(\alpha=\vec{n}\cdot\vec{u}=0\) signifie que la direction de la droite est une direction du plan, d’après le corollaire précédent. Cela justifie les mots « incluse » ou « strictement parallèle » dans les deux dernières branches.
Lecture. Dans les trois panneaux, le plan est z=0. La droite (0;0;t) le coupe à l’origine ; la droite (t;0;0) y est incluse ; la droite (t;0;1) n’a aucun point dans ce plan. La cote permet ici de lire les trois équations correspondantes : t=0, 0=0 et 1=0. La perspective n’est pas utilisée comme preuve.
Méthode 8.8 — Substituer, résoudre et interpréter
Quand ? Une droite est paramétrée et un plan est donné par une équation. Premier geste : remplacer \(x,y,z\) dans l’équation du plan par leurs trois expressions en fonction de \(t\). Développer tous les produits, regrouper termes constants et termes en \(t\), puis reconnaître l’une des trois branches du théorème. Si le paramètre est unique, le reporter dans les trois coordonnées de la droite et vérifier le point dans l’équation du plan. Variante utile : calculer d’abord \(\alpha=\vec{n}\cdot\vec{u}\) permet d’anticiper sécance ou direction parallèle. Si \(\alpha=0\), le point d’appui tranche encore entre inclusion et strict parallélisme. Ce produit scalaire ne dispense donc pas toujours du second contrôle.
Exemple de référence 8.9 — Un point d’intersection unique
Soient \(P:2x-y+z-4=0\) et \(d:x=1+t\), \(y=2t\), \(z=t\), \(t\in\mathbb{R}\). Le directeur \(\vec{u}=(1\,;2\,;1)\) est non nul ; le normal du plan est \(\vec{n}=(2\,;-1\,;1)\). Substituer les coordonnées de la droite dans le plan donne \[\begin{aligned} 2(1+t)-(2t)+t-4&=0,\\ 2\times1+2\times t-2t+t-4&=0,\\ (2-4)+(2t-2t+t)&=0,\\ t-2&=0. \end{aligned}\] Ajouter 2 aux deux membres donne \(t-2+2=0+2\), donc \(t=2\). Le point est \(I(1+2\,;2\times2\,;2)=(3\,;4\,;2)\). Contrôle dans le plan : \(2\times3-4+2-4=6-4+2-4=0\). Ainsi \(d\) est sécante à \(P\) en \(I\). Anticipation par les directions : \(\vec{n}\cdot\vec{u}=2\times1+(-1)\times2+1\times1=2-2+1=1\ne0\) ; l’unicité du point d’intersection pouvait être prévue avant de le calculer.
Exemple de référence 8.10 — Deux directions parallèles, deux conclusions différentes
Gardons \(P:2x-y+z-4=0\) et considérons \(r:x=t\), \(y=2t\), \(z=4\). La substitution donne \(2t-2t+4-4=0\), donc \(0=0\) pour tout \(t\). La droite est incluse dans \(P\) ; il n’y a pas un seul point d’intersection à calculer. Pour \(s:x=t\), \(y=2t\), \(z=5\), on obtient \(2t-2t+5-4=0\), donc \(1=0\), impossible. Cette droite est strictement parallèle à \(P\). Les deux droites ont pourtant le même directeur \((1\,;2\,;0)\), et \(2\times1+(-1)\times2+1\times0=0\). Ce sont les points d’appui \((0\,;0\,;4)\) et \((0\,;0\,;5)\) qui distinguent les deux situations.
À toi 8.11 — Essai guidé
Étudie l’intersection de \(P:x+2y-z+1=0\) avec \(d:x=2-t\), \(y=1+t\), \(z=3+2t\). Écris d’abord \((2-t)+2(1+t)-(3+2t)+1=0\), puis développe avant de réduire.
Correction expliquée 8.12 — Correction de l’essai guidé
La substitution donne \[\begin{aligned} (2-t)+2(1+t)-(3+2t)+1&=0,\\ 2-t+2\times1+2\times t-3-2t+1&=0,\\ (2+2-3+1)+(-t+2t-2t)&=0,\\ 2-t&=0. \end{aligned}\] Soustraire 2 aux deux membres donne \(2-t-2=0-2\), soit \(-t=-2\), puis, puisque \(-1\ne0\), \(\dfrac{-t}{-1}=\dfrac{-2}{-1}\), soit \(\dfrac{-1}{-1}t=2\) et \(t=2\). Le point obtenu est \((2-2\,;1+2\,;3+2\times2)=(0\,;3\,;7)\). Dans l’équation du plan : \(0+2\times3-7+1=0+6-7+1=0\). Il s’agit bien du point unique d’intersection.
À toi 8.13 — À chercher avant la correction
On donne \(P:3x-y+2z-6=0\) et deux droites \[d:x=1+t,\ y=1+3t,\ z=2; \qquad e:x=1+s,\ y=3s,\ z=2.\] Étudie séparément la position de chacune par rapport à \(P\). Indice : leurs directions sont les mêmes, mais leurs points d’appui ne le sont pas.
Correction expliquée 8.14 — Correction de la tentative
Pour \(d\), \[\begin{aligned} 3(1+t)-(1+3t)+2\times2-6 &=3\times1+3\times t-1-3t+4-6\\ &=(3-1+4-6)+(3t-3t)=0. \end{aligned}\] L’équation est vraie pour tous les réels \(t\) ; donc \(d\subset P\). Pour \(e\), \[\begin{aligned} 3(1+s)-(3s)+2\times2-6 &=3\times1+3\times s-3s+4-6\\ &=(3+4-6)+(3s-3s)=1. \end{aligned}\] L’équation du plan exigerait \(1=0\) ; aucun \(s\) ne convient. Le directeur commun est \((1\,;3\,;0)\), dont le produit scalaire avec \((3\,;-1\,;2)\) vaut \(3\times1+(-1)\times3+2\times0=0\). La droite \(e\) est donc strictement parallèle au plan.
Question que tu peux te poser 8.15 — Expliquer le rôle de la constante
Pourquoi le seul calcul \(\vec{n}\cdot\vec{u}=0\) ne permet-il pas d’affirmer qu’une droite n’a aucun point commun avec le plan ? Quel test complémentaire suffit ?
Correction expliquée 8.16 — Réponse possible et critères
Ce produit scalaire renseigne sur la direction, pas sur la position de la droite. Il implique que la valeur de l’expression du plan est constante le long de la droite. Il reste à évaluer cette constante en un point d’appui : si le point appartient au plan, toute la droite y est incluse ; sinon, aucun point n’y appartient. Une réponse complète nomme les deux branches et explique le rôle du point d’appui.
À toi 8.17 — Variation : une direction dépend d’un nombre
Pour un réel \(k\) fixé, on considère \(d_k:x=t\), \(y=0\), \(z=1+kt\) et le plan \(P:z=0\). Étudie la position de \(d_k\) selon la valeur de \(k\). Indice : le directeur est toujours non nul, car sa première coordonnée vaut 1. C’est le coefficient de l’équation \(1+kt=0\) qui peut s’annuler.
Correction expliquée 8.18 — Correction de la variation
Si \(k=0\), la cote vaut toujours 1, donc aucun point n’appartient à \(P\) : la droite est strictement parallèle au plan. Si \(k\ne0\), l’équation \(1+kt=0\) donne \(1+kt-1=0-1\), donc \(kt=-1\). Le coefficient \(k\) est non nul dans cette branche : \(\dfrac{kt}{k}=\dfrac{-1}{k}\), puis \(\dfrac{k}{k}t=-\dfrac1k\), donc \(t=-1/k\). Le point d’intersection est \((-1/k\,;0\,;0)\), car \(1+k(-1/k)=1-1=0\). Le cas \(k=0\) n’empêche pas la droite d’exister : son directeur est alors \((1\,;0\,;0)\). Il empêche seulement de diviser l’équation d’intersection par \(k\).
Méthode 8.19 — Réparer la fausse conclusion « 0t=0 donc t=0 »
Première erreur possible : traiter une identité comme une équation à solution unique. Rappelle-toi que \(0t=0\) est vraie pour \(t=0\), mais aussi pour \(t=1\), \(t=-2\) et tous les réels. Exemple simple corrigé : la droite \((t\,;0\,;0)\) est entièrement contenue dans le plan \(z=0\), puisque la cote vaut 0 pour tous les paramètres. Nouvel essai : que donne l’intersection du plan \(x-y=0\) avec \(d:(1+s\,;1+s\,;2)\) ?
Correction expliquée 8.20 — Nouvel essai corrigé et retour
La substitution donne \((1+s)-(1+s)=1+s-1-s=0\), quel que soit \(s\). Toute la droite est incluse dans le plan. Par exemple, les points \((1\,;1\,;2)\) pour \(s=0\) et \((2\,;2\,;2)\) pour \(s=1\) sont deux points distincts de l’intersection. Reviens à la tentative C18 et écris « tous les réels conviennent » dans la branche où tu obtiens une identité.
À toi 8.21 — À reprendre plus tard, avant de relire
Étudie l’intersection de \(P:2x+y-z-1=0\) avec \(d:x=1-t\), \(y=-2+3t\), \(z=2+t\). Indice local : développe le signe moins devant toute l’expression de \(z\) ; garde la constante finale du plan.
Correction expliquée 8.22 — Correction de la reprise
\[\begin{aligned} 2(1-t)+(-2+3t)-(2+t)-1 &=2\times1-2\times t-2+3t-2-t-1\\ &=(2-2-2-1)+(-2t+3t-t)=-3. \end{aligned}\] L’équation du plan demanderait \(-3=0\), ce qui est impossible. Le coefficient du paramètre est nul ; la direction est parallèle au plan. La droite est strictement parallèle à \(P\).
C19 — Comparer des plans et choisir le bon test d’orthogonalité
Intuition et représentation 8.23 — Une plaque et sa tige perpendiculaire
On peut imaginer un plan comme une plaque sans bord, munie d’une tige perpendiculaire. La tige représente un normal et renseigne sur l’orientation de la plaque. Deux tiges parallèles donnent des plaques de même direction ; elles ne disent pas si les plaques sont superposées ou séparées. Cette image aide à séparer orientation et position. Elle a des limites : les plans mathématiques sont infinis, les tiges peuvent avoir n’importe quelle longueur non nulle, et le dessin ne démontre aucun angle. Les tests qui suivent portent sur les vecteurs normaux et les équations.
Lemme 8.24 — Les normaux d’un même plan sont colinéaires
Deux vecteurs normaux non nuls à un même plan sont colinéaires.
Démonstration. Démonstration complète avec le produit scalaire. Soient \(\vec{n}\) et \(\vec{m}\) deux tels normaux. Comme \(\vec{n}\ne\vec0\), le nombre \(\vec{n}\cdot\vec{n}=\left\lVert\vec{n}\right\rVert^2\) est strictement positif. On peut donc définir \[c=\frac{\vec{m}\cdot\vec{n}}{\vec{n}\cdot\vec{n}}, \qquad \vec{w}=\vec{m}-c\vec{n}.\] Par distributivité, \[\vec{n}\cdot\vec{w}=\vec{n}\cdot\vec{m}-c(\vec{n}\cdot\vec{n}) =\vec{n}\cdot\vec{m}-\frac{\vec{m}\cdot\vec{n}}{\vec{n}\cdot\vec{n}}(\vec{n}\cdot\vec{n})=0,\] car le dénominateur est non nul et le produit scalaire est symétrique. Le vecteur \(\vec{w}\) est donc une direction du plan, d’après le corollaire local. Comme \(\vec{m}\) est aussi normal, \(\vec{m}\cdot\vec{w}=0\). Or \(\vec{m}=\vec{w}+c\vec{n}\), donc \[0=\vec{m}\cdot\vec{w}=(\vec{w}+c\vec{n})\cdot\vec{w} =\vec{w}\cdot\vec{w}+c(\vec{n}\cdot\vec{w})=\left\lVert\vec{w}\right\rVert^2.\] La somme des carrés des coordonnées de \(\vec{w}\) est nulle ; chacune de ses coordonnées est nulle. Ainsi \(\vec{w}=\vec0\) et \(\vec{m}=c\vec{n}\). Comme \(\vec{m}\ne\vec0\), le multiplicateur \(c\) est non nul.
Proposition 8.25 — Parallélisme et confusion de deux plans
Deux plans de normaux non nuls \(\vec{n}\) et \(\vec{m}\) sont parallèles si et seulement si \(\vec{m}\) et \(\vec{n}\) sont colinéaires. Plus précisément, si \[P:ax+by+cz+d_0=0,\qquad Q:a'x+b'y+c'z+e_0=0\] et \((a',b',c')=\lambda(a,b,c)\) avec \(\lambda\ne0\), alors \(P=Q\) si \(e_0=\lambda d_0\) ; sinon, ils sont strictement parallèles.
Démonstration. Démonstration complète. Si les normaux sont colinéaires avec un multiplicateur non nul, les égalités \(\vec{n}\cdot\vec{v}=0\) et \(\vec{m}\cdot\vec{v}=0\) sont équivalentes ; les plans ont les mêmes directions. Réciproquement, si les plans ont la même direction, tout normal de l’un est orthogonal aux directions de l’autre ; le lemme précédent donne la colinéarité des normaux. Pour comparer les positions, posons \(f(x,y,z)=ax+by+cz+d_0\). L’expression de l’équation de \(Q\) s’écrit \[\begin{aligned} \lambda ax+\lambda by+\lambda cz+e_0 &=\lambda(ax+by+cz)+e_0\\ &=\lambda(f(x,y,z)-d_0)+e_0\\ &=\lambda f(x,y,z)-\lambda d_0+e_0. \end{aligned}\] Sur \(P\), elle vaut donc la constante \(e_0-\lambda d_0\). Si cette constante est non nulle, les plans n’ont aucun point commun. Si elle est nulle, l’équation de \(Q\) devient \(\lambda f=0\), équivalente à \(f=0\) puisque \(\lambda\ne0\) : les plans sont confondus.
Rappel 8.26 — Lorsque les directions des plans sont différentes
Résultat de géométrie de l’espace antérieur rappelé : deux plans distincts sont soit strictement parallèles, soit sécants suivant une droite. Par conséquent, deux plans dont les normaux ne sont pas colinéaires sont sécants suivant une droite. Cette unité permet de reconnaître cette situation. La détermination explicite d’une représentation de la droite d’intersection est un approfondissement développé dans l’unité facultative consacrée aux intersections de plans ; elle n’est pas nécessaire aux méthodes présentes ici.
Définition 8.27 — Plans orthogonaux
Deux plans sont dits orthogonaux lorsque l’un contient une droite orthogonale à l’autre. Une droite est orthogonale à un plan lorsque son directeur est un normal à ce plan. Il ne s’agit pas de dire que toutes les directions du premier plan seraient orthogonales à toutes celles du second : les deux plans ont même une droite d’intersection commune.
Caractérisation 8.28 — Deux tests différents selon les objets
Soient \(P,Q\) de normaux non nuls \(\vec{n},\vec{m}\), et \(d\) une droite de directeur non nul \(\vec{u}\).
\(d\) est orthogonale à \(P\) si et seulement si \(\vec{u}\) est colinéaire à \(\vec{n}\).
\(P\) et \(Q\) sont orthogonaux si et seulement si \(\vec{n}\cdot\vec{m}=0\).
Démonstration. Démonstration complète. La première propriété résulte de la définition d’une droite orthogonale et de la colinéarité de tous les normaux d’un plan, démontrée localement. Pour la seconde, si \(P\) contient une droite orthogonale à \(Q\), celle-ci a pour direction un multiple non nul de \(\vec{m}\). Cette direction est dans \(P\), donc son produit scalaire avec \(\vec{n}\) est nul ; il en résulte \(\vec{n}\cdot\vec{m}=0\). Réciproquement, si \(\vec{n}\cdot\vec{m}=0\), alors \(\vec{m}\) est une direction de \(P\). Une droite passant par n’importe quel point de \(P\) et dirigée par \(\vec{m}\) est incluse dans \(P\) et orthogonale à \(Q\). Les plans sont donc orthogonaux. La symétrie du produit scalaire montre que la définition est symétrique entre les deux plans.
Corollaire 8.29 — L’orthogonalité donne aussi une intersection
Une droite orthogonale à un plan le coupe en un unique point. Deux plans orthogonaux sont sécants suivant une droite.
Démonstration. Démonstration complète à partir des critères précédents. Si \(\vec{u}=\lambda\vec{n}\), \(\lambda\ne0\), alors \(\vec{n}\cdot\vec{u}=\lambda\left\lVert\vec{n}\right\rVert^2\ne0\). La première branche du théorème droite–plan s’applique. Pour les deux plans, si leurs normaux étaient colinéaires, on aurait \(\vec{m}=\lambda\vec{n}\) avec \(\lambda\ne0\), donc \(\vec{n}\cdot\vec{m}=\lambda\left\lVert\vec{n}\right\rVert^2\ne0\), contrairement à l’orthogonalité. Les normaux sont donc non colinéaires ; les plans sont sécants par le résultat géométrique rappelé.
Question que tu peux te poser 8.30 — Repérer orientation et position
On donne \(P:x-2y+z+4=0\) et \(Q:2x-4y+2z-1=0\). Lis leurs normaux. Peut-on conclure que les plans sont confondus ?
Correction expliquée 8.31 — Correction et orientation
Les normaux sont \((1\,;-2\,;1)\) et \((2\,;-4\,;2)=2(1\,;-2\,;1)\). Les plans sont parallèles. Pour qu’ils soient confondus, la constante de \(Q\) devrait aussi être multipliée par 2, donc valoir \(2\times4=8\). Elle vaut \(-1\) : les plans sont strictement parallèles. Si tu t’es arrêté aux trois premiers coefficients, reprends la proposition locale et son rôle pour la constante.
Méthode 8.32 — Choisir le test en nommant les objets
Premier geste : écrire les mots « directeur de la droite » ou « normal du plan » devant les vecteurs utilisés.
Pour deux plans, la colinéarité des normaux teste le parallélisme. Si elle est vérifiée, comparer aussi les constantes avec le même multiplicateur, ou tester un point de l’un dans l’autre. Le produit scalaire nul des normaux teste l’orthogonalité.
Pour une droite et un plan, la colinéarité du directeur et du normal teste l’orthogonalité. Leur produit scalaire nul teste une direction parallèle au plan ; il faut encore un point pour distinguer inclusion et strict parallélisme.
Contrôles : les vecteurs annoncés directeurs ou normaux sont non nuls ; les coefficients sont lus dans l’ordre \(x,y,z\) ; le produit scalaire emploie un repère orthonormé. Un normal absent ou un directeur nul empêche d’utiliser ces critères.
Exemple de référence 8.33 — Comparer quatre plans à un même plan
Prenons \(P:x-2y+2z-3=0\), de normal \(\vec{n}=(1\,;-2\,;2)\).
\(Q:-2x+4y-4z+6=0\). Les quatre coefficients sont ceux de \(P\) multipliés par \(-2\) : \(-2\times1=-2\), \(-2\times(-2)=4\), \(-2\times2=-4\), \(-2\times(-3)=6\). Le multiplicateur est non nul ; donc \(Q=P\).
\(R:-2x+4y-4z+1=0\). Les normaux sont encore dans le rapport \(-2\), mais la constante 1 n’est pas 6. Ainsi \(R\) et \(P\) sont strictement parallèles.
\(S:2x+y-5=0\). Son normal est \((2\,;1\,;0)\) ; la coordonnée 0 correspond à l’absence du terme en \(z\). Le produit scalaire vaut \(1\times2+(-2)\times1+2\times0=2-2+0=0\). Donc \(S\) et \(P\) sont orthogonaux, et sécants.
\(T:x+y+z-1=0\). Son normal \((1\,;1\,;1)\) n’est pas colinéaire à \(\vec{n}\) : la première coordonnée imposerait un multiplicateur 1, incompatible avec la deuxième. Les plans sont sécants. Leur produit scalaire vaut \(1\times1+(-2)\times1+2\times1=1-2+2=1\ne0\) ; ils ne sont pas orthogonaux.
La conclusion « sécants » n’exige pas de calculer la droite d’intersection lorsqu’on demande seulement la position relative.
À toi 8.34 — Essai guidé
On donne \(P:2x-y+z-1=0\), \(Q:4x-2y+2z+3=0\) et \(R:x+3y+z=0\). Compare \(Q\) puis \(R\) à \(P\) : d’abord les directions, puis, si nécessaire, la constante ou le produit scalaire.
Correction expliquée 8.35 — Correction de l’essai guidé
Le normal de \(P\) est \((2\,;-1\,;1)\). Celui de \(Q\) vaut \((4\,;-2\,;2)=2(2\,;-1\,;1)\). Pour une coïncidence, sa constante devrait valoir \(2\times(-1)=-2\). Elle vaut 3, donc \(Q\) est strictement parallèle à \(P\). Le normal de \(R\) est \((1\,;3\,;1)\). Le produit scalaire avec celui de \(P\) vaut \(2\times1+(-1)\times3+1\times1=2-3+1=0\). Les plans sont orthogonaux et donc sécants. Les constantes n’interviennent pas dans ce test d’orthogonalité, qui porte sur les directions.
À toi 8.36 — À chercher avant la correction
Compare au plan \(P:x+y-z+2=0\) chacun des plans \[Q:2x+2y-2z+4=0,\qquad R:x-y+3=0,\qquad S:2x-y+2z-1=0.\] Précise dans chaque cas la position et, pour des plans sécants, s’ils sont orthogonaux. Indice : commence par écrire les trois coordonnées de chaque normal ; la constante n’en fait pas partie.
Correction expliquée 8.37 — Correction de la tentative
Le normal de \(P\) est \((1\,;1\,;-1)\). L’équation de \(Q\) est exactement celle de \(P\) multipliée par \(2\ne0\) : les normaux et la constante sont tous multipliés par 2. Les plans sont confondus. Le normal de \(R\) est \((1\,;-1\,;0)\), et \((1\,;1\,;-1)\cdot(1\,;-1\,;0)=1\times1+1\times(-1)+(-1)\times0=1-1+0=0\). Ainsi \(R\) est orthogonal à \(P\), donc sécant. Pour \(S\), le normal est \((2\,;-1\,;2)\). La colinéarité demanderait, à partir de la première coordonnée, un multiplicateur 2 ; la deuxième serait alors 2 au lieu de \(-1\). Les plans sont sécants. Le produit scalaire vaut \(1\times2+1\times(-1)+(-1)\times2=2-1-2=-1\ne0\) : ils ne sont pas orthogonaux.
Question que tu peux te poser 8.38 — Pourquoi faut-il parfois les quatre coefficients ?
Explique pourquoi la direction d’un plan est déterminée par les trois coefficients de \(x,y,z\), alors que la comparaison de deux plans confondus exige aussi de regarder la constante.
Correction expliquée 8.39 — Réponse possible et critères
Les trois coefficients donnent un normal, qui fixe la direction du plan. Plusieurs plans parallèles peuvent avoir le même normal et des positions différentes. La constante choisit cette position : avec des normaux dans le rapport \(\lambda\ne0\), les équations décrivent le même plan seulement si leurs constantes sont dans ce même rapport. Une réponse complète distingue orientation et position et précise que le même multiplicateur doit agir sur tous les coefficients.
À toi 8.40 — Variation : le même produit scalaire, des objets différents
Le plan \(P\) a pour équation \(x-y=0\) et la droite \(d\) pour représentation \((x,y,z)=(1+t\,;-1+t\,;0)\). Son directeur \((1\,;1\,;0)\) est orthogonal au normal \((1\,;-1\,;0)\). Cela rend-il \(d\) orthogonale à \(P\) ? Compare ensuite \(P\) au plan \(Q:x+y=0\).
Correction expliquée 8.41 — Correction de la variation
Le produit scalaire directeur–normal vaut \(1\times1+1\times(-1)+0\times0=0\) : la direction de \(d\) est parallèle au plan \(P\). La substitution donne \((1+t)-(-1+t)=1+t+1-t=2\ne0\), donc la droite est strictement parallèle à \(P\), et ne lui est pas orthogonale. Pour \(Q\), le même vecteur \((1\,;1\,;0)\) joue maintenant le rôle d’un normal de plan. Son produit scalaire nul avec le normal de \(P\) signifie que les deux plans sont orthogonaux. La nature des objets détermine la signification du calcul.
Méthode 8.42 — Réparer « mêmes normaux, même plan »
Première erreur possible : déduire la coïncidence de la seule colinéarité des normaux. Revenir au point d’appui ou à la constante. Exemple plus simple corrigé : les plans \(z=0\) et \(z-1=0\) ont le même normal \((0\,;0\,;1)\), mais aucune cote ne peut valoir à la fois 0 et 1. Ils sont strictement parallèles. Nouvel essai : compare \(P:x+y-z+1=0\) avec \(Q:3x+3y-3z+3=0\), puis avec \(R:3x+3y-3z-2=0\).
Correction expliquée 8.43 — Nouvel essai corrigé et retour
Les normaux de \(Q\) et \(R\) sont tous deux \(3(1\,;1\,;-1)\). La constante de \(Q\) est \(3=3\times1\), donc son équation est trois fois celle de \(P\) : les plans sont confondus. La constante de \(R\) vaut \(-2\), différente de 3 ; les plans \(R\) et \(P\) sont strictement parallèles. Reprends la tentative C19 et compare les quatre coefficients dans la branche des normaux colinéaires.
À toi 8.44 — À reprendre plus tard, avant de relire
On donne \(P:2x+y-2z+5=0\), \(Q:-6x-3y+6z-15=0\), \(R:x+2y+2z-4=0\) et la droite \(d\) passant par l’origine de directeur \((2\,;1\,;-2)\). Compare \(Q\), \(R\) et \(d\) au plan \(P\). Pour \(d\), détermine aussi le point d’intersection. Indice local : une relation plan–plan et une relation droite–plan n’utilisent pas les mêmes vecteurs pour le même mot « orthogonal ».
Correction expliquée 8.45 — Correction de la reprise
L’équation de \(Q\) est celle de \(P\) multipliée par \(-3\ne0\) : \(-3\times2=-6\), \(-3\times1=-3\), \(-3\times(-2)=6\), \(-3\times5=-15\). Donc \(Q=P\). Les normaux de \(P\) et \(R\) valent \((2\,;1\,;-2)\) et \((1\,;2\,;2)\). Leur produit scalaire est \(2\times1+1\times2+(-2)\times2=2+2-4=0\), donc les plans sont orthogonaux. Le directeur de \(d\) est précisément un normal de \(P\) : la droite est orthogonale au plan. Ses coordonnées sont \(x=2t\), \(y=t\), \(z=-2t\). La substitution donne \[2(2t)+t-2(-2t)+5=4t+t+4t+5=9t+5=0.\] Soustraire 5 aux deux membres donne \(9t+5-5=0-5\), soit \(9t=-5\). Comme \(9\ne0\), \(\dfrac{9t}{9}=\dfrac{-5}{9}\), puis \(\dfrac99t=-\dfrac59\), donc \(t=-5/9\). Le point est \(H(-10/9\,;-5/9\,;10/9)\). Contrôle dans le plan : \[2\left(-\frac{10}{9}\right)-\frac59-2\left(\frac{10}{9}\right)+5 =-\frac{20}{9}-\frac59-\frac{20}{9}+\frac{5\times9}{1\times9} =\frac{-20-5-20+45}{9}=0.\] Le point appartient bien au plan et à la droite : c’est leur unique intersection.
Synthèse 8.46 — À retenir et à contrôler
Pour une droite \(A+t\vec{u}\) et un plan d’expression \(f\), l’intersection se ramène à \(f(A)+t(\vec{n}\cdot\vec{u})=0\). Coefficient non nul : un point ; coefficient nul et constante nulle : inclusion ; coefficient nul et constante non nulle : strict parallélisme. Pour deux plans, des normaux colinéaires donnent des plans parallèles ; le même multiplicateur appliqué aussi à la constante donne la confusion. Des normaux non colinéaires donnent des plans sécants. Des normaux de produit scalaire nul donnent des plans orthogonaux. Pour une droite et un plan, directeur colinéaire au normal signifie orthogonalité ; directeur de produit scalaire nul avec le normal signifie direction parallèle. Nommer les objets avant de choisir le calcul évite d’échanger les deux critères.
9. Projeter sur un plan et mesurer une distance
Objectif. Construire le projeté orthogonal d’un point sur un plan, justifier son unicité et calculer la plus petite distance au plan.
Deux conditions, toutes les données disponibles
Le repère est orthonormé. Le plan est donné par \(\mathcal P:ax+by+cz+d=0\) avec \(\vec{n}=(a;b;c)\ne\vec0\). Ce triplet est un vecteur normal : il est perpendiculaire à toutes les directions du plan. Une équation dont les trois coefficients \(a,b,c\) sont nuls ne doit pas être utilisée comme une équation de plan.
