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Fonctions cosinus et sinus — Cours en classe
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Fonctions cosinus et sinus — Cours en classe
Terminale générale — Spécialité mathématiques · Année 2026–2027
Fonctions cosinus et sinus
Cours en classe
Objectifs. Relier le cercle aux courbes ; dériver et étudier des fonctions trigonométriques ; résoudre des équations et des inéquations ; justifier un optimum dans un problème géométrique.
Les arguments des fonctions trigonométriques sont exprimés en radians. Dans tout le chapitre, ℤ désigne l’ensemble des entiers relatifs.
1. Radians, cercle trigonométrique et valeurs exactes
Définition — Radian et cercle trigonométrique
Sur un cercle de rayon \(r>0\), un angle au centre positif qui intercepte un arc de longueur \(L\) mesure \(\theta=L/r\) radians. Ainsi \(L=r\theta\). Un tour complet mesure \(2\pi\) radians ; \(180^\circ=\pi\) radians.
Le cercle trigonométrique est le cercle de centre \(O\) et de rayon \(1\) d’un repère orthonormé direct. Son origine est \(I=(1;0)\). Le sens positif est le sens contraire des aiguilles d’une montre.
Conversion. On multiplie une mesure en degrés par \(\pi/180\) pour l’obtenir en radians ; on multiplie une mesure en radians par \(180/\pi\) pour l’obtenir en degrés. Ces formules viennent de la proportionnalité des deux mesures. Par exemple, radians.
Définition — Cosinus et sinus d’un réel
Au réel \(x\), on associe le point \(M(x)\) obtenu en parcourant le cercle depuis \(I\) : une longueur \(x\) dans le sens positif si \(x>0\), une longueur \(|x|\) dans le sens négatif si \(x<0\). Pour \(x=0\), on reste en \(I\). On définit Le cosinus est l’abscisse ; le sinus est l’ordonnée. Les fonctions \(x\mapsto\cos x\) et \(x\mapsto\sin x\) sont définies sur \(\mathbb{R}\).
Le point est sur le cercle unité. Les deux projections donnent ses coordonnées, avec leur signe.
Propriété — Un point, plusieurs mesures
Pour tous \(x,y\in\mathbb{R}\),
Démonstration.
Ajouter \(2k\pi\) ajoute ou retire un nombre entier de tours. Réciproquement, deux parcours qui aboutissent au même point diffèrent d’un nombre entier de tours, chacun de longueur \(2\pi\).
Convention et méthode. La mesure principale est choisie dans \(]-\pi;\pi]\). Pour la trouver, on ajoute ou retire des tours entiers, puis on vérifie l’appartenance à cet intervalle.
Exemple 1 — Réduire une mesure
Un tour vaut \(12\pi/6\). Ainsi La différence est bien \(4\pi\), soit deux tours. De même, \(-25\pi/3+8\pi=-\pi/3\). Les nombres \(-\pi\) et \(\pi\) donnent le même point, mais restent deux réels distincts dans un ensemble de solutions.
Propriété — Identité fondamentale et encadrements
Pour tout \(x\in\mathbb{R}\), La notation \(\sin^2x\) désigne \((\sin x)^2\), et non \(\sin(x^2)\).
Démonstration.
Le point \(M(x)\) appartient au cercle unité, d’équation \(u^2+v^2=1\). On remplace \(u\) par \(\cos x\) et \(v\) par \(\sin x\). Les carrés sont positifs ou nuls ; chacun est donc inférieur ou égal à \(1\), ce qui donne les deux encadrements.
Valeurs remarquables
| \(x\) | \(0\) | \(\dfrac\pi6\) | \(\dfrac\pi4\) | \(\dfrac\pi3\) | \(\dfrac\pi2\) |
|---|---|---|---|---|---|
| \(\cos x\) | \(1\) | \(\dfrac{\sqrt3}{2}\) | \(\dfrac{\sqrt2}{2}\) | \(\dfrac12\) | \(0\) |
| \(\sin x\) | \(0\) | \(\dfrac12\) | \(\dfrac{\sqrt2}{2}\) | \(\dfrac{\sqrt3}{2}\) | \(1\) |
Justification. Aux extrémités, on lit les coordonnées des points des axes. Pour \(\pi/4\), un triangle rectangle isocèle d’hypoténuse \(1\) a deux côtés égaux \(a>0\), avec \(2a^2=1\), donc \(a=\sqrt2/2\). La hauteur d’un triangle équilatéral de côté \(2\) le partage en deux triangles rectangles de côtés \(1,\sqrt3,2\) : on en déduit les valeurs pour \(\pi/6\) et \(\pi/3\).
