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Fonctions cosinus et sinus — Cours en autonomie

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Fonctions cosinus et sinus — Cours en autonomie

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Fonctions cosinus et sinus — Cours en autonomie — miniature officielle

Terminale générale — Spécialité mathématiques

Cours en autonomie — Faire Les 2kπ

Du cercle aux courbes. Des symétries aux équations.

Comprendre les dérivées, choisir une méthode et contrôler ses résultats.

Un parcours pour découvrir, des aides pour reprendre, des démonstrations et des essais entièrement corrigés.

Année scolaire 2026–2027

1. Entrer dans le chapitre et organiser son travail

Une nacelle tourne sur une roue. Sa position revient régulièrement, mais sa hauteur monte puis descend. Les fonctions cosinus et sinus décrivent cette situation : elles relient un angle à deux coordonnées. Le même objet permet ensuite de construire une courbe, de calculer une pente, de résoudre une équation et de choisir les dimensions optimales d’une figure.

Ce cours donne les explications nécessaires pour apprendre, s’entraîner et reprendre une difficulté. Les calculs sont écrits en radians, sauf lorsque l’exercice demande explicitement une conversion.

Mode d’emploi — Chercher avant de consulter

Pour chaque exemple, lire d’abord la question et essayer de prévoir le premier geste. Pour chaque bloc « À toi », recopier l’énoncé, masquer la correction et chercher sur papier. Après comparaison, identifier la première ligne qui diffère : une bonne réponse finale ne suffit pas si elle a été obtenue par un raisonnement incorrect.

Les indices sont une aide après une tentative. Les corrections restent développées, même quand l’énoncé devient moins guidé. Les reprises proposées plus tard servent à vérifier que l’on retrouve une méthode sans simplement la reconnaître.

Trois parcours possibles

Découvrir. Commencer par les radians, les coordonnées et les symétries, puis étudier les propriétés, les preuves et les méthodes dans l’ordre du sommaire.

Réparer une difficulté. Aller à l’unité concernée, relire ses rappels, refaire son exemple simple puis son nouvel essai. Chaque unité contient les outils et les corrections nécessaires à son objectif.

Réviser. Utiliser la synthèse de l’unité de bilan, chercher les questions sans aide, puis revenir aux explications associées aux erreurs.

Besoin Où travailler
Comprendre un angle et sa valeur Radians et cercle, puis valeurs exactes et symétries.
Comprendre une courbe Parité et période, puis variations et tangentes.
Comprendre pourquoi les formules sont vraies Identités, limites et démonstrations des dérivées.
Dériver une expression Structures, composées, produits et quotients.
Trouver toutes les solutions Cosinus, sinus et arguments affines, transformations.
Résoudre une inéquation Arcs et bornes, puis changements d’argument et signes.
Utiliser les fonctions dans un problème Études, modèles périodiques, optimisation géométrique.

Savoir ce que l’on lit

Vocabulaire — La nature d’un énoncé

Une définition fixe le sens d’un mot ou d’un objet. Une propriété, une proposition ou un théorème affirme un résultat mathématique, sous des hypothèses précises : ces mots ne correspondent pas à des degrés de certitude.

Un lemme est un résultat qui prépare une preuve ; un corollaire est une conséquence d’un résultat déjà établi. Une caractérisation donne une équivalence : les deux sens doivent être justifiés.

Une démonstration établit le résultat pour tous les cas annoncés. Un exemple l’illustre dans une situation ; un contre-exemple suffit à réfuter une affirmation universelle fausse.

Les résultats antérieurs utilisés sont rappelés et identifiés. Les preuves des dérivées trigonométriques sont développées à partir de la géométrie, puis des limites : elles ne supposent pas les dérivées qu’elles cherchent à établir.

Les formules d’addition et les preuves plus longues accompagnent la compréhension. On peut d’abord apprendre à appliquer un résultat, puis revenir à sa preuve, sans confondre ce choix de lecture avec une absence de justification.

Diagnostic de départ — Huit gestes utiles

Chercher sans calculatrice. Ce diagnostic ne donne pas une note : il indique quels rappels utiliser.

  1. Calculer \(\pi-\frac\pi6\) puis \(\frac{3\pi}{4}+\frac\pi6\).

  2. Convertir \(150^\circ\) en radians, en sachant que \(180^\circ=\pi\) radians.

  3. Deux mesures qui diffèrent de \(2\pi\) placent-elles le point au même endroit du cercle ?

  4. On sait que \(\sin x=\frac35\) et que le point est dans le deuxième quadrant. Calculer \(\cos x\).

  5. Résoudre \(-2x+\frac\pi3=0\).

  6. À l’aide de \(-1\leq\cos x\leq1\), déterminer le domaine de \(\frac1{2+\cos x}\).

  7. Une fonction positive est-elle nécessairement croissante ? Donner une raison.

  8. Le nombre \(\pi\) appartient-il à \([-\pi;\pi]\) ? Et à \([-\pi;\pi[\) ?

Correction du diagnostic et choix d’une reprise

1. Mettre au même dénominateur. \[\pi-\frac\pi6=\frac{6\pi}{6}-\frac\pi6=\frac{5\pi}{6},\] \[\frac{3\pi}{4}+\frac\pi6 =\frac{9\pi}{12}+\frac{2\pi}{12}=\frac{11\pi}{12}.\] Si cette étape bloque, reprendre les calculs de fractions d’angles dans l’unité sur les radians. Le symbole \(\pi\) ne change pas la règle d’addition des fractions.

2. Changer d’unité. On multiplie le nombre de degrés par \(\frac\pi{180}\) : \[150\times\frac\pi{180}=\frac{150\pi}{180}=\frac{5\pi}{6}.\] Un angle obtus entre \(90^\circ\) et \(180^\circ\) doit donner une mesure entre \(\frac\pi2\) et \(\pi\) : c’est bien le cas.

3. Distinguer mesure et position. Oui : \(2\pi\) correspond à un tour complet. Les nombres \(x\) et \(x+2\pi\) sont différents, mais leurs points associés sur le cercle sont identiques. Le sens de l’enroulement explique cette différence.

4. Utiliser le carré sans perdre le signe. L’identité du cercle donne \[\cos^2x=1-\sin^2x=1-\frac9{25}=\frac{16}{25}.\] Les deux candidats sont \(\frac45\) et \(-\frac45\). Dans le deuxième quadrant, l’abscisse est négative ; ainsi \(\boxed{\cos x=-\frac45}\). Le contrôle est \(\frac{16}{25}+\frac9{25}=1\). Si le signe pose problème, reprendre les coordonnées et quadrants.

5. Isoler l’inconnue. On soustrait \(\frac\pi3\) des deux côtés : \[-2x=-\frac\pi3.\] On divise ensuite par \(-2\), qui est non nul : \[x=\frac{-\pi/3}{-2}=\left(-\frac\pi3\right)\left(-\frac12\right)=\frac\pi6.\] Le remplacement donne \(-2\frac\pi6+\frac\pi3=0\). Ce geste sera repris dans les arguments affines.

6. Examiner le dénominateur. L’encadrement devient \[1\leq2+\cos x\leq3.\] Le dénominateur ne vaut jamais \(0\) ; le domaine est donc \(\mathbb{R}\). Cela ne serait pas vrai pour \(1/\cos x\), puisque \(\cos\frac\pi2=0\). Reprendre les quotients et leurs domaines au besoin.

7. Distinguer hauteur et variation. Non. Sur \([0;1]\), la fonction \(f(x)=2-x\) prend des valeurs positives entre \(1\) et \(2\), mais sa dérivée vaut \(-1\) : elle décroît. La même distinction sera essentielle pour le sinus et le cosinus dans l’unité sur les variations.

8. Lire un crochet. Le nombre \(\pi\) appartient à l’intervalle fermé \([-\pi;\pi]\). Il n’appartient pas à \([-\pi;\pi[\), car le crochet de droite exclut cette borne. Dans une équation ou une inéquation, cette différence peut retirer une solution : voir les contrôles de bornes.

Ce que l’on doit pouvoir produire seul

À la fin du chapitre, on doit pouvoir expliquer une valeur exacte avec son signe, justifier une identité, construire une courbe à partir des propriétés, calculer une dérivée en conservant tous les facteurs, déterminer toutes les solutions dans l’intervalle demandé et mener un problème d’optimisation jusqu’à son interprétation.

Le bon réflexe : à chaque résultat, se demander « sur quel domaine ? », « avec quelles conditions ? » et « comment puis-je le contrôler ? ». Ces questions évitent les erreurs les plus fréquentes du chapitre.

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2. Radians, cercle et coordonnées : comprendre ce que l'on calcule

Le but de cette unité

Un même angle peut se mesurer en degrés ou en radians. Sur le cercle, plusieurs mesures peuvent conduire au même point. Le sinus et le cosinus associent ensuite deux nombres à chaque mesure réelle. Nous allons séparer ces trois idées pour donner un sens précis aux calculs qui suivront.

1. Un premier repère : un point possède deux coordonnées

Dans un repère orthonormé, les axes sont perpendiculaires et portent la même unité de longueur. L’abscisse se lit horizontalement ; l’ordonnée se lit verticalement. Le point \((1;0)\) est à droite de l’origine et le point \((0;1)\) est au-dessus. Dans le couple \((u;v)\), l’ordre des deux nombres compte.

Avant de poursuivre. Sans calcul, placer mentalement \(A=(-1;0)\) et \(B=(0;-1)\). Réponse : \(A\) est à gauche de l’origine ; \(B\) est en dessous. Si tu les as échangés, repars de l’axe horizontal pour le premier nombre, puis de l’axe vertical pour le second. Cette lecture sera exactement celle du cosinus et du sinus.

Définition — Cercle trigonométrique et sens positif

Le cercle trigonométrique est le cercle de centre \(O\) et de rayon \(1\) dans un repère orthonormé direct. Son point de départ est \(I=(1;0)\).

Le sens positif est le sens contraire des aiguilles d’une montre. Le sens négatif est le sens des aiguilles d’une montre. Un tour complet ramène au point de départ.

Le rayon vaut \(1\) dans l’unité choisie : il ne vaut pas obligatoirement \(1\) centimètre sur la feuille. Agrandir le dessin ne change pas les nombres que l’on y étudie.

2. Le radian : mesurer un angle à l’aide d’un arc

Définition — Mesure en radians

Sur un cercle de rayon \(r>0\), un angle au centre positif, correspondant à un arc de longueur \(L\), a pour mesure en radians \[\theta=\frac{L}{r}.\] Ainsi \(L=r\theta\). Un angle de \(1\) radian intercepte un arc dont la longueur est égale au rayon. Le rapport \(L/r\) reste identique lorsque l’on agrandit le cercle.

Pour un même angle, doubler le rayon double la longueur de l’arc : le quotient ne change pas. C’est pourquoi le radian mesure l’angle et non la taille du dessin.

Lecture de la figure. Les deux arcs correspondent au même angle de \(1\) radian. Le plus grand arc est plus long, mais son rayon augmente dans la même proportion. Le trait plein et le tireté distinguent les deux cercles.

Propriété — Un tour mesure \(2\pi\) radians

La circonférence d’un cercle de rayon \(r\) est \(2\pi r\). Un tour mesure donc \(2\pi\) radians ; un demi-tour mesure \(\pi\) radians et un quart de tour mesure \(\dfrac\pi2\) radians.

Démonstration.

Pour le tour complet, \(L=2\pi r\) et \(r\neq0\). La définition donne \[\theta=\frac{2\pi r}{r}=2\pi.\] Partager ce tour en deux ou en quatre parts égales partage sa mesure dans la même proportion : \(2\pi/2=\pi\) et \(2\pi/4=\pi/2\).

Exemple 2.1 — De l’arc à l’angle, puis de l’angle à l’arc

Sur un cercle de rayon \(3\) cm, un arc mesure \(4{,}5\) cm. La mesure de l’angle est \[\theta=\frac{4{,}5}{3}=1{,}5\text{ rad}.\] Les deux longueurs ont été exprimées dans la même unité. Le contrôle reconstitue l’arc : \(3\times1{,}5=4{,}5\) cm.

Sur le même cercle, un quart de tour mesure \(\pi/2\) radians. Son arc a pour longueur \[L=3\times\frac\pi2=\frac{3\pi}{2}\text{ cm}.\] Quatre arcs de cette longueur donnent \(4\times3\pi/2=6\pi\) cm, soit bien la circonférence \(2\pi\times3\).

3. Convertir des degrés en radians et réciproquement

Propriété — Les deux conversions

Pour une même mesure orientée, \(\displaystyle \boxed{\theta_{\mathrm{rad}}=\theta_{\mathrm{deg}}\frac\pi{180}},\)\(\displaystyle \boxed{\theta_{\mathrm{deg}}=\theta_{\mathrm{rad}}\frac{180}\pi}.\) Les formules conservent le signe et restent valables pour des mesures supérieures à un tour.

Démonstration.

Un demi-tour mesure à la fois \(180\) degrés et \(\pi\) radians. La proportionnalité des mesures donne \(1\) degré \(=\pi/180\) radian. On multiplie donc le nombre de degrés par \(\pi/180\). Dans l’autre sens, on multiplie par son inverse \(180/\pi\) ; ce nombre existe car \(\pi\neq0\).

Exemple 2.2 — Garder des fractions exactes

Convertissons \(150\) degrés en radians. On écrit d’abord la formule, puis on simplifie le quotient : \[150\times\frac\pi{180} =\frac{150\pi}{180} =\frac{5\times30\pi}{6\times30} =\frac{5\pi}{6}.\] On a simplifié le facteur commun \(30\) au numérateur et au dénominateur.

Convertissons maintenant \(-7\pi/6\) radians en degrés : \[-\frac{7\pi}{6}\times\frac{180}{\pi} =-\frac{7\times180}{6} =-7\times30 =-210.\] Le facteur \(\pi\) se simplifie dans le produit ; le signe négatif est conservé. Enfin, \(450\) degrés donnent \(450\pi/180=5\pi/2\) radians : cette mesure représente un tour et un quart.

Degrés \(0\) \(30\) \(45\) \(60\) \(90\) \(180\)
Radians \(0\) \(\frac\pi6\) \(\frac\pi4\) \(\frac\pi3\) \(\frac\pi2\) \(\pi\)

À toi 2.1 — Convertir en expliquant les simplifications

  1. Essai guidé : compléter \(75\times\dfrac\pi{180} =\dfrac{5\times\ldots\times\pi}{12\times\ldots}=\ldots\).

  2. Sans modèle : convertir \(-135\) degrés en radians.

  3. Convertir \(7\pi/4\) radians en degrés et situer cette mesure entre un demi-tour et un tour complet.

Indice : dans la deuxième question, \(135=3\times45\) et \(180=4\times45\).

Correction expliquée et contrôle.

  1. \(75=5\times15\) et \(180=12\times15\), donc \[75\times\frac\pi{180} =\frac{5\times15\pi}{12\times15}=\frac{5\pi}{12}.\] Les deux cases intermédiaires contiennent \(15\).

  2. Le signe appartient à la mesure entière. Ainsi \[-135\times\frac\pi{180} =-\frac{3\times45\pi}{4\times45} =-\frac{3\pi}{4}.\]

  3. On utilise la conversion inverse : \[\frac{7\pi}{4}\times\frac{180}{\pi} =7\times\frac{180}{4}=7\times45=315.\] On a \(180<315<360\) : l’angle est bien compris entre un demi-tour et un tour. En radians, le même contrôle s’écrit \(\pi<7\pi/4<2\pi\).

4. Enrouler la droite réelle sur le cercle

Définition — Point associé à un réel

Pour associer un point \(M(x)\) au réel \(x\), on part de \(I=(1;0)\) sur le cercle unité. Si \(x>0\), on parcourt une longueur \(x\) dans le sens positif ; si \(x<0\), on parcourt une longueur \(|x|\) dans le sens négatif. On peut effectuer plusieurs tours. Pour \(x=0\), on reste en \(I\).

On peut imaginer un ruban gradué que l’on enroule sur le cercle. La graduation est le réel \(x\), tandis que son point d’arrivée est \(M(x)\). Cette image explique les tours successifs ; elle ne signifie pas que deux graduations superposées seraient le même nombre réel.

Lecture de la figure. L’arc plein part de \(I\) dans le sens positif jusqu’à \(2\pi/3\). L’arc tireté montre le sens négatif jusqu’à \(-\pi/3\) ; il est légèrement décalé du cercle pour rendre les deux parcours lisibles.

Propriété — Reconnaître deux mesures du même point

Pour tous réels \(x\) et \(y\), \[\boxed{M(x)=M(y)\quad\Longleftrightarrow\quad x-y=2k\pi\text{ pour un entier }k\in\mathbb{Z}.}\] Le symbole \(\mathbb{Z}\) désigne l’ensemble des entiers relatifs : \(\ldots,-2,-1,0,1,2,\ldots\).

Démonstration.

Si \(x-y=2k\pi\), le parcours correspondant à \(x\) ajoute ou retire \(k\) tours complets à celui correspondant à \(y\). Le point d’arrivée est donc le même. Réciproquement, si les deux arrivées sont les mêmes, la différence des parcours correspond à un nombre entier de tours complets. Chaque tour mesure \(2\pi\) ; cette différence s’écrit donc \(2k\pi\).

Par exemple, \(\pi/3\) et \(7\pi/3\) donnent le même point, car \(7\pi/3-\pi/3=6\pi/3=2\pi\). En revanche, \(\pi/3\) et \(\pi/3+2\) ne donnent pas le même point : \(2\) radians ne constituent pas un tour.

5. Choisir une mesure principale

Convention — Mesure principale

Dans ce cours, la mesure principale est l’unique représentant appartenant à \(]-\pi;\pi]\). L’extrémité \(-\pi\) est exclue et \(\pi\) est incluse. Un autre intervalle semi-ouvert de longueur \(2\pi\) pourrait être choisi, mais il faudrait conserver cette autre convention dans tout le calcul.

Proposition — Existence et unicité du représentant

Tout réel \(x\) possède exactement un représentant dans \(]-\pi;\pi]\) qui conduit au même point du cercle.

Démonstration.

Les intervalles \(]-\pi+2k\pi;\pi+2k\pi]\), pour \(k\in\mathbb{Z}\), se suivent sans trou et sans chevauchement. Le réel \(x\) appartient donc à exactement l’un d’entre eux. En soustrayant \(2k\pi\), on obtient un représentant dans \(]-\pi;\pi]\). Deux représentants distincts d’un même point seraient séparés d’au moins \(2\pi\) ; un intervalle semi-ouvert de cette longueur ne peut pas les contenir tous les deux.

Méthode — Réduire une mesure sans calculatrice

Écrire \(2\pi\) avec le même dénominateur que la mesure. Ajouter ou retirer un nombre entier de tours. Vérifier ensuite deux choses : le résultat appartient à l’intervalle demandé et la différence avec le nombre initial est bien un multiple entier de \(2\pi\).

Exemple 2.3 — Une mesure positive, puis une mesure négative

Pour réduire \(29\pi/6\), un tour vaut \(12\pi/6\). Deux tours valent \(24\pi/6\). On écrit \[\frac{29\pi}{6}-2(2\pi) =\frac{29\pi}{6}-\frac{24\pi}{6} =\frac{5\pi}{6}.\] Comme \(-\pi<5\pi/6\leq\pi\), le résultat convient. La recomposition \(5\pi/6+24\pi/6=29\pi/6\) contrôle le nombre de tours retirés.

Pour \(-25\pi/3\), on ajoute quatre tours, soit \(8\pi=24\pi/3\) : \[-\frac{25\pi}{3}+8\pi =\frac{-25\pi+24\pi}{3} =-\frac\pi3.\] Ce représentant appartient bien à \(]-\pi;\pi]\). Le signe négatif de la mesure de départ ne commande pas de soustraire encore des tours : on cherche à rejoindre l’intervalle choisi.

À toi 2.2 — Réduire, contrôler, distinguer

  1. Réduire \(-17\pi/4\) en commençant par écrire \(4\pi\) avec le dénominateur \(4\).

  2. Sans consulter l’exemple, réduire \(19\pi/3\).

  3. Quelle est la mesure principale de \(-\pi\) ? Pourquoi doit-on néanmoins garder \(-\pi\) et \(\pi\) séparément lorsque l’on cherche des solutions réelles dans l’intervalle fermé \([-\pi;\pi]\) ?

Correction expliquée et contrôle.

  1. \(4\pi=16\pi/4\) représente deux tours. Ainsi \[-\frac{17\pi}{4}+4\pi =\frac{-17\pi+16\pi}{4}=-\frac\pi4.\] La mesure obtenue appartient à \(]-\pi;\pi]\).

  2. Trois tours valent \(6\pi=18\pi/3\). Donc \[\frac{19\pi}{3}-6\pi =\frac{19\pi-18\pi}{3}=\frac\pi3.\] On vérifie à la fois l’appartenance à l’intervalle et la différence de trois tours avec le nombre initial.

  3. \(-\pi+2\pi=\pi\). La convention choisit donc \(\pi\). Mais \(-\pi\neq\pi\) dans \(\mathbb{R}\) : ce sont deux nombres différents, même s’ils correspondent au même point. Un ensemble de solutions réelles peut contenir les deux lorsqu’elles appartiennent à l’intervalle demandé.

6. Définir le cosinus et le sinus d’un réel

Définition — Les deux fonctions trigonométriques

Pour tout réel \(x\), le point \(M(x)\) du cercle trigonométrique a pour coordonnées \[\boxed{M(x)=(\cos x;\sin x)}.\] Le cosinus est son abscisse ; le sinus est son ordonnée. Les fonctions \(\cos:x\mapsto\cos x\) et \(\sin:x\mapsto\sin x\) sont définies sur \(\mathbb{R}\). Leur entrée est une mesure réelle en radians ; leur sortie est un nombre.

Lecture de la figure. Pour l’angle aigu représenté, la projection horizontale donne le cosinus et la projection verticale le sinus. L’axe horizontal du cercle est nommé \(u\) : son abscisse est \(\cos x\), et non l’angle \(x\).

Exemple 2.4 — Lire les points des axes

Un quart de tour positif mène à \((0;1)\) : \(\cos(\pi/2)=0\) et \(\sin(\pi/2)=1\). Un demi-tour mène à \((-1;0)\) : \(\cos\pi=-1\) et \(\sin\pi=0\). Un quart de tour négatif mène à \((0;-1)\) : \(\cos(-\pi/2)=0\) et \(\sin(-\pi/2)=-1\). Enfin, un tour ramène à \((1;0)\) : \(\cos(2\pi)=1\) et \(\sin(2\pi)=0\).

Retrouver la trigonométrie du triangle rectangle

Si \(0<x<\pi/2\), la projection \(H\) de \(M(x)\) sur l’axe horizontal forme un triangle rectangle \(OHM\). L’hypoténuse \(OM\) vaut \(1\), et les coordonnées sont positives. Les rapports du collège donnent donc \(\displaystyle \cos x=\frac{OH}{OM}=OH,\)\(\displaystyle \sin x=\frac{HM}{OM}=HM.\) La définition sur le cercle retrouve les anciennes valeurs. Elle permet en plus de traiter les angles négatifs et tous les quadrants : une coordonnée peut alors être négative, contrairement à une longueur.

Vigilance — Fonction, valeur et unité

\(\sin\) désigne une fonction ; \(\sin x\) est sa valeur en \(x\). Il ne faut pas lire \(\sin x\) comme un produit de deux lettres. De même, \(\cos(2)\) désigne le cosinus de \(2\) radians, et non de \(2\) degrés.

La calculatrice doit être en mode RAD. Vérifier \(\sin(\pi/2)=1\) est un premier contrôle de ce réglage. Les formules de dérivation usuelles du sinus et du cosinus utiliseront cette unité radian.

À toi 2.3 — Passer de la mesure au point, puis aux deux valeurs

Déterminer \(M(5\pi/2)\), puis \(\cos(5\pi/2)\) et \(\sin(5\pi/2)\). Expliquer pourquoi l’entrée \(5\pi/2\) peut être supérieure à \(1\) alors que les deux coordonnées du point restent entre \(-1\) et \(1\).

Correction expliquée et contrôle.

On retire un tour : \(5\pi/2-2\pi=(5\pi-4\pi)/2=\pi/2\). Le point d’arrivée est donc celui d’un quart de tour, soit \((0;1)\). Par lecture des coordonnées, \(\displaystyle \cos(5\pi/2)=0,\)\(\displaystyle \sin(5\pi/2)=1.\) L’entrée mesure le parcours ; elle n’est pas une coordonnée du point. On peut effectuer autant de tours que nécessaire, mais l’arrivée reste sur le cercle de rayon \(1\).

7. Reprendre après une erreur

Supposons qu’une copie réduise \(9\pi/4\) en lui soustrayant \(2\). La première erreur est l’unité du tour : un tour mesure \(2\pi\), pas \(2\). Un cas plus simple le montre : \(3\pi-2\pi=\pi\) revient au même point. Reprenons ensuite le dénominateur utile : \(2\pi=8\pi/4\). Le calcul correct est donc \(9\pi/4-8\pi/4=\pi/4\).

À toi 2.4 — Un nouvel essai pour vérifier la réparation

Réduire \(13\pi/4\) dans \(]-\pi;\pi]\), puis expliquer pourquoi le signe final peut être négatif alors que la mesure initiale est positive.

Correction expliquée et contrôle.

Retirer un tour donne \(13\pi/4-8\pi/4=5\pi/4\), qui dépasse encore \(\pi=4\pi/4\). On retire donc un second tour : \[\frac{5\pi}{4}-\frac{8\pi}{4}=-\frac{3\pi}{4}.\] Le représentant appartient à \(]-\pi;\pi]\). Son signe indique le sens du parcours le plus court choisi ici, pas celui de tous les parcours menant au point. On revient au problème initial avec le bon geste : retirer des multiples de \(2\pi\), puis contrôler l’intervalle.

À reprendre plus tard, avant de relire

À une prochaine séance, avant de relire : convertir \(240\) degrés en radians ; réduire \(-23\pi/6\) dans \(]-\pi;\pi]\) ; donner les deux coordonnées de \(M(-3\pi/2)\). Pour chaque réponse, écrire le contrôle utilisé.

Correction expliquée et contrôle.

\(240\pi/180=4\pi/3\), après simplification du facteur \(60\). Cette mesure est entre \(\pi\) et \(2\pi\), comme \(240\) est entre \(180\) et \(360\) degrés.

Pour la réduction, \(4\pi=24\pi/6\) représente deux tours, donc \(-23\pi/6+24\pi/6=\pi/6\). Le résultat est dans l’intervalle demandé et \(\pi/6-4\pi=-23\pi/6\) reconstitue la mesure initiale.

Enfin \(-3\pi/2+2\pi=\pi/2\). Le point est \((0;1)\) ; son cosinus vaut \(0\) et son sinus vaut \(1\). Ajouter un tour a conservé les deux coordonnées.

Je sais faire seul si… Je distingue une mesure, un point et une coordonnée. Je garde les unités dans les conversions ; je réduis en ajoutant ou retirant des tours de \(2\pi\) ; je vérifie les bornes de l’intervalle choisi ; je lis le cosinus horizontalement et le sinus verticalement.

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3. Valeurs exactes et angles associés : calculer avec le cercle

Le point de départ

Sur le cercle de centre \(O\) et de rayon \(1\), le point associé à la mesure \(x\) en radians est \(M(x)=(\cos x;\sin x)\). Le cosinus se lit sur l’axe horizontal et le sinus sur l’axe vertical. Un tour de \(2\pi\) conserve les deux coordonnées. Ces trois faits suffisent pour reconstruire les principales valeurs exactes et leurs signes.

Avant de poursuivre. Un point est situé en haut à gauche du cercle. Quels sont les signes de ses coordonnées ? L’abscisse est négative et l’ordonnée positive : son cosinus est négatif et son sinus positif. En cas d’hésitation, dessine les deux axes et marque seulement \(+\) à droite et en haut, \(-\) à gauche et en bas. Le signe doit être choisi avant une éventuelle racine carrée.

1. L’identité fondamentale et ce qu’elle permet

Notation — Le carré porte sur la valeur

\(\cos^2x\) signifie \((\cos x)^2\) et \(\sin^2x\) signifie \((\sin x)^2\). Dans \(\sin^2x\), on calcule le sinus puis on élève le résultat au carré. Dans \(\sin(x^2)\), on élève d’abord l’entrée au carré puis on applique le sinus. L’ordre des opérations est différent.

Propriété — Identité fondamentale

Pour tout réel \(x\), \[\boxed{\cos^2x+\sin^2x=1}.\] En particulier, \(\displaystyle \sin^2x=1-\cos^2x,\)\(\displaystyle \cos^2x=1-\sin^2x.\)

Démonstration.

Le point \(M(x)\) appartient au cercle unité, donc \(OM=1\). Dans un repère orthonormé, la formule de distance donne \[OM^2=(\cos x-0)^2+(\sin x-0)^2.\] Le membre de gauche vaut \(1^2=1\) : on obtient l’identité annoncée. Soustraire \(\cos^2x\) aux deux membres donne la première réécriture ; soustraire \(\sin^2x\) donne la seconde.

Corollaire — Bornes et valeurs possibles

Pour tout réel \(x\), \(\displaystyle -1\leq\cos x\leq1,\)\(\displaystyle -1\leq\sin x\leq1.\) Réciproquement, chaque nombre de \([-1;1]\) est pris comme valeur par le sinus et par le cosinus. L’ensemble des valeurs de chacune des fonctions est donc exactement \([-1;1]\).

Démonstration.

Les carrés sont positifs ou nuls. Comme leur somme vaut \(1\), chacun est compris entre \(0\) et \(1\). On en déduit \(|\cos x|\leq1\) et \(|\sin x|\leq1\), soit les encadrements.

Pour un réel \(c\) compris entre \(-1\) et \(1\), la droite verticale d’abscisse \(c\) rencontre le cercle unité. Un point d’intersection possède donc un cosinus égal à \(c\). La droite horizontale d’ordonnée \(c\) donne de même un point dont le sinus vaut \(c\). Tout point du cercle est atteint par l’enroulement, ce qui justifie la réciproque.

Exemple 3.1 — Écarter une demande impossible

L’équation \(\cos x=3/2\) n’a aucune solution réelle puisque \(3/2>1\). De même, \(\sin x=-\sqrt2\) est impossible car \(\sqrt2>1\).

Le couple \((3/5;4/5)\) peut être celui d’un point du cercle : ses carrés ont pour somme \(9/25+16/25=1\). En revanche, \((3/5;3/5)\) n’appartient pas au cercle, car \(9/25+9/25=18/25\neq1\). Vérifier seulement que chaque coordonnée est entre \(-1\) et \(1\) ne suffit pas.

Exemple 3.2 — Simplifier une expression en reconnaissant la somme de carrés

Pour tout réel \(x\), \[\begin{align*} 3\cos^2x+3\sin^2x-2 &=3(\cos^2x+\sin^2x)-2\\ &=3\times1-2=1. \end{align*}\] Le facteur \(3\) est commun aux deux premiers termes. On a factorisé avant d’utiliser l’identité ; on n’a pas remplacé séparément chaque carré par \(1\). Un contrôle en \(x=0\) donne \(3\times1+3\times0-2=1\), conformément au résultat. Ce contrôle particulier ne remplace pas la preuve algébrique.

2. Reconstruire les valeurs remarquables

Propriété — Valeurs exactes dans le premier quadrant

\(x\) \(0\) \(\frac\pi6\) \(\frac\pi4\) \(\frac\pi3\) \(\frac\pi2\)
\(\cos x\) \(1\) \(\frac{\sqrt3}{2}\) \(\frac{\sqrt2}{2}\) \(\frac12\) \(0\)
\(\sin x\) \(0\) \(\frac12\) \(\frac{\sqrt2}{2}\) \(\frac{\sqrt3}{2}\) \(1\)

Ces valeurs sont exactes. Une approximation décimale doit être annoncée par \(\approx\), par exemple \(\sqrt3/2\approx0{,}866\).

Démonstration.

Les extrémités. Le point \(M(0)\) est \((1;0)\) et le point \(M(\pi/2)\) est \((0;1)\). Les première et dernière colonnes se lisent donc sur les axes.

L’angle \(\pi/4\). Un triangle rectangle isocèle d’hypoténuse \(1\) possède deux côtés de même longueur \(a>0\). Pythagore donne \(\displaystyle a^2+a^2=1,\)\(\displaystyle 2a^2=1,\)\(\displaystyle a^2=\frac12.\) On retient la racine positive puisque \(a\) est une longueur. Ainsi \[a=\sqrt{\frac12}=\frac1{\sqrt2} =\frac{1\times\sqrt2}{\sqrt2\times\sqrt2} =\frac{\sqrt2}{2}.\] Les deux rapports côté/hypoténuse sont donc égaux à \(\sqrt2/2\).

Lecture de la figure. Les deux côtés de l’angle droit sont égaux. Le triangle est dessiné avec une hypoténuse unité ; Pythagore détermine leur longueur exacte, sans mesure à la règle.

Démonstration.

Les angles \(\pi/3\) et \(\pi/6\). Prenons un triangle équilatéral de côté \(2\). Sa hauteur partage la base en deux segments de longueur \(1\) et forme deux triangles rectangles. Si sa hauteur vaut \(b>0\), alors \(\displaystyle b^2+1^2=2^2,\)\(\displaystyle b^2=4-1=3,\)\(\displaystyle b=\sqrt3.\) À la base, l’angle mesure \(\pi/3\). Le côté adjacent vaut \(1\), le côté opposé \(\sqrt3\) et l’hypoténuse \(2\), donc \(\displaystyle \cos\left(\frac\pi3\right)=\frac12,\)\(\displaystyle \sin\left(\frac\pi3\right)=\frac{\sqrt3}{2}.\) L’autre angle aigu mesure \(\pi/6\). Les côtés adjacent et opposé échangent leurs rôles, ce qui donne \(\cos(\pi/6)=\sqrt3/2\) et \(\sin(\pi/6)=1/2\).

Lecture de la figure. La hauteur du triangle équilatéral partage l’angle au sommet en deux angles de \(\pi/6\). Dans le triangle rectangle de gauche, les mêmes trois longueurs donnent les valeurs pour \(\pi/3\) et pour \(\pi/6\), en échangeant le côté adjacent et le côté opposé.

À toi 3.1 — Retrouver une valeur et vérifier une autre

  1. Retrouver \(\cos(\pi/4)\) avec un triangle rectangle isocèle d’hypoténuse \(1\), en justifiant le signe de la racine.

  2. Vérifier l’identité fondamentale avec les valeurs pour \(\pi/6\).

  3. Une copie écrit \(\sqrt2/2=0{,}71\). Quel symbole faut-il employer ?

Correction expliquée et contrôle.

  1. Les deux côtés valent \(a>0\). De \(2a^2=1\), on tire \(a^2=1/2\), puis \(a=\sqrt2/2\). Le cosinus vaut \(a/1=\sqrt2/2\). Le signe positif vient de la longueur, ou du premier quadrant.

  2. On calcule chaque carré : \[\left(\frac{\sqrt3}{2}\right)^2+ \left(\frac12\right)^2 =\frac34+\frac14=1.\]

  3. Il faut écrire \(\sqrt2/2\approx0{,}71\). Le nombre décimal est une valeur arrondie ; son carré vaut \(0{,}5041\), et non exactement \(1/2\).

3. Lire les signes dans les quatre quadrants

Propriété — Signes des deux coordonnées

Sur un tour, les signes sont les suivants, en dehors des axes :

Quadrant Mesures dans \([0;2\pi]\) \(\cos x\) \(\sin x\)
I \(]0;\pi/2[\) \(+\) \(+\)
II \(]\pi/2;\pi[\) \(-\) \(+\)
III \(]\pi;3\pi/2[\) \(-\) \(-\)
IV \(]3\pi/2;2\pi[\) \(+\) \(-\)

Démonstration.

L’abscisse d’un point est positive à droite de l’axe vertical et négative à gauche. Son ordonnée est positive au-dessus de l’axe horizontal et négative en dessous. Chaque ligne traduit ces deux lectures dans le quadrant correspondant. Les points des axes sont exclus du tableau parce qu’une de leurs coordonnées est nulle.

Par exemple, \(7\pi/6\) est entre \(\pi=6\pi/6\) et \(3\pi/2=9\pi/6\) : il se trouve dans le troisième quadrant, où les deux signes sont négatifs. Une mesure négative ne donne pas automatiquement un sinus négatif : \(-3\pi/2\) conduit au point supérieur du cercle, dont le sinus vaut \(1\).

4. Reconstruire les angles associés par des symétries

Propriété — Angle opposé, pour tout réel \(x\)

\(\displaystyle \boxed{\cos(-x)=\cos x},\)\(\displaystyle \boxed{\sin(-x)=-\sin x}.\)

Démonstration.

La réflexion dans l’axe horizontal transforme le point \((\cos x;\sin x)\) en \((\cos x;-\sin x)\). Elle transforme aussi le parcours \(x\) en \(-x\). L’abscisse est donc conservée et l’ordonnée change de signe.

Exemple 3.3 — Un angle négatif

\(\displaystyle \cos\left(-\frac\pi3\right)=\cos\left(\frac\pi3\right)=\frac12,\)\(\displaystyle \sin\left(-\frac\pi3\right)=-\sin\left(\frac\pi3\right) =-\frac{\sqrt3}{2}.\) Le point est en bas à droite : le signe du cosinus et celui du sinus ne sont donc pas les mêmes.

Propriété — Réflexion verticale et demi-tour

Pour tout réel \(x\), \[\begin{align*} \cos(\pi-x)&=-\cos x,& \sin(\pi-x)&=\sin x,\\ \cos(\pi+x)&=-\cos x,& \sin(\pi+x)&=-\sin x. \end{align*}\]

Démonstration.

La réflexion dans l’axe vertical transforme \((u;v)\) en \((-u;v)\) et la mesure \(x\) en \(\pi-x\), à un tour près. Cela donne la première ligne. Le demi-tour de centre \(O\) transforme \((u;v)\) en \((-u;-v)\) et ajoute \(\pi\) à la mesure. Cela donne la seconde. Les transformations restent valables quel que soit le quadrant initial.

Lecture de la figure. \(M=M(x)\), \(N=M(\pi-x)\), \(P=M(\pi+x)\) et \(Q=M(-x)\). Les points \(M\) et \(N\) ont la même ordonnée ; \(M\) et \(Q\) la même abscisse ; \(M\) et \(P\) sont diamétralement opposés. Le dessin représente un \(x\) aigu, mais les identités sont générales.

Exemple 3.4 — Passer du premier quadrant aux suivants

On écrit \(5\pi/6=\pi-\pi/6\). La réflexion verticale donne \(\displaystyle \cos(5\pi/6)=-\frac{\sqrt3}{2},\)\(\displaystyle \sin(5\pi/6)=\frac12.\) Pour \(7\pi/6=\pi+\pi/6\), le demi-tour change les deux signes : \(\displaystyle \cos(7\pi/6)=-\frac{\sqrt3}{2},\)\(\displaystyle \sin(7\pi/6)=-\frac12.\) Dans les deux cas, les carrés ont pour somme \(3/4+1/4=1\) ; les signes sont conformes aux quadrants II et III.

Propriété — Complément et quart de tour

Pour tout réel \(x\), \[\begin{align*} \cos(\pi/2-x)&=\sin x,&\sin(\pi/2-x)&=\cos x,\\ \cos(\pi/2+x)&=-\sin x,&\sin(\pi/2+x)&=\cos x. \end{align*}\]

Démonstration.

La réflexion dans la droite d’équation \(v=u\) échange les coordonnées : \((u;v)\) devient \((v;u)\). Elle transforme le point de mesure \(x\) en celui de mesure \(\pi/2-x\), d’où la première ligne.

Le quart de tour positif transforme \((u;v)\) en \((-v;u)\). Il ajoute \(\pi/2\) à la mesure, ce qui donne la seconde ligne. Le signe moins du cosinus vient de l’ancienne ordonnée devenue l’opposé de la nouvelle abscisse ; ce n’est pas un signe à choisir au hasard.

Exemple 3.5 — Échanger sinus et cosinus sans perdre le signe

Comme \(\pi/2-\pi/6=\pi/3\), la première ligne retrouve \(\cos(\pi/3)=\sin(\pi/6)=1/2\).

Comme \(\pi/2+\pi/6=2\pi/3\), la seconde donne \(\displaystyle \cos(2\pi/3)=-\sin(\pi/6)=-\frac12,\)\(\displaystyle \sin(2\pi/3)=\cos(\pi/6)=\frac{\sqrt3}{2}.\) L’angle \(2\pi/3\) se trouve dans le deuxième quadrant, ce qui contrôle le signe négatif du cosinus et le signe positif du sinus.

5. Une méthode générale pour les valeurs exactes

Méthode — Réduire, reconnaître, choisir les signes

  1. Retirer ou ajouter des tours de \(2\pi\) si la mesure est grande.

  2. Repérer le quadrant ou le point d’un axe.

  3. Écrire la mesure à l’aide d’un angle remarquable et d’une transformation connue : opposé, \(\pi-x\), \(\pi+x\) ou \(\pi/2\pm x\).

  4. Appliquer l’identité correspondante, puis la valeur remarquable.

  5. Contrôler le signe et, si les deux valeurs sont calculées, la somme de leurs carrés.

Exemple 3.6 — Combiner réduction et symétrie

Calculons les deux valeurs pour \(-17\pi/4\). Deux tours valent \(4\pi=16\pi/4\), donc \[-\frac{17\pi}{4}+4\pi=-\frac\pi4.\] Les deux mesures donnent le même point. Par la réflexion horizontale, \[\cos(-17\pi/4)=\cos(-\pi/4)=\frac{\sqrt2}{2},\] \[\sin(-17\pi/4)=\sin(-\pi/4)=-\frac{\sqrt2}{2}.\] Le carré de chaque valeur vaut \(1/2\), et le point est en bas à droite. Les deux contrôles sont cohérents avec le résultat.

À toi 3.2 — Mettre la méthode à l’épreuve

  1. Guidé : écrire \(3\pi/4=\pi-\ldots\), puis calculer son cosinus et son sinus.

  2. Sans consulter : calculer \(\cos(11\pi/6)\) et \(\sin(11\pi/6)\).

  3. Calculer \(\sin(23\pi/6)\) en faisant apparaître un tour complet.

Indice pour la deuxième question : retirer \(2\pi\) donne une mesure négative remarquable.

Correction expliquée et contrôle.

  1. \(3\pi/4=\pi-\pi/4\). La réflexion verticale conserve le sinus et oppose le cosinus : \(\displaystyle \cos(3\pi/4)=-\frac{\sqrt2}{2},\)\(\displaystyle \sin(3\pi/4)=\frac{\sqrt2}{2}.\)

  2. \(11\pi/6-2\pi=(11\pi-12\pi)/6=-\pi/6\). Ainsi \[\cos(11\pi/6)=\cos(-\pi/6)=\frac{\sqrt3}{2},\] \[\sin(11\pi/6)=\sin(-\pi/6)=-\frac12.\] Le quatrième quadrant confirme ces signes.