Rappel 9.1 — Vecteurs, droite normale et distance
Pour \(A(x_A;y_A;z_A)\) et \(H(x_H;y_H;z_H)\), \(\overrightarrow{AH}=(x_H-x_A;y_H-y_A;z_H-z_A)\) et \(AH=\sqrt{(x_H-x_A)^2+(y_H-y_A)^2+(z_H-z_A)^2}\). La droite passant par \(A\) et dirigée par \(\vec{n}\ne\vec0\) est l’ensemble des points \[x=x_A+at,\qquad y=y_A+bt,\qquad z=z_A+ct,\qquad t\in\mathbb{R}.\] Les trois coordonnées utilisent le même réel \(t\). Pour appartenir à \(\mathcal P\), un point doit vérifier son équation après substitution. Ces résultats sur droites, normaux et équations de plans ont été établis dans les unités précédentes ; leurs énoncés utiles sont rappelés ici pour permettre le travail sans retour obligatoire.
À toi 9.2 — Ce qui manque à un candidat projeté
1. Quel est un normal au plan \(x+2y-2z-3=0\) ? 2. Le point \(K(3;0;0)\) appartient-il à ce plan ? 3. Pour \(A(4;0;-1)\), le vecteur \(\overrightarrow{AK}\) est-il colinéaire à ce normal ? 4. Pour \(A(1;2;7)\) et \(H(1;2;3)\), calculer \(AH\).
Correction expliquée 9.3 — Correction et orientation
1. Un normal est \((1;2;-2)\), non nul. 2. \(3+2\times0-2\times0-3=3+0-0-3=0\), donc \(K\) est dans le plan. 3. \(\overrightarrow{AK}=(3-4;0-0;0-(-1))=(-1;0;1)\). S’il était \(k(1;2;-2)\), on aurait \(-1=k\) et \(0=2k\). La seconde équation donne \(k=0\) après division par \(2\ne0\), ce qui contredit la première. Le vecteur n’est pas colinéaire au normal : l’appartenance seule ne suffit pas. 4. \(\overrightarrow{AH}=(1-1;2-2;3-7)=(0;0;-4)\), donc \(AH=\sqrt{0^2+0^2+(-4)^2}=\sqrt{16}=4\). La distance est positive, même si la différence des cotes est négative. Si ces étapes bloquent, reprendre le rappel des coordonnées et de la norme avant la méthode ci-dessous.
Définition 9.4 — Projeté orthogonal sur un plan
Le projeté orthogonal de \(A\) sur \(\mathcal P\) est le point \(H\) qui vérifie les deux conditions : \[\boxed{H\in\mathcal P\qquad\text{et}\qquad \overrightarrow{AH}=t\vec{n}\text{ pour un réel }t.}\] La seconde condition signifie que le déplacement de \(A\) vers le plan est dans une direction normale. Si \(A\notin\mathcal P\), la droite \((AH)\) est perpendiculaire au plan. Si \(A\in\mathcal P\), on obtient \(H=A\) et \(\overrightarrow{AH}=\vec0\) : on ne parle alors pas de la droite \((AH)\), qui n’est pas définie par deux points distincts. Le théorème suivant démontre qu’un tel point existe toujours et qu’il est unique.
Intuition et représentation 9.5 — Descendre perpendiculairement vers le plan
On peut imaginer un point au-dessus d’une surface plane et un déplacement qui arrive perpendiculairement à cette surface. Le point d’arrivée est le pied de la projection. Cette image explique la nécessité de viser à la fois le plan et la bonne direction. Le mot « descendre » n’est qu’une aide : le plan peut être vertical ou oblique, et la normale peut pointer dans les deux sens. C’est le réel \(t\), parfois négatif, qui choisit le sens du déplacement. La preuve du caractère le plus court sera donnée avec Pythagore, sans s’appuyer sur l’apparence de l’image.
Théorème 9.6 — Existence et unicité du projeté, obtenues par calcul
Pour tout point \(A(x_A;y_A;z_A)\) et tout plan \(\mathcal P:ax+by+cz+d=0\), avec \((a;b;c)\ne\vec0\), il existe un unique projeté orthogonal \(H\). Il s’obtient sur la droite normale \(A+t(a;b;c)\) pour \[\boxed{t=-\frac{ax_A+by_A+cz_A+d}{a^2+b^2+c^2}.}\]
Démonstration. Démonstration complète. Un point de cette droite a pour coordonnées \((x_A+at;y_A+bt;z_A+ct)\). Son appartenance au plan équivaut à \[\begin{align*} a(x_A+at)+b(y_A+bt)+c(z_A+ct)+d&=0,\\ a x_A+a\times a\times t+b y_A+b\times b\times t+c z_A+c\times c\times t+d&=0,\\ (a^2+b^2+c^2)t+(ax_A+by_A+cz_A+d)&=0. \end{align*}\] Notons \(S=a^2+b^2+c^2\) et \(L=ax_A+by_A+cz_A+d\). Comme au moins un des réels \(a,b,c\) est non nul, au moins un de leurs carrés est strictement positif et les autres sont positifs ou nuls : \(S>0\). On soustrait \(L\) aux deux membres : \(St+L-L=0-L\), donc \(St=-L\). Puis on divise par \(S\ne0\) : \(St/S=-L/S\). Le premier membre vaut \((S/S)t=1t=t\), d’où l’unique valeur \(t=-L/S\). Cette valeur donne un point de la droite normale, et sa substitution rend l’équation du plan vraie. Il satisfait donc les deux conditions. Toute autre valeur devrait résoudre la même équation, qui a une solution unique : le projeté est unique. Si \(A\in\mathcal P\), \(L=0\), donc \(t=0\) et \(H=A\). L’existence de la projection est ici une conséquence des équations de plans, non une hypothèse utilisée pour les établir.
Méthode 9.7 — La méthode de référence : une droite puis une intersection
Quand ? Le plan est donné par une équation et on cherche le projeté d’un point. Premier geste : lire un normal non nul \((a;b;c)\). Écrire la droite normale passant par \(A\), substituer ses trois coordonnées dans l’équation du plan, résoudre l’équation en \(t\), puis remplacer \(t\) dans les trois coordonnées de la droite. Pourquoi cela fonctionne ? La droite impose le déplacement normal ; l’équation du plan impose l’arrivée dans le plan. Le théorème garantit une solution unique. Contrôle : vérifier l’équation du plan pour \(H\) et vérifier que \(\overrightarrow{AH}\) est un multiple du normal. La formule du théorème peut accélérer le calcul ; la construction par intersection permet de retrouver son sens sans mémorisation mécanique.
Exemple de référence 9.8 — Un projeté aux coordonnées fractionnaires
Projetons \(A(4;0;-1)\) sur \(\mathcal P:x+2y-2z-3=0\). Un normal est \(\vec{n}=(1;2;-2)\). La droite normale est \[x=4+t,\qquad y=2t,\qquad z=-1-2t.\] L’appartenance donne \[\begin{align*} (4+t)+2(2t)-2(-1-2t)-3&=0,\\ 4+t+2\times2t+(-2)\times(-1)+(-2)\times(-2t)-3&=0,\\ 4+t+4t+2+4t-3&=0,\\ 9t+3&=0. \end{align*}\] Soustraire \(3\) aux deux membres donne \(9t+3-3=0-3\), donc \(9t=-3\). Comme \(9\ne0\), \(9t/9=-3/9\) ; le premier membre est \((9/9)t=t\) et le second se simplifie par \(3\) : \(-3/9=(-1\times3)/(3\times3)=-1/3\). Ainsi \(t=-1/3\).
Pour les coordonnées, mettre les entiers au même dénominateur : \(4=(4\times3)/(1\times3)=12/3\) et \(-1=(-1\times3)/(1\times3)=-3/3\). On obtient \[x_H=4-\frac13=\frac{12-1}{3}=\frac{11}{3},\qquad y_H=2\left(-\frac13\right)=-\frac23,\] \[z_H=-1-2\left(-\frac13\right)=-\frac33+\frac23=-\frac13.\] Donc \(H(11/3;-2/3;-1/3)\). Contrôle dans le plan : \[\frac{11}{3}+2\left(-\frac23\right)-2\left(-\frac13\right)-3 =\frac{11}{3}-\frac43+\frac23-\frac{3\times3}{1\times3} =\frac{11-4+2-9}{3}=0.\] Contrôle du déplacement : \[\overrightarrow{AH}=\left(\frac{11}{3}-\frac{12}{3};-\frac23-0;-\frac13+\frac33\right) =\left(-\frac13;-\frac23;\frac23\right) =-\frac13(1;2;-2).\] Les deux conditions sont vérifiées.
À toi 9.9 — À toi, avec la droite normale déjà amorcée
Projeter \(A(2;0;0)\) sur \(\mathcal P:2x-y+2z-1=0\). Commencer par \(x=2+2t\), \(y=-t\), \(z=2t\). Déterminer \(t\), calculer \(H\), puis contrôler les deux conditions.
Correction expliquée 9.10 — La même équation, puis les trois coordonnées
Le normal \((2;-1;2)\) est non nul. La substitution donne \[2(2+2t)-(-t)+2(2t)-1=0,\] \[2\times2+2\times2t+(-1)\times(-t)+2\times2t-1=0, \quad 4+4t+t+4t-1=0,\] donc \(9t+3=0\). Soustraction de \(3\) aux deux membres : \(9t+3-3=0-3\), donc \(9t=-3\). Division par \(9\ne0\) : \(9t/9=-3/9\), donc \(t=(-1\times3)/(3\times3)=-1/3\). Avec \(2=(2\times3)/(1\times3)=6/3\), \(x_H=2+2(-1/3)=6/3-2/3=4/3\) ; \(y_H=-(-1/3)=1/3\) ; \(z_H=2(-1/3)=-2/3\). Contrôle : \(2(4/3)-1/3+2(-2/3)-1=8/3-1/3-4/3-(1\times3)/(1\times3)=(8-1-4-3)/3=0\). Le déplacement est \(\overrightarrow{AH}=(4/3-6/3;1/3;-2/3)=(-2/3;1/3;-2/3)=(-1/3)(2;-1;2)\). Ainsi \(H(4/3;1/3;-2/3)\) est bien le projeté.
À toi 9.11 — À tenter avant de consulter
Déterminer le projeté de \(A(0;1;0)\) sur \(\mathcal P:x-2y+2z-4=0\). Indice : la droite cherchée passe par \(A\) et a pour direction \((1;-2;2)\). Le paramètre peut être positif ou négatif.
Correction expliquée 9.12 — Un pied obtenu avec un paramètre positif
Le normal est non nul. La droite est \(x=t\), \(y=1-2t\), \(z=2t\). La condition de plan est \[t-2(1-2t)+2(2t)-4=0, \quad t+(-2)\times1+(-2)\times(-2t)+2\times2t-4=0,\] soit \(t-2+4t+4t-4=0\), donc \(9t-6=0\). Ajouter \(6\) aux deux membres donne \(9t-6+6=0+6\), donc \(9t=6\). Comme \(9\ne0\), \(9t/9=6/9\), donc \(t=(2\times3)/(3\times3)=2/3\). Alors \(x_H=2/3\) et \(z_H=2\times(2/3)=4/3\). Pour l’ordonnée, \(1=(1\times3)/(1\times3)=3/3\), donc \(y_H=1-2(2/3)=3/3-4/3=-1/3\). Le point est \(H(2/3;-1/3;4/3)\). Contrôle de l’équation : \(2/3-2(-1/3)+2(4/3)-4=2/3+2/3+8/3-12/3=0\). Contrôle du déplacement : \(\overrightarrow{AH}=(2/3;-1/3-3/3;4/3)=(2/3;-4/3;4/3)=(2/3)(1;-2;2)\).
Question que tu peux te poser 9.13 — Pourquoi trouve-t-on toujours exactement un point ?
Expliquer pourquoi le coefficient de \(t\) ne peut pas s’annuler dans la méthode de projection, alors qu’une droite quelconque peut ne pas rencontrer un plan. Que se passe-t-il si le point est déjà dans le plan ? Réponse possible : la direction choisie est le normal \((a;b;c)\). Après substitution, le coefficient de \(t\) est \(a^2+b^2+c^2\), strictement positif parce que le normal n’est pas nul. L’équation en \(t\) a donc exactement une solution. Pour une direction quelconque \((u_1;u_2;u_3)\), le coefficient serait \(au_1+bu_2+cu_3\), qui peut être nul. Si \(A\) est déjà dans le plan, la constante vaut zéro, donc \(t=0\) et le projeté est \(A\) lui-même. Critères : identifier le coefficient exact, justifier sa positivité, traiter le cas \(A\in\mathcal P\) et rappeler les deux conditions du projeté.
À toi 9.14 — Deux candidats, deux contrôles différents
Pour \(A(4;0;-1)\) et \(\mathcal P:x+2y-2z-3=0\), on propose \(K(3;0;0)\) ou \(J(5;2;-3)\) comme projeté. Expliquer pourquoi aucun ne convient. Puis projeter \(B(3;0;0)\) sur ce même plan. Indice : chacun des deux candidats vérifie une des conditions mais échoue à l’autre.
Correction expliquée 9.15 — Une condition ne remplace pas l’autre
\(K\) appartient au plan, car \(3+0-0-3=0\), mais \(\overrightarrow{AK}=(-1;0;1)\) n’est pas colinéaire à \((1;2;-2)\) : la deuxième coordonnée imposerait un facteur \(0\), incompatible avec la première. \(\overrightarrow{AJ}=(5-4;2-0;-3-(-1))=(1;2;-2)\) est bien le normal. Mais \(J\) donne \(5+2\times2-2\times(-3)-3=5+4+6-3=12\ne0\) : il n’est pas dans le plan. Enfin \(B=K\) appartient déjà au plan. Son projeté est donc \(B\). Le déplacement nul satisfait \(\overrightarrow{BB}=0\vec{n}\) ; aucune droite \((BB)\) n’est nécessaire.
Méthode 9.16 — Reprendre après un faux projeté
Erreur possible : vérifier uniquement l’équation du plan. Le rappel utile est « arrivée dans le plan et déplacement normal ». Exemple plus simple corrigé : pour \(A(1;2;5)\) et le plan \(z=0\), un normal est \((0;0;1)\). La droite normale a \(x=1\), \(y=2\), \(z=5+t\). Le pied est donc \(H(1;2;0)\), obtenu avec \(5+t=0\), puis \(t=-5\) après soustraction de \(5\) aux deux membres. Le point \((0;0;0)\) est dans le plan, mais le déplacement \((-1;-2;-5)\) n’est pas parallèle à \((0;0;1)\) : ce n’est pas le pied. Nouvel essai : projeter \(A(-2;3;4)\) sur \(z=1\). Correction : la droite normale garde \(x=-2,y=3\) et a \(z=4+t\). L’équation \(4+t=1\) donne \(4+t-4=1-4\), donc \(t=-3\) ; le pied est \((-2;3;1)\). Sa cote vaut \(1\) et son déplacement \((0;0;-3)\) est un multiple du normal. Revenir ensuite à
la tentative avec plan obliqueen effectuant ses deux contrôles.
Pourquoi ce pied donne-t-il la plus petite distance ?
Définition 9.17 — Distance d’un point à un plan
La distance de \(A\) au plan \(\mathcal P\), notée \(d(A,\mathcal P)\), est la plus petite des longueurs \(AM\) lorsque \(M\) parcourt le plan. Le théorème suivant prouve que ce minimum existe et identifie le point qui le réalise.
Théorème 9.18 — Le projeté est l’unique point le plus proche
Si \(H\) est le projeté orthogonal de \(A\) sur \(\mathcal P\), alors, pour tout \(M\in\mathcal P\), \[\boxed{AM^2=AH^2+HM^2.}\] Ainsi \(AM\ge AH\), avec égalité si et seulement si \(M=H\). En particulier \(d(A,\mathcal P)=AH\).
Démonstration. Démonstration complète. Le vecteur \(\overrightarrow{AH}\) est normal au plan ou nul ; \(\overrightarrow{HM}\) est une direction du plan ou nul. Leur produit scalaire vaut donc zéro. Par Chasles, \(\overrightarrow{AM}=\overrightarrow{AH}+\overrightarrow{HM}\) ; la bilinéarité donne \[\begin{align*} AM^2&=(\overrightarrow{AH}+\overrightarrow{HM})\cdot(\overrightarrow{AH}+\overrightarrow{HM})\\ &=\overrightarrow{AH}\cdot\overrightarrow{AH}+\overrightarrow{AH}\cdot\overrightarrow{HM} +\overrightarrow{HM}\cdot\overrightarrow{AH}+\overrightarrow{HM}\cdot\overrightarrow{HM}\\ &=AH^2+0+0+HM^2. \end{align*}\] C’est aussi Pythagore dans le triangle rectangle en \(H\), lorsque les trois points forment un triangle non dégénéré. Comme \(HM^2\ge0\), \(AM^2\ge AH^2\). Les longueurs étant positives ou nulles, prendre les racines carrées conserve l’ordre : \(AM\ge AH\). L’égalité exige \(HM^2=0\), donc \(M=H\), et ce point donne bien l’égalité. Si \(A\) est dans le plan, \(H=A\) et la distance minimale est zéro ; le raisonnement reste valable.
Lecture. Le plan est \(z=0\), le point \(A(1;0;3)\) a pour projeté \(H(1;0;0)\), et \(M(3;2;0)\) est un autre point du plan. Le déplacement \(AH\) est normal au plan et orthogonal à \(HM\) ; le triangle est rectangle en \(H\). La perspective est une projection en deux dimensions et ne conserve pas les angles apparents.
Exemple de référence 9.19 — Une distance calculée puis comparée
Dans l’exemple de projection, \(A(4;0;-1)\) et \(H(11/3;-2/3;-1/3)\) donnent \(\overrightarrow{AH}=(-1/3;-2/3;2/3)\). \[AH^2=\left(-\frac13\right)^2+\left(-\frac23\right)^2+\left(\frac23\right)^2 =\frac19+\frac49+\frac49=\frac{1+4+4}{9}=1.\] Ainsi \(d(A,\mathcal P)=AH=\sqrt1=1\). Le point \(K(3;0;0)\) appartient au plan, mais \(AK^2=(3-4)^2+(0-0)^2+(0-(-1))^2=1+0+1=2\), donc \(AK=\sqrt2>1\). Ce contrôle illustre le minimum ; la preuve pour tous les points est le théorème, pas ce seul exemple.
Corollaire 9.20 — Une formule de distance, conséquence de la projection
Dans un repère orthonormé, si \(\mathcal P:ax+by+cz+d=0\) et \((a;b;c)\ne\vec0\), alors \[\boxed{d(A,\mathcal P)=\frac{|ax_A+by_A+cz_A+d|}{\sqrt{a^2+b^2+c^2}}.}\] Cette formule se retrouve à partir du projeté. La méthode de projection suffit au parcours principal ; la formule ne remplace ni les hypothèses ni le calcul du pied lorsqu’il est demandé.
Démonstration. Le théorème d’existence donne \(\overrightarrow{AH}=t\vec{n}\) avec \(t=-L/S\), où \(L=ax_A+by_A+cz_A+d\) et \(S=a^2+b^2+c^2>0\). Or \(\left\lVert t\vec{n}\right\rVert=|t|\left\lVert\vec{n}\right\rVert\) : en prenant les carrés, les deux expressions valent \(t^2S\), et elles sont positives ou nulles. Par le théorème du minimum, \[d(A,\mathcal P)=AH=\frac{|L|}{S}\sqrt S =\frac{|L|\sqrt S}{\sqrt S\sqrt S} =\frac{|L|}{\sqrt S}.\] La simplification utilise \(\sqrt S>0\). La valeur absolue est nécessaire pour obtenir une distance positive ou nulle, même si \(L\) est négatif.
Proposition 9.21 — La distance ne dépend pas de l’écriture de l’équation
Multiplier les quatre coefficients d’une équation de plan par \(\lambda\ne0\) ne change pas la distance fournie par le corollaire.
Démonstration. Le numérateur devient \(|\lambda L|=|\lambda||L|\). Le dénominateur devient \(\sqrt{(\lambda a)^2+(\lambda b)^2+(\lambda c)^2}=\sqrt{\lambda^2S}=|\lambda|\sqrt S\). Le facteur \(|\lambda|\) est strictement positif et se simplifie en haut et en bas. C’est la raison de la normalisation par la longueur du normal : l’expression \(|L|\) seule n’est pas une distance.
Méthode 9.22 — Choisir le calcul de distance utile
Si le projeté \(H\) est connu ou demandé, calculer d’abord \(\overrightarrow{AH}\) puis sa norme : on obtient la distance et un contrôle géométrique. Si seule la distance est demandée et le plan est donné par équation, la formule démontrée peut être utilisée : calculer séparément le numérateur, prendre sa valeur absolue, calculer la norme du normal, puis diviser par cette norme non nulle. Pour prouver qu’un autre point du plan est plus éloigné, utiliser \(AM^2=AH^2+HM^2\) ; si \(M\ne H\), le dernier terme est strictement positif. Comparer les carrés évite des racines inutiles, car les longueurs sont positives ou nulles.
À toi 9.23 — À toi : lire le minimum dans un triangle
Le plan est \(z=3\), \(A(1;2;7)\) et \(M(4;6;3)\). Trouver le projeté \(H\), puis calculer \(d(A,\mathcal P)\), \(HM\) et \(AM\). Expliquer pourquoi \(M\) ne réalise pas le minimum.
Correction expliquée 9.24 — Le pied et un autre point du plan
Un normal est \((0;0;1)\). Le projeté garde l’abscisse et l’ordonnée de \(A\) et prend la cote \(3\) : \(H(1;2;3)\). Le déplacement \(\overrightarrow{AH}=(1-1;2-2;3-7)=(0;0;-4)\) est normal et \(H\) est dans le plan. \(AH=\sqrt{0^2+0^2+(-4)^2}=4\), donc \(d(A,\mathcal P)=4\). \(\overrightarrow{HM}=(4-1;6-2;3-3)=(3;4;0)\), donc \(HM=\sqrt{9+16}=5\). Pythagore donne \(AM^2=AH^2+HM^2=16+25=41\), d’où \(AM=\sqrt{41}>4\), car \(41>16\). Le point \(M\ne H\) laisse un déplacement non nul dans le plan : il ne réalise pas le minimum.
À toi 9.25 — À tenter : calculer puis contrôler autrement
Calculer la distance de \(O(0;0;0)\) au plan \(\mathcal P:2x+2y+z-6=0\). Vérifier avec le projeté, puis comparer à la distance du point \(M(3;0;0)\), qui appartient au plan. Indice : le normal a pour longueur \(\sqrt{4+4+1}\) ; pour retrouver le pied, chercher \(H=t(2;2;1)\).
Correction expliquée 9.26 — Deux calculs concordants
Le numérateur est \(|2\times0+2\times0+0-6|=|-6|=6\) ; la norme du normal vaut \(\sqrt{2^2+2^2+1^2}=\sqrt9=3>0\). La distance est \(6/3=2\). Pour le projeté, \(H(2t;2t;t)\) appartient au plan si \(2(2t)+2(2t)+t-6=0\), soit \(4t+4t+t-6=0\), donc \(9t-6=0\). Ajouter \(6\) aux deux membres donne \(9t-6+6=0+6\), donc \(9t=6\). Diviser les deux membres par \(9\ne0\) donne \(9t/9=6/9\), donc \(t=(2\times3)/(3\times3)=2/3\). Ainsi \(H(4/3;4/3;2/3)\). Contrôle du plan : \(2(4/3)+2(4/3)+2/3-6=8/3+8/3+2/3-18/3=0\) ; ici \(6=(6\times3)/(1\times3)=18/3\). \[OH^2=\frac{16}{9}+\frac{16}{9}+\frac49=\frac{36}{9}=4, \qquad OH=2.\] Enfin \(2\times3+0+0-6=0\), donc \(M\in\mathcal P\), mais \(OM=3>2\). La distance au plan est le minimum, pas la distance à n’importe lequel de ses points.
Question que tu peux te poser 9.27 — Justifier un minimum et le rôle du dénominateur
1. Pourquoi le mot « minimum » est-il prouvé par \(AM^2=AH^2+HM^2\) ? 2. Pourquoi \(|ax_A+by_A+cz_A+d|\) seul ne donne-t-il pas une distance ? Réponse possible. Dans la première égalité, \(HM^2\ge0\) pour chaque point \(M\) du plan ; la valeur \(AH\) est donc une borne inférieure atteinte en \(H\), et atteinte seulement en \(H\) puisque \(HM^2=0\) impose \(M=H\). Dans la seconde question, multiplier l’équation par \(5\) décrirait le même plan mais multiplierait ce nombre par \(5\). Il faut le diviser par la norme du normal, elle aussi multipliée par \(5\), pour obtenir une grandeur indépendante de l’écriture. Critères : parler de tous les points du plan, montrer que la borne est atteinte et identifier l’égalité ; expliquer la valeur absolue et la normalisation par une quantité non nulle.
À toi 9.28 — Une équation multipliée et une formule à corriger
Pour l’origine et le plan \(2x+2y+z-6=0\), quelqu’un calcule \(|-6|/(2^2+2^2+1^2)=2/3\) et annonce une distance. Localiser l’erreur. Retrouver la distance avec l’équation équivalente \(-10x-10y-5z+30=0\).
Correction expliquée 9.29 — Longueur du normal, pas carré de sa longueur
Le dénominateur doit être la norme du normal : \(\sqrt{4+4+1}=3\), pas \(4+4+1=9\). La distance vaut donc \(6/3=2\). Dans l’autre équation, le normal est \((-10;-10;-5)\), de norme \(\sqrt{100+100+25}=\sqrt{225}=15\). Le numérateur est \(|30|=30\) ; on obtient \(30/15=2\). Le facteur \(-5\) appliqué à toute l’équation a multiplié les deux quantités positives par \(5\), donc leur quotient reste le même.
Méthode 9.30 — Reprise ciblée : distance, signe et facteur
Première erreur possible : garder une distance négative ou oublier la norme du normal. Revenir à la définition : une distance est une longueur. Exemple simple corrigé : la distance de l’origine au plan \(z-4=0\) vaut \(4\). Avec l’équation \(3z-12=0\), le numérateur est \(|-12|=12\) et la norme du normal \((0;0;3)\) vaut \(3\) ; \(12/3=4\). Nouvel essai : calculer la distance de l’origine à \(-2z+10=0\). Correction : la norme du normal \((0;0;-2)\) est \(\sqrt{(-2)^2}=2\) ; le numérateur vaut \(|10|=10\), donc la distance vaut \(5\). Vérification géométrique : soustraire \(10\) aux deux membres donne \(-2z+10-10=0-10\), donc \(-2z=-10\) ; diviser par \(-2\ne0\) donne \((-2z)/(-2)=(-10)/(-2)\), donc \(z=5\). Le pied est \((0;0;5)\), à distance \(5\). Revenir ensuite à la variation précédente avec le plan oblique.
À toi 9.31 — À reprendre plus tard, avant de relire
1. Projeter \(A(-3;4;0)\) sur \(z-2=0\) et donner la distance. 2. Projeter l’origine sur \(3x-4y+10=0\) et calculer la distance par deux méthodes. Aides : choisir chaque fois un normal ; la deuxième droite normale est \((3t;-4t;0)\).
Correction expliquée 9.32 — Correction de la reprise
1. Un normal est \((0;0;1)\) ; le pied garde \(x=-3,y=4\) et vérifie \(z=2\). Il est \(H(-3;4;2)\), et \(AH=\sqrt{0+0+2^2}=2\). 2. Le normal est \((3;-4;0)\). Sur la droite normale, l’équation donne \(3(3t)-4(-4t)+10=0\), soit \(3\times3t+(-4)\times(-4t)+10=0\), puis \(9t+16t+10=0\), donc \(25t+10=0\). Soustraire \(10\) aux deux membres donne \(25t+10-10=0-10\), donc \(25t=-10\). Diviser par \(25\ne0\) donne \(25t/25=-10/25\), donc \(t=(-2\times5)/(5\times5)=-2/5\). Le pied est \(H(-6/5;8/5;0)\). Contrôle : \(3(-6/5)-4(8/5)+10=-18/5-32/5+50/5=0\), avec \(10=(10\times5)/(1\times5)=50/5\). La norme donne \(OH=\sqrt{36/25+64/25}=\sqrt{100/25}=\sqrt4=2\). La formule donne aussi \(|10|/\sqrt{3^2+(-4)^2}=10/\sqrt{25}=10/5=2\).
Synthèse 9.33 — Le pied avant la distance
Le projeté vérifie l’appartenance au plan et le déplacement normal ; la droite normale et l’équation du plan permettent de le calculer. Le coefficient final est une somme de carrés strictement positive : le pied existe et est unique. Le théorème \(AM^2=AH^2+HM^2\) prouve le minimum. La distance est \(AH\), ou le quotient du résidu absolu de l’équation par la norme du normal. Si le point est déjà dans le plan, le pied est le point lui-même et la distance vaut zéro.