Exemple 2 — Retrouver une coordonnée sans perdre son signe
On sait que \(\cos x=3/5\) et \(-\pi/2<x<0\). Alors Dans ce quadrant, le sinus est négatif. Par conséquent, \(\boxed{\sin x=-4/5}\). L’équation \(s^2=16/25\) autorise deux signes ; le domaine permet de choisir.
2. Symétries, périodicité et signes
Définition — Fonction paire ou impaire
Soit \(f\) définie sur un ensemble \(D\) symétrique par rapport à \(0\) : si \(x\in D\), alors \(-x\in D\).
\(f\) est paire si, pour tout \(x\in D\), \(f(-x)=f(x)\). Sa courbe est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées.
\(f\) est impaire si, pour tout \(x\in D\), \(f(-x)=-f(x)\). Sa courbe est symétrique par rapport à l’origine.
Propriété — Parité du cosinus et du sinus
Pour tout \(x\in\mathbb{R}\), Le cosinus est pair ; le sinus est impair.
Démonstration.
Les points d’angles \(x\) et \(-x\) sont symétriques par rapport à l’axe horizontal du cercle. Ils ont la même abscisse et des ordonnées opposées.
Exemple 3 — Déterminer une parité
La fonction \(f(x)=x\sin x\) est définie sur \(\mathbb{R}\) et Elle est donc paire. Une vérification sur quelques valeurs ne suffirait pas : l’égalité doit valoir pour tout réel \(x\).
Définition — Période
Un réel \(T>0\) est une période d’une fonction \(f\) de domaine \(D\) si \(D\) est stable par les translations de \(T\) et de \(-T\), et si \(f(x+T)=f(x)\) pour tout \(x\in D\). La courbe se reproduit par translation de vecteur \((T;0)\).
Propriété — Périodicité des deux fonctions
Pour tous \(x\in\mathbb{R}\) et \(k\in\mathbb{Z}\), Les deux fonctions sont donc \(2\pi\)-périodiques.
Démonstration.
Les mesures \(x\) et \(x+2k\pi\) donnent le même point du cercle et donc les mêmes coordonnées.
Point de vigilance. Une période n’est pas nécessairement la plus petite période positive, appelée période fondamentale lorsqu’elle existe. Par exemple, \(4\pi\) est aussi une période des deux fonctions. \(\pi\) n’en est pas une : \(\cos0\ne\cos\pi\) et .
Exemple 4 — Vérifier une période d’une composée
Pour \(g(x)=\sin(2x)\), Le nombre \(\pi\) est donc une période. Il faut vérifier l’égalité sur l’expression complète : la seule présence d’un sinus ne suffit pas. Ainsi \(x\sin x\) n’a pas la période \(2\pi\), puisque ses valeurs en \(\pi/2\) et \(5\pi/2\) valent respectivement \(\pi/2\) et \(5\pi/2\).
Propriété — Angles associés
Pour tout \(x\in\mathbb{R}\),
Démonstration.
La symétrie par rapport à l’axe vertical transforme \((u;v)\) en \((-u;v)\) ; le demi-tour le transforme en \((-u;-v)\). La symétrie par rapport à la droite \(v=u\) échange les coordonnées. Enfin, le quart de tour direct transforme \((u;v)\) en \((-v;u)\). En prenant , on obtient les quatre lignes.
Exemple 5 — Calculer une valeur exacte par symétrie
Comme \(5\pi/6=\pi-\pi/6\), Le point est dans le deuxième quadrant : l’abscisse est négative et l’ordonnée positive, ce qui contrôle les signes.