  3. \(23\pi/6-2\pi=11\pi/6\), donc la question précédente donne \(\sin(23\pi/6)=-1/2\). On pouvait aussi retirer directement deux tours : \(23\pi/6-24\pi/6=-\pi/6\).

6. Retrouver une coordonnée à partir de l’autre

Méthode — L’identité donne le carré, le quadrant donne le signe

Si une coordonnée est connue, utiliser \(\cos^2x+\sin^2x=1\) pour calculer le carré de l’autre. Prendre ensuite en compte l’intervalle contenant \(x\) : un carré positif a deux racines opposées, et le quadrant permet de choisir. Sans information de signe, il peut rester deux possibilités.

Exemple 3.7 — Une racine carrée ne suffit pas

On sait \(\cos x=3/5\) et \(-\pi/2<x<0\). Le point est dans le quatrième quadrant : son sinus est négatif. L’identité donne \[\begin{align*} \sin^2x &=1-\cos^2x\\ &=1-\left(\frac35\right)^2\\ &=\frac{25}{25}-\frac9{25} =\frac{16}{25}. \end{align*}\] Les deux nombres dont le carré vaut \(16/25\) sont \(4/5\) et \(-4/5\). Le signe requis retient \[\boxed{\sin x=-\frac45}.\] Contrôle : \((3/5)^2+(-4/5)^2=9/25+16/25=1\) et le sinus est bien négatif. La valeur positive vérifierait l’identité mais pas l’intervalle.

À toi 3.3 — Choisir le signe et expliquer ce qui manquerait

On sait \(\sin x=-12/13\) et \(\pi<x<3\pi/2\). Calculer \(\cos x\). Que pourrait-on conclure si l’intervalle contenant \(x\) n’était pas donné ?

Correction expliquée et contrôle.

Le troisième quadrant impose \(\cos x<0\). On calcule \[\cos^2x=1-\left(-\frac{12}{13}\right)^2 =\frac{169}{169}-\frac{144}{169} =\frac{25}{169}.\] On retient donc \(\cos x=-5/13\). Le contrôle des carrés donne \(25/169+144/169=1\). Sans l’intervalle, les deux possibilités \(5/13\) et \(-5/13\) resteraient compatibles avec le sinus négatif : les points seraient dans les quadrants IV et III. Une seule coordonnée ne détermine pas toujours un seul point du cercle.

7. Deux erreurs à comprendre, puis à réparer

Contre-exemples — Le sinus et le cosinus ne distribuent pas une somme

La prétendue identité \(\sin(a+b)=\sin a+\sin b\) est fausse. Pour \(a=b=\pi/2\), le membre de gauche vaut \(\sin\pi=0\), tandis que le membre de droite vaut \(1+1=2\).

La prétendue identité \(\cos(a+b)=\cos a+\cos b\) est également fausse. Pour \(a=b=0\), le membre de gauche vaut \(1\) et celui de droite vaut \(2\). Un seul couple autorisé qui contredit une affirmation universelle suffit à la réfuter. Les véritables formules d’addition seront démontrées ensuite.

Une autre erreur consiste à conclure « \(\sin^2x=16/25\), donc \(\sin x=4/5\) ». Le premier passage injustifié est le choix du signe. Un cas plus simple le montre : \(2^2=(-2)^2=4\). Le rappel utile est \(y^2=c\), avec \(c>0\), si et seulement si \(y=\sqrt c\) ou \(y=-\sqrt c\).

À toi 3.4 — Nouvel essai avant de revenir à l’erreur

On sait \(\cos x=-4/5\) et \(\pi<x<3\pi/2\). Déterminer \(\sin x\). Puis reprendre l’exemple où \(\cos x=3/5\) et \(-\pi/2<x<0\) en nommant précisément l’information qui élimine la racine positive.

Correction expliquée et contrôle.

Le troisième quadrant impose un sinus négatif. On a \(\displaystyle \sin^2x=1-\frac{16}{25}=\frac9{25},\)\(\displaystyle \sin x=-\frac35.\) Le signe moins vient du quadrant, pas de l’identité seule. Dans l’exemple initial, \(-\pi/2<x<0\) place aussi le point sous l’axe horizontal : il faut donc \(\sin x<0\), ce qui élimine \(4/5\) et retient \(-4/5\). On contrôle ensuite les carrés et le signe séparément.

À reprendre plus tard, avant de relire

Sans relire la table, retrouver \(\cos(\pi/3)\) par un triangle équilatéral, puis calculer \(\cos(13\pi/6)\) et \(\sin(-3\pi/4)\). Enfin, si \(\sin x=5/13\) et \(\pi/2<x<\pi\), déterminer \(\cos x\).

Correction expliquée et contrôle.

La hauteur d’un triangle équilatéral de côté \(2\) donne un triangle rectangle d’hypoténuse \(2\) et de côté adjacent \(1\) pour l’angle \(\pi/3\) : son cosinus vaut donc \(1/2\).

Retirer \(2\pi=12\pi/6\) de \(13\pi/6\) donne \(\pi/6\), donc \(\cos(13\pi/6)=\sqrt3/2\). Pour le sinus, l’imparité géométrique puis la réflexion verticale donnent \[\sin(-3\pi/4)=-\sin(3\pi/4) =-\sin(\pi/4)=-\frac{\sqrt2}{2}.\] Enfin, \(\cos^2x=1-25/169=144/169\). Le deuxième quadrant impose le signe négatif, donc \(\cos x=-12/13\). Les carrés ont bien pour somme \(144/169+25/169=1\).

Je sais faire seul si… Je retrouve les valeurs remarquables par les deux triangles, je reconnais la symétrie employée, je contrôle chaque signe, je distingue une valeur exacte d’une approximation et je n’oublie pas la deuxième racine lorsqu’une coordonnée n’est pas déterminée par son seul carré.

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4. Parité, périodicité, signes et courbes

Le fil de cette unité

Nous disposons du cercle unité et de ses symétries. Elles permettent de justifier la parité, la périodicité et les signes du sinus et du cosinus, puis de construire leurs courbes. Les dérivées démontreront ensuite les variations : une allure suggérée par un dessin ne remplace pas cette preuve.

Avant de poursuivre. Sur le cercle, \(M(x)=(\cos x;\sin x)\). La réflexion horizontale donne \(\cos(-x)=\cos x\) et \(\sin(-x)=-\sin x\). Un tour donne \(M(x+2\pi)=M(x)\). Avant de poursuivre, calculer \(\sin(-\pi/6)\) et \(\cos(2\pi)\). Réponses : \(-\sin(\pi/6)=-1/2\) et \(\cos0=1\). Si le signe bloque, placer le reflet de \((\sqrt3/2;1/2)\) sous l’axe horizontal ; si le tour bloque, repartir du point \((1;0)\).

1. Une définition précise de la parité

Définition — Fonction paire ou impaire

Le domaine \(D\) est supposé symétrique par rapport à \(0\) : si \(x\in D\), alors \(-x\in D\).

  • \(f\) est paire lorsque, pour tout \(x\in D\), \(f(-x)=f(x)\).

  • \(f\) est impaire lorsque, pour tout \(x\in D\), \(f(-x)=-f(x)\).

Une fonction peut aussi n’être ni paire ni impaire. La fonction nulle est à la fois paire et impaire.

Pour tester cette définition, on remplace partout \(x\) par \(-x\) dans l’expression de \(f\). Le calcul porte sur une entrée quelconque, pas seulement sur quelques valeurs. La condition sur le domaine est indispensable : pour comparer \(f(-x)\) et \(f(x)\), les deux valeurs doivent exister.

Propriété — Parité du cosinus et du sinus

Sur \(\mathbb{R}\), le cosinus est pair et le sinus est impair : \(\displaystyle \boxed{\cos(-x)=\cos x},\)\(\displaystyle \boxed{\sin(-x)=-\sin x}\quad(x\in\mathbb{R}).\)

Démonstration.

Le domaine \(\mathbb{R}\) est symétrique. La réflexion du cercle dans l’axe horizontal transforme \(M(x)=(\cos x;\sin x)\) en \(M(-x)=(\cos x;-\sin x)\). Elle conserve donc le cosinus et oppose le sinus pour tout réel \(x\). Ce sont exactement les deux égalités de la définition.

Proposition — Traduction graphique de la parité

La courbe d’une fonction paire est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées. La courbe d’une fonction impaire est symétrique par rapport à l’origine \(O\). Réciproquement, ces symétries de courbe, sur un domaine symétrique, caractérisent respectivement les fonctions paires et impaires.

Démonstration.

Sur la courbe de \(f\), le point d’abscisse \(x\) est \((x;f(x))\). Son reflet dans l’axe vertical est \((-x;f(x))\). Ce reflet appartient à la courbe exactement lorsque \(f(-x)=f(x)\). Son symétrique de centre \(O\) est \((-x;-f(x))\) ; il appartient à la courbe exactement lorsque \(f(-x)=-f(x)\). Cela établit les deux sens de chaque caractérisation.

Exemple 4.1 — Une expression entière doit être étudiée

Soit \(f(x)=x\sin x\) sur \(\mathbb{R}\). Les deux facteurs changent de signe : \[f(-x)=(-x)\sin(-x)=(-x)(-\sin x)=x\sin x=f(x).\] La fonction est donc paire, bien que le sinus soit impair.

Soit maintenant \(g(x)=x+\cos x\). Pour \(x=\pi\), \(\displaystyle g(\pi)=\pi-1,\)\(\displaystyle g(-\pi)=-\pi-1.\) Ces valeurs ne sont pas égales : \(g\) n’est pas paire. De plus, \(g(0)=1\). Une fonction impaire définie en \(0\) doit vérifier \(g(0)=-g(0)\), donc \(g(0)=0\) ; \(g\) n’est donc pas impaire non plus.

À toi 4.1 — Une égalité générale ou un contre-exemple ?

  1. Guidé : pour \(f(x)=\cos x+2\), compléter \(f(-x)=\ldots+2=\ldots\) et conclure sur la parité.

  2. Sans consulter : étudier la parité de \(g(x)=x\cos x\) sur \(\mathbb{R}\).

  3. Expliquer pourquoi une seule paire de valeurs différentes peut réfuter la parité, alors qu’une seule paire égale ne la prouve pas.

Correction expliquée et contrôle.

  1. Pour tout réel \(x\), \(f(-x)=\cos(-x)+2=\cos x+2=f(x)\). Le domaine est symétrique et l’égalité est générale : \(f\) est paire.

  2. Pour tout réel \(x\), \[g(-x)=(-x)\cos(-x)=-x\cos x=-g(x).\] La fonction est impaire. Le facteur \(x\) change de signe, tandis que le cosinus conserve sa valeur.

  3. La définition exige une égalité pour tous les réels du domaine. Un contre-exemple suffit à montrer que cette exigence échoue. Une paire favorable vérifie seulement un cas et laisse tous les autres à examiner.

2. Période et période fondamentale

Définition — Période d’une fonction définie sur \(\mathbb{R}\)

Un réel \(T>0\) est une période de \(f\) lorsque \(\displaystyle f(x+T)=f(x)\)\(\displaystyle \text{pour tout réel }x.\) Si une plus petite période strictement positive existe, elle est appelée période fondamentale. Une fonction périodique peut avoir plusieurs périodes : il faut distinguer « une période » de « la plus petite ».

Théorème — Période fondamentale des deux fonctions

Le sinus et le cosinus ont pour période fondamentale \(2\pi\). Pour tout \(x\in\mathbb{R}\) et tout \(k\in\mathbb{Z}\), \(\displaystyle \cos(x+2k\pi)=\cos x,\)\(\displaystyle \sin(x+2k\pi)=\sin x.\)

Démonstration.

Ajouter ou retirer un nombre entier de tours conserve le point du cercle et donc ses deux coordonnées. En particulier, \(2\pi\) est une période des deux fonctions.

Montrons qu’aucune période positive plus petite ne convient au cosinus. Si \(T>0\) est une période, on peut appliquer sa définition en \(x=0\) : \(\cos T=\cos0=1\). L’unique point du cercle d’abscisse \(1\) est \((1;0)\). Il est atteint après un nombre entier de tours ; donc \(T=2k\pi\). Comme \(T>0\), l’entier \(k\) est au moins \(1\), d’où \(T\geq2\pi\).

Pour le sinus, appliquer la définition en \(x=\pi/2\) donne \(\sin(\pi/2+T)=1\). L’unique point d’ordonnée \(1\) est \((0;1)\). Pour y revenir, il faut encore un nombre entier de tours : \(T=2k\pi\geq2\pi\). La période \(2\pi\) est donc minimale dans les deux cas.

Exemple 4.2 — Pourquoi \(\pi\) ne suffit pas, alors que \(4\pi\) convient

Le cosinus vérifie \(\cos0=1\) et \(\cos\pi=-1\). L’égalité exigée échoue en \(0\) : \(\pi\) n’est pas une période du cosinus.

Pour le sinus, \(\sin0=\sin\pi=0\) pourrait tromper. Mais \(\sin(\pi/2)=1\) et \(\sin(3\pi/2)=-1\) : la candidate \(\pi\) échoue en \(\pi/2\). Un tour et un demi-tour ne sont pas interchangeables.

En revanche, \(4\pi\) représente deux tours, donc c’est une période des deux fonctions. Elle n’est pas fondamentale puisque \(2\pi<4\pi\) convient déjà.

Cas limite — Une fonction constante n’a pas de période fondamentale

Si \(f(x)=c\) pour tout réel \(x\), alors \(f(x+T)=c=f(x)\) pour chaque \(T>0\). Tous les nombres strictement positifs sont donc des périodes. Il n’y en a pas de plus petite : si l’on propose \(T\), le nombre \(T/2\) convient aussi et est plus petit.

Exemple 4.3 — Le carré peut raccourcir la période

Soit \(h(x)=\sin^2x\). La formule \(\sin(x+\pi)=-\sin x\) donne \[h(x+\pi)=(-\sin x)^2=\sin^2x=h(x).\] Ainsi \(\pi\) est une période. Pour prouver qu’elle est fondamentale, supposons que \(T>0\) soit une période. Alors \(h(T)=h(0)=0\), donc \(\sin T=0\). Les points du cercle d’ordonnée nulle sont atteints pour \(T=k\pi\), avec \(k\in\mathbb{Z}\). La plus petite possibilité positive est \(\pi\), et elle convient : la période fondamentale est \(\pi\).

En revanche, \(F(x)=x+\cos x\) n’est pas \(2\pi\)-périodique, car \[F(x+2\pi)=x+2\pi+\cos x=F(x)+2\pi\neq F(x).\] La présence d’un cosinus dans une expression ne suffit pas à lui transmettre une période.

À toi 4.2 — Prouver une période et sa minimalité

Soit \(f(x)=\cos(2x)\) sur \(\mathbb{R}\).

  1. Montrer que \(\pi\) est une période, en développant \(2(x+\pi)\).

  2. Si \(T>0\) est une période, que donne la définition en \(x=0\) ? En déduire que \(\pi\) est la période fondamentale.

  3. Pourquoi \(2\pi\) reste-t-il malgré tout une période ?

Correction expliquée et contrôle.

  1. Pour tout \(x\), \[f(x+\pi)=\cos(2x+2\pi)=\cos(2x)=f(x).\] L’argument du cosinus a augmenté d’un tour.

  2. \(f(T)=f(0)\) impose \(\cos(2T)=1\). Il existe donc un entier \(k\) tel que \(2T=2k\pi\), d’où \(T=k\pi\). Si \(T>0\), alors \(k\geq1\) et \(T\geq\pi\). Comme \(\pi\) convient déjà, c’est la plus petite période.

  3. Ajouter \(2\pi\) à l’entrée ajoute \(4\pi\) à l’argument. Deux tours conservent encore le cosinus : \(f(x+2\pi)=f(x)\).

3. Les signes viennent des coordonnées

Propriété — Zéros et signes du sinus

Pour \(k\in\mathbb{Z}\), le sinus s’annule exactement aux points \(x=k\pi\). Il est strictement positif sur chaque intervalle \(]2k\pi;\pi+2k\pi[\) et strictement négatif sur chaque intervalle \(]-\pi+2k\pi;2k\pi[\).

Démonstration.

Le sinus est l’ordonnée sur le cercle. Elle est positive dans le demi-plan supérieur, négative dans le demi-plan inférieur et nulle sur l’axe horizontal. Les intersections avec cet axe correspondent à \(0\) et \(\pi\), puis à leurs translations par des tours de \(2\pi\). Cela donne les zéros \(k\pi\) et les deux familles d’intervalles.

Sur l’intervalle \([-\pi;\pi]\), on peut retenir le tableau suivant :

\(x\) \(-\pi\) \(0\) \(\pi\)
Signe de \(\sin x\) \(0\) \(-\) \(0\) \(+\) \(0\)

Les signes placés entre deux valeurs concernent tous les points de l’intervalle ouvert correspondant. Les zéros sont placés sous les abscisses où ils sont atteints.

Propriété — Zéros et signes du cosinus

Le cosinus s’annule exactement pour \(x=\pi/2+k\pi\), avec \(k\in\mathbb{Z}\). Il est strictement positif sur \(]-\pi/2+2k\pi;\pi/2+2k\pi[\) et strictement négatif sur \(]\pi/2+2k\pi;3\pi/2+2k\pi[\).

Démonstration.

Le cosinus est l’abscisse sur le cercle. Elle est positive à droite, négative à gauche et nulle sur l’axe vertical. Les deux points de coordonnée horizontale nulle sont atteints à \(\pi/2\) et \(3\pi/2\), puis après des tours complets. Leurs mesures s’écrivent ensemble \(\pi/2+k\pi\). Les deux demi-cercles donnent les intervalles annoncés.

\(x\) \(-\pi\) \(-\frac\pi2\) \(\frac\pi2\) \(\pi\)
Signe de \(\cos x\) \(-\) \(-\) \(0\) \(+\) \(0\) \(-\) \(-\)

Les valeurs \(-\pi\) et \(\pi\) sont des bornes de lecture, pas des zéros du cosinus : dans les deux cas, sa valeur est \(-1\).

Exemple 4.4 — Garder ou exclure les bornes

Sur \([-\pi;\pi]\), la condition \(\cos x<0\) donne \[x\in[-\pi;-\pi/2[\ \cup\ ]\pi/2;\pi].\] Les points \(\pm\pi/2\) sont exclus parce que leur cosinus vaut \(0\). Les points \(\pm\pi\) sont inclus parce que leur cosinus vaut \(-1\).

Sur le même intervalle, \(\sin x\leq0\) donne \[\boxed{x\in[-\pi;0]\cup\{\pi\}}.\] Le sinus est négatif entre \(-\pi\) et \(0\), nul à ces deux bornes, positif entre \(0\) et \(\pi\), puis nul en \(\pi\). Ce dernier point est une solution isolée qu’il faut conserver.

À toi 4.3 — Lire un signe, puis changer d’intervalle

  1. Donner le signe de \(\sin(17\pi/6)\) après réduction d’un tour.

  2. Sur \([0;2\pi]\), résoudre seulement par lecture du signe \(\cos x\geq0\).

  3. Sur \([-\pi;\pi]\), donner les solutions de \(\sin x=0\) et expliquer pourquoi il y en a trois, alors que le cercle n’a que deux points d’ordonnée nulle.

Correction expliquée et contrôle.

  1. \(17\pi/6-2\pi=5\pi/6\), qui est entre \(0\) et \(\pi\). Le sinus est positif ; plus précisément, \(\sin(5\pi/6)=1/2\).

  2. Le demi-cercle de droite correspond au début et à la fin du tour. Les zéros sont admis par l’inégalité large. Ainsi \[x\in[0;\pi/2]\cup[3\pi/2;2\pi].\]

  3. Les trois nombres sont \(-\pi\), \(0\) et \(\pi\). Les parcours de mesures \(-\pi\) et \(\pi\) ne doivent pas être confondus : \(-\pi\) et \(\pi\) sont deux réels distincts du même intervalle, même s’ils arrivent au même point du cercle.

4. Passer du cercle aux courbes

Définition — Courbes représentatives

La courbe du cosinus est l’ensemble des points \((x;\cos x)\), pour \(x\in\mathbb{R}\). Celle du sinus est l’ensemble des points \((x;\sin x)\). Dans ces deux graphiques, l’abscisse est la mesure \(x\) en radians.

Sur le cercle, \(M(x)=(\cos x;\sin x)\) contient les deux valeurs. Sur une courbe, on conserve l’entrée comme abscisse et on place l’une des deux valeurs en ordonnée. Ce ne sont donc pas les mêmes points.

Exemple 4.5 — Trois points différents pour la même entrée

Pour \(x=\pi/3\), le cercle porte le point \[M=\left(\frac12;\frac{\sqrt3}{2}\right).\] La courbe du cosinus porte \(C=(\pi/3;1/2)\) et la courbe du sinus porte \(S=(\pi/3;\sqrt3/2)\). Dans les deux derniers couples, le premier nombre est \(\pi/3\), car c’est l’entrée de la fonction.

\(x\) \(0\) \(\frac\pi2\) \(\pi\) \(\frac{3\pi}{2}\) \(2\pi\)
\(\cos x\) \(1\) \(0\) \(-1\) \(0\) \(1\)
\(\sin x\) \(0\) \(1\) \(0\) \(-1\) \(0\)

Ces points donnent un premier squelette du tracé. La continuité et les variations établies ensuite préciseront la forme entre les points. Il ne faut pas relier mécaniquement les points par des segments.

Lecture de la figure. Le cosinus vaut \(1\) à l’origine ; le sinus y vaut \(0\). Le motif de chaque courbe se répète tous les \(2\pi\) horizontalement. La symétrie du cosinus se fait autour de l’axe vertical ; celle du sinus autour de l’origine. Les deux courbes restent dans la bande \(-1\leq y\leq1\).

Propriété — Retrouver une courbe sur tout \(\mathbb{R}\)

Pour le sinus et le cosinus, connaître les valeurs sur \([0;\pi]\) permet de retrouver celles sur \([-\pi;0]\) par parité, puis toutes les valeurs réelles par translations de \(2k\pi\).

Démonstration.

Si \(x\in[-\pi;0]\), alors \(-x\in[0;\pi]\). La parité permet donc de calculer \(f(x)\) à partir de \(f(-x)\). On connaît ainsi les valeurs sur \([-\pi;\pi]\). Tout réel se ramène ensuite à cet intervalle en ajoutant ou retirant des tours, sans changer la valeur de la fonction.

Propriété — Le sinus est un cosinus décalé

Pour tout réel \(x\), \[\boxed{\sin x=\cos(x-\pi/2)}.\] La courbe du sinus se déduit de celle du cosinus par une translation horizontale de \(\pi/2\) vers la droite.

Démonstration.

L’angle associé donne \(\cos(\pi/2-x)=\sin x\). Le cosinus étant pair, \(\cos(x-\pi/2)=\cos(-(\pi/2-x))=\cos(\pi/2-x)\). Pour interpréter le déplacement, un point \((t;\cos t)\) devient \((t+\pi/2;\cos t)\). Si l’on nomme \(x=t+\pi/2\) la nouvelle abscisse, alors \(t=x-\pi/2\) : son ordonnée vaut \(\sin x\).

Exemple 4.6 — Contrôler le sens d’un décalage

Le sommet \((0;1)\) de la courbe du cosinus devient \((\pi/2;1)\), qui appartient bien à la courbe du sinus. Un déplacement vers la gauche placerait ce sommet en \((-\pi/2;1)\), alors que \(\sin(-\pi/2)=-1\) : ce contrôle repère immédiatement le mauvais sens.

5. Ce que les symétries changent dans les variations

Corollaire — Réfléchir un intervalle de variation

Soient \(a<b\) et une fonction définie sur les intervalles utiles.

  • Si \(f\) est paire, une croissance sur \([a;b]\) devient une décroissance sur \([-b;-a]\), et une décroissance devient une croissance.

  • Si \(f\) est impaire, une croissance reste une croissance sur \([-b;-a]\), et une décroissance reste une décroissance.

Les mêmes règles valent pour des variations strictes.

Démonstration.

Supposons d’abord \(f\) croissante sur \([a;b]\). Prenons \(-b\leq u<v\leq-a\). Alors \(a\leq-v<-u\leq b\), donc \(f(-v)\leq f(-u)\).

Si \(f\) est paire, cela donne \(f(v)\leq f(u)\) : elle est décroissante sur l’intervalle réfléchi. Si elle est impaire, on obtient \(-f(v)\leq-f(u)\), soit \(f(u)\leq f(v)\) : elle reste croissante. Une décroissance initiale inverse toutes les inégalités et donne les deux autres conclusions. En partant d’inégalités strictes, on obtient les versions strictes.

Ce résultat servira après l’étude des dérivées. Il explique notamment pourquoi une symétrie d’axe vertical change le sens d’une flèche de variation, tandis qu’une symétrie centrale le conserve sur l’intervalle réfléchi.

6. Être bornée ne signifie pas avoir une limite

Proposition — Oscillations à l’infini

Le sinus et le cosinus sont bornés, mais aucun des deux n’a de limite en \(+\infty\) ni en \(-\infty\).

Démonstration.

À des abscisses arbitrairement grandes, le cosinus prend encore les deux valeurs distinctes \(1\) et \(-1\) : \(\displaystyle \cos(2n\pi)=1,\)\(\displaystyle \cos(\pi+2n\pi)=-1 \quad(n\in\mathbb{N}).\) Une limite finie obligerait les valeurs prises le long de ces deux suites d’abscisses tendant vers \(+\infty\) à tendre vers le même nombre, ce qui est impossible. Une limite infinie est exclue par l’encadrement entre \(-1\) et \(1\).

Pour le sinus, les abscisses \(\pi/2+2n\pi\) et \(3\pi/2+2n\pi\) donnent respectivement \(1\) et \(-1\) et conduisent à la même contradiction. En prenant les opposés des abscisses, elles tendent vers \(-\infty\). La parité du cosinus et l’imparité du sinus conservent deux valeurs distinctes : l’absence de limite vaut donc aussi en \(-\infty\).

La bande qui contient une courbe ne se rétrécit pas nécessairement autour d’une seule hauteur. Ici, la répétition du motif maintient les oscillations, même très loin sur l’axe horizontal.

7. Reprendre un raisonnement incomplet

Une copie affirme : « \(\sin0=\sin\pi\), donc \(\pi\) est une période. » La première erreur est le passage d’un cas particulier à une égalité pour tout réel. Le rappel est la définition : il faut \(\sin(x+\pi)=\sin x\) pour chaque \(x\). Le cas \(x=\pi/2\) donne \(-1\neq1\) et réfute la conclusion.

À toi 4.4 — Un nouveau test, puis un retour à la définition

  1. Tester si \(\pi/2\) est une période du cosinus.

  2. Montrer que \(6\pi\) est une période du sinus.

  3. Expliquer pourquoi le premier test peut se limiter à un point, alors que le deuxième doit traiter un réel quelconque.

Correction expliquée et contrôle.

  1. En \(x=0\), on a \(\cos0=1\) mais \(\cos(\pi/2)=0\). La définition échoue : \(\pi/2\) n’est pas une période.

  2. Pour tout réel \(x\), ajouter \(6\pi=3\times2\pi\) ajoute trois tours et conserve l’ordonnée. Ainsi \(\sin(x+6\pi)=\sin x\).

  3. Le premier raisonnement réfute une affirmation universelle : un témoin suffit. Le second l’établit : il faut justifier l’égalité pour toutes les entrées. Revenir à la copie initiale consiste à remplacer sa conclusion par le contre-exemple en \(\pi/2\).

À reprendre plus tard, avant de relire

Avant de relire : étudier la parité de \(x^2\sin x\) ; justifier que \(4\pi\) est une période du cosinus mais non sa période fondamentale ; résoudre \(\sin x\geq0\) sur \([-\pi;\pi]\) ; expliquer le sens du décalage entre les courbes du cosinus et du sinus.

Correction expliquée et contrôle.

Le domaine est \(\mathbb{R}\) et \[(-x)^2\sin(-x)=x^2(-\sin x)=-x^2\sin x.\] La fonction \(x\mapsto x^2\sin x\) est impaire. Le carré conserve son signe lorsque l’on remplace \(x\) par \(-x\), mais le sinus change de signe.

Deux tours donnent \(\cos(x+4\pi)=\cos x\) pour tout réel \(x\). Mais \(2\pi\) est une période strictement plus petite, et c’est la période fondamentale démontrée plus haut.

Le sinus est positif entre \(0\) et \(\pi\), et nul en \(-\pi\), \(0\) et \(\pi\). Ainsi l’ensemble demandé est \(\{-\pi\}\cup[0;\pi]\). Le point isolé \(-\pi\) ne doit pas être perdu.

Enfin, \(\sin x=\cos(x-\pi/2)\) : la courbe du cosinus se déplace de \(\pi/2\) vers la droite. Le sommet \((0;1)\) devient \((\pi/2;1)\), ce qui contrôle le sens de la translation.

Je sais faire seul si… Je distingue preuve générale et contre-exemple ; je vérifie le domaine avant la parité ; je distingue période et période fondamentale ; je lis les signes avec les zéros et les bornes ; je distingue un point du cercle d’un point de courbe ; je ne déduis pas une limite d’un simple encadrement.

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5. Pourquoi ces formules sont vraies

Cap — Construire sans tourner en rond

Nous allons établir les formules d’addition, puis les limites qui permettent de démontrer les dérivées du sinus et du cosinus. L’ordre compte : les dérivées ne seront jamais utilisées pour prouver les limites dont elles dépendent.

Tous les angles de cette unité sont exprimés en radians. Aucun résultat sur une intégrale ou sur une fonction réciproque n’est nécessaire.

1. Les outils que l’on peut utiliser au départ

Dans un repère orthonormé direct, le cercle trigonométrique est le cercle de centre \(O\) et de rayon \(1\). Le point \(M_t\) associé à un réel \(t\) est obtenu en parcourant un angle orienté de mesure \(t\) à partir de \(A=(1,0)\). Par définition, \[M_t=(\cos t,\sin t).\] Un tour complet mesure \(2\pi\) radians. Les symétries du cercle et un quart de tour donnent, sans calcul de dérivée, \(\displaystyle \cos(-t)=\cos t,\)\(\displaystyle \sin(-t)=-\sin t,\)\(\displaystyle \cos^2t+\sin^2t=1,\) \(\displaystyle \cos\left(\frac{\pi}{2}-t\right)=\sin t,\)\(\displaystyle \sin\left(\frac{\pi}{2}-t\right)=\cos t.\) Les coordonnées restent comprises entre \(-1\) et \(1\). On sait aussi lire \(\cos 0=1\), \(\sin 0=0\), \(\cos\left(\frac{\pi}{2}\right)=0\) et \(\sin\left(\frac{\pi}{2}\right)=1\).

Outil antérieur rappelé — Le produit scalaire

Pour deux vecteurs \(u=(x,y)\) et \(v=(x',y')\) dans un repère orthonormé, \[u\cdot v=xx'+yy'.\] Géométriquement, si leurs longueurs sont \(r\) et \(r'\) et si l’angle entre eux mesure \(\theta\), alors \[u\cdot v=rr'\cos\theta.\] Ces deux expressions d’un même produit scalaire sont le résultat de géométrie déjà étudié que nous utilisons ici. Pour deux rayons du cercle unité, \(r=r'=1\). Le cosinus d’un angle orienté ou de son opposé est le même ; ajouter un tour complet ne le change pas non plus.

Avant de poursuivre. Calculer le produit scalaire de \((1;0)\) et \((\frac12;\frac{\sqrt3}2)\) par les coordonnées. Correction : \(1\times\frac12+0\times\frac{\sqrt3}2=\frac12\). Géométriquement, les vecteurs ont longueur \(1\) et angle \(\frac\pi3\), dont le cosinus vaut \(\frac12\). Si les produits bloquent, refaire \((1;0)\cdot(0;1)=0\) : chaque coordonnée multiplie celle du même rang. Le cercle fournit des coordonnées et des symétries ; le produit scalaire les relie à une différence d’angles. Nous n’utilisons encore aucune formule d’addition.

2. Démontrer les formules d’addition

Propriété — Quatre identités démontrées sur \(\mathbb{R}\)

Pour tous réels \(a,b\), \[\begin{align*} \cos(a+b)&=\cos a\cos b-\sin a\sin b,\\ \cos(a-b)&=\cos a\cos b+\sin a\sin b,\\ \sin(a+b)&=\sin a\cos b+\cos a\sin b,\\ \sin(a-b)&=\sin a\cos b-\cos a\sin b. \end{align*}\] Les deux termes du sinus mélangent un sinus et un cosinus. Ceux du cosinus regroupent deux cosinus, puis deux sinus.

Démonstration.

Soient \(a\) et \(b\) deux réels. Posons \(\displaystyle u=\overrightarrow{OM_a}=(\cos a,\sin a),\)\(\displaystyle v=\overrightarrow{OM_b}=(\cos b,\sin b).\) Par les coordonnées, \[u\cdot v=\cos a\cos b+\sin a\sin b.\] L’angle orienté de \(v\) vers \(u\) mesure \(a-b\), à un nombre entier de tours près. La formule géométrique du produit scalaire donne donc \[u\cdot v=\cos(a-b).\] Ainsi, pour tous réels \(a,b\), \[\boxed{\cos(a-b)=\cos a\cos b+\sin a\sin b.}\] Remplaçons maintenant \(b\) par \(-b\). Grâce aux symétries du cercle, \[\cos(a+b)=\cos a\cos(-b)+\sin a\sin(-b) =\cos a\cos b-\sin a\sin b.\] Pour le sinus, utilisons le complément à \(\frac{\pi}{2}\) et la formule déjà démontrée pour le cosinus d’une différence : \[\begin{align*} \sin(a+b) &=\cos\left(\frac{\pi}{2}-(a+b)\right)\\ &=\cos\left(\left(\frac{\pi}{2}-a\right)-b\right)\\ &=\cos\left(\frac{\pi}{2}-a\right)\cos b +\sin\left(\frac{\pi}{2}-a\right)\sin b\\ &=\sin a\cos b+\cos a\sin b. \end{align*}\] Enfin, remplacer \(b\) par \(-b\) dans cette dernière égalité donne \[\sin(a-b)=\sin a\cos b-\cos a\sin b.\] Chaque étape s’appuie sur le cercle ou sur une formule établie à l’étape précédente : il n’y a pas de raisonnement circulaire.

Exemple 5.1 — Obtenir une valeur exacte sans la lire dans une table

Comme \(\frac{\pi}{12}=\frac{\pi}{4}-\frac{\pi}{6}\), \[\begin{align*} \sin\left(\frac{\pi}{12}\right) &=\sin\left(\frac{\pi}{4}\right)\cos\left(\frac{\pi}{6}\right) -\cos\left(\frac{\pi}{4}\right)\sin\left(\frac{\pi}{6}\right)\\ &=\frac{\sqrt2}{2}\times\frac{\sqrt3}{2} -\frac{\sqrt2}{2}\times\frac12 =\frac{\sqrt6-\sqrt2}{4}. \end{align*}\] La différence est positive, comme le sinus d’un angle du premier quadrant. Ce contrôle de signe ne remplace pas le calcul, mais permet de repérer une erreur grossière.

Exemple 5.2 — Développer un angle composé sans inventer une distributivité

Pour tout réel \(x\), la formule d’addition donne \[\begin{align*} \cos\left(x+\frac\pi3\right) &=\cos x\cos\frac\pi3-\sin x\sin\frac\pi3\\ &=\frac12\cos x-\frac{\sqrt3}{2}\sin x. \end{align*}\] Cette égalité est une identité : elle vaut pour tous les réels \(x\). Elle est très différente de \(\cos x+\cos\frac\pi3\). À \(x=0\), les deux côtés de l’identité valent \(\frac12\), tandis que la fausse somme vaudrait \(\frac32\), hors de l’intervalle des valeurs possibles d’un cosinus.

Une autre application permet de calculer \[\cos\frac{\pi}{12} =\cos\left(\frac\pi4-\frac\pi6\right) =\frac{\sqrt2}{2}\frac{\sqrt3}{2} +\frac{\sqrt2}{2}\frac12 =\frac{\sqrt6+\sqrt2}{4}.\] Le signe \(+\) vient de la formule du cosinus d’une différence. Avec la valeur de \(\sin\frac\pi{12}\) obtenue précédemment, on contrôle : \[\begin{align*} \cos^2\frac\pi{12}+\sin^2\frac\pi{12} &=\frac{(\sqrt6+\sqrt2)^2+(\sqrt6-\sqrt2)^2}{16}\\ &=\frac{(8+4\sqrt3)+(8-4\sqrt3)}{16}=1. \end{align*}\]

À toi 5.1 — Reconstruire deux formules avant de remplacer

Sans lire les identités, reconstruire \(\sin(x-\frac\pi6)\) et \(\cos(x+\frac\pi2)\), puis vérifier chaque réponse à \(x=0\). Indice : dans la première, prendre \(a=x\), \(b=\frac\pi6\) ; dans la seconde, utiliser les valeurs \(\cos\frac\pi2=0\) et \(\sin\frac\pi2=1\).

Correction expliquée et contrôle.

La formule du sinus d’une différence donne \[\sin\left(x-\frac\pi6\right) =\sin x\frac{\sqrt3}{2}-\cos x\frac12 =\frac{\sqrt3}{2}\sin x-\frac12\cos x.\] À \(x=0\), on obtient \(-\frac12=\sin(-\frac\pi6)\). Pour la seconde expression, \[\cos\left(x+\frac\pi2\right)=\cos x\times0-\sin x\times1=-\sin x.\] À \(x=0\), les deux membres valent \(0\). Ces vérifications ponctuelles repèrent des erreurs possibles ; la validité pour tout \(x\) vient des identités démontrées.

3. Déduire les formules de duplication

Corollaire — Duplication et carrés

Pour tout réel \(x\), \[\sin(2x)=2\sin x\cos x,\] \[\cos(2x)=\cos^2x-\sin^2x =1-2\sin^2x=2\cos^2x-1.\] En particulier, \(\displaystyle \sin^2x=\frac{1-\cos(2x)}{2},\)\(\displaystyle \cos^2x=\frac{1+\cos(2x)}{2}.\) Ces résultats découlent des identités d’addition et de \(\cos^2x+\sin^2x=1\).

Démonstration.

Dans les formules d’addition, choisissons \(a=b=x\). On obtient \(\displaystyle \boxed{\sin(2x)=2\sin x\cos x},\)\(\displaystyle \boxed{\cos(2x)=\cos^2x-\sin^2x}.\) L’identité \(\cos^2x+\sin^2x=1\) permet deux autres écritures : \[\cos(2x)=1-2\sin^2x=2\cos^2x-1.\] En remplaçant \(x\) par \(\frac h2\) dans la première de ces deux écritures, \[\boxed{1-\cos h=2\sin^2\left(\frac h2\right).}\] Pour obtenir les formules des carrés, on isole chaque carré : \(2\sin^2x=1-\cos(2x)\) et \(2\cos^2x=1+\cos(2x)\), puis on divise par \(2\ne0\). L’identité \(1-\cos h=2\sin^2(h/2)\) sera utile pour contrôler \(\cos h\) près de \(0\) sans connaître sa dérivée.

À toi 5.2 — Essai guidé — Choisir la bonne duplication

Compléter, puis justifier le remplacement effectué : \(\displaystyle 1-\cos(6x)=2\sin^2(\ldots),\)\(\displaystyle \sin(8x)=2\sin(\ldots)\cos(\ldots).\) Pourquoi n’a-t-on pas \(\sin(2x)=2\sin x\) pour tout réel \(x\) ? Donner un contre-exemple exact.

Correction expliquée et contrôle.

Dans \(1-\cos(2u)=2\sin^2u\), on prend \(u=3x\), d’où \(1-\cos(6x)=2\sin^2(3x)\). Dans la duplication du sinus, on prend \(u=4x\), d’où \(\sin(8x)=2\sin(4x)\cos(4x)\). Le facteur \(\cos x\) ne peut pas être supprimé. Pour \(x=\frac{\pi}{2}\), \(\sin(2x)=\sin\pi=0\), tandis que \(2\sin x=2\).

Exemple 5.3 — Transformer une différence de carrés trigonométriques

On cherche une écriture de \(\cos^2(3x)-\sin^2(3x)\) comportant une seule fonction. Dans \(\cos(2u)=\cos^2u-\sin^2u\), on choisit \(u=3x\) : \[\boxed{\cos^2(3x)-\sin^2(3x)=\cos(6x).}\] Le double porte sur l’argument entier \(3x\). On ne peut pas remplacer \(\cos^2(3x)\) seul par \(\cos(6x)\) : il faut garder \(\cos^2(3x)=\frac{1+\cos(6x)}2\).

4. Un encadrement issu des aires

Lemme — Encadrer un petit angle positif

Si \(0<h<\frac\pi2\) et si \(h\) est mesuré en radians, alors \[\sin h\leq h\leq\frac{\sin h}{\cos h}.\] Le quotient est défini puisque \(\cos h>0\). Ce lemme préparera la limite de \(\frac{\sin h}{h}\).

Fixons \(h\) tel que \(0<h<\frac{\pi}{2}\). On place \(A=(1,0)\) et \(M=(\cos h,\sin h)\) sur le cercle unité. La droite \((OM)\) rencontre en \(T\) la tangente au cercle en \(A\), c’est-à-dire la droite \(x=1\). Ici, le mot tangente désigne seulement cette droite géométrique, perpendiculaire à \((OA)\).

Lecture de la figure. La figure représente un angle particulier, mais le raisonnement vaut pour tout \(h\) entre \(0\) et \(\frac{\pi}{2}\). Le triangle \(OAM\) est contenu dans le secteur circulaire \(OAM\), lui-même contenu dans le triangle \(OAT\). On compare des surfaces, et non les seules longueurs des côtés.

Démonstration.

Le triangle \(OAM\) a pour base \(OA=1\) et pour hauteur \(\sin h\). Son aire vaut donc \(\frac12\sin h\).

Le secteur circulaire d’angle \(h\) a pour aire \(\frac h2\). En effet, le cercle unité a pour aire \(\pi\) et un tour mesure \(2\pi\) radians ; l’aire d’un secteur est proportionnelle à son angle. Ainsi, \[\text{aire du secteur}=\frac{h}{2\pi}\times\pi=\frac h2.\] Il s’agit du résultat géométrique sur l’aire des secteurs, et non d’un calcul par intégration. C’est ici que l’expression de \(h\) en radians est essentielle.