10. Projeter sur une droite et calculer une distance
Objectif. Trouver le pied d’une perpendiculaire à une droite de l’espace, justifier son unicité et calculer la plus courte distance.
Repérage : deux conditions à ne pas séparer
Dans un repère orthonormé, \(d\) est la droite des points \((t;0;0)\), \(t\in\mathbb{R}\), et \(P=(2;3;4)\). Parmi \(H=(2;0;0)\) et \(K=(0;0;0)\), lequel est le projeté orthogonal de \(P\) sur \(d\) ? Calcule \(PH\) et le produit scalaire de \(\overrightarrow{PH}\) avec \((1;0;0)\).
Correction expliquée 10.1 — Appartenir à la droite ne suffit pas
Les deux points appartiennent à \(d\). Mais \(\overrightarrow{PH}=(2-2;0-3;0-4)=(0;-3;-4)\) donne \(\overrightarrow{PH}\cdot(1;0;0)=0\times1+(-3)\times0+(-4)\times0=0\) ; le déplacement est orthogonal à la droite. À l’inverse, \(\overrightarrow{PK}=(0-2;0-3;0-4)=(-2;-3;-4)\) a pour produit scalaire \((-2)\times1+(-3)\times0+(-4)\times0=-2+0+0=-2\) avec ce directeur : \(K\) ne convient pas. \(PH=\sqrt{0^2+(-3)^2+(-4)^2}=\sqrt{0+9+16}=5\). Le pied est \(H\). Si tu as seulement testé l’appartenance, le rappel « Les outils nécessaires » ci-dessous est le point de reprise ; si le produit scalaire pose difficulté, le même rappel donne sa formule et son sens.
Les outils nécessaires, réunis ici
Rappel 10.2 — Droite, produit scalaire et norme
Dans un repère orthonormé, une droite de point d’appui \(A\) et de directeur \(\vec{u}=(a;b;c)\ne\vec0\) est l’ensemble des points \(M=A+t\vec{u}\), \(t\in\mathbb{R}\), c’est-à-dire \(\overrightarrow{AM}=t\vec{u}\). Pour \(\vec{v}=(v_1;v_2;v_3)\), \[\vec{v}\cdot\vec{u}=av_1+bv_2+cv_3,\qquad\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2=a^2+b^2+c^2>0.\] Le produit scalaire est nul exactement lorsque les vecteurs sont orthogonaux, le vecteur nul étant orthogonal à tout vecteur. Il est distributif : \((\vec{v}-t\vec{u})\cdot\vec{u}=\vec{v}\cdot\vec{u}-t\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2\). Ces résultats du produit scalaire sont rappelés ici ; la formule coordonnée permet de les vérifier par développement. La distance entre deux points est la norme du vecteur qui les relie.
Définition 10.3 — Projeté orthogonal sur une droite
Le projeté orthogonal de \(P\) sur une droite \(d\) est le point \(H\) de \(d\) tel que \(\overrightarrow{PH}\) soit orthogonal à un vecteur directeur de \(d\). Si \(P\) est déjà sur \(d\), son projeté est \(P\) lui-même. Si \(P\notin d\), les droites \((PH)\) et \(d\) sont perpendiculaires et se coupent en \(H\). Les deux conditions sont donc : \(H\in d\) et \(\overrightarrow{PH}\cdot\vec{u}=0\). Le théorème suivant établit qu’un tel point existe et qu’il est unique.
Intuition et représentation 10.4 — Le point le plus proche sur un rail
Imagine un rail droit, infini, et un point situé à côté de ce rail. Le projeté est l’endroit du rail que l’on atteint par le trajet le plus court. La direction de ce trajet forme un angle droit avec le rail. Le point est libre dans les trois dimensions : il ne suffit donc pas de « descendre verticalement » selon l’axe \(z\). Cette image donne un but à la recherche. Sa limite : un rail physique a une longueur finie et une épaisseur ; la droite mathématique est infinie et sans épaisseur. La propriété du plus court trajet sera démontrée, pas déduite de l’image.
Lecture. La droite passe par \(A=(0;0;0)\) et a pour directeur \((1;1;0)\). Pour \(P=(2;0;2)\), le pied est \(H=(1;1;0)\). Le point \(M=(2;2;0)\) est un autre point de la droite. Le triangle \(PHM\) est rectangle en \(H\) ; la projection du dessin sur la page ne préserve pas nécessairement l’angle droit.
Théorème 10.5 — Existence, unicité et coordonnées du projeté
Soit \(d\) la droite de point \(A\) et de directeur \(\vec{u}\ne\vec0\). Pour tout point \(P\), son projeté orthogonal \(H\) est donné par \[H=A+t_0\vec{u},\qquad t_0=\frac{\overrightarrow{AP}\cdot\vec{u}}{\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2}.\]
Démonstration. Un point de \(d\) s’écrit \(H=A+t\vec{u}\). Par Chasles, \[\overrightarrow{PH}=\overrightarrow{PA}+\overrightarrow{AH}=-\overrightarrow{AP}+t\vec{u}.\] La condition d’orthogonalité devient \[\begin{aligned} (-\overrightarrow{AP}+t\vec{u})\cdot\vec{u}&=0\\ \iff(-\overrightarrow{AP})\cdot\vec{u}+(t\vec{u})\cdot\vec{u}&=0\\ \iff-\overrightarrow{AP}\cdot\vec{u}+t(\vec{u}\cdot\vec{u})&=0\\ \iff-\overrightarrow{AP}\cdot\vec{u}+t\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2&=0. \end{aligned}\] On ajoute \(\overrightarrow{AP}\cdot\vec{u}\) aux deux membres : \[t\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2=\overrightarrow{AP}\cdot\vec{u}.\] Le diviseur est \(\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2\), strictement positif puisque \(\vec{u}\ne\vec0\). Diviser les deux membres par ce nombre donne \(\frac{t\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2}{\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2}=\frac{\overrightarrow{AP}\cdot\vec{u}}{\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2}\). Le coefficient de \(t\) devient \(\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2/\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2=1\) ; on obtient donc l’unique valeur \(t=t_0\) annoncée. Réciproquement, ce \(t_0\) définit un point de \(d\) et donne \[\overrightarrow{PH}\cdot\vec{u}=-\overrightarrow{AP}\cdot\vec{u}+ \frac{\overrightarrow{AP}\cdot\vec{u}}{\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2}\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2=0.\] L’existence et l’unicité sont donc prouvées. Si \(P=A+s\vec{u}\) est déjà sur la droite, alors \(\overrightarrow{AP}=s\vec{u}\), donc \(t_0=s\) et \(H=P\). Aucune hypothèse \(t_0\ne0\) ni \(P\ne A\) n’a été utilisée.
Méthode 10.6 — La méthode conseillée : point général puis orthogonalité
Indices. La droite est donnée par un point et un directeur ou par trois expressions paramétriques ; on demande un projeté, un pied de perpendiculaire ou une distance à la droite.
Écris \(H=A+t\vec{u}\) ; cela impose déjà \(H\in d\).
Calcule les trois coordonnées de \(\overrightarrow{PH}\) puis \(\overrightarrow{PH}\cdot\vec{u}\).
Résous l’équation \(\overrightarrow{PH}\cdot\vec{u}=0\) ; son coefficient de \(t\) est \(\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2>0\).
Remplace le paramètre dans les trois coordonnées de \(H\).
Contrôle l’appartenance et le produit scalaire nul, puis calcule \(PH\) si une distance est demandée.
La formule du théorème condense les mêmes étapes. La retrouver en cas d’oubli est plus sûr que la réciter avec \(\overrightarrow{PA}\) à la place de \(\overrightarrow{AP}\).
Exemple de référence 10.7 — Un projeté dont les coordonnées sont fractionnaires
On donne \(A=(1;-1;2)\), \(\vec{u}=(2;1;-1)\) et \(P=(4;2;3)\). Le directeur est non nul. Un point \(H\) de \(d\) a pour coordonnées \((1+2t;-1+t;2-t)\). \[\overrightarrow{PH}=(1+2t-4;-1+t-2;2-t-3)=(-3+2t;-3+t;-1-t).\] Le produit scalaire vaut \[\begin{align*} \overrightarrow{PH}\cdot\vec{u} &=2(-3+2t)+1(-3+t)+(-1)(-1-t)\\ &=2\times(-3)+2\times(2t)+1\times(-3)+1\times t+(-1)\times(-1)+(-1)\times(-t)\\ &=-6+4t-3+t+1+t=6t-8. \end{align*}\] La condition est \(6t-8=0\). Ajouter \(8\) aux deux membres donne \(6t-8+8=0+8\), soit \(6t=8\) ; diviser par \(6\ne0\) donne \(\frac{6t}{6}=\frac86\), donc \(t=8/6=4/3\), en divisant le numérateur et le dénominateur par \(2\). On remplace dans chaque coordonnée : \[x_H=1+2\times\frac43=\frac{1\times3}{1\times3}+\frac83=\frac33+\frac83=\frac{11}{3},\] \[y_H=-1+\frac43=-\frac33+\frac43=\frac13,\qquad z_H=2-\frac43=\frac{2\times3}{1\times3}-\frac43=\frac63-\frac43=\frac23.\] Donc \(H=(11/3;1/3;2/3)\). L’appartenance est assurée par le même paramètre \(4/3\) dans les trois coordonnées. Pour contrôler l’orthogonalité, \[\overrightarrow{PH}=\left(\frac{11}{3}-\frac{12}{3};\frac13-\frac63;\frac23-\frac93\right) =\left(-\frac13;-\frac53;-\frac73\right),\] où \(4=4\times3/3=12/3\), \(2=6/3\) et \(3=9/3\). Alors \[\overrightarrow{PH}\cdot\vec{u}=2\left(-\frac13\right)+1\left(-\frac53\right)+(-1)\left(-\frac73\right) =\frac{-2-5+7}{3}=0.\] La formule condensée donne le même paramètre : \(\overrightarrow{AP}=(3;3;1)\), \(\overrightarrow{AP}\cdot\vec{u}=3\times2+3\times1+1\times(-1)=6+3-1=8\) et \(\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2=4+1+1=6\).
Une autre voie scolaire : un plan perpendiculaire à la droite
Méthode 10.8 — Intersecter avec le plan qui passe par \(P\)
Le plan passant par \(P\) et normal à \(\vec{u}=(a;b;c)\) a pour équation \[a(x-x_P)+b(y-y_P)+c(z-z_P)=0.\] Cette équation exprime \(\overrightarrow{PX}\cdot\vec{u}=0\) pour ses points \(X\). Le projeté cherché est donc l’intersection de ce plan avec \(d\). Remplace \(x,y,z\) par les expressions de la droite et résous. Le coefficient obtenu est encore \(a^2+b^2+c^2>0\) : l’intersection est unique. Cette voie est utile lorsqu’une équation de plan apparaît déjà dans la situation. Elle nécessite seulement la caractérisation point–normal, rappelée ici ; elle n’utilise pas l’approfondissement d’intersection de deux plans.
Exemple de référence 10.9 — Retrouver le même point avec une équation cartésienne
Pour les données précédentes, le plan passant par \(P=(4;2;3)\) et normal à \((2;1;-1)\) a pour équation \[\begin{aligned} 2(x-4)+(y-2)-(z-3)&=0\\ \iff2\times x+2\times(-4)+y-2+(-1)\times z+(-1)\times(-3)&=0\\ \iff2x-8+y-2-z+3&=0\\ \iff2x+y-z-7&=0. \end{aligned}\] Sur \(d\), cela devient \[2(1+2t)+(-1+t)-(2-t)-7=0,\] \[\begin{aligned} 2\times1+2\times(2t)-1+t+(-1)\times2+(-1)\times(-t)-7&=0\\ \iff2+4t-1+t-2+t-7&=0\\ \iff6t-8&=0. \end{aligned}\] On retrouve \(t=4/3\), donc \(H=(11/3;1/3;2/3)\). Le point appartient bien au plan puisque \(2\times11/3+1/3-2/3-7=(22+1-2-21)/3=0\) ; ici \(7=7\times3/3=21/3\). Les deux méthodes traduisent la même orthogonalité, elles ne sont pas deux hypothèses différentes.
À toi 10.10 — Essai guidé : un axe décalé
Soit \(d\) définie par \(A=(1;0;0)\) et \(\vec{u}=(1;1;0)\). Trouve le projeté de \(P=(2;3;1)\). Commence par \(H=(1+t;t;0)\), puis écris \(\overrightarrow{PH}\) et son produit scalaire avec \(\vec{u}\). Ne suppose pas que \(z_H=z_P\) : le pied doit d’abord appartenir à la droite.
Correction expliquée 10.11 — Le paramètre vaut \(2\)
\(\overrightarrow{PH}=(1+t-2;t-3;0-1)=(t-1;t-3;-1)\). Le produit scalaire vaut \[\begin{aligned} &(t-1)\times1+(t-3)\times1+(-1)\times0\\ &=t\times1+(-1)\times1+t\times1+(-3)\times1+(-1)\times0\\ &=t-1+t-3+0=2t-4. \end{aligned}\] L’équation \(2t-4=0\) donne \(2t-4+4=0+4\) en ajoutant \(4\) aux deux membres, donc \(2t=4\) ; la division \(\frac{2t}{2}=\frac42\), autorisée par \(2\ne0\), donne \(t=2\). Ainsi \(H=(3;2;0)\). Contrôles : les trois coordonnées proviennent du paramètre \(2\) ; \(\overrightarrow{PH}=(1;-1;-1)\) et \(1\times1+(-1)\times1+(-1)\times0=0\). C’est le projeté recherché.
À toi 10.12 — À chercher : une direction oblique
La droite passe par \(A=(0;1;-1)\) et a pour directeur \(\vec{u}=(1;-2;2)\). Détermine le projeté de \(P=(2;0;3)\) par la méthode de ton choix. Donne un contrôle d’appartenance et un contrôle d’orthogonalité. Indice : \(\overrightarrow{AP}=(2;-1;4)\) ; le dénominateur de la formule est \(1^2+(-2)^2+2^2\).
Correction expliquée 10.13 — Un résultat exact avec tiers
\(\overrightarrow{AP}=(2-0;0-1;3-(-1))=(2;-1;4)\). Puis \(\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2=1^2+(-2)^2+2^2=1+4+4=9>0\) et \[\overrightarrow{AP}\cdot\vec{u}=2\times1+(-1)\times(-2)+4\times2=2+2+8=12.\] Donc \(t_0=12/9=4/3\). Le point est \[H=\left(\frac43;1-2\times\frac43;-1+2\times\frac43\right) =\left(\frac43;\frac33-\frac83;-\frac33+\frac83\right) =\left(\frac43;-\frac53;\frac53\right).\] Les constantes \(1\) et \(-1\) ont été écrites \(3/3\) et \(-3/3\) en multipliant numérateur et dénominateur par \(3\). L’appartenance se vérifie avec \(\overrightarrow{AH}=(4/3;-8/3;8/3)=(4/3)\vec{u}\) : les produits sont \((4/3)\times1=4/3\), \((4/3)\times(-2)=-8/3\) et \((4/3)\times2=8/3\). De plus, \[\overrightarrow{PH}=\left(\frac43-\frac63;-\frac53-0;\frac53-\frac93\right)=\left(-\frac23;-\frac53;-\frac43\right),\] et \[\overrightarrow{PH}\cdot\vec{u}=\left(-\frac23\right)\times1+\left(-\frac53\right)\times(-2)+\left(-\frac43\right)\times2=-\frac23+\frac{10}{3}-\frac83=\frac{-2+10-8}{3}=0.\] On a contrôlé les deux conditions, pas seulement appliqué une formule.
Question que tu peux te poser 10.14 — Pourquoi ce dénominateur est-il non nul ?
Justifie pourquoi \(\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2\) est strictement positif et explique pourquoi un paramètre \(t_0=0\) reste autorisé. Réponse possible. Le directeur \(\vec{u}\) n’est pas nul ; au moins une de ses coordonnées est non nulle, donc au moins un de leurs carrés est strictement positif, les autres étant non négatifs. La somme est positive. En revanche, le numérateur peut être nul ; on obtient alors \(t_0=0\), c’est-à-dire \(H=A\), ce qui peut parfaitement être le pied. Critères : identifier le vrai diviseur, utiliser la non-nullité du directeur, ne pas imposer une non-nullité inutile au paramètre.
Distance à une droite : pourquoi le pied est-il le plus proche ?
Théorème 10.15 — Le projeté réalise l’unique minimum de distance
Soit \(H\) le projeté orthogonal de \(P\) sur \(d\). Pour tout \(M\in d\), \[PM^2=PH^2+HM^2\ge PH^2.\] Donc \(PM\ge PH\), avec égalité si et seulement si \(M=H\).
Démonstration. Les vecteurs \(\overrightarrow{PH}\) et \(\overrightarrow{HM}\) sont orthogonaux : le premier est orthogonal au directeur de \(d\), le second en est un multiple. Par Chasles, \(\overrightarrow{PM}=\overrightarrow{PH}+\overrightarrow{HM}\), et le développement du carré de la norme donne d’abord les quatre produits : \(\overrightarrow{PM}\cdot\overrightarrow{PM}=\overrightarrow{PH}\cdot\overrightarrow{PH}+\overrightarrow{PH}\cdot\overrightarrow{HM}+\overrightarrow{HM}\cdot\overrightarrow{PH}+\overrightarrow{HM}\cdot\overrightarrow{HM}\). La symétrie regroupe les deux produits croisés, d’où \[\left\lVert\overrightarrow{PM}\right\rVert^2=\left\lVert\overrightarrow{PH}\right\rVert^2+2\overrightarrow{PH}\cdot\overrightarrow{HM}+\left\lVert\overrightarrow{HM}\right\rVert^2 =PH^2+HM^2.\] C’est Pythagore, valable également lorsqu’un vecteur est nul. Les carrés sont non négatifs ; l’égalité exige \(HM^2=0\), donc \(M=H\). Les distances étant non négatives, comparer leurs carrés équivaut à comparer les distances.
Définition 10.16 — Distance d’un point à une droite
La distance de \(P\) à \(d\), notée \(\operatorname{dist}(P,d)\), est la plus petite distance entre \(P\) et un point de \(d\). Le théorème montre que ce minimum existe, est atteint uniquement au projeté \(H\) et vaut \(PH\).
Corollaire 10.17 — Une formule de contrôle sans recalculer les coordonnées de \(H\)
Pour une droite de point \(A\) et de directeur \(\vec{u}\ne\vec0\), \[\operatorname{dist}(P,d)^2=\left\lVert\overrightarrow{AP}\right\rVert^2- \frac{(\overrightarrow{AP}\cdot\vec{u})^2}{\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2}.\]
Démonstration. Le triangle \(AHP\) est rectangle en \(H\), avec le cas dégénéré inclus. Le théorème précédent donne \(AP^2=PH^2+AH^2\). Or \(\overrightarrow{AH}=t_0\vec{u}\), donc \[AH^2=t_0^2\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2 =\frac{(\overrightarrow{AP}\cdot\vec{u})^2}{\left\lVert\vec{u}\right\rVert^4}\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2 =\frac{(\overrightarrow{AP}\cdot\vec{u})^2}{\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2}.\] La simplification est légitime parce que \(\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2>0\). En soustrayant \(AH^2\) à l’égalité de Pythagore, on obtient la formule. Elle est une conséquence utile ; déterminer le projeté puis sa distance reste une méthode suffisante du parcours scolaire.
Exemple de référence 10.18 — Terminer le problème de projection
Pour \(P=(4;2;3)\) et le pied \(H=(11/3;1/3;2/3)\) de l’exemple de référence, \[PH^2=\left(-\frac13\right)^2+\left(-\frac53\right)^2+\left(-\frac73\right)^2 =\frac1{9}+\frac{25}{9}+\frac{49}{9}=\frac{75}{9}=\frac{25}{3}.\] Ainsi \(\operatorname{dist}(P,d)=\sqrt{75}/3=5\sqrt3/3\) ; le dénominateur \(3\) est positif. Le contrôle par le corollaire donne \[AP^2=3^2+3^2+1^2=19,\qquad 19-\frac{8^2}{6}=19-\frac{64}{6}=19-\frac{32}{3} =\frac{19\times3}{1\times3}-\frac{32}{3}=\frac{57-32}{3}=\frac{25}{3}.\] Le carré de la distance est positif et inférieur à \(AP^2\), comme attendu puisque \(A\) est un point possible de la droite et \(H\) le plus proche.
À toi 10.19 — Essai guidé : utiliser le pied déjà calculé
Dans l’essai où \(P=(2;3;1)\) et \(H=(3;2;0)\), calcule la distance à la droite. Compare-la à \(PA\) pour \(A=(1;0;0)\) et explique le sens de l’inégalité.
Correction expliquée 10.20 — Le pied améliore le point d’appui
\(\overrightarrow{PH}=(3-2;2-3;0-1)=(1;-1;-1)\), donc \(PH^2=1^2+(-1)^2+(-1)^2=1+1+1=3\) et \(\operatorname{dist}(P,d)=\sqrt3\). Le déplacement \(\overrightarrow{PA}=(1-2;0-3;0-1)=(-1;-3;-1)\) donne \(PA^2=(-1)^2+(-3)^2+(-1)^2=1+9+1=11\), donc \(PA=\sqrt{11}>\sqrt3\). Le point d’appui appartient à la droite, mais n’est pas le pied ; le minimum est donc strictement plus petit. On vérifie aussi \(AH^2=2^2+2^2=8\) et \(PA^2=PH^2+AH^2=3+8=11\).
À toi 10.21 — À chercher : distance et plus proche point
Pour la droite \(M(t)=(t;1;-t)\) et \(P=(2;0;0)\), trouve le point le plus proche et la distance. Puis calcule la distance de \(P\) au point \(M(0)\) pour vérifier la cohérence. Indice : \(A=M(0)=(0;1;0)\) et \(\vec{u}=(1;0;-1)\) ; cherche d’abord le pied.
Correction expliquée 10.22 — La condition minimale décide le paramètre
\(\overrightarrow{AP}=(2-0;0-1;0-0)=(2;-1;0)\), \(\overrightarrow{AP}\cdot\vec{u}=2\times1+(-1)\times0+0\times(-1)=2\) et \(\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2=1+0+1=2>0\). Donc \(t_0=2/2=1\) et \(H=(1;1;-1)\). \(\overrightarrow{PH}=(1-2;1-0;-1-0)=(-1;1;-1)\) donne un produit scalaire \((-1)\times1+1\times0+(-1)\times(-1)=-1+1=0\), et \(H=M(1)\) appartient à la droite. La distance est \(PH=\sqrt{(-1)^2+1^2+(-1)^2}=\sqrt{1+1+1}=\sqrt3\). Enfin \(PA^2=(-2)^2+1^2+0^2=5\), donc \(PA=\sqrt5>\sqrt3\). Le point le plus proche est unique par le théorème du minimum, pas seulement parce qu’un logiciel a fourni une valeur.
Question que tu peux te poser 10.23 — Pourquoi un point éloigné ne peut-il pas faire mieux ?
Rédige une justification valable pour tout point \(M\) de la droite, sans essayer plusieurs valeurs du paramètre. Réponse possible. \(HM\) est dirigé par la droite et \(PH\) lui est orthogonal. Donc \(PM^2=PH^2+HM^2\). Le terme \(HM^2\) est non négatif, d’où \(PM\ge PH\), et il s’annule seulement pour \(M=H\). Critères : une phrase qui porte sur tout \(M\), l’orthogonalité justifiée, Pythagore, puis condition d’égalité. Des valeurs numériques nombreuses ne remplacent pas cet argument général.
Variations : changer la description ou changer l’objet
Proposition 10.24 — Changer le directeur ne change pas le pied
Si on remplace \(\vec{u}\) par \(\vec{v}=\lambda\vec{u}\), avec \(\lambda\ne0\), on décrit la même droite et le même projeté.
Démonstration. Le nouveau paramètre est \[s_0=\frac{\overrightarrow{AP}\cdot(\lambda\vec{u})}{\left\lVert\lambda\vec{u}\right\rVert^2} =\frac{\lambda(\overrightarrow{AP}\cdot\vec{u})}{\lambda^2\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2}=\frac{t_0}{\lambda}.\] Les diviseurs sont non nuls. Alors \(A+s_0\vec{v}=A+(t_0/\lambda)(\lambda\vec{u})=A+t_0\vec{u}=H\). Le paramètre change, le point ne change pas.
À toi 10.25 — Une droite n’est pas un segment
Soit le segment \([AB]\) avec \(A=(0;0;0)\), \(B=(1;0;0)\), et \(P=(3;1;0)\). Le projeté sur la droite \((AB)\) appartient-il au segment ? Quel point du segment est le plus proche de \(P\) ? Indice : un point du segment a pour coordonnées \((t;0;0)\) avec \(0\le t\le1\) ; écris le carré de la distance.
Correction expliquée 10.26 — La restriction du paramètre change le minimum
Le projeté sur la droite est \((3;0;0)\), correspondant à \(t=3\) : il n’appartient pas au segment. Pour \(0\le t\le1\), \[PM(t)^2=(t-3)^2+(0-1)^2=(3-t)^2+1.\] Dans cet intervalle, \(3-t\ge2\) avec égalité seulement pour \(t=1\). La distance est donc minimale en \(B\), et vaut \(\sqrt{2^2+1}=\sqrt5\). La distance à la droite est \(1\), tandis que celle au segment est \(\sqrt5\). Cette variation facultative rappelle pourquoi il faut lire l’objet et l’ensemble des paramètres avant d’appliquer une méthode.
Réparation : retrouver les deux conditions et le minimum
À toi 10.27 — D’une erreur au nouvel essai
Erreur 1. « Le pied de \(P\) sur \(d\) est le point d’appui \(A\). » Un point d’appui est seulement un point connu. Rappel : vérifier appartenance et orthogonalité. Exemple simple : sur l’axe \(x\), le pied de \((2;1;0)\) est \((2;0;0)\), pas nécessairement l’origine. Nouvel essai : pied de \((3;-2;1)\) sur l’axe \(x\) ?
Erreur 2. « La formule utilise \(\overrightarrow{PA}\) sans changement de signe. » Rappel : \(\overrightarrow{PH}=-\overrightarrow{AP}+t\vec{u}\), donc \(t\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2=\overrightarrow{AP}\cdot\vec{u}\). Exemple simple : \(A=O\), \(\vec{u}=(1;0;0)\), \(P=(2;1;0)\) donne \(t=2\) et non \(-2\). Nouvel essai : \(A=O\), \(\vec{u}=(1;0;0)\), \(P=(-3;2;0)\).
Erreur 3. « Une distance à la droite vaut toujours \(PA\). » Rappel : le minimum est \(PH\), et \(PA^2=PH^2+AH^2\). Exemple simple : \(P=(1;1;0)\), \(A=O\), droite axe \(x\) donnent \(PA=\sqrt2\), \(PH=1\). Nouvel essai : \(P=(2;3;0)\) sur la même droite ; compare \(PA\) et la distance.
Correction expliquée 10.28 — Trois reprises corrigées
1. Le pied est \((3;0;0)\) : le paramètre est \(3\) et le déplacement \((0;2;-1)\) a un produit scalaire nul avec \((1;0;0)\), puisque \(0\times1+2\times0+(-1)\times0=0\). Reviens à la tentative avec une direction oblique et vérifie ses deux conditions.
2. \(\overrightarrow{AP}=(-3;2;0)\) ; le numérateur vaut \((-3)\times1+2\times0+0\times0=-3\) et le dénominateur vaut \(1^2+0^2+0^2=1>0\). Donc \(t=(-3)/1=-3\) ; le pied est \((-3;0;0)\). Son déplacement depuis \(P\) est \((0;-2;0)\) ; son produit scalaire avec le directeur vaut \(0\times1+(-2)\times0+0\times0=0\), ce qui prouve l’orthogonalité. Reviens à la démonstration et vérifie l’ordre des lettres \(AP\).
3. \(A=O\), donc \(PA=\sqrt{(-2)^2+(-3)^2}=\sqrt{13}\). Le pied est \((2;0;0)\) et la distance vaut \(3\). On a bien \(13=9+4\). Reviens à la tentative de distance et distingue point d’appui, pied et minimum.
À reprendre plus tard, sans ouvrir d’abord la formule
À toi 10.29 — Retrouver le point et la distance
Soit \(A=(1;0;1)\), \(\vec{u}=(1;2;2)\) et \(P=(2;2;4)\). Détermine le projeté de \(P\) sur la droite \((A;\vec{u})\), sa distance à cette droite, puis justifie que tout autre point est plus éloigné. Si le directeur était remplacé par \(2\vec{u}\), que deviendrait le paramètre du pied ? Aide après tentative : écrire \(H=A+t\vec{u}\) et imposer \(\overrightarrow{PH}\cdot\vec{u}=0\) ; utiliser Pythagore pour la dernière justification.