Signes et zéros à lire sur le cercle
Le cosinus est positif à droite de l’axe vertical ; le sinus est positif au-dessus de l’axe horizontal. Sur \([-\pi;\pi]\) :
| \(x\) | \(-\pi\) | \(-\frac\pi2\) | \(0\) | \(\frac\pi2\) | \(\pi\) | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| \(\sin x\) | \(0\) | \(-\) | \(-1\) | \(-\) | \(0\) | \(+\) | \(1\) | \(+\) | \(0\) |
| \(\cos x\) | \(-1\) | \(-\) | \(0\) | \(+\) | \(1\) | \(+\) | \(0\) | \(-\) | \(-1\) |
Les nombres indiquent les valeurs aux abscisses remarquables ; les signes concernent les intervalles ouverts entre ces abscisses.
Corollaire — Zéros
Pour tout \(x\in\mathbb{R}\),
Ces points sont exactement les intersections du cercle avec l’axe horizontal pour le sinus, avec l’axe vertical pour le cosinus.
3. Dériver les fonctions trigonométriques
Théorème — Dérivées du sinus et du cosinus
Les fonctions sinus et cosinus sont dérivables sur \(\mathbb{R}\) et, pour tout réel \(x\), Elles sont donc également continues sur \(\mathbb{R}\).
Statut des justifications. La dérivabilité du sinus et la première formule sont admises ici. La formule du cosinus est démontrée ci-dessous. Les règles usuelles de dérivation sont des résultats antérieurs.
Démonstration.
L’identité des angles associés donne \(\cos x=\sin(x+\pi/2)\). La fonction intérieure \(u(x)=x+\pi/2\) a pour dérivée \(1\). La règle de la chaîne et le résultat admis pour le sinus donnent Enfin, toute fonction dérivable est continue, d’où la continuité annoncée.
Corollaire — Dériver une composée
Si \(u\) est dérivable sur un intervalle ouvert \(I\), alors, sur \(I\), En particulier, pour \(a,b\in\mathbb{R}\),
Démonstration.
On applique avec \(F=\sin\) ou \(F=\cos\). Ces deux fonctions extérieures sont dérivables sur \(\mathbb{R}\). Pour l’argument affine \(u(x)=ax+b\), on a \(u'=a\). Si \(a=0\), la composée est constante et la formule donne bien \(0\).
Méthode — Reconnaître la structure avant de calculer
Préciser le domaine, puis identifier l’opération extérieure. Pour une composée, écrire l’argument \(u\), sa dérivée \(u'\), puis \(F'(u)\,u'\). Pour le produit ou le quotient de deux fonctions \(u\) et \(v\) dérivables sur l’intervalle étudié, utiliser \((uv)'=u'v+uv'\) ; pour le quotient, vérifier en plus que \(v\) ne s’annule pas sur cet intervalle avant d’utiliser On simplifie seulement après avoir appliqué la bonne règle.
Exemple 6 — Suivre le signe et la dérivée de l’argument
Pour \(f(x)=\cos(-50x+70)\), définie et dérivable sur \(\mathbb{R}\), Pour \(g(x)=\sin(3x^2-1)\), également dérivable sur \(\mathbb{R}\), L’argument reste à sa place ; sa dérivée est un facteur supplémentaire.
Exemple 7 — Distinguer un carré, une composée et un produit
Les trois fonctions suivantes sont dérivables sur \(\mathbb{R}\) : Dans la première ligne, on dérive le carré de \(\sin x\) ; dans la deuxième, le sinus de \(x^2\) ; dans la troisième, un produit de deux fonctions.
Exemple 8 — Une valeur interdite reste interdite
La fonction \(G(x)=\sin(1/x)\) est définie pour \(x\ne0\). Sur chacun des intervalles \(]-\infty;0[\) et \(]0;+\infty[\), Cette formule ne définit pas une dérivée en \(0\) : la fonction elle-même n’y est pas définie.
Proposition — Deux limites issues de la dérivabilité
Les arguments étant en radians,
Démonstration.
Puisque \(\sin0=0\) et \(\cos0=1\), les quotients sont les taux d’accroissement respectifs du sinus et du cosinus en \(0\). Leurs limites valent donc \(\sin'(0)=\cos0=1\) et \(\cos'(0)=-\sin0=0\).
Ces limites sont ici des conséquences des dérivées, et ne servent pas à démontrer les formules déjà utilisées.
Exemple 9 — Faire apparaître le quotient de référence
Pour \(x\ne0\), Quand \(x\to0\), \(3x\to0\) ; la limite vaut donc \(3/2\). On ne remplace pas \(\sin(3x)\) par \(3x\) dans une égalité.