Le point \(T\) appartient à la demi-droite \([OM)\) et a pour abscisse \(1\). Puisque \(\cos h>0\), il s’écrit \[T=\frac1{\cos h}(\cos h,\sin h) =\left(1,\frac{\sin h}{\cos h}\right).\] Le triangle \(OAT\) a donc pour aire \(\frac12\frac{\sin h}{\cos h}\). L’inclusion des trois surfaces donne, après multiplication par \(2\), \(\displaystyle \boxed{\sin h\leq h\leq\frac{\sin h}{\cos h}}\)\(\displaystyle \left(0<h<\frac{\pi}{2}\right).\)

Avant de poursuivre. La division par \(\cos h\) est autorisée parce que \(\cos h>0\) dans l’intervalle choisi. Cette condition explique aussi pourquoi on ne prolonge pas directement cet encadrement à tous les angles.

5. Continuité en zéro et limites fondamentales

Outils d’analyse rappelés — Encadrer une limite

Une fonction \(f\) est continue en \(0\) lorsque \(\lim_{h\to0}f(h)=f(0)\). Le théorème des gendarmes affirme que, si \(p(h)\leq f(h)\leq q(h)\) près de \(0\) et si \(p\) et \(q\) ont la même limite \(\ell\), alors \(f(h)\) tend aussi vers \(\ell\). On peut utiliser les règles usuelles de limite d’une somme et d’un produit. Ces résultats d’analyse sont des outils antérieurs ; aucune dérivée trigonométrique n’est supposée connue.

Lemme — Deux contrôles près de zéro

Pour \(|h|<\frac\pi2\), \(\displaystyle |\sin h|\leq|h|,\)\(\displaystyle 0\leq1-\cos h\leq\frac{h^2}{2}.\) Ainsi \(\sin h\to0\) et \(\cos h\to1\) lorsque \(h\to0\) : le sinus et le cosinus sont continus en \(0\).

Démonstration.

Pour \(0<h<\frac{\pi}{2}\), l’encadrement géométrique donne \(0\leq\sin h\leq h\). Par imparité du sinus, on en déduit, pour \(|h|<\frac{\pi}{2}\), \[|\sin h|\leq |h|.\] Comme \(|h|\to0\), on obtient \(\sin h\to0=\sin0\) : le sinus est continu en \(0\).

Grâce à la duplication déjà démontrée, pour \(|h|<\frac{\pi}{2}\), \[0\leq1-\cos h =2\sin^2\left(\frac h2\right) \leq2\left(\frac{|h|}{2}\right)^2 =\frac{h^2}{2}.\] Ainsi \(1-\cos h\to0\), donc \(\cos h\to1=\cos0\) : le cosinus est continu en \(0\). Cette continuité a été obtenue avant les dérivées.

Lemme — Limites nécessaires à la dérivation

Lorsque les angles sont exprimés en radians, \(\displaystyle \boxed{\lim_{h\to0}\frac{\sin h}{h}=1},\)\(\displaystyle \boxed{\lim_{h\to0}\frac{\cos h-1}{h}=0}.\) Les limites sont bilatérales. Les quotients sont considérés pour \(h\ne0\).

Démonstration.

Pour \(0<h<\frac{\pi}{2}\), la première inégalité géométrique donne \(\frac{\sin h}{h}\leq1\). La seconde donne \(h\cos h\leq\sin h\), puis \(\cos h\leq\frac{\sin h}{h}\). Donc \[\cos h\leq\frac{\sin h}{h}\leq1.\] Lorsque \(h\to0^+\), les bornes tendent vers \(1\) : la limite à droite vaut \(1\). Pour \(h<0\), posons \(t=-h>0\). L’imparité donne \[\frac{\sin h}{h}=\frac{\sin(-t)}{-t}=\frac{\sin t}{t}.\] La limite à gauche vaut donc aussi \(1\). Nous avons établi la limite bilatérale \[\boxed{\lim_{h\to0}\frac{\sin h}{h}=1.}\] Enfin, pour \(0<|h|<\frac{\pi}{2}\), le contrôle précédent du cosinus donne \[\left|\frac{\cos h-1}{h}\right| =\frac{1-\cos h}{|h|} \leq\frac{h^2}{2|h|}=\frac{|h|}{2}.\] Le membre de droite tend vers \(0\). Ainsi, des deux côtés de \(0\), \[\boxed{\lim_{h\to0}\frac{\cos h-1}{h}=0.}\] Dans ces quotients, \(h\) est non nul pendant le calcul. Une limite n’est pas une substitution qui obligerait à diviser par \(0\).

Exemple 5.4 — Reconnaître le petit angle, puis rétablir le bon quotient

Pour \(x\neq0\), \[\frac{\sin(3x)}{x} =3\frac{\sin(3x)}{3x}.\] Lorsque \(x\to0\), \(3x\to0\) ; le quotient à droite tend vers \(1\), donc \[\lim_{x\to0}\frac{\sin(3x)}{x}=3.\] De même, \[\frac{\cos(5x)-1}{x} =5\frac{\cos(5x)-1}{5x}\longrightarrow0.\] Le facteur extérieur vient du changement de dénominateur ; il ne doit pas être oublié, même si, dans le second exemple, le résultat final reste \(0\).

6. Démontrer les dérivées par un taux d’accroissement

Définition rappelée — Dérivée en un réel \(a\)

Une fonction \(f\) définie au voisinage de \(a\) est dérivable en \(a\) si le quotient \(\displaystyle \frac{f(a+h)-f(a)}{h}\)\(\displaystyle (h\neq0)\) possède une limite réelle lorsque \(h\to0\). Cette limite est notée \(f'(a)\). Dans le calcul suivant, \(a\) reste fixé ; c’est seulement \(h\) qui tend vers \(0\).

Théorème — Les deux dérivées, démontrées ici

Pour une variable exprimée en radians, les fonctions sinus et cosinus sont dérivables sur \(\mathbb{R}\) et \(\displaystyle \boxed{(\sin x)'=\cos x},\)\(\displaystyle \boxed{(\cos x)'=-\sin x}.\) La valeur \(1\) de la limite \(\frac{\sin h}{h}\) est liée à l’unité radian. Les formules ci-dessus ne sont pas des formules de dérivation d’un angle numériquement exprimé en degrés.

Démonstration.

Pour tout réel \(a\) et pour \(h\neq0\), la formule d’addition donne \[\begin{align*} \frac{\sin(a+h)-\sin a}{h} &=\frac{\sin a\cos h+\cos a\sin h-\sin a}{h}\\ &=\frac{\sin a(\cos h-1)+\cos a\sin h}{h}\\ &=\sin a\frac{\cos h-1}{h} +\cos a\frac{\sin h}{h}. \end{align*}\] Les deux limites établies précédemment donnent \[\lim_{h\to0}\frac{\sin(a+h)-\sin a}{h} =\sin a\times0+\cos a\times1=\cos a.\] Le sinus est donc dérivable en tout réel \(a\) et \(\sin'(a)=\cos a\).

Pour le cosinus, on procède de la même façon, en conservant le signe moins : \[\begin{align*} \frac{\cos(a+h)-\cos a}{h} &=\frac{\cos a\cos h-\sin a\sin h-\cos a}{h}\\ &=\frac{\cos a(\cos h-1)-\sin a\sin h}{h}\\ &=\cos a\frac{\cos h-1}{h} -\sin a\frac{\sin h}{h} \longrightarrow-\sin a. \end{align*}\] Le cosinus est donc dérivable en tout réel \(a\) et \(\cos'(a)=-\sin a\).

Corollaire — Continuité sur tout \(\mathbb{R}\)

Les fonctions sinus et cosinus sont continues en tout réel, puisqu’elles y sont dérivables. La continuité en \(0\) utilisée dans les preuves précédentes avait été établie séparément par les encadrements : elle ne dépendait pas de ce corollaire.

Exemple 5.5 — Une limite où le carré change tout

Pour \(x\ne0\), la duplication donne \[\begin{align*} \frac{1-\cos x}{x^2} &=\frac{2\sin^2(x/2)}{x^2}\\ &=\frac12\left(\frac{\sin(x/2)}{x/2}\right)^2. \end{align*}\] Lorsque \(x\to0\), l’argument \(x/2\) tend vers \(0\), donc \[\boxed{\lim_{x\to0}\frac{1-\cos x}{x^2}=\frac12.}\] On ne peut pas déduire cette limite de la seule limite \(\frac{1-\cos x}{x}\to0\) en divisant encore par un nombre qui tend vers \(0\). C’est la transformation exacte qui rend le calcul possible.

À toi 5.3 — Pourquoi faut-il des radians ?

On définit \(F(t)=\sin(\pi t/180)\) : le nombre \(t\) représente une mesure en degrés. À partir du quotient fondamental, calculer \(\lim_{t\to0}F(t)/t\). Est-ce la valeur \(1\) ?

Correction expliquée et contrôle.

Pour \(t\ne0\), poser \(h=\frac{\pi t}{180}\). Alors \(h\to0\) et \[\frac{F(t)}t =\frac{\pi}{180}\, \frac{\sin(\pi t/180)}{\pi t/180} \longrightarrow\frac{\pi}{180}.\] La limite vaut \(\frac{\pi}{180}\), pas \(1\). Changer l’unité de l’entrée change le facteur d’échelle. Les formules usuelles de dérivation du sinus et du cosinus supposent donc une entrée exprimée en radians.

7. S’entraîner à utiliser et à justifier

À toi 5.4 — Guidé — Reconstruire un taux d’accroissement

Pour \(a\) fixé et \(h\ne0\), partir de \(\sin(a+h)=\sin a\cos h+\cos a\sin h\). Soustraire \(\sin a\), regrouper les deux termes contenant \(\sin a\), puis diviser par \(h\). Compléter les deux quotients dont les limites ont déjà été établies. Pourquoi \(a\) n’a-t-il pas à tendre vers \(0\) ?

Correction expliquée et contrôle.

La soustraction donne \(\sin(a+h)-\sin a=\sin a(\cos h-1)+\cos a\sin h\). La division par \(h\ne0\) donne \(\sin a\frac{\cos h-1}{h}+\cos a\frac{\sin h}{h}\). Les quotients tendent respectivement vers \(0\) et \(1\) ; les coefficients sont fixes, donc la limite est \(\sin a\times0+\cos a\times1=\cos a\). C’est \(h\), l’accroissement de l’entrée, qui tend vers \(0\), non le point \(a\) où l’on cherche la dérivée. Les gendarmes ont déjà justifié les limites employées.

À toi 5.5 — Essai autonome — Trois limites, trois justifications

Calculer les limites suivantes en faisant apparaître un quotient fondamental ou un encadrement. Indiquer dans chaque cas pourquoi l’expression est définie pour \(x\) non nul suffisamment proche de \(0\). \(\displaystyle \text{a) }\lim_{x\to0}\frac{\sin(7x)}{2x},\)\(\displaystyle \text{b) }\lim_{x\to0}\frac{\sin(3x)}{\sin(2x)},\)\(\displaystyle \text{c) }\lim_{x\to0}\frac{1-\cos x}{x}.\)

Correction expliquée et contrôle.

a) Le dénominateur \(2x\) est non nul si \(x\neq0\). On écrit \[\frac{\sin(7x)}{2x} =\frac72\frac{\sin(7x)}{7x}\longrightarrow\frac72.\] Le changement de variable est \(h=7x\), qui tend vers \(0\) avec \(x\).

b) Pour \(0<|x|<\frac{\pi}{4}\), on a \(0<|2x|<\frac{\pi}{2}\) et \(\sin(2x)\neq0\). Alors \[\frac{\sin(3x)}{\sin(2x)} =\frac32\, \frac{\dfrac{\sin(3x)}{3x}}{\dfrac{\sin(2x)}{2x}}.\] Le quotient supérieur et le quotient inférieur tendent tous deux vers \(1\). La limite du dénominateur étant non nulle, la limite cherchée vaut \(\frac32\). On n’a pas remplacé séparément les deux sinus par \(0\).

c) Pour \(x\neq0\), le quotient est l’opposé de \(\frac{\cos x-1}{x}\). Sa limite vaut donc \(0\). On pouvait aussi écrire \[\left|\frac{1-\cos x}{x}\right|\leq\frac{|x|}{2}\] pour \(x\) suffisamment proche de \(0\), puis appliquer les gendarmes.

À toi 5.6 — Justifier — Où intervient chaque hypothèse ?

Un élève écrit : « Puisque \(\sin h\leq h\leq\frac{\sin h}{\cos h}\), on a toujours \(\cos h\leq\frac{\sin h}{h}\leq1\). » Préciser le domaine où son calcul est justifié, expliquer les deux opérations sur les inégalités, puis établir la limite à gauche de \(0\) sans diviser une inégalité par un nombre négatif.

Correction expliquée et contrôle.

Le raisonnement géométrique initial suppose \(0<h<\frac{\pi}{2}\). Diviser \(\sin h\leq h\) par \(h>0\) donne \(\frac{\sin h}{h}\leq1\). Multiplier \(h\leq\frac{\sin h}{\cos h}\) par \(\cos h>0\), puis diviser par \(h>0\), donne \(\cos h\leq\frac{\sin h}{h}\). Les sens sont conservés précisément parce que ces facteurs sont positifs. Pour \(h<0\), on pose \(t=-h\) et on utilise \(\frac{\sin h}{h}=\frac{\sin t}{t}\). Quand \(h\to0^-\), \(t\to0^+\), donc la limite à gauche vaut \(1\).

À toi 5.7 — Réparation — Ne pas confondre limite et valeur

Une copie affirme : « \(\sin0=0\), donc \(\lim_{x\to0}\frac{\sin(4x)}{x}=0\). »

  1. Identifier le problème dans cette justification.

  2. Refaire d’abord le cas simple \(\frac{\sin x}{x}\).

  3. Nouvel essai : calculer \(\lim_{x\to0}\frac{\sin(-2x)}{5x}\).

  4. Revenir à la copie et donner une correction complète.

Correction expliquée et contrôle.

La règle de limite d’un quotient ne permet pas de conclure lorsque le dénominateur tend vers \(0\). Ici, le numérateur tend aussi vers \(0\) : cette seule information ne détermine pas la limite.

Le rappel utile est \(\lim_{h\to0}\frac{\sin h}{h}=1\), démontré par les aires et les gendarmes ; le cas simple a donc pour réponse \(1\), pas \(0\). Pour le nouvel essai, si \(x\neq0\), \[\frac{\sin(-2x)}{5x} =-\frac25\frac{\sin(-2x)}{-2x}\longrightarrow-\frac25.\] Enfin, le retour à la copie donne \[\frac{\sin(4x)}{x}=4\frac{\sin(4x)}{4x}\longrightarrow4.\] Dans les deux applications, l’angle intérieur tend vers \(0\) et le quotient fondamental a exactement le même angle au numérateur et au dénominateur.

Je sais faire seul si… Je sais nommer l’outil géométrique utilisé pour les additions ; je sais expliquer le facteur \(\frac12\) dans les trois aires ; je traite les deux côtés de \(0\) ; je réécris un quotient avant de prendre sa limite ; dans un taux d’accroissement, je sépare le réel fixé \(a\) de l’accroissement \(h\).

À reprendre plus tard, avant de relire

À refaire après une pause, sans relire les preuves : calculer \(\lim_{x\to0}\frac{\sin(5x)}{3x}\) et \(\lim_{x\to0}\frac{\cos(2x)-1}{x}\) ; puis retrouver la dérivée du cosinus en un réel \(a\) à partir de sa formule d’addition. Vérifier ensuite avec le corrigé ci-dessous.

Correction expliquée et contrôle.

Pour \(x\neq0\), \(\displaystyle \frac{\sin(5x)}{3x}=\frac53\frac{\sin(5x)}{5x}\longrightarrow\frac53,\)\(\displaystyle \frac{\cos(2x)-1}{x}=2\frac{\cos(2x)-1}{2x}\longrightarrow0.\) Dans chaque quotient fondamental, l’angle intérieur tend vers \(0\). Pour retrouver la dérivée, on fixe \(a\) et on écrit, pour \(h\neq0\), \[\begin{align*} \frac{\cos(a+h)-\cos a}{h} &=\frac{\cos a\cos h-\sin a\sin h-\cos a}{h}\\ &=\cos a\frac{\cos h-1}{h}-\sin a\frac{\sin h}{h}. \end{align*}\] Le premier terme tend vers \(0\) et le second vers \(-\sin a\). Le taux d’accroissement possède donc une limite réelle : le cosinus est dérivable en \(a\) et sa dérivée vaut \(-\sin a\). Ni la continuité initiale ni les limites fondamentales n’ont été justifiées en utilisant cette dérivée.

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6. Dériver : lire la structure avant de calculer

Cap — Deux signes à suivre, une structure à reconnaître

Une expression trigonométrique peut être une composée, un carré, un produit ou un quotient. On commence par reconnaître cette structure. On calcule ensuite la dérivée, en écrivant les facteurs intermédiaires et les conditions de définition. Les angles sont toujours exprimés en radians.

1. Les résultats disponibles et leurs conditions

Les démonstrations par taux d’accroissement de l’unité précédente établissent le résultat suivant, rappelé ici pour pouvoir travailler sans revenir en arrière : \(\displaystyle \text{sur }\mathbb{R},\)\(\displaystyle (\sin x)'=\cos x,\)\(\displaystyle (\cos x)'=-\sin x.\) Le sinus et le cosinus sont donc aussi continus sur \(\mathbb{R}\), puisqu’une fonction dérivable est continue. On rappelle les règles générales de dérivation, résultats antérieurs d’analyse, que l’on va appliquer à ces deux fonctions.

Outils antérieurs rappelés — Somme, produit, quotient, chaîne

Soit \(I\) un intervalle ouvert de \(\mathbb{R}\), et soient \(u,v\) dérivables sur \(I\). Pour un réel constant \(k\), \(\displaystyle (u+v)'=u'+v',\)\(\displaystyle (ku)'=ku',\)\(\displaystyle (uv)'=u'v+uv'.\) Si, en plus, \(v(x)\neq0\) pour tout \(x\in I\), alors \[\left(\frac uv\right)'=\frac{u'v-uv'}{v^2}\quad\text{sur }I.\] Si \(u\) est dérivable sur \(I\), si \(u(I)\) est contenu dans un intervalle \(J\) et si \(F\) est dérivable sur \(J\), alors \[(F\circ u)'(x)=F'(u(x))\,u'(x)\quad(x\in I).\] Cette dernière règle est la règle de la chaîne. Elle se lit : dériver la fonction extérieure, conserver son argument, puis multiplier par la dérivée de la fonction intérieure.

Le sinus et le cosinus sont dérivables pour tout argument réel. Pour les composées qui suivent, il suffit donc que la fonction intérieure \(u\) soit définie et dérivable sur l’intervalle étudié.

Corollaire — Sinus et cosinus d’une fonction

Si \(u\) est dérivable sur un intervalle ouvert \(I\), alors, sur \(I\), \(\displaystyle \boxed{(\sin u)'=u'\cos u},\)\(\displaystyle \boxed{(\cos u)'=-u'\sin u}.\) Pour une fonction affine \(u(x)=ax+b\), avec \(a,b\in\mathbb{R}\), \(\displaystyle \boxed{(\sin(ax+b))'=a\cos(ax+b)},\)\(\displaystyle \boxed{(\cos(ax+b))'=-a\sin(ax+b)}.\) Ces deux dernières fonctions sont définies et dérivables sur \(\mathbb{R}\).

Démonstration.

Pour \(F(t)=\sin t\), le théorème de la chaîne donne \(F'(u(x))u'(x)=\cos(u(x))u'(x)\). Pour \(F(t)=\cos t\), il donne \(F'(u(x))u'(x)=-\sin(u(x))u'(x)\). Les deux fonctions extérieures sont dérivables sur \(\mathbb{R}\), donc toute valeur réelle prise par \(u\) est autorisée. Enfin, si \(u(x)=ax+b\), on a \(u'(x)=a\). Le cas \(a=0\) est inclus : la composée est constante et sa dérivée est nulle.

Proposition — Puissances entières des sinus et cosinus

Si \(u\) est dérivable sur un intervalle ouvert \(I\) et si \(n\) est un entier tel que \(n\geq2\), alors, sur \(I\), \[\bigl((\sin u)^n\bigr)' =n\,u'(\sin u)^{n-1}\cos u,\] \[\bigl((\cos u)^n\bigr)' =-n\,u'(\cos u)^{n-1}\sin u.\] Pour \(n=1\), on retrouve directement les deux formules du corollaire précédent.

Démonstration.

La fonction extérieure \(t\mapsto t^n\) a pour dérivée \(nt^{n-1}\). Appliquée à \(v=\sin u\), la chaîne donne \(n(\sin u)^{n-1}(\sin u)'\) ; on remplace \((\sin u)'\) par \(u'\cos u\). Pour \(v=\cos u\), on remplace \((\cos u)'\) par \(-u'\sin u\). Les facteurs sont tous conservés, quel que soit le signe de \(\sin u\) ou de \(\cos u\).

Avant de poursuivre. Pour \(u(x)=-2x+1\), donner \(u'(x)\), puis le signe du facteur \(-u'(x)\). Correction : la dérivée de \(-2x\) est \(-2\), celle de \(1\) est \(0\), donc \(u'=-2\) et \(-u'=2\). Si les signes bloquent, écrire \(-(-2)=2\) avant de revenir à la règle. Dans la dérivée d’un cosinus composé, le signe « moins » extérieur et le signe éventuel de \(u'\) sont deux informations distinctes. Les écrire séparément évite de perdre un signe.

2. Une méthode pour les composées

Pour dériver une composée, on peut garder quatre lignes de travail : \(\displaystyle \text{argument }u(x),\)\(\displaystyle u'(x),\)\(\displaystyle F'(u(x))\,u'(x),\)\(\displaystyle \text{expression simplifiée}.\) Cette trace est particulièrement utile tant que les signes ne sont pas sûrs.

Exemple 6.1 — Un cosinus avec un argument décroissant

Soit \(f(x)=\cos(-50x+70)\). La fonction est dérivable sur \(\mathbb{R}\). La fonction intérieure est \(u(x)=-50x+70\), donc \(u'(x)=-50\). Pour la fonction extérieure \(F(t)=\cos t\), on a \(F'(t)=-\sin t\). La chaîne donne alors \[\begin{align*} f'(x)&=\bigl[-\sin(-50x+70)\bigr]\times(-50)\\ &=\boxed{50\sin(-50x+70)}. \end{align*}\] Le \(70\) reste à l’intérieur de l’argument ; sa dérivée est nulle dans le calcul de \(u'\). Les deux signes moins se compensent. Le nombre \(70\) représente ici une mesure en radians, et non \(70\) degrés.

Exemple 6.2 — Un argument non affine

Soit \(g(x)=\sin(3x^2-1)\), définie sur \(\mathbb{R}\). Comme \(u(x)=3x^2-1\) est un polynôme, il est dérivable sur \(\mathbb{R}\) et \(u'(x)=6x\). Donc \[g'(x)=\cos(3x^2-1)\times6x =\boxed{6x\cos(3x^2-1)}.\] Le facteur \(6x\) ne remplace pas l’argument \(3x^2-1\) : il le multiplie à l’extérieur du cosinus.

À toi 6.1 — Essai guidé — Faire apparaître les deux étages

Compléter les étapes sans simplifier trop tôt.

  1. \(p(x)=\sin(4x-3)\) : \(u(x)=\ldots\), \(u'(x)=\ldots\), donc \(p'(x)=\cos(\ldots)\times\ldots\).

  2. \(q(x)=\cos(-2x+1)\) : \(u(x)=\ldots\), \(u'(x)=\ldots\), donc \(q'(x)=[-\sin(\ldots)]\times\ldots\).

  3. \(r(x)=\cos(x^2+2)\) : préciser le domaine de dérivabilité, puis écrire et simplifier \(r'(x)\).

Correction expliquée et contrôle.

Toutes les fonctions intérieures sont des polynômes, donc dérivables sur \(\mathbb{R}\), et la fonction extérieure est dérivable sur \(\mathbb{R}\).

  1. \(u(x)=4x-3\), \(u'(x)=4\) et \(p'(x)=\cos(4x-3)\times4=4\cos(4x-3)\).

  2. \(u(x)=-2x+1\), \(u'(x)=-2\) et \(q'(x)=[-\sin(-2x+1)]\times(-2)=2\sin(-2x+1)\).

  3. \(u(x)=x^2+2\), \(u'(x)=2x\). Ainsi, pour tout réel \(x\), \(r'(x)=[-\sin(x^2+2)]\times2x=-2x\sin(x^2+2)\).

Les arguments sont inchangés dans les sinus et les cosinus obtenus.

Exemple 6.3 — Composer deux fonctions trigonométriques

Soit \(F(x)=\cos(\sin(2x))\). La construction suit trois étapes : \[x\longmapsto 2x\longmapsto\sin(2x)\longmapsto\cos(\sin(2x)).\] Toutes ces fonctions sont dérivables sur \(\mathbb{R}\). Posons \(u(x)=\sin(2x)\). On a \(u'(x)=2\cos(2x)\). Alors \[\begin{align*} F'(x)&=-\sin(u(x))\,u'(x)\\ &=-\sin(\sin(2x))\,2\cos(2x)\\ &=\boxed{-2\cos(2x)\sin(\sin(2x))}. \end{align*}\] Il y a bien deux occurrences du sinus : le sinus intérieur vient de la fonction \(u\), le sinus extérieur vient de la dérivée du cosinus. Le contrôle \(F'(0)=0\) est cohérent : \(F\) est paire, car \(\sin(-2x)=-\sin(2x)\) et le cosinus extérieur efface ce signe.

Exemple 6.4 — Une composée avec une valeur interdite

Pour \(G(x)=\sin(1/x)\), la condition est \(x\ne0\). Sur chacun des intervalles \(]-\infty;0[\) et \(]0;+\infty[\), \(u(x)=1/x\) est dérivable et \(u'(x)=-1/x^2\). Donc \[\boxed{G'(x)=-\frac1{x^2}\cos\left(\frac1x\right)\quad(x\ne0).}\] La formule ne définit pas une dérivée en \(0\), puisque \(G\) n’y est pas définie. Le sinus ne supprime pas la division par zéro présente dans son argument.

3. Ne pas confondre le carré d’un sinus et le sinus d’un carré

L’écriture \(\sin^2x\) signifie \((\sin x)^2\). Elle ne signifie pas \(\sin(x^2)\). Dans le premier cas, on prend un sinus, puis on élève le résultat au carré. Dans le second, on élève \(x\) au carré, puis on prend le sinus.

Exemple 6.5 — Deux expressions, deux fonctions extérieures

Soient \(f(x)=\sin^2x\) et \(g(x)=\sin(x^2)\), définies sur \(\mathbb{R}\).

Pour \(f\), la fonction intérieure est \(u(x)=\sin x\), et l’extérieure est \(F(t)=t^2\). Donc \(u'(x)=\cos x\) et \(F'(t)=2t\), d’où \[f'(x)=2\sin x\times\cos x =\boxed{2\sin x\cos x}.\] On peut aussi écrire \(f'(x)=\sin(2x)\) grâce à la duplication.

Pour \(g\), l’intérieure est \(v(x)=x^2\) et l’extérieure est le sinus. Donc \(v'(x)=2x\) et \[g'(x)=\cos(x^2)\times2x =\boxed{2x\cos(x^2)}.\] Les deux démarches respectent la même règle de la chaîne, mais les étages ne sont pas dans le même ordre.

Exemple 6.6 — Trois étages et un signe à conserver

Pour \(H(x)=\cos^2(3x-1)\), l’argument affine, le cosinus et le carré forment trois étages. Tous sont dérivables sur \(\mathbb{R}\). On peut poser \(v(x)=\cos(3x-1)\), puis \(H=v^2\) : \[v'(x)=-3\sin(3x-1),\] \[H'(x)=2v(x)v'(x) =\boxed{-6\cos(3x-1)\sin(3x-1)}.\] Le \(2\) vient du carré, le \(-\) du cosinus et le \(3\) de l’argument affine.

À toi 6.2 — Essai autonome — Lire les parenthèses

Dériver sur \(\mathbb{R}\), en indiquant la fonction extérieure de chaque expression : \(\displaystyle A(x)=\sin^2(2x),\)\(\displaystyle B(x)=\sin(2x^2),\)\(\displaystyle C(x)=\cos^2x,\)\(\displaystyle D(x)=\cos(x^2).\)

Correction expliquée et contrôle.

Pour \(A\), l’extérieure est le carré. D’abord \((\sin(2x))'=2\cos(2x)\), puis \[A'(x)=2\sin(2x)\times2\cos(2x) =4\sin(2x)\cos(2x).\] Pour \(B\), l’extérieure est le sinus, et \((2x^2)'=4x\), donc \(B'(x)=4x\cos(2x^2)\). Pour \(C\), l’extérieure est le carré et \((\cos x)'=-\sin x\), donc \(C'(x)=-2\cos x\sin x\). Pour \(D\), l’extérieure est le cosinus et \((x^2)'=2x\), donc \(D'(x)=-2x\sin(x^2)\). Les arguments et les facteurs extérieurs ne sont pas interchangeables.

Exemple 6.7 — Contrôler une dérivée par une autre écriture exacte

On a vu que \((\sin^2x)'=2\sin x\cos x\). Or l’identité de duplication donne \[\sin^2x=\frac{1-\cos(2x)}2.\] En dérivant cette écriture, on obtient \[\left(\frac{1-\cos(2x)}2\right)' =\frac{0-[-2\sin(2x)]}{2}=\sin(2x).\] C’est bien le même résultat, car \(\sin(2x)=2\sin x\cos x\). Ce contrôle est plus fort qu’une seule valeur numérique : les deux expressions sont égales pour tout \(x\). Il faut cependant avoir une identité démontrée au départ.

4. Produits : dériver chaque facteur à son tour

Exemple 6.8 — Pourquoi la dérivée de \(x\sin x\) n’est pas \(\cos x\)

La fonction \(f(x)=x\sin x\) est le produit des fonctions \(u(x)=x\) et \(v(x)=\sin x\), toutes deux dérivables sur \(\mathbb{R}\). Avec \(u'(x)=1\) et \(v'(x)=\cos x\), la règle du produit donne \[f'(x)=1\times\sin x+x\times\cos x =\boxed{\sin x+x\cos x}.\] La dérivée d’un produit n’est pas le produit des dérivées. Le premier terme correspond à la variation du facteur \(x\) ; le second à celle du facteur \(\sin x\).

À toi 6.3 — Nouvel essai — Produit et composée

Dériver \(P(x)=x\cos(2x)\) sur \(\mathbb{R}\). Faire apparaître les deux termes de la règle du produit, puis le facteur issu de la chaîne.

Correction expliquée et contrôle.

On pose \(u(x)=x\), donc \(u'(x)=1\), et \(v(x)=\cos(2x)\), donc \(v'(x)=-2\sin(2x)\). Toutes ces fonctions sont dérivables sur \(\mathbb{R}\). Ainsi, \[P'(x)=1\times\cos(2x)+x\times[-2\sin(2x)] =\boxed{\cos(2x)-2x\sin(2x)}.\] Le signe moins vient du cosinus ; le \(2\) vient de son argument.

5. Quotients : vérifier le dénominateur avant de dériver

Exemple 6.9 — Un dénominateur qui ne s’annule jamais

Soit \[Q(x)=\frac{\sin x}{2+\cos x}.\] Pour tout réel \(x\), \(-1\leq\cos x\leq1\), donc \(1\leq2+\cos x\leq3\). Le dénominateur ne s’annule pas. Le numérateur et le dénominateur sont dérivables sur \(\mathbb{R}\) : \(Q\) est donc dérivable sur \(\mathbb{R}\).

Posons \(u(x)=\sin x\) et \(v(x)=2+\cos x\). Alors \(u'(x)=\cos x\) et \(v'(x)=-\sin x\). Il faut conserver les parenthèses autour de ce dernier terme : \[\begin{align*} Q'(x) &=\frac{\cos x(2+\cos x)-\sin x(-\sin x)}{(2+\cos x)^2}\\ &=\frac{2\cos x+\cos^2x+\sin^2x}{(2+\cos x)^2}\\ &=\boxed{\frac{2\cos x+1}{(2+\cos x)^2}}. \end{align*}\] Dans la simplification, on a utilisé \(\cos^2x+\sin^2x=1\), et non une nouvelle règle de dérivation.

Vigilance — Définition et dérivabilité sont deux questions

Une expression contenant \(\frac{u(x)}{v(x)}\) n’est définie que lorsque \(v(x)\neq0\). Si \(u\) et \(v\) sont dérivables, elle est dérivable sur chaque intervalle ouvert où cette condition est vérifiée. On ne donne pas une valeur de dérivée à un point où la fonction elle-même n’est pas définie.

Les zéros du sinus sont les \(k\pi\), avec \(k\in\mathbb{Z}\). Les zéros du cosinus sont les \(\frac{\pi}{2}+k\pi\), avec \(k\in\mathbb{Z}\). Ces lectures du cercle permettent de préciser les domaines dans les deux essais suivants.

À toi 6.4 — Quotient à trous — Ne perdre ni le signe ni le carré

Soit \[R(x)=\frac{\sin x}{\cos x}.\]

  1. Compléter le domaine : \(x\neq\ldots\), pour tout \(k\in\mathbb{Z}\).

  2. Pour \(u(x)=\sin x\) et \(v(x)=\cos x\), compléter \(u'(x)=\ldots\), \(v'(x)=\ldots\).

  3. Sur chaque intervalle ouvert du domaine, compléter \[R'(x)=\frac{(\ldots)\cos x-\sin x(\ldots)}{\ldots} =\frac{\cos^2x+\ldots}{\cos^2x}=\ldots.\]

Cet exercice est un entraînement à la règle du quotient ; il n’introduit pas une nouvelle fonction à étudier.

Correction expliquée et contrôle.

Le domaine est \[\mathcal D=\mathbb{R}\setminus \left\{\frac{\pi}{2}+k\pi\,;\ k\in\mathbb{Z}\right\}.\] Sur chaque intervalle ouvert contenu dans \(\mathcal D\), le numérateur et le dénominateur sont dérivables et le dénominateur est non nul. Avec \(u'=\cos x\) et \(v'=-\sin x\), on obtient \[\begin{align*} R'(x)&=\frac{(\cos x)\cos x-\sin x(-\sin x)}{\cos^2x}\\ &=\frac{\cos^2x+\sin^2x}{\cos^2x} =\boxed{\frac1{\cos^2x}}. \end{align*}\] Le deuxième terme du numérateur est positif parce que l’on soustrait un produit contenant déjà un signe moins. La formule n’autorise aucune valeur aux points exclus du domaine.

À toi 6.5 — Quotient autonome — Du domaine à la simplification

Soit \[S(x)=\frac{\cos x+5}{2\sin x}.\] Déterminer son domaine, justifier sa dérivabilité sur chaque intervalle ouvert de ce domaine, puis calculer sa dérivée. Simplifier le numérateur avec \(\sin^2x+\cos^2x=1\).

Correction expliquée et contrôle.

Il faut \(2\sin x\neq0\), soit \(x\neq k\pi\) pour tout \(k\in\mathbb{Z}\). Ainsi \(\mathcal D=\mathbb{R}\setminus\{k\pi\,;\ k\in\mathbb{Z}\}\). Sur chacun des intervalles \(]k\pi,(k+1)\pi[\), le quotient de deux fonctions dérivables à dénominateur non nul est dérivable. On pose \(u=\cos x+5\), \(u'=-\sin x\), \(v=2\sin x\), \(v'=2\cos x\). Alors \[\begin{align*} S'(x) &=\frac{(-\sin x)(2\sin x)-(\cos x+5)(2\cos x)}{(2\sin x)^2}\\ &=\frac{-2\sin^2x-2\cos^2x-10\cos x}{4\sin^2x}\\ &=\frac{-2-10\cos x}{4\sin^2x} =\boxed{-\frac{1+5\cos x}{2\sin^2x}}. \end{align*}\] La simplification n’enlève pas les points exclus : les calculs sont valables uniquement pour \(x\in\mathcal D\).

À toi 6.6 — Réparer — Le dénominateur disparaît-il en dérivant ?

Une copie donne, pour \(J(x)=\frac1{2+\sin x}\), \[\text{« }J'(x)=-\cos x\text{ ».}\]

  1. Montrer d’abord que \(J\) est définie sur \(\mathbb{R}\).

  2. Retrouver la dérivée de \(1/x\) par la règle du quotient, pour \(x\ne0\).

  3. Corriger \(J'\) en écrivant les quatre éléments \(u,u',v,v'\).

  4. Nouvel essai : dériver \(K(x)=\frac1{3+\cos(2x)}\).

Correction expliquée et contrôle.

1. Puisque \(-1\leq\sin x\leq1\), on a \(1\leq2+\sin x\leq3\) : le dénominateur est toujours strictement positif.

2. Pour \(u=1\), \(u'=0\), \(v=x\) et \(v'=1\), la règle donne \[\left(\frac1x\right)'=\frac{0\times x-1\times1}{x^2} =-\frac1{x^2}.\] Le carré du dénominateur est indispensable.

3. Ici \(u=1\), \(u'=0\), \(v=2+\sin x\), \(v'=\cos x\). Ainsi \[J'(x)=\frac{0(2+\sin x)-1\cos x}{(2+\sin x)^2} =\boxed{-\frac{\cos x}{(2+\sin x)^2}}.\]

4. Comme \(3+\cos(2x)\geq2>0\), \(K\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\). La dérivée du dénominateur est \(-2\sin(2x)\). D’où \[K'(x)=\frac{0-[1\times(-2\sin(2x))]}{(3+\cos(2x))^2} =\boxed{\frac{2\sin(2x)}{(3+\cos(2x))^2}}.\] Le signe \(+\) devant le quotient provient du produit des deux signes moins. La dérivée elle-même a le signe de \(\sin(2x)\) et n’est donc pas toujours positive.

6. Justifier un calcul, puis réparer une erreur

À toi 6.7 — Justification — Quelles règles, dans quel ordre ?

On considère \(F(x)=x\sin(3x-2)\) et \(G(x)=\frac{\cos x}{2+\cos x}\). Avant tout calcul, préciser leur domaine et les règles nécessaires. Calculer ensuite leurs dérivées et justifier chaque facteur non constant.

Correction expliquée et contrôle.

\(F\) est définie sur \(\mathbb{R}\). C’est un produit : on utilisera la règle du produit, puis la chaîne pour dériver son deuxième facteur. Les deux facteurs étant dérivables sur \(\mathbb{R}\), \[F'(x)=1\times\sin(3x-2) +x\times3\cos(3x-2) =\sin(3x-2)+3x\cos(3x-2).\] Le \(3\) est la dérivée de \(3x-2\) ; le \(x\) restant vient du terme \(uv'\).

\(G\) est définie sur \(\mathbb{R}\), car \(2+\cos x\geq1\). Le quotient est donc dérivable sur \(\mathbb{R}\). Avec \(u=\cos x\) et \(v=2+\cos x\), on a \(u'=v'=-\sin x\) : \[\begin{align*} G'(x)&=\frac{(-\sin x)(2+\cos x)-\cos x(-\sin x)}{(2+\cos x)^2}\\ &=\frac{-2\sin x-\sin x\cos x+\cos x\sin x}{(2+\cos x)^2}\\ &=-\frac{2\sin x}{(2+\cos x)^2}. \end{align*}\] Les deux termes mélangés s’annulent seulement après avoir écrit correctement le numérateur du quotient.

À toi 6.8 — Réparation — Du diagnostic au retour à la copie

Une copie propose : \[\text{« Si }f(x)=\cos(-3x+4),\quad f'(x)=-\sin(-3x+4).\text{ »}\]

  1. Quel facteur a été oublié ? Rappeler la règle pertinente.

  2. Cas simple : dériver \(g(x)=\cos(2x)\) en gardant les deux étages.

  3. Nouvel essai : dériver \(h(x)=\cos(-5x+1)\).

  4. Revenir à la copie initiale et expliquer le signe final.

Correction expliquée et contrôle.

Le facteur oublié est la dérivée de l’argument \(u(x)=-3x+4\). La règle pertinente est \((\cos u)'=-u'\sin u\) : la dérivée extérieure seule ne suffit pas. Dans le cas simple, \(u(x)=2x\) et \(u'=2\), donc \[g'(x)=[-\sin(2x)]\times2=-2\sin(2x).\] Pour le nouvel essai, \(u(x)=-5x+1\) et \(u'=-5\), donc \[h'(x)=[-\sin(-5x+1)]\times(-5)=5\sin(-5x+1).\] Enfin, dans la copie initiale, \[f'(x)=[-\sin(-3x+4)]\times(-3)=3\sin(-3x+4).\] Le signe positif vient du produit des deux signes moins. Toutes les fonctions intérieures sont affines et le cosinus est dérivable sur \(\mathbb{R}\) : les trois résultats sont valables pour tout réel \(x\).

À toi 6.9 — Réparation complémentaire — Le produit des dérivées ?

Un élève écrit \((x\sin x)'=1\times\cos x=\cos x\). Rappeler la règle, vérifier d’abord \((x\times x)'\), puis dériver \(K(x)=x\sin(2x)\) avant de revenir à l’erreur initiale.

Correction expliquée et contrôle.

La règle est \((uv)'=u'v+uv'\), et non \((uv)'=u'v'\). Pour le cas simple \(x\times x\), elle donne \(1\times x+x\times1=2x\), ce qui retrouve la dérivée de \(x^2\). Le produit des dérivées donnerait \(1\), donc une réponse fausse. Pour le nouvel essai, \(u=x\), \(u'=1\), \(v=\sin(2x)\) et \(v'=2\cos(2x)\) : \[K'(x)=\sin(2x)+2x\cos(2x).\] Au retour à l’erreur initiale, \(v'=\cos x\) et la réponse corrigée est \(\sin x+x\cos x\). Les trois produits sont dérivables sur \(\mathbb{R}\).

Je sais faire seul si… Avant de dériver, je donne le domaine ; je reconnais l’opération extérieure ; pour une composée, j’écris l’argument et sa dérivée ; pour un cosinus, je garde le signe moins extérieur ; pour un produit, je garde deux termes ; pour un quotient, je vérifie le dénominateur et je l’élève au carré. Je ne simplifie qu’après avoir écrit une formule correcte.

Un contrôle supplémentaire : la symétrie de la dérivée

Proposition — Dériver une symétrie

Si \(f\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\), alors :

  • si \(f\) est paire, sa dérivée est impaire ;

  • si \(f\) est impaire, sa dérivée est paire.

Ce résultat donne un contrôle de cohérence, mais ne suffit pas à déterminer une dérivée.

Démonstration.

Si \(f(-x)=f(x)\) pour tout \(x\), on dérive les deux membres. La chaîne à gauche donne \(-f'(-x)=f'(x)\), donc \(f'(-x)=-f'(x)\). Si \(f(-x)=-f(x)\), on obtient \(-f'(-x)=-f'(x)\), donc \(f'(-x)=f'(x)\).