Correction expliquée 10.30 — Calcul exact et conditions de réussite
\(\overrightarrow{AP}=(2-1;2-0;4-1)=(1;2;3)\). Le produit scalaire vaut \(1\times1+2\times2+3\times2=1+4+6=11\), et \(\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2=1+4+4=9>0\). Donc \(t_0=11/9\) et \[H=\left(1+1\times\frac{11}9;0+2\times\frac{11}9;1+2\times\frac{11}9\right)=\left(1+\frac{11}9;\frac{22}9;1+\frac{22}9\right)=\left(\frac{20}9;\frac{22}9;\frac{31}9\right),\] où \(1=9/9\) par multiplication en haut et en bas par \(9\). Le déplacement est \[\overrightarrow{PH}=\left(\frac{20-18}{9};\frac{22-18}{9};\frac{31-36}{9}\right)=\left(\frac29;\frac49;-\frac59\right),\] avec \(2=18/9\), \(4=36/9\). Le produit scalaire donne \((2/9)\times1+(4/9)\times2+(-5/9)\times2=(2+8-10)/9=0\), et l’appartenance est assurée par \(t_0\). La distance vaut \[PH=\sqrt{\left(\frac29\right)^2+\left(\frac49\right)^2+\left(-\frac59\right)^2}=\sqrt{\frac4{81}+\frac{16}{81}+\frac{25}{81}}=\frac{\sqrt{45}}9=\frac{\sqrt5}{3}.\] Pour tout autre \(M\) de la droite, \(PM^2=PH^2+HM^2>PH^2\), car \(HM^2>0\). Le nouveau directeur \(2\vec{u}\) donne le paramètre \(s_0=t_0/2=(11/9)/2=(11/9)\times(1/2)=11/18\), car diviser par le nombre non nul \(2\) revient à multiplier par son inverse \(1/2\) ; le point reste le même. Critères : directeur non nul, deux conditions contrôlées, fractions exactes, distance positive et minimum justifié pour tout point. Si l’une de ces étapes manque, reprends l’exemple correspondant avant de retenter cette tâche après un délai.
Synthèse 10.31 — Le point appartient à la droite, le déplacement lui est orthogonal
Écris le point général de la droite, puis impose une seule équation de produit scalaire. Le coefficient de son paramètre est le carré de la norme du directeur, donc strictement positif. La distance cherchée est celle du point à son pied ; Pythagore prouve qu’elle est minimale. Les deux contrôles essentiels restent \(H\in d\) et \(\overrightarrow{PH}\cdot\vec{u}=0\). Une droite entière, une demi-droite et un segment ne portent pas toujours le même point le plus proche.
11. Plans paramétriques et intersections de plans
Objectif. Approfondir le rôle de deux paramètres, passer d’une représentation à une autre et décrire explicitement l’intersection de plans simples.
Remarque 11.1 — Unité facultative, indépendante du parcours principal
La détermination explicite d’une droite d’intersection de deux plans est un approfondissement proposé par le programme. La représentation d’un plan par deux paramètres éclaire sa description par un point et deux directions ; elle n’est pas une nouvelle formule exigible du noyau du chapitre. L’exemple de trois plans reste un système simple. Aucun résultat de cette unité n’est nécessaire pour utiliser les méthodes principales sur les droites, équations de plans et projections.
1. Les rappels dont on a besoin ici
Rappel 11.2 — Points, vecteurs, plan et équations
Dans un repère, \(\overrightarrow{AB}=(x_B-x_A;y_B-y_A;z_B-z_A)\). Une égalité de vecteurs signifie que leurs trois coordonnées correspondantes sont égales. Un vecteur \(\vec{u}\ne\vec0\) et un point \(A\) décrivent une droite par \(\overrightarrow{AM}=t\vec{u}\), pour \(t\) parcourant \(\mathbb{R}\).
Un point \(A\) et deux vecteurs non colinéaires \(\vec{u},\vec{v}\) décrivent un plan : ses points sont ceux pour lesquels \(\overrightarrow{AM}=s\vec{u}+t\vec{v}\), avec \(s,t\) réels. Cette description géométrique par deux directions est un résultat de géométrie vectorielle rappelé dans cette unité. Le but de la première partie est d’en comprendre et d’en utiliser toutes les coordonnées.
Dans un repère orthonormé, une équation \(ax+by+cz=r\), avec \((a;b;c)\ne(0;0;0)\), décrit un plan dont un normal est \(\vec{n}=(a;b;c)\). Pour vérifier l’orthogonalité de deux vecteurs, on calcule la somme de leurs trois produits de coordonnées correspondantes. Ces résultats antérieurs sont rappelés ici ; la méthode d’intersection utilisera directement les équations, sans formule de produit vectoriel.
Enfin, résoudre un système signifie satisfaire toutes ses équations avec les mêmes inconnues. Ajouter une même expression aux deux membres d’une égalité, ou multiplier/diviser les deux membres par une constante non nulle, conserve les solutions. Remplacer une équation par elle-même plus un multiple d’une autre équation conservée est réversible : l’opération inverse consiste à retrancher ce multiple.
Lemme 11.3 — Unicité des deux coefficients
Si \(\vec{u},\vec{v}\) ne sont pas colinéaires, l’égalité \[s\vec{u}+t\vec{v}=s'\vec{u}+t'\vec{v}\] entraîne \(s=s'\) et \(t=t'\).
Démonstration. Démonstration complète. En retranchant le membre de droite aux deux membres, on obtient \[(s-s')\vec{u}+(t-t')\vec{v}=\vec0.\] Si \(t-t'\ne0\), on peut isoler \(\vec{v}\) et diviser par ce coefficient non nul : \[(t-t')\vec{v}=-(s-s')\vec{u}, \qquad \vec{v}=-\frac{s-s'}{t-t'}\vec{u}.\] Ce serait une colinéarité, contradiction. Donc \(t-t'=0\), soit \(t=t'\). Il reste \((s-s')\vec{u}=\vec0\). Le vecteur \(\vec{u}\) est non nul, car deux vecteurs dont l’un est nul sont colinéaires. Choisissons une de ses coordonnées non nulle ; l’égalité correspondante impose \(s-s'=0\) après division par cette coordonnée. Ainsi \(s=s'\).
2. Un plan décrit par deux paramètres
Définition 11.4 — Représentation paramétrique d’un plan
Soit \(A(x_A;y_A;z_A)\) un point et \(\vec{u}=(u_1;u_2;u_3)\), \(\vec{v}=(v_1;v_2;v_3)\) deux vecteurs non colinéaires. Le plan passant par \(A\) et dirigé par \(\vec{u},\vec{v}\) possède la représentation \[\boxed{\begin{cases} x=x_A+s u_1+t v_1,\\ y=y_A+s u_2+t v_2,\\ z=z_A+s u_3+t v_3, \end{cases}\qquad s,t\in\mathbb{R}.}\] Les deux paramètres sont libres : on peut choisir n’importe quel couple \((s;t)\) de réels. Pour un point donné, on utilise toutefois le même couple dans les trois lignes.
Proposition 11.5 — Ce que la représentation décrit exactement
Le système précédent décrit tous les points du plan, sans en ajouter d’autres. Pour les directions \(\vec{u},\vec{v}\) fixées et non colinéaires, chaque point du plan correspond à un unique couple de paramètres.
Démonstration. Démonstration complète. La description géométrique du plan donne \[M\text{ dans le plan}\quad\Longleftrightarrow\quad \overrightarrow{AM}=s\vec{u}+t\vec{v}\text{ pour deux réels }s,t.\] Les coordonnées de \(\overrightarrow{AM}\) sont \((x-x_A;y-y_A;z-z_A)\) ; celles du membre de droite sont \((su_1+tv_1;su_2+tv_2;su_3+tv_3)\). Égaler ces trois coordonnées, puis ajouter respectivement \(x_A,y_A,z_A\), donne les trois équations affichées. Chaque opération est réversible, ce qui établit les deux sens. L’unicité du couple découle du
lemme d'unicité des coefficients.
Intuition et représentation 11.6 — Deux réglages indépendants
On peut imaginer deux déplacements successifs depuis \(A\) : \(s\) fois la première direction, puis \(t\) fois la seconde. Changer \(s\) en gardant \(t\) fixe fait parcourir une droite parallèle à \(\vec{u}\) ; changer \(t\) déplace cette droite dans la direction \(\vec{v}\). Cela explique comment deux réglages couvrent un plan.
Les réglages sont des nombres réels : valeurs négatives, nulles et non entières sont autorisées. Le dessin d’un quadrillage ne représente qu’une petite partie des points. Surtout, deux réglages écrits ne garantissent pas deux directions différentes : si les vecteurs sont colinéaires, on ne couvre qu’une droite, ou un point si les deux sont nuls.
Lecture. Depuis A=(1;-1;2), les directions sont u=(1;1;0) et v=(0;1;1). Le point M=(3;0;1) est obtenu par le déplacement 2u puis le déplacement -v, donc par le couple (s;t)=(2;-1). Le quadrillage est une projection du plan sur la page ; il illustre les déplacements mais ne remplace pas les égalités de coordonnées.
À toi 11.7 — Repérage : lire un couple de paramètres
On considère \(x=s\), \(y=t\), \(z=0\), avec \(s,t\in\mathbb{R}\). Quel point obtient-on pour \(s=2\), \(t=-1\) ? Peut-on obtenir \((2;-1;4)\) ? Quelle condition imposée aux points est visible sans calcul ?
Correction expliquée 11.8 — Correction et orientation
Le couple \((2;-1)\) donne \((2;-1;0)\). Aucun couple ne donne \((2;-1;4)\), car la troisième coordonnée vaut toujours \(0\). L’ensemble est le plan de condition \(z=0\) ; ses deux directions \((1;0;0)\) et \((0;1;0)\) ne sont pas colinéaires. Si l’on avait oublié la troisième ligne, on aurait admis à tort tous les points de l’espace. Pour la simultanéité des lignes, relire la
définition de la représentation.
Méthode 11.9 — Construire et utiliser une représentation de plan
Indices : un point et deux directions, ou trois points non alignés, sont donnés. Premier geste : choisir le point d’appui et écrire les deux vecteurs. Avec trois points, on peut utiliser \(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC}\).
Vérifier la non-colinéarité des directions. Il ne suffit pas qu’elles soient toutes deux non nulles.
Écrire \(\overrightarrow{AM}=s\vec{u}+t\vec{v}\), puis les trois coordonnées avec le même couple \((s;t)\).
Pour tester un point, chercher un couple qui satisfait toutes les lignes. Les premières lignes utilisées proposent des valeurs ; les autres doivent les contrôler.
Pour vérifier la construction, retrouver le point d’appui avec \((0;0)\) et les deux déplacements de base avec \((1;0)\) et \((0;1)\).
La représentation n’est pas unique : on peut changer de point d’appui ou de directions. L’unicité du couple concerne seulement une représentation fixée avec ses deux directions non colinéaires.
Méthode 11.10 — Passer entre équation cartésienne et paramètres
Du paramétrique au cartésien : exprimer les paramètres à partir des coordonnées lorsque des coefficients non nuls le permettent, puis les éliminer. On obtient une condition nécessaire ; il faut aussi montrer que chaque point satisfaisant la nouvelle équation redonne un couple admissible. Ce second sens empêche de produire une équation trop large.
Du cartésien au paramétrique : dans \(ax+by+cz=r\), choisir une coordonnée dont le coefficient est non nul, l’exprimer à l’aide des deux autres, puis prendre ces deux autres comme paramètres libres. Par exemple, si \(c\ne0\), on pose \(x=s\), \(y=t\) et \(z=(r-as-bt)/c\). Les deux directions obtenues, \((1;0;-a/c)\) et \((0;1;-b/c)\), ne sont pas colinéaires : la première coordonnée d’une relation de colinéarité imposerait le facteur \(0\), incompatible avec la deuxième coordonnée \(1\) du second vecteur.
Contrôle : substituer les expressions dans l’équation initiale ; pour le sens inverse, récupérer les paramètres comme les deux coordonnées qui avaient été choisies libres. On ne divise jamais par un coefficient sans vérifier qu’il est non nul.
Exemple de référence 11.11 — Construire, tester et éliminer les paramètres
Soient \(A(1;-1;2)\), \(\vec{u}=(1;1;0)\) et \(\vec{v}=(0;1;1)\). Si \(\vec{v}=\lambda\vec{u}\), la première coordonnée donnerait \(\lambda=0\), puis la deuxième \(1=0\), impossible. Les directions définissent donc un plan \(\mathcal P\) avec le point \(A\).
Sa représentation est \[\begin{cases}x=1+s,\\y=-1+s+t,\\z=2+t,\end{cases}\qquad s,t\in\mathbb{R}.\] Les couples \((0;0)\), \((1;0)\), \((0;1)\) donnent respectivement \(A\), le point \(B\) défini par \(\overrightarrow{AB}=\vec{u}\) et le point \(C\) défini par \(\overrightarrow{AC}=\vec{v}\).
Pour \(P(4;0;0)\), la première ligne impose \(4=1+s\) : \(4-1=1+s-1\), donc \(3=s\), soit \(s=3\). La troisième impose \(0=2+t\) : \(0-2=2+t-2\), donc \(-2=t\), soit \(t=-2\). La deuxième donne alors \(-1+3+(-2)=0\), comme demandé : \(P\in\mathcal P\). Pour \(Q(4;1;0)\), les première et troisième coordonnées imposent encore \((3;-2)\), mais la deuxième vaut \(0\), et non \(1\). Donc \(Q\notin\mathcal P\).
Éliminons les paramètres. Pour tout point décrit, \[\begin{align*} x-y+z &=(1+s)-(-1+s+t)+(2+t)\\ &=1+s+(-1)\times(-1)+(-1)\times s+(-1)\times t+2+t\\ &=1+s+1-s-t+2+t=4. \end{align*}\] Ainsi \(x-y+z=4\) est nécessaire. Réciproquement, si un point vérifie cette équation, on en déduit \(y=x+z-4\) en ajoutant \(y\) puis retranchant \(4\) aux deux membres. Posons \(s=x-1\), \(t=z-2\). Alors \[1+s=x,\qquad 2+t=z,\qquad -1+s+t=-1+(x-1)+(z-2)=x+z-4=y.\] Les trois lignes sont satisfaites : l’équation cartésienne décrit exactement le même plan.
À toi 11.12 — Essai guidé : garder les trois descriptions cohérentes
Un plan passe par \(A(-1;2;0)\) et est dirigé par \(\vec{u}=(1;0;2)\), \(\vec{v}=(0;1;-1)\).
Vérifier que les directions ne sont pas colinéaires, puis écrire les trois équations paramétriques.
Tester le point \(P(1;3;3)\) : utiliser les deux premières coordonnées pour obtenir \(s,t\), puis contrôler la troisième.
Exprimer \(s,t\) à l’aide de \(x,y\) et en déduire une équation cartésienne. Vérifier également le sens inverse.
Correction expliquée 11.13 — Correction de l’essai guidé
La relation \(\vec{v}=\lambda\vec{u}\) imposerait, par la première coordonnée, \(\lambda=0\), puis, par la deuxième, \(1=0\), contradiction. La représentation est donc celle d’un plan : \[x=-1+s,\qquad y=2+t,\qquad z=2s-t,\qquad s,t\in\mathbb{R}.\] Pour \(P\), \(1=-1+s\) donne \(1+1=-1+s+1\), donc \(2=s\). Puis \(3=2+t\) donne \(3-2=2+t-2\), donc \(1=t\). Ainsi \(s=2\) et \(t=1\). Le contrôle est \(2\times2-1=4-1=3\), donc \(P\) appartient au plan.
Pour un point quelconque, \(s=x+1\) et \(t=y-2\). Alors \[\begin{aligned} z&=2(x+1)-(y-2)\\ &=2\times x+2\times1+(-1)\times y+(-1)\times(-2)\\ &=2x+2-y+2=2x-y+4. \end{aligned}\] Une équation est donc \(-2x+y+z=4\). Réciproquement, cette équation donne \(z=2x-y+4\). Avec \(s=x+1\), \(t=y-2\), les deux premières coordonnées sont \(-1+(x+1)=x\) et \(2+(y-2)=y\). Pour la troisième, on refait les produits avec ces expressions : \[\begin{aligned} 2s-t&=2(x+1)-(y-2)\\ &=2\times x+2\times1+(-1)\times y+(-1)\times(-2)\\ &=2x+2-y+2=2x-y+4=z. \end{aligned}\] On a bien l’équivalence complète.
À toi 11.14 — À chercher avant la correction
Le plan \(\mathcal P\) a pour équation \(x+2y-z=3\).
Construire une représentation paramétrique en choisissant \(y=s\), \(z=t\). Indiquer un point et les deux directions, puis vérifier leur non-colinéarité.
Tester les points \(E(1;2;2)\) et \(F(1;2;3)\) avec cette représentation.
Proposer une seconde représentation en choisissant cette fois \(x=s\), \(y=t\). Expliquer pourquoi les deux représentations décrivent le même plan.
Indice : la coordonnée non choisie libre se déduit de l’équation ; aucun choix arbitraire supplémentaire n’est nécessaire.
Correction expliquée 11.15 — Correction : deux représentations d’un même plan
On isole \(x\) en retranchant \(2y\) et ajoutant \(z\) aux deux membres : \[x+2y-z-2y+z=3-2y+z,\qquad x=3-2y+z.\] Ainsi \[x=3-2s+t,\qquad y=s,\qquad z=t.\] Le point d’appui est \((3;0;0)\) ; les directions sont \(\vec{u}=(-2;1;0)\) et \(\vec{v}=(1;0;1)\). Une relation \(\vec{v}=\lambda\vec{u}\) donnerait \(1=\lambda\times0=0\) à la troisième coordonnée ; elles ne sont pas colinéaires.
Pour \(E\), les deux dernières coordonnées imposent \((s;t)=(2;2)\), et la première devient \(3-2\times2+2=3-4+2=1\) : \(E\) convient. Pour \(F\), le couple imposé est \((2;3)\), mais la première devient \(3-2\times2+3=3-4+3=2\ne1\) : \(F\) ne convient pas.
Avec le second choix, on tire de l’équation \(z=x+2y-3\), d’où \[x=s,\qquad y=t,\qquad z=s+2t-3.\] Pour n’importe quel couple, on contrôle les deux représentations : \[\begin{aligned} (3-2s+t)+2s-t&=3-2s+t+2s-t=3,\\ s+2t-(s+2t-3)&=s+2t+(-1)\times s\\ &\quad+(-1)\times(2t)+(-1)\times(-3)\\ &=s+2t-s-2t+3=3. \end{aligned}\] Réciproquement, tout point de l’équation est obtenu par le couple \((y;z)\) dans la première et par le couple \((x;y)\) dans la seconde. Les ensembles de points sont donc identiques, même si les couples associés à un point changent.
Question que tu peux te poser 11.16 — Deux lettres suffisent-elles à faire un plan ?
Expliquer pourquoi chacune de ces descriptions ne donne qu’une droite : \[x=s+t,\quad y=2s+2t,\quad z=3s+3t,\quad s,t\in\mathbb{R};\] puis \[x=s,\quad y=t,\quad z=0,\quad \text{avec la contrainte }t=s.\] Nommer, dans chaque cas, la condition manquante du modèle d’un plan.
Correction expliquée 11.17 — Réponse possible et critères
Dans la première description, les deux directions sont toutes deux \((1;2;3)\) ; elles sont colinéaires. En posant \(q=s+t\), on obtient \((x;y;z)=(q;2q;3q)\), la droite passant par l’origine et dirigée par \((1;2;3)\). Tout réel \(q\) est effectivement obtenu, par exemple avec \((s;t)=(q;0)\).
Dans la seconde, les directions \((1;0;0)\) et \((0;1;0)\) seraient non colinéaires, mais les deux paramètres ne sont pas libres : \(t=s\). Les points deviennent \((s;s;0)\), donc une droite de directeur \((1;1;0)\).
Une justification complète distingue les deux obstacles : non-colinéarité des directions d’un côté, liberté du couple de l’autre. Compter les lettres sans vérifier ces conditions ne donne pas la dimension de l’ensemble.
À toi 11.18 — Une coordonnée absente de l’équation
Pour le plan \(2x+z=6\), une copie propose \(x=s\), \(y=0\), \(z=6-2s\). Cette proposition décrit-elle tout le plan ? Si elle est incomplète, la réparer et fournir un point que la première proposition oublie.
Correction expliquée 11.19 — Une absence de coefficient n’impose pas une coordonnée nulle
L’équation ne contient pas \(y\) : elle ne lui impose aucune valeur. Fixer \(y=0\) ajoute une condition qui n’était pas demandée et ne conserve qu’une droite. La représentation complète est \[x=s,\qquad y=t,\qquad z=6-2s,\qquad s,t\in\mathbb{R}.\] Les directions \((1;0;-2)\) et \((0;1;0)\) ne sont pas colinéaires. Le point \((0;5;6)\) vérifie \(2\times0+6=6\) et appartient au plan, mais la proposition initiale ne peut pas l’obtenir puisque sa deuxième coordonnée y reste nulle.
Point de vigilance 11.20 — Réparer un couple qui change d’une ligne à l’autre
Pour \(x=1+s\), \(y=-1+s+t\), \(z=2+t\), une copie essaie de faire appartenir \(Q(4;1;0)\) en utilisant \((3;0)\) pour la première ligne, \((2;0)\) pour la deuxième et \((0;-2)\) pour la troisième. Chaque ligne peut ainsi être rendue vraie séparément ; ce n’est pas une solution du système, car le couple change.
Rappel : l’appartenance demande un seul couple commun. Exemple plus simple corrigé : avec \(x=s\), \(y=t\), \(z=s+t\), le point \((1;2;4)\) imposerait \(s=1\), \(t=2\), puis \(z=1+2=3\ne4\) ; il n’appartient pas au plan.
Nouvel essai : dans ce modèle plus simple, tester \((2;-1;1)\), en écrivant le couple puis le contrôle de la troisième coordonnée.
Correction expliquée 11.21 — Correction et retour au point initial
Le point \((2;-1;1)\) impose \((s;t)=(2;-1)\). Sa troisième coordonnée est bien \(2+(-1)=1\) : il appartient au plan.
Revenons à \(Q(4;1;0)\) dans le modèle initial. Les première et troisième lignes imposent \(s=3\) et \(t=-2\). Le même couple donne dans la deuxième ligne \(-1+3+(-2)=0\), et non \(1\). Aucun autre couple n’est possible puisque ces deux valeurs étaient imposées ; \(Q\) n’appartient donc pas au plan.
À toi 11.22 — À reprendre plus tard : partir de trois points
On donne \(A(0;1;-1)\), \(B(2;1;0)\) et \(C(0;3;1)\). Sans relire la méthode :
vérifier qu’ils définissent un plan et en donner une représentation paramétrique ;
décider si \(D(2;-1;-2)\) appartient à ce plan ;
obtenir une équation cartésienne et justifier le sens inverse.
Indice : choisir les directions \(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC}\). Critères : non-colinéarité, couple commun, contrôle des trois coordonnées, deux sens du changement de représentation.
Correction expliquée 11.23 — Correction de la reprise différée
On calcule \(\overrightarrow{AB}=(2-0;1-1;0-(-1))=(2;0;1)\) et \(\overrightarrow{AC}=(0-0;3-1;1-(-1))=(0;2;2)\). Si le second était \(\lambda\) fois le premier, la première coordonnée donnerait \(0=2\lambda\), donc \(\lambda=0\) après division par \(2\ne0\) ; la deuxième donnerait alors \(2=0\), contradiction.
La représentation est \(x=2s\), \(y=1+2t\), \(z=-1+s+2t\). Pour \(D\), \(2=2s\) donne, puisque \(2\ne0\), \(\dfrac22=\dfrac{2s}{2}\), puis \(1=\dfrac22s=s\), donc \(s=1\). La deuxième équation donne \(-1-1=1+2t-1\), soit \(-2=2t\). Comme \(2\ne0\), \(\dfrac{-2}{2}=\dfrac{2t}{2}\), donc \(-1=\dfrac22t=t\) et \(t=-1\). Le contrôle de la troisième ligne est \(-1+1+2\times(-1)=-2\) : \(D\) appartient au plan.
Pour un point quelconque, \(s=x/2\) et \(2t=y-1\). Ainsi \[z=-1+\frac{x}{2}+(y-1)=\frac{x}{2}+y-2.\] En multipliant les deux membres par \(2\), on écrit d’abord les trois produits : \[\begin{aligned} 2z&=2\left(\frac{x}{2}+y-2\right)\\ &=2\times\frac{x}{2}+2\times y+2\times(-2)\\ &=\frac{2}{2}x+2y-4=x+2y-4. \end{aligned}\] On obtient donc \(x+2y-2z=4\).
Réciproquement, pour un point de cette équation, prenons \(s=x/2\) et \(t=(y-1)/2\). Ces divisions sont autorisées car \(2\ne0\). Les deux premières coordonnées donnent \[2s=2\times\frac{x}{2}=\frac22x=x, \qquad 1+2t=1+2\times\frac{y-1}{2} =1+\frac22(y-1)=1+y-1=y.\] Pour la troisième, \[\begin{aligned} -1+s+2t&=-1+\frac{x}{2}+2\times\frac{y-1}{2}\\ &=-1+\frac{x}{2}+\frac22(y-1) =\frac{x}{2}+y-2. \end{aligned}\] La mise au même dénominateur multiplie le numérateur et le dénominateur par \(2\), puis distribue ce facteur au numérateur : \[\begin{aligned} y-2&=\frac{y-2}{1} =\frac{2(y-2)}{2\times1}\\ &=\frac{2\times y+2\times(-2)}{2} =\frac{2y-4}{2}. \end{aligned}\] Ainsi \[-1+s+2t=\frac{x}{2}+\frac{2y-4}{2} =\frac{x+2y-4}{2}=\frac{2z}{2}=z.\] Le sens inverse est donc établi.
3. Décrire une droite d’intersection de deux plans
Définition 11.24 — Ce que signifie appartenir à l’intersection
Un point appartient à \(\mathcal P\cap\mathcal Q\) s’il appartient à \(\mathcal P\) et à \(\mathcal Q\). Si les plans sont donnés par des équations, les coordonnées du point doivent donc satisfaire les deux équations simultanément.
Proposition 11.25 — Lorsque les équations ont des coefficients proportionnels
Considérons \(\mathcal P:ax+by+cz=r\) avec \((a;b;c)\ne\vec0\). Si la seconde équation s’écrit \(\lambda ax+\lambda by+\lambda cz=r'\) avec \(\lambda\ne0\), les plans sont confondus si \(r'=\lambda r\), et disjoints si \(r'\ne\lambda r\).
Démonstration. Démonstration complète. Pour un point de \(\mathcal P\), le membre de gauche de la seconde équation vaut \(\lambda(ax+by+cz)=\lambda r\). Si \(r'\ne\lambda r\), ce point ne peut donc pas être dans le second plan. Si \(r'=\lambda r\), multiplier la première équation par \(\lambda\) donne la seconde ; réciproquement, diviser la seconde par \(\lambda\ne0\) redonne la première. Les ensembles de points sont alors identiques.
Théorème 11.26 — Deux normales non colinéaires donnent une droite d’intersection
Deux plans dont les vecteurs normaux ne sont pas colinéaires se coupent suivant une droite. On peut le démontrer en résolvant leurs deux équations avec une coordonnée libre, sans théorie générale des systèmes.
Démonstration. Démonstration complète pour deux équations, avec permutation éventuelle des noms des coordonnées. Écrivons \[\begin{cases}ax+by+cz=r,\\a'x+b'y+c'z=r'.\end{cases}\] Le premier normal est non nul ; une de ses coordonnées est donc non nulle. Appelons-la \(a\), en échangeant au besoin les noms \(x,y,z\). On a alors \(a\ne0\).
Conservons la première équation et retranchons \(a'/a\) fois cette première équation à la seconde. Cette opération est réversible. Le coefficient de \(x\) devient \(a'-(a'/a)a=0\). On obtient \[\begin{cases}ax+by+cz=r,\\\beta y+\gamma z=\delta,\end{cases}\] où \(\beta=b'-(a'/a)b\), \(\gamma=c'-(a'/a)c\) et \(\delta=r'-(a'/a)r\). Les deux nombres \(\beta,\gamma\) ne peuvent pas être nuls ensemble : sinon \(a'=(a'/a)a\), \(b'=(a'/a)b\) et \(c'=(a'/a)c\), ce qui rendrait les deux normaux colinéaires.