4. Variations, extrema et représentations graphiques
Théorème rappelé — Signe de la dérivée et variations
Soit \(f\) continue sur un intervalle \(I\) et dérivable à l’intérieur de \(I\). Si \(f'\geq0\) à l’intérieur, \(f\) est croissante sur \(I\) ; si \(f'\leq0\), elle est décroissante. Un signe strict à l’intérieur donne une variation stricte.
Étudier le cosinus sur \([-\pi;\pi]\)
Pour \(f(x)=\cos x\), on a \(f'(x)=-\sin x\). Le sinus est négatif sur \(]-\pi;0[\) et positif sur \(]0;\pi[\) ; la dérivée du cosinus a les signes contraires. Les valeurs utiles sont \(\cos(-\pi)=-1\), \(\cos0=1\), \(\cos\pi=-1\).
Les signes appartiennent à la ligne de la dérivée ; les valeurs et les flèches appartiennent à la ligne de la fonction.
Propriété — Variations du cosinus
Le cosinus est strictement croissant sur \([-\pi;0]\) et strictement décroissant sur \([0;\pi]\).
Démonstration.
Sur les intérieurs respectifs, \(-\sin x\) est strictement positif puis strictement négatif. Le théorème précédent donne les variations, bornes comprises grâce à la continuité.
Étudier le sinus sur \([-\pi;\pi]\)
Pour \(g(x)=\sin x\), on a \(g'(x)=\cos x\). Le signe du cosinus se lit sur le cercle : négatif, puis positif, puis négatif sur les trois intervalles délimités par \(-\pi/2\) et \(\pi/2\).
Les trois niveaux de la zone de variation permettent de distinguer \(-1\), \(0\) et \(1\).
Propriété — Variations du sinus
Le sinus est strictement décroissant sur \([-\pi;-\pi/2]\), strictement croissant sur \([-\pi/2;\pi/2]\), puis strictement décroissant sur \([\pi/2;\pi]\).
Démonstration.
On applique le théorème de monotonie aux trois signes stricts de \(g'=\cos\). Les valeurs aux bornes sont \(0,-1,1,0\), dans l’ordre du tableau.
Exemple 10 — Comparer deux images avec les variations
Comme \(0<\pi/5<\pi/3<\pi\) et que le cosinus décroît sur \([0;\pi]\), Pour le sinus, la même justification ne vaut pas sur tout \([0;\pi]\) : son sens de variation change en \(\pi/2\).
Courbes de référence
On place les points remarquables, on respecte les variations, puis on prolonge par symétrie et périodicité. Les abscisses d’une courbe sont les réels \(x\) ; elles ne sont pas les abscisses des points du cercle.
Une période complète suffit pour reconstruire chaque courbe. Le cosinus est représenté en trait plein et le sinus en tireté.
Définition — Maximum et minimum
Sur un ensemble \(I\), \(f\) a un maximum en \(a\in I\) si \(f(x)\leq f(a)\) pour tout \(x\in I\). Pour un minimum, on remplace \(\leq\) par \(\geq\). La valeur de l’extremum est \(f(a)\) ; son abscisse est \(a\).
Corollaire — Extrema sur \(\mathbb{R}\)
Les deux fonctions ont pour valeur maximale \(1\) et pour valeur minimale \(-1\). Les abscisses correspondantes sont exactement :
Démonstration.
Les encadrements par \(-1\) et \(1\) sont établis. Sur le cercle, les coordonnées égales à \(1\) ou \(-1\) correspondent aux quatre points des axes. Leurs angles et les tours entiers donnent exactement les abscisses du tableau.
Point de vigilance. Une valeur doit être atteinte pour être un maximum. Sur \(]0;\pi/3]\), le cosinus n’atteint pas \(1\) et n’a pas de maximum : pour tout \(x\) de cet intervalle, \(x/2\) y appartient et \(\cos(x/2)>\cos x\). Son minimum vaut \(1/2\), atteint en \(\pi/3\).
Application — Une tangente à une courbe
Si \(f\) est dérivable en \(a\), sa tangente au point d’abscisse \(a\) a pour équation \(y=f(a)+f'(a)(x-a)\).