Ainsi, la dérivée du cosinus, qui est pair, doit être impaire : \(-\sin x\) l’est. La dérivée du sinus, qui est impair, doit être paire : \(\cos x\) l’est. Pour \(\sin^2x\), fonction paire, la formule \(2\sin x\cos x\) est bien impaire.

Attention : ce contrôle ne distingue pas \(\sin x\) de \(-\sin x\), qui sont toutes deux impaires. Il complète le calcul, il ne remplace pas le suivi des signes.

7. Reprise différée : mélanger les structures

À reprendre plus tard, avant de relire

Après une pause, sans relire les exemples, dériver les quatre fonctions suivantes. Préciser les domaines et écrire au moins une ligne intermédiaire par fonction : \(a(x)=\sin(-4x+3)\), \(b(x)=\sin^2(3x)\), \(c(x)=x\cos(5x)\) et \(d(x)=\frac{\sin x}{3+\cos x}\). Expliquer ensuite pourquoi \(\sin^2(3x)\) ne se dérive pas comme \(\sin(3x^2)\).

Correction expliquée et contrôle.

Première fonction. L’intérieure \(u(x)=-4x+3\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\) et \(u'=-4\). La chaîne donne, sur \(\mathbb{R}\), \[a'(x)=\cos(-4x+3)\times(-4)=-4\cos(-4x+3).\] Il n’y a pas de signe moins supplémentaire venant du sinus.

Deuxième fonction. Il s’agit du carré de \(v(x)=\sin(3x)\), et non d’un sinus dont l’argument serait un carré. On a \(v'(x)=3\cos(3x)\) sur \(\mathbb{R}\), puis \[b'(x)=2\sin(3x)\times3\cos(3x) =6\sin(3x)\cos(3x).\]

Troisième fonction. C’est un produit de deux fonctions dérivables sur \(\mathbb{R}\) ; la dérivée du deuxième facteur est \(-5\sin(5x)\). Donc \[c'(x)=1\times\cos(5x)+x\times[-5\sin(5x)] =\cos(5x)-5x\sin(5x).\]

Quatrième fonction. Comme \(3+\cos x\geq2>0\) pour tout réel \(x\), \(d\) est définie et dérivable sur \(\mathbb{R}\). La règle du quotient donne \[\begin{align*} d'(x)&=\frac{\cos x(3+\cos x)-\sin x(-\sin x)}{(3+\cos x)^2}\\ &=\frac{3\cos x+\cos^2x+\sin^2x}{(3+\cos x)^2} =\frac{3\cos x+1}{(3+\cos x)^2}. \end{align*}\]

Enfin, pour \(e(x)=\sin(3x^2)\), la fonction extérieure est le sinus et l’intérieure \(3x^2\) a pour dérivée \(6x\). On obtient \[e'(x)=6x\cos(3x^2),\] ce qui diffère de \(b'\). Les parenthèses précisent l’ordre des opérations ; elles déterminent donc aussi l’ordre des règles de dérivation.

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7. Variations, extrema, tangentes et courbes de référence

Objectif — Passer de la dérivée à une représentation justifiée

Dans cette unité, on construit les courbes du sinus et du cosinus à partir de leurs dérivées. On apprend à distinguer une valeur, une variation et une pente, puis à reconnaître les maxima et les minima. Les angles sont exprimés en radians.

1. Les outils nécessaires, rappelés localement

Les deux fonctions sont définies sur \(\mathbb{R}\). Les coordonnées du cercle unité donnent \(\displaystyle -1\leq\sin x\leq1,\)\(\displaystyle -1\leq\cos x\leq1.\) Le cosinus est pair, le sinus impair et les deux fonctions sont \(2\pi\)-périodiques. Les dérivées démontrées par les taux d’accroissement sont \(\displaystyle (\cos)'(x)=-\sin x,\)\(\displaystyle (\sin)'(x)=\cos x.\) Sur le cercle, le sinus est l’ordonnée : il est positif au-dessus de l’axe horizontal. Le cosinus est l’abscisse : il est positif à droite de l’axe vertical. Ces signes ne se déduisent pas des variations que nous allons justement établir.

Théorème rappelé — Signe de la dérivée et monotonie

Soit \(f\) continue sur un intervalle \(I\) et dérivable à l’intérieur de \(I\). Si \(f'(x)\geq0\) à l’intérieur, \(f\) est croissante sur \(I\) ; si \(f'(x)\leq0\), elle est décroissante. Une dérivée strictement positive ou strictement négative à l’intérieur donne une variation stricte.

C’est un résultat du cours de dérivation, utilisé ici avec ses hypothèses. Une dérivée nulle en une borne ne retire pas cette borne du domaine.

Avant de poursuivre. Sur \(]0;\pi[\), le sinus est positif. Quel est alors le signe de la dérivée du cosinus ? Réponse : \(-\sin x<0\). Le signe moins inverse le signe du sinus : le cosinus décroît. Si ce geste bloque, remplacer provisoirement \(\sin x\) par un nombre positif, par exemple \(\frac12\) ; son opposé est négatif.

Définition — Maximum, minimum et extremum

Sur un ensemble \(I\), \(f\) admet un maximum en \(a\in I\) lorsque \[\text{pour tout }x\in I,\quad f(x)\leq f(a).\] Le nombre \(f(a)\) est la valeur maximale ; \(a\) est un point où elle est atteinte. Pour un minimum, on remplace \(\leq\) par \(\geq\).

Un extremum est un maximum ou un minimum. Un extremum local ne compare les valeurs que dans un voisinage du point ; un extremum global sur \(I\) les compare sur tout \(I\).

Dire « le maximum est \(\frac\pi2\) » pour le sinus confond donc une abscisse et une valeur. Sa valeur maximale est \(1\) ; elle est notamment atteinte en \(\frac\pi2\). Une borne supérieure ne devient un maximum que si elle est atteinte.

2. Étude complète du cosinus sur \([-\pi;\pi]\)

Posons \(f(x)=\cos x\). La fonction est dérivable sur \(\mathbb{R}\), donc continue sur l’intervalle fermé étudié. On a \(f'(x)=-\sin x\).

Étape 1 : déterminer les signes. Sur \(]-\pi;0[\), l’ordonnée du point du cercle est négative : \(\sin x<0\), donc \(f'(x)>0\). Sur \(]0;\pi[\), \(\sin x>0\), donc \(f'(x)<0\). La dérivée s’annule en \(-\pi\), \(0\) et \(\pi\).

Étape 2 : calculer les valeurs qui séparent les intervalles. \(\displaystyle f(-\pi)=-1,\)\(\displaystyle f(0)=1,\)\(\displaystyle f(\pi)=-1.\) Étape 3 : relier signes et valeurs. On obtient le tableau suivant. Les signes sont dans la ligne de \(f'\) ; les images sont dans une zone de variation distincte.

Lecture de la figure. De \(-\pi\) à \(0\), les images augmentent de \(-1\) à \(1\) ; de \(0\) à \(\pi\), elles diminuent de \(1\) à \(-1\). Le zéro écrit à l’abscisse \(0\) dans la deuxième ligne est une valeur de dérivée, pas une valeur de la fonction.

Propriété — Variations du cosinus

La fonction cosinus est strictement croissante sur \([-\pi;0]\) et strictement décroissante sur \([0;\pi]\). Sur cet intervalle, son maximum vaut \(1\), atteint en \(0\), et son minimum vaut \(-1\), atteint en \(-\pi\) et en \(\pi\).

Démonstration.

Les signes calculés et le théorème de monotonie donnent les deux variations strictes. Les trois valeurs exactes du tableau permettent ensuite de comparer toutes les images : les bornes \(-1\) et \(1\) sont effectivement atteintes.

3. Étude complète du sinus sur \([-\pi;\pi]\)

Posons \(g(x)=\sin x\). Sa dérivée est \(g'(x)=\cos x\). Le cosinus est négatif sur \(]-\pi;-\frac\pi2[\), positif sur \(]-\frac\pi2;\frac\pi2[\) et négatif sur \(]\frac\pi2;\pi[\). Il s’annule en \(-\frac\pi2\) et \(\frac\pi2\).

Les valeurs nécessaires sont \[g(-\pi)=0,\quad g\left(-\frac\pi2\right)=-1,\quad g\left(\frac\pi2\right)=1,\quad g(\pi)=0.\]

Lecture de la figure. Le sinus commence et termine à \(0\), mais il descend, monte puis redescend. Deux valeurs égales aux extrémités ne signifient donc pas que la fonction est constante entre elles.

Propriété — Variations du sinus

Le sinus est strictement décroissant sur \([-\pi;-\frac\pi2]\), strictement croissant sur \([-\frac\pi2;\frac\pi2]\), puis strictement décroissant sur \([\frac\pi2;\pi]\). Son minimum vaut \(-1\), atteint en \(-\frac\pi2\) ; son maximum vaut \(1\), atteint en \(\frac\pi2\).

Démonstration.

Sur chacun des trois intervalles ouverts, le signe strict de \(g'=\cos\) donne le sens de variation. La continuité permet d’inclure les bornes. Les valeurs exactes calculées fournissent les minima et maxima annoncés.

Exemple 7.1 — Comparer sans calculer de valeur approchée

Comparons \(\cos\frac\pi5\) et \(\cos\frac\pi3\). On a \(0<\frac\pi5<\frac\pi3<\pi\) et le cosinus est strictement décroissant sur \([0;\pi]\). L’ordre des images est donc inversé : \[\cos\frac\pi5>\cos\frac\pi3=\frac12.\] Pour le sinus, on ne peut pas utiliser cet argument sur tout \([0;\pi]\), car il change de sens en \(\frac\pi2\). Par exemple \(\sin\frac\pi6=\sin\frac{5\pi}6=\frac12\) malgré des arguments différents.

4. Construire les courbes et changer d’intervalle

Pour tracer, on place d’abord les points remarquables, on respecte les variations et les tangentes horizontales, puis on prolonge grâce aux symétries. Une ligne reliant les points par segments donne une approximation ; la courbe exacte reste lisse.

Lecture de la figure. La courbe du cosinus est symétrique par rapport à l’axe vertical ; celle du sinus est symétrique par rapport à l’origine. Les points du cercle ont été transformés en points de courbe \((x;\cos x)\) ou \((x;\sin x)\) : l’abscisse est désormais l’angle réel \(x\).

Sur \([0;2\pi]\), le cosinus décroît de \(1\) à \(-1\) jusqu’à \(\pi\), puis croît jusqu’à \(1\). Le sinus croît de \(0\) à \(1\) jusqu’à \(\frac\pi2\), décroît jusqu’à \(-1\) en \(\frac{3\pi}2\), puis croît jusqu’à \(0\). Ces variations se retrouvent avec les signes de \(-\sin x\) et \(\cos x\) sur cet intervalle.

Corollaire — Extrema sur \(\mathbb{R}\)

Pour tout \(k\in\mathbb{Z}\) : \(\displaystyle \cos(2k\pi)=1,\)\(\displaystyle \cos(\pi+2k\pi)=-1,\) \(\displaystyle \sin\left(\frac\pi2+2k\pi\right)=1,\)\(\displaystyle \sin\left(-\frac\pi2+2k\pi\right)=-1.\) Ce sont tous les points où les extrema globaux sont atteints.

Démonstration.

Sur le cercle unité, l’abscisse \(1\) correspond uniquement à \((1;0)\), l’abscisse \(-1\) à \((-1;0)\). L’ordonnée \(1\) correspond à \((0;1)\), l’ordonnée \(-1\) à \((0;-1)\). Les angles indiqués et leurs tours entiers décrivent exactement ces points. Les encadrements par \(-1\) et \(1\) prouvent le caractère global.

À toi 7.1 — Guidé — Un tableau sur une autre période

Construire le tableau de variations de \(f(x)=\cos x\) sur \([\pi;3\pi]\). Donner la dérivée, les intervalles de signe, les trois valeurs de séparation et le maximum sur cet intervalle.

Correction expliquée et contrôle.

La dérivée est \(-\sin x\). Sur \(]\pi;2\pi[\), \(\sin x<0\), donc \(f'>0\) ; sur \(]2\pi;3\pi[\), \(\sin x>0\), donc \(f'<0\). Les images sont \(-1\), \(1\), \(-1\).

Le maximum vaut \(1\) et est atteint en \(2\pi\). Le contrôle par translation est cohérent : soustraire \(2\pi\) aux trois abscisses ramène au tableau sur \([-\pi;\pi]\).

5. Tangentes : distinguer le point, la pente et l’équation

Propriété rappelée — Équation de la tangente

Si \(f\) est dérivable en \(a\), la tangente à sa courbe au point d’abscisse \(a\) a pour équation \[\boxed{y=f(a)+f'(a)(x-a).}\] Elle passe par \((a;f(a))\) et son coefficient directeur est \(f'(a)\). Ce résultat antérieur concerne une droite tangente à une courbe ; il ne faut pas le confondre avec la fonction trigonométrique nommée tangente.

Exemple 7.2 — La tangente au sinus en zéro

On pose \(f(x)=\sin x\). Le point de contact est \((0;\sin0)=(0;0)\). La pente est \(f'(0)=\cos0=1\). La formule donne \(\displaystyle y=0+1(x-0),\)\(\displaystyle \boxed{y=x}.\) La droite passe bien par l’origine et monte d’une unité quand son abscisse augmente d’une unité. L’égalité \(\sin x=x\) n’est pourtant pas vraie pour tout \(x\) : pour \(x=\frac\pi2\), les deux valeurs sont \(1\) et \(\frac\pi2\).

Lecture de la figure. La droite et la courbe partagent le point et la pente à l’origine. Elles sont très proches près de ce point, mais se séparent ensuite. La figure ne remplace pas le calcul du taux d’accroissement.

Exemple 7.3 — Une tangente au cosinus en \(\frac\pi3\)

Pour \(g(x)=\cos x\), on calcule séparément \(\displaystyle g\left(\frac\pi3\right)=\frac12,\)\(\displaystyle g'\left(\frac\pi3\right)=-\sin\frac\pi3=-\frac{\sqrt3}{2}.\) D’où \[\boxed{y=\frac12-\frac{\sqrt3}{2}\left(x-\frac\pi3\right)}.\] Cette forme montre immédiatement le point de contact. Pour vérifier, on remplace \(x\) par \(\frac\pi3\) : le terme entre parenthèses s’annule et l’on trouve \(\frac12\). La pente négative correspond à la décroissance du cosinus dans cette zone.

Exemple 7.4 — Dérivée nulle : une condition ne suffit pas

La fonction \(q(x)=\sin^3x\) est dérivable et \(\displaystyle q'(x)=3\sin^2x\cos x,\)\(\displaystyle q'(0)=0.\) Cependant, pour \(x<0\) suffisamment proche de \(0\), \(\sin x<0\) donc \(q(x)<0\) ; pour \(x>0\) proche de \(0\), \(q(x)>0\). Il existe des valeurs plus petites et plus grandes que \(q(0)=0\) dans tout voisinage de \(0\) : ce point n’est ni un maximum local ni un minimum local.

Une dérivée nulle donne une tangente horizontale. Pour conclure à un extremum, il faut étudier les variations ou comparer les valeurs.

6. Bornées et périodiques, mais sans limite à l’infini

Proposition — Absence de limite à l’infini

Ni le sinus ni le cosinus n’admettent de limite, finie ou infinie, en \(+\infty\) ou en \(-\infty\).

Démonstration.

Supposons que \(\cos x\) tende vers un réel \(\ell\) lorsque \(x\to+\infty\). En choisissant des arguments \(2n\pi\) de plus en plus grands, les images restent égales à \(1\) : il faudrait \(\ell=1\). Avec les arguments \(\pi+2n\pi\), les images restent égales à \(-1\) : il faudrait aussi \(\ell=-1\). Cela est impossible. Le fait utilisé est qu’une limite de fonction, si elle existe, doit être retrouvée le long de toute suite d’arguments tendant vers le point étudié.

Pour le sinus, les arguments \(\frac\pi2+2n\pi\) donnent toujours \(1\) et les arguments \(-\frac\pi2+2n\pi\) donnent toujours \(-1\). La même contradiction s’applique. Pour \(-\infty\), on remplace \(2n\pi\) par \(-2n\pi\) dans ces choix. Enfin, les encadrements \(-1\leq\sin x,\cos x\leq1\) excluent toute limite infinie.

À retenir : une fonction bornée peut osciller indéfiniment. On ne remplace pas « reste entre deux valeurs » par « se rapproche d’une seule valeur ».

7. S’entraîner, expliquer et réparer

À toi 7.2 — Autonome — Quatre informations différentes

  1. Sur \(]\frac\pi2;\pi[\), donner le signe du sinus et celui de sa dérivée.

  2. Déterminer la tangente au sinus en \(\frac\pi2\).

  3. Donner le maximum et le minimum du cosinus sur \([0;\frac\pi3]\).

  4. Donner le maximum et le minimum du cosinus sur \(]0;\frac\pi3]\), ou expliquer pourquoi ils n’existent pas.

Indices, après une tentative : utiliser le signe de \(\cos\) pour la première question ; vérifier si une borne est incluse dans les deux dernières.

Correction expliquée et contrôle.

1. Le sinus est positif, car le point est dans le demi-plan supérieur. Sa dérivée \(\cos x\) est négative, car le point est à gauche de l’axe vertical. Une fonction peut donc être positive et décroissante.

2. Au point \(a=\frac\pi2\), on a \(\sin a=1\) et \(\cos a=0\). La tangente est \(y=1+0(x-a)\), donc \(\boxed{y=1}\).

3. Le cosinus est strictement décroissant sur cet intervalle. Son maximum vaut \(\cos0=1\), atteint en \(0\) ; son minimum vaut \(\cos\frac\pi3=\frac12\), atteint en \(\frac\pi3\).

4. Le minimum est toujours \(\frac12\) et reste atteint en \(\frac\pi3\). Le maximum n’existe plus : la valeur \(1\) n’est pas atteinte, et pour tout \(x>0\) de l’intervalle, \(x/2\) y appartient aussi et \(\cos(x/2)>\cos x\). On peut toujours trouver une valeur plus grande. Le nombre \(1\) reste un majorant.

À toi 7.3 — Justifier — Corriger une phrase sur les variations

Une copie affirme : « Le cosinus est positif sur \(]0;\frac\pi2[\), donc il est croissant. » Localiser l’erreur, traiter le cas plus simple \(h(x)=2-x\) sur \([0;1]\), puis revenir au cosinus. Nouvel essai, avant de lire la correction : sur \(]-\pi;-\frac\pi2[\), donner séparément le signe du sinus et son sens de variation.

Correction expliquée et contrôle.

Le signe de la fonction situe sa courbe par rapport à l’axe horizontal ; le signe de sa dérivée détermine son sens de variation. Pour \(h\), on a \(1\leq h(x)\leq2\) sur \([0;1]\), mais \(h'(x)=-1<0\) : elle est positive et décroissante.

Pour le cosinus, la dérivée est \(-\sin x<0\) sur \(]0;\frac\pi2[\). Il est donc également positif et décroissant. Nouvel essai corrigé : sur \(]-\pi;-\frac\pi2[\), le sinus est négatif et sa dérivée \(\cos x\) négative ; il est négatif et décroissant. Il faut donner les deux informations séparément.

À reprendre plus tard, avant de relire

Après une pause, sans relire : construire les variations du sinus sur \([0;\pi]\), donner sa tangente en \(\pi\) et comparer \(\sin\frac\pi8\) à \(\sin\frac\pi6\).

Correction expliquée et contrôle.

Le sinus a pour dérivée \(\cos x\), positive sur \(]0;\frac\pi2[\) puis négative sur \(]\frac\pi2;\pi[\). Ses valeurs sont \(0,1,0\) aux abscisses \(0,\frac\pi2,\pi\) : il monte de \(0\) à \(1\), puis descend à \(0\).

En \(\pi\), son image vaut \(0\) et sa pente \(\cos\pi=-1\), donc la tangente est \(\boxed{y=-(x-\pi)}\). Elle passe par \((\pi;0)\). Enfin, \(0<\frac\pi8<\frac\pi6<\frac\pi2\) et le sinus est strictement croissant sur \([0;\frac\pi2]\), donc \(\sin\frac\pi8<\sin\frac\pi6=\frac12\).

Je sais faire seul si… Je construis un tableau à partir des signes de la dérivée ; je distingue abscisse et valeur d’un extremum ; je vérifie que la borne est atteinte ; je construis une tangente à partir d’un point et d’une pente ; je sais réfuter « bornée donc convergente » et « dérivée nulle donc extremum ».

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8. Équations du cosinus : construire toutes les solutions

Avant de poursuivre. Sur le cercle de centre \(O\) et de rayon \(1\), le point associé à l’angle \(x\) a pour abscisse \(\cos x\). Deux angles aboutissent au même point si et seulement si leur différence est \(2k\pi\) avec \(k\in\mathbb{Z}\). Le cosinus est pair : \(\cos(-x)=\cos x\). Il prend ses valeurs dans \([-1;1]\). Sur \([0;\pi]\), il est continu et strictement décroissant de \(1\) à \(-1\).

Avant de commencer : chercher un angle ou une valeur ?

Dans \(\cos x=\frac12\), la valeur du cosinus est donnée ; l’inconnue est le nombre réel \(x\). On cherche donc les angles qui produisent l’abscisse \(\frac12\), et non le nombre \(\frac12\) lui-même.

Définition — Ensemble des solutions dans un domaine

Résoudre une équation sur un ensemble \(I\), c’est déterminer tous les réels \(x\) de \(I\) qui rendent l’égalité vraie. On note généralement \(S\) cet ensemble. Une valeur peut vérifier l’égalité sans être une solution de la question si elle n’appartient pas à \(I\).

Repérage. Le nombre \(-\frac\pi3\) vérifie-t-il \(\cos x=\frac12\) ? Est-il solution si la recherche se fait sur \([0;\pi]\) ?

Réponse expliquée. Par parité, \(\cos(-\frac\pi3)=\cos(\frac\pi3)=\frac12\). L’égalité est vraie, mais \(-\frac\pi3<0\) : ce nombre n’est pas dans \([0;\pi]\). Il ne sera pas conservé. Si cette différence est difficile, écrire en tête de la résolution deux questions distinctes : « l’égalité est-elle vraie ? » et « le nombre appartient-il à l’intervalle ? ».

Du cercle à la caractérisation

Fixer une abscisse revient à tracer une droite verticale dans le repère du cercle. À l’intérieur de \(]-1;1[\), elle rencontre le cercle en deux points symétriques par rapport à l’axe horizontal. Aux abscisses \(-1\) et \(1\), les deux points se confondent. Hors de \([-1;1]\), il n’y a aucune intersection.

Lecture de la figure. La verticale d’abscisse \(\frac12\) rencontre deux points. Leurs angles opposés ont le même cosinus. Chaque point peut être atteint après un nombre quelconque de tours : le cercle donne les deux positions, la périodicité donne tous les nombres réels correspondants.

Caractérisation — Égalité de deux cosinus

Pour tous réels \(x\) et \(\alpha\), \[\cos x=\cos\alpha \quad\Longleftrightarrow\quad \begin{cases} x=\alpha+2k\pi,\quad k\in\mathbb{Z},\\ \text{ou }x=-\alpha+2k\pi,\quad k\in\mathbb{Z}. \end{cases}\] Les deux familles sont réunies. Les entiers utilisés dans l’une et l’autre sont indépendants. On pourrait employer \(k\) dans la première et \(m\) dans la seconde.

Démonstration.

Les points du cercle d’abscisse \(\cos\alpha\) sont le point d’angle \(\alpha\) et son symétrique horizontal, d’angle \(-\alpha\). Ils peuvent être confondus. Si \(\cos x=\cos\alpha\), le point associé à \(x\) est nécessairement l’un de ces deux points. Il existe donc un entier \(k\) tel que \(x=\alpha+2k\pi\) ou \(x=-\alpha+2k\pi\) : c’est le sens direct.

Réciproquement, si \(x=\alpha+2k\pi\), la périodicité donne \(\cos x=\cos\alpha\). Si \(x=-\alpha+2k\pi\), elle donne \(\cos x=\cos(-\alpha)\), puis la parité donne \(\cos x=\cos\alpha\). Toutes les valeurs annoncées conviennent et aucun autre point du cercle n’a l’abscisse imposée.

Propriété — Choisir un angle de référence

Si \(c\in[-1;1]\), il existe un unique \(\alpha\in[0;\pi]\) tel que \(\cos\alpha=c\). Les solutions sur \(\mathbb{R}\) sont alors \(\alpha+2k\pi\) ou \(-\alpha+2k\pi\). Si \(c\notin[-1;1]\), l’équation \(\cos x=c\) n’a aucune solution.

Démonstration.

La continuité du cosinus sur \([0;\pi]\), avec \(\cos0=1\) et \(\cos\pi=-1\), garantit qu’il atteint chaque valeur intermédiaire : c’est le théorème des valeurs intermédiaires, résultat antérieur. Sa stricte décroissance garantit qu’une valeur n’est atteinte qu’une fois sur cet intervalle. Enfin, \(-1\leq\cos x\leq1\) exclut les autres niveaux.

Méthode — Une résolution en quatre décisions

  1. Lire le domaine demandé. Écrire \(x\in I\) et contrôler que \(c\in[-1;1]\).

  2. Trouver un angle de référence. Chercher \(\alpha\in[0;\pi]\) avec \(\cos\alpha=c\).

  3. Écrire toutes les familles. Utiliser la caractérisation, puis les simplifier seulement si une coïncidence ou une inclusion est prouvée.

  4. Restreindre à \(I\). Déterminer les entiers admissibles dans chaque famille, réunir les nombres, enlever les doublons et vérifier les extrémités.

La substitution finale contrôle les valeurs obtenues. L’exhaustivité vient de la caractérisation et du filtrage complet ; quelques substitutions réussies ne suffisent pas à prouver qu’il n’en manque aucune.

Exemple 8.1 — Commencer sur un intervalle de référence

Résoudre \(\cos x=\frac12\) sur \([-\pi;\pi]\).

Le niveau \(\frac12\) est admissible et \(\cos(\frac\pi3)=\frac12\). Sur \(\mathbb{R}\), \[x=\frac\pi3+2k\pi\quad\text{ou}\quad x=-\frac\pi3+2k\pi.\] Pour la première famille, on impose le domaine : \[\begin{aligned} -\pi\leq\frac\pi3+2k\pi\leq\pi &\Longleftrightarrow-\frac{4\pi}3\leq2k\pi\leq\frac{2\pi}3\\ &\Longleftrightarrow-\frac23\leq k\leq\frac13. \end{aligned}\] On a soustrait \(\frac\pi3\) aux trois membres, puis divisé par \(2\pi>0\), sans changer les sens. Le seul entier de cet intervalle est \(k=0\), donc \(x=\frac\pi3\).

Pour la seconde famille, on ajoute \(\frac\pi3\) aux trois membres : \[-\pi\leq-\frac\pi3+2k\pi\leq\pi \Longleftrightarrow-\frac{2\pi}3\leq2k\pi\leq\frac{4\pi}3 \Longleftrightarrow-\frac13\leq k\leq\frac23.\] Là encore, seul \(k=0\) convient. Finalement, \[\boxed{S=\left\{-\frac\pi3;\frac\pi3\right\}.}\] Les deux nombres sont dans le domaine. Leurs cosinus valent \(\frac12\) par valeur remarquable et parité. Sur \([0;2\pi]\), les mêmes familles donneraient \(\{\frac\pi3;\frac{5\pi}3\}\) : la formule générale reste la même, le domaine change la sélection.

Les trois niveaux particuliers

Corollaire — Cosinus égal à \(1\), à \(-1\) ou à \(0\)

Pour tout réel \(x\), les équivalences suivantes sont valables. Dans chaque ligne, le membre de droite signifie qu’il existe un entier \(k\in\mathbb{Z}\) réalisant l’égalité : \[\begin{array}{rcl} \cos x=1&\Longleftrightarrow&x=2k\pi,\\[2mm] \cos x=-1&\Longleftrightarrow&x=\pi+2k\pi,\\[2mm] \cos x=0&\Longleftrightarrow&x=\dfrac\pi2+k\pi. \end{array}\] Ces formes simplifiées découlent de la caractérisation précédente.

Démonstration.

Au niveau \(1\), les familles correspondant à \(\alpha=0\) sont identiques. Au niveau \(-1\), les familles \(\pi+2k\pi\) et \(-\pi+2k\pi\) sont identiques après un changement d’entier : \(-\pi+2k\pi=\pi+2(k-1)\pi\).

Au niveau \(0\), on part de \(\alpha=\frac\pi2\). Les familles \(\frac\pi2+2k\pi\) et \(-\frac\pi2+2k\pi\) alternent tous les demi-tours. La forme \(\frac\pi2+j\pi\) les réunit : si \(j\) est pair on obtient la première ; si \(j\) est impair on obtient la seconde après réindexation. On peut ensuite renommer \(j\) en \(k\).

Exemple 8.2 — Deux réels distincts peuvent représenter le même point

Résoudre \(\cos x=-1\) sur \([-\pi;\pi]\), puis sur \([-\pi;\pi[\).

La forme générale est \(x=\pi+2k\pi\). Pour le premier intervalle, \[-\pi\leq\pi+2k\pi\leq\pi \Longleftrightarrow-2\pi\leq2k\pi\leq0 \Longleftrightarrow-1\leq k\leq0.\] Les entiers \(-1\) et \(0\) donnent \(-\pi\) et \(\pi\). Ainsi \(S=\{-\pi;\pi\}\).

Sur le second intervalle, l’inégalité de droite devient stricte : \(-1\leq k<0\). Il reste seulement \(k=-1\), donc \(S=\{-\pi\}\). Les deux angles de la première réponse aboutissent au même point, mais \(-\pi\) et \(\pi\) sont deux nombres distincts : on ne les fusionne pas.

Exemple 8.3 — Filtrer sur plusieurs périodes

Résoudre \(\cos x=\frac12\) sur \([-2\pi;3\pi]\). Les deux familles restent \(x=\pm\frac\pi3+2k\pi\).

Première famille. \[\begin{aligned} -2\pi\leq\frac\pi3+2k\pi\leq3\pi &\Longleftrightarrow-\frac{7\pi}3\leq2k\pi\leq\frac{8\pi}3\\ &\Longleftrightarrow-\frac76\leq k\leq\frac43. \end{aligned}\] Les entiers sont \(-1,0,1\). Les valeurs correspondantes sont \(\displaystyle -\frac{5\pi}3,\)\(\displaystyle \frac\pi3,\)\(\displaystyle \frac{7\pi}3.\) Seconde famille. \[\begin{aligned} -2\pi\leq-\frac\pi3+2k\pi\leq3\pi &\Longleftrightarrow-\frac{5\pi}3\leq2k\pi\leq\frac{10\pi}3\\ &\Longleftrightarrow-\frac56\leq k\leq\frac53. \end{aligned}\] Ici, seuls \(k=0,1\) restent. Ils donnent \(-\frac\pi3\) et \(\frac{5\pi}3\). On réunit et on ordonne : \[\boxed{S=\left\{-\frac{5\pi}3;-\frac\pi3;\frac\pi3;\frac{5\pi}3;\frac{7\pi}3\right\}.}\] Les deux branches n’utilisent pas la même liste d’entiers. Chaque valeur est dans le domaine et possède le bon cosinus. Les extrémités \(-2\pi\) et \(3\pi\) ne conviennent pas : leurs cosinus sont \(1\) et \(-1\).

Un niveau non remarquable et la calculatrice

Exemple 8.4 — Une réponse exacte sans angle remarquable

Résoudre \(\cos x=0{,}3\) sur \([-\pi;\pi]\).

On définit \(\alpha\) comme l’unique réel de \([0;\pi]\) tel que \(\cos\alpha=0{,}3\). Comme \(0<0{,}3<1\), il appartient à \(]0;\frac\pi2[\). Les solutions exactes sont donc \[\boxed{S=\{-\alpha;\alpha\}.}\] En mode RAD, la touche de cosinus inverse donne \(\alpha\approx1{,}2661\). Les solutions approchées sont \(-1{,}2661\) et \(1{,}2661\). Le symbole \(\approx\) est indispensable : un arrondi n’est généralement pas une solution exacte.

Le contrôle consiste à recalculer le cosinus de l’angle affiché, dans le même mode, et à vérifier une valeur proche de \(0{,}3\). La touche inverse donne un angle principal, pas toute la famille. Une calculatrice réglée en degrés afficherait environ \(72{,}54\) : utiliser directement ce nombre comme des radians serait une erreur d’unité.

À toi 8.1 — Un essai guidé, puis deux recherches personnelles

  1. Résoudre \(\cos x=-\frac12\) sur \([-\pi;\pi]\). Commencer par compléter : \(\alpha=\ldots\) dans \([0;\pi]\), puis \(x=\ldots\) ou \(x=\ldots\).

  2. Sans consulter la correction, résoudre \(\cos x=0\) sur \(]\pi;3\pi]\).

  3. Expliquer pourquoi \(\cos x=1{,}2\) n’a pas de solution, même si l’on autorise un très grand intervalle de recherche.

Aides si nécessaire : pour 1, le point d’abscisse \(-\frac12\) est à gauche du cercle ; pour 2, utiliser la forme \(\frac\pi2+k\pi\) ; pour 3, revenir à l’encadrement du cosinus.

Correction expliquée et contrôle.

1. L’angle de référence est \(\alpha=\frac{2\pi}3\). Les familles sont \(x=\frac{2\pi}3+2k\pi\) ou \(x=-\frac{2\pi}3+2k\pi\).

Dans la première, \(-\pi\leq\frac{2\pi}3+2k\pi\leq\pi\) donne \(-\frac56\leq k\leq\frac16\) : seul \(k=0\) reste. Dans la seconde, ajouter \(\frac{2\pi}3\) puis diviser par \(2\pi\) donne \(-\frac16\leq k\leq\frac56\) : seul \(k=0\) reste également. Ainsi \[S=\left\{-\frac{2\pi}3;\frac{2\pi}3\right\}.\] Les deux points ont bien l’abscisse \(-\frac12\) et les deux angles sont dans \([-\pi;\pi]\).

2. On part de \(x=\frac\pi2+k\pi\). Le domaine impose \[\pi<\frac\pi2+k\pi\leq3\pi \Longleftrightarrow\frac\pi2<k\pi\leq\frac{5\pi}2 \Longleftrightarrow\frac12<k\leq\frac52.\] Les entiers \(k=1,2\) donnent \(S=\{\frac{3\pi}2;\frac{5\pi}2\}\). Les deux cosinus valent \(0\). L’extrémité \(3\pi\), bien qu’autorisée par le crochet, ne vérifie pas l’équation.

3. Le cosinus est une abscisse du cercle unité, donc toujours inférieur ou égal à \(1\). Comme \(1{,}2>1\), aucune valeur réelle ne convient : \(S=\varnothing\). Agrandir le domaine ne change pas l’ensemble des valeurs possibles du cosinus.

Réparer une erreur : ne garder que l’angle principal

La ligne « \(\cos x=\frac12\), donc \(x=\frac\pi3\) » est incomplète si l’on cherche toutes les solutions sur \(\mathbb{R}\). Le rappel utile est géométrique : deux points ont l’abscisse \(\frac12\), et des tours entiers ramènent à chacun.

Exemple plus simple. \(-\frac\pi3\) donne lui aussi \(\frac12\) par parité. Il manque donc déjà une solution sur \([-\pi;\pi]\).

Nouvel essai. Résoudre \(\cos x=-1\) sur \([0;2\pi]\). Correction : un seul point a l’abscisse \(-1\), atteint à \(\pi\). Les deux écritures \(\pi+2k\pi\) et \(-\pi+2k\pi\) désignent la même famille. On obtient \(S=\{\pi\}\). Revenir maintenant au niveau \(\frac12\) : les deux points sont distincts, donc il faut garder les deux familles.

À toi 8.2 — Nouvel essai de réparation — Conserver deux familles distinctes

Résoudre \(\cos x=-\frac{\sqrt2}{2}\) sur \([0;2\pi]\). Écrire les deux familles dans \(\mathbb{R}\), déterminer les entiers admissibles dans chacune, puis donner et contrôler l’ensemble des solutions. Chercher avant de lire la correction : garder seulement l’angle principal ne suffit pas.

Correction expliquée et contrôle.

L’angle de référence est \(\alpha=\frac{3\pi}4\), car \(\cos(\pi-\frac\pi4)=-\cos\frac\pi4=-\frac{\sqrt2}{2}\). La caractérisation donne les deux familles \(\displaystyle x=\frac{3\pi}4+2k\pi\quad(k\in\mathbb{Z})\)\(\displaystyle \text{ou}\)\(\displaystyle x=-\frac{3\pi}4+2m\pi\quad(m\in\mathbb{Z}).\) Les lettres différentes rappellent que les deux entiers sont indépendants.

Première famille. On impose le domaine demandé : \[\begin{aligned} 0\leq\frac{3\pi}4+2k\pi\leq2\pi &\Longleftrightarrow-\frac{3\pi}4\leq2k\pi\leq\frac{5\pi}4\\ &\Longleftrightarrow-\frac38\leq k\leq\frac58. \end{aligned}\] On a soustrait \(\frac{3\pi}4\), puis divisé par \(2\pi>0\). Le seul entier admissible est \(k=0\), donc \(x=\frac{3\pi}4\).

Seconde famille. On ajoute maintenant \(\frac{3\pi}4\) aux trois membres, puis on divise par \(2\pi>0\) : \[\begin{aligned} 0\leq-\frac{3\pi}4+2m\pi\leq2\pi &\Longleftrightarrow\frac{3\pi}4\leq2m\pi\leq\frac{11\pi}4\\ &\Longleftrightarrow\frac38\leq m\leq\frac{11}8. \end{aligned}\] Le seul entier admissible est \(m=1\). Il donne \(x=-\frac{3\pi}4+2\pi=\frac{5\pi}4\). On réunit les deux valeurs : \[\boxed{S=\left\{\frac{3\pi}4;\frac{5\pi}4\right\}.}\] Contrôle. Les deux angles appartiennent à \([0;2\pi]\). On a \(\frac{3\pi}4=\pi-\frac\pi4\) et \(\frac{5\pi}4=\pi+\frac\pi4\) : les deux cosinus valent \(-\cos\frac\pi4=-\frac{\sqrt2}{2}\). La caractérisation et les deux filtres prouvent qu’il n’en manque aucun. Garder uniquement l’angle principal \(\frac{3\pi}4\) aurait supprimé la solution \(\frac{5\pi}4\).

À reprendre plus tard, avant de relire

Avant de relire, résoudre \(\cos x=-1\) sur \(]-3\pi;\pi]\) et expliquer le rôle de chaque crochet. Aide : partir de \(x=\pi+2k\pi\). Correction : \[-3\pi<\pi+2k\pi\leq\pi \Longleftrightarrow-4\pi<2k\pi\leq0 \Longleftrightarrow-2<k\leq0.\] Les entiers sont \(-1,0\), d’où \(S=\{-\pi;\pi\}\). Le nombre \(-3\pi\) vérifie l’équation, mais le crochet l’exclut. Le nombre \(\pi\) vérifie l’équation et le crochet le conserve. Je sais faire seul si… je distingue angle et valeur du cosinus, vérifie le niveau, écris toutes les familles, calcule les entiers admissibles et justifie les bornes sans confondre un point du cercle et les nombres qui le représentent.

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9. Équations du sinus et arguments affines

Avant de poursuivre. Sur le cercle unité, \(\sin x\) est l’ordonnée du point associé à l’angle \(x\). Ses valeurs appartiennent à \([-1;1]\). La réflexion dans l’axe vertical transforme l’angle \(\alpha\) en \(\pi-\alpha\) et conserve l’ordonnée. Ajouter \(2k\pi\), avec \(k\in\mathbb{Z}\), conserve le point. Sur \([-\frac\pi2;\frac\pi2]\), le sinus est continu et strictement croissant de \(-1\) à \(1\).

Repérer les deux angles qui ont la même ordonnée

Question de départ. Pour résoudre \(\sin x=\frac12\), faut-il chercher des points d’abscisse ou d’ordonnée \(\frac12\) ? Combien y en a-t-il sur le cercle ?

Réponse. Il faut imposer l’ordonnée, donc tracer l’horizontale de hauteur \(\frac12\). Elle rencontre deux points, l’un à droite et l’autre à gauche. Si l’on confond sinus et cosinus, revenir aux coordonnées \(M(\cos x;\sin x)\) : la seconde coordonnée est la hauteur.

Lecture de la figure. Les angles \(\frac\pi6\) et \(\frac{5\pi}6=\pi-\frac\pi6\) donnent la même hauteur. Leurs abscisses ont des signes contraires. Les remplacer par des angles opposés conserverait le cosinus, mais changerait ici le signe du sinus.

Caractérisation — Égalité de deux sinus

Pour tous réels \(x\) et \(\alpha\), \[\sin x=\sin\alpha \quad\Longleftrightarrow\quad \begin{cases} x=\alpha+2k\pi,\quad k\in\mathbb{Z},\\ \text{ou }x=\pi-\alpha+2k\pi,\quad k\in\mathbb{Z}. \end{cases}\] Les entiers des deux familles sont indépendants. La réunion signifie que l’une ou l’autre des formes convient.

Démonstration.

La droite horizontale d’ordonnée \(\sin\alpha\) coupe le cercle au point d’angle \(\alpha\) et à son symétrique par rapport à l’axe vertical, d’angle \(\pi-\alpha\). Si \(\sin x=\sin\alpha\), le point d’angle \(x\) est l’un de ces points ; il en diffère donc par un nombre entier de tours. On obtient les deux formes annoncées.

Réciproquement, la périodicité donne \(\sin(\alpha+2k\pi)=\sin\alpha\). Pour l’autre famille, elle donne \(\sin(\pi-\alpha+2k\pi)=\sin(\pi-\alpha)=\sin\alpha\), par symétrie. Les deux sens sont établis. Aux hauteurs \(1\) et \(-1\), les deux points se confondent ; il ne faut pas compter deux fois la même famille.

Propriété — Angle de référence du sinus

Pour chaque \(c\in[-1;1]\), il existe un unique \(\alpha\in[-\frac\pi2;\frac\pi2]\) tel que \(\sin\alpha=c\). Si \(c>0\), cet angle est positif ; si \(c<0\), il est négatif. Si \(c\notin[-1;1]\), l’équation \(\sin x=c\) est impossible.

Démonstration.

Le sinus est continu sur l’intervalle considéré et prend les valeurs \(-1\) et \(1\) à ses extrémités. Le théorème des valeurs intermédiaires assure l’existence. La stricte croissance assure l’unicité. Comme \(\sin0=0\), la croissance donne aussi le signe de l’angle de référence. L’encadrement \(-1\leq\sin x\leq1\) exclut les niveaux extérieurs.