Supposons d’abord \(\beta\ne0\). On choisit \(z=t\) librement. La seconde équation donne \[y=\frac{\delta-\gamma t}{\beta} =\frac{\delta}{\beta}-\frac{\gamma}{\beta}t =y_0+v_y t,\] avec \(y_0=\delta/\beta\) et \(v_y=-\gamma/\beta\). La première donne, puisque \(a\ne0\), \[\begin{align*} x&=\frac{r-b(y_0+v_y t)-ct}{a}\\ &=\frac{r+(-b)\times y_0+(-b)\times(v_y t)-ct}{a}\\ &=\frac{r-by_0-bv_y t-ct}{a} =\frac{r-by_0}{a}+\frac{-bv_y-c}{a}t =x_0+v_x t. \end{align*}\] Les solutions sont donc exactement \((x_0+v_x t;y_0+v_y t;t)\) pour \(t\in\mathbb{R}\). Chaque couple de divisions était autorisé ; les valeurs construites satisfont la seconde équation par construction, puis la première par la définition de \(x\). L’opération de soustraction ayant été réversible, elles satisfont aussi le système initial. Inversement, tout point du système impose ce même calcul avec \(t=z\). Il s’agit d’une droite de point \((x_0;y_0;0)\) et de directeur \((v_x;v_y;1)\), non nul puisque sa troisième coordonnée vaut \(1\).
Si \(\beta=0\), alors \(\gamma\ne0\). La seconde équation fixe \(z=\delta/\gamma\) ; on choisit \(y=t\) et on obtient \[x=\frac{r-bt-c(\delta/\gamma)}{a} =\frac{r-c\delta/\gamma}{a}-\frac{b}{a}t.\] Les solutions sont une droite, de directeur \((-b/a;1;0)\) non nul. Les mêmes justifications directes valent : la seconde équation est satisfaite par le choix de \(z\), la première par celui de \(x\), et tout point initial est retrouvé avec \(t=y\). Les deux possibilités couvrent tous les cas.
Remarque 11.27 — Portée de cette preuve
La preuve explique pourquoi une coordonnée reste libre lorsque les deux normales ne sont pas colinéaires. Elle ne demande ni matrices, ni rang, ni formule de déterminant. Pour les exercices, il n’est pas utile de mémoriser ses lettres générales : on choisit la substitution ou la combinaison la plus simple dans les deux équations données.
À toi 11.28 — Repérage : deux équations, trois coordonnées
Les plans sont donnés par \(x=1\) et \(y=2\). Quelle coordonnée n’est pas fixée ? Donner trois points communs, puis une représentation de tous les points communs.
Correction expliquée 11.29 — Correction et orientation
La coordonnée \(z\) n’est pas fixée. Les points \((1;2;0)\), \((1;2;1)\) et \((1;2;-3)\) conviennent. L’ensemble entier est décrit par \(x=1\), \(y=2\), \(z=t\), avec \(t\in\mathbb{R}\) : c’est une droite de directeur \((0;0;1)\). Si l’on n’a écrit qu’un point, relire le rôle d’une coordonnée libre dans le
théorème précédent; résoudre le système doit conserver toutes les solutions.
Méthode 11.30 — Déterminer l’intersection de deux plans
Indices : on cherche tous les points communs à deux équations de plans. Premier geste : écrire les deux équations dans un même système, avec les mêmes coordonnées \(x,y,z\).
Repérer une équation multiple de l’autre : comparer aussi les constantes. On peut obtenir un même plan ou aucune solution.
Sinon, isoler une coordonnée dans une équation facile, ou combiner les équations pour éliminer une coordonnée. Conserver une équation indépendante afin de ne pas perdre une condition.
Choisir comme paramètre une coordonnée réellement libre et exprimer les deux autres en fonction d’elle. Ne pas donner au paramètre une valeur unique si l’on demande l’ensemble des points.
Vérifier les deux sens : toute valeur du paramètre donne un point des deux plans ; tout point commun correspond au paramètre choisi.
Contrôles : un point d’appui satisfait les deux équations ; le directeur non nul est orthogonal aux deux normaux. Ces contrôles confortent la construction. Pour démontrer une égalité d’ensembles, on garde également le raisonnement de résolution réversible ou les deux inclusions.
Exemple de référence 11.31 — Une combinaison qui laisse une coordonnée libre
Cherchons l’intersection de \(\mathcal P:x+y+z=2\) et \(\mathcal Q:2x-y+z=1\). Retranchons la première équation à la seconde, en conservant la première : \[\begin{aligned} (2x-y+z)-(x+y+z)&=1-2,\\ 2x-y+z+(-1)\times x+(-1)\times y+(-1)\times z&=-1,\\ 2x-y+z-x-y-z&=-1. \end{aligned}\] On obtient donc \(x-2y=-1\). Ajoutons \(2y\) aux deux membres : \(x-2y+2y=-1+2y\), donc \(x=2y-1\).
Prenons \(y=t\). La première équation donne \(x+y+z-x-y=2-x-y\), donc \(z=2-x-y\). Ainsi \[\begin{aligned} z&=2-(2t-1)-t\\ &=2+(-1)\times(2t)+(-1)\times(-1)-t\\ &=2-2t+1-t=3-3t. \end{aligned}\] L’ensemble proposé est \[\mathcal D:\quad x=-1+2t,\qquad y=t,\qquad z=3-3t,\qquad t\in\mathbb{R}.\] Pour toute valeur de \(t\), on vérifie \[\begin{align*} x+y+z&=(-1+2t)+t+(3-3t)\\ &=-1+3+2t+t-3t=2,\\ 2x-y+z&=2(-1+2t)-t+(3-3t)\\ &=2\times(-1)+2\times(2t)-t+3-3t\\ &=-2+4t-t+3-3t=1. \end{align*}\] Réciproquement, tout point commun vérifie \(x=2y-1\) par la soustraction, puis \(z=3-3y\) par la première équation ; il est donc obtenu avec \(t=y\). On a bien \(\mathcal P\cap\mathcal Q=\mathcal D\).
Le point d’appui est \(A(-1;0;3)\) et le directeur \(\vec{u}=(2;1;-3)\) est non nul. Les normaux sont \((1;1;1)\) et \((2;-1;1)\). Les contrôles des directions donnent \(1\times2+1\times1+1\times(-3)=2+1-3=0\) et \(2\times2+(-1)\times1+1\times(-3)=4-1-3=0\).
À toi 11.32 — Essai guidé : une substitution directe
Déterminer l’intersection de \(\mathcal P:x+z=3\) et \(\mathcal Q:y-z=-1\). Choisir \(z=t\), exprimer \(x\) et \(y\), puis vérifier pour tout \(t\) les deux équations. Expliquer comment retrouver \(t\) à partir de n’importe quel point commun.
Correction expliquée 11.33 — Correction de l’essai guidé
La première équation donne \(x+z-z=3-z\), donc \(x=3-z\). La seconde donne \(y-z+z=-1+z\), donc \(y=z-1\). Ainsi \[x=3-t,\qquad y=t-1,\qquad z=t,\qquad t\in\mathbb{R}.\] Le contrôle est \((3-t)+t=3\) et \((t-1)-t=-1\). Réciproquement, tout point commun est obtenu en choisissant \(t=z\), car ses deux autres coordonnées sont alors imposées par les équations. L’intersection est la droite passant par \((3;-1;0)\) de directeur \((-1;1;1)\), non nul.
À toi 11.34 — À chercher avant la correction
Déterminer l’ensemble des points satisfaisant \[\begin{cases}x+2y-z=1,\\2x-y+z=4.\end{cases}\] Donner une représentation paramétrique, un point d’appui et un directeur. Vérifier les équations initiales et justifier que tous les points communs ont été trouvés.
Indice : l’addition des deux équations élimine \(z\) ; on peut alors choisir \(x\) comme paramètre.
Correction expliquée 11.35 — Correction complète
En additionnant membre à membre, on obtient \(x+2y-z+2x-y+z=1+4\), soit \(3x+y=5\). Donc \(y=5-3x\). Avec \(x=t\), la première équation donne \(z=x+2y-1\), d’où \[\begin{aligned} z&=t+2(5-3t)-1\\ &=t+2\times5+2\times(-3t)-1\\ &=t+10-6t-1=9-5t. \end{aligned}\] La droite obtenue a pour représentation \[x=t,\qquad y=5-3t,\qquad z=9-5t,\qquad t\in\mathbb{R}.\] Elle passe par \((0;5;9)\) et son directeur est \((1;-3;-5)\), non nul. Pour tout \(t\), \[\begin{align*} x+2y-z&=t+2(5-3t)-(9-5t)\\ &=t+2\times5+2\times(-3t)\\ &\quad+(-1)\times9+(-1)\times(-5t)\\ &=t+10-6t-9+5t=1,\\ 2x-y+z&=2t-(5-3t)+(9-5t)\\ &=2t+(-1)\times5+(-1)\times(-3t)+9-5t\\ &=2t-5+3t+9-5t=4. \end{align*}\] Réciproquement, tout point initial satisfait l’équation obtenue par addition, donc \(y=5-3x\), puis la première équation impose \(z=9-5x\). Il se retrouve avec \(t=x\). Les solutions sont exactement celles de la droite affichée.
Question que tu peux te poser 11.36 — Une inclusion est-elle une égalité ?
On a trouvé une droite dont tous les points satisfont les deux équations de plans. Cela suffit-il, à soi seul, à prouver que cette droite est toute leur intersection ? Répondre en examinant les plans \(x+y+z=2\) et \(2x+2y+2z=4\), puis expliquer le contrôle supplémentaire dans une résolution.
Correction expliquée 11.37 — Réponse possible et critères
Non : cela prouve seulement que la droite est contenue dans l’intersection. Les deux équations proposées décrivent le même plan, car la seconde est deux fois la première, constante comprise. La droite \((x;y;z)=(2+t;-t;0)\) est dans les deux plans : \(2+t-t+0=2\), et le second membre de gauche vaut alors \(4\). Pourtant le point \((0;0;2)\) est aussi commun aux deux plans et n’appartient pas à cette droite, dont la troisième coordonnée reste nulle.
Il faut donc aussi établir que tout point commun est obtenu dans la représentation proposée, ou utiliser une suite d’opérations explicitement réversibles menant à la description de toutes les solutions. Les critères d’une justification complète sont la distinction inclusion/égalité, un contre-exemple effectif, puis l’explication du sens réciproque.
À toi 11.38 — Les constantes changent la conclusion
On fixe \(\mathcal P:x+2y-z=1\). Étudier son intersection avec chacun des plans suivants : \[\mathcal Q_1:2x+4y-2z=2,\qquad \mathcal Q_2:2x+4y-2z=3,\qquad \mathcal Q_3:x+2y+z=1.\] Il faut annoncer la nature de l’ensemble, et donner une représentation lorsqu’il s’agit d’une droite.
Correction expliquée 11.39 — Trois ensembles différents
Pour \(\mathcal Q_1\), l’équation est exactement deux fois celle de \(\mathcal P\) : les deux plans sont confondus et l’intersection est le plan entier.
Pour \(\mathcal Q_2\), un point de \(\mathcal P\) vérifie nécessairement \(2x+4y-2z=2\). Il ne peut pas vérifier en même temps que cette expression vaut \(3\). Les plans sont disjoints ; l’intersection est vide.
Pour \(\mathcal Q_3\), on soustrait membre à membre, en distribuant le signe moins : \[\begin{aligned} (x+2y+z)-(x+2y-z)&=1-1,\\ x+2y+z+(-1)\times x+(-1)\times(2y)+(-1)\times(-z)&=0,\\ x+2y+z-x-2y+z&=0. \end{aligned}\] On obtient \(2z=0\). Puisque \(2\ne0\), \(\dfrac{2z}{2}=\dfrac02\), puis \(\dfrac22z=0\), donc \(z=0\). Il reste \(x+2y=1\). Avec \(y=t\), on obtient \(x=1-2t\), \(y=t\), \(z=0\). Pour tout \(t\), les deux équations valent \(1-2t+2t=1\). Tout point commun vérifie réciproquement \(z=0\) puis \(x=1-2y\) ; l’intersection est exactement cette droite.
Remarque 11.40 — Choisir une coordonnée réellement libre
Pour les plans \(x=2\) et \(y=-1\), la coordonnée libre est \(z\) : l’intersection est \((2;-1;t)\), \(t\in\mathbb{R}\). On ne peut pas annoncer \(x=t\) avec \(t\) libre, puisque la première équation impose \(t=2\). Une coordonnée absente des contraintes peut rester libre ; une coordonnée fixée ne peut pas jouer ce rôle sans restreindre à nouveau le paramètre.
Point de vigilance 11.41 — Réparer une réponse réduite à un seul point
Pour les plans \(x+y+z=2\) et \(2x-y+z=1\), une copie choisit \(y=0\), trouve \((-1;0;3)\) et affirme avoir déterminé l’intersection. Le point est correct, mais rien n’imposait \(y=0\) : ce choix a supprimé les autres solutions.
Rappel sur un cas simple : \(x=1\) et \(y=2\) donnent tous les points \((1;2;t)\), \(t\in\mathbb{R}\), et non seulement \((1;2;0)\). Chaque valeur de \(t\) satisfait bien les deux équations, qui ne portent aucune restriction sur \(z\).
Nouvel essai : décrire toutes les solutions de \(z=2\) et \(x-y=1\), puis contrôler l’ensemble obtenu.
Correction expliquée 11.42 — Correction du nouvel essai et retour
La deuxième équation donne \(x-y+y=1+y\), donc \(x=1+y\). On pose \(y=t\) et obtient \((x;y;z)=(1+t;t;2)\), pour tout réel \(t\). Le contrôle donne \(z=2\) et \((1+t)-t=1\). Réciproquement, toute solution est obtenue avec \(t=y\).
Retour au système initial : il fallait conserver \(y=t\), ce qui donne \((-1+2t;t;3-3t)\). Le point calculé par la copie correspond seulement à \(t=0\). Par exemple, \(t=1\) fournit l’autre point \((1;1;0)\), qui vérifie \(1+1+0=2\) et \(2\times1-1+0=1\).
À toi 11.43 — À reprendre plus tard, puis ajouter un troisième plan
On considère \(\mathcal P:2x+y-z=0\) et \(\mathcal Q:x-y+z=3\).
Déterminer leur intersection, avec une justification dans les deux sens.
Parmi les points trouvés, lesquels appartiennent au plan \(\mathcal R:x+y+z=4\) ?
Indice : additionner les deux premières équations ; ensuite, remplacer les coordonnées de la droite dans la troisième équation. Critères : conserver toutes les solutions du premier système, résoudre la condition supplémentaire, contrôler le point final dans les trois équations.
Correction expliquée 11.44 — Correction : un exemple simple de trois plans
L’addition donne \(2x+y-z+x-y+z=0+3\), soit \(3x=3\). Puisque \(3\ne0\), \(\dfrac{3x}{3}=\dfrac33\), puis \(\dfrac33x=1\), donc \(x=1\). La première équation devient \(2+y-z=0\) : ajouter \(z\) aux deux membres donne \(2+y-z+z=0+z\), donc \(z=y+2\). Avec \(y=t\), les points communs sont \[(x;y;z)=(1;t;t+2),\qquad t\in\mathbb{R}.\] Ils vérifient les deux équations : \[\begin{aligned} 2+t-(t+2)&=2+t+(-1)\times t+(-1)\times2\\ &=2+t-t-2=0,\\ 1-t+(t+2)&=1-t+t+2=3. \end{aligned}\] Tout point initial possède réciproquement \(x=1\), puis \(z=y+2\) ; il est obtenu avec \(t=y\).
Dans le troisième plan, on doit avoir \(1+t+(t+2)=4\), soit \(2t+3=4\). Soustrayons \(3\) aux deux membres : \((2t+3)-3=4-3\), donc \(2t=1\). Puisque \(2\ne0\), \(\dfrac{2t}{2}=\dfrac12\), puis \(\dfrac22t=\dfrac12\), donc \(t=1/2\). La troisième coordonnée vaut \(1/2+2\). Pour additionner, on écrit \(2=2/1=(2\times2)/(1\times2)=4/2\), d’où \(z=1/2+4/2=5/2\).
Le seul point commun aux trois plans est donc \(H(1;1/2;5/2)\). Contrôlons : \[\begin{align*} 2x+y-z&=2+\tfrac12-\tfrac52 =\tfrac42+\tfrac12-\tfrac52=0,\\ x-y+z&=1-\tfrac12+\tfrac52 =\tfrac22-\tfrac12+\tfrac52=\tfrac62=3,\\ x+y+z&=1+\tfrac12+\tfrac52 =\tfrac22+\tfrac12+\tfrac52=\tfrac82=4. \end{align*}\] Chaque passage à \(1=2/2\) multiplie aussi le numérateur et le dénominateur de \(1/1\) par \(2\). Les trois conditions initiales sont vérifiées.
Remarque 11.45 — Un troisième plan peut aussi ne rien ajouter ou tout exclure
Dans le dernier exemple, la droite obtenue vérifie toujours \(x=1\). Si l’on ajoutait le plan \(x=1\), toute la droite resterait solution. Si l’on ajoutait le plan \(x=0\), il n’y aurait aucun point commun. Ces conclusions viennent de la substitution dans la troisième équation ; on ne déduit pas automatiquement « un point » du seul fait qu’il existe trois équations.
Synthèse 11.46 — Les distinctions à conserver
Un plan paramétrique demande un point, deux directions non colinéaires et deux paramètres libres. Pour un point donné, le même couple doit satisfaire les trois coordonnées. Une équation sans une coordonnée ne force pas cette coordonnée à être nulle.
Pour une intersection, on conserve toutes les conditions et toutes les solutions. Les constantes font partie des équations : des coefficients proportionnels ne suffisent pas à identifier deux plans. Une coordonnée libre devient un paramètre ; lui attribuer une seule valeur ne donne qu’un point particulier. Enfin, vérifier que la droite proposée est dans les deux plans prouve une inclusion ; la réciproque ou la réversibilité du système achève la démonstration de l’égalité.
12. Sphères, intersections et tangence — approfondissements facultatifs
Objectif. Décrire une sphère, étudier ses intersections avec une droite ou un plan, et distinguer le plan tangent des nombreuses droites tangentes en un point.
Un parcours facultatif, avec ses outils locaux
Cette unité prolonge les équations de plans et les représentations de droites. Elle n’est pas nécessaire pour les exercices du parcours principal. Le repère est orthonormé dans toute l’unité. Pour deux points \(A(x_A;y_A;z_A)\) et \(B(x_B;y_B;z_B)\), \[AB^2=(x_B-x_A)^2+(y_B-y_A)^2+(z_B-z_A)^2.\] La racine carrée donne la longueur \(AB\ge0\). Un carré réel est toujours positif ou nul ; \(u^2=0\) équivaut à \(u=0\). Pour deux nombres positifs ou nuls, l’égalité de leurs carrés équivaut à leur égalité.
Rappel 12.1 — Les calculs que l’on va employer
Une droite s’écrit \(M(t)=A+t\vec{u}\), où \(\vec{u}\ne\vec0\) et \(t\in\mathbb{R}\) ; c’est une écriture abrégée des trois coordonnées \(x_A+tu_1,y_A+tu_2,z_A+tu_3\). Dans un repère orthonormé, \(\vec{p}\cdot\vec{q}=p_1q_1+p_2q_2+p_3q_3\) et \(\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2=u_1^2+u_2^2+u_3^2>0\) lorsque \(\vec{u}\ne\vec0\). Pour un carré, la distributivité donne les quatre produits : \[(x-h)^2=x\times x+x\times(-h)+(-h)\times x+(-h)\times(-h) =x^2-2hx+h^2.\] On en déduit aussi \(x^2-2hx=(x-h)^2-h^2\) : c’est la forme utile pour retrouver un centre.
À toi 12.2 — Repérer les trois gestes
1. Quelle est la distance entre \(\Omega(1;0;0)\) et \(A(3;0;0)\) ? 2. Quelles sont les solutions réelles de \(t^2=9\), puis de \(t^2=-1\) ? 3. Pour le plan \(z=3\), quel est le point le plus proche de l’origine ? Quelle est sa distance à l’origine ?
Correction expliquée 12.3 — Correction et orientation
1. \(\Omega A^2=(3-1)^2+0^2+0^2=4\), donc \(\Omega A=\sqrt4=2\). 2. \(t^2=9\) donne \(t=3\) ou \(t=-3\) : les deux carrés valent \(9\). Un carré ne pouvant être négatif, \(t^2=-1\) n’a aucune solution réelle. 3. Le pied est \(H(0;0;3)\) et \(OH=3\). Pour tout \(M(x;y;3)\), \(OM^2=x^2+y^2+9\ge9\), avec égalité seulement pour \(x=y=0\). Si le premier point bloque, reprendre la formule de distance ; si le deuxième bloque, reprendre le signe des carrés et le rappel sur les trinômes ci-dessous ; si le troisième bloque, la partie « sphère et plan » redonne la preuve du minimum nécessaire.
Définir et reconnaître une sphère
Définition 12.4 — Sphère et boule
Pour un point \(\Omega\) et un réel \(R>0\), la sphère de centre \(\Omega\) et de rayon \(R\) est l’ensemble des points \(M\) tels que \(\Omega M=R\). Elle représente seulement la surface. La boule fermée correspond à \(\Omega M\le R\) : elle contient aussi l’intérieur. Si l’on autorise \(R=0\) dans l’égalité \(\Omega M=R\), l’ensemble se réduit au seul point \(\Omega\) ; nous traiterons ce cas séparément. Un rayon négatif ne définit pas une sphère : une distance ne peut pas lui être égale.
Intuition et représentation 12.5 — La surface d’un ballon, avec une limite précise
La surface d’un ballon parfaitement rond suggère l’ensemble des points à distance fixe du centre ; l’intérieur correspond à la boule. Le rayon donne la distance commune, dans toutes les directions. Un ballon réel possède une épaisseur et peut se déformer. La sphère mathématique est une surface sans épaisseur, définie par une égalité exacte. La comparaison aide à séparer surface et intérieur ; les calculs de distance donnent la définition formelle.
Théorème 12.6 — Équation cartésienne d’une sphère
Pour \(R>0\), la sphère de centre \(\Omega(\alpha;\beta;\gamma)\) et de rayon \(R\) a pour équation \[\boxed{(x-\alpha)^2+(y-\beta)^2+(z-\gamma)^2=R^2.}\]
Démonstration. Démonstration complète des deux sens. Pour \(M(x;y;z)\), le membre de gauche vaut \(\Omega M^2\). Si \(M\) appartient à la sphère, \(\Omega M=R\), donc son carré vaut \(R^2\) : l’équation est vérifiée. Réciproquement, l’équation donne \(\Omega M^2=R^2\). Les deux nombres \(\Omega M\) et \(R\) sont positifs ou nuls, avec \(R>0\) ; en prenant les racines carrées, \(\Omega M=\sqrt{R^2}=R\). Le point appartient donc à la sphère. Pour \(R=0\), la même équation impose trois carrés nuls, donc \(x=\alpha,y=\beta,z=\gamma\) : un singleton. Si on écrivait \(R=-2\), l’équation au carré décrirait un rayon \(2\), alors que l’égalité \(\Omega M=-2\) n’aurait aucune solution ; c’est pourquoi la condition sur le rayon est essentielle.
Méthode 12.7 — Construire, tester ou retrouver une sphère
Si le centre et le rayon sont connus, écrire les trois écarts au centre, les élever au carré, puis poser leur somme égale à \(R^2\). Pour tester un point, substituer ses coordonnées dans les écarts, puis comparer la somme à \(R^2\). Pour retrouver le centre dans une équation développée, regrouper séparément les termes en \(x\), en \(y\), en \(z\), puis compléter chaque carré. Lire ensuite le signe du nombre à droite : positif, rayon réel strictement positif ; nul, un point ; négatif, aucun point réel. Contrôler une transformation en redéveloppant les carrés. Le centre ne se lit pas en prenant directement les coefficients de \(x,y,z\) : ces coefficients sont les doubles opposés des coordonnées du centre.
Exemple de référence 12.8 — Du centre à l’équation, puis retour
La sphère de centre \(\Omega(1;-2;3)\) et de rayon \(2\) a pour équation \((x-1)^2+(y+2)^2+(z-3)^2=4\). Les carrés se développent ainsi : \[\begin{align*} (x-1)^2&=x\times x+x\times(-1)+(-1)\times x+(-1)\times(-1)=x^2-x-x+1,\\ (y+2)^2&=y\times y+y\times2+2\times y+2\times2=y^2+2y+2y+4,\\ (z-3)^2&=z\times z+z\times(-3)+(-3)\times z+(-3)\times(-3)=z^2-3z-3z+9. \end{align*}\] Après regroupement et soustraction de \(4\) aux deux membres, l’équation devient \(x^2+y^2+z^2-2x+4y-6z+10=0\). Le point \(A(3;-2;3)\) appartient à la sphère : \((3-1)^2+(-2-(-2))^2+(3-3)^2=2^2+0^2+0^2=4\). Le point \(B(3;-1;3)\) n’y appartient pas, car la somme vaut \(2^2+1^2+0^2=5\ne4\).
Dans l’autre sens, considérons \(x^2+y^2+z^2-4x+2y-6z+5=0\). Les identités \(x^2-4x=(x-2)^2-4\), \(y^2+2y=(y+1)^2-1\), \(z^2-6z=(z-3)^2-9\) résultent de la formule du carré rappelée plus haut, avec les deux produits croisés respectivement \(-2x-2x\), \(y+y\), \(-3z-3z\). L’équation devient \[(x-2)^2-4+(y+1)^2-1+(z-3)^2-9+5=0,\] soit \((x-2)^2+(y+1)^2+(z-3)^2-9=0\). Ajouter \(9\) aux deux membres donne une somme de carrés égale à \(9\) : centre \((2;-1;3)\), rayon \(\sqrt9=3\).
À toi 12.9 — À toi : construire et contrôler
Écrire une équation de la sphère de centre \(\Omega(-1;0;2)\) et de rayon \(3\), puis la développer. Tester \(A(2;0;2)\). Premier geste : conserver \(x-(-1)\) et \(z-2\) avant simplification.
Correction expliquée 12.10 — Les écarts au centre restent visibles
L’équation est \((x+1)^2+y^2+(z-2)^2=9\). \[(x+1)^2=x\times x+x\times1+1\times x+1\times1=x^2+x+x+1,\] \[(z-2)^2=z\times z+z\times(-2)+(-2)\times z+(-2)\times(-2)=z^2-2z-2z+4.\] On obtient \(x^2+2x+1+y^2+z^2-4z+4=9\). Soustraire \(9\) aux deux membres donne \(x^2+y^2+z^2+2x-4z+(1+4-9)=0\), soit \(x^2+y^2+z^2+2x-4z-4=0\). En \(A\), les écarts sont \(2-(-1)=3\), \(0-0=0\), \(2-2=0\) ; leur somme de carrés vaut \(9\). Le point appartient à la sphère.
À toi 12.11 — À tenter avant la correction
Reconnaître l’ensemble \(x^2+y^2+z^2-2x-4y+6z+10=0\). Tester le point \(M(1;2;-1)\). Indice : compléter les carrés \(x^2-2x\), \(y^2-4y\) et \(z^2+6z\) ; ne pas oublier les constantes retirées.
Correction expliquée 12.12 — Retrouver un rayon positif
On distribue chaque carré avant de réduire : \[\begin{align*} (x-1)^2&=x\times x+x\times(-1)+(-1)\times x+(-1)\times(-1)=x^2-x-x+1,\\ (y-2)^2&=y\times y+y\times(-2)+(-2)\times y+(-2)\times(-2)=y^2-2y-2y+4,\\ (z+3)^2&=z\times z+z\times3+3\times z+3\times3=z^2+3z+3z+9. \end{align*}\] En regroupant les deux termes croisés de chaque ligne, on obtient respectivement \(x^2-2x+1\), \(y^2-4y+4\) et \(z^2+6z+9\). On remplace donc les trois groupes par \[(x-1)^2-1+(y-2)^2-4+(z+3)^2-9+10=0.\] Les constantes donnent \(-1-4-9+10=-4\). Ajouter \(4\) aux deux membres donne \((x-1)^2+(y-2)^2+(z+3)^2=4\). C’est la sphère de centre \((1;2;-3)\) et de rayon \(2\). En \(M\), la somme vaut \((1-1)^2+(2-2)^2+(-1+3)^2=0+0+4=4\), donc \(M\) appartient à la sphère.