Exemple 11 — Tangente au cosinus en \(\pi/3\)
Pour \(f(x)=\cos x\), on a \(f(\pi/3)=1/2\) et \(f'(\pi/3)=-\sqrt3/2\). La tangente est donc Elle passe bien par \((\pi/3;1/2)\) et sa pente est négative, en accord avec la décroissance locale du cosinus.
Proposition — Pas de limite à l’infini
Le sinus et le cosinus n’ont de limite ni en \(+\infty\), ni en \(-\infty\).
Démonstration.
Pour le cosinus, les arguments \(2n\pi\) donnent toujours \(1\) et les arguments \(\pi+2n\pi\) donnent toujours \(-1\) quand \(n\to+\infty\). Une limite finie devrait être la même le long des deux suites : c’est impossible. Pour le sinus, on utilise \(\pi/2+2n\pi\) et \(-\pi/2+2n\pi\). Les encadrements par \(-1\) et \(1\) excluent une limite infinie. En remplaçant \(2n\pi\) par \(-2n\pi\), le raisonnement traite \(-\infty\).
Être bornée ne suffit donc pas à assurer l’existence d’une limite.
5. Résoudre des équations trigonométriques
Définition — Résoudre sur un ensemble
Résoudre une équation sur \(I\), c’est trouver tous les réels \(x\in I\) qui la vérifient. Leur ensemble est noté \(S\). Une solution de l’égalité qui est hors de \(I\) ne répond pas à la question.
Proposition — Égalité de deux cosinus ou de deux sinus
Pour tous réels \(x\) et \(\alpha\), On prend la réunion des deux familles. Les entiers de l’une et de l’autre sont indépendants ; ils pourraient être notés \(k\) et \(m\).
Démonstration.
Une abscisse fixée donne deux points du cercle symétriques par rapport à l’axe horizontal : leurs angles sont \(\alpha\) et \(-\alpha\). Une ordonnée fixée donne deux points symétriques par rapport à l’axe vertical : leurs angles sont \(\alpha\) et \(\pi-\alpha\). Ces points peuvent se confondre aux valeurs extrêmes. Tous les angles d’un même point diffèrent d’un multiple entier de \(2\pi\) : on obtient les familles annoncées. Réciproquement, les symétries et la périodicité montrent que chaque famille redonne bien la valeur initiale. Les deux sens sont établis.
Cosinus : une abscisse fixée.
Sinus : une ordonnée fixée.
Propriété — Choisir l’angle de référence
Si \(c\notin[-1;1]\), \(\cos x=c\) et \(\sin x=c\) n’ont aucune solution. Si \(c\in[-1;1]\), il existe un unique angle de référence :
\(\alpha\in[0;\pi]\) tel que \(\cos\alpha=c\) ;
tel que \(\sin\beta=c\).
Démonstration.
Sur chacun de ces intervalles, la fonction est continue, strictement monotone et prend les valeurs \(-1\) et \(1\) aux extrémités. Le théorème des valeurs intermédiaires affirme qu’une fonction continue sur un intervalle prend toutes les valeurs comprises entre celles de deux de ses points. Il assure donc l’existence ; la stricte monotonie assure l’unicité.
Méthode — Du niveau à toutes les solutions
Écrire le domaine demandé et vérifier que le niveau est admissible.
Trouver un angle de référence, exact si possible.
Écrire les deux familles de solutions.
Pour chaque famille, déterminer les entiers qui placent \(x\) dans le domaine ; réunir, ordonner et vérifier les extrémités.
Une substitution contrôle les valeurs trouvées. L’exhaustivité vient des deux familles et de leur filtrage complet.
Exemple 12 — Résoudre \(\cos x=1/2\) sur \([-\pi;\pi]\)
Comme \(\cos(\pi/3)=1/2\), les familles sont \(x=\pi/3+2k\pi\) et \(x=-\pi/3+2k\pi\). Dans la première, donc \(k=0\). Dans la seconde, le filtre donne \(-1/3\leq k\leq2/3\), donc encore \(k=0\). Ainsi .
Exemple 13 — Un sinus négatif
Résolvons \(\sin x=-1/2\) sur \([-\pi;\pi]\). Avec \(\alpha=-\pi/6\), les familles sont \(x=-\pi/6+2k\pi\) et \(x=7\pi/6+2k\pi\). La première retient \(k=0\), la seconde \(k=-1\). Donc . Rejeter \(7\pi/6\) ne permettait pas de rejeter toute sa famille.