Exemple 9.1 — Une équation simple sur une période

Résoudre \(\sin x=\frac12\) sur \([0;2\pi]\).

L’angle de référence est \(\alpha=\frac\pi6\). Les solutions dans \(\mathbb{R}\) sont \[x=\frac\pi6+2k\pi\quad\text{ou}\quad x=\frac{5\pi}6+2k\pi.\] Dans la première famille, \[0\leq\frac\pi6+2k\pi\leq2\pi \Longleftrightarrow-\frac\pi6\leq2k\pi\leq\frac{11\pi}6 \Longleftrightarrow-\frac1{12}\leq k\leq\frac{11}{12}.\] Seul \(k=0\) est entier. Dans la seconde, on soustrait \(\frac{5\pi}6\), puis on divise par \(2\pi>0\) : \[-\frac5{12}\leq k\leq\frac7{12},\] ce qui ne garde également que \(k=0\). Ainsi \[\boxed{S=\left\{\frac\pi6;\frac{5\pi}6\right\}.}\] Les deux nombres sont dans l’intervalle et donnent la hauteur \(\frac12\). Les extrémités \(0\) et \(2\pi\) ont un sinus nul : elles ne sont pas solutions.

Exemple 9.2 — Un niveau négatif : remettre les angles dans le domaine

Résoudre \(\sin x=-\frac12\) sur \([-\pi;\pi]\).

On choisit \(\alpha=-\frac\pi6\). La seconde famille commence à \[\pi-\alpha=\pi+\frac\pi6=\frac{7\pi}6.\] Cette première écriture dépasse \(\pi\), mais la famille correspondante peut encore contenir une solution dans le domaine.

Pour \(x=-\frac\pi6+2k\pi\), le filtre est \[-\frac5{12}\leq k\leq\frac7{12},\] donc \(k=0\) et \(x=-\frac\pi6\).

Pour \(x=\frac{7\pi}6+2k\pi\), on écrit \[-\pi\leq\frac{7\pi}6+2k\pi\leq\pi \Longleftrightarrow-\frac{13\pi}6\leq2k\pi\leq-\frac\pi6 \Longleftrightarrow-\frac{13}{12}\leq k\leq-\frac1{12}.\] Seul \(k=-1\) convient, donnant \(x=\frac{7\pi}6-2\pi=-\frac{5\pi}6\). Finalement, \[\boxed{S=\left\{-\frac{5\pi}6;-\frac\pi6\right\}.}\] Les deux angles sont dans la moitié inférieure du cercle. Leur sinus est bien négatif, et leurs valeurs exactes sont \(-\frac12\).

Corollaire — Les niveaux \(0\), \(1\) et \(-1\)

Pour tout réel \(x\), les équivalences suivantes sont valables. Dans chaque ligne, le membre de droite signifie qu’il existe un entier \(k\in\mathbb{Z}\) réalisant l’égalité : \[\begin{array}{rcl} \sin x=0&\Longleftrightarrow&x=k\pi,\\[2mm] \sin x=1&\Longleftrightarrow&x=\dfrac\pi2+2k\pi,\\[2mm] \sin x=-1&\Longleftrightarrow&x=-\dfrac\pi2+2k\pi. \end{array}\]

Démonstration.

La hauteur \(0\) correspond aux deux points de l’axe horizontal, atteints tous les demi-tours : les familles \(2k\pi\) et \(\pi+2k\pi\) se réunissent en \(k\pi\). La hauteur \(1\) correspond au seul point supérieur, atteint à \(\frac\pi2\) puis après chaque tour. La hauteur \(-1\) correspond au seul point inférieur, atteint à \(-\frac\pi2\) puis après chaque tour. Cela simplifie exactement les familles de la caractérisation.

Exemple de frontière. Sur \([-\pi;\pi]\), \(\sin x=0\) a trois solutions : \(-\pi,0,\pi\). Les nombres \(-\pi\) et \(\pi\) sont différents même s’ils aboutissent au même point. Sur \([-\pi;\pi[\), la dernière disparaît ; sur \(]-\pi;\pi[\), il reste seulement \(0\).

Un angle non remarquable

Pour \(\sin x=0{,}4\), définir \(\alpha\) comme l’unique angle de \([-\frac\pi2;\frac\pi2]\) ayant ce sinus. La calculatrice en mode RAD donne \(\alpha\approx0{,}4115\). La réponse exacte sur \([0;2\pi]\) est \(\{\alpha;\pi-\alpha\}\) ; ses valeurs approchées sont \(0{,}4115\) et \(2{,}7301\). La touche inverse produit seulement \(\alpha\). La deuxième solution se construit par symétrie ; les autres, si le domaine est plus grand, par périodicité. Les arrondis sont contrôlés en recalculant leur sinus, avec une précision cohérente.

Méthode — Résoudre avec un argument affine

Dans \(\sin(ax+b)=c\), l’angle est \(t=ax+b\), tandis que l’inconnue demandée reste \(x\).

  1. Vérifier \(c\in[-1;1]\) et séparer \(a=0\) si le coefficient n’est pas connu non nul.

  2. Pour \(a\ne0\), résoudre l’équation en \(t\) avec toutes les familles.

  3. Revenir à \(x\) en soustrayant \(b\), puis en divisant par \(a\).

  4. Restreindre au domaine. On peut aussi transformer d’abord ce domaine en un intervalle pour \(t\), puis revenir à \(x\) après le filtre.

Si \(a>0\), les bornes gardent leur ordre. Si \(a<0\), l’argument décroît et l’ordre des bornes s’inverse. Dans une équation, diviser par un négatif conserve l’égalité ; dans une inégalité, cela inverse le sens.

Exemple 9.3 — Un coefficient intérieur positif

Résoudre \(\sin(2x)=\frac{\sqrt2}2\) sur \([0;\pi]\).

Posons \(t=2x\). Comme \(2>0\), le domaine devient \(t\in[0;2\pi]\). Sur cet intervalle, l’équation \(\sin t=\frac{\sqrt2}2\) donne \(t=\frac\pi4\) ou \(t=\frac{3\pi}4\).

Il reste à diviser chaque égalité par \(2\) : \(\displaystyle 2x=\frac\pi4\Longleftrightarrow x=\frac\pi8,\)\(\displaystyle 2x=\frac{3\pi}4\Longleftrightarrow x=\frac{3\pi}8.\) Donc \(S=\{\frac\pi8;\frac{3\pi}8\}\). Les deux valeurs appartiennent au domaine initial ; leurs doubles sont précisément les deux angles de sinus \(\frac{\sqrt2}2\). Répondre \(\{\frac\pi4;\frac{3\pi}4\}\) aurait oublié le retour à l’inconnue.

Exemple 9.4 — Un coefficient intérieur négatif : deux voies complètes

Résoudre \(\sin(-2x+\frac\pi3)=\frac12\) sur \([0;\pi]\).

Voie 1 : filtrer l’angle d’abord. Posons \(t=-2x+\frac\pi3\). Aux bornes, on obtient \(t=\frac\pi3\) pour \(x=0\) et \(t=-\frac{5\pi}3\) pour \(x=\pi\). La fonction affine décroît, donc \[t\in J=\left[-\frac{5\pi}3;\frac\pi3\right].\] Les angles de sinus \(\frac12\) sont \(t=\frac\pi6+2k\pi\) ou \(t=\frac{5\pi}6+2k\pi\).

Pour la première famille, \[-\frac{5\pi}3\leq\frac\pi6+2k\pi\leq\frac\pi3 \Longleftrightarrow-\frac{11\pi}6\leq2k\pi\leq\frac\pi6 \Longleftrightarrow-\frac{11}{12}\leq k\leq\frac1{12}.\] Seul \(k=0\) convient, donc \(t=\frac\pi6\).

Pour la seconde, \[-\frac{5\pi}3\leq\frac{5\pi}6+2k\pi\leq\frac\pi3 \Longleftrightarrow-\frac{5\pi}2\leq2k\pi\leq-\frac\pi2 \Longleftrightarrow-\frac54\leq k\leq-\frac14.\] Seul \(k=-1\) convient, donc \(t=-\frac{7\pi}6\).

Pour revenir à \(x\), soustraire \(\frac\pi3\) à l’égalité \(-2x+\frac\pi3=t\), puis diviser par \(-2\ne0\) : \[x=\frac{\frac\pi3-t}{2}.\] Ainsi \[\begin{aligned} t=\frac\pi6&\Rightarrow x=\frac{\frac{2\pi}6-\frac\pi6}{2}=\frac\pi{12},\\[2mm] t=-\frac{7\pi}6&\Rightarrow x=\frac{\frac{2\pi}6+\frac{7\pi}6}{2}=\frac{3\pi}4. \end{aligned}\]

Voie 2 : isoler \(x\), puis filtrer. Les deux familles d’angles donnent respectivement \[-2x=-\frac\pi6+2k\pi\Rightarrow x=\frac\pi{12}-k\pi,\] \[-2x=\frac\pi2+2k\pi\Rightarrow x=-\frac\pi4-k\pi.\] Dans la première, le domaine donne \[0\leq\frac\pi{12}-k\pi\leq\pi \Longleftrightarrow-\frac\pi{12}\leq-k\pi\leq\frac{11\pi}{12}.\] Diviser par \(-\pi<0\) inverse les deux sens : \(\frac1{12}\geq k\geq-\frac{11}{12}\), soit \(-\frac{11}{12}\leq k\leq\frac1{12}\). On garde \(k=0\).

Dans la seconde, \(0\leq-\frac\pi4-k\pi\leq\pi\) donne \(\frac\pi4\leq-k\pi\leq\frac{5\pi}4\), puis \(-\frac54\leq k\leq-\frac14\). On garde \(k=-1\). Les deux voies conduisent à \[\boxed{S=\left\{\frac\pi{12};\frac{3\pi}4\right\}.}\] Pour contrôler, les arguments initiaux sont \(\frac\pi6\) et \(-\frac{7\pi}6=\frac{5\pi}6-2\pi\), dont le sinus vaut \(\frac12\). La première voie rend le domaine angulaire visible ; la seconde évite de changer d’intervalle, mais demande de manipuler soigneusement les signes.

Cas particulier — Le coefficient intérieur est nul

Si \(a=0\), \(\sin(ax+b)=c\) devient \(\sin b=c\) : l’égalité ne dépend plus de \(x\). Si elle est vraie, tous les nombres du domaine demandé conviennent ; si elle est fausse, aucun ne convient. On ne divise jamais par \(a\) avant d’avoir écarté ce cas.

Exemples. Sur \(]0;1[\), \(\sin(0x+\frac\pi2)=1\) a pour ensemble solution \(]0;1[\). En revanche, \(\sin(0x+\frac\pi2)=0\) n’a aucune solution car son membre gauche vaut toujours \(1\).

À toi 9.1 — Changer de domaine, changer d’argument, justifier

  1. Résoudre \(\sin x=-\frac12\) sur \([0;2\pi[\). Commencer par les deux familles dans \(\mathbb{R}\).

  2. Sans consulter, résoudre \(\cos(2x-\frac\pi3)=1\) sur \([0;2\pi[\).

  3. Un élève trouve \(x=\frac\pi6+\frac{k\pi}{2}\) pour \(\sin(2x-\frac\pi3)=0\). Sa formule est-elle correcte ? Justifier et donner les solutions dans \([0;\pi]\).

Aides : pour 1, déplacer les deux angles négatifs d’un tour ; pour 2, \(\cos t=1\) signifie \(t=2k\pi\) ; pour 3, le sinus est nul tous les demi-tours.

Correction expliquée et contrôle.

1. Les familles sont \(x=-\frac\pi6+2k\pi\) et \(x=\frac{7\pi}6+2k\pi\). Pour la première, le domaine donne \(\frac1{12}\leq k<\frac{13}{12}\), donc \(k=1\) et \(x=\frac{11\pi}6\). Pour la seconde, il donne \(-\frac7{12}\leq k<\frac5{12}\), donc \(k=0\) et \(x=\frac{7\pi}6\). Ainsi \(S=\{\frac{7\pi}6;\frac{11\pi}6\}\). Les deux points sont sous l’axe et leurs ordonnées valent \(-\frac12\).

2. L’égalité équivaut à \(2x-\frac\pi3=2k\pi\). Ajouter \(\frac\pi3\), puis diviser par \(2\), donne \(x=\frac\pi6+k\pi\). Le filtre \[0\leq\frac\pi6+k\pi<2\pi\Longleftrightarrow-\frac16\leq k<\frac{11}6\] garde \(k=0,1\). Donc \(S=\{\frac\pi6;\frac{7\pi}6\}\). Les arguments correspondants sont \(0\) et \(2\pi\), tous deux de cosinus \(1\).

3. L’égalité \(\sin t=0\) équivaut à \(t=k\pi\). On écrit donc \[2x-\frac\pi3=k\pi\Longleftrightarrow2x=\frac\pi3+k\pi\Longleftrightarrow x=\frac\pi6+\frac{k\pi}2.\] La formule proposée est correcte. Pour \(x\in[0;\pi]\), on obtient \(-\frac13\leq k\leq\frac53\), donc \(k=0,1\). L’ensemble est \(\{\frac\pi6;\frac{2\pi}3\}\). Les arguments initiaux valent \(0\) et \(\pi\) : leurs sinus sont nuls.

Réparer : deux familles ne signifient pas le même entier

L’erreur consiste à ne garder que les entiers qui apparaissent dans les deux branches. Une réunion signifie « l’une ou l’autre », pas « les deux simultanément ».

Rappel et exemple simple. Pour \(\sin x=-\frac12\) sur \([-\pi;\pi]\), la famille \(-\frac\pi6+2k\pi\) garde \(k=0\), tandis que \(\frac{7\pi}6+2k\pi\) garde \(k=-1\). Les deux solutions sont nécessaires.

Nouvel essai. Résoudre \(\sin x=-1\) sur \([-\pi;\pi]\). Correction : la forme \(x=-\frac\pi2+2k\pi\) donne \(-\frac14\leq k\leq\frac34\), donc \(k=0\). Il n’y a qu’une solution, \(-\frac\pi2\), car les familles initiales correspondent au même point. Revenir à l’exemple d’argument négatif : les deux points y sont distincts et les deux filtres doivent être conservés séparément.

À toi 9.2 — Nouvel essai de réparation — Des entiers différents selon la branche

Résoudre \(\sin x=-\frac{\sqrt2}{2}\) sur \([-\pi;\pi]\). Construire les deux familles avec des lettres d’entiers différentes, filtrer chacune sur l’intervalle et contrôler les solutions obtenues. Expliquer enfin pourquoi il serait faux d’exiger le même entier dans les deux branches.

Correction expliquée et contrôle.

On choisit \(\alpha=-\frac\pi4\), car \(\sin(-\frac\pi4)=-\frac{\sqrt2}{2}\). L’angle de la seconde famille est \(\pi-\alpha=\pi+\frac\pi4=\frac{5\pi}4\). Toutes les solutions dans \(\mathbb{R}\) sont donc \(\displaystyle x=-\frac\pi4+2k\pi\quad(k\in\mathbb{Z})\)\(\displaystyle \text{ou}\)\(\displaystyle x=\frac{5\pi}4+2m\pi\quad(m\in\mathbb{Z}).\)

Première famille. Ajouter \(\frac\pi4\) aux trois membres, puis diviser par \(2\pi>0\), donne \[\begin{aligned} -\pi\leq-\frac\pi4+2k\pi\leq\pi &\Longleftrightarrow-\frac{3\pi}4\leq2k\pi\leq\frac{5\pi}4\\ &\Longleftrightarrow-\frac38\leq k\leq\frac58. \end{aligned}\] Seul \(k=0\) convient. La première solution est \(-\frac\pi4\).

Seconde famille. Soustraire \(\frac{5\pi}4\), puis diviser par \(2\pi>0\), donne \[\begin{aligned} -\pi\leq\frac{5\pi}4+2m\pi\leq\pi &\Longleftrightarrow-\frac{9\pi}4\leq2m\pi\leq-\frac\pi4\\ &\Longleftrightarrow-\frac98\leq m\leq-\frac18. \end{aligned}\] Seul \(m=-1\) convient. Il donne \(x=\frac{5\pi}4-2\pi=-\frac{3\pi}4\). En réunissant les valeurs obtenues, on trouve \[\boxed{S=\left\{-\frac{3\pi}4;-\frac\pi4\right\}.}\] Contrôle. Les deux angles sont compris entre \(-\pi\) et \(\pi\). Par imparité, \(\sin(-\frac\pi4)=-\sin\frac\pi4=-\frac{\sqrt2}{2}\) et \(\sin(-\frac{3\pi}4)=-\sin\frac{3\pi}4=-\frac{\sqrt2}{2}\).

La première branche garde l’entier \(0\) ; la seconde garde l’entier \(-1\). Exiger le même entier dans les deux aurait conduit à rejeter à tort les deux solutions. On doit réunir les valeurs de \(x\) issues des deux familles, et non chercher des entiers communs aux deux filtres.

À reprendre plus tard, avant de relire

Résoudre \(\sin(2x)=0\) sur \(]-\frac\pi2;\pi]\), avant de relire les exemples. Aide : revenir à \(2x=k\pi\). Correction : on obtient \(x=\frac{k\pi}2\). Le domaine impose \(-1<k\leq2\) ; les entiers sont \(0,1,2\), donc \(S=\{0;\frac\pi2;\pi\}\). La valeur \(-\frac\pi2\) donnerait aussi un sinus nul, mais le crochet l’exclut. Le pas \(\frac\pi2\) entre les solutions vient de la division par \(2\), pas d’un changement arbitraire de période du sinus. Je sais faire seul si… je reconstruis les deux angles de même sinus, traite les niveaux particuliers, transforme l’argument et le domaine, sépare le cas constant et reviens toujours à l’inconnue demandée.

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10. Transformer une équation sans perdre ni ajouter de solutions

Avant de poursuivre. Pour des angles \(A,B\), \(\cos A=\cos B\) équivaut à \(A=B+2k\pi\) ou \(A=-B+2k\pi\). L’égalité \(\sin A=\sin B\) équivaut à \(A=B+2k\pi\) ou \(A=\pi-B+2k\pi\). On utilise aussi \(\sin^2x+\cos^2x=1\), \(\sin(2x)=2\sin x\cos x\) et \(\cos(2x)=1-2\sin^2x=2\cos^2x-1\). Ces identités ont été démontrées à partir des formules d’addition.

Commencer par la structure de l’équation

Une expression plus longue ne demande pas forcément une formule nouvelle. Il faut d’abord reconnaître une structure connue : produit, quotient, carré, égalité de deux cosinus ou de deux sinus.

Repérage. L’équation \(\sin x(2\sin x-1)=0\) permet-elle de diviser par \(\sin x\) ?

Réponse. Pas sans séparer le cas \(\sin x=0\), car diviser par un nombre nul est interdit. La structure de produit donne immédiatement deux branches : \(\sin x=0\) ou \(2\sin x-1=0\). Si cette règle est oubliée, reprendre \(y(y-1)=0\) : \(y=0\) convient autant que \(y=1\).

Rappel — Équivalence et implication

Deux équations sont équivalentes sur un domaine si elles ont exactement les mêmes solutions sur ce domaine. On note \(\Longleftrightarrow\) une transformation réversible.

Une implication \(E\Longrightarrow F\) dit seulement que toute solution de \(E\) est solution de \(F\). On peut alors chercher les candidats donnés par \(F\), puis vérifier chacun dans l’équation initiale. Cette vérification élimine les candidats ajoutés ; elle ne répare pas une division qui aurait supprimé des solutions.

Méthode — Choisir le premier geste

  • Un facteur commun dans les deux membres invite à tout ramener dans un membre puis factoriser.

  • Des carrés de sinus et de cosinus invitent à utiliser l’identité fondamentale, puis éventuellement à poser une variable auxiliaire.

  • Deux sinus, ou deux cosinus, d’arguments différents invitent à appliquer la caractérisation d’égalité.

  • Un sinus et un cosinus peuvent être rapprochés par \(\cos t=\sin(\frac\pi2-t)\).

  • Un quotient impose d’abord de déterminer les valeurs interdites.

Avant chaque transformation, noter ce qu’elle permet de simplifier et vérifier qu’elle conserve toutes les solutions du domaine.

Exemple 10.1 — Une égalité de cosinus avec deux arguments

Résoudre \(\cos(2x)=\cos x\) sur \(\mathbb{R}\).

La caractérisation donne deux équations : \[2x=x+2k\pi\quad\text{ou}\quad2x=-x+2k\pi.\] Dans la première, soustraire \(x\) aux deux membres donne \(x=2k\pi\). Dans la seconde, ajouter \(x\) donne \(3x=2k\pi\), puis diviser par \(3\ne0\) donne \(x=\frac{2k\pi}3\).

Il faut réunir les deux familles. Or chaque \(2k\pi\) s’écrit \(\frac{2(3k)\pi}3\) : la première famille est incluse dans la seconde. Ainsi \[\boxed{S=\left\{\frac{2k\pi}3:k\in\mathbb{Z}\right\}.}\] L’inclusion justifie la simplification de l’ensemble. Elle ne vient pas seulement de la ressemblance des formules. Pour contrôler, si \(x=\frac{2k\pi}3\), alors \(2x=-x+2k\pi\) ; par périodicité et parité, \(\cos(2x)=\cos x\).

Exemple 10.2 — Un sinus et un cosinus : convertir la fonction

Résoudre \(\sin x=\cos(2x)\) sur \([0;2\pi]\).

L’identité \(\cos t=\sin(\frac\pi2-t)\) transforme le membre droit en \(\sin(\frac\pi2-2x)\). La caractérisation donne \[x=\frac\pi2-2x+2k\pi \quad\text{ou}\quad x=\pi-\left(\frac\pi2-2x\right)+2k\pi.\] Première branche. Ajouter \(2x\) donne \(3x=\frac\pi2+2k\pi\), puis \[x=\frac\pi6+\frac{2k\pi}3.\] Le domaine impose \[0\leq\frac\pi6+\frac{2k\pi}3\leq2\pi \Longleftrightarrow-\frac\pi6\leq\frac{2k\pi}3\leq\frac{11\pi}6 \Longleftrightarrow-\frac14\leq k\leq\frac{11}4.\] Les entiers sont \(0,1,2\), d’où \(\frac\pi6,\frac{5\pi}6,\frac{3\pi}2\).

Seconde branche. Développer le signe moins donne \(x=\frac\pi2+2x+2k\pi\). Soustraire \(2x\) donne \(-x=\frac\pi2+2k\pi\), donc \(x=-\frac\pi2-2k\pi\). Le filtre \(0\leq x\leq2\pi\) devient \(-\frac54\leq k\leq-\frac14\), donc \(k=-1\). On retrouve \(\frac{3\pi}2\).

Après suppression de ce doublon, \[\boxed{S=\left\{\frac\pi6;\frac{5\pi}6;\frac{3\pi}2\right\}.}\] En \(\frac{3\pi}2\), les deux membres valent \(-1\). En \(\frac\pi6\) et \(\frac{5\pi}6\), ils valent \(\frac12\). Tous les angles sont dans le domaine et les deux branches ont été entièrement traitées.

Une branche peut être impossible ou vraie pour tout \(x\)

Exemple 10.3 — Ne pas fabriquer un entier qui n’existe pas

Résoudre \(\sin x=\cos x\) sur \([-\pi;\pi]\).

Écrire \(\cos x=\sin(\frac\pi2-x)\). Les deux branches sont \[x=\frac\pi2-x+2k\pi \quad\text{ou}\quad x=\pi-\left(\frac\pi2-x\right)+2k\pi.\] La première donne \(2x=\frac\pi2+2k\pi\), donc \(x=\frac\pi4+k\pi\). La seconde donne \(x=\frac\pi2+x+2k\pi\), soit \[0=\frac\pi2+2k\pi\Longleftrightarrow k=-\frac14.\] Mais \(k\) doit être entier : cette branche ne fournit aucune solution.

Dans la première, \(-\pi\leq\frac\pi4+k\pi\leq\pi\) donne \(-\frac54\leq k\leq\frac34\). On garde \(k=-1,0\), d’où \(S=\{-\frac{3\pi}4;\frac\pi4\}\). Pour ces deux angles, les coordonnées du point du cercle sont égales.

Exemple de branche identiquement vraie. Dans \(\cos(x+2\pi)=\cos x\), la première branche est \(x+2\pi=x+2k\pi\). Elle devient \(2\pi=2k\pi\), vraie pour l’entier \(k=1\), quel que soit \(x\). Tous les réels conviennent déjà. L’équation est précisément la propriété de périodicité. On ne doit pas essayer de « diviser par le coefficient de \(x\) » devenu nul.

Exemple 10.4 — Factoriser au lieu de diviser

Résoudre \(\sin x\cos x=\sin x\) sur \(\mathbb{R}\).

On soustrait \(\sin x\) aux deux membres, puis on rend le facteur commun visible : \[\begin{aligned} \sin x\cos x-\sin x&=0,\\ \sin x\cos x-\sin x\times1&=0,\\ \sin x(\cos x-1)&=0. \end{aligned}\] Un produit de deux réels est nul si et seulement si au moins l’un de ses facteurs est nul. Donc \(\sin x=0\) ou \(\cos x-1=0\).

La première branche donne \(x=k\pi\). La seconde donne \(\cos x=1\), donc \(x=2k\pi\). Elle est incluse dans la première. Finalement, \[\boxed{S=\{k\pi:k\in\mathbb{Z}\}.}\] Re-développer le produit redonne la différence initiale. Substituer \(x=\pi\) donne \(0\times(-1)=0\), donc une vraie solution. Une division initiale par \(\sin x\) aurait supprimé cette solution et tous les autres zéros du sinus.

Poser une variable auxiliaire sans oublier sa signification

Méthode — Une équation algébrique sur une valeur trigonométrique

Si l’on pose \(t=\sin x\) ou \(t=\cos x\), on doit conserver \(t\in[-1;1]\).

  1. Résoudre l’équation algébrique en \(t\).

  2. Écarter les racines qui n’appartiennent pas à \([-1;1]\).

  3. Pour chaque valeur restante, résoudre l’équation trigonométrique en \(x\).

  4. Réunir les solutions dans le domaine initial.

Les valeurs de \(t\) ne sont pas les angles cherchés.

Exemple 10.5 — Résoudre \(\cos(2x)=\sin x\) par une variable auxiliaire

Reprenons \(\cos(2x)=\sin x\) sur \([0;2\pi]\). L’identité \(\cos(2x)=1-2\sin^2x\) permet de poser \(t=\sin x\) et d’obtenir \[1-2t^2=t\Longleftrightarrow2t^2+t-1=0.\] On reconnaît la factorisation, que l’on contrôle par développement : \[(2t-1)(t+1)=2t^2+2t-t-1=2t^2+t-1.\] Le produit nul donne \(t=\frac12\) ou \(t=-1\). Les deux valeurs appartiennent à \([-1;1]\).

Retour à \(x\). Sur \([0;2\pi]\), \(\sin x=\frac12\) donne \(\frac\pi6\) et \(\frac{5\pi}6\) ; \(\sin x=-1\) donne \(\frac{3\pi}2\). L’ensemble est donc le même que dans la méthode par égalité de deux sinus.

Cette voie est courte parce que la duplication transforme tout en une seule fonction trigonométrique. La première voie reste utile quand aucun polynôme simple n’apparaît. Dans les deux cas, la réponse finale porte sur \(x\).

Exemple 10.6 — Une racine algébrique peut ne produire aucun angle

Résoudre \(2\cos^2x-5\cos x+2=0\) sur \([-\pi;\pi]\).

Posons \(t=\cos x\in[-1;1]\). Le développement \[(2t-1)(t-2)=2t^2-4t-t+2=2t^2-5t+2\] donne les racines \(t=\frac12\) et \(t=2\). La valeur \(2\) est impossible pour un cosinus ; elle ne fournit donc aucune solution.

Il reste \(\cos x=\frac12\). Sur le domaine demandé, on obtient \[S=\left\{-\frac\pi3;\frac\pi3\right\}.\] Pour contrôler, substituer \(\cos x=\frac12\) dans le membre initial donne \[2\times\frac14-5\times\frac12+2=\frac12-\frac52+2=0.\] La restriction \(t\in[-1;1]\) intervient après la résolution algébrique et avant le retour à l’angle.

Les quotients : conserver le domaine initial

Rappel — Une simplification ne crée pas de nouvelles valeurs autorisées

Une fraction \(\frac{A(x)}{B(x)}\) est définie seulement si \(B(x)\ne0\). Sur ce domaine, multiplier une équation par \(B(x)\) est réversible. Simplifier un facteur commun est également permis lorsqu’il est non nul, mais les exclusions initiales restent valables.

Exemple 10.7 — Une même expression simplifiée, des solutions à filtrer

Résoudre \(\displaystyle \frac{\sin(2x)}{\sin x}=1\)\(\displaystyle \text{sur }[0;2\pi].\) Domaine. On doit imposer \(\sin x\ne0\). Dans l’intervalle, les valeurs \(0,\pi,2\pi\) sont interdites. Le domaine de l’équation est donc \(D=]0;\pi[\cup]\pi;2\pi[\).

Pour \(x\in D\), la duplication puis la simplification donnent \[\frac{\sin(2x)}{\sin x}=\frac{2\sin x\cos x}{\sin x}=2\cos x.\] L’équation est donc équivalente, sur \(D\), à \(2\cos x=1\), soit \(\cos x=\frac12\). Les candidats de \([0;2\pi]\) sont \(\frac\pi3\) et \(\frac{5\pi}3\). Leurs sinus sont non nuls : tous deux appartiennent à \(D\). \[\boxed{S=\left\{\frac\pi3;\frac{5\pi}3\right\}.}\] Le contrôle par \(2\cos x\) vaut \(1\) sur le domaine autorisé.

Variation révélatrice. Si le second membre était \(2\), l’équation simplifiée serait \(\cos x=1\). Ses candidats \(0\) et \(2\pi\) sont tous deux interdits. L’équation initiale aurait donc \(S=\varnothing\). Écrire simplement \(0\) et \(2\pi\) aurait oublié le dénominateur initial.

Mettre au carré : chercher des candidats puis les contrôler

Contre-exemple — Le carré oublie le signe

\(\sin x=\cos x\) implique \(\sin^2x=\cos^2x\), mais la réciproque est fausse. En \(x=\frac{3\pi}4\), les deux carrés valent \(\frac12\), alors que le sinus vaut \(\frac{\sqrt2}2\) et le cosinus \(-\frac{\sqrt2}2\).

Exemple 10.8 — Résoudre avec une étape non réversible

Résoudre \(\sin x+\cos x=1\) sur \([0;2\pi[\).

Toute solution vérifie, après élévation au carré, \[(\sin x+\cos x)^2=1 \Longrightarrow\sin^2x+2\sin x\cos x+\cos^2x=1.\] L’identité fondamentale donne \(1+2\sin x\cos x=1\), donc \(\sin x\cos x=0\). Les candidats sont les angles où l’un des facteurs s’annule : \[0,\quad\frac\pi2,\quad\pi,\quad\frac{3\pi}2.\] Il faut les vérifier dans l’égalité sans carré : \[\begin{array}{c|rrrr} x&0&\frac\pi2&\pi&\frac{3\pi}2\\ \hline \sin x+\cos x&1&1&-1&-1 \end{array}\] On conserve les deux premiers seulement : \[\boxed{S=\left\{0;\frac\pi2\right\}.}\] L’implication de départ garantit que toute solution initiale figurait dans la liste des candidats. Le contrôle final élimine les valeurs qui satisfaisaient le carré mais avaient le mauvais signe. Les deux étapes sont nécessaires à la résolution.

À toi 10.1 — Choisir une transformation et la justifier

Chercher d’abord sans regarder les aides.

  1. Résoudre \(2\sin^2x-\sin x=0\) sur \([0;2\pi[\).

  2. Résoudre \(\cos^2x=\sin^2x\) sur \([0;2\pi[\). Parmi les solutions, lesquelles vérifient aussi \(\cos x=\sin x\) ?

  3. Résoudre \(\frac{\sin(2x)}{\sin x}=-2\) sur \([-\pi;\pi]\).

  4. Expliquer pourquoi la réponse \(\{0;\frac12\}\) est insuffisante pour la question 1.

Aides : chercher un facteur commun en 1 ; utiliser \(\sin^2x+\cos^2x=1\) en 2 ; écrire d’abord les interdits en 3 ; distinguer valeur de la fonction et angle en 4.

Correction expliquée et contrôle.

1. La factorisation est \(\sin x(2\sin x-1)=0\). Les branches sont \(\sin x=0\) ou \(\sin x=\frac12\). La première donne \(0,\pi\) dans le domaine, car \(2\pi\) est exclu. La seconde donne \(\frac\pi6,\frac{5\pi}6\). Ainsi \[S=\left\{0;\frac\pi6;\frac{5\pi}6;\pi\right\}.\] Pour les deux premières valeurs de sinus possibles, le produit vaut respectivement \(0\times(-1)=0\) ou \(\frac12\times0=0\).

2. Remplacer \(\sin^2x\) par \(1-\cos^2x\) donne \(2\cos^2x=1\), donc \(\cos x=\frac{\sqrt2}2\) ou \(\cos x=-\frac{\sqrt2}2\). Les quatre angles du domaine sont \[\frac\pi4,\quad\frac{3\pi}4,\quad\frac{5\pi}4,\quad\frac{7\pi}4.\] L’égalité sans carré garde \(\frac\pi4\) et \(\frac{5\pi}4\), où sinus et cosinus ont le même signe. Dans les deux autres cas, ils sont opposés : leurs carrés sont égaux, pas leurs valeurs.

3. Les valeurs \(-\pi,0,\pi\) sont interdites car leur sinus est nul. Sur le domaine restant, la fraction vaut \(2\cos x\). L’équation impose \(\cos x=-1\), dont les seuls candidats dans \([-\pi;\pi]\) sont \(-\pi\) et \(\pi\). Ils sont interdits ; donc \(S=\varnothing\). Aucun calcul du quotient en ces points n’est possible.

4. Les nombres \(0\) et \(\frac12\) sont les valeurs possibles de \(\sin x\), c’est-à-dire les racines d’une éventuelle variable auxiliaire. La question demande tous les réels \(x\) qui produisent ces valeurs. Il faut résoudre les deux équations trigonométriques, puis appliquer le domaine.

Réparer : la branche nulle a disparu

L’erreur est de simplifier \(\sin x\) dans \(\sin x(2\sin x-1)=0\) sans traiter son annulation. Le rappel décisif est le produit nul : les deux facteurs peuvent produire la valeur \(0\).

Exemple plus simple. \(y(y-1)=0\) donne \(y=0\) ou \(y=1\). Diviser par \(y\) ne conserverait que \(1\).

Nouvel essai. Résoudre \(\cos x(\cos x+1)=0\) sur \([0;2\pi]\). Correction : \(\cos x=0\) donne \(\frac\pi2,\frac{3\pi}2\), tandis que \(\cos x=-1\) donne \(\pi\). La réunion est \(\{\frac\pi2;\pi;\frac{3\pi}2\}\). Revenir à la question 1 : la branche \(\sin x=0\) y apporte les solutions \(0\) et \(\pi\), qu’il faut conserver.

À reprendre plus tard, avant de relire

Résoudre \(2\cos^2x+\cos x-1=0\) sur \([-\pi;\pi]\), puis contrôler les solutions. Aide : poser \(t=\cos x\in[-1;1]\) et chercher deux facteurs. Correction : \[(2t-1)(t+1)=2t^2+t-1,\] donc \(t=\frac12\) ou \(t=-1\). Les deux valeurs sont admissibles. Le retour à \(x\) donne \(\pm\frac\pi3\) pour la première et \(-\pi,\pi\) pour la seconde. Ainsi \(S=\{-\pi;-\frac\pi3;\frac\pi3;\pi\}\). Substituer \(t=\frac12\) donne \(\frac12+\frac12-1=0\) ; substituer \(t=-1\) donne \(2-1-1=0\). Je sais faire seul si… je reconnais la structure, justifie chaque transformation, conserve les valeurs interdites, traite toutes les branches et distingue une racine auxiliaire, un candidat et une solution de l’équation initiale.

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11. Inéquations : du cercle aux intervalles

Avant de poursuivre. Sur le cercle unité, \(\cos x\) est l’abscisse et \(\sin x\) l’ordonnée. Chacune appartient à \([-1;1]\). Ajouter \(2k\pi\), \(k\in\mathbb{Z}\), conserve le point. Sur \([0;\pi]\), cosinus décroît strictement de \(1\) à \(-1\). Sur \([-\frac\pi2;\frac\pi2]\), sinus croît strictement de \(-1\) à \(1\). Une réunion signifie « l’un ou l’autre », une intersection « les deux à la fois ».

Une inéquation demande une zone, pas seulement des points

Une équation comme \(\cos x=\frac12\) repère des angles frontières. Une inéquation comme \(\cos x\leq\frac12\) demande tous les angles dont l’abscisse est au plus \(\frac12\). Les solutions forment généralement des intervalles.

Repérage. Sur \([-\pi;\pi]\), \(0\) vérifie-t-il \(\cos x<\frac12\) ? Et \(\pi\) ?

Réponse expliquée. \(\cos0=1>\frac12\), donc \(0\) ne convient pas. \(\cos\pi=-1<\frac12\), donc \(\pi\) convient. Si ces conclusions sont inversées, retrouver le point droit \((1;0)\) et le point gauche \((-1;0)\) du cercle. Ce test aide à choisir le bon côté, mais il ne remplace pas la détermination de tous les arcs.

Définition — Ensemble solution d’une inéquation

Résoudre \(f(x)\leq c\) sur \(I\), c’est déterminer l’ensemble \[S=\{x\in I:f(x)\leq c\}.\] Deux conditions sont simultanées : appartenir à \(I\) et vérifier l’inégalité. Si l’on a d’abord trouvé les solutions dans \(\mathbb{R}\), on les intersecte avec \(I\).

Méthode — Vérifier le seuil avant de tracer

L’encadrement \(-1\leq\sin x,\cos x\leq1\) règle immédiatement certains cas. Si \(u\) désigne sinus ou cosinus, les règles suivantes valent sur tout domaine \(I\) :

  • si \(c<-1\), \(u(x)\leq c\) n’a aucune solution ; si \(c\geq1\), tous les éléments de \(I\) conviennent ;

  • si \(c>1\), \(u(x)\geq c\) n’a aucune solution ; si \(c\leq-1\), tous les éléments de \(I\) conviennent ;

  • \(u(x)\leq-1\) garde exactement les points où \(u(x)=-1\) ; \(u(x)\geq1\) garde exactement les points où \(u(x)=1\).

Pour les comparaisons strictes, traiter les égalités séparément : \(u(x)<-1\) et \(u(x)>1\) sont impossibles ; \(u(x)<1\) retire les seuls maxima, et \(u(x)>-1\) retire les seuls minima. Si le seuil est strictement entre \(-1\) et \(1\), il faut déterminer les arcs.

Exemples. Sur \([-\pi;\pi]\), \(\cos x\leq1{,}2\) donne tout l’intervalle, tandis que \(\sin x<-1{,}2\) ne donne aucune solution. Le dessin est inutile dans ces deux cas : l’encadrement suffit à justifier les réponses.

Les inéquations du cosinus

Théorème — Caractérisation des deux arcs du cosinus

Soit \(\alpha\in[0;\pi]\). Pour tout réel \(x\), \[\cos x\geq\cos\alpha \Longleftrightarrow x\in\bigcup_{k\in\mathbb{Z}}[-\alpha+2k\pi;\alpha+2k\pi],\] \[\cos x\leq\cos\alpha \Longleftrightarrow x\in\bigcup_{k\in\mathbb{Z}}[\alpha+2k\pi;2\pi-\alpha+2k\pi].\] Le symbole \(\bigcup\) signifie que l’on réunit les intervalles obtenus pour tous les entiers \(k\). Pour \(0<\alpha<\pi\), les versions strictes s’obtiennent en retirant les extrémités de chaque arc. Pour \(\alpha=0\) ou \(\alpha=\pi\), traiter les niveaux extrêmes directement.

Démonstration.

La verticale d’abscisse \(\cos\alpha\) rencontre le cercle aux angles \(\alpha\) et \(-\alpha\). L’arc qui passe par \((1;0)\) contient exactement les points dont l’abscisse est supérieure ou égale à \(\cos\alpha\). On peut le parcourir avec les angles de \([-\alpha;\alpha]\).

L’autre arc passe par \((-1;0)\) : il contient exactement les points dont l’abscisse est inférieure ou égale au seuil. Il se parcourt de \(\alpha\) à \(2\pi-\alpha\), le second angle représentant le même point que \(-\alpha\).

Chaque réel qui vérifie l’inégalité aboutit à un point de l’arc correspondant ; il possède donc l’une des mesures annoncées, à un tour entier près. Réciproquement, chaque angle de ces intervalles aboutit dans le bon demi-plan. Cela prouve les deux sens. Ajouter \(2k\pi\) donne tous les tours. Pour une inégalité stricte, les intersections avec la verticale sont exclues.

Méthode — Résoudre un cosinus sur un intervalle

  1. Traiter le seuil \(c\) et le domaine \(I\).

  2. Si \(-1<c<1\), choisir \(\alpha\in]0;\pi[\) avec \(\cos\alpha=c\).

  3. Tracer la verticale d’abscisse \(c\) : garder la droite pour \(\geq\) ou \(>\), la gauche pour \(\leq\) ou \(<\).

  4. Traduire l’arc en intervalles, puis intersecter avec \(I\).

  5. Contrôler séparément les extrémités, un point d’une zone gardée et un point d’une zone écartée.

Exemple 11.1 — Une inégalité large sur \([-\pi;\pi]\)

Résoudre \(\cos x\leq\frac12\) sur \(I=[-\pi;\pi]\).

L’angle de référence est \(\alpha=\frac\pi3\). Il faut garder l’arc à gauche de la verticale d’abscisse \(\frac12\). Sur l’intervalle demandé, cet arc se traduit par \[\boxed{S=\left[-\pi;-\frac\pi3\right]\cup\left[\frac\pi3;\pi\right].}\] Les quatre bornes se justifient :

  • \(\cos(\pm\frac\pi3)=\frac12\) : l’égalité est autorisée, donc ces bornes sont gardées ;

  • \(\cos(\pm\pi)=-1<\frac12\) : ces bornes du domaine conviennent également ;

  • \(0\) n’est pas dans les intervalles, ce qui est cohérent avec \(\cos0=1>\frac12\).

Autre justification par les variations. Sur \([0;\pi]\), cosinus décroît : après \(\frac\pi3\), ses valeurs sont au plus \(\frac12\), d’où \([\frac\pi3;\pi]\). Par parité, le morceau symétrique \([-\pi;-\frac\pi3]\) convient également. Cette voie est utile si l’on maîtrise les variations et que l’intervalle est symétrique.