Question que tu peux te poser 12.13 — Une égalité au carré et ses conditions
Expliquer pourquoi une somme de trois carrés égale à \(-1\) ne décrit aucun point, et pourquoi une somme de trois carrés égale à \(0\) décrit un seul point lorsque ce sont \((x-\alpha)^2,(y-\beta)^2,(z-\gamma)^2\). Réponse possible : chacun des carrés est positif ou nul, donc leur somme ne peut être négative. Si la somme vaut zéro, aucun carré ne peut être positif ; ils sont tous nuls, ce qui impose les trois coordonnées du centre. Pour passer de \(\Omega M^2=R^2\) à \(\Omega M=R\), il faut aussi savoir que \(R\ge0\) ; sinon la racine de \(R^2\) vaut \(|R|\), pas \(R\). Critères : citer le signe des carrés, traiter les trois termes et rappeler le rôle du signe du rayon.
À toi 12.14 — Une même expression, trois ensembles
Classer les ensembles définis par \((x-2)^2+(y+1)^2+z^2=9\), puis par la même somme égale à \(0\), puis à \(-4\).
Correction expliquée 12.15 — Sphère, singleton, ensemble vide
Pour \(9>0\), c’est la sphère de centre \((2;-1;0)\) et de rayon \(\sqrt9=3\). Pour \(0\), chaque carré s’annule : \(x-2=0\), \(y+1=0\), \(z=0\), donc le seul point est \((2;-1;0)\). Pour \(-4<0\), aucune somme de carrés réels ne convient : ensemble vide. On ne peut pas annoncer un « rayon \(\sqrt{-4}\) » dans la géométrie réelle de cette unité.
Méthode 12.16 — Reprise : ne pas oublier le centre
Erreur possible : écrire \(x^2+y^2+z^2=R^2\) pour un centre qui n’est pas l’origine. Exemple simple corrigé : avec centre \((1;0;0)\) et rayon \(2\), l’équation est \((x-1)^2+y^2+z^2=4\). Le point \((3;0;0)\) convient, car \((3-1)^2=4\) ; dans la fausse équation centrée en \(O\), on obtiendrait \(9\ne4\). Nouvel essai : écrire la sphère de centre \((0;-1;0)\) et de rayon \(1\) ; l’origine y appartient-elle ? Correction : \(x^2+(y+1)^2+z^2=1\) ; en \(O\), \(0+(0+1)^2+0=1\), donc oui. Revenir ensuite à l’essai précédent en écrivant d’abord les trois écarts au centre, même ceux qui valent zéro.
Rencontrer une sphère en suivant une droite
Rappel 12.17 — Résoudre un trinôme et interpréter le discriminant
Pour \(At^2+Bt+C=0\) avec \(A\ne0\), on pose \(\Delta=B^2-4AC\). Si \(\Delta<0\), il n’y a aucune solution réelle ; si \(\Delta=0\), une solution \(-B/(2A)\) ; si \(\Delta>0\), deux solutions \((-B-\sqrt\Delta)/(2A)\) et \((-B+\sqrt\Delta)/(2A)\).
Démonstration. Rappel démontré par complétion du carré. Le nombre \(4A\) est non nul, donc l’équation équivaut à \(4A^2t^2+4ABt+4AC=0\). Or \[(2At+B)^2=(2At)(2At)+(2At)B+B(2At)+B^2 =4A^2t^2+4ABt+B^2.\] En remplaçant puis en ajoutant \(B^2-4AC\) aux deux membres, on obtient \((2At+B)^2=B^2-4AC=\Delta\). Le signe de \(\Delta\) donne les trois cas. Si \(\Delta\ge0\), \(2At+B=\pm\sqrt\Delta\) ; soustraire \(B\) aux deux membres puis diviser par \(2A\ne0\) donne les formules. Pour \(\Delta=0\), les deux écritures coïncident.
Théorème 12.18 — Zéro, un ou deux points d’intersection
Une droite de l’espace rencontre une sphère de rayon \(R>0\) en zéro, un ou deux points. Pour la droite \(M(t)=A+t\vec{u}\), avec \(\vec{u}\ne\vec0\), les paramètres des points communs sont les solutions de \[\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2t^2+2\overrightarrow{\Omega A}\cdot\vec{u}\,t+ \bigl(\left\lVert\overrightarrow{\Omega A}\right\rVert^2-R^2\bigr)=0.\] On dit que la droite est tangente lorsqu’elle possède un unique point commun avec la sphère, et sécante lorsqu’elle en possède deux.
Démonstration. Démonstration complète. Par Chasles, \(\overrightarrow{\Omega M}=\overrightarrow{\Omega A}+t\vec{u}\). Le carré de sa norme se développe en quatre termes : \[\begin{align*} \Omega M^2 &=\overrightarrow{\Omega A}\cdot\overrightarrow{\Omega A} +\overrightarrow{\Omega A}\cdot(t\vec{u}) +(t\vec{u})\cdot\overrightarrow{\Omega A} +(t\vec{u})\cdot(t\vec{u})\\ &=\left\lVert\overrightarrow{\Omega A}\right\rVert^2+2t\overrightarrow{\Omega A}\cdot\vec{u}+t^2\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2. \end{align*}\] La condition \(\Omega M^2=R^2\) donne le trinôme annoncé. Son coefficient dominant \(\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2\) est strictement positif, car la direction de la droite est non nulle. Il a donc au plus deux racines réelles. Deux paramètres distincts donnent deux points distincts : si \(A+t_1\vec{u}=A+t_2\vec{u}\), alors \((t_1-t_2)\vec{u}=\vec0\), et \(\vec{u}\ne\vec0\) impose \(t_1=t_2\). Le nombre de racines est bien le nombre de points communs.
Méthode 12.19 — Substituer, résoudre, puis revenir aux points
Indice : une droite et une sphère sont données, et on cherche leurs points communs. Premier geste : remplacer \(x,y,z\) dans l’équation de la sphère par les trois expressions de la droite, en gardant les écarts au centre entre parenthèses. Développer les carrés ou isoler directement un carré lorsque c’est plus simple. Résoudre l’équation obtenue. Pour chaque paramètre réel, calculer les trois coordonnées du point, puis vérifier son appartenance à la sphère et à la droite. Si le problème porte sur un segment, une demi-droite ou un déplacement physique, appliquer ensuite la restriction du paramètre : les points de la droite entière ne sont pas tous nécessairement autorisés.
Exemple de référence 12.20 — Trois droites parallèles, trois issues possibles
Soit la sphère \((x-1)^2+y^2+z^2=9\), de centre \((1;0;0)\) et de rayon \(3\). Pour la droite \(M(t)=(t;2;0)\), la substitution donne \((t-1)^2+2^2+0^2=9\), soit \((t-1)^2+4=9\). Soustraire \(4\) aux deux membres donne \((t-1)^2=5\). Donc \(t-1=\sqrt5\) ou \(t-1=-\sqrt5\) ; ajouter \(1\) aux deux membres donne \(t=1+\sqrt5\) ou \(t=1-\sqrt5\). Les points communs sont \((1+\sqrt5;2;0)\) et \((1-\sqrt5;2;0)\). Pour chacun, le carré du premier écart vaut \(5\), donc la somme vaut \(5+4+0=9\). La droite est sécante.
Pour \(N(t)=(1+t;3;0)\), l’équation devient \(t^2+9=9\), puis \(t^2=0\) après soustraction de \(9\) aux deux membres. L’unique paramètre est \(t=0\), d’où le seul point \((1;3;0)\) : droite tangente. Pour \(Q(t)=(1+t;4;0)\), on obtient \(t^2+16=9\), donc \(t^2=-7\) après soustraction de \(16\) aux deux membres. Un carré ne peut valoir \(-7\) : aucune intersection réelle. Les trois cas sont expliqués par les équations ; le dessin seul ne distinguerait pas sûrement un contact d’une rencontre très proche.
À toi 12.21 — À toi : deux paramètres, puis deux points
La sphère a pour centre l’origine et pour rayon \(5\). La droite a pour représentation \((x;y;z)=(t;3;0)\). Déterminer les points communs. Commencer par \(t^2+3^2+0^2=25\).
Correction expliquée 12.22 — Les deux signes donnent deux points
L’équation est \(t^2+9=25\). Soustraire \(9\) aux deux membres donne \(t^2=16\). Les deux solutions sont \(t=4\) et \(t=-4\). On obtient \(A(4;3;0)\) et \(B(-4;3;0)\). Les deux points ont bien \(y=3,z=0\), donc appartiennent à la droite. Dans la sphère, leurs sommes de carrés sont respectivement \(4^2+3^2+0^2=16+9=25\) et \((-4)^2+3^2+0^2=16+9=25\). Garder seulement la racine positive aurait perdu un point.
À toi 12.23 — À tenter : un centre décalé et un facteur commun
Déterminer l’intersection de la sphère \((x-1)^2+y^2+z^2=1\) avec la droite \((x;y;z)=(t;t;0)\). Indice : développer \((t-1)^2\) avec ses quatre produits ; après simplification, une factorisation évite la formule du discriminant.
Correction expliquée 12.24 — Le centre doit rester dans la substitution
On obtient \((t-1)^2+t^2=1\). Le premier carré vaut \(t\times t+t\times(-1)+(-1)\times t+(-1)\times(-1)=t^2-t-t+1\). L’équation devient \(2t^2-2t+1=1\) ; soustraire \(1\) aux deux membres donne \(2t^2-2t=0\). On factorise sans diviser par \(t\) : \(2t^2-2t=2t\times t-2t\times1=2t(t-1)\). Un produit est nul si et seulement si un de ses facteurs est nul. Comme \(2\ne0\), on obtient \(t=0\) ou \(t-1=0\), donc \(t=0\) ou \(t=1\). Les points sont \(O(0;0;0)\) et \(P(1;1;0)\). Contrôles dans la sphère : \((-1)^2+0+0=1\) et \(0^2+1^2+0=1\). Diviser par \(t\) aurait été illégal pour la solution \(t=0\) et l’aurait supprimée.
Question que tu peux te poser 12.25 — Paramètres et points ne se confondent pas
Pourquoi le signe du discriminant décide-t-il ici du nombre de points communs ? Pourquoi faut-il conserver \(\vec{u}\ne\vec0\) ? Réponse possible : après substitution, l’intersection est décrite par un trinôme dont le coefficient de \(t^2\) est la somme des carrés des coordonnées de \(\vec{u}\), donc strictement positif. Le discriminant compte ses racines réelles, et deux racines distinctes donnent deux points distincts parce que la direction est non nulle. Si \(\vec{u}=\vec0\), le paramétrage est constant : ce n’est pas une droite. Il peut représenter un seul point pour une infinité de valeurs de \(t\). Critères : identifier le trinôme, justifier le coefficient dominant non nul, puis expliquer la correspondance entre paramètres et points.
À toi 12.26 — La trajectoire ne parcourt qu’une partie de la droite
Dans l’essai guidé, on remplace la droite entière \((t;3;0)\) par la demi-droite décrite pour \(t\ge0\). Quels points communs restent autorisés ? Que donnerait la restriction \(0\le t\le3\) ?
Correction expliquée 12.27 — La restriction se vérifie après les racines
L’équation de sphère donne toujours les candidats \(t=-4\) et \(t=4\). Pour \(t\ge0\), seul \(4\) satisfait la condition : l’intersection se réduit à \((4;3;0)\). Pour \(0\le t\le3\), ni \(-4\) ni \(4\) ne convient : aucune intersection avec le segment parcouru. Une demi-droite peut donc avoir un seul point d’intersection sans que sa droite support soit tangente : ici la droite support reste sécante, avec deux points communs.
Méthode 12.28 — Reprise : conserver les deux racines et les données
Erreur possible : transformer \(t^2=16\) en \(t=4\) seulement. Revenir au fait que \(4^2=(-4)^2=16\). Exemple simple corrigé : \(t^2=1\) donne \(t=1\) ou \(t=-1\). Pour la sphère unité et la droite \((t;0;0)\), cela donne les deux extrémités \((1;0;0)\) et \((-1;0;0)\) du diamètre. Nouvel essai : sphère \(x^2+y^2+z^2=4\), droite \((0;t;0)\). Correction : \(t^2=4\), donc \(t=2\) ou \(t=-2\) ; les points \((0;2;0)\) et \((0;-2;0)\) donnent tous deux une somme de carrés égale à \(4\). Revenir à l’essai guidé, puis à la tentative avec centre décalé : contrôler les deux points dans l’équation initiale évite également de perdre le décalage du centre.
Couper une sphère par un plan
Rappel 12.29 — Le projeté du centre et Pythagore
Pour un plan \(ax+by+cz+d=0\), \((a;b;c)\ne\vec0\), le projeté \(H\) de \(\Omega(\alpha;\beta;\gamma)\) se cherche sur la droite \(H=(\alpha+at;\beta+bt;\gamma+ct)\). La substitution donne \((a^2+b^2+c^2)t+(a\alpha+b\beta+c\gamma+d)=0\). La somme des carrés est strictement positive : cette équation a une unique solution, donc le pied existe et est unique. Il appartient au plan et \(\overrightarrow{\Omega H}\) est normal au plan, ou nul si \(\Omega\) est déjà dans le plan. Pour tout \(M\) du plan, \(\overrightarrow{\Omega M}=\overrightarrow{\Omega H}+\overrightarrow{HM}\), et les deux derniers vecteurs sont orthogonaux. La bilinéarité donne \(\Omega M^2=\Omega H^2+HM^2\) : c’est Pythagore, également valable dans les cas dégénérés. La distance du centre au plan est donc \(\delta=\Omega H\), minimum des distances \(\Omega M\).
Théorème 12.30 — Intersection d’une sphère et d’un plan
Soit une sphère de centre \(\Omega\), de rayon \(R>0\), et un plan \(\mathcal P\). Soit \(H\) le projeté de \(\Omega\) sur le plan et \(\delta=\Omega H\).
Si \(\delta>R\), l’intersection est vide.
Si \(\delta=R\), l’intersection est le seul point \(H\) ; le plan est dit tangent à la sphère.
Si \(\delta<R\), l’intersection est le cercle du plan \(\mathcal P\), de centre \(H\) et de rayon \(\sqrt{R^2-\delta^2}\).
Démonstration. Démonstration complète. Pour un point \(M\) du plan, \[M\text{ appartient à la sphère} \Longleftrightarrow \Omega M^2=R^2 \Longleftrightarrow \delta^2+HM^2=R^2 \Longleftrightarrow HM^2=R^2-\delta^2.\] La dernière équivalence soustrait \(\delta^2\) aux deux membres. Si \(\delta>R\), le membre de droite est négatif : impossible pour un carré. Si \(\delta=R\), il vaut zéro, donc \(M=H\). Si \(\delta<R\), il est strictement positif : l’ensemble des points du plan à distance \(\sqrt{R^2-\delta^2}\) de \(H\) est, par définition, le cercle annoncé. Quand le centre appartient au plan, \(\delta=0\), le cercle a pour rayon \(R\).
Exemple de référence 12.31 — Le rayon d’une section n’est pas toujours celui de la sphère
La sphère a pour centre \(\Omega(1;-1;2)\) et pour rayon \(3\). Pour le plan \(z=4\), le pied du centre est \(H(1;-1;4)\) et \(\delta=|4-2|=2\). Comme \(2<3\), la section est un cercle dans ce plan, centré en \(H\), de rayon \(\sqrt{3^2-2^2}=\sqrt{9-4}=\sqrt5\). Pour le plan \(z=5\), le pied est \((1;-1;5)\) et \(\delta=|5-2|=3\) : un seul point commun, donc plan tangent. Pour le plan \(z=6\), la distance vaut \(|6-2|=4>3\) : aucune intersection. Ces calculs comparent des longueurs ; ils ne soustraient pas les rayons linéairement. Le rayon de la première section est \(\sqrt{9-4}\), pas \(3-2\).
Un plan tangent unique, plusieurs droites tangentes
Théorème 12.32 — Plan tangent en un point de la sphère
Soit \(H\) un point de la sphère de centre \(\Omega\) et de rayon \(R>0\). Il existe un unique plan tangent à la sphère en \(H\) : le plan passant par \(H\) et normal à \(\overrightarrow{\Omega H}\). Son équation s’écrit \[\boxed{\overrightarrow{HM}\cdot\overrightarrow{\Omega H}=0.}\] Si \(H(h_1;h_2;h_3)\) et \(\Omega(\alpha;\beta;\gamma)\), cela donne \[(h_1-\alpha)(x-h_1)+(h_2-\beta)(y-h_2)+(h_3-\gamma)(z-h_3)=0.\]
Démonstration. Démonstration complète. Comme \(H\) appartient à la sphère, \(\Omega H=R>0\) : le vecteur \(\overrightarrow{\Omega H}\) n’est pas nul. Il définit avec \(H\) un plan unique. Le point \(H\) est le projeté de \(\Omega\) sur ce plan, car \(H\) appartient au plan et \(\overrightarrow{\Omega H}\) lui est normal. La distance du centre au plan est donc \(R\). Le théorème de section montre que le seul point commun est \(H\). Réciproquement, si un plan est tangent avec seul point commun \(H\), le théorème de section impose que son pied depuis \(\Omega\) soit ce point et que la distance soit \(R\). Il est donc normal à \(\overrightarrow{\Omega H}\) et passe par \(H\) : c’est le plan déjà construit. Cette réciproque prouve l’unicité.
Caractérisation 12.33 — Les droites tangentes passant par un point donné de la sphère
Soit \(H\) sur la sphère, avec \(R>0\). Une droite passant par \(H\), de direction \(\vec{u}\ne\vec0\), est tangente en \(H\) si et seulement si \[\boxed{\vec{u}\cdot\overrightarrow{\Omega H}=0.}\] Ainsi les droites tangentes en \(H\) sont exactement les droites passant par \(H\) et contenues dans le plan tangent. Il y en a une infinité.
Démonstration. Pour \(M(t)=H+t\vec{u}\), le développement du carré donne \[\begin{aligned} \Omega M(t)^2&=\overrightarrow{\Omega H}\cdot\overrightarrow{\Omega H}+\overrightarrow{\Omega H}\cdot(t\vec{u}) +(t\vec{u})\cdot\overrightarrow{\Omega H}+(t\vec{u})\cdot(t\vec{u})\\ &=\Omega H^2+2t\overrightarrow{\Omega H}\cdot\vec{u}+t^2\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2. \end{aligned}\] Comme \(\Omega H^2=R^2\), l’appartenance à la sphère équivaut à \[t\bigl(2\overrightarrow{\Omega H}\cdot\vec{u}+t\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2\bigr)=0.\] On a factorisé \(t\), sans diviser par lui : le paramètre \(0\) représente précisément \(H\). Si le produit scalaire vaut zéro, l’équation est \(t^2\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2=0\) ; comme \(\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2>0\), seul \(t=0\) convient : la droite est tangente. Si le produit scalaire est non nul, le second facteur s’annule pour \(t=-2(\overrightarrow{\Omega H}\cdot\vec{u})/\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2\), valeur non nulle. Il existe donc un second point distinct de \(H\) : la droite est sécante. Les deux sens sont prouvés. Enfin, choisissons deux directions non colinéaires \(\vec{u},\vec{v}\) du plan. Le vecteur \(\vec{u}+s\vec{v}\) est non nul pour tout \(s\), sinon \(\vec{u}=-s\vec{v}\) contredirait la non-colinéarité. Si deux tels vecteurs, de paramètres \(s\) et \(r\), étaient colinéaires, on aurait \(\vec{u}+s\vec{v}=\lambda(\vec{u}+r\vec{v})\). En distribuant puis regroupant, \((1-\lambda)\vec{u}+(s-\lambda r)\vec{v}=\vec0\). L’indépendance des directions impose \(1-\lambda=0\) et \(s-\lambda r=0\), donc \(\lambda=1\) et \(s=r\). Des paramètres différents donnent ainsi des directions différentes, donc une infinité de droites distinctes passant par \(H\). Toutes ces directions sont orthogonales au normal, donc les droites correspondantes sont tangentes.
Lecture. La sphère a pour centre l’origine et pour rayon \(2\). Le point \(H(0;0;2)\) est le contact avec le plan \(z=2\). Les droites passant par \(H\) de directions \((1;0;0)\) et \((0;1;0)\) sont deux tangentes distinctes ; le rayon \(OH\) est normal au plan. La coupe et les flèches sont représentées par projection en deux dimensions.
Dans cette figure, les droites \((t;0;2)\) et \((0;s;2)\) donnent respectivement \(t^2+4\) et \(s^2+4\) pour le carré de la distance au centre. L’égalité à \(4\) impose \(t=0\) ou \(s=0\) sur la droite considérée : chacune touche bien seulement en \(H\).
Point de vigilance 12.34 — Le point de contact doit appartenir à la sphère
Pour parler de tangence en \(H\), vérifier d’abord \(\Omega H=R\). Un plan passant par un point extérieur et normal au vecteur depuis le centre n’est pas tangent en ce point. Dire « la droite tangente en \(H\) » ne détermine pas une droite unique dans l’espace. Il faut demander une tangente, donner une direction supplémentaire, ou demander le plan tangent, qui est unique. Pour le singleton de rayon zéro, la preuve d’unicité du plan tangent ne s’applique pas : \(\overrightarrow{\Omega H}\) serait nul.
Méthode 12.35 — Choisir entre une section et un contact
Pour une sphère et un plan donnés, projeter le centre sur le plan, calculer \(\delta\) puis comparer à \(R\) ; la comparaison décide vide, point ou cercle, et donne son centre/rayon. Pour le plan tangent en un point \(H\) donné, vérifier que \(H\) est sur la sphère, puis utiliser \(H\) comme point du plan et \(\overrightarrow{\Omega H}\) comme normal. Pour une droite tangente en \(H\), choisir ou vérifier une direction non nulle orthogonale à \(\overrightarrow{\Omega H}\), puis paramétrer la droite par \(H\). Contrôler que la substitution dans la sphère ne laisse que le paramètre du contact.
À toi 12.36 — À toi : section ou contact ?
Une sphère a pour centre l’origine et pour rayon \(5\). Étudier l’intersection avec \(z=3\), puis avec \(y=5\), puis avec \(z=6\). Aide : les pieds du centre sont respectivement \((0;0;3)\), \((0;5;0)\) et \((0;0;6)\).
Correction expliquée 12.37 — Comparer la distance au rayon
Pour \(z=3\), la distance vaut \(3<5\) : cercle de centre \((0;0;3)\) et de rayon \(\sqrt{25-9}=\sqrt{16}=4\). Pour \(y=5\), la distance vaut \(5=R\) : le plan est tangent et le seul point commun est \((0;5;0)\). Le vecteur depuis le centre est \((0;5;0)\), normal à ce plan, comme attendu. Pour \(z=6\), la distance vaut \(6>5\) : aucun point commun. Les trois conclusions proviennent de la même égalité \(HM^2=R^2-\delta^2\) et de son signe.
À toi 12.38 — À tenter : un plan oblique
La sphère a pour centre l’origine et pour rayon \(3\). Le plan est \(\mathcal P:2x+y+2z-9=0\). Déterminer leur intersection. Vérifier ensuite que les directions \((1;-2;0)\) et \((0;-2;1)\) donnent deux droites tangentes distinctes au point de contact, et en écrire des représentations. Indice : pour le pied du centre, prendre \((x;y;z)=(2t;t;2t)\).
Correction expliquée 12.39 — Un contact et deux droites différentes
Le normal est \((2;1;2)\), non nul. La substitution donne \(2(2t)+t+2(2t)-9=0\), soit \(4t+t+4t-9=0\), donc \(9t-9=0\). Ajouter \(9\) aux deux membres donne \(9t-9+9=0+9\), donc \(9t=9\) ; diviser par \(9\ne0\) donne \(9t/9=9/9\), donc \(t=1\). Le pied est \(H(2;1;2)\). Il appartient au plan, car \(2\times2+1+2\times2-9=4+1+4-9=0\). La distance au centre vaut \(OH=\sqrt{2^2+1^2+2^2}=\sqrt9=3=R\). Le plan est tangent et l’intersection est \(\{H\}\). Pour \(\vec{u}=(1;-2;0)\), \(\vec{u}\cdot\overrightarrow{OH}=1\times2+(-2)\times1+0\times2=2-2+0=0\). Pour \(\vec{v}=(0;-2;1)\), \(\vec{v}\cdot\overrightarrow{OH}=0\times2+(-2)\times1+1\times2=0-2+2=0\). Ces vecteurs sont non nuls et non colinéaires, car tout multiple de \(\vec{u}\) a sa troisième coordonnée nulle, contrairement à \(\vec{v}\). Les deux tangentes sont \[(x;y;z)=(2+s;1-2s;2),\qquad (x;y;z)=(2;1-2r;2+r),\quad s,r\in\mathbb{R}.\] Sur la première, on distribue les carrés : \[(2+s)^2=2\times2+2\times s+s\times2+s\times s=4+2s+2s+s^2,\] \[(1-2s)^2=1\times1+1\times(-2s)+(-2s)\times1+(-2s)\times(-2s) =1-2s-2s+4s^2.\] La somme \((2+s)^2+(1-2s)^2+2^2\) vaut donc \(9+5s^2\) après annulation des termes en \(s\). L’égalité à \(9\) impose \(5s^2=0\), donc \(s=0\). Sur la seconde, les produits sont \[(1-2r)^2=1\times1+1\times(-2r)+(-2r)\times1+(-2r)\times(-2r)=1-2r-2r+4r^2,\] \[(2+r)^2=2\times2+2\times r+r\times2+r\times r=4+2r+2r+r^2.\] La somme \(2^2+(1-2r)^2+(2+r)^2\) vaut \(9+5r^2\). L’égalité à \(9\) impose \(r=0\). Les deux droites touchent seulement en \(H\).
Question que tu peux te poser 12.40 — Pourquoi un plan unique et plusieurs droites ?
Expliquer pourquoi la donnée d’un point \(H\) de la sphère détermine un seul plan tangent, mais ne détermine pas une seule droite tangente. Expliquer aussi pourquoi le rayon est perpendiculaire à toute tangente en \(H\). Réponse possible : le rayon \(\overrightarrow{\Omega H}\) est non nul puisque \(R>0\) ; avec le point \(H\), il détermine un plan unique en tant que normal. Ce plan contient plusieurs directions et, par \(H\), une droite de chacune de ces directions. Le critère démontré dit exactement qu’une direction tangente est orthogonale au rayon. Les deux directions de l’essai précédent fournissent un exemple calculé de tangentes distinctes. Critères : vérifier \(H\) sur la sphère, citer \(R>0\), distinguer normal du plan et directeur d’une droite, invoquer les deux sens du critère de tangence.
À toi 12.41 — Changer une condition et contrôler un point
Avec le même plan \(2x+y+2z-9=0\), que devient l’intersection pour une sphère centrée en l’origine de rayon \(4\), puis de rayon \(2\) ? Le point \(K(2;1;3)\) peut-il être le contact d’un plan tangent à la sphère de rayon \(3\) ?
Correction expliquée 12.42 — La distance au plan reste fixe
Le pied reste \(H(2;1;2)\) et la distance du centre au plan reste \(3\) : seule la sphère change. Pour \(R=4\), \(3<4\) : cercle de centre \(H\) et de rayon \(\sqrt{4^2-3^2}=\sqrt7\). Pour \(R=2\), \(3>2\) : ensemble vide. Enfin \(OK^2=2^2+1^2+3^2=4+1+9=14\ne9\). Le point \(K\) n’appartient pas à la sphère de rayon \(3\) ; il ne peut pas en être un point de contact. On ne commence pas par écrire un plan tangent avec ces données incompatibles.
Méthode 12.43 — Reprise : rayon, normale et direction tangente
Erreur possible : prendre le rayon comme direction de la tangente. Revenir au critère : la direction de la tangente doit être orthogonale au rayon. Exemple simple corrigé : sphère de centre \(O\) et de rayon \(2\), point \(H(0;0;2)\). La droite normale \((0;0;2+t)\) rencontre la sphère lorsque \((2+t)^2=4\), donc \(2+t=2\) ou \(2+t=-2\) ; les paramètres sont \(0\) et \(-4\). Elle est sécante et traverse les deux extrémités d’un diamètre. La droite \((t;0;2)\) donne \(t^2+4=4\), donc \(t=0\) seulement : elle est tangente. Nouvel essai : au même point \(H\), vérifier la droite \((0;t;2)\). Correction : la somme des carrés vaut \(0+t^2+4\) ; égaler à \(4\) impose \(t^2=0\), donc \(t=0\). Sa direction \((0;1;0)\) est orthogonale au rayon \((0;0;2)\), car \(0+0+0=0\). Revenir aux deux tangentes obliques de la tentative en repérant leur directeur, distinct du normal du plan tangent.