Corollaire — Les niveaux \(-1\), \(0\) et \(1\)
Dans chaque ligne ci-dessous, \(k\) décrit \(\mathbb{Z}\) :
On les obtient en lisant les quatre points des axes : les deux familles peuvent coïncider ou se réunir en une famille de pas \(\pi\).
Exemple 14 — Deux bornes qui donnent le même point du cercle
Sur \([-\pi;\pi]\), \(\cos x=-1\) donne \(S=\{-\pi;\pi\}\). Sur \([-\pi;\pi[\), seule la première borne est autorisée : \(S=\{-\pi\}\). On ne confond pas un point du cercle avec un nombre réel.
Niveau non remarquable. Pour \(\cos x=0{,}3\) sur \([-\pi;\pi]\), on définit \(\alpha\in[0;\pi]\) par \(\cos\alpha=0{,}3\). La réponse exacte est \(\{-\alpha;\alpha\}\). La calculatrice en mode RAD donne . La touche inverse fournit un angle principal ; les autres solutions se construisent avec les symétries et la périodicité.
Arguments affines : l’angle n’est pas toujours l’inconnue
Méthode — Résoudre \(\sin(ax+b)=c\) ou \(\cos(ax+b)=c\)
Si \(a=0\), l’égalité est constante : tous les réels du domaine conviennent, ou aucun. Si \(a\ne0\), poser \(t=ax+b\), déterminer l’intervalle parcouru par \(t\), résoudre en \(t\), puis revenir à \(x=(t-b)/a\). Lorsque \(a<0\), l’ordre des bornes de l’intervalle est inversé.
Exemple 15 — Un argument décroissant
Résoudre \(\sin(-2x+\pi/3)=1/2\) sur \([0;\pi]\). L’angle \(t=-2x+\pi/3\) parcourt \([-5\pi/3;\pi/3]\). Les solutions de \(\sin t=1/2\) sont \(t=\pi/6+2k\pi\) ou \(t=5\pi/6+2k\pi\). Le filtrage donne respectivement Ainsi \(t=\pi/6\) ou \(t=-7\pi/6\). Le retour à l’inconnue donne Donc . Les deux nombres appartiennent au domaine initial.
Factoriser sans perdre de solutions
Exemple 16 — Une division qui ferait disparaître des solutions
Résoudre \(\sin x\cos x=\sin x\) sur \([-\pi;\pi]\). On regroupe tout dans un membre : La première équation donne \(-\pi,0,\pi\) ; la seconde donne \(0\). Ainsi . Diviser directement par \(\sin x\) aurait perdu les solutions pour lesquelles ce facteur s’annule.
6. Résoudre des inéquations trigonométriques
Méthode — Lire un arc, puis écrire un ensemble de réels
Fixer le domaine et examiner le niveau par rapport à \(-1\) et \(1\).
Résoudre l’égalité pour trouver les angles frontières.
Lire les positions autorisées : à gauche/droite pour le cosinus, en dessous/au-dessus pour le sinus.
Traduire les arcs en intervalles, en tenant compte de leur ouverture et des bornes du domaine. Répéter par périodes si nécessaire.
On peut aussi utiliser les variations sur les intervalles où la fonction est monotone. Une inéquation n’a généralement pas un ensemble fini de solutions.
Proposition — \(\cos x\leq c\) sur \([-\pi;\pi]\)
Si \(-1<c<1\), soit \(\alpha\in]0;\pi[\) tel que \(\cos\alpha=c\). Alors Les autres niveaux se traitent séparément :
Démonstration.
Sur \([0;\pi]\), le cosinus décroît strictement : \(\cos x\leq\cos\alpha\) équivaut à \(x\geq\alpha\). La parité fournit l’intervalle symétrique \([-\pi;-\alpha]\). Les cas restants résultent de l’encadrement \(-1\leq\cos x\leq1\) et des abscisses où le minimum est atteint.
Exemple 17 — Inégalité large, puis inégalité stricte
Sur \([-\pi;\pi]\), l’égalité \(\cos x=1/2\) donne les frontières \(-\pi/3\) et \(\pi/3\). Donc Pour \(\cos x<1/2\), on enlève seulement les points où l’égalité a lieu : Les bornes \(-\pi\) et \(\pi\) restent incluses, car leur cosinus vaut \(-1<1/2\).