Lecture de la figure. Le trait épais est l’arc de cosinus inférieur ou égal à \(\frac12\). La coupure des mesures en \(-\pi\) et \(\pi\) partage cet arc en deux intervalles de réels. Les points pleins gardent les égalités. L’abscisse \(\frac12\) repère la verticale, pas la longueur de l’arc.

Exemple 11.2 — Passer à une inégalité stricte sans ouvrir tous les crochets

Résoudre \(\cos x<\frac12\) sur le même intervalle \([-\pi;\pi]\).

On repart de l’ensemble de l’exemple précédent et on retire les angles qui donnent exactement \(\frac12\) : \(-\frac\pi3\) et \(\frac\pi3\). En revanche, \(-\pi\) et \(\pi\) donnent \(-1\), strictement inférieur à \(\frac12\). Ils restent autorisés. Ainsi \[\boxed{S=\left[-\pi;-\frac\pi3\right[\,\cup\,\left]\frac\pi3;\pi\right].}\] La règle « une inégalité stricte signifie tous les crochets ouverts » est donc fausse. Chaque crochet exprime l’appartenance de sa propre borne à l’ensemble solution.

Les inéquations du sinus : leurs propres arcs

Théorème — Caractérisation des deux arcs du sinus

Soit \(\beta\in[-\frac\pi2;\frac\pi2]\). Pour tout réel \(x\), \[\sin x\geq\sin\beta \Longleftrightarrow x\in\bigcup_{k\in\mathbb{Z}}[\beta+2k\pi;\pi-\beta+2k\pi],\] \[\sin x\leq\sin\beta \Longleftrightarrow x\in\bigcup_{k\in\mathbb{Z}}[-\pi-\beta+2k\pi;\beta+2k\pi].\] Pour \(-\frac\pi2<\beta<\frac\pi2\), les versions strictes excluent les extrémités de chaque arc. Aux deux niveaux extrêmes, on vérifie directement les points où le sinus vaut \(1\) ou \(-1\).

Démonstration.

La droite horizontale d’ordonnée \(\sin\beta\) rencontre le cercle aux angles \(\beta\) et \(\pi-\beta\). Comme \(\beta\in[-\frac\pi2;\frac\pi2]\), le premier point est dans le demi-plan droit et le second dans le demi-plan gauche.

L’arc supérieur, parcouru dans le sens direct de \(\beta\) à \(\pi-\beta\), passe par le point le plus haut du cercle. Ses points ont exactement les ordonnées supérieures ou égales à \(\sin\beta\). On obtient donc les mesures de \([\beta;\pi-\beta]\) et leurs translations de tours.

L’arc inférieur passe par le point le plus bas. Son extrémité gauche peut être représentée par \(-\pi-\beta\), car \[(-\pi-\beta)+2\pi=\pi-\beta.\] Le parcourir de \(-\pi-\beta\) à \(\beta\) donne les points dont l’ordonnée est inférieure ou égale au seuil.

Tout angle satisfaisant l’inégalité aboutit sur le bon arc et possède l’une de ces mesures modulo un tour. Réciproquement, un angle des intervalles annoncés aboutit dans le demi-plan voulu. Les deux sens sont établis. La restriction sur \(\beta\) garantit l’ordre et le choix des arcs ; on ne peut pas remplacer \(\beta\) par n’importe quel angle de même sinus dans ces écritures sans les réexaminer.

Lecture de la figure. Pour \(\sin x\geq-\frac12\), on garde la partie du cercle au-dessus de l’horizontale. Un arc de référence va de \(-\frac\pi6\) à \(\frac{7\pi}6\). L’angle \(\frac{7\pi}6\) peut aussi s’écrire \(-\frac{5\pi}6\) après retrait d’un tour ; ce changement de représentant est nécessaire pour travailler sur \([-\pi;\pi]\).

Exemple 11.3 — Un seuil négatif pour le sinus

Résoudre \(\sin x\geq-\frac12\) sur \(I=[-\pi;\pi]\).

On choisit \(\beta=-\frac\pi6\). Un arc solution est \[A_0=\left[-\frac\pi6;\frac{7\pi}6\right].\] Il dépasse la borne droite de \(I\), donc son intersection avec \(I\) est \([-\frac\pi6;\pi]\).

L’arc précédent est obtenu en retirant \(2\pi\) aux deux bornes : \[A_{-1}=\left[-\frac{13\pi}6;-\frac{5\pi}6\right].\] Il ne garde dans \(I\) que \([-\pi;-\frac{5\pi}6]\). L’arc suivant commence à \(\frac{11\pi}6>\pi\) ; les arcs plus anciens finissent avant \(-\pi\). Il n’y a donc pas d’autre morceau. \[\boxed{S=\left[-\pi;-\frac{5\pi}6\right]\cup\left[-\frac\pi6;\pi\right].}\] Au point \(-\frac\pi2\) situé dans le trou, le sinus vaut \(-1<-\frac12\) : l’exclusion est cohérente. Aux bornes \(-\pi\) et \(\pi\), le sinus vaut \(0\), donc elles sont conservées. Aux deux autres bornes, il vaut exactement \(-\frac12\), permis par l’inégalité large.

Exemple 11.4 — Une intersection peut se réduire à un point

Résoudre \(\sin x\leq0\) sur \([-\pi;\pi]\).

On choisit \(\beta=0\). Les arcs du demi-plan inférieur sont \(\displaystyle [-\pi+2k\pi;2k\pi],\)\(\displaystyle k\in\mathbb{Z}.\) Pour \(k=0\), on obtient \([-\pi;0]\), entièrement dans le domaine. Pour \(k=1\), l’arc \([\pi;2\pi]\) ne rencontre le domaine qu’en \(\pi\). Les autres arcs ne le rencontrent pas. Ainsi \[\boxed{S=[-\pi;0]\cup\{\pi\}.}\] Le point isolé est indispensable : \(\pi\) appartient au domaine et \(\sin\pi=0\leq0\).

Avec \(\sin x<0\), les zéros \(-\pi,0,\pi\) sont exclus et l’ensemble devient \(]-\pi;0[\). Avec le domaine \([-\pi;\pi[\) et l’inégalité large, seule la solution isolée \(\pi\) disparaît : il reste \([-\pi;0]\).

Comprendre les niveaux extrêmes

Exemple 11.5 — Quatre comparaisons avec le même nombre

Sur \([0;2\pi]\), comparons les inéquations de seuil \(1\) pour le sinus.

  • \(\sin x\leq1\) : tous les points conviennent, donc \(S=[0;2\pi]\).

  • \(\sin x>1\) : aucun point ne convient, donc \(S=\varnothing\).

  • \(\sin x\geq1\) : seule l’égalité est possible ; le maximum est atteint en \(\frac\pi2\), donc \(S=\{\frac\pi2\}\).

  • \(\sin x<1\) : on garde tout sauf ce maximum, donc \[S=\left[0;\frac\pi2\right[\,\cup\,\left]\frac\pi2;2\pi\right].\]

Les extrémités \(0\) et \(2\pi\) restent dans la dernière réponse puisque leur sinus vaut \(0<1\). Pour le seuil \(-1\), le même raisonnement porte sur le minimum, atteint ici en \(\frac{3\pi}2\).

À toi 11.1 — Des arcs, des bornes et une justification

  1. Sur \([-\pi;\pi]\), résoudre \(\cos x>0\). Tracer d’abord le demi-plan utile.

  2. Sur \([-\pi;\pi]\), résoudre \(\cos x<-\frac{\sqrt2}2\).

  3. Sur \([0;2\pi]\), résoudre \(\sin x\leq\frac12\).

  4. Sur \([-\pi;\pi[\), résoudre \(\sin x\leq0\) et expliquer la différence avec l’exemple précédent sur l’intervalle fermé.

Aides : pour 1, l’abscisse doit être strictement positive ; pour 2, prendre \(\alpha=\frac{3\pi}4\) ; pour 3, déterminer d’abord où le sinus est strictement supérieur à \(\frac12\) ; pour 4, relire le crochet droit.

Correction expliquée et contrôle.

1. Le demi-plan droit correspond aux angles entre \(-\frac\pi2\) et \(\frac\pi2\). Les extrémités donnent un cosinus nul et sont retirées. On obtient \(S=]-\frac\pi2;\frac\pi2[\). Le point \(0\) donne \(1>0\) et confirme le côté choisi.

2. Le niveau \(-\frac{\sqrt2}2\) est atteint en \(\pm\frac{3\pi}4\). On garde les abscisses encore plus petites, sur l’arc autour du point gauche. L’ensemble est \[S=\left[-\pi;-\frac{3\pi}4\right[\,\cup\,\left]\frac{3\pi}4;\pi\right].\] Les bornes \(\pm\frac{3\pi}4\) sont exclues car elles donnent l’égalité. Les bornes \(\pm\pi\) restent car \(-1<-\frac{\sqrt2}2\).

3. Sur \([0;2\pi]\), le sinus est strictement supérieur à \(\frac12\) exactement sur \(]\frac\pi6;\frac{5\pi}6[\). On garde donc le complémentaire de cet intervalle dans le domaine : \[S=\left[0;\frac\pi6\right]\cup\left[\frac{5\pi}6;2\pi\right].\] Les deux points d’égalité sont conservés. Le point \(\frac{3\pi}2\) donne \(-1\leq\frac12\), donc la partie basse du cercle doit bien figurer dans la réponse.

4. Sur l’intervalle fermé, la réponse est \([-\pi;0]\cup\{\pi\}\). Le nouveau domaine retire seulement \(\pi\), donc \(S=[-\pi;0]\). Les valeurs \(-\pi\) et \(0\) sont des zéros autorisés par le domaine et par l’inégalité large.

Réparer : une inégalité stricte ne décide pas tous les crochets

La première ligne erronée est « strict signifie tous les crochets ouverts ». La bonne question est : cette borne appartient-elle au domaine et vérifie-t-elle l’inégalité ?

Exemple plus simple. Sur \([0;2]\), l’inéquation \(x<1\) a pour solution \([0;1[\) : \(0\) est conservé parce que \(0<1\), alors que \(1\) est exclu.

Nouvel essai. Résoudre \(\cos x<1\) sur \([-\pi;\pi]\). Correction : le cosinus est toujours au plus \(1\) ; l’égalité n’arrive qu’en \(0\) dans le domaine. Ainsi \(S=[-\pi;0[\cup]0;\pi]\). Les extrémités donnent \(-1<1\). Revenir au seuil \(\frac12\) : seules les bornes \(\pm\frac\pi3\) sont retirées, pas \(\pm\pi\).

À reprendre plus tard, avant de relire

Résoudre \(\sin x\geq0\) sur \([-2\pi;\pi]\) et justifier les quatre extrémités. Aide : les arcs supérieurs sont \([2k\pi;\pi+2k\pi]\). Correction : pour \(k=-1\), on obtient \([-2\pi;-\pi]\) ; pour \(k=0\), \([0;\pi]\). Les autres arcs sont hors domaine. Donc \(S=[-2\pi;-\pi]\cup[0;\pi]\). Les quatre extrémités sont des zéros du sinus, gardés parce que l’inégalité est large et le domaine fermé. Sur les deux intervalles, les points du cercle ont une ordonnée positive ou nulle. Je sais faire seul si… je traite le seuil, choisis le bon demi-plan, distingue une équation frontière d’une inéquation, intersecte avec le domaine et justifie séparément chaque crochet et chaque point isolé.

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12. Inéquations composées : arguments et signes

Avant de poursuivre. Pour \(\alpha\in[0;\pi]\), \(\cos t\geq\cos\alpha\) correspond aux arcs \([-\alpha+2k\pi;\alpha+2k\pi]\), avec \(k\in\mathbb{Z}\). Pour \(\beta\in[-\frac\pi2;\frac\pi2]\), \(\sin t\geq\sin\beta\) correspond à \([\beta+2k\pi;\pi-\beta+2k\pi]\) et \(\sin t\leq\sin\beta\) à \([-\pi-\beta+2k\pi;\beta+2k\pi]\). Un argument affine \(t=ax+b\) transforme aussi le domaine ; si \(a<0\), l’ordre des bornes s’inverse. Un quotient exige un dénominateur non nul.

Repérer ce qui change par rapport à une inéquation simple

Dans \(\cos(2x)\leq0\), le cercle renseigne sur l’angle \(2x\). Dans \(2\sin^2x-\sin x\leq0\), il faut étudier un produit portant sur une valeur du sinus. Dans un quotient, le signe du dénominateur compte en plus de son annulation.

Repérage. Que devient \(0\leq x\leq\pi\) lorsqu’on pose \(t=-2x+\frac\pi3\) ?

Réponse expliquée. Multiplier par \(-2\) inverse les deux sens : \(0\geq-2x\geq-2\pi\). Ajouter \(\frac\pi3\) donne \(\frac\pi3\geq t\geq-\frac{5\pi}3\). Après remise en ordre, \[t\in\left[-\frac{5\pi}3;\frac\pi3\right].\] Si l’ordre est difficile, calculer les deux images des bornes et rappeler que la fonction affine décroît. La notation d’intervalle doit toujours ranger la plus petite borne à gauche.

Méthode — Changer l’argument et revenir à l’inconnue

  1. Identifier le domaine initial \(I\) et poser l’angle \(t=ax+b\).

  2. Calculer son intervalle \(J\) quand \(x\) parcourt \(I\).

  3. Résoudre l’inéquation trigonométrique en \(t\), puis intersecter les arcs avec \(J\).

  4. Traduire chaque intervalle ou point conservé en une condition sur \(x\).

  5. Contrôler les bornes dans l’inéquation initiale.

L’intersection peut conserver un arc complet, un morceau, un point isolé ou rien. On ne garde donc pas seulement les arcs dont les deux extrémités appartiennent à \(J\).

Exemple 12.1 — Un argument positif et deux morceaux

Résoudre \(\sin(2x-\frac\pi2)\leq0\) pour \(x\in[0;\pi]\).

Posons \(t=2x-\frac\pi2\). Comme le coefficient \(2\) est positif, \(t\) parcourt \(J=[-\frac\pi2;\frac{3\pi}2]\). Les arcs du demi-plan inférieur sont \([-\pi+2k\pi;2k\pi]\).

Dans \(J\), l’arc \([-\pi;0]\) garde \([-\frac\pi2;0]\) ; l’arc \([\pi;2\pi]\) garde \([\pi;\frac{3\pi}2]\). Les autres ne rencontrent pas \(J\).

Pour le premier morceau, \[-\frac\pi2\leq2x-\frac\pi2\leq0 \Longleftrightarrow0\leq2x\leq\frac\pi2 \Longleftrightarrow0\leq x\leq\frac\pi4.\] Pour le second, \[\pi\leq2x-\frac\pi2\leq\frac{3\pi}2 \Longleftrightarrow\frac{3\pi}2\leq2x\leq2\pi \Longleftrightarrow\frac{3\pi}4\leq x\leq\pi.\] Ainsi \[\boxed{S=\left[0;\frac\pi4\right]\cup\left[\frac{3\pi}4;\pi\right].}\] Aux bornes \(x=0,\pi\), les sinus valent \(-1\). Aux deux bornes intérieures, ils valent \(0\), autorisé par \(\leq\). Au milieu \(x=\frac\pi2\), l’argument vaut \(\frac\pi2\), dont le sinus \(1\) ne convient pas : le trou est justifié.

Proposition — Sélectionner les arcs fermés qui rencontrent un intervalle

Soient \(J=[L;U]\) avec \(L\leq U\) et \(A_k=[r+2k\pi;s+2k\pi]\) avec \(r\leq s\). L’intersection est non vide si et seulement si \(\displaystyle r+2k\pi\leq U\)\(\displaystyle \text{et}\)\(\displaystyle s+2k\pi\geq L.\) Cela équivaut à \[\frac{L-s}{2\pi}\leq k\leq\frac{U-r}{2\pi}.\] On sélectionne les entiers de cet intervalle, puis on calcule chaque intersection. Si un arc ou le domaine est ouvert, un contact réduit à une borne doit être contrôlé séparément.

Démonstration.

Deux intervalles fermés se rencontrent exactement lorsque le début du premier n’est pas après la fin du second, et que sa fin n’est pas avant le début du second. Ce sont les deux inégalités annoncées. En soustrayant les constantes, puis en divisant par \(2\pi>0\), on obtient l’encadrement de \(k\). Une fois l’entier choisi, l’intersection va du plus grand des débuts au plus petit des fins ; si ces deux nombres sont égaux, elle se réduit à ce point.

Exemple simple. \([-2;1]\cap[1;3]=\{1\}\), alors que \([-2;1[\cap[1;3]=\varnothing\). Le point de contact doit appartenir aux deux ensembles.

Exemple 12.2 — Un coefficient négatif et une solution isolée

Résoudre \(\cos(-2x+\frac\pi3)\geq\frac12\) pour \(x\in[0;\pi]\).

L’angle \(t=-2x+\frac\pi3\) parcourt \(J=[-\frac{5\pi}3;\frac\pi3]\). Le niveau \(\frac12=\cos(\frac\pi3)\) donne les arcs \[A_k=\left[-\frac\pi3+2k\pi;\frac\pi3+2k\pi\right].\] Pour qu’ils rencontrent \(J\), la proposition impose \[\frac{-\frac{5\pi}3-\frac\pi3}{2\pi}\leq k \leq\frac{\frac\pi3+\frac\pi3}{2\pi}, \quad\text{soit}\quad-1\leq k\leq\frac13.\] Il suffit donc de traiter \(k=-1\) et \(k=0\).

Pour \(k=0\). L’arc \([-\frac\pi3;\frac\pi3]\) appartient à \(J\). Revenir à \(x\) donne \[\begin{aligned} -\frac\pi3\leq-2x+\frac\pi3\leq\frac\pi3 &\Longleftrightarrow-\frac{2\pi}3\leq-2x\leq0\\ &\Longleftrightarrow\frac\pi3\geq x\geq0. \end{aligned}\] La division par \(-2\) a inversé les deux sens. Après remise en ordre, \(x\in[0;\frac\pi3]\).

Pour \(k=-1\). L’arc est \([-\frac{7\pi}3;-\frac{5\pi}3]\). Il ne garde dans \(J\) que le point \(-\frac{5\pi}3\). L’équation correspondante est \[-2x+\frac\pi3=-\frac{5\pi}3\Longleftrightarrow-2x=-2\pi\Longleftrightarrow x=\pi.\] Ainsi \[\boxed{S=\left[0;\frac\pi3\right]\cup\{\pi\}.}\] Contrôles. En \(x=0\) et en \(x=\frac\pi3\), le cosinus vaut \(\frac12\). En \(x=\frac\pi6\), l’argument est \(0\) et le cosinus vaut \(1\), donc l’intérieur convient. En \(x=\frac\pi2\), il vaut \(-\frac12\) : cette valeur doit bien être exclue. En \(x=\pi\), il vaut \(\frac12\), ce qui confirme le point isolé.

Variation stricte. Avec \(>\) à la place de \(\geq\), les trois valeurs donnant l’égalité sont retirées. Il reste \(]0;\frac\pi3[\) ; le point isolé disparaît.

Quand l’argument est constant

Si \(a=0\) dans \(\sin(ax+b)\leq c\) ou \(\cos(ax+b)\geq c\), l’inéquation ne dépend plus de \(x\). On évalue la comparaison numérique : vraie, elle donne tout le domaine demandé ; fausse, elle donne l’ensemble vide.

Exemples. \(\cos(0x+\pi)\geq0\) est toujours fausse puisque \(-1\geq0\) est faux. En revanche, \(\sin(0x+\frac\pi6)\leq\frac12\) est toujours vraie puisque son membre gauche vaut \(\frac12\). Aucune division par \(a\) n’est autorisée dans ces cas.

Produits : organiser les signes avant de revenir au cercle

Méthode — Une inéquation sur une valeur auxiliaire

Poser \(t=\sin x\) ou \(t=\cos x\) peut transformer l’inéquation en une inéquation algébrique. Garder \(t\in[-1;1]\), factoriser, étudier les signes, puis traduire toutes les conditions obtenues en ensembles d’angles. Une double condition sur \(t\) devient une intersection ; deux possibilités deviennent une réunion.

Exemple 12.3 — Un produit et une double condition sur le sinus

Résoudre \(2\sin^2x-\sin x\leq0\) sur \([0;2\pi]\).

Posons \(t=\sin x\in[-1;1]\). La factorisation donne \[2t^2-t=t(2t-1).\] Les deux facteurs s’annulent en \(0\) et en \(\frac12\). Sur \([-1;0[\), ils sont tous deux négatifs ; entre \(0\) et \(\frac12\), le premier est positif et le second négatif ; après \(\frac12\), ils sont tous deux positifs.

Lecture de la figure. Les deux zéros du produit sont alignés sous les valeurs \(0\) et \(\frac12\). Entre eux, les facteurs ont des signes opposés et le produit est négatif. L’étude est limitée à \([-1;1]\), ensemble des valeurs possibles de \(t=\sin x\). Aucune valeur du tableau n’est interdite.

Ainsi le produit est inférieur ou égal à \(0\) exactement lorsque \[0\leq t\leq\frac12.\] Il faut maintenant résoudre les deux conditions à la fois : \(\displaystyle \sin x\geq0\)\(\displaystyle \text{et}\)\(\displaystyle \sin x\leq\frac12.\) Sur \([0;2\pi]\), la première donne \([0;\pi]\cup\{2\pi\}\). La seconde donne \([0;\frac\pi6]\cup[\frac{5\pi}6;2\pi]\). Leur intersection est \[\boxed{S=\left[0;\frac\pi6\right]\cup\left[\frac{5\pi}6;\pi\right]\cup\{2\pi\}.}\] Le point \(2\pi\) reste parce que le sinus y vaut \(0\). En \(\frac\pi2\), l’expression initiale vaut \(2-1=1>0\) ; en \(\frac{3\pi}2\), elle vaut \(2+1=3>0\). Ces deux contrôles confirment les zones retirées.

Quotients : le signe et le domaine sont deux exigences

Propriété — Signe d’un quotient

Si \(B\ne0\), le quotient \(A/B\) est positif lorsque \(A\) et \(B\) ont le même signe, négatif lorsqu’ils ont des signes contraires. Il est nul si et seulement si \(A=0\) et \(B\ne0\).

On ne multiplie donc pas une inéquation par un dénominateur de signe inconnu en conservant automatiquement son sens. On étudie les signes ou l’on sépare les cas.

Démonstration.

Si \(B>0\), diviser par \(B\) conserve le signe de \(A\). Si \(B<0\), écrire \(B=-|B|\) montre que le quotient est l’opposé de \(A/|B|\) : le signe est inversé. Un quotient de dénominateur non nul est nul exactement lorsque son numérateur est nul.

Exemple 12.4 — Un vrai tableau de signes avec valeurs interdites

Résoudre \(\displaystyle \frac{\cos x-1}{\sin x}\geq0\)\(\displaystyle \text{sur }[-\pi;\pi].\) Domaine. Le dénominateur s’annule en \(-\pi,0,\pi\). Ces trois nombres sont interdits. On travaille donc sur \(D=]-\pi;0[\cup]0;\pi[\).

Numérateur. Puisque \(\cos x\leq1\), on a \(\cos x-1\leq0\). L’égalité n’arrive qu’en \(0\) sur l’intervalle considéré ; ce point étant exclu, le numérateur est strictement négatif sur \(D\).

Dénominateur. Le sinus est négatif sur \(]-\pi;0[\) et positif sur \(]0;\pi[\). On obtient le tableau suivant.

Lecture de la figure. La dernière ligne comporte une double barre en chaque valeur interdite. En \(0\), le numérateur et le dénominateur sont tous deux nuls, mais le quotient n’est pas défini : on n’écrit pas \(0\) dans sa ligne. Les signes du quotient viennent de la combinaison des deux lignes précédentes.

Le quotient est positif exactement sur \(]-\pi;0[\) et ne s’annule jamais sur son domaine. Ainsi \[\boxed{S=]-\pi;0[.}\] Pour contrôler, en \(x=-\frac\pi2\) il vaut \(\frac{-1}{-1}=1\), tandis qu’en \(x=\frac\pi2\) il vaut \(\frac{-1}{1}=-1\). Aucun crochet ne peut réintroduire les valeurs interdites, même si l’inégalité est large.

Un carré impose souvent deux zones

Exemple 12.5 — Réunir deux conditions sur le cosinus

Résoudre \(\cos^2x\geq\frac14\) sur \([0;2\pi]\).

Pour un réel \(t\), \(t^2\geq\frac14\) équivaut à \((t-\frac12)(t+\frac12)\geq0\). Le produit est positif ou nul en dehors des deux racines : \[t\leq-\frac12\quad\text{ou}\quad t\geq\frac12.\] Avec \(t=\cos x\), la première condition donne \([\frac{2\pi}3;\frac{4\pi}3]\). La seconde donne \([0;\frac\pi3]\cup[\frac{5\pi}3;2\pi]\). On réunit : \[\boxed{S=\left[0;\frac\pi3\right]\cup\left[\frac{2\pi}3;\frac{4\pi}3\right]\cup\left[\frac{5\pi}3;2\pi\right].}\] Le point \(\pi\) doit être gardé : son cosinus vaut \(-1\), dont le carré vaut \(1\geq\frac14\). La seule condition \(\cos x\geq\frac12\) aurait perdu toute la zone centrale. Le carré contrôle la distance à \(0\), pas seulement les valeurs positives.

À toi 12.1 — Trois recherches et un contrôle de logique

Chercher d’abord sans consulter les aides.

  1. Résoudre \(\sin(-x)\geq0\) sur \([-\pi;\pi]\).

  2. Résoudre \(\sin x\cos x\geq0\) sur \([0;2\pi]\).

  3. Résoudre \(\frac{\cos x}{\sin x}>0\) sur \([-\pi;\pi]\).

  4. Pour la première question, expliquer pourquoi l’ensemble n’est pas \([0;\pi]\).

Aides : en 1, \(\sin(-x)=-\sin x\) ; en 2, ranger les zéros des deux facteurs puis comparer leurs signes ; en 3, traiter les zéros du dénominateur avant les signes ; en 4, tester \(x=\frac\pi2\).

Correction expliquée et contrôle.

1. Par imparité, l’inéquation devient \(-\sin x\geq0\). Multiplier par \(-1\) inverse le sens : \(\sin x\leq0\). On obtient \[S=[-\pi;0]\cup\{\pi\}.\] Le point isolé \(\pi\) est autorisé et donne \(\sin(-\pi)=0\). Un point de l’intérieur, \(-\frac\pi2\), donne \(\sin(\frac\pi2)=1\geq0\).

2. Les zéros à ranger sont \(0,\frac\pi2,\pi,\frac{3\pi}2,2\pi\). Dans les quatre intervalles successifs, les signes de \((\sin x,\cos x)\) sont respectivement \((+,+)\), \((+,-)\), \((-,-)\) et \((-,+)\). Le produit a donc les signes \(+,-,+,-\).

L’inégalité est large : tous les zéros sont conservés. L’ensemble est \[S=\left[0;\frac\pi2\right]\cup\left[\pi;\frac{3\pi}2\right]\cup\{2\pi\}.\] Le point \(2\pi\) appartient au domaine, annule le sinus et reste isolé après le dernier intervalle où le produit est négatif. En \(\frac{5\pi}4\), les deux facteurs sont négatifs, donc leur produit est positif : cette zone doit être gardée.

3. Le domaine exclut \(-\pi,0,\pi\). Les zéros du numérateur sont \(-\frac\pi2\) et \(\frac\pi2\) ; ils sont aussi exclus de la réponse puisque l’inégalité est stricte. Sur \(]-\pi;-\frac\pi2[\), les deux facteurs sont négatifs, donc le quotient est positif. Sur \(]-\frac\pi2;0[\), le cosinus est positif et le sinus négatif, donc le quotient est négatif. Sur \(]0;\frac\pi2[\), les deux sont positifs. Sur \(]\frac\pi2;\pi[\), ils sont de signes contraires. Ainsi \[S=\left]-\pi;-\frac\pi2\right[\,\cup\,\left]0;\frac\pi2\right[.\] Par exemple, le quotient vaut \(1\) en \(-\frac{3\pi}4\) et en \(\frac\pi4\), ce qui confirme les deux zones gardées.

4. En \(x=\frac\pi2\), le membre initial vaut \(\sin(-\frac\pi2)=-1\), qui n’est pas positif. Le signe moins dans l’argument transforme l’inégalité en \(\sin x\leq0\), pas en \(\sin x\geq0\). Il faut suivre l’identité puis l’opération sur l’inégalité, au lieu de supprimer le signe moins.

Réparer : un arc partiellement hors domaine peut compter

La première erreur serait de supprimer l’arc \([-\frac{7\pi}3;-\frac{5\pi}3]\) dans l’exemple affine parce que sa borne gauche n’appartient pas à \(J\). Le critère n’est pas « les deux bornes sont dedans », mais « les deux ensembles ont-ils un élément commun ? ».

Exemple plus simple. \([-2;1]\cap[1;3]=\{1\}\) : l’intersection peut être un point.

Nouvel essai. Comparer \(]0;2[\cap[2;4]\) et \(]0;2]\cap[2;4]\). Correction : la première intersection est vide, car \(2\) n’appartient pas au premier intervalle ; la seconde vaut \(\{2\}\), car il appartient aux deux. Revenir à l’arc de l’exemple : les deux bornes en contact sont fermées, donc \(-\frac{5\pi}3\) doit être conservé, puis donne \(x=\pi\).

À reprendre plus tard, avant de relire

Résoudre \(\cos(2x)\leq0\) sur \([0;\pi]\), puis justifier les bornes et un point intérieur. Aide : poser \(t=2x\) et transformer aussi le domaine. Correction : \(t\) parcourt \([0;2\pi]\). Le demi-plan gauche donne \(t\in[\frac\pi2;\frac{3\pi}2]\). Diviser les trois membres par \(2>0\) conserve les sens : \[x\in\left[\frac\pi4;\frac{3\pi}4\right].\] Aux extrémités, le cosinus vaut \(0\), autorisé par \(\leq\). Au milieu \(x=\frac\pi2\), il vaut \(\cos\pi=-1\), donc l’intervalle est du bon côté. En \(x=0\), il vaut \(1\), ce qui confirme l’exclusion de la première zone. Je sais faire seul si… je transforme le domaine avec l’argument, calcule les intersections d’arcs, conserve les points isolés, distingue réunion et intersection et construis un tableau de signes sans réintroduire un dénominateur nul.

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13. Étudier une fonction construite avec sinus et cosinus

Avant de poursuivre. Dans cette unité, tous les angles sont en radians. On utilise \(\sin' x=\cos x\), \(\cos' x=-\sin x\) et \(\sin^2x+\cos^2x=1\). Pour une fonction \(u\) dérivable, \((\sin u)'=u'\cos u\) et \((\cos u)'=-u'\sin u\). Un quotient n’est défini qu’aux points où son dénominateur est non nul.

Une étude de fonction relie plusieurs questions : où la fonction existe-t-elle ? Quelles symétries possède-t-elle ? Quand augmente-t-elle ? Quelles valeurs extrêmes atteint-elle ? Le calcul de la dérivée est un outil pour répondre à ces questions ; il ne constitue pas, à lui seul, une étude complète.

Repérage — Valeur, pente et domaine

Avant de poursuivre, répondre sur papier : (a) si \(f'(x)<0\), a-t-on nécessairement \(f(x)<0\) ? (b) le quotient \(1/(2+\cos x)\) peut-il avoir un dénominateur nul ? (c) quelle opération extérieure reconnaît-on dans \(\sin^2x\) ?

Correction expliquée et contrôle.

(a) Non. Pour \(f(x)=10-x\), la dérivée vaut \(-1\) partout, alors que \(f(0)=10>0\). Le signe de \(f'\) indique une variation ; le signe de \(f\) indique une position par rapport à l’axe des abscisses. (b) Comme \(-1\leq\cos x\leq1\), on a \(1\leq2+\cos x\leq3\) : le dénominateur ne s’annule pas. (c) On élève au carré la valeur \(\sin x\) : la fonction extérieure est \(v\mapsto v^2\). Si ces trois gestes posent problème, commencer par les rappels suivants avant les études.

Rappels — Les règles d’analyse effectivement utilisées

Sur un intervalle où les expressions sont définies et dérivables, \(\displaystyle (uv)'=u'v+uv',\)\(\displaystyle \left(\frac uv\right)'=\frac{u'v-uv'}{v^2}\quad(v\ne0),\)\(\displaystyle (u^2)'=2uu'.\) Si \(f'\geq0\) sur un intervalle, \(f\) y est croissante ; si \(f'\leq0\), elle y est décroissante. Si le signe est strict à l’intérieur, les variations sont strictes. Ces théorèmes de dérivation sont des résultats antérieurs utilisés ici.

Un maximum sur un ensemble \(I\) est une valeur \(f(a)\), avec \(a\in I\), telle que \(f(x)\leq f(a)\) pour tout \(x\in I\). Un majorant non atteint n’est pas un maximum. Une dérivée nulle donne un point à examiner ; elle n’assure pas, à elle seule, un extremum.

Méthode — Organiser une étude

  1. Déterminer le domaine. Chercher les valeurs interdites avant de simplifier.

  2. Examiner les symétries et les périodes. Calculer \(f(-x)\) ou \(f(x+T)\) ; une ressemblance graphique ne suffit pas. Réduire l’intervalle d’étude seulement si la propriété est établie.

  3. Dériver en nommant la structure. Écrire le produit, le quotient ou la composition, puis substituer les dérivées de chaque élément.

  4. Transformer la dérivée pour lire son signe. Un produit factorisé, un carré positif ou un seuil du cosinus est souvent plus utile qu’une expression développée.

  5. Calculer les valeurs nécessaires. Inclure les bornes autorisées, les limites aux bornes exclues et les points où la dérivée s’annule.

  6. Dresser le tableau et conclure. Donner les intervalles de variation et les extrema effectivement demandés, puis contrôler avec quelques valeurs ou une autre méthode.

Un graphique intervient après l’étude pour la représenter et la contrôler. Une erreur dans le domaine ou dans une borne ne disparaît pas parce que la courbe paraît plausible.

Exemple 13.1 — Un quotient : \(q(x)=\dfrac{\sin x}{2+\cos x}\)

On veut étudier \(q\) sur \([-\pi;\pi]\).

1. Domaine et réduction de l’étude. L’encadrement \(2+\cos x\geq1>0\) montre que \(q\) est définie et dérivable sur \(\mathbb{R}\). Il n’y a aucune valeur interdite. Par parité, \[q(-x)=\frac{\sin(-x)}{2+\cos(-x)} =\frac{-\sin x}{2+\cos x}=-q(x).\] La fonction est impaire. Les deux composants reprennent leurs valeurs après \(2\pi\), donc \(q(x+2\pi)=q(x)\) : \(2\pi\) est une période. Pour l’intervalle demandé, on peut étudier \([0;\pi]\), puis utiliser la symétrie centrale.

2. Dérivée : conserver les deux signes moins. Posons \(u(x)=\sin x\) et \(v(x)=2+\cos x\). Alors \(u'(x)=\cos x\) et \(v'(x)=-\sin x\). Ainsi, \[\begin{align*} q'(x) &=\frac{u'(x)v(x)-u(x)v'(x)}{v(x)^2}\\ &=\frac{\cos x(2+\cos x)-\sin x(-\sin x)}{(2+\cos x)^2}\\ &=\frac{2\cos x+\cos^2x+\sin^2x}{(2+\cos x)^2}\\ &=\frac{2\cos x+1}{(2+\cos x)^2}. \end{align*}\] Le second produit devient positif parce que \(-\sin x(-\sin x)=+\sin^2x\). L’identité fondamentale réduit ensuite la somme des deux carrés à \(1\).

3. Signe et valeurs. Le dénominateur est strictement positif, donc \(q'\) a le signe de \(2\cos x+1\). Sur \([0;\pi]\), cosinus décroît strictement de \(1\) à \(-1\). L’équation \(2\cos x+1=0\) équivaut à \(\cos x=-1/2\), donc à \(x=2\pi/3\) dans cet intervalle. Le signe est positif avant ce point et négatif après. \(\displaystyle q(0)=0,\)\(\displaystyle q(\pi)=0,\) \[q\left(\frac{2\pi}3\right) =\frac{\frac{\sqrt3}2}{2-\frac12} =\frac{\frac{\sqrt3}2}{\frac32} =\frac{\sqrt3}2\times\frac23 =\frac{\sqrt3}3.\] Diviser par \(3/2\ne0\) revient à multiplier par son inverse \(2/3\). L’imparité donne \(q(-2\pi/3)=-\sqrt3/3\).

Lecture de la figure. La fonction décroît de \(0\) à son minimum, croît ensuite jusqu’à son maximum, puis décroît vers \(0\). Le point \(x=0\) figure dans le tableau pour montrer la symétrie ; ce n’est pas un zéro de la dérivée.

Conclusion. Sur \([-\pi;\pi]\), le minimum est \(-\sqrt3/3\), atteint uniquement en \(-2\pi/3\), et le maximum est \(\sqrt3/3\), atteint uniquement en \(2\pi/3\). La dérivée est positive entre les deux points critiques : la courbe y monte, y compris lorsque ses ordonnées sont encore négatives.

Lecture de la figure. Les extrema sont obtenus par le calcul, puis placés sur la courbe. La symétrie centrale par rapport à l’origine et l’absence de branche infinie correspondent respectivement à l’imparité et au dénominateur toujours positif.

Exemple 13.2 — Une somme : rendre le signe de la dérivée visible

Étudions \(f(x)=\sin x+\frac12\sin(2x)\) sur \([0;\pi]\). La fonction est définie et dérivable sur \(\mathbb{R}\). Comme sinus est impair, les deux termes sont impairs ; leur somme l’est aussi. Le nombre \(2\pi\) est une période commune, donc une période de la somme. Cela n’établit pas automatiquement une période fondamentale.

La dérivée de \(\sin(2x)\) est \(2\cos(2x)\). On obtient \[\begin{align*} f'(x)&=\cos x+\frac12\times2\cos(2x)\\ &=\cos x+\cos(2x)\\ &=\cos x+2\cos^2x-1. \end{align*}\] Pourquoi transformer ? Une somme de cosinus n’a pas un signe directement lisible. La duplication permet d’obtenir un polynôme en \(t=\cos x\). Or \[(2t-1)(t+1)=2t^2+2t-t-1=2t^2+t-1.\] Ainsi, \[f'(x)=(2\cos x-1)(\cos x+1).\] Sur \([0;\pi[\), \(\cos x+1>0\), puis ce facteur s’annule en \(\pi\). Le facteur \(2\cos x-1\) s’annule en \(\pi/3\), est positif avant et négatif après.

Lecture de la figure. Le tableau de signes fait apparaître les deux causes possibles d’un zéro de \(f'\). Le zéro en \(\pi\) est à la borne ; il ne crée pas un nouvel intervalle de variation dans le domaine étudié.

Les valeurs nécessaires sont \(f(0)=f(\pi)=0\) et \[f\left(\frac\pi3\right) =\frac{\sqrt3}2+\frac12\times\frac{\sqrt3}2 =\frac{2\sqrt3}4+\frac{\sqrt3}4 =\frac{3\sqrt3}4.\]

Conclusion et contrôle. Le maximum sur \([0;\pi]\) vaut \(3\sqrt3/4\) et est atteint uniquement en \(\pi/3\). Une autre écriture, \[f(x)=\sin x+\sin x\cos x=\sin x(1+\cos x),\] confirme que \(f(x)\geq0\) sur cet intervalle et que les deux bornes donnent \(0\). Elle ne donne pas, à elle seule, la position du maximum : les deux facteurs varient simultanément.

Exemple 13.3 — Un argument non affine : \(r(x)=\cos(x^2)\)

Étudions \(r\) sur \([-\sqrt\pi;\sqrt\pi]\). La fonction est définie et dérivable sur \(\mathbb{R}\), et elle est paire puisque \((-x)^2=x^2\).

La chaîne fait intervenir \(u(x)=x^2\) et \(u'(x)=2x\) : \[r'(x)=-\sin(x^2)\times2x=-2x\sin(x^2).\] Pour \(0<x<\sqrt\pi\), on a \(0<x^2<\pi\), donc \(\sin(x^2)>0\). Le facteur \(-2x\) est négatif, donc \(r'(x)<0\). Pour \(-\sqrt\pi<x<0\), l’argument \(x^2\) est encore dans \(]0;\pi[\) ; cette fois \(-2x>0\), donc \(r'(x)>0\). Enfin \(r'(0)=0\).

Les valeurs sont \(r(-\sqrt\pi)=\cos\pi=-1\), \(r(0)=1\) et \(r(\sqrt\pi)=-1\).

Lecture de la figure. La fonction paire possède un tableau symétrique : elle monte à gauche de \(0\) et descend à droite. On ne prolonge pas ce tableau à tout \(\mathbb{R}\) : lorsque \(x^2\) dépasse \(\pi\), le signe du sinus doit être réexaminé.

À retenir. Le domaine parcouru par l’argument est une étape de l’étude. La présence d’un cosinus ne suffit pas à transmettre à la composée une période de \(2\pi\).

Exemple 13.4 — Un dénominateur qui s’annule : \(h(x)=1/\cos x\)

Le domaine global est \[D=\mathbb{R}\setminus\left\{\frac\pi2+k\pi\;:\;k\in\mathbb{Z}\right\}.\] On étudie ici une seule branche : \(I=]-\pi/2;\pi/2[\). Sur cet intervalle, \(\cos x>0\). En dérivant l’inverse, \[h'(x)=-\frac{(\cos x)'}{\cos^2x} =-\frac{-\sin x}{\cos^2x} =\frac{\sin x}{\cos^2x}.\] Le dénominateur est strictement positif. Le sinus est négatif sur \(]-\pi/2;0[\) et positif sur \(]0;\pi/2[\). Ainsi \(h\) décroît puis croît. En \(0\), \(h(0)=1\).

Aux deux bornes, en restant à l’intérieur de \(I\), \(\cos x\) tend vers \(0\) par valeurs positives ; son inverse tend donc vers \(+\infty\). Les signes \(+\) sont indispensables : ils déterminent le sens de la limite infinie.

Lecture de la figure. Les doubles barres désignent les deux valeurs interdites. Les symboles \(+\infty\) expriment des limites à l’intérieur de l’intervalle ; ils ne sont pas des valeurs prises par la fonction. Le minimum \(1\) est, lui, atteint en \(0\).

Contrôle direct. Sur \(I\), \(0<\cos x\leq1\), donc \(1/\cos x\geq1\), avec égalité si et seulement si \(\cos x=1\), soit \(x=0\) dans \(I\). Cette seconde voie retrouve le minimum sans remplacer l’étude des variations.