Reprendre l’unité à une autre séance
À toi 12.44 — Trois tâches à refaire avant relecture
1. Identifier le centre et le rayon de \((x-2)^2+(y+1)^2+z^2=9\), puis tester \((2;2;0)\). 2. Couper la sphère \(x^2+y^2+z^2=9\) par la droite \((x;y;z)=(t;0;0)\), puis par la demi-droite correspondante \(t\ge0\). 3. Pour la sphère de centre \((1;0;0)\) et de rayon \(2\), vérifier que \(H(1;2;0)\) est sur la sphère, déterminer le plan tangent en \(H\) et donner deux droites tangentes distinctes. Aides : lire les écarts au centre ; résoudre un carré ; pour la tangence, calculer le vecteur du centre vers le point.
Correction expliquée 12.45 — Correction locale des trois reprises
1. Le centre est \((2;-1;0)\), car \(y+1=y-(-1)\) ; le rayon est \(\sqrt9=3\). Pour \((2;2;0)\), la somme vaut \((2-2)^2+(2+1)^2+0^2=0+9+0=9\), donc le point appartient à la sphère. 2. La substitution donne \(t^2=9\), donc \(t=3\) ou \(t=-3\). La droite entière rencontre la sphère en \((3;0;0)\) et \((-3;0;0)\) ; la demi-droite \(t\ge0\) garde seulement \((3;0;0)\). Les deux candidats ont une somme des carrés égale à \(9\) avant restriction. 3. Le vecteur depuis le centre est \((1-1;2-0;0-0)=(0;2;0)\), de longueur \(2\) : \(H\) est sur la sphère. Le plan tangent passe par \(H\) et a ce vecteur pour normal : \(0(x-1)+2(y-2)+0z=0\). Les produits donnent \(0\times x+0\times(-1)+2\times y+2\times(-2)+0\times z=0\), soit \(2y-4=0\). Ajouter \(4\) aux deux membres donne \(2y-4+4=0+4\), donc \(2y=4\). Diviser par \(2\ne0\) donne \(2y/2=4/2\), donc \(y=2\). Deux tangentes sont \((1+t;2;0)\) et \((1;2;s)\), avec \(t,s\in\mathbb{R}\). Leurs directions \((1;0;0)\) et \((0;0;1)\) sont distinctes et orthogonales au rayon. Dans l’équation \((x-1)^2+y^2+z^2=4\), elles donnent respectivement \(t^2+4=4\) et \(4+s^2=4\), donc seulement \(t=0\) ou \(s=0\). Chacune touche en \(H\).
Synthèse 12.46 — Les conditions à conserver dans les approfondissements
Une sphère de rayon \(R>0\) est un ensemble à distance fixe, décrit par trois carrés d’écarts au centre. Une droite non constante donne un trinôme à coefficient dominant positif : zéro, une ou deux intersections, puis contrôle du domaine du paramètre. Un plan coupe la sphère suivant le signe de \(R^2-\delta^2\), où \(\delta\) est la distance du centre au plan. En un point de la sphère, le plan tangent est unique et normal au rayon ; les droites tangentes sont les droites de ce plan passant par le contact. Le rayon nul, un point hors de la sphère et une direction nulle demandent un traitement séparé.
13. Une formule pour fabriquer un vecteur normal
Objectif. Découvrir, dans un complément hors programme, une formule de produit vectoriel, la démontrer et la contrôler avant de l’utiliser.
Remarque 13.1 — Complément facultatif hors programme
La recherche d’un vecteur orthogonal à deux vecteurs non colinéaires peut faire l’objet d’un approfondissement. La formule générale du produit vectoriel présentée ici est, elle, un outil hors du programme exigible de terminale spécialité. Les méthodes principales du cours restent utilisables sans elle. Cette unité peut donc être laissée de côté sans interrompre le parcours principal.
1. Les conditions et le but de la formule
Rappel 13.2 — Produit scalaire, directions et normal
Dans une base orthonormée, le produit scalaire de \((a;b;c)\) et \((p;q;r)\) vaut \(ap+bq+cr\). Les vecteurs sont orthogonaux si et seulement si ce nombre vaut \(0\).
Un vecteur normal à un plan est non nul et orthogonal à toutes les directions du plan. Si deux vecteurs \(\vec{u},\vec{v}\) non colinéaires dirigent le plan, il suffit de vérifier les deux produits \(\vec{n}\mathbin{\cdot}\vec{u}=0\) et \(\vec{n}\mathbin{\cdot}\vec{v}=0\) : toute direction s’écrit \(s\vec{u}+t\vec{v}\), et la bilinéarité donne alors \(\vec{n}\mathbin{\cdot}\bigl(s\vec{u}+t\vec{v}\bigr)=s\times0+t\times0=0\).
Pour trois points \(A,B,C\), on obtient les deux directions en calculant \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\) par différences de coordonnées. Si elles sont non colinéaires, elles déterminent le plan \((ABC)\).
Enfin, résultat antérieur de géométrie cartésienne rappelé ici : un plan passant par \(A(x_A;y_A;z_A)\) et normal à \(\vec{n}=(a;b;c)\ne\vec0\) a pour équation \[a(x-x_A)+b(y-y_A)+c(z-z_A)=0.\] C’est la condition \(\vec{n}\mathbin{\cdot}\overrightarrow{AM}=0\) pour un point \(M(x;y;z)\). Le plan entier est ainsi caractérisé ; on ne remplace pas le point \(A\) par un vecteur dans un produit scalaire.
Convention 13.3 — Repère fixé
On travaille dans un repère orthonormé direct : son orientation a été choisie et reste fixée. Cette convention permet d’utiliser le nom usuel « produit vectoriel ». Pour l’objectif de cette unité, les vérifications restent algébriques : la formule fournit un vecteur, puis les produits scalaires vérifient son orthogonalité. Aucune règle gestuelle d’orientation n’est nécessaire au calcul.
À toi 13.4 — Repérage : contrôler avant de construire
Pour \(\vec{u}=(1;0;1)\) et \(\vec{v}=(0;1;1)\), vérifier que \(\vec{n}=(-1;-1;1)\) est orthogonal aux deux vecteurs. Pourquoi faut-il encore remarquer que \(\vec{n}\) est non nul avant de l’appeler normal au plan de ces directions ?
Correction expliquée 13.5 — Correction et orientation
\[\vec{n}\mathbin{\cdot}\vec{u}=(-1)\times1+(-1)\times0+1\times1=-1+0+1=0,\] et \[\vec{n}\mathbin{\cdot}\vec{v}=(-1)\times0+(-1)\times1+1\times1=0-1+1=0.\] Le vecteur est non nul, par exemple parce que sa troisième coordonnée vaut \(1\). Les directions ne sont pas colinéaires : \(\vec{v}=\lambda\vec{u}\) imposerait \(\lambda=0\) par la première coordonnée, puis \(1=0\) par la deuxième. Il est donc normal au plan de ces directions.
La non-nullité ne découle pas du seul fait que deux produits scalaires sont nuls : le vecteur nul aurait également deux produits nuls, tout en étant exclu de la définition d’un normal. Si cette distinction manque, relire le
rappel localavant la formule.
2. La formule et ses démonstrations
Définition 13.6 — Produit vectoriel en coordonnées
Pour \(\vec{u}=(u_1;u_2;u_3)\) et \(\vec{v}=(v_1;v_2;v_3)\), on définit ici le vecteur \[\boxed{\vec{u}\times\vec{v} =\bigl(u_2v_3-u_3v_2\,;\ u_3v_1-u_1v_3\,;\ u_1v_2-u_2v_1\bigr).}\] Il s’agit d’un vecteur à trois coordonnées, à distinguer du produit scalaire \(\vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{v}\), qui est un nombre. L’ordre des deux vecteurs dans la formule est fixé : on calcule ici \(\vec{u}\times\vec{v}\).
Théorème 13.7 — La formule donne deux orthogonalités
Le vecteur \(\vec{w}=\vec{u}\times\vec{v}\) est orthogonal à \(\vec{u}\) et à \(\vec{v}\).
Démonstration. Démonstration complète par développement et regroupement. Pour le premier produit scalaire, \[\begin{align*} \vec{u}\mathbin{\cdot}\vec{w} &=u_1(u_2v_3-u_3v_2)+u_2(u_3v_1-u_1v_3)+u_3(u_1v_2-u_2v_1)\\ &=u_1u_2v_3-u_1u_3v_2+u_2u_3v_1-u_2u_1v_3+u_3u_1v_2-u_3u_2v_1\\ &=(u_1u_2v_3-u_2u_1v_3) +(-u_1u_3v_2+u_3u_1v_2) +(u_2u_3v_1-u_3u_2v_1)\\ &=0+0+0=0. \end{align*}\] Chaque annulation utilise seulement la commutativité de la multiplication des réels. Pour le second produit, \[\begin{align*} \vec{v}\mathbin{\cdot}\vec{w} &=v_1(u_2v_3-u_3v_2)+v_2(u_3v_1-u_1v_3)+v_3(u_1v_2-u_2v_1)\\ &=v_1u_2v_3-v_1u_3v_2+v_2u_3v_1-v_2u_1v_3+v_3u_1v_2-v_3u_2v_1\\ &=(v_1u_2v_3-v_3u_2v_1) +(-v_1u_3v_2+v_2u_3v_1) +(-v_2u_1v_3+v_3u_1v_2)\\ &=0+0+0=0. \end{align*}\] La caractérisation par produit scalaire nul donne les deux orthogonalités, même si \(\vec{w}\) est nul. Cette dernière possibilité sera étudiée au résultat suivant.
Caractérisation 13.8 — Quand le vecteur obtenu est-il non nul ?
\[\boxed{\vec{u}\times\vec{v}=\vec0 \quad\Longleftrightarrow\quad \vec{u}\text{ et }\vec{v}\text{ sont colinéaires}.}\] Par conséquent, deux vecteurs non colinéaires donnent un produit vectoriel non nul.
Démonstration. Démonstration complète, y compris les coordonnées nulles. Si \(\vec{u}=\vec0\), les trois coordonnées de la formule sont nulles et les deux vecteurs sont colinéaires. Si \(\vec{u}\ne\vec0\) et les vecteurs sont colinéaires, on peut écrire \(\vec{v}=\lambda\vec{u}\). Les trois coordonnées sont alors \[u_2(\lambda u_3)-u_3(\lambda u_2),\quad u_3(\lambda u_1)-u_1(\lambda u_3),\quad u_1(\lambda u_2)-u_2(\lambda u_1).\] Après mise en facteur de \(\lambda\), elles valent respectivement \(\lambda(u_2u_3-u_3u_2)\), \(\lambda(u_3u_1-u_1u_3)\), \(\lambda(u_1u_2-u_2u_1)\), donc toutes \(0\).
Réciproquement, supposons les trois coordonnées du produit vectoriel nulles. Le cas \(\vec{u}=\vec0\) est déjà traité. Si \(\vec{u}\ne\vec0\), au moins une de ses coordonnées est non nulle.
Si \(u_1\ne0\), la troisième coordonnée nulle donne \(u_1v_2=u_2v_1\), donc \(v_2=(v_1/u_1)u_2\) après division par \(u_1\). La deuxième donne \(u_1v_3=u_3v_1\), donc \(v_3=(v_1/u_1)u_3\). Enfin \(v_1=(v_1/u_1)u_1\). Ainsi \(\vec{v}=(v_1/u_1)\vec{u}\).
Si \(u_1=0\) et \(u_2\ne0\), la troisième coordonnée nulle est \(-u_2v_1=0\), donc \(v_1=0\). La première donne \(u_2v_3=u_3v_2\), donc \(v_3=(v_2/u_2)u_3\). On a aussi \(v_2=(v_2/u_2)u_2\) et \(v_1=(v_2/u_2)u_1=0\). Ainsi \(\vec{v}=(v_2/u_2)\vec{u}\).
Si \(u_1=u_2=0\), alors \(u_3\ne0\). La première coordonnée nulle donne \(-u_3v_2=0\), donc \(v_2=0\) ; la deuxième donne \(u_3v_1=0\), donc \(v_1=0\). On a donc \(\vec{v}=(v_3/u_3)\vec{u}\).
Chaque division porte sur un coefficient explicitement non nul. Les trois cas prouvent la colinéarité sans jamais diviser par une coordonnée qui pourrait être nulle.
Corollaire 13.9 — Fabriquer un normal à un plan
Si \(\vec{u},\vec{v}\) sont deux directions non colinéaires d’un plan, \(\vec{u}\times\vec{v}\) est un vecteur normal à ce plan.
Démonstration. Déduction complète. La caractérisation précédente garantit qu’il est non nul ; le théorème d’orthogonalité garantit ses deux produits scalaires nuls. Le critère à deux directions rappelé au début de l’unité donne alors un normal au plan entier. Les deux résultats sont nécessaires : orthogonalité seule ne suffit pas si le vecteur obtenu est nul.
Propriété 13.10 — Inverser l’ordre inverse le signe
Pour tous vecteurs \(\vec{u},\vec{v}\), \[\vec{v}\times\vec{u}=-(\vec{u}\times\vec{v}).\] Si les vecteurs ne sont pas colinéaires, les deux ordres produisent donc deux normaux opposés au même plan.
Démonstration. Démonstration complète par coordonnées. Les trois coordonnées de \(\vec{v}\times\vec{u}\) sont \[\begin{align*} v_2u_3-v_3u_2&=u_3v_2-u_2v_3=-(u_2v_3-u_3v_2),\\ v_3u_1-v_1u_3&=u_1v_3-u_3v_1=-(u_3v_1-u_1v_3),\\ v_1u_2-v_2u_1&=u_2v_1-u_1v_2=-(u_1v_2-u_2v_1). \end{align*}\] Ce sont exactement les trois coordonnées opposées. Un opposé non nul reste normal : ses produits scalaires sont les opposés de \(0\), donc \(0\).
Bon réflexe 13.11 — Mémoriser l’ordre, puis contrôler
Les couples d’indices de la formule sont successivement \((2,3)\), \((3,1)\), \((1,2)\). Pour chaque couple \((i,j)\), on écrit \(u_i v_j-u_j v_i\). Ce parcours circulaire aide particulièrement à ne pas inverser le signe de la deuxième coordonnée : elle commence par \(u_3v_1\), et non par \(u_1v_3\).
L’intérêt de cette astuce est de reconstruire les trois coordonnées sans mémoriser trois expressions indépendantes. Sa limite est claire : un bon ordre récité ne prouve pas que les valeurs ont été correctement substituées. Les deux produits scalaires et la non-nullité constituent le contrôle mathématique final. La raison des annulations est la démonstration précédente, et non le moyen mnémotechnique.
3. Une méthode avec contrôles systématiques
Méthode 13.12 — Construire puis vérifier un normal par la formule
Conditions : repère orthonormé fixé, deux directions du plan ; la formule est utilisée dans ce complément facultatif. Premier geste : écrire les deux vecteurs en colonnes ou en triplets, dans le même ordre de coordonnées.
S’ils proviennent de trois points, calculer d’abord \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\), avec les soustractions signées.
Calculer séparément chacune des trois différences de produits. Écrire les produits avant de réduire, surtout lorsqu’un facteur est négatif.
Vérifier que le résultat est non nul. La caractérisation démontre alors en même temps que les directions de départ sont non colinéaires. Si le résultat est nul, on ne dispose pas d’un normal par cette construction.
Recalculer les deux produits scalaires avec les directions de départ. Ils doivent tous deux être nuls ; sinon, une erreur s’est glissée dans les substitutions ou les signes.
Si une équation de plan est demandée, utiliser le point d’appui et le normal dans \(a(x-x_A)+b(y-y_A)+c(z-z_A)=0\), puis contrôler le point d’appui.
On peut remplacer le normal obtenu par un multiple non nul plus simple : pour toute direction \(\vec d\), \(\bigl(\lambda\vec{n}\bigr)\mathbin{\cdot}\vec d=\lambda\vec{n}\mathbin{\cdot}\vec d=0\). Ce changement multiplie toutes les coordonnées, sans en modifier une isolément.
Exemple de référence 13.13 — Des trois points à un normal, puis à une équation
On donne \(A(1;0;-2)\), \(B(3;-1;-1)\) et \(C(2;2;-2)\). Calculons les deux déplacements : \[\vec{u}=\overrightarrow{AB}=(3-1\,;-1-0\,;-1-(-2))=(2;-1;1),\] \[\vec{v}=\overrightarrow{AC}=(2-1\,;2-0\,;-2-(-2))=(1;2;0).\] Les trois coordonnées du produit vectoriel sont \[\begin{align*} n_1&=(-1)\times0-1\times2=0-2=-2,\\ n_2&=1\times1-2\times0=1-0=1,\\ n_3&=2\times2-(-1)\times1=4-(-1)=5. \end{align*}\] Ainsi \(\vec{n}=(-2;1;5)\). Il est non nul ; la caractérisation prouve donc que les deux directions ne sont pas colinéaires et que les trois points déterminent un plan. Vérifions les deux orthogonalités : \[\begin{align*} \vec{n}\mathbin{\cdot}\vec{u}&=(-2)\times2+1\times(-1)+5\times1=-4-1+5=0,\\ \vec{n}\mathbin{\cdot}\vec{v}&=(-2)\times1+1\times2+5\times0=-2+2+0=0. \end{align*}\] Une équation du plan est \[\begin{align*} -2(x-1)+1(y-0)+5(z-(-2))&=0,\\ (-2)\times x+(-2)\times(-1)+1\times y+1\times0+5\times z+5\times2&=0,\\ -2x+2+y+5z+10&=0,\\ -2x+y+5z+12&=0. \end{align*}\] Le contrôle avec \(A\) donne \(-2\times1+0+5\times(-2)+12=-2-10+12=0\). Les deux autres points vérifient aussi l’équation : pour \(B\), \((-2)\times3+(-1)+5\times(-1)+12=-6-1-5+12=0\) ; pour \(C\), \((-2)\times2+2+5\times(-2)+12=-4+2-10+12=0\).
À toi 13.14 — Essai guidé : trois différences de produits
Avec \(\vec{u}=(1;2;-1)\) et \(\vec{v}=(0;1;3)\), calculer \(\vec{u}\times\vec{v}\). Pour la première coordonnée, écrire \(2\times3-(-1)\times1\) ; reconstruire les deux suivantes avec les couples \((3,1)\) et \((1,2)\). Vérifier les deux produits scalaires.
En prenant le point \(A(-1;1;0)\), donner ensuite une équation du plan de ces directions.
Correction expliquée 13.15 — Correction de l’essai guidé
\[\begin{align*} n_1&=2\times3-(-1)\times1=6-(-1)=7,\\ n_2&=(-1)\times0-1\times3=0-3=-3,\\ n_3&=1\times1-2\times0=1-0=1. \end{align*}\] Le vecteur \((7;-3;1)\) est non nul. On contrôle \[7\times1+(-3)\times2+1\times(-1)=7-6-1=0,\] \[7\times0+(-3)\times1+1\times3=0-3+3=0.\] Il est donc normal au plan. Avec \(A\), l’équation est \(7(x+1)-3(y-1)+z=0\). Avant de réduire, on écrit tous les produits : \[7\times x+7\times1+(-3)\times y+(-3)\times(-1)+z=0.\] On obtient \(7x+7-3y+3+z=0\), puis \(7x-3y+z+10=0\). Le point d’appui donne \(7(-1)-3(1)+0+10=-7-3+10=0\).
À toi 13.16 — À chercher avant la correction
Pour \(A(0;-1;1)\), \(B(1;1;1)\) et \(C(2;0;2)\), construire un normal par la formule, justifier que ces points définissent un plan, puis donner une équation de ce plan. Vérifier le normal et l’équation.
Indice : écrire d’abord \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\) ; le produit vectoriel doit être non nul avant toute conclusion sur le plan.
Correction expliquée 13.17 — Correction complète
\[\overrightarrow{AB}=(1-0\,;1-(-1)\,;1-1)=(1;2;0),\qquad \overrightarrow{AC}=(2-0\,;0-(-1)\,;2-1)=(2;1;1).\] La formule donne \[\begin{align*} n_1&=2\times1-0\times1=2,\\ n_2&=0\times2-1\times1=-1,\\ n_3&=1\times1-2\times2=1-4=-3. \end{align*}\] Le vecteur \(\vec{n}=(2;-1;-3)\) est non nul ; les deux directions sont donc non colinéaires. Les contrôles sont \[2\times1+(-1)\times2+(-3)\times0=2-2+0=0,\] \[2\times2+(-1)\times1+(-3)\times1=4-1-3=0.\] L’équation issue de \(A\) est \(2x-(y+1)-3(z-1)=0\). Chaque signe est distribué avant réduction : \[2x+(-1)\times y+(-1)\times1+(-3)\times z+(-3)\times(-1)=0.\] Ainsi \(2x-y-1-3z+3=0\), donc \(2x-y-3z+2=0\).
Pour \(A\), le membre de gauche vaut \(2\times0-(-1)-3\times1+2=0+1-3+2=0\). Pour \(B\), il vaut \(2\times1-1-3\times1+2=2-1-3+2=0\). Pour \(C\), il vaut \(2\times2-0-3\times2+2=4-0-6+2=0\). Les trois points satisfont bien l’équation.
Question que tu peux te poser 13.18 — Que signifie un résultat nul ?
Une copie calcule \(\vec{u}\times\vec{v}=\vec0\) et affirme : « Le résultat est orthogonal aux deux directions, donc c’est un normal. » Expliquer l’erreur et préciser ce que le résultat nul apprend réellement sur les directions et sur trois points dont elles seraient les déplacements.
Correction expliquée 13.19 — Réponse possible et critères
L’orthogonalité est vraie, mais un normal doit être non nul. On ne peut donc pas utiliser ce résultat comme normal. La caractérisation démontrée dit en outre que les deux directions sont colinéaires. Si elles sont \(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC}\), les trois points sont alignés, éventuellement confondus, et ne déterminent pas un plan unique.
Les critères sont : identifier la condition de non-nullité, distinguer un calcul exact d’une conclusion invalide, utiliser le sens « produit vectoriel nul implique colinéarité » et traduire la conclusion en termes de points. Une erreur de calcul reste possible en pratique : il faut contrôler les substitutions avant de conclure que les données sont colinéaires.
À toi 13.20 — Ordre des vecteurs et cas colinéaire
Dans l’exemple de référence, on avait trouvé \(\vec{u}\times\vec{v}=(-2;1;5)\). Un autre calcul donne \((2;-1;-5)\) parce qu’il a inversé l’ordre des vecteurs. Ce vecteur est-il un normal valable ? Quelle équation de plan fournit-il avec \(A(1;0;-2)\) ?
Calculer la formule pour \(\vec{u}=(1;2;3)\) et \(\vec{v}=(-2;-4;-6)\). Expliquer pourquoi le résultat était prévisible avant le calcul.
Correction expliquée 13.21 — Correction de la variation
Le vecteur opposé est non nul et conserve les deux orthogonalités ; il est donc un normal valable. L’équation devient \(2(x-1)-(y-0)-5(z+2)=0\). La distribution donne d’abord \[2\times x+2\times(-1)+(-1)\times y+(-1)\times0+(-5)\times z+(-5)\times2=0,\] puis \(2x-2-y-5z-10=0\), donc \(2x-y-5z-12=0\). C’est l’opposée de \(-2x+y+5z+12=0\), constante comprise. Les deux équations ont les mêmes solutions. L’ordre compte pour la valeur du produit vectoriel, tandis que les deux signes conviennent à l’objectif de fabriquer un normal.
Ici \(\vec{v}=-2\vec{u}\), donc la caractérisation prédit le vecteur nul. Le calcul le confirme : \(2\times(-6)-3\times(-4)=-12-(-12)=0\) ; \(3\times(-2)-1\times(-6)=-6-(-6)=0\) ; \(1\times(-4)-2\times(-2)=-4-(-4)=0\). Deux vecteurs non nuls ne suffisent pas : leur non-colinéarité était nécessaire.
Point de vigilance 13.22 — Réparer le signe de la deuxième coordonnée
Avec \(\vec{u}=(2;-1;1)\) et \(\vec{v}=(1;2;0)\), une copie calcule la deuxième coordonnée dans le mauvais ordre : \(2\times0-1\times1=-1\). Elle annonce \((-2;-1;5)\). Le contrôle avec \(\vec{u}\) donne \((-2)\times2+(-1)\times(-1)+5\times1=-4+1+5=2\), et non \(0\) : l’erreur est détectée.
Rappel : le deuxième couple d’indices est \((3,1)\), donc on écrit \(u_3v_1-u_1v_3\). Exemple plus simple corrigé : pour \((1;1;0)\) et \((0;1;1)\), les coordonnées sont \(1\times1-0\times1=1\), \(0\times0-1\times1=-1\), \(1\times1-1\times0=1\). Le résultat \((1;-1;1)\) vérifie \(1-1+0=0\) et \(0-1+1=0\).
Nouvel essai : calculer la formule pour \(\vec p=(1;0;2)\) et \(\vec q=(0;1;1)\), puis faire les deux contrôles avant de lire la suite.
Correction expliquée 13.23 — Correction du nouvel essai et retour
Les trois coordonnées sont \(0\times1-2\times1=-2\), \(2\times0-1\times1=-1\) et \(1\times1-0\times0=1\). Le vecteur obtenu est donc \((-2;-1;1)\), non nul.
Les contrôles donnent \((-2)\times1+(-1)\times0+1\times2=-2+0+2=0\) et \((-2)\times0+(-1)\times1+1\times1=0-1+1=0\).
Retour au calcul initial : sa deuxième coordonnée doit être \(1\times1-2\times0=1\), et le normal corrigé est \((-2;1;5)\). Ne pas corriger un seul signe au hasard pour obtenir zéro ; retrouver le produit qui a été écrit dans le mauvais ordre.
À toi 13.24 — À reprendre plus tard : construire et contrôler sans modèle ouvert
Pour \(A(1;2;-1)\), \(B(3;2;0)\) et \(C(0;3;1)\), calculer un normal par la formule et donner une équation du plan. Justifier la non-colinéarité et contrôler le résultat.
Indice : les couples d’indices de la formule sont \((2,3)\), \((3,1)\), \((1,2)\). Critères : différences de coordonnées, trois différences de produits, résultat non nul, deux produits scalaires nuls, équation utilisant le point d’appui et contrôle de celle-ci.
Correction expliquée 13.25 — Correction de la reprise différée
\[\overrightarrow{AB}=(3-1\,;2-2\,;0-(-1))=(2;0;1),\qquad \overrightarrow{AC}=(0-1\,;3-2\,;1-(-1))=(-1;1;2).\] La formule donne \(0\times2-1\times1=-1\) ; \(1\times(-1)-2\times2=-1-4=-5\) ; \(2\times1-0\times(-1)=2-0=2\). Ainsi \(\vec{n}=(-1;-5;2)\) est non nul, ce qui prouve la non-colinéarité des directions. Les deux contrôles sont \[(-1)\times2+(-5)\times0+2\times1=-2+0+2=0,\] \[(-1)\times(-1)+(-5)\times1+2\times2=1-5+4=0.\] L’équation par \(A\) est \(-(x-1)-5(y-2)+2(z+1)=0\). Les produits distribués sont \[(-1)\times x+(-1)\times(-1)+(-5)\times y+(-5)\times(-2)+2\times z+2\times1=0.\] Après réduction, \(-x+1-5y+10+2z+2=0\), donc \(-x-5y+2z+13=0\).
Le contrôle du point d’appui donne \(-1-5\times2+2\times(-1)+13=-1-10-2+13=0\). Pour \(B\), on obtient \(-3-5\times2+2\times0+13=-3-10+0+13=0\) ; pour \(C\), \(-0-5\times3+2\times1+13=0-15+2+13=0\). L’équation opposée \(x+5y-2z-13=0\) conviendrait également, puisque tous ses termes sont multipliés par \(-1\ne0\).
Synthèse 13.26 — L’outil facultatif et ses garanties
La formule produit trois différences de produits ; leurs signes sont choisis pour annuler les produits scalaires avec les deux vecteurs de départ. Elle donne un normal seulement lorsque le résultat est non nul, ce qui équivaut à la non-colinéarité des directions.
L’ordre inversé donne le vecteur opposé, également normal lorsque les directions ne sont pas colinéaires. Pour le calcul, le moyen mnémotechnique peut aider ; pour la justification, les garanties sont la démonstration, la non-nullité et les deux contrôles. Les méthodes du parcours principal n’ont besoin d’aucune de ces formules hors programme.
14. Synthèse, choix de méthode et entraînement transversal
Objectif. Reconnaître les objets, choisir une traduction adaptée et conduire une solution contrôlée sans que le titre révèle la méthode.
Repérage : choisir avant de calculer
Sans faire tous les calculs, écris la première égalité utile dans chacune de ces situations : un point doit appartenir à une droite paramétrée ; une droite rencontre un plan d’équation donnée ; on cherche le point d’un plan le plus proche d’un point extérieur ; on veut décider si trois vecteurs forment une base.