L’inégalité sur le cosinus sélectionne les points situés à gauche de la verticale correspondant au niveau.
Point de vigilance. Une inégalité stricte ne rend pas toutes les bornes ouvertes. Pour \(\cos x<1\) sur \([-\pi;\pi]\), seule l’abscisse \(0\) est exclue. Pour \(\cos x<-1\), il n’y a aucune solution. Pour changer le sens de l’inégalité, on peut utiliser un complément dans le domaine étudié : le complément de \(\{\cos x>c\}\) est \(\{\cos x\leq c\}\).
Exemple 18 — Un sinus au-dessus d’un niveau négatif
Résoudre \(\sin x\geq-1/2\) sur \([-\pi;\pi]\). Les angles d’égalité sont \(-5\pi/6\) et \(-\pi/6\). Entre ces deux angles, le point est dans la partie basse du cercle et \(\sin x<-1/2\) ; ailleurs, l’inégalité est satisfaite. Ainsi Les points d’égalité sont inclus, ainsi que les bornes du domaine, où le sinus vaut \(0\). Le test \(x=-\pi/2\) confirme que l’intervalle du milieu doit être écarté.
Un argument affine : suivre les bornes dans les deux sens
Méthode — Passer de \(x\) à l’angle puis revenir
Pour \(\cos(ax+b)\geq c\) ou une autre inégalité analogue, traiter d’abord \(a=0\) si nécessaire. Pour \(a\ne0\), poser \(t=ax+b\) et déterminer exactement l’intervalle parcouru par \(t\). Résoudre l’inéquation dans cet intervalle, puis revenir à \(x\) sur chaque morceau. Diviser une inégalité par un nombre négatif inverse son sens.
Exemple 19 — Conserver un point isolé à la borne
Résoudre sur \([0;\pi]\). L’angle \(t=-2x+\pi/3\) parcourt \(J=[-5\pi/3;\pi/3]\). Sur \(\mathbb{R}\), les angles de cosinus au moins égal à \(1/2\) sont On coupe ces intervalles avec \(J\). Pour \(k=0\), il reste \([-\pi/3;\pi/3]\) ; pour \(k=-1\), il reste seulement \(\{-5\pi/3\}\). Les autres périodes ne rencontrent pas \(J\).
Le retour au premier morceau donne Le point isolé \(t=-5\pi/3\) donne \(x=\pi\). Finalement, Le contrôle en \(x=\pi\) redonne \(\cos(-5\pi/3)=1/2\) : ce point ne doit pas disparaître.
7. Deux études de référence
Méthode — Étudier une fonction trigonométrique simple
Déterminer le domaine ; vérifier les symétries et une éventuelle période ; calculer la dérivée ; en étudier le signe sur l’intervalle demandé ; calculer les valeurs utiles ; dresser le tableau de variations et conclure. Pour une composée, suivre aussi l’intervalle parcouru par son argument.
1. Un quotient : domaine, dérivée et extrema
Exemple 20 — Étudier sur \([-\pi;\pi]\)
Domaine et symétries. Comme \(-1\leq\cos x\leq1\), on a \(2+\cos x\geq1>0\). La fonction \(q\) est donc définie et dérivable sur \(\mathbb{R}\). De plus, Elle est impaire et \(2\pi\)-périodique.
Dérivée. La règle du quotient, puis l’identité fondamentale, donnent Le carré du dénominateur est strictement positif. Ainsi \(q'\) a le signe de \(2\cos x+1\).
Signes et valeurs. Sur \([-\pi;\pi]\), \(q'\) s’annule en \(-2\pi/3\) et \(2\pi/3\). Elle est positive entre ces deux points et négative à l’extérieur. On calcule puis \(q(-2\pi/3)=-\sqrt3/3\) par imparité.
Le point \(0\) illustre la symétrie. Ce n’est pas un zéro de \(q'\) : la fonction continue de croître en le traversant.
Conclusion. Sur \([-\pi;\pi]\), le minimum vaut \(-\sqrt3/3\), atteint en \(-2\pi/3\), et le maximum vaut \(\sqrt3/3\), atteint en \(2\pi/3\). Les variations sont strictes sur les trois intervalles délimités par ces deux points.