Deux autres structures à reconnaître

Produit avec la variable. Pour \(p(x)=x\sin x\) sur \([0;\pi/2]\), \[p'(x)=1\times\sin x+x\times\cos x.\] À l’intérieur, \(\sin x>0\), \(x>0\) et \(\cos x>0\), donc la somme est positive. La fonction croît strictement de \(0\) à \(\pi/2\). Ce raisonnement utilise la fenêtre : sur d’autres intervalles, les deux termes n’ont plus nécessairement le même signe. En outre \(p(\pi/2)=\pi/2\) et \(p(\pi/2+2\pi)=5\pi/2\) ; \(p\) n’a donc pas la période \(2\pi\) malgré le facteur sinus.

Carré d’une valeur. Pour \(s(x)=\sin^2x\), l’opération extérieure est le carré : \[s'(x)=2\sin x\times\cos x.\] Sur \([0;\pi]\), \(\sin x\) est positif à l’intérieur ; le signe de \(s'\) est donc celui du cosinus. Ainsi \(s\) croît de \(0\) à \(1\) sur \([0;\pi/2]\), puis décroît de \(1\) à \(0\) sur \([\pi/2;\pi]\). Il ne faut pas dériver \(\sin^2x\) comme \(\sin(x^2)\) : ces deux écritures décrivent des compositions différentes.

Contre-exemple — Une dérivée nulle sans extremum

Pour \(F(x)=\sin^3x\), on a \(F'(x)=3\sin^2x\cos x\) et \(F'(0)=0\). Pourtant, près de \(0\), \(F(x)<0\) à gauche et \(F(x)>0\) à droite. Il existe donc des valeurs plus petites et plus grandes que \(F(0)=0\) aussi près que l’on veut de \(0\) : aucun extremum local n’y est atteint. Une tangente horizontale n’impose pas un sommet.

Une équation : prouver l’existence, puis approcher

Résoudre \(\cos x=x\) sur \([0;1]\) ne se ramène pas à \(\cos x=a\) avec une constante connue. Posons \(G(x)=\cos x-x\).

Rappel — Théorème des valeurs intermédiaires et unicité

Si une fonction est continue sur \([a;b]\) et si ses valeurs aux bornes sont de signes opposés, elle s’annule au moins une fois entre \(a\) et \(b\). Si elle est, de plus, strictement monotone, ce zéro est unique. La continuité donne l’existence ; la stricte monotonie donne l’unicité. Ce théorème est un résultat antérieur d’analyse, utilisé dans cette application.

\(G\) est continue sur \([0;1]\), car cosinus et l’identité le sont. On a \(G(0)=1>0\) et \(G(1)=\cos1-1<0\) : comme \(0<1<\pi/2\) et cosinus décroît strictement sur \([0;\pi]\), \(\cos1<\cos0=1\). Le théorème donne un zéro. D’autre part, \[G'(x)=-\sin x-1<0\quad\text{pour }x\in[0;1],\] puisque le sinus y est positif ou nul. \(G\) est strictement décroissante, donc ce zéro est unique. On peut le nommer \(\alpha\) sans inventer une écriture en fractions de \(\pi\).

Algorithme — Encadrer par dichotomie

On conserve \([a;b]\) avec \(G(a)\geq0\geq G(b)\). Si \(m=(a+b)/2\) et \(G(m)>0\), la décroissance impose \(m<\alpha\), donc on remplace \(a\) par \(m\). Sinon, on remplace \(b\) par \(m\). Chaque étape divise la longueur par \(2\).

from math import cos
a, b = 0.0, 1.0
for _ in range(20):
    m = (a + b) / 2
    if cos(m) - m > 0:
        a = m
    else:
        b = m
print(a, b)

Dans le calcul mathématique exact, la longueur après vingt étapes est \(2^{-20}<10^{-6}\). Le programme utilise des flottants ; ses nombres affichés sont des approximations des bornes calculées. Il donne environ \(0{,}7390842438\) et \(0{,}7390851974\). On retient \(\alpha\approx0{,}739085\), en distinguant preuve d’unicité et approximation numérique.

À toi 13.1 — Prévoir les mises à jour

Au premier passage, \(m=0{,}5\) et \(G(m)\approx0{,}37758>0\), donc l’état devient \((a;b)=(0{,}5;1)\). Au deuxième, \(m=0{,}75\) et \(G(m)\approx-0{,}01831<0\), donc l’état devient \((0{,}5;0{,}75)\). Prévoir le troisième milieu et la borne modifiée. Pourquoi ne faut-il pas modifier les deux bornes ?

Correction expliquée et contrôle.

Le milieu est \(m=(0{,}5+0{,}75)/2=0{,}625\). Puisque \(G(m)\approx0{,}18596>0\), seule \(a\) devient \(0{,}625\). La nouvelle fenêtre est \([0{,}625;0{,}75]\), de longueur \(0{,}125\). Le signe positif situe \(m\) à gauche du zéro ; il ne dit pas de déplacer la borne droite. Modifier les deux bornes pourrait perdre l’encadrement, voire réduire l’intervalle au seul milieu, qui n’est généralement pas la racine.

À toi 13.2 — Étudier un quotient proche sans recopier sa dérivée

Étudier \(g(x)=\cos x/(2+\cos x)\) sur \([0;\pi]\) : domaine, dérivée, signe, valeurs et variations. Expliquer pourquoi la positivité du dénominateur ne suffit pas à connaître les variations de \(g\). Indice après une tentative : les deux dérivées du numérateur et du dénominateur valent \(-\sin x\) ; les deux produits de la formule du quotient se soustraient.

Correction expliquée et contrôle.

Le dénominateur vérifie \(2+\cos x\geq1\), donc \(g\) est définie et dérivable sur \(\mathbb{R}\). La règle du quotient donne \[\begin{align*} g'(x)&=\frac{(-\sin x)(2+\cos x)-\cos x(-\sin x)}{(2+\cos x)^2}\\ &=\frac{-2\sin x-\sin x\cos x+\cos x\sin x}{(2+\cos x)^2}\\ &=-\frac{2\sin x}{(2+\cos x)^2}. \end{align*}\] Les deux termes mixtes s’annulent. Sur \(]0;\pi[\), le numérateur est négatif et le dénominateur positif : \(g'<0\). Les valeurs sont \(g(0)=1/3\) et \(g(\pi)=-1/(2-1)=-1\). La fonction décroît strictement entre ces deux valeurs.

Le contrôle \(g(\pi/2)=0\) donne bien une valeur comprise entre \(1/3\) et \(-1\). La positivité du dénominateur facilite le signe de la dérivée une fois calculée ; elle ne décide pas seule si le quotient initial monte ou descend.

À toi 13.3 — Choisir une écriture et justifier le maximum

Étudier \(z(x)=\sin x\cos x\) sur \([0;\pi/2]\). Donner deux calculs de la dérivée, puis une seconde preuve du maximum qui n’utilise pas la dérivée. Indices : produit ; duplication ; majorant atteint.

Correction expliquée et contrôle.

Par produit, \[z'(x)=\cos x\cos x+\sin x(-\sin x)=\cos^2x-\sin^2x=\cos(2x).\] Par duplication, \(z(x)=\tfrac12\sin(2x)\), donc \(z'(x)=\tfrac12\times2\cos(2x)=\cos(2x)\). Les deux calculs concordent. Pour \(x\in[0;\pi/2]\), \(2x\in[0;\pi]\) ; la dérivée est positive avant \(\pi/4\), nulle en ce point et négative après. Les valeurs sont \(0\), \(1/2\), \(0\).

Le maximum vaut \(1/2\), atteint uniquement en \(\pi/4\). Autre preuve : \(\sin(2x)\leq1\), donc \(z\leq1/2\) ; en \(x=\pi/4\), cette borne est atteinte. Un majorant sans vérification de l’égalité n’aurait pas suffi.

Réparer une erreur de signe, puis revenir à l’étude

Une copie écrit \(q'=[2\cos x+\cos^2x-\sin^2x]/(2+\cos x)^2\). La première erreur est le produit \(-\sin x(-\sin x)\) : il est positif. Exemple plus simple : \(-3\times(-3)=9\), pas \(-9\). Nouvel essai : dans \(w(x)=1/(3+\cos x)\), la règle de l’inverse donne \[w'(x)=-\frac{-\sin x}{(3+\cos x)^2}=\frac{\sin x}{(3+\cos x)^2}.\] Sur \([0;\pi]\), \(w\) croît de \(1/4\) à \(1/2\). Ce nouvel exemple montre le même double signe moins. Revenir ensuite à \(q'\) et refaire la réduction du numérateur avant de reprendre son signe.

À reprendre plus tard, avant de relire

À une prochaine séance, avant relecture, étudier \(v(x)=2+\sin^2x\) sur \([0;\pi]\). Dire ce que change l’ajout de \(2\) et ce qu’il ne change pas.

Correction expliquée et contrôle.

La constante a pour dérivée \(0\), donc \(v'(x)=2\sin x\cos x\). Sur \(]0;\pi[\), le sinus est positif, et le cosinus passe du signe \(+\) au signe \(-\) en \(\pi/2\). La fonction croît de \(v(0)=2\) à \(v(\pi/2)=3\), puis décroît jusqu’à \(v(\pi)=2\). L’ajout de \(2\) translate toutes les ordonnées de \(2\) vers le haut ; il ne change ni la dérivée, ni les intervalles de variation, ni les abscisses des extrema.

Je sais faire seul si… je peux justifier le domaine, écrire tous les facteurs d’une dérivée, choisir une forme qui en révèle le signe, calculer les images exactes, construire le tableau et distinguer extremum atteint, limite et simple zéro de dérivée.

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14. Modèles périodiques : construire et interpréter une sinusoïde

Avant de poursuivre. Sinus et cosinus prennent toutes les valeurs de \([-1;1]\) et ont pour période fondamentale \(2\pi\). Une période \(T>0\) d’une fonction sur \(\mathbb{R}\) vérifie \(f(t+T)=f(t)\) pour tout réel \(t\). Les angles se calculent en radians. Si la variable \(t\) est un temps, son unité doit être indiquée.

La hauteur d’un point sur une roue, une vibration idéale ou une grandeur qui oscille régulièrement peuvent être décrites par une fonction sinusoïdale. Le modèle est une formule construite à partir d’hypothèses. Il faut donc relier chaque paramètre à une information précise, puis vérifier que la formule respecte les données.

Repérage — Centre et distance au centre

La hauteur d’une nacelle oscille entre \(2\) et \(10\) mètres. Quel est son niveau central ? Quelle distance sépare ce niveau d’un extrême ? Si la nacelle effectue un tour complet en \(12\) secondes dans un mouvement uniforme, quelle fraction d’un tour effectue-t-elle en une seconde ?

Correction expliquée et contrôle.

Le centre est la demi-somme \((2+10)/2=6\) mètres. La distance à un extrême est \(10-6=4\) mètres, ou la demi-différence \((10-2)/2=4\). La différence totale \(8\) mètres mesure l’écart entre les deux extrêmes, pas l’amplitude. Un tour en \(12\) secondes correspond à \(1/12\) tour par seconde ; l’angle parcouru en une seconde est donc \(2\pi/12=\pi/6\) radian.

Définitions — Les paramètres d’un modèle sinusoïdal

On considère, sur \(\mathbb{R}\), \[f(t)=d+A\sin(\omega t+\varphi) \quad\text{ou}\quad f(t)=d+A\cos(\omega t+\varphi).\] Les paramètres sont des réels. Dans le cas non constant, \(A\ne0\) et \(\omega\ne0\).

  • \(d\) est le niveau central ; la droite \(y=d\) est l’axe médian.

  • L’amplitude est la moitié de la différence entre maximum et minimum. Elle est positive dans le cas non constant.

  • La période fondamentale est la plus petite période strictement positive.

  • \(\varphi\) est une phase angulaire ; elle renseigne sur l’état au temps choisi comme origine.

  • Dans la convention \(\omega>0\), \(\omega\) est la pulsation. Si le temps est en secondes, elle se mesure en radians par seconde.

Le coefficient \(A\) peut être négatif ; l’amplitude, elle, ne l’est jamais. Le mot « central » ne désigne pas une moyenne calculée sur une durée arbitraire.

Propriété — Image, amplitude et période fondamentale

Pour les modèles précédents avec \(A\ne0\) et \(\omega\ne0\), sur \(\mathbb{R}\), \(\displaystyle \boxed{\operatorname{Im}(f)=[d-|A|;d+|A|]},\)\(\displaystyle \boxed{\text{amplitude}=|A|},\)\(\displaystyle \boxed{T=\frac{2\pi}{|\omega|}}.\) La translation horizontale par rapport au modèle \(d+A\sin(\omega t)\), ou \(d+A\cos(\omega t)\), se lit en factorisant l’argument : \[\omega t+\varphi=\omega\left(t+\frac\varphi\omega\right).\] Le déplacement est donc de \(-\varphi/\omega\) unités de temps.

Démonstration.

Puisque \(\omega\ne0\), l’argument \(\omega t+\varphi\) parcourt tous les réels lorsque \(t\) parcourt \(\mathbb{R}\). Sinus et cosinus prennent donc toutes leurs valeurs, de \(-1\) à \(1\). Si \(A>0\), la multiplication par \(A\) donne l’intervalle \([-A;A]\) ; si \(A<0\), les deux extrémités s’échangent et l’intervalle reste \([-|A|;|A|]\). L’ajout de \(d\) donne \([d-|A|;d+|A|]\). Sa demi-différence vaut \(|A|\).

Pour la période, considérons d’abord le sinus. Si un décalage \(\delta\) vérifie \(\sin(u+\delta)=\sin u\) pour tout réel \(u\), le choix \(u=0\) donne \(\sin\delta=0\), donc \(\delta=k\pi\). Le choix \(u=\pi/2\) donne ensuite \(\cos\delta=1\) : \(k\) doit être pair, donc \(\delta=2m\pi\). Réciproquement, tous ces décalages conservent les valeurs. Pour le cosinus, le choix \(u=0\) donne directement \(\cos\delta=1\), donc \(\delta=2m\pi\) ; la réciproque vient de la périodicité.

Une période \(T>0\) de \(f\) impose, après soustraction de \(d\) et division par \(A\ne0\), que \(\omega T\) soit un tel décalage. On doit avoir \(\omega T=2m\pi\). Le plus petit \(T>0\) est \(2\pi/|\omega|\) ; le signe de \(m\) est celui de \(\omega\). Enfin, remplacer \(t\) par \(t+\varphi/\omega\) signifie que la même valeur du modèle de base est obtenue avec un déplacement opposé de la courbe, soit \(-\varphi/\omega\).

Corollaire — Fréquence et pulsation

La fréquence \(\nu\) est le nombre de périodes par unité de temps : \[\nu=\frac1T=\frac{|\omega|}{2\pi}.\] Dans la convention \(\omega>0\), \(\omega=2\pi\nu\). Si \(t\) est en secondes, \(T\) est en secondes et \(\nu\) en secondes inverses, également appelées hertz. Une période de \(12\) secondes correspond à une fréquence de \(1/12\) hertz et à une pulsation \(\pi/6\) radian par seconde.

La fréquence est l’inverse d’une durée ; elle n’est ni cette durée ni l’angle parcouru. Ainsi un mouvement deux fois plus rapide a une fréquence deux fois plus grande et une période deux fois plus petite.

Les cas constants : tester les hypothèses avant les formules

Si \(A=0\), \(f(t)=d\). Si \(\omega=0\), l’argument ne varie pas : \(f(t)=d+A\sin\varphi\) ou \(d+A\cos\varphi\). Dans les deux cas, l’amplitude de la fonction constante est nulle et toute durée positive est une période. Il n’existe pas de plus petite période positive : si \(T\) est positive, \(T/2\) l’est aussi.

Par exemple, \(3+2\sin(0t+\pi/2)=5\) pour tout \(t\). Le coefficient \(2\) n’est donc pas l’amplitude de cette fonction constante, et la droite correspondant à sa valeur est \(y=5\), pas \(y=3\). La formule \(2\pi/|\omega|\) ne s’applique pas lorsque \(\omega=0\).

Comprendre graphiquement les transformations

Multiplier les valeurs. Les fonctions \(\sin t\) et \(2\sin t\) ont les mêmes zéros et la même période. La seconde a des ordonnées deux fois plus grandes ; son amplitude est \(2\).

Lecture de la figure. Les maxima des deux courbes ont la même abscisse \(\pi/2\), mais valent respectivement \(1\) et \(2\). Multiplier la valeur modifie la hauteur des oscillations, sans accélérer leur répétition.

Multiplier l’argument. Les fonctions \(\sin t\) et \(\sin(2t)\) ont la même amplitude. Lorsque \(t\) effectue une période de la première, l’argument \(2t\) effectue deux tours : la seconde réalise deux oscillations.

Lecture de la figure. Le modèle \(\sin(2t)\) retrouve son état initial dès \(t=\pi\). Sa période est divisée par \(2\) ; les valeurs extrêmes restent \(-1\) et \(1\).

Déplacer dans le temps. Comparons \(\sin(2t)\) et \(\sin(2t-\pi/2)\). On écrit \(2t-\pi/2=2(t-\pi/4)\) : le déplacement est \(\pi/4\) vers la droite.

Lecture de la figure. Le passage ascendant au niveau \(0\) se déplace de \(t=0\) à \(t=\pi/4\). La phase \(-\pi/2\) est une modification de l’angle ; elle ne correspond pas à un déplacement de \(\pi/2\) sur l’axe du temps.

Exemple 14.1 — Lire tous les paramètres, puis vérifier une valeur

Soit \(g(t)=3\sin(2t-\pi/3)+4\), avec \(t\) en secondes. Le coefficient \(3\) et la pulsation \(2\) sont non nuls. L’amplitude vaut \(3\), le niveau central vaut \(4\), les extrêmes sont \(1\) et \(7\), et la période vaut \(2\pi/2=\pi\) secondes. La fréquence vaut \(1/\pi\) hertz.

La factorisation \(2t-\pi/3=2(t-\pi/6)\) donne un déplacement de \(\pi/6\) seconde vers la droite par rapport à \(3\sin(2t)+4\). Au temps \(t=\pi/6\), l’argument vaut \(0\), donc \(g=4\). En dérivant, \[g'(t)=3\times2\cos(2t-\pi/3)=6\cos(2t-\pi/3),\] d’où \(g'(\pi/6)=6>0\) : le passage au niveau central est ascendant. Ce contrôle distingue deux phases qui donneraient la même hauteur mais pas le même sens de mouvement.

Les paramètres d’une écriture ne sont pas toujours uniques

Ajouter \(2k\pi\) à la phase ne change pas la fonction. Changer le signe de \(A\) peut être compensé par un décalage de phase de \(\pi\), puisque \(\sin(u+\pi)=-\sin u\) et \(\cos(u+\pi)=-\cos u\).

Par exemple, \[2\sin(3t)=-2\sin(3t+\pi).\] Les deux écritures ont la même amplitude \(2\) et la même période \(2\pi/3\). De même, \(\cos(-u)=\cos u\) et \(\sin(-u)=-\sin u\) permettent de rendre la pulsation positive en ajustant les autres paramètres. Une convention, telle que \(A>0\) et \(\omega>0\), facilite la comparaison, mais la vérification doit porter sur les fonctions.

Exemple 14.2 — Construire une formule à partir d’un passage au niveau central

On adopte un modèle sinusoïdal dont la grandeur est comprise entre \(3\) et \(9\) centimètres. Sa période est \(8\) secondes. Au temps \(t=1\) seconde, elle traverse son niveau central en montant. Construisons une formule.

Centre et amplitude. Le niveau central vaut \(d=(3+9)/2=6\), et l’amplitude vaut \(A=(9-3)/2=3\). On choisit \(A>0\).

Pulsation. Un tour angulaire \(2\pi\) doit être effectué en \(8\) secondes : \(\omega=2\pi/8=\pi/4\).

Phase. Sinus s’annule en \(0\) avec une dérivée positive. Pour obtenir cet état à \(t=1\), on choisit l’argument \(\frac\pi4(t-1)\). Le modèle est donc \[M(t)=6+3\sin\left(\frac\pi4(t-1)\right).\] Vérification : \(M(1)=6\) et \(M'(1)=3\pi/4>0\). Deux secondes plus tard, l’argument vaut \(\pi/2\) et \(M(3)=9\) ; quatre secondes plus tard, \(M(5)=6\) avec une pente négative ; six secondes plus tard, \(M(7)=3\) ; après huit secondes, \(M(9)=6\) avec une pente positive. Le modèle respecte les extrêmes, la période et le sens initial.

Si l’énoncé avait imposé un passage descendant, on aurait choisi \(6-3\sin(\frac\pi4(t-1))\). Si le départ était au maximum, une écriture en cosinus serait plus directe. Le choix dépend de l’information initiale, pas d’une préférence arbitraire pour sinus ou cosinus.

Exemple 14.3 — Une roue : du cercle à la hauteur en fonction du temps

Une roue idéale de rayon \(4\) mètres tourne à vitesse angulaire constante. Son centre est à \(6\) mètres du sol. Un point de sa jante part de sa position la plus basse au temps \(t=0\) ; un tour dure \(12\) secondes. On néglige les déformations et les variations de vitesse.

L’angle parcouru en \(t\) secondes est \(\theta=(2\pi/12)t=\pi t/6\). La projection verticale du rayon, choisie vers le bas au départ, vaut \(-4\cos\theta\). La hauteur est donc \(\displaystyle \boxed{H(t)=6-4\cos\left(\frac\pi6t\right)},\)\(\displaystyle t\geq0.\) Le signe moins est déterminé par le départ en bas : \(H(0)=6-4=2\). Au demi-tour, \(H(6)=6-4\cos\pi=10\) ; au tour complet, \(H(12)=2\). Le prolongement du modèle à \(\mathbb{R}\) est de période fondamentale \(12\) secondes, d’amplitude \(4\) mètres et d’image \([2;10]\).

Lecture de la figure. Le cercle représente les positions possibles du point dans l’espace, pas la courbe de sa hauteur en fonction du temps. La cote du centre est \(6\) mètres. La projection verticale du rayon vaut \(-4\cos\theta\), car l’angle est mesuré depuis la direction verticale descendante.

Chercher un seuil. Pendant le premier tour, quand le point est-il à au moins \(8\) mètres ? \[\begin{align*} H(t)\geq8 &\Longleftrightarrow6-4\cos(\pi t/6)\geq8\\ &\Longleftrightarrow-4\cos(\pi t/6)\geq2\\ &\Longleftrightarrow\cos(\pi t/6)\leq-\frac12. \end{align*}\] La division par \(-4\) inverse le sens. Pour \(t\in[0;12]\), l’argument parcourt \([0;2\pi]\). Le cosinus y est inférieur ou égal à \(-1/2\) sur \([2\pi/3;4\pi/3]\). Donc \[\frac{2\pi}3\leq\frac\pi6t\leq\frac{4\pi}3 \Longleftrightarrow 4\leq t\leq8,\] en multipliant les trois membres par \(6/\pi>0\). L’ensemble des temps est \([4;8]\) secondes ; la durée correspondante est \(8-4=4\) secondes.

Lecture de la figure. La portion renforcée correspond aux temps de \(4\) à \(8\) secondes où la courbe est au-dessus du niveau \(8\) mètres, égalité comprise. Pour une hauteur strictement supérieure à \(8\), les deux extrémités seraient retirées : l’ensemble serait \(]4;8[\), tout en ayant la même durée de \(4\) secondes.

Une fenêtre physique modifie les extrema observés

Si l’observation est limitée à \(t\in[0;3]\), l’argument ne parcourt que \([0;\pi/2]\). En dérivant, \[H'(t)=-4\left[-\sin\left(\frac\pi6t\right)\right]\frac\pi6 =\frac{2\pi}3\sin\left(\frac\pi6t\right).\] La dérivée est positive pour \(0<t\leq3\). La hauteur croît de \(H(0)=2\) à \(H(3)=6\). Le maximum sur cette fenêtre vaut \(6\) mètres, et non \(10\) mètres. Sur \([0;3[\), la valeur \(6\) n’est pas atteinte ; il n’y a pas de maximum. Les extrêmes \(d\pm|A|\) décrivent le modèle global, pas automatiquement toutes ses restrictions.

Reconnaître ce qui n’est pas une oscillation sinusoïdale simple

La fonction \(s(t)=\sin t+\frac12\sin(2t)\) admet \(2\pi\) comme période : les deux termes se répètent après ce décalage. Cette observation ne prouve pas à elle seule une période fondamentale ni une forme unique \(d+A\sin(\omega t+\varphi)\).

À l’inverse, \(a(t)=\sin t/t\), pour \(t>0\), n’est pas \(2\pi\)-périodique : \(a(\pi/2)=2/\pi\), tandis que \(a(5\pi/2)=2/(5\pi)\). Le facteur \(1/t\) modifie les valeurs d’un tour à l’autre. L’encadrement \[|a(t)|\leq\frac1t\] montre même que \(a(t)\to0\) lorsque \(t\to+\infty\). Une oscillation visuelle ne suffit donc pas à conclure à la périodicité. Les deux bornes \(-1/t\) et \(1/t\) délimitent ici l’enveloppe des valeurs.

À toi 14.1 — Reconstruire un modèle depuis un extremum

Un modèle sinusoïdal est compris entre \(3\) et \(9\) centimètres. Sa période est \(8\) secondes et il part de son maximum à \(t=0\). Construire une formule, préciser amplitude, pulsation et fréquence, puis contrôler le demi-tour. Indice : le cosinus vaut \(1\) au départ.

Correction expliquée et contrôle.

On calcule \(d=(3+9)/2=6\), \(A=(9-3)/2=3\) et \(\omega=2\pi/8=\pi/4\). Une formule adaptée est \[M(t)=6+3\cos(\pi t/4).\] L’amplitude est \(3\) centimètres, la pulsation \(\pi/4\) radian par seconde et la fréquence \(1/8\) hertz. On vérifie \(M(0)=9\), \(M(4)=6+3\cos\pi=3\), puis \(M(8)=9\). Un signe moins devant le cosinus donnerait un départ au minimum et contredirait l’énoncé.

À toi 14.2 — Lire une formule et ses conditions

(a) Pour \(f(t)=2\cos(\pi(t-1))+5\), avec \(t\) en heures, donner les paramètres et un temps où le maximum est atteint. (b) La fonction \(6+2\sin(0t+\pi/6)\) a-t-elle une amplitude de \(2\) ? (c) Comparer \(2\sin(3t)\) et \(-2\sin(3t+\pi)\).

Correction expliquée et contrôle.

(a) L’amplitude vaut \(2\), le niveau central \(5\), l’image globale \([3;7]\), la période \(2\pi/\pi=2\) heures et la fréquence \(1/2\) oscillation par heure. Le déplacement est de \(1\) heure vers la droite ; \(f(1)=7\) est un maximum. (b) L’argument est constant, donc la fonction vaut \(6+2\times1/2=7\). Son amplitude est nulle et elle n’a pas de période fondamentale. (c) L’identité \(\sin(u+\pi)=-\sin u\) donne \(-2\sin(3t+\pi)=2\sin(3t)\) : les fonctions sont égales, bien que leurs paramètres écrits soient différents.

Réparer une confusion entre phase et déplacement

Une copie écrit : « \(\sin(2t-\pi)\) est décalée de \(\pi\) vers la droite ». La première erreur consiste à lire la constante avant de factoriser le coefficient de \(t\). Comme \(2t-\pi=2(t-\pi/2)\), le déplacement vaut \(\pi/2\).

Pour se réentraîner, écrire \(\cos(3t+\pi/2)=\cos(3(t+\pi/6))\) : la courbe est déplacée de \(-\pi/6\), donc vers la gauche. Vérification : en \(t=-\pi/6\), l’argument vaut \(0\) et le cosinus vaut \(1\). Revenir alors à la formule initiale et vérifier le temps où l’argument s’annule.

À reprendre plus tard, avant de relire

Un modèle est \(L(t)=9+3\sin(\pi t/4)\), avec \(L\) en centimètres et \(t\) en secondes. Déterminer sa période, puis tous les temps où \(L=12\) sur \([0;16]\). Refaire la construction des solutions avant de lire la correction.

Correction expliquée et contrôle.

La période est \[T=\frac{2\pi}{\pi/4}=2\pi\times\frac4\pi=8\text{ secondes}.\] Pour résoudre \(L(t)=12\), on soustrait \(9\) aux deux membres, puis on divise par \(3\ne0\) : \(\sin(\pi t/4)=1\). Le sinus vaut \(1\) lorsque son argument est \(\pi/2+2k\pi\). Ainsi, \(\displaystyle \frac\pi4t=\frac\pi2+2k\pi \Longleftrightarrow t=2+8k,\)\(\displaystyle k\in\mathbb{Z}.\) Le domaine impose \(0\leq2+8k\leq16\), puis \(-2\leq8k\leq14\), puis \(-1/4\leq k\leq7/4\). Les entiers possibles sont \(0\) et \(1\), donc les temps sont \(2\) et \(10\) secondes. Pour chacun, le sinus vaut \(1\) et la hauteur vaut \(12\) centimètres. Deux solutions séparées de \(8\) secondes concordent avec la période.

Je sais faire seul si… je construis une formule depuis les données, distingue amplitude, période, fréquence et phase, vérifie l’état initial et le sens du mouvement, teste les cas constants, puis respecte le domaine physique et les unités.

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15. Optimisation géométrique : choisir une variable et prouver un maximum

Avant de poursuivre. Sur un cercle de rayon \(R>0\), un point d’angle \(\theta\) a pour coordonnées \((R\cos\theta;R\sin\theta)\). L’aire d’un rectangle est le produit de ses dimensions ; celle d’un triangle est la moitié du produit d’une base par la hauteur correspondante. On utilisera \(2\sin\theta\cos\theta=\sin(2\theta)\), les dérivées de sinus et cosinus et leurs signes sur les quadrants.

Un problème d’optimisation ne commence pas par une dérivée. Il commence par une description de toutes les configurations autorisées. La variable choisie, son intervalle et la formule de la grandeur doivent correspondre à cette description.

Méthode — Du dessin à une conclusion géométrique

  1. Nommer la variable et expliquer ce qu’elle mesure.

  2. Déterminer les configurations admissibles, donc son domaine.

  3. Exprimer les longueurs, puis l’aire ou le périmètre, avec leurs unités.

  4. Établir un majorant atteint, ou étudier les variations de la fonction obtenue.

  5. Vérifier que la configuration optimale appartient bien au domaine.

  6. Donner les dimensions et contrôler leur cohérence géométrique.

Un maximum est une valeur prise par une configuration autorisée et supérieure ou égale à toutes les autres valeurs possibles. Un majorant que l’on peut approcher aussi près que l’on veut est une borne supérieure ; s’il n’est pas atteint, ce n’est pas un maximum.

Repérage — Aire, périmètre et atteinte

Un rectangle de largeur \(2\) mètres et de hauteur \(3\) mètres a une aire \(2\times3=6\) mètres carrés et un périmètre \(2(2+3)=10\) mètres. Si une variable doit appartenir à \(]0;1[\), le nombre \(1\) n’est pas autorisé. Ainsi la fonction \(x\mapsto x\) sur cet intervalle est majorée par \(1\) mais n’atteint pas ce majorant ; elle n’a pas de maximum. Ces deux distinctions interviennent dans les problèmes suivants.

Problème 1 — Une ouverture rectangulaire sous une arche

Une arche est modélisée par le demi-disque de centre \(O\) et de rayon \(3\) mètres situé au-dessus d’un diamètre horizontal. Un rectangle a sa base sur ce diamètre et ses deux sommets supérieurs sur le demi-cercle. On cherche une ouverture non aplatie d’aire maximale.

Lecture de la figure. Le sommet supérieur droit est \(M\). Les deux sommets supérieurs ont la même hauteur sur le cercle ; leurs abscisses sont opposées. L’angle \(\theta\) varie dans le premier quadrant. La figure représente une configuration, tandis que la formule suivante décrit toutes les configurations admissibles.

Résolution — Justifier la variable et l’intervalle

On appelle \(\theta\) l’angle entre le demi-diamètre droit et le rayon \(OM\). Pour que le rectangle ait une hauteur et une largeur strictement positives, on doit avoir \[0<\theta<\frac\pi2.\] Le sommet \(M\) a pour coordonnées \((3\cos\theta;3\sin\theta)\). La largeur du rectangle vaut deux fois son abscisse, soit \(6\cos\theta\) ; sa hauteur vaut \(3\sin\theta\).

Pourquoi tous les rectangles de la famille sont-ils décrits ? À une hauteur \(h\) entre \(0\) et \(3\), l’équation du cercle donne deux abscisses opposées. Le rectangle est donc centré sur l’axe vertical ; son sommet supérieur droit détermine un unique angle dans \(]0;\pi/2[\). Réciproquement, tout angle de cet intervalle donne un rectangle de largeur et de hauteur positives.

L’aire, en mètres carrés, est \[\begin{align*} A(\theta)&=(6\cos\theta)(3\sin\theta)\\ &=18\sin\theta\cos\theta\\ &=9\sin(2\theta). \end{align*}\] La duplication regroupe les deux facteurs trigonométriques en un seul sinus. Elle permettra soit de dériver facilement, soit de lire un majorant.

Première méthode — Étudier les variations

La fonction \(A\) est dérivable sur \(]0;\pi/2[\). La chaîne donne \[A'(\theta)=9\times2\cos(2\theta)=18\cos(2\theta).\] L’argument \(2\theta\) parcourt \(]0;\pi[\). Son cosinus est positif avant \(\pi/2\), nul en \(\pi/2\) et négatif après. Le changement de signe se produit donc lorsque \(2\theta=\pi/2\), c’est-à-dire en \(\theta=\pi/4\).

Aux bornes, la formule tend vers \(0\) : lorsque \(\theta\to0^+\), la hauteur s’écrase ; lorsque \(\theta\to(\pi/2)^-\), la largeur s’écrase. Ces figures aplaties sont exclues de la famille.

Lecture de la figure. Les deux \(0\) placés aux extrémités sont des limites, puisque les bornes de l’intervalle sont exclues. Le sommet central correspond à une configuration autorisée : l’aire \(9\) est atteinte en \(\pi/4\).

Conclusion géométrique. L’aire maximale vaut \(9\) mètres carrés et est atteinte pour \(\theta=\pi/4\). Les dimensions sont \(\displaystyle \text{largeur}=6\times\frac{\sqrt2}2=3\sqrt2\text{ m},\)\(\displaystyle \text{hauteur}=3\times\frac{\sqrt2}2=\frac{3\sqrt2}2\text{ m}.\) Le rectangle optimal n’est pas un carré : sa largeur est deux fois sa hauteur. Le produit donne bien \[3\sqrt2\times\frac{3\sqrt2}2=\frac{9\times2}2=9\text{ m}^2.\] Enfin, la demi-largeur et la hauteur sont les deux côtés d’un triangle rectangle d’hypoténuse \(3\) ; leurs carrés ont pour somme \(9/2+9/2=9\), ce qui contrôle la contrainte du cercle.

Deuxième méthode — Un majorant dont on vérifie l’atteinte

Comme \(\sin(2\theta)\leq1\), on a directement \(A(\theta)\leq9\). Pour \(\theta=\pi/4\), admissible, \(\sin(2\theta)=\sin(\pi/2)=1\), donc \(A(\pi/4)=9\). Le majorant est atteint : c’est le maximum. Dans l’intervalle angulaire \(]0;\pi[\), le sinus ne vaut \(1\) qu’en \(\pi/2\), ce qui donne aussi l’unicité.

Cette méthode suffit pour déterminer le maximum. La dérivée apporte une information supplémentaire : elle décrit l’évolution de toutes les aires avant et après l’angle optimal.

Proposition — L’arche de rayon quelconque

Pour une arche de rayon \(R>0\) et la même famille de rectangles, l’aire maximale est \(R^2\). Elle est atteinte pour une largeur \(R\sqrt2\) et une hauteur \(R\sqrt2/2\).

Démonstration.

La largeur vaut \(2R\cos\theta\) et la hauteur \(R\sin\theta\), donc \[A(\theta)=2R^2\sin\theta\cos\theta=R^2\sin(2\theta)\leq R^2.\] L’égalité est atteinte en \(\theta=\pi/4\), et la substitution des valeurs remarquables donne les deux dimensions annoncées. L’aire est proportionnelle au carré du rayon : doubler toutes les longueurs multiplie l’aire maximale par \(4\).

Un contrôle algébrique indépendant de la dérivation

Notons \(u>0\) la demi-largeur et \(v>0\) la hauteur. La contrainte du cercle est \(u^2+v^2=R^2\), et l’aire vaut \(2uv\). Or \[R^2-A=u^2+v^2-2uv=(u-v)^2\geq0.\] Donc \(A\leq R^2\), avec égalité si et seulement si \(u=v\). On retrouve que la largeur \(2u\) doit être le double de la hauteur \(v\). Cette preuve utilise une identité remarquable et la positivité d’un carré ; elle contrôle le résultat par une autre représentation du même problème.

À toi 15.1 — Une contrainte peut changer l’existence du maximum

Avec le rayon \(3\), déterminer ce qui arrive si l’on impose successivement : (a) \(0<\theta<\pi/4\) ; (b) \(0<\theta\leq\pi/6\) ; (c) \(\pi/3\leq\theta<\pi/2\). Indices : conserver la formule \(A=9\sin(2\theta)\), mais refaire le domaine ; vérifier si le meilleur angle autorisé appartient à l’intervalle.

Correction expliquée et contrôle.

(a) Sur \(]0;\pi/4[\), \(A\) est strictement croissante et \(A<9\). Pour tout angle autorisé, un angle plus proche de \(\pi/4\) donne une aire plus grande. Il n’y a pas de maximum ; la borne supérieure \(9\) est approchée.

(b) La fonction est croissante sur \(]0;\pi/6]\), puisque \(0<2\theta\leq\pi/3<\pi/2\) et \(A'>0\). La borne droite est autorisée : le maximum est \[A(\pi/6)=9\sin(\pi/3)=\frac{9\sqrt3}2\text{ m}^2.\] (c) Pour \(\pi/3\leq\theta<\pi/2\), on a \(2\pi/3\leq2\theta<\pi\) ; le cosinus est négatif, donc \(A\) décroît. Le maximum est atteint à la borne gauche \(\pi/3\) et vaut \(9\sin(2\pi/3)=9\sqrt3/2\) mètres carrés. Les cas (b) et (c) donnent la même aire maximale avec des dimensions différentes.

Même dessin, autre grandeur : le périmètre

Pour le rayon \(3\), le périmètre vaut \(\displaystyle P(\theta)=2(6\cos\theta+3\sin\theta)=12\cos\theta+6\sin\theta,\)\(\displaystyle 0<\theta<\frac\pi2.\) L’angle qui maximise l’aire ne maximise pas nécessairement le périmètre. La dérivée est \[P'(\theta)=-12\sin\theta+6\cos\theta =6\bigl(\cos\theta-2\sin\theta\bigr).\] Posons \(v(\theta)=\cos\theta-2\sin\theta\). Sur \(]0;\pi/2[\), \[v'(\theta)=-\sin\theta-2\cos\theta<0.\] Les deux coordonnées étant positives, \(v\) est strictement décroissante. Elle est continue et prend les valeurs \(1\) et \(-2\) aux bornes du prolongement sur \([0;\pi/2]\). Le théorème des valeurs intermédiaires donne un zéro intérieur ; la stricte décroissance assure son unicité. Notons cet angle \(\theta_0\). Avant \(\theta_0\), \(v>0\) ; après, \(v<0\). Le périmètre augmente puis diminue.

Pour calculer ses dimensions sans introduire une fonction trigonométrique réciproque, utiliser \(\cos\theta_0=2\sin\theta_0\) dans l’identité fondamentale : \[\begin{align*} (2\sin\theta_0)^2+\sin^2\theta_0&=1,\\ 4\sin^2\theta_0+\sin^2\theta_0&=1,\\ 5\sin^2\theta_0&=1. \end{align*}\] Le sinus est positif, donc \(\sin\theta_0=1/\sqrt5\) et \(\cos\theta_0=2/\sqrt5\). On en déduit \[P(\theta_0)=12\frac2{\sqrt5}+6\frac1{\sqrt5} =\frac{30}{\sqrt5}=6\sqrt5\text{ m}.\] La largeur est \(12/\sqrt5\) mètres et la hauteur \(3/\sqrt5\) mètres : la largeur vaut cette fois quatre fois la hauteur.

Lecture de la figure. Les valeurs aux bornes sont des limites de périmètres de rectangles qui s’aplatissent. Le maximum \(6\sqrt5\) est atteint à l’intérieur, à un angle caractérisé exactement par les coordonnées de son point du cercle.

Contrôle algébrique. Avec \(u^2+v^2=9\), le périmètre est \(P=2(2u+v)\) et \[5(u^2+v^2)-(2u+v)^2 =5u^2+5v^2-4u^2-4uv-v^2 =(u-2v)^2\geq0.\] Ainsi \((2u+v)^2\leq45\). Puisque \(2u+v>0\), on a \(2u+v\leq3\sqrt5\), donc \(P\leq6\sqrt5\). L’égalité se produit pour \(u=2v\), ce qui retrouve les dimensions précédentes. Les conditions d’égalité diffèrent de celles du maximum d’aire.

Problème 2 — Un triangle isocèle et une longueur de bord limitée

On veut réaliser un triangle isocèle dont les deux côtés égaux mesurent \(4\) mètres. L’angle au sommet, noté \(\theta\), peut varier. Quelle est son aire maximale ? Que devient la réponse si le périmètre doit être inférieur ou égal à \(12\) mètres ?

Lecture de la figure. La hauteur issue de \(C\) partage le triangle isocèle en deux triangles rectangles. Elle coupe la base en son milieu et l’angle au sommet en deux angles de mesure \(\theta/2\). Une demi-base vaut \(4\sin(\theta/2)\) et la hauteur vaut \(4\cos(\theta/2)\).

Résolution — Domaine, hauteur et aire

Un triangle non aplati correspond à \(0<\theta<\pi\). Les deux triangles rectangles ont pour hypoténuse \(4\) et pour angle en \(C\) la mesure \(\theta/2\). La trigonométrie du triangle rectangle donne \(\displaystyle AH=HB=4\sin(\theta/2),\)\(\displaystyle CH=4\cos(\theta/2).\) La base entière est donc \(AB=8\sin(\theta/2)\). L’aire vaut \[\begin{align*} \mathcal A(\theta) &=\frac12\times AB\times CH\\ &=\frac12\times8\sin(\theta/2)\times4\cos(\theta/2)\\ &=16\sin(\theta/2)\cos(\theta/2)\\ &=8\sin\theta. \end{align*}\] La dernière égalité utilise la duplication avec l’angle \(\theta/2\) : \(2\sin(\theta/2)\cos(\theta/2)=\sin\theta\).