Correction expliquée 14.1 — Quatre départs, quatre contraintes
Pour l’appartenance à la droite, on remplace les coordonnées du point dans les trois expressions de la droite et on cherche un même paramètre. Pour l’intersection droite–plan, on remplace \(x,y,z\) dans l’équation du plan par les expressions de la droite. Pour le point le plus proche d’un plan, on cherche \(H=P+t\vec{n}\) avec \(H\) dans le plan, où \(\vec{n}\) est un normal non nul. Pour la base, on étudie \(a\vec{u}+b\vec{v}+c\vec{w}=\vec0\) et on exige que la seule solution soit \((0;0;0)\), ou on décompose un vecteur arbitraire en prouvant existence et unicité. Si tu confonds directeur et normal, reprends la table suivante. Si le départ est juste mais les équations échouent, les règles de système rappelées ici sont le premier point d’appui.
Le noyau à retrouver rapidement
Rappel 14.2 — Les conditions appartiennent aux formules
On travaille dans un repère orthonormé. Un point est une position ; un vecteur est un déplacement. Pour \(A(x_A;y_A;z_A)\) et \(B(x_B;y_B;z_B)\), \[\overrightarrow{AB}=(x_B-x_A;y_B-y_A;z_B-z_A),\qquad AB^2=(x_B-x_A)^2+(y_B-y_A)^2+(z_B-z_A)^2.\] Pour \(\vec{u}=(a;b;c)\) et \(\vec{v}=(a';b';c')\), \[\vec{u}\cdot\vec{v}=aa'+bb'+cc',\qquad\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2=a^2+b^2+c^2.\] Le produit scalaire nul caractérise l’orthogonalité. Pour un vecteur de référence non nul, la colinéarité signifie que l’autre vecteur est un même multiple sur les trois coordonnées. Le vecteur nul est colinéaire et orthogonal à tout vecteur, mais il ne peut pas diriger une droite ni être normal à un plan. Une base de l’espace est un triplet de vecteurs tel que tout vecteur s’écrive d’une manière unique comme leur combinaison linéaire. Le test de la dépendance nulle, résultat antérieur rappelé ici, dit qu’un triplet est une base si et seulement si \(a\vec{u}+b\vec{v}+c\vec{w}=\vec0\) impose \(a=b=c=0\). Pour des coordonnées dans une base donnée, on résout au contraire \(a\vec{u}+b\vec{v}+c\vec{w}=\vec{q}\) avec le vecteur demandé. Dans ces systèmes, on fait la même opération aux deux membres ; on divise seulement par un coefficient non nul et l’on conserve toutes les contraintes.
Ces résultats, démontrés ou identifiés comme rappels dans le parcours, sont réunis ici pour rendre cette synthèse utilisable seule.
Synthèse 14.3 — Les deux descriptions centrales
| Objet | Description | Conditions et lecture |
|---|---|---|
| Droite | \(M=A+t\vec{u}\), \(t\in\mathbb{R}\) | \(A\) fixé, \(\vec{u}\ne\vec0\) ; un seul paramètre pour les trois coordonnées. |
| Plan | \(ax+by+cz+d=0\) | \((a;b;c)\ne\vec0\) ; \(\vec{n}=(a;b;c)\) est un normal. |
| Plan par point et normal | \(a(x-x_A)+b(y-y_A)+c(z-z_A)=0\) | \(A\) appartient au plan ; le normal est non nul. |
| Pied sur un plan | \(H=P+t\vec{n}\), \(\vec{n}\ne\vec0\), puis équation du plan | Appartenance de \(H\) et déplacement \(\overrightarrow{PH}\) colinéaire à \(\vec{n}\). |
| Pied sur une droite | \(H=A+t\vec{u}\), puis \(\overrightarrow{PH}\cdot\vec{u}=0\) | Appartenance de \(H\) et orthogonalité au directeur. |
Rappel 14.4 — Projections et distances : les formes condensées
Pour \(\mathcal P:ax+by+cz+d=0\) et \(P=(x_P;y_P;z_P)\), pose \(f(P)=ax_P+by_P+cz_P+d\) et \(\vec{n}=(a;b;c)\ne\vec0\). \[H=P-\frac{f(P)}{a^2+b^2+c^2}\vec{n},\qquad \operatorname{dist}(P,\mathcal P)=\frac{|f(P)|}{\sqrt{a^2+b^2+c^2}}.\] Pour la droite \(d\) de point \(A\) et de directeur \(\vec{u}\ne\vec0\) : \[H=A+\frac{\overrightarrow{AP}\cdot\vec{u}}{\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2}\vec{u},\qquad \operatorname{dist}(P,d)=PH.\] Ces formules se retrouvent par les deux conditions de la table ; elles ne dispensent pas de les contrôler. Le carré de la norme d’un vecteur non nul est strictement positif. La distance est non négative ; une valeur absolue oubliée dans la formule du plan peut donner une réponse impossible.
Synthèse 14.5 — Quelle traduction sert la question ?
| Question | Premier geste | Contrôle décisif |
|---|---|---|
| Point sur droite ? | Chercher le paramètre sur une composante non nulle du directeur. | Vérifier les deux autres coordonnées. |
| Point dans plan ? | Calculer \(ax_P+by_P+cz_P+d\). | Le résultat doit être \(0\). |
| Deux droites ? | Comparer les directeurs ; si nécessaire écrire \(A+t\vec{u}=B+s\vec{v}\). | Paramètres indépendants, trois égalités. |
| Droite et plan ? | Substituer les expressions de la droite dans le plan. | Une équation \(\alpha t+\beta=0\), trois cas. |
| Deux plans ? | Comparer leurs normaux. | Même direction ne suffit pas à prouver même plan. |
| Normal proposé ? | Tester deux produits scalaires avec des directions du plan. | Deux directions non colinéaires et normal non nul. |
| Définir le plan par trois points ? | Former deux vecteurs depuis le même point. | Non-alignement avant de parler du plan \((ABC)\). |
| Distance à droite/plan ? | Chercher le projeté orthogonal. | Appartenance et orthogonalité, puis norme. |
| Base/coordonnées ? | Écrire une combinaison inconnue coordonnée par coordonnée. | Toutes les équations, puis reconstruction. |
Rappel 14.6 — Les branches à ne pas oublier
Dans \(\alpha t+\beta=0\), si \(\alpha\ne0\), la solution unique est \(t=-\beta/\alpha\) ; si \(\alpha=0,\beta\ne0\), il n’y a aucune solution ; si \(\alpha=\beta=0\), tout réel convient. Pour une droite et un plan, ces trois cas donnent respectivement un point d’intersection, une droite strictement parallèle au plan et une droite incluse dans le plan. Pour deux plans de normaux non nuls : normaux colinéaires signifie plans parallèles au sens large ; pour prouver la coïncidence, il faut en plus un point commun ou la proportionnalité des quatre coefficients. Normaux de produit scalaire nul signifie plans perpendiculaires. Pour deux droites, des directeurs orthogonaux n’imposent pas que les droites se coupent. Deux droites non parallèles peuvent être sécantes ou gauches. On vérifie les trois coordonnées d’un point commun, pas seulement la projection du dessin sur la page.
Une démarche de choix que l’on peut expliquer
Méthode 14.7 — Lire les données, nommer l’objectif, choisir la condition
Nomme l’objet demandé. Est-ce un point, une équation, une distance, une position relative ou un triplet de coefficients ?
Inventorie les données utiles. Point et directeur décrivent une droite ; point et normal décrivent un plan ; trois points doivent être non alignés pour définir un plan.
Écris les conditions avant de calculer. Une appartenance, une orthogonalité ou une décomposition se traduisent différemment.
Résous en conservant les hypothèses. Dans une substitution, distribue tous les produits avant de réduire ; avant une division, nomme son coefficient non nul ; garde les contraintes restantes.
Contrôle et interprète. Reviens aux objets et aux données initiales ; termine par la réponse dans la nature demandée, avec unité de longueur si le contexte en fournit une.
Une seconde méthode est utile si elle éclaire le problème ou vérifie un point fragile. Empiler des méthodes sans but n’améliore pas la justification.
Exemple de référence 14.8 — Un rail et une cloison
Un rail idéal suit la droite \[d:\quad (x;y;z)=(t;1+t;t),\qquad t\in\mathbb{R}.\] Une cloison idéale est dans le plan passant par \(B=(1;0;1)\) et normal à \(\vec{n}=(2;-1;1)\). On cherche où le rail rencontre la cloison, puis le point de la cloison le plus proche de \(S=(2;0;3)\).
Choisir les traductions. La première question est une intersection : il faut une équation de plan puis une substitution. La seconde est un minimum de distance : il faut une projection orthogonale sur le plan.
Construire le plan. Le normal est non nul. Son équation est \[\begin{aligned} 2(x-1)-(y-0)+(z-1)&=0\\ \iff2\times x+2\times(-1)+(-1)\times y+(-1)\times0+z-1&=0\\ \iff2x-2-y+z-1&=0\\ \iff2x-y+z-3&=0. \end{aligned}\] Contrôle en \(B\) : \(2\times1-0+1-3=0\).
Trouver l’intersection. On substitue \(x=t\), \(y=1+t\), \(z=t\) : \[\begin{aligned} 2t-(1+t)+t-3&=0\\ \iff2t+(-1)\times1+(-1)\times t+t-3&=0\\ \iff2t-1-t+t-3&=0\\ \iff2t-4&=0. \end{aligned}\] Ajouter \(4\) aux deux membres donne \(2t-4+4=0+4\), donc \(2t=4\) ; diviser par \(2\ne0\) donne \(\frac{2t}{2}=\frac42\), soit \(t=2\). Le point commun est \(I=(2;3;2)\). Contrôle dans le plan : \(2\times2-3+2-3=4-3+2-3=0\). Le même paramètre \(2\) donne les trois coordonnées du rail.
Chercher le plus proche point. On écrit \(H=S+\lambda\vec{n}=(2+2\lambda;-\lambda;3+\lambda)\). Dans le plan, \[2(2+2\lambda)-(-\lambda)+(3+\lambda)-3=0,\] \[\begin{aligned} 2\times2+2\times(2\lambda)+(-1)\times(-\lambda)+3+\lambda-3&=0\\ \iff4+4\lambda+\lambda+3+\lambda-3&=0\\ \iff6\lambda+4&=0. \end{aligned}\] Soustraire \(4\) aux deux membres donne \(6\lambda+4-4=0-4\), donc \(6\lambda=-4\) ; diviser par \(6\ne0\) donne \(\frac{6\lambda}{6}=\frac{-4}{6}\), soit \(\lambda=-2/3\) après division du numérateur et du dénominateur par \(2\). Ainsi \[\begin{aligned} H&=\left(2+2\times\left(-\frac23\right);(-1)\times\left(-\frac23\right);3+1\times\left(-\frac23\right)\right)\\ &=\left(2-\frac43;\frac23;3-\frac23\right)\\ &=\left(\frac63-\frac43;\frac23;\frac93-\frac23\right)\\ &=\left(\frac23;\frac23;\frac73\right). \end{aligned}\] Les conversions \(2=2\times3/3\) et \(3=3\times3/3\) donnent le dénominateur commun. Le contrôle de plan vaut \(2\times\frac23-\frac23+\frac73-3=\frac{4-2+7-9}{3}=0\), tandis que \(\overrightarrow{SH}=(\frac23-2;\frac23-0;\frac73-3)=(-4/3;2/3;-2/3)=(-2/3)\vec{n}\) est normal au plan. Le point \(H\) est donc le projeté. La distance vaut \[SH=\sqrt{\left(-\frac43\right)^2+\left(\frac23\right)^2+\left(-\frac23\right)^2}=\sqrt{\frac{16+4+4}{9}}=\frac{\sqrt{24}}3=\frac{2\sqrt6}{3}.\] Pour tout \(M\) de la cloison, \(SM^2=SH^2+HM^2\ge SH^2\) par orthogonalité et Pythagore ; l’égalité exige \(M=H\). Voilà pourquoi cette recherche répond à « le plus proche ».
À toi 14.9 — Dossier A
Dans un repère orthonormé, on donne \(\mathcal P:x+y+z-3=0\), \(d:(x;y;z)=(t;1;2t)\) et \(S=(3;0;0)\). Détermine les points communs à \(d\) et \(\mathcal P\), puis le point de \(\mathcal P\) le plus proche de \(S\). Guidage. Nomme l’objectif de chaque question. Pour la première, remplace \(x,y,z\) dans le plan. Pour la seconde, commence par vérifier si \(S\) appartient déjà au plan.
Correction expliquée 14.10 — Un cas où le point demandé est déjà disponible
La substitution donne \(t+1+2t-3=0\), soit \(3t-2=0\). Ajouter \(2\) aux deux membres donne \(3t-2+2=0+2\), soit \(3t=2\) ; diviser par \(3\ne0\) donne \(\frac{3t}{3}=\frac23\), donc \(t=2/3\). Le point commun est \(I=(2/3;1;4/3)\). Contrôle : \(2/3+1+4/3-3=(2+3+4-9)/3=0\), où \(1=3/3\), \(3=9/3\). Pour \(S\), \(3+0+0-3=0\), donc \(S\in\mathcal P\). La distance minimale vaut \(0\) et n’est atteinte qu’en \(S\). Le projeté est donc \(S\) lui-même. Un calcul de paramètre normal donnerait \(\lambda=0\) ; il ne faut pas l’exclure.
À toi 14.11 — Dossier B — chercher avant de lire les indices
On donne \[\mathcal P:x+2y+2z-6=0,\qquad d:(x;y;z)=(1+t;1-t;t),\ t\in\mathbb{R},\qquad P=(1;0;1).\]
Décris complètement les points communs à \(d\) et \(\mathcal P\).
Quel est le point de \(\mathcal P\) le plus proche de \(P\) ? Quelle est la distance correspondante ?
Le directeur \((1;-1;1)\) de \(d\) est-il un normal à \(\mathcal P\) ? Justifie.
Commence par annoncer la condition choisie pour chaque question. Indices après une tentative : une substitution pour 1 ; un déplacement parallèle à \((1;2;2)\) pour 2 ; une comparaison de directions pour 3.
Correction expliquée 14.12 — Une intersection, un minimum et deux directions
1. En remplaçant les trois coordonnées dans le plan, \[\begin{aligned} (1+t)+2(1-t)+2t-6&=0\\ \iff1+t+2\times1+2\times(-t)+2t-6&=0\\ \iff1+t+2-2t+2t-6&=0\\ \iff t-3&=0. \end{aligned}\] Ajouter \(3\) aux deux membres donne \(t=3\). Il y a un unique point commun \(I=(4;-2;3)\). Contrôle : \(4+2\times(-2)+2\times3-6=4-4+6-6=0\).
2. Le normal \(\vec{n}=(1;2;2)\) est non nul. Cherchons \(H=P+\lambda\vec{n}=(1+\lambda;2\lambda;1+2\lambda)\). Son appartenance au plan impose \[\begin{aligned} (1+\lambda)+2(2\lambda)+2(1+2\lambda)-6&=0\\ \iff1+\lambda+2\times(2\lambda)+2\times1+2\times(2\lambda)-6&=0\\ \iff1+\lambda+4\lambda+2+4\lambda-6&=0\\ \iff9\lambda-3&=0. \end{aligned}\] Ajouter \(3\) aux deux membres donne \(9\lambda-3+3=0+3\), donc \(9\lambda=3\) ; diviser par \(9\ne0\) donne \(\frac{9\lambda}{9}=\frac39\), soit \(\lambda=1/3\). Donc \(H=(4/3;2/3;5/3)\) : on substitue \(x_H=1+1/3=3/3+1/3=4/3\), \(y_H=2\times(1/3)=2/3\), \(z_H=1+2\times(1/3)=3/3+2/3=5/3\), en écrivant \(1=3/3\) pour additionner. Contrôle : \(\frac43+2\times\frac23+2\times\frac53-6=(4+4+10-18)/3=0\), où \(6=6\times3/3=18/3\) ; le déplacement \(\overrightarrow{PH}=(1/3;2/3;2/3)=(1/3)\vec{n}\) est normal au plan. La distance vaut \[PH=\sqrt{\left(\frac13\right)^2+\left(\frac23\right)^2+\left(\frac23\right)^2}=\sqrt{\frac19+\frac49+\frac49}=\sqrt{\frac99}=1.\] Pythagore garantit que tout autre point du plan est plus éloigné : \(PM^2=PH^2+HM^2>PH^2\) si \(M\ne H\).
3. Deux normaux non nuls d’un même plan sont colinéaires. Si \((1;-1;1)=\mu(1;2;2)\), la première coordonnée impose \(\mu=1\), mais la deuxième exigerait \(-1=2\), impossible. Le directeur du rail n’est donc pas un normal. La droite est sécante au plan sans lui être perpendiculaire.
Question que tu peux te poser 14.13 — Expliquer un choix sans réciter le cours
Explique pourquoi « chercher un point commun » et « chercher le point le plus proche » ne donnent pas les mêmes conditions. Donne une phrase de méthode pour chaque cas. Réponse possible. Un point commun doit appartenir aux deux ensembles ; on combine leurs descriptions. Le plus proche point d’une droite ou d’un plan doit appartenir à cet ensemble et être le pied d’un déplacement perpendiculaire ; la propriété de minimum se démontre par Pythagore. Critères : les deux appartenances dans le premier cas ; appartenance et orthogonalité dans le second ; distinction entre résoudre une équation et prouver que le résultat minimise une distance.
Une variation sur les données, pas seulement sur les nombres
À toi 14.14 — Dossier C
On décrit une droite par \(M(t)=(1+t;2-t;0)\). Un élève affirme : « Elle coupe forcément le plan \(x+y=3\) en un unique point, puisque ses points changent quand \(t\) change. » Un autre affirme : « Elle coupe le plan \(x+y=4\) pour une grande valeur de \(t\). » Décide ces deux affirmations. Indice : calcule \(x(t)+y(t)\) avant de chercher une valeur.
Correction expliquée 14.15 — Un paramètre qui disparaît a un sens
\(x(t)+y(t)=(1+t)+(2-t)=3\) pour tout \(t\). La droite est donc entièrement incluse dans le premier plan ; il n’y a pas un unique point d’intersection. Pour le second, il faudrait \(3=4\), ce qui est impossible pour toute valeur de \(t\). La droite lui est strictement parallèle. Le fait que le point varie n’implique pas que toutes les expressions de ses coordonnées varient.
Réparer un mauvais départ
À toi 14.16 — Revenir à l’objet demandé
Première erreur : « Je veux une distance à un plan, je choisis un point quelconque de ce plan et je calcule sa distance. » Le rappel utile est la différence entre une distance possible et la distance minimale. Exemple simple corrigé : pour \(P=(1;2;3)\) et le plan \(z=0\), le point \((0;0;0)\) donne \(\sqrt{(0-1)^2+(0-2)^2+(0-3)^2}=\sqrt{1+4+9}=\sqrt{14}\), mais le pied \((1;2;0)\) donne \(\sqrt{(1-1)^2+(2-2)^2+(0-3)^2}=3\), plus petit. Le déplacement du pied \((0;0;-3)\) est normal au plan. Nouvel essai : quel point du plan \(y=1\) est le plus proche de \(Q=(2;4;-1)\) ? Donne ses deux conditions caractéristiques et sa distance à \(Q\).
Correction expliquée 14.17 — Un choix justifié par deux conditions
Le plan \(y=1\) a pour normal \((0;1;0)\). La droite normale issue de \(Q\) est \((2;4+\lambda;-1)\). L’appartenance donne \(4+\lambda=1\) ; soustraire \(4\) aux deux membres donne \(\lambda=-3\). Le pied est donc \(H=(2;1;-1)\). On a \(y_H=1\) et \(\overrightarrow{QH}=(0;-3;0)=-3(0;1;0)\) ; les deux conditions conviennent. La distance est \(\sqrt{0^2+(-3)^2+0^2}=3\). Reviens ensuite à la seconde question du dossier B : écris les deux conditions avant de refaire le calcul. Cette reprise porte sur le choix de méthode, pas seulement sur une soustraction.
Mini-test transversal : titres neutres, méthodes à choisir
Les quatre situations suivantes constituent une tâche de reprise différée. Fais-les après un délai, avant de relire les tables. Les indices et les corrections restent disponibles dans cette unité.
À toi 14.18 — Situations 1 à 4
Situation 1. Soient \(A=(1;-1;0)\), \(B=(3;0;2)\), \(C=(5;1;4)\) et \(D=(5;1;3)\). Décide quels points \(C,D\) appartiennent à \((AB)\). Détermine aussi le point de \((AB)\) dont la cote vaut \(-2\).
Situation 2. On donne \(d:(t;0;t)\) et \(d':(1+s;1-s;s)\), avec \(t,s\in\mathbb{R}\). Décris leur position relative. Leurs directeurs sont-ils orthogonaux ?
Situation 3. Soient \(A=(0;0;1)\), \(B=(1;0;0)\), \(C=(0;1;0)\) et \(S=(2;2;2)\). Vérifie que \(\vec{n}=(1;1;1)\) est normal au plan \((ABC)\), donne une équation de ce plan, puis trouve son point le plus proche de \(S\) et la distance correspondante.
Situation 4. Dans la base initiale, \(\vec{u}=(1;0;1)\), \(\vec{v}=(0;1;1)\) et \(\vec{w}=(0;0;1)\). Prouve que cette famille est une base, puis donne les coordonnées de \(\vec{q}=(2;-1;4)\) dans cette base. Le triplet obtenu peut-il servir directement à calculer la norme par somme des carrés ?
Rappel 14.19 — Indices à ouvrir après une tentative
1. Le directeur \(\overrightarrow{AB}\) vient des trois différences. Cherche le même paramètre pour chaque point. 2. Trois égalités doivent être satisfaites ; les paramètres des deux droites sont indépendants. 3. Vérifie deux directions non colinéaires puis les deux produits scalaires. Pour le plus proche point, cherche un déplacement normal. 4. Décompose un vecteur arbitraire \((x;y;z)\), puis remplace les données ; inspecte aussi les produits scalaires et les normes des vecteurs de base.
Correction expliquée 14.20 — Situation 1
\(\overrightarrow{AB}=(3-1;0-(-1);2-0)=(2;1;2)\ne\vec0\). La droite s’écrit \[(x;y;z)=(1+2t;-1+t;2t),\qquad t\in\mathbb{R}.\] Pour \(C\), \(1+2t=5\) donne \(1+2t-1=5-1\) en soustrayant \(1\) aux deux membres, soit \(2t=4\) ; comme \(2\ne0\), \(\frac{2t}{2}=\frac42\) donne \(t=2\) ; alors \(-1+2=1\) et \(2\times2=4\), donc \(C\in(AB)\). Pour \(D\), les deux premières coordonnées imposent encore \(t=2\), mais la troisième donnerait \(4\) au lieu de \(3\) : \(D\notin(AB)\). Pour la cote \(-2\), l’équation \(2t=-2\) donne \(\frac{2t}{2}=\frac{-2}{2}\) en divisant les deux membres par \(2\ne0\), donc \(t=-1\). Le point est \((1-2;-1-1;-2)=(-1;-2;-2)\). Contrôle : il provient bien d’une seule valeur du paramètre pour les trois coordonnées.
Correction expliquée 14.21 — Situation 2
Les directeurs sont \(\vec{u}=(1;0;1)\) et \(\vec{v}=(1;-1;1)\). Ils ne sont pas colinéaires : un multiple du premier aurait toujours une deuxième coordonnée nulle. Un point commun exigerait \[\begin{cases}t=1+s,\\0=1-s,\\t=s.\end{cases}\] La deuxième équation donne \(s=1\) ; la première donne alors \(t=2\), tandis que la troisième imposerait \(t=1\). Le système est impossible. Les droites sont non parallèles et sans point commun : elles sont gauches. Le produit scalaire des directeurs vaut \(1\times1+0\times(-1)+1\times1=2\ne0\) : leurs directions ne sont pas orthogonales. L’absence d’intersection ne suffit pas à répondre à la question de l’orthogonalité ; il fallait un contrôle distinct.
Correction expliquée 14.22 — Situation 3
\(\overrightarrow{AB}=(1-0;0-0;0-1)=(1;0;-1)\) et \(\overrightarrow{AC}=(0-0;1-0;0-1)=(0;1;-1)\) ne sont pas colinéaires : si le second était un multiple du premier, sa deuxième coordonnée serait nulle. Les points sont donc non alignés et définissent un plan. Le vecteur \(\vec{n}=(1;1;1)\) est non nul, et \[\vec{n}\cdot\overrightarrow{AB}=1\times1+1\times0+1\times(-1)=0,\qquad \vec{n}\cdot\overrightarrow{AC}=1\times0+1\times1+1\times(-1)=0.\] Il est normal au plan. Celui-ci passe par \(A=(0;0;1)\), donc \[(x-0)+(y-0)+(z-1)=0\iff x+y+z-1=0.\] Les contrôles donnent pour \(B\) : \(1+0+0-1=0\), et pour \(C\) : \(0+1+0-1=0\). Cherchons \(H=S+\lambda\vec{n}=(2+\lambda;2+\lambda;2+\lambda)\). Dans le plan : \[(2+\lambda)+(2+\lambda)+(2+\lambda)-1=0 \iff5+3\lambda=0.\] Soustraire \(5\) aux deux membres donne \(5+3\lambda-5=0-5\), soit \(3\lambda=-5\) ; diviser par \(3\ne0\) donne \(\frac{3\lambda}{3}=\frac{-5}{3}\), donc \(\lambda=-5/3\). Ainsi \(H=(1/3;1/3;1/3)\), car \(2-5/3=6/3-5/3=1/3\), avec \(2=2\times3/3\). Le point satisfait \((1+1+1)/3-1=0\) et \(\overrightarrow{SH}=(-5/3;-5/3;-5/3)=(-5/3)\vec{n}\). La distance est \[SH=\sqrt{\left(-\frac53\right)^2+\left(-\frac53\right)^2+\left(-\frac53\right)^2}=\sqrt{\frac{25}{9}+\frac{25}{9}+\frac{25}{9}}=\frac{\sqrt{75}}3=\frac{5\sqrt3}{3}.\] Le caractère minimal vient de \(SM^2=SH^2+HM^2\) pour tout point \(M\) du plan.
Correction expliquée 14.23 — Situation 4
On distribue les coefficients dans les trois coordonnées : \[a\vec{u}+b\vec{v}+c\vec{w}=(a\times1+b\times0+c\times0\,;a\times0+b\times1+c\times0\,;a\times1+b\times1+c\times1)=(a;b;a+b+c).\] Écrire \((x;y;z)=a\vec{u}+b\vec{v}+c\vec{w}\) donne \[\begin{cases}a=x,\\b=y,\\a+b+c=z.\end{cases}\] Les deux premières imposent \(a=x,b=y\) ; la troisième impose \(c=z-x-y\). Ces valeurs existent pour tout triplet et sont uniques. Leur reconstruction donne \((a;b;a+b+c)=(x;y;x+y+z-x-y)=(x;y;z)\) : c’est une base. Pour \(\vec{q}=(2;-1;4)\), les nouvelles coordonnées sont \((2;-1;4-2-(-1))=(2;-1;3)\). Contrôle : \[\begin{aligned} &2(1;0;1)-(0;1;1)+3(0;0;1)\\ &=(2\times1+(-1)\times0+3\times0\,;2\times0+(-1)\times1+3\times0\,;2\times1+(-1)\times1+3\times1)\\ &=(2+0+0;0-1+0;2-1+3)=(2;-1;4). \end{aligned}\] La nouvelle base n’est pas orthonormée : par exemple \(\left\lVert\vec{u}\right\rVert^2=1^2+0^2+1^2=2\ne1\), et \(\vec{u}\cdot\vec{v}=1\times0+0\times1+1\times1=0+0+1=1\ne0\). La somme \(2^2+(-1)^2+3^2=14\) ne donne donc pas le carré de la norme de \(\vec{q}\). Dans la base initiale orthonormée, ce carré vaut \(2^2+(-1)^2+4^2=21\). Le vecteur est le même, les coordonnées et la règle métrique doivent rester cohérentes.
Synthèse 14.24 — Comment exploiter ta correction
Évalue séparément : choix de la bonne condition, conditions de validité, calcul, justification, contrôle et interprétation. Une réponse exacte obtenue avec une condition oubliée reste fragile ; un calcul erroné après une bonne traduction ne demande pas la même reprise qu’un mauvais choix d’objet. Pour les coordonnées et les signes, retourne à l’unité
1; pour les systèmes et les bases, à
2; pour les droites, à
3et
4; pour les normaux et les plans, à
5–
8; pour les projections, à
9ou
10. Les rappels de cette unité permettent déjà de retenter les quatre situations sans ouvrir ces renvois. Après une erreur, réécris le premier geste correct, refais le calcul concerné, puis reviens à la situation entière. Reprends une des situations après un délai pour vérifier si tu retrouves le choix de méthode sans son titre ni sa correction.
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