2. Un optimum géométrique : une ouverture sous une arche
Méthode — Modéliser avant de dériver
Nommer une variable, justifier son domaine, exprimer les dimensions puis la grandeur à optimiser. Étudier les variations ou chercher un majorant. Vérifier que la meilleure valeur est atteinte dans une configuration autorisée, puis donner les dimensions et les unités.
Exemple 21 — Maximiser l’aire d’un rectangle sous un demi-cercle
Une arche est représentée par un demi-cercle de rayon \(3\) mètres. Un rectangle non aplati a sa base sur le diamètre et ses deux sommets supérieurs sur le demi-cercle. On cherche son aire maximale.
Le sommet supérieur droit est \(M\). La largeur du rectangle est le double de l’abscisse de \(M\), tandis que sa hauteur est l’ordonnée de \(M\).
Variable et domaine. Soit \(\theta\) l’angle entre le demi-diamètre droit et le rayon \(OM\). Les configurations non aplaties correspondent exactement à \(0<\theta<\pi/2\). Le sommet \(M\) a pour coordonnées . La largeur est \(6\cos\theta\) et la hauteur \(3\sin\theta\). Chaque hauteur entre \(0\) et \(3\) donne deux abscisses opposées : ce paramétrage décrit bien tous les rectangles de la famille.
Aire et dérivée. L’aire, en mètres carrés, vaut Sur \(]0;\pi/2[\), la règle du produit donne Le second facteur est strictement positif. Sur \(]0;\pi/2[\), le cosinus décroît et le sinus croît ; ils sont égaux à \(\sqrt2/2\) en \(\pi/4\). Ainsi est positif avant \(\pi/4\), nul en \(\pi/4\) et négatif après.
Aux bornes exclues, les deux \(0\) sont des limites d’aires. La valeur centrale \(9\) est atteinte pour une configuration autorisée.
Conclusion géométrique. L’aire maximale vaut . Elle est atteinte uniquement pour Le rectangle optimal n’est pas un carré : la largeur est le double de la hauteur.
Contrôle indépendant. L’identité fondamentale donne Donc \(A\leq9\), avec égalité pour \(\theta=\pi/4\). Le produit des dimensions trouvées vaut bien \(9\ \mathrm{m}^2\).
8. À savoir et à savoir faire
Les résultats à retenir
Sur le cercle unité, \(M(x)=(\cos x;\sin x)\). Un tour vaut \(2\pi\) radians et \(\cos^2x+\sin^2x=1\).
Le cosinus est pair, le sinus impair ; les deux fonctions sont \(2\pi\)-périodiques et prennent leurs valeurs dans \([-1;1]\).
Les dérivées sont \((\sin)'=\cos\) et \((\cos)'=-\sin\). Pour une composée, on multiplie par la dérivée de l’argument.
Les signes de \(\sin\) et de \(\cos\) se lisent sur le cercle ; ceux de la dérivée déterminent les variations de la fonction étudiée.
Les équations \(\cos x=\cos\alpha\) et \(\sin x=\sin\alpha\) donnent chacune deux familles, éventuellement confondues. Le domaine de recherche détermine les solutions retenues.
Les méthodes à maîtriser
| Objectif | Premier geste et contrôle |
|---|---|
| Calculer une valeur exacte | Réduire l’angle, utiliser une valeur remarquable et une symétrie ; contrôler le quadrant. |
| Dériver | Identifier l’opération extérieure et le domaine ; vérifier le facteur \(u'\) et le signe moins du cosinus. |
| Résoudre une équation | Trouver un angle de référence, écrire toutes les familles, puis filtrer dans le domaine. |
| Résoudre une inéquation | Repérer les angles frontières, choisir les arcs, puis vérifier chaque borne et les éventuels points isolés. |
| Étudier une fonction | Justifier le domaine, calculer la dérivée, établir son signe et relier les valeurs par un tableau. |
| Optimiser une grandeur | Définir la variable et les configurations autorisées ; prouver que l’optimum est atteint et donner ses unités. |
Cinq vérifications avant de conclure
Les angles sont-ils en radians ?
Ai-je conservé les conditions de domaine et les dénominateurs non nuls ?
Ai-je distingué le signe de la fonction de celui de sa dérivée ?
Toutes les familles et toutes les bornes ont-elles été examinées ?
Ai-je distingué la valeur d’un extremum de l’abscisse où il est atteint ?
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