Sans contrainte de périmètre. Comme \(\sin\theta\leq1\), on a \(\mathcal A\leq8\). L’égalité est atteinte en \(\theta=\pi/2\), admissible : le triangle optimal est rectangle isocèle et son aire vaut \(8\) mètres carrés. Sa base vaut \(8\sin(\pi/4)=4\sqrt2\) mètres et sa hauteur \(4\cos(\pi/4)=2\sqrt2\) mètres. Leur demi-produit vaut bien \(8\).

La dérivée \(\mathcal A'(\theta)=8\cos\theta\) confirme la croissance sur \(]0;\pi/2]\), puis la décroissance sur \([\pi/2;\pi[\). L’aire tend vers \(0\) aux deux configurations aplaties.

Avec une longueur totale de bord limitée. Le périmètre est \[\mathcal P(\theta)=4+4+AB=8+8\sin(\theta/2).\] La contrainte se traduit par \[\begin{align*} \mathcal P(\theta)\leq12 &\Longleftrightarrow8+8\sin(\theta/2)\leq12\\ &\Longleftrightarrow8\sin(\theta/2)\leq4\\ &\Longleftrightarrow\sin(\theta/2)\leq\frac12. \end{align*}\] Comme \(0<\theta<\pi\), on a \(0<\theta/2<\pi/2\). Sur ce dernier intervalle, sinus est strictement croissant ; la valeur \(1/2\) est atteinte en \(\pi/6\). La contrainte équivaut donc à \[0<\frac\theta2\leq\frac\pi6 \quad\Longleftrightarrow\quad 0<\theta\leq\frac\pi3.\] C’est ce nouveau domaine qui décide de l’optimum. Sur \(]0;\pi/3]\), \(\cos\theta>0\), donc \(\mathcal A\) est strictement croissante. Le maximum est atteint à la borne autorisée \(\theta=\pi/3\) et vaut \[\mathcal A(\pi/3)=8\times\frac{\sqrt3}2=4\sqrt3\text{ m}^2.\] La base vaut \(8\sin(\pi/6)=4\) mètres : le triangle optimal sous cette contrainte est équilatéral. Son périmètre est exactement \(12\) mètres, ce qui contrôle l’utilisation de toute la longueur autorisée.

Lecture de la figure. Ce tableau porte sur le domaine imposé par le périmètre. L’angle \(\pi/2\) du maximum sans contrainte n’y appartient plus. Le maximum contraint se trouve à la borne \(\pi/3\), bien que la dérivée n’y soit pas nulle.

Remarque — Un maximum à une borne ne vérifie pas nécessairement \(f'=0\)

Le principe « chercher les zéros de la dérivée » concerne les candidats intérieurs, lorsque la dérivée existe. Dans le problème contraint, \(\mathcal A'(\pi/3)=8\cos(\pi/3)=4>0\), mais \(\pi/3\) est la plus grande valeur autorisée : le maximum est atteint à cette borne. Toujours examiner le domaine et ses extrémités.

À toi 15.2 — Modifier une condition dans le triangle

(a) Si le périmètre doit être strictement inférieur à \(12\) mètres, existe-t-il un triangle d’aire maximale ? (b) Si les côtés égaux mesurent \(a>0\) et si aucune contrainte de périmètre n’est imposée, exprimer l’aire en fonction de \(\theta\), puis donner son maximum.

Correction expliquée et contrôle.

(a) La même résolution donne \(0<\theta<\pi/3\). L’aire y croît strictement et tend vers \(4\sqrt3\) mètres carrés, sans atteindre cette valeur. Aucun maximum n’existe. Pour tout triangle autorisé, un angle légèrement plus grand restant inférieur à \(\pi/3\) augmente l’aire.

(b) La base vaut \(2a\sin(\theta/2)\) et la hauteur \(a\cos(\theta/2)\). Leur demi-produit est \[\mathcal A(\theta)=a^2\sin(\theta/2)\cos(\theta/2)=\frac{a^2}2\sin\theta.\] Le maximum est \(a^2/2\), atteint en \(\theta=\pi/2\). Pour \(a=4\), on retrouve \(16/2=8\). Un changement de longueur multiplie l’aire par le carré du facteur d’échelle.

Réparer — Conserver l’optimum d’un ancien domaine

Une copie conserve la réponse \(8\) mètres carrés pour le triangle de périmètre au plus \(12\). La première erreur est l’absence de vérification du domaine de l’angle optimal : \(\theta=\pi/2\) donne une base \(4\sqrt2\), donc un périmètre \(8+4\sqrt2>12\). Cette configuration est interdite.

Exemple plus simple : le maximum de \(x\) sur \([0;2]\) vaut \(2\), mais sur \([0;1]\) il vaut \(1\). Nouvel essai géométrique : si l’arche de rayon \(3\) impose \(0<\theta\leq\pi/6\), l’angle \(\pi/4\) est interdit ; le maximum devient \(9\sqrt3/2\), atteint en \(\pi/6\). Revenir ensuite au triangle et choisir le plus grand angle effectivement autorisé, \(\pi/3\).

À reprendre plus tard, avant de relire

Un triangle isocèle a deux côtés égaux de \(6\) mètres et un périmètre inférieur ou égal à \(18\) mètres. Retrouver, sans relire la résolution, son aire maximale, son angle au sommet et ses dimensions.

Correction expliquée et contrôle.

La base vaut \(12\sin(\theta/2)\) et le périmètre \(12+12\sin(\theta/2)\). La contrainte donne \(\sin(\theta/2)\leq1/2\), donc \(0<\theta\leq\pi/3\). L’aire est \(\mathcal A=18\sin\theta\) et sa dérivée \(18\cos\theta\) est positive sur ce domaine. Le maximum est atteint en \(\theta=\pi/3\) et vaut \(18\times\sqrt3/2=9\sqrt3\) mètres carrés. La base vaut \(12\times1/2=6\) mètres, et la hauteur \(6\cos(\pi/6)=3\sqrt3\) mètres. Le demi-produit \(\frac12\times6\times3\sqrt3=9\sqrt3\) contrôle l’aire ; les trois côtés de longueur \(6\) contrôlent le périmètre \(18\).

Je sais faire seul si… je justifie la variable et son domaine, reconstruis les longueurs, choisis entre majoration et dérivation, prouve que l’optimum est atteint, traite les bornes ouvertes et reviens aux dimensions et aux unités du problème.

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16. Bilan actif : calculer, choisir, démontrer et reprendre

Ce bilan rassemble les compétences du chapitre. On peut le répartir sur plusieurs séances. Pour une première tentative, traiter les questions avant de lire les indices, noter les aides utilisées et conserver les premières lignes de calcul : elles seront utiles pour comprendre une erreur. Les corrections développées sont réunies dans cette unité.

Les repères nécessaires pour travailler sans autre unité

Sur le cercle unité, le point d’angle \(x\) a pour coordonnées \((\cos x;\sin x)\) ; les angles sont en radians et un tour vaut \(2\pi\). Les deux coordonnées appartiennent à \([-1;1]\) et vérifient \(\cos^2x+\sin^2x=1\). Cosinus est pair et sinus impair. Les deux fonctions ont la période fondamentale \(2\pi\). \[\begin{array}{c|ccccc} x&0&\frac\pi6&\frac\pi4&\frac\pi3&\frac\pi2\\\hline \cos x&1&\frac{\sqrt3}2&\frac{\sqrt2}2&\frac12&0\\[2pt] \sin x&0&\frac12&\frac{\sqrt2}2&\frac{\sqrt3}2&1 \end{array}\] Pour reconstruire les valeurs avec racines : un triangle rectangle isocèle d’hypoténuse \(1\) a deux côtés de longueur \(\sqrt2/2\) ; la moitié d’un triangle équilatéral de côté \(2\) a pour longueurs \(1,\sqrt3,2\). Le signe d’une coordonnée hors du premier quadrant vient du cercle, pas du signe du symbole radical.

Les formules d’addition utiles sont \(\displaystyle \cos(a+b)=\cos a\cos b-\sin a\sin b,\)\(\displaystyle \sin(a+b)=\sin a\cos b+\cos a\sin b.\) Les dérivées sont \((\sin u)'=u'\cos u\) et \((\cos u)'=-u'\sin u\) si \(u\) est dérivable. Pour un produit, \((uv)'=u'v+uv'\) ; pour un quotient, \((u/v)'=(u'v-uv')/v^2\), là où \(v\ne0\). La tangente en \(a\) à la courbe d’une fonction dérivable a pour équation \(y=f(a)+f'(a)(x-a)\).

Les équations se lisent par les coordonnées du cercle : \[\cos x=\cos\alpha\iff x=\alpha+2k\pi\ \text{ou}\ x=-\alpha+2k\pi,\] \(\displaystyle \sin x=\sin\beta\iff x=\beta+2k\pi\ \text{ou}\ x=\pi-\beta+2k\pi,\)\(\displaystyle k\in\mathbb{Z}.\) Ces familles doivent être filtrées dans le domaine demandé. Des familles peuvent coïncider aux valeurs extrêmes : on ne compte pas deux fois une même solution. Pour une inéquation, sélectionner les arcs correspondant au bon demi-plan, puis intersecter avec le domaine. Une borne fermée doit être contrôlée, même si elle représente le même point du cercle qu’une autre borne.

Les deux limites locales utilisées sont \(\lim_{h\to0}\sin h/h=1\) et \(\lim_{h\to0}(\cos h-1)/h=0\). À l’infini, l’encadrement \(|\sin x|\leq1\) peut être exploité sans attribuer au sinus une limite qu’il ne possède pas.

Fiche de décision — Choisir le premier geste

Je vois… Je commence par… Je contrôle…
Une valeur d’angle Unité, tours complets et quadrant. Valeur exacte, signe et coordonnée attendue.
Une identité à établir Une formule connue ou une symétrie du cercle. Égalité valable pour tous les angles annoncés, pas seulement un essai.
Une dérivée L’opération extérieure et l’argument intérieur. Facteur intérieur, signe et domaine.
Une équation Les valeurs possibles de sinus ou cosinus. Toutes les branches, puis les entiers et les bornes.
Une inéquation Un niveau sur le cercle ou une factorisation. Demi-plan, crochets, valeurs interdites et points isolés.
Une étude de fonction Domaine, puis forme utile de la dérivée. Signe, valeurs, tableau et conclusion.
Un modèle périodique Grandeurs, extrêmes, durée et état initial. Amplitude, période, phase, unités et fenêtre physique.
Une grandeur à optimiser Variable et domaine géométrique. Majorant atteint, bornes et dimensions.

Cette fiche rappelle des décisions déjà expliquées. Elle ne remplace pas les hypothèses de chaque résultat. Certaines questions peuvent être résolues de plusieurs façons : il faut expliquer celle qui est choisie.

Les 24 questions — Première tentative avant les indices

Travailler sans calculatrice, sauf pour un contrôle numérique facultatif après la résolution. Une valeur exacte doit rester exacte. Pour une étude, donner le domaine utile, la dérivée, son signe, les valeurs et la conclusion.

  1. Convertir \(225^\circ\) en radians. Donner ensuite la mesure principale de \(-19\pi/6\) dans \(]-\pi;\pi]\), puis son sinus et son cosinus.

  2. On sait que \(\sin x=3/5\) et \(\pi/2<x<\pi\). Calculer \(\cos x\) et justifier le choix du signe.

  3. À l’aide d’une symétrie du cercle, démontrer \(\cos(\pi-x)=-\cos x\) et \(\sin(\pi-x)=\sin x\).

  4. Déterminer le domaine de \(f(x)=\sin x/(1-\cos x)\). Une simplification peut-elle rendre \(x=0\) admissible pour cette fonction ?

  5. Réfuter l’affirmation « \(\pi\) est une période du cosinus ». Montrer ensuite que \(\pi\) est la période fondamentale de \(s(x)=\sin^2x\).

  6. Retrouver, à partir de l’addition et de l’identité fondamentale, les trois écritures \(\cos(2x)=\cos^2x-\sin^2x=2\cos^2x-1=1-2\sin^2x\).

  7. Dériver \(a(x)=\cos(-4x+2)\) et \(b(x)=\sin^2(3x)\) en montrant les différents étages de la composition.

  8. Dériver \(q(x)=\sin x/(2+\cos x)\), après avoir justifié son domaine. Réduire le numérateur et expliquer le signe du dénominateur de la dérivée.

  9. Déterminer l’équation de la tangente à la courbe de sinus au point d’abscisse \(\pi/3\). Vérifier qu’elle passe par le point attendu.

  10. Résoudre \(\cos x=-1\) sur \([-\pi;\pi]\), puis sur \([-\pi;\pi[\). Pourquoi les réponses diffèrent-elles ?

  11. Résoudre \(\sin(2x)=1/2\) sur \([0;\pi]\).

  12. Résoudre \(2\cos^2x-\cos x-1=0\) sur \([0;2\pi[\).

  13. Une copie simplifie par \(\sin x\) dans \(\sin x\cos x=0\) et conclut \(\cos x=0\). Localiser l’erreur et donner toutes les solutions sur \([0;2\pi[\).

  14. Résoudre \(\sin x\leq0\) sur \([-\pi;\pi]\). Expliquer précisément le statut du point \(\pi\).

  15. Résoudre \(\cos x>1/2\) sur \([-\pi;\pi]\), puis contrôler une valeur gardée et une valeur écartée.

  16. Résoudre \(\cos(-3x+\pi/2)\geq0\) pour \(x\in[0;\pi]\).

  17. Résoudre \(\cos^2x\geq1/4\) sur \([0;2\pi]\). Expliquer pourquoi \(\cos x\geq1/2\) n’est pas une condition équivalente.

  18. Étudier \(z(x)=\sin x\cos x\) sur \([0;\pi/2]\) et donner son maximum. Proposer une seconde preuve du maximum.

  19. Étudier \(g(x)=\cos x/(2+\cos x)\) sur \([0;\pi]\). Une dérivée négative signifie-t-elle ici que toutes les images sont négatives ?

  20. La figure ci-dessous représente une fonction sinusoïdale de période fondamentale \(2\pi\). Les points sont donnés exactement : deux minima consécutifs \((0;-1)\) et \((2\pi;-1)\), et un maximum \((\pi;3)\). Déterminer un modèle de la forme \(d-A\cos(\omega x)\) avec \(A,\omega>0\). Une fenêtre graphique suffirait-elle à prouver la périodicité sans cette donnée ?

  21. Un modèle de hauteur est \(H(t)=5-3\cos(\pi t/4)\), avec \(H\) en mètres et \(t\) en secondes. Donner sa période et ses extrêmes globaux. Pendant le premier tour \(t\in[0;8]\), déterminer les temps où \(H(t)\geq13/2\), puis la durée correspondante.

  22. Un rectangle sous une arche a une largeur \(8\cos\theta\) et une hauteur \(4\sin\theta\), avec \(0<\theta<\pi/2\). Déterminer l’aire maximale et les dimensions. Existe-t-il encore un maximum si l’on impose \(0<\theta<\pi/6\) ?

  23. Calculer \(\lim_{x\to0}\sin(6x)/(2x)\) et \(\lim_{x\to+\infty}\sin x/x\). Expliquer les deux démarches et justifier pourquoi sinus n’a pas de limite en \(+\infty\).

  24. Réfuter : « Si \(f'(0)=0\), alors \(f\) possède un extremum en \(0\). » Utiliser \(f(x)=\sin^3x\) en justifiant le signe des valeurs de part et d’autre de \(0\).

Lecture de la figure. Figure de la question 20 : les extrema marqués sont des données exactes, pas des valeurs obtenues par arrondi. La ligne médiane est à mi-distance des deux extrêmes. La périodicité est une hypothèse de l’énoncé.

Indices progressifs — Seulement après une tentative

1–6. Pour les radians, remplacer \(180^\circ\) par \(\pi\) et conserver les fractions. Dans l’identité fondamentale, un carré n’impose pas le signe de la coordonnée. Une symétrie verticale inverse l’abscisse et conserve l’ordonnée. Pour une période candidate, tester d’abord \(x=0\) ; pour prouver une période, vérifier tous les \(x\).

7–9. Écrire l’argument intérieur et sa dérivée avant la règle extérieure. Dans le quotient, ne perdre aucun des deux signes moins. Pour la tangente, calculer séparément l’image et la pente.

10–17. Distinguer un réel solution et un point du cercle. Si l’expression est un polynôme en cosinus, poser une valeur auxiliaire dans \([-1;1]\). Une division par une fonction nécessite de traiter ses zéros. Pour un argument affine, transformer aussi le domaine et faire attention au signe du coefficient.

18–24. Une forme factorisée ou une duplication peut révéler le signe. Pour un modèle, calculer le centre, la demi-différence des extrêmes et la période. Pour une aire, reconstruire le produit des dimensions et traiter les bornes. Au voisinage de \(0\), former un quotient \(\sin u/u\) ; à l’infini, chercher un encadrement.

Corrections expliquées — Questions 1 à 6

1. Radians et réduction. La conversion donne \[225^\circ=\frac{225\pi}{180}=\frac{5\pi}4.\] Pour \(-19\pi/6\), ajouter deux tours, soit \(4\pi\) : \[-\frac{19\pi}6+4\pi=\frac{-19\pi+24\pi}6=\frac{5\pi}6.\] Ce réel appartient à \(]-\pi;\pi]\) : c’est la mesure principale. L’angle \(5\pi/6=\pi-\pi/6\) est au deuxième quadrant, donc son sinus vaut \(1/2\) et son cosinus \(-\sqrt3/2\). La recomposition \(5\pi/6-4\pi=-19\pi/6\) contrôle le nombre de tours. Si l’on a ajouté seulement \(4\), il faut reprendre la différence entre un réel quelconque et un nombre de tours.

2. Une coordonnée dont le signe compte. L’identité donne \[\cos^2x=1-\sin^2x=1-\frac9{25}=\frac{25-9}{25}=\frac{16}{25}.\] Il y a deux racines possibles : \(\cos x=4/5\) ou \(-4/5\). Mais \(x\) est au deuxième quadrant, où l’abscisse est négative. Donc \(\cos x=-4/5\). Contrôle : \(9/25+16/25=1\). Si la réponse positive a été choisie, reprendre le rôle du quadrant ; la seule égalité de carrés ne choisit pas le signe.

3. Une symétrie, deux coordonnées. Soit \(M\) le point d’angle \(x\). Sa réflexion par rapport à l’axe vertical a pour angle \(\pi-x\), à un nombre entier de tours près. La réflexion transforme \((\cos x;\sin x)\) en \((-\cos x;\sin x)\). En identifiant les coordonnées du point d’angle \(\pi-x\), on obtient les deux égalités annoncées. Le raisonnement vaut pour tout réel \(x\) grâce à l’enroulement et à la périodicité ; il ne repose pas seulement sur un dessin dans le premier quadrant.

4. Le domaine survit à une simplification. Le dénominateur est nul si et seulement si \(1-\cos x=0\), donc si et seulement si \(\cos x=1\). Sur le cercle, cela correspond au point droit, atteint pour \(x=2k\pi\), \(k\in\mathbb{Z}\). Ainsi, \[D_f=\mathbb{R}\setminus\{2k\pi:k\in\mathbb{Z}\}.\] Le nombre \(0\) est interdit. Une expression simplifiée peut être égale à \(f\) sur \(D_f\) ; elle ne modifie pas la définition initiale au point \(0\). Attribuer une valeur nouvelle à ce point définirait une autre fonction ou un prolongement explicitement annoncé.

5. Tester et démontrer une période. Si \(\pi\) était une période du cosinus, on aurait notamment \(\cos(0+\pi)=\cos0\). Or \(-1\ne1\) : le seul contre-exemple \(x=0\) réfute cette période.

Pour le carré du sinus, \(\sin(x+\pi)=-\sin x\), donc \[s(x+\pi)=(-\sin x)^2=\sin^2x=s(x)\] pour tout \(x\). Le nombre \(\pi\) est une période. Si \(T>0\) est une autre période, alors \(s(T)=s(0)=0\), donc \(\sin T=0\) et \(T=k\pi\) pour un entier \(k\geq1\). La plus petite possibilité est \(\pi\), qui fonctionne : c’est la période fondamentale. Une vérification sur un seul point a donné une condition nécessaire ; l’identité valable pour tous les \(x\) a prouvé qu’elle convient.

6. Reconstruire les trois écritures de la duplication. Dans la formule d’addition du cosinus, prendre \(a=b=x\) : \[\cos(2x)=\cos x\cos x-\sin x\sin x=\cos^2x-\sin^2x.\] Puis remplacer \(\sin^2x\) par \(1-\cos^2x\) : \[\cos^2x-(1-\cos^2x)=2\cos^2x-1.\] Ou remplacer \(\cos^2x\) par \(1-\sin^2x\) : \[(1-\sin^2x)-\sin^2x=1-2\sin^2x.\] Les parenthèses rendent visible le changement de signe. Ces écritures sont égales pour tout réel \(x\), mais n’ont pas la même utilité : choisir celle qui ne contient que la fonction recherchée.

Corrections expliquées — Questions 7 à 9

7. Les facteurs intérieurs. Pour \(a\), l’intérieur est \(u=-4x+2\) et \(u'=-4\). La dérivée de l’extérieure cosinus est \(-\sin\), donc \[a'(x)=[-\sin(-4x+2)]\times(-4)=4\sin(-4x+2).\] Pour \(b\), poser \(v(x)=\sin(3x)\). D’abord, \(v'(x)=3\cos(3x)\) ; puis dériver le carré : \[b'(x)=2v(x)v'(x)=2\sin(3x)\times3\cos(3x)=6\sin(3x)\cos(3x).\] Les deux fonctions sont dérivables sur \(\mathbb{R}\). Le facteur \(-4\) ou \(3\) multiplie la dérivée extérieure ; il ne remplace jamais son argument.

8. Un quotient vérifié terme par terme. Comme \(2+\cos x\geq1>0\), \(q\) est définie et dérivable sur \(\mathbb{R}\). Avec \(u=\sin x\), \(v=2+\cos x\), on a \(u'=\cos x\) et \(v'=-\sin x\). Alors \[\begin{align*} q'(x)&=\frac{\cos x(2+\cos x)-\sin x(-\sin x)}{(2+\cos x)^2}\\ &=\frac{2\cos x+\cos^2x+\sin^2x}{(2+\cos x)^2}\\ &=\frac{2\cos x+1}{(2+\cos x)^2}. \end{align*}\] Le dénominateur est le carré d’un nombre non nul, donc strictement positif. Le signe de \(q'\) est celui de \(2\cos x+1\). Si la réduction donne \(\cos^2x-\sin^2x\), la première erreur est dans le double signe moins du numérateur.

9. Image et pente ne sont pas interchangeables. Pour \(f(x)=\sin x\), on a \(f(\pi/3)=\sqrt3/2\) et \(f'(\pi/3)=\cos(\pi/3)=1/2\). La tangente est \[\boxed{y=\frac{\sqrt3}2+\frac12\left(x-\frac\pi3\right)}.\] En remplaçant \(x\) par \(\pi/3\), le terme entre parenthèses s’annule et on retrouve l’ordonnée \(\sqrt3/2\). Le coefficient directeur vaut \(1/2\) ; l’ordonnée à l’origine, elle, serait \(\sqrt3/2-\pi/6\).

Corrections expliquées — Questions 10 à 13

10. Deux réels pour un même point du cercle. Le cosinus vaut \(-1\) pour \(x=\pi+2k\pi\). Dans \([-\pi;\pi]\), \[-\pi\leq\pi+2k\pi\leq\pi \Longleftrightarrow-2\pi\leq2k\pi\leq0 \Longleftrightarrow-1\leq k\leq0.\] Les entiers sont \(-1\) et \(0\), donc \(S=\{-\pi;\pi\}\). Dans \([-\pi;\pi[\), seule la valeur \(\pi\) est retirée : \(S=\{-\pi\}\). Les deux angles représentent le même point, mais sont deux réels différents ; le domaine décide lesquels sont autorisés.

11. Transformer aussi l’intervalle. Posons \(t=2x\). Comme \(x\in[0;\pi]\), on a \(t\in[0;2\pi]\). Le sinus vaut \(1/2\) aux deux angles \(t=\pi/6\) et \(t=5\pi/6\) dans ce domaine. Diviser par \(2\) donne \[S=\left\{\frac\pi{12};\frac{5\pi}{12}\right\}.\] Le contrôle consiste à multiplier chaque solution par \(2\) : on retrouve les deux arguments d’ordonnée \(1/2\). Garder seulement l’angle du premier quadrant aurait perdu une solution.

12. Résoudre d’abord une équation sur les valeurs. Posons \(t=\cos x\), avec \(t\in[-1;1]\). La factorisation est \[2t^2-t-1=(2t+1)(t-1),\] car \((2t+1)(t-1)=2t^2-2t+t-1\). Un produit nul donne \(t=-1/2\) ou \(t=1\) ; les deux valeurs appartiennent à \([-1;1]\).

Sur \([0;2\pi[\), \(\cos x=-1/2\) donne \(2\pi/3\) et \(4\pi/3\), tandis que \(\cos x=1\) donne \(0\). Le point \(2\pi\) est exclu. Ainsi, \[S=\left\{0;\frac{2\pi}3;\frac{4\pi}3\right\}.\] Les substitutions \(t=1\) et \(t=-1/2\) donnent respectivement \(2-1-1=0\) et \(1/2+1/2-1=0\). Ce contrôle valide les valeurs auxiliaires ; le retour au cercle est nécessaire pour obtenir les angles.

13. La branche perdue par une division. On ne peut pas diviser par \(\sin x\) sans traiter ses zéros. L’équation produit nul donne \[\sin x=0\quad\text{ou}\quad\cos x=0.\] Sur \([0;2\pi[\), la première condition donne \(0,\pi\) ; la seconde donne \(\pi/2,3\pi/2\). Donc \[S=\left\{0;\frac\pi2;\pi;\frac{3\pi}2\right\}.\] Chaque valeur annule au moins un facteur. Pour réparer ce geste, refaire d’abord \(y(y-2)=0\), dont les solutions sont \(0\) et \(2\). Puis essayer \(\sin x(\sin x-1)=0\) sur le même intervalle : on obtient \(0,\pi/2,\pi\). Revenir enfin au produit initial en conservant les deux branches.

Corrections expliquées — Questions 14 à 17

14. Le point isolé à droite. Le sinus est négatif ou nul sur les angles du demi-plan inférieur, axes compris. Sur \([-\pi;\pi]\), cela donne l’intervalle \([-\pi;0]\), mais aussi le point final \(\pi\), puisque \(\sin\pi=0\). Ainsi, \[\boxed{S=[-\pi;0]\cup\{\pi\}}.\] Le point \(\pi\) est autorisé par le domaine fermé et par l’inégalité large. Il disparaîtrait si l’on demandait \(\sin x<0\), ou si la borne droite du domaine était ouverte. Pour l’inégalité stricte sur le domaine fermé, la réponse serait \(]-\pi;0[\).

15. Un arc ouvert. La droite d’abscisse \(1/2\) coupe le cercle aux angles \(-\pi/3\) et \(\pi/3\). Les points d’abscisse supérieure à \(1/2\) se trouvent sur l’arc de droite entre ces angles. Sur le domaine demandé, \[S=]-\pi/3;\pi/3[.\] Les deux extrémités sont retirées parce qu’elles donnent l’égalité. Contrôle gardé : \(x=0\) donne \(\cos0=1>1/2\). Contrôle écarté : \(x=\pi\) donne \(-1<1/2\). Les deux tests contrôlent des zones ; ils ne remplacent pas le raisonnement sur l’arc entier.

16. Un argument décroissant. Posons \(t=-3x+\pi/2\). Quand \(x\) parcourt \([0;\pi]\), \(t\) parcourt \(J=[-5\pi/2;\pi/2]\). Dans \(\mathbb{R}\), \(\cos t\geq0\) sur \(\displaystyle [-\pi/2+2k\pi;\pi/2+2k\pi],\)\(\displaystyle k\in\mathbb{Z}.\) Les seuls arcs qui rencontrent \(J\) sont ceux de \(k=0\) et \(k=-1\) : \[[-\pi/2;\pi/2]\quad\text{et}\quad[-5\pi/2;-3\pi/2].\] Pour \(k\geq1\), la borne gauche est au moins \(3\pi/2>\sup J\) ; pour \(k\leq-2\), la borne droite est au plus \(-7\pi/2<\inf J\).

Revenons à \(x\) pour le premier arc : \[-\frac\pi2\leq-3x+\frac\pi2\leq\frac\pi2 \Longleftrightarrow-\pi\leq-3x\leq0 \Longleftrightarrow0\leq x\leq\frac\pi3.\] La division par \(-3\) inverse les deux sens. Pour le second arc, \[-\frac{5\pi}2\leq-3x+\frac\pi2\leq-\frac{3\pi}2 \Longleftrightarrow-3\pi\leq-3x\leq-2\pi \Longleftrightarrow\frac{2\pi}3\leq x\leq\pi.\] Donc \(S=[0;\pi/3]\cup[2\pi/3;\pi]\). Le contrôle \(x=\pi/2\) donne un argument \(-\pi\), de cosinus \(-1\) : le milieu est bien exclu. Aux quatre extrémités annoncées, le cosinus vaut \(0\), ce qui confirme les crochets fermés.

17. Les deux signes d’une valeur dont le carré est grand. Pour tout réel \(t\), \[t^2\geq\frac14\iff |t|\geq\frac12\iff t\leq-\frac12\ \text{ou}\ t\geq\frac12.\] Avec \(t=\cos x\), la première condition donne \([2\pi/3;4\pi/3]\) sur \([0;2\pi]\). La seconde donne \([0;\pi/3]\cup[5\pi/3;2\pi]\). Ainsi, \[S=[0;\pi/3]\cup[2\pi/3;4\pi/3]\cup[5\pi/3;2\pi].\] Le nombre \(x=\pi\) réfute la simplification proposée : son cosinus vaut \(-1\), dont le carré vaut \(1\geq1/4\), mais \(-1\) n’est pas supérieur ou égal à \(1/2\).

Corrections expliquées — Questions 18 et 19

18. Deux preuves du même maximum. La fonction \(z\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\). Le produit donne \[z'=\cos x\cos x+\sin x(-\sin x)=\cos^2x-\sin^2x=\cos(2x).\] Pour \(x\in[0;\pi/2]\), l’argument \(2x\) parcourt \([0;\pi]\). Le signe est positif avant \(x=\pi/4\), nul en ce point et négatif après. Les valeurs sont \(z(0)=0\), \(z(\pi/4)=(\sqrt2/2)^2=1/2\) et \(z(\pi/2)=0\).

Le maximum vaut \(1/2\), atteint uniquement en \(\pi/4\). Seconde preuve : la duplication donne \(z=\tfrac12\sin(2x)\leq1/2\). L’angle \(x=\pi/4\) est autorisé et donne l’égalité ; le majorant est donc atteint. Les deux méthodes permettent un contrôle indépendant.

19. Une décroissance qui traverse l’axe. Comme \(2+\cos x\geq1>0\), \(g\) est définie et dérivable sur \(\mathbb{R}\). La règle du quotient donne \[\begin{align*} g'(x)&=\frac{(-\sin x)(2+\cos x)-\cos x(-\sin x)}{(2+\cos x)^2}\\ &=\frac{-2\sin x-\sin x\cos x+\cos x\sin x}{(2+\cos x)^2}\\ &=-\frac{2\sin x}{(2+\cos x)^2}. \end{align*}\] La dérivée est strictement négative sur \(]0;\pi[\). La fonction décroît donc strictement de \(g(0)=1/3\) à \(g(\pi)=-1\) et passe par \(g(\pi/2)=0\).

Les images sont positives avant \(\pi/2\) et négatives après : une fonction peut décroître en restant temporairement au-dessus de l’axe. Le signe de la dérivée et le signe de la fonction répondent à deux questions différentes.

Corrections expliquées — Questions 20 à 22

20. Extraire les paramètres de données exactes. Le niveau central est \[d=\frac{3+(-1)}2=1,\] et l’amplitude est \(A=(3-(-1))/2=2\). La période fondamentale donnée est \(2\pi\), donc \(2\pi/\omega=2\pi\), avec \(\omega>0\), d’où \(\omega=1\). La forme demandée est \[f(x)=1-2\cos x.\] On vérifie \(f(0)=-1\), \(f(\pi)=3\), puis \(f(2\pi)=-1\). Une fenêtre finie ne prouve pas une répétition pour tous les réels ; ici la périodicité fait partie des données, puis elle peut être démontrée à partir de la formule. Sans hypothèse de modèle sinusoïdal, trois points ne détermineraient pas une fonction unique.

21. Un seuil et une durée. Le modèle non constant a amplitude \(3\), niveau central \(5\) et période \[T=\frac{2\pi}{\pi/4}=8\text{ secondes}.\] Ses extrêmes globaux sont \(5-3=2\) et \(5+3=8\) mètres. Sur le premier tour, \[\begin{align*} 5-3\cos(\pi t/4)\geq\frac{13}2 &\Longleftrightarrow-3\cos(\pi t/4)\geq\frac32\\ &\Longleftrightarrow\cos(\pi t/4)\leq-\frac12. \end{align*}\] La division par \(-3\) inverse le sens. Comme \(t\in[0;8]\), l’argument est dans \([0;2\pi]\), et la condition donne \[\frac{2\pi}3\leq\frac\pi4t\leq\frac{4\pi}3 \Longleftrightarrow\frac83\leq t\leq\frac{16}3.\] Les temps forment l’intervalle \([8/3;16/3]\) secondes. Sa durée est \(16/3-8/3=8/3\) secondes. Aux bornes, \(H=13/2\) ; à \(t=4\), \(H=8\), contrôle du milieu de la zone gardée.

22. Aire maximale et domaine ouvert. Le produit des dimensions donne \[A(\theta)=32\sin\theta\cos\theta=16\sin(2\theta).\] On a \(A\leq16\), et l’égalité est atteinte lorsque \(2\theta=\pi/2\), soit \(\theta=\pi/4\), admissible. Les dimensions optimales sont \(8\cos(\pi/4)=4\sqrt2\) et \(4\sin(\pi/4)=2\sqrt2\) ; leur produit vaut \(16\) unités carrées.

Sous la contrainte \(0<\theta<\pi/6\), l’angle \(\pi/4\) est interdit. La dérivée est \(A'=32\cos(2\theta)>0\), car \(0<2\theta<\pi/3<\pi/2\). L’aire est strictement croissante et tend vers \[16\sin(\pi/3)=8\sqrt3\] à la borne droite exclue. Aucun maximum n’est atteint : pour chaque angle autorisé, un angle légèrement plus grand restant inférieur à \(\pi/6\) donne une aire plus grande. Le nombre \(8\sqrt3\) est la borne supérieure, pas une aire maximale de cette famille.

Corrections expliquées — Questions 23 et 24

23. Une limite locale et un encadrement à l’infini. Au voisinage de \(0\), pour \(x\ne0\), \[\frac{\sin(6x)}{2x}=3\frac{\sin(6x)}{6x}.\] L’argument \(6x\) tend vers \(0\), donc le quotient de droite tend vers \(1\) par la limite fondamentale en radians. La limite cherchée vaut \(3\).

En \(+\infty\), on ne peut pas remplacer le sinus par une limite. Pour \(x>0\), l’encadrement \(-1\leq\sin x\leq1\) donne \[-\frac1x\leq\frac{\sin x}{x}\leq\frac1x.\] Les deux bornes tendent vers \(0\), donc le quotient tend vers \(0\) par le théorème des gendarmes.

Pour voir que sinus lui-même n’a pas de limite, considérer les angles \(\pi/2+2n\pi\) et \(3\pi/2+2n\pi\), avec \(n\in\mathbb{N}\). Ils deviennent arbitrairement grands, mais les images restent respectivement \(1\) et \(-1\). Une limite finie obligerait ces deux séries de valeurs à approcher le même réel, ce qui est impossible. Une limite infinie est également impossible puisque toutes les valeurs sont entre \(-1\) et \(1\). Être borné ne signifie donc pas converger.

24. Une tangente horizontale ne suffit pas. La fonction \(f(x)=\sin^3x\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\) et \[f'(x)=3\sin^2x\cos x,\] d’où \(f'(0)=0\). Pourtant, pour \(-\pi/2<x<0\), \(\sin x<0\) et donc \(f(x)<0=f(0)\). Pour \(0<x<\pi/2\), \(\sin x>0\) et donc \(f(x)>0=f(0)\). On trouve des valeurs inférieures et supérieures à \(f(0)\) aussi près que l’on veut de \(0\) : ce point n’est ni un maximum ni un minimum local. Il fallait étudier le comportement autour du point, pas s’arrêter à l’égalité \(f'(0)=0\).

Résumé des réponses — Pour un contrôle rapide après la correction

  1. \(225^\circ=5\pi/4\) ; mesure principale \(5\pi/6\) ; sinus \(1/2\), cosinus \(-\sqrt3/2\).

  2. \(\cos x=-4/5\).

  3. Réflexion verticale : abscisse opposée, ordonnée inchangée.

  4. \(\mathbb{R}\setminus\{2k\pi:k\in\mathbb{Z}\}\) ; \(0\) reste exclu.

  5. \(\pi\) n’est pas période du cosinus ; période fondamentale de \(\sin^2x\) : \(\pi\).

  6. Addition avec \(a=b=x\), puis identité fondamentale.

  7. \(a'=4\sin(-4x+2)\) ; \(b'=6\sin(3x)\cos(3x)\).

  8. \(q'=(2\cos x+1)/(2+\cos x)^2\), sur \(\mathbb{R}\).

  9. \(y=\sqrt3/2+\tfrac12(x-\pi/3)\).

  10. \(\{-\pi;\pi\}\), puis \(\{-\pi\}\).

  11. \(\{\pi/12;5\pi/12\}\).

  12. \(\{0;2\pi/3;4\pi/3\}\).

  13. \(\{0;\pi/2;\pi;3\pi/2\}\).

  14. \([-\pi;0]\cup\{\pi\}\).

  15. \(]-\pi/3;\pi/3[\).

  16. \([0;\pi/3]\cup[2\pi/3;\pi]\).

  17. \([0;\pi/3]\cup[2\pi/3;4\pi/3]\cup[5\pi/3;2\pi]\).

  18. Croissance puis décroissance ; maximum \(1/2\) en \(\pi/4\).

  19. Décroissance de \(1/3\) à \(-1\) ; signe des images différent de celui de la dérivée.

  20. \(f(x)=1-2\cos x\).

  21. Période \(8\) s ; image \([2;8]\) m ; temps \([8/3;16/3]\) s ; durée \(8/3\) s.

  22. Aire maximale \(16\) ; dimensions \(4\sqrt2\) et \(2\sqrt2\) ; aucun maximum sur \(]0;\pi/6[\).

  23. Limites \(3\) puis \(0\) ; sinus n’a pas de limite en \(+\infty\).

  24. \(\sin^3x\) donne un contre-exemple : dérivée nulle en \(0\), valeurs de signes opposés de chaque côté.

Cette liste sert à repérer une divergence. Elle ne remplace pas les justifications, les domaines ni les contrôles développés ci-dessus.

Reprendre la bonne compétence après une erreur

  • Questions 1–3 : reconstruire le point du cercle, son quadrant et ses coordonnées avant d’utiliser une formule.

  • Questions 4–6 : écrire la condition de définition ou l’énoncé valable pour tous les réels ; chercher un contre-exemple lorsque l’affirmation est fausse.

  • Questions 7–9 : nommer l’opération extérieure, puis l’intérieur ; garder les produits et les signes avant toute réduction.

  • Questions 10–17 : séparer valeurs, angles, familles et intersection avec le domaine ; vérifier une à une les bornes autorisées.

  • Questions 18–19 : séparer la ligne du signe de la dérivée et la zone des valeurs ; reconstruire le tableau à partir du calcul.

  • Questions 20–22 : refaire le modèle à partir des données, préciser les unités et vérifier l’atteinte des extrêmes dans le domaine réel.

  • Questions 23–24 : identifier le théorème utilisé et ses hypothèses ; une observation graphique ou une dérivée nulle ne suffit pas à conclure.

Si une réponse a été reconnue sans pouvoir être reconstruite, refaire la tâche à l’aide d’une autre représentation. Si une difficulté persiste, présenter à l’enseignant l’énoncé, la tentative, la première ligne incomprise et l’aide déjà essayée : la question devient alors précise.

À reprendre plus tard, avant de relire

Lors d’une autre séance, avant relecture, traiter ces quatre variations : (a) dériver \(\cos(-2x+1)\) ; (b) résoudre \(\sin x<0\) sur \([-\pi;\pi]\) ; (c) résoudre l’équation de la question 12 sur \([-\pi;\pi]\) ; (d) dans la question 22, remplacer \(0<\theta<\pi/6\) par \(0<\theta\leq\pi/6\). Expliquer ce qui change, pas seulement les nouvelles réponses.

Correction expliquée et contrôle.

(a) L’intérieur a pour dérivée \(-2\), donc la chaîne donne \([-\sin(-2x+1)]\times(-2)=2\sin(-2x+1)\).

(b) L’inégalité stricte retient les seules ordonnées négatives : \(S=]-\pi;0[\). Les trois zéros \(-\pi,0,\pi\) sont retirés ; le point isolé de l’inégalité large a disparu.

(c) La valeur auxiliaire \(t=\cos x\) vérifie encore \((2t+1)(t-1)=0\), donc \(t=-1/2\) ou \(1\). Pour \(\cos x=-1/2\), les familles \(x=2\pi/3+2k\pi\) et \(x=-2\pi/3+2k\pi\) donnent respectivement \(\displaystyle -\frac56\leq k\leq\frac16,\)\(\displaystyle -\frac16\leq k\leq\frac56.\) Chaque intervalle ne contient que l’entier \(0\). Pour \(\cos x=1\), \(x=2k\pi\) donne \(-1/2\leq k\leq1/2\), donc encore \(k=0\). L’ensemble est \(\{-2\pi/3;0;2\pi/3\}\). La factorisation n’a pas changé ; le filtre sur les angles, lui, a changé.

(d) Sur \(]0;\pi/6]\), \(A'=32\cos(2\theta)>0\). L’aire est croissante, et la borne droite est maintenant admissible. Le maximum vaut \(A(\pi/6)=8\sqrt3\), atteint en \(\pi/6\). Fermer une seule borne a modifié l’existence du maximum, sans modifier la formule de l’aire.

Je sais faire seul si… je peux produire une réponse avec ses conditions et sa justification, retrouver une méthode sans son titre, vérifier les bornes et les unités, réparer une première erreur et expliquer les variations d’un énoncé. Une réponse juste obtenue par un raisonnement faux reste à retravailler. La présence de ce bilan permet de s’entraîner ; elle ne présume pas une maîtrise déjà acquise.